Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

Elève Guéant, vous avez 800 euros par mois pour vivre. Rédigez

Publié le 31/01/2011 à 10h13

Fin des années 90, des associations culturelles ne m’envoyaient animer des ateliers d’écriture que dans des ZEP. Des quartier réputés difficiles. Un jour, je leur proposais d’effectuer la même tâche à l’ENA ou une autre grande école. Prêt à secouer mes habitudes en me confrontant à un nouveau public.

L’écriture de fiction peut développer l’empathie. Se glisser dans une peau inconnue, tenter de regarder le monde à travers les yeux d’un autre. Je trouvais intéressant que ces élèves « programmés pour diriger’’ nos destins de citoyens puissent s’extraire de leurs cours pour, à travers une courte nouvelle, se frotter au réel. Un exercice ludique entre un TP de macro-économie et de droit public.

Parmi eux, il y a des élèves doués pour l’écriture (futurs énarques-écrivains comme Michel Schneider, Eric Orsenna... ) ou simplement empathiques, considérant la société autrement qu’à travers un graphique. Des exceptions à la règle. La plupart restent des mécaniques de guerre bien huilées. Mercenaires de la matière grise capables d’œuvrer pour n’importe quel gouvernement ou grandes entreprises.

Décrire les dernières heures d’un Tunisien avant immolation

Comment animer un atelier à l’ENA ? Proposer aux élèves l’écriture d’une nouvelle à la première personne. Par exemple, l’histoire d’un bénéficiaire du RSA se levant le matin et constatant que l’électricité – pas payée – est coupée. Ses trois enfants ne vont pas tarder à se réveiller pour se rendre à l’école. Comment cet homme va leur présenter la situation ?

Pour un élève voulant intégrer le Quai, le thème d’écriture serait : raconter l’existence d’un(e) jeune Tunisien(ne) persécuté(e) par les flics et regardant de riches Européens s’engouffrer dans les palaces de la côte. Décrire ses dernières heures avant de s’immoler.

“Elèves Alliot-Marie et Delanoë, mettez-vous dans la peau d’un(e) jeune Tunisien(ne).

– Et moi, j’écris quoi ?

– Vous, élève Guéant, rédigez une nouvelle sur un type qui vit avec 800 euros par mois.”

Evidemment, ma proposition – peut-être décalée ou sans intérêt – n’eût aucune réponse. Ces ateliers existent-ils aujourd’hui dans les grandes écoles ?

J’ai donc continué de travailler dans les zones urbaines excentrées. Fier de la moindre réussite d’écriture avec ces gosses nourris exlusivement par la télé. Mais aussi avec la sensation de remplir un lac à la petite cuiller.

Curé ou VRP des lettres en ZEP ?

Bien sûr, je pourrais moi aussi suivre comme stagiaire une session d’écriture : endossez le rôle d’un ministre ou d’un capitaine d’industrie qui doit prendre une décision d’urgence très importante. Pas sûr du tout que j’arrive à m’en sortir... mais tout ça n’est que de la fiction.

Tandis que la réalité, notre réalité quotidienne à venir, sera gérée par ces jeunes gens – futurs haut fonctionnaires – qui en sont très loin. D’ailleurs pas toujours nécessairement par malveillance ou calcul. Etudiants – souvent des quartiers chics – happés par une machinerie, ils ont l’œil rivé sur la réussite aux examens. Très peu de temps à consacrer à d’autres domaines.

Cela dit, ces étudiants très brillants ne sont pas responsables de tous les maux de notre société. Paumés aussi dans notre ère “bling-bling’’, ils sont conscients que leurs études sont quantité négligeable face à la puissance des animateurs télé. Ruquier et Drucker ont plus de poids sur la démocratie que ces élèves bossant pourtant comme des dingues. Plus gratifiant d’intégrer la télé.

A défaut de cette – fausse bonne ? – idée des ateliers d’écriture à l’ENA, pourquoi ne pas proposer des stages de réalité ? Pas au sein d’un staff de direction. Plutôt une immersion totale du genre de celle de Florence Aubenas ou Gunter Walraft. Des stages ‘ pratiques ’ de ‘découverte’ des classes modestes et moyennes.

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  • A déménagé le 13-01-2012
    • Posté à 10h21 le 31/01/2011
    • Internaute 18368

    Peut-être justement parce qu’en France il y a toujours eu un clivage entre élites et population ?
    Voulu par les élites (nécessaire à leur auto-satisfaction), voulu par la population (nécessaire à sa pulsion revendicative) ?

    Schématique, bien sûr, mais la France n’est pas un pays de consensus...

    • Schrödinger
      Schrödinger répond à A déménagé le 13-01-2012
      Poli et gentil. Très rue89.
      • Posté à 10h36 le 31/01/2011
      • Internaute 41709
        Poli et gentil. Très rue89.

      Corporatiste, même, pourrions-nous dire si nos corporations respectives ne nous avaient pas invité à plus de modérations critiques et moins de retenue prosélyte...

  • michesive
    michesive
    retraité
    • Posté à 10h56 le 31/01/2011
    • Internaute 142303
      retraité

    ENA : Auto-Ecole Nationale d’Admissions aux réseaux, issus d’internat élu, de proximité ’’so’’ upper Class !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h17 le 31/01/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ecrire de la fiction, ça commence ( ou pas) à l’école.
    Il y a ceux qui sont tout content d’avoir une bonne note en rédaction sur des vacances complètement inventées en imaginant que l’institutrice ne s’est pas aperçu de la supercherie et les autres, qui ont strictement raconté leurs vacances chiantes et qui récoltent une mauvaise note.
    HA ! HA !

    Un bon élève de l’ENA, il écrira ce que vous voulez lire, tout simplement

    • Shakana
      Shakana répond à Numerosix
      (Entre parenthèses)
      • Posté à 12h12 le 31/01/2011
      • Internaute 30512
        (Entre parenthèses)

      Un bon élève de l’ENA, il écrira ce que vous voulez lire, tout simplement

      Ils sont capable d’exécuter une prouesse admirable : Ils arrivent à écrire avec leur langue ; en bois comme les crayons... mais sans la mine...

    • Éric  Perrin
      Éric Perrin répond à Numerosix
      Ginkonaute
      • Posté à 12h38 le 31/01/2011
      • Internaute 51185
        Ginkonaute

      Oui ça, avec un peu de pratique politique et deux soupçons de jugeote pas besoin d’avoir fait l’ENA pour ça, ça vient tout seul...

      Testé et approuvé par Ginko :)

    • momo la salade
      momo la salade répond à Numerosix
      foutus
      • Posté à 18h48 le 31/01/2011
      • Internaute 110276
        foutus
  • Blue_tail_fly
    Blue_tail_fly
    Dans l'Air du Taon
    • Posté à 11h29 le 31/01/2011
    • Internaute 123618
      Dans l'Air du Taon

    Petit exercice de rédaction pour les élèves de l’ENA : écrivez une nouvelle avec des personnages heureux dans une société où l’administration n’existe pas.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Blue_tail_fly
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h39 le 31/01/2011
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Fastoche. Ils vont t’écrire une rédaction libertarienne les doigts dans le nez..
      Arrêtez de sous estimer l’ennemi. C’est justement ce genre de chose, qu’ils apprennent à faire..

  • Gelone2010
    Gelone2010
    Sarkophobe
    • Posté à 11h31 le 31/01/2011
    • Internaute 99991
      Sarkophobe

    « ...rédigez une nouvelle sur un type qui vit avec 800 euros par mois. » »

    Votre type, il a toujours vécu avec huit cents euros par mois ? Ou est-ce qu’il a longtemps vécu avec six cents euros par mois ? Ou est-ce que, précédemment, il a toujours vécu avec plus de dix mille euros par mois ?

    C’est ridicule de vouloir faire l’empathique « dans le vide ». Notre façon de réagir est conditionnée par notre vécu antérieur et il est impossible de prétendre analyser les réactions d’un tiers virtuel.

    Même Victor Hugo s’y est cassé la gueule. Son « Dernier jour d’un condamné à mort » sonne faux de bout en bout. Son âge, 27 ans, aurait pu lui servir d’excuse, mais il n’a jamais renié ce (mauvais) récit « autobiographique ».

    • Fenrir
      Fenrir répond à Gelone2010
      Ingénieur en informatique
      • Posté à 13h43 le 31/01/2011
      • Internaute 54922
        Ingénieur en informatique

      Votre premier paragraphe sonnerait juste si quelqu’un faisait des généralité à partir d’une situation sans effectivement l’inscrire dans un contexte.

      Néanmoins, il se trouve ici que l’on parle d’un sujet de rédaction visant à faire travailler l’imagination. Qu’une grande liberté soit laissée aux rédacteurs vis-à-vis de ce contexte, dont ils peuvent ou non parler, présenter comme misérabiliste ou comme une chose positive, c’est plutôt une bonne idée à mon avis.

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à Fenrir
        Sarkophobe
        • Posté à 18h11 le 31/01/2011
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        « ... il se trouve ici que l’on parle d’un sujet de rédaction visant à faire travailler l’imagination. »

        J’ai plutôt eu l’impression que l’idée était d’inciter des nantis, ou réputés tels, à se mettre dans la peau d’un nécessiteux, exercice dont je conteste la valeur et l’intérêt.

        J’ai moi-même connu des périodes de dèche dont je ne voyais pas le bout, mais dans la mesure où je n’ai jamais eu vraiment et profondément envie de choses que je ne pouvais pas me payer, ça ne m’a jamais non plus rendu malheureux.

         
        • Lavengeancedelapelouse-
          Lavengeancedelapelouse- répond à Gelone2010
          chômeur
          • Posté à 02h55 le 01/02/2011
          • Internaute 114476
            chômeur

          « d’un nécessiteux, »

          ces gens là t’emmerdent.

          A FonD

          • Gelone2010
            Gelone2010 répond à Lavengeancedelapelouse-
            Sarkophobe
            • Posté à 08h17 le 01/02/2011
            • Internaute 99991
              Sarkophobe

            « ces gens là t’emmerdent. »

            Moi-même, quand j’étais nécessiteux, je n’emmerdais personne. Question d’éducation, peut-être... Qu’est-ce que t’en penses ?

        2 autres commentaires
  • kakoulite
    kakoulite
    Intermediation & Imprecation
    • Posté à 11h38 le 31/01/2011
    • Internaute 126452
      Intermediation & Imprecation

    La France est tres probablement en terme d education le pays le plus egalitaire du monde et celui qui oserai dire le contraire n a absolument jamais mis les pieds ailleurs au point meme que dans beaucoup de pays les gens ont vraiment du mal a vous croire lorsque vous expliquez que la plupart des grandes ecoles (hormis les ecoles de commerce) Francaises sont gratuites car l elitisme pour les etrangers et particulierment les anglo saxons rime avec cout...essayez Harvard ou Princeton sans sponsor...(150k pour un MBA) ou medecine aux US ou en GB ...300K minimum pour votre doctorat ...meme La Sorbonne devient hors de prix lorsqu elle s exporte (50k pour trois ans sur leur campus d’ Abu Dhabi !). Autre cliche....oui en ZEP les profs ont beaucoup plus de moyens qu ailleurs (20% en moyenne) et un prof de ZEP me disait qu il preferai y rester parce que ’j ai ce que je veux alors qu’ailleurs ce serai la croix et la banniere pour meme faire des photocopies’.

    • solènejazz
      solènejazz répond à kakoulite
      • Posté à 12h09 le 31/01/2011
      • Internaute 89346

      les zep ont encore plus de moyens mais ne vous inquiétez pas cela va changer. De plus de nombreux établissements bien qu’ayant un profit zep ne le sont pas

      bien sûr si vous prenez les pays anglo-saxons comme référence, il sera difficile de dire que le système scolaire est plus inégalitaire mais on pourrait prendre la finlande

      mais si vous observez le système français de plus prêt vous constaterez que le statut social des élèves en prépa, dans les grandes écoles, en médecine .... n’est pas représentatif de la société française (peu de fils d’ouvrier ou d’immigrés). C’est un peu comme le parlement, beaucoup de riches concentrent l’ensemble des pouvoirs

      sur la photocopieuse, je rassure votre prof, dans les établissements non zep, on fait des photocopies relativement « facilement »

      • peixinho
        peixinho répond à solènejazz
        cyclobotaniste
        • Posté à 00h01 le 01/02/2011
        • Internaute 77064
          cyclobotaniste

        à propos de photocopieuse, j’ajouterai que le seul appareil qui ne tombe jamais en panne dans les établissements scolaires c’est la machine à reproduire les inégalités.

      • Lavengeancedelapelouse-
        Lavengeancedelapelouse- répond à solènejazz
        chômeur
        • Posté à 02h57 le 01/02/2011
        • Internaute 114476
          chômeur

        sinon, pourieZ vouZ écrirE ¨PropREMan ?

      • Nightbird
        Nightbird répond à solènejazz
        Nouvelobservator
        • Posté à 09h40 le 01/02/2011
        • Expert 132684
          Nouvelobservator

        Les écoles dont vous parlez, dont Sciences Po, ne recrutent pas sur des critères d’aisance sociale.
        Sciences Po Paris, notamment, fut l’une des 1ères à mettre en place un système de « discrimination positive », des places réservées au concours d’entrée pour des élèves issus des ZEP..

        Par ailleurs il est absurde de tout ramener à une question de fric, même si l’argent joue évidemment là comme ailleurs un rôle moteur.

        En effet, au-delà de l’argent, les études sont généralement plus porteuses de fruit dans un contexte familial instruit et cultivé. C’est un formidable dopant pour un enfant ou un adolescent que d’avoir face à lui des parents capables de commenter avec lui l’actualité à l’heure du repas, de l’aiguiller vers des lectures ou des pratiques culturelles enrichissantes, de le canaliser vers une élocution et une écriture correctes et performantes susceptibles de rendre percutantes ses propres interventions en classe à l’écrit comme à l’oral. Et cela fonctionne en effet très bien.

        Faudrait-il le leur reprocher ?

        Les fils de prof ont des études supervisées par des parents au fait des problématiques scolaires et dont l’aide s’avère décisive sur le court comme sur le long terme d’un cursus. Y compris au quotidien lorsqu’ils montrent à leurs gosses comment résoudre un exercice, comment rédiger une démonstration, comment trier l’info dans un document pour n’en retenir que l’essentiel et le mettre en forme dans une réponse organisée et construite. Comment résoudre un exercice de maths ou de physique en mettant en lumière le raisonnement qui a conduit à la solution.

        Ce n’est pas là non plus juste une question de fric.

        Ce n’est pas seulement l’argent qui explique qu’on trouve en prépa ou dans les grandes écoles moins de fils d’ouvriers et d’immigrés que de fils de notables.

        Par contre, l’institution scolaire aurait du mettre en place des structures d’apprentissage renforcées pour égaliser autant que possible les chances de réussite.

        Savez-vous qu’il m’est arrivé, et plusieurs fois, d’entendre des collègues renâcler à la mise en place d’heures supplémentaires de français renforcé pour les jeunes issus de l’immigration la plus récente sous prétexte que cela soulignerait par ricochet leur faiblesse et serait de nature à les « stigmatiser » ? ? ? Faut-il être crétin, n’est-ce pas !

        Savez-vous que pendant des années ont fonctionné des structures d’apprentissage de la culture et de la langue d’origine pour ces mêmes jeunes gens au motif, savamment explicité par des sociologues à la con, qu’on ne s’intégrait bien dans une société nouvelle qu’à condition de bien connaître la société d’où l’on vient ?

        Que seraient devenues les générations ainsi sacrifiées aux lubies d’idéologues, de bobos endoctrinés, si ces heures avaient été consacrées à renforcer la maîtrise de la langue française et des arcanes de la culture et du fonctionnement de la société française, société où ces jeunes seraient amenés à faire leur trou ?

        Il y a déjà quelques années, dans les métropoles canadiennes confrontées aux mêmes problèmes de violence et d’échec scolaire qu’un fonctionnement en binôme a été mis en place. Il associe un professeur qui enseigne sa matière à un éducateur ou à un autre enseignant, en sorte que l’un des deux puisse se consacrer entièrement à instruire ses élèves pendant que l’autre gère les problèmes de comportement ou apporte un soutien immédiat à ceux qui en manifestent le besoin.

        Hé puis, même sans ces structures qui semblent porter de fort beaux fruits outre-Atlantique, il existe partout en France des bibliothèques qui accueillent indépendamment du niveau d’aisance économique tous les élèves qui souhaiteraient bosser dans de bonnes conditions en sortant de l’école parce qu’à la maison le contexte ne s’y prête pas.

        Ceci pour dire que du côté de chez nous, dans notre beau pays, trop de gens persistent à résumer les problèmes d’inégalités sociales à l’inégalité économique, et que cette vision évidemment marquée au fer d’un marxisme plus ou moins explicite est dramatiquement réductrice et de courte vue !

        En France on continue de croire que la seule clé de lecture des inégalités réside dans le pognon.

        Ainsi s’interdit-on d’apporter des réponses cohérentes à nos problèmes communs, car qu’on le veuille ou non et que cela nous révolte ou pas les inégalités de richesse existeront toujours.

         
        • solènejazz
          solènejazz répond à Nightbird
          • Posté à 16h52 le 01/02/2011
          • Internaute 89346

          votre post est très intéressant et je suis d’accord avec vous dans l’ensemble. Vous évoquez les inégalités scolaires comme le fruit des inégalités culturelles. Chaque enfant dispose des bagages de ses parents donc d’un avantage plus ou moins important

          cependant quand vos parents ont un avantage culturelle (et de réseau), ils ont bien souvent aussi un avantage économique.

          Sinon votre exemple canadien est très intéressant. Innover en matière de pédagogie est selon moi la seule façon de sortir les élèves en difficultés de leur gourbi. Et je pense pour cela qu’il faut travailler en équipe réduite, un peu dans le type de relation instituteur-élève. Par contre il faut réduire les cours « magistraux ». ET il est vrai que les quelques des élèves de zep à science po est une bonne chose mais n’est pas l’arbre qui cache la forêt ? ?

        1 autres commentaires
      • kakoulite
        kakoulite répond à solènejazz
        Intermediation & Imprecation
        • Posté à 10h50 le 01/02/2011
        • Internaute 126452
          Intermediation & Imprecation

        Si en prepa/grandes ecoles etc..une majorite d eleves sont issus des categories sociales superieures (enfants de cadres + profs representant un bon 75%), qu’il n y a pas beaucoup d immigres (discutable....vous comptez les Asiatiques ou pas ?), bref que ca n est pas representatif de la societe Francaise n est pas la consequence d une inegalite du systeme mais d une inegalite des mentalites, comportements,exigences de resultats...bref de la pression sociale/familiale exercee par les parents sur leurs enfants (d’ou aussi de sacres claques quand on dit au papa du ’fils a papa’ que medecine..non c est surement pas pour son gosse...’pourquoi pas parapharmacie ? ’) car ,sans bien sur parler d individus possedant des facultes intellectuelles hors du commun, c est a partir de la maternelle que tout se prepare. L’education nationale a voulu niveller par le bas ce qui a conduit et conduit de plus en plus a une ecole a deux vitesses (d ou le boom des ecoles privees qui maintenant n ont plus de religieux que le nom). Pour revenir a nos moutons ce qui n a pas change et qui ne doit pas changer reste le fait qu’ etudier au plus haut niveau possible est gratuit (mis a part les ecoles de commerce..enfin si vous etes a sciences po et que vous voulez allez faire un petit tour a l INSEAD je pense pas que cela sera une terrible epreuveque de trouver un financement) et cela est unique comme la securite sociale (je defie quiconque de trouver un meilleur systeme que le system Francais !). NB : Concernant la Finlande j ai entendu un porte parole Finlandais discutant du systeme educatif europeen en general qui precisait que pour preserver le primaire/secondaire les etudes superieures seront a terme payantes...a suivre...

         
        • solènejazz
          solènejazz répond à kakoulite
          • Posté à 17h00 le 01/02/2011
          • Internaute 89346

          je suis aussi de votre avis globalement mais je rajouterai à côté des fils d’immigrés les fils (et filles) d’ouvriers. Et il est vrai que les asiatiques s’en sortent beaucoup mieux (raison culturelle, confucianisme...)

          Pour la question du nivellement du niveau scolaire et bien malheureusement la massification a entraîné un nivellement parce qu’on en s’est pas donné les moyens d’élever les élèves en difficulté. Par exemple n’importe quel élève peut aller dans un Lycée d’enseignement général (même avec 8 de moyenne en math et français)

          Alors si on revenait à une sélection plus rigoureuse et bien seul 1/2 des élèves en lycée auraient leur bac et si on imposait un petit examen (simple) à l’entrée de la fac (une dictée de 30 lignes à moins de 10 fautes), beaucoup serait recaler. Mais vous oubliez une chose, le but des facs aujourd’hui c’est de diminuer de taux de chômage et pas de donner une formation.

          • kakoulite
            kakoulite répond à solènejazz
            Intermediation & Imprecation
            • Posté à 11h31 le 02/02/2011
            • Internaute 126452
              Intermediation & Imprecation

            Disons qu auparavant le systeme etait plus simple car l orientation se faisait beaucoup plus tot (Apprentissage/CAP-BEP ou cursus standard) et passer de classe n etait pas un du. Concernant la baisse de niveau certains disent qu il n y en a pas eu mais que ceux qui en savent le plus en savent de plus en plus et ceux qui en savent le moins de moins en moins donc un fosse qui se creuserai de plus en plus ce qui est vrai dans un sens mais je crois aussi que le niveau a vraiment recule (mis a part en prepa) . J ai retrouve des bouquins de maths et Francais de mon pere en primaire (des annees 40 et que j utilise comme reference pour mon fils) et quand je compare avec les programmes de maintenant c est le jour et la nuit ...approche de la trigo en fin de CM2 ! ! ! (Je crois que c est en fin de 3 eme maintenant..a verifier )...4pts la faute de grammaire, 2 celle d orthographe et 1/4 pour la ponctuation/accent etc..Bref en fin de 6 eme et meme sans avoir des resultats exceptionnels au certificat d etude vous comprenez aisement pourquoi les eleves etaient consideres comme ayant des bagages. Concernant les facs je suis entierement d accord avec vous elles sont faites pour occuper les gens..les exclure des chiffres du chomage alors qu un bon charcutier peux gagner autant qu un Enarque.

            • solènejazz
              solènejazz répond à kakoulite
              • Posté à 12h25 le 02/02/2011
              • Internaute 89346

              il est difficile de comparer le niveau
              on demande aujourd’hui beaucoup plus de reflexion aux élèves mais bien souvent ils leurs manquent des savoirs de base

              je pense qu’on a parfois voulu leur apprendre à courir alors qu’ils ne savaient pas marcher

              je pense cependant qu’on ne devrait pas laisser un élève continuer sa scolarité avec de grosses lacunes et des difficultés à maîtriser des savoirs fondamentaux (lire et ecrire une phrase simple, rédiger un petit texte, maîtriser les règles élémentaires de l’orthographe et de la conjugaison + connaissances en math)

              Par contre le redoublement n’est pas une solution. Il faut « sortir » ces élèves de la classe et les confier à des profs qui sauront pas des pédagogies appropriés les remettre sur le bon rail. Et cela doit se faire très tôt (primaire, 6 et 5ième)

              Par contre cela coûte cher mais l’école n’est elle pas un investissement ? Je préfère un plafonnement des retraites et que l’on consacre cette argent à l’éducation

              • kakoulite
                kakoulite répond à solènejazz
                Intermediation & Imprecation
                • Posté à 13h41 le 03/02/2011
                • Internaute 126452
                  Intermediation & Imprecation

                Entierement d accord mais n oubliez pas non plus qu il est inutile de vouloir forcer un enfant dans une filiere qui ne lui conviendra pas et ceux qui en sont le plus a meme de juger ce sont les parents. Donner une education donc un futur job a un enfant donne un ’retour sur investissement’ d ’en gros 7 fois la mise...bref un placement a 700 % ..pas mal !

                • solènejazz
                  solènejazz répond à kakoulite
                  • Posté à 19h38 le 03/02/2011
                  • Internaute 89346

                  les parents ne sont pas toujours les plus à même de choisir un parcours pour leurs enfants. Car certains idéalisent leurs progénitures et considèrent aussi que certaines voies sont royales donc incontournables (bac S...)

                  pour preuve, la majorité des élèves vont en seconde générale (après appel) malgré un avis défavorable des enseignants. Donc l’avis des profs dans l’orientation est considéré comme nul et non avenu

                  c’est la même chose pour le brevet des collèges ou le bac, des consignes (discrètes) sont données qui demandent aux correcteurs de relever leurs notes afin d’arriver aux statistiques attendues. Personnellement je préférerai qu’on donne le bac sur les moyennes annuelles, ce serait un gain d’argent et de temps

                  • kakoulite
                    kakoulite répond à solènejazz
                    Intermediation & Imprecation
                    • Posté à 11h15 le 04/02/2011
                    • Internaute 126452
                      Intermediation & Imprecation

                    Difficille de donner un diplome sur une moyenne annuelle (mis a part peut etre dans un systeme qui serai en fait compose de minis exams tout au long de l annee) car non seulement c est une porte ouverte aux inegalites faute de standardisation (notations/baremes differents, difference de difficulte des sujets etc...j imagine tout a fait la moyenne generale qui annee apres annee ne fait que grimper !) mais un examen est aussi une mise en situation que l on retrouvera dans la ’vraie vie’ , lors par exemple d’un entretien d embauche, de planifier l achat d’un bien, se marier, avoir des enfants etc...Savoir se mettre en condition pour decider d une action dans un temps et a un moment donne .Le raisonnement amenant a cette decision pourra etre le fruit de plus ou moins d experience mais la decision devra etre prise et c est cette ’pression’ que l on doit savoir gerer.

        6 autres commentaires
    • Tassin
      Tassin répond à kakoulite
      Inquiet
      • Posté à 13h49 le 31/01/2011
      • Internaute 70606
        Inquiet

      La réponse à vos questions :

      Lien

      A noter l’énorme écart entre déciles pour la France ! 9,1 !

      • kakoulite
        kakoulite répond à Tassin
        Intermediation & Imprecation
        • Posté à 11h06 le 01/02/2011
        • Internaute 126452
          Intermediation & Imprecation

        Trop general comme stat...ca me fait penser au ’panier de la menagere’ ..que la douzaine d oeufs soit 10% moins chere a Lisbonne qu a Londres...ok mais bon ! C est le cout de la vie + les prestations distribuees qui sont interessantes, si effectivement les richesses sont mieux distribuees dans un endroit pmais que cela vous coute 200 euros pour aller voir un specialiste ...ou bien l ethiopie est pas mal placee question repartition des richesses... le seul prob est qu il n y a rien a partager !

  • solènejazz
    • Posté à 12h02 le 31/01/2011
    • Internaute 89346

    demandons aux enarques de venir faire des stages dans les zep

    • anini
      anini répond à solènejazz
      terrienne de souche !
      • Posté à 12h35 le 31/01/2011
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Mieux , demandons à Luc Chatel de venir tenir une classe de cm2 pendant un mois avec obligation de résultats sous peine de perdre sa « grosse » prime !

      • solènejazz
        solènejazz répond à anini
        • Posté à 12h57 le 31/01/2011
        • Internaute 89346

        pourquoi une classe de CM2,

        une classe de collège dans une zep du 93 lui conviendrait tout à fait

         
        • Clockclock
          Clockclock répond à solènejazz
          éleveur de poules de combat
          • Posté à 16h46 le 31/01/2011
          • Internaute 117094
            éleveur de poules de combat

          Une ZEP tout court lui suffirait,peut importe ou elle se trouve.

        1 autres commentaires
  • Shakana
    Shakana
    (Entre parenthèses)
    • Posté à 12h17 le 31/01/2011
    • Internaute 30512
      (Entre parenthèses)

    A défaut de cette – fausse bonne ? – idée des ateliers d’écriture à l’ENA, pourquoi ne pas proposer des stages de réalité ?

    Ce type d’expérience existe sur LCPAN : deux journées passées par un politique à occuper la place d’un employé de « petite condition ». Un boulot ingrat et mal payé en général. Précisons que le soir ils rejoignent leurs pénates confortables où ils peuvent se ressourcer.

    Quelle expérience en tirent-ils ?

    Modifie-t-elle leur façon de voir ?

    Lien

    Eric Raoult s’était engagé à modifier sa façon d’aborder le problème des hôpitaux, par exemple. Il envisageait même d’aller manifester avec la CGT... Où en est-il de son engagement ? ...

    Lien

    Par contre, il semble que l’émission inverse n’est pas concevable : un administré occupant la place d’un élu ?

    Une autre émission précise l’incapacité des élus à prendre conscience des difficultés d’une majorité de leurs administrés. Ils ne font que pratiquer la langue de bois, puis retourne à leurs habituelles convictions envers et contre la réalité qui leur a été exposée très clairement.

    Lien

    Exemple : Lien

  • momo la salade
    • Posté à 12h56 le 31/01/2011
    • Internaute 110276
      foutus

    la vie d’un gars qu’a 800 euros par mois pour vivre ne l’interresse pas lui même alors qui ça peut interresser

  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 13h08 le 31/01/2011
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    « pourquoi ne pas proposer des stages de réalité ? Pas au sein d’un staff de direction. Plutôt une immersion totale du genre de celle de Florence Aubenas ou Gunter Walraft. Des stages “ pratiques ” de “ découverte ” des classes modestes et moyennes. »

    Oui, c’est intéressant, hormis que le vécu d’une situation difficile n’est certainement en rien le même pour celui qui connaît le terme de la situation, et celui qui y est englué sans issue proche ou représentable.
    Il est possible de conclure assez vite que la situation n’est au fond pas si difficile à vivre, quand on connaît son terme.

    Il y a quelques années, j’avais vu un documentaire polonais cruel relatant une expérience sur des rats.
    Un rat était placé dans un aquarium, nageait jusqu’à épuisement et s’y noyait en 5 minutes. Un autre rat, dans la même situation, mais auquel on avait proposé dans un premier temps une planche de salut (au sens propre), nageait non pas pendant 5 mn avant de renoncer, mais environ 24 heures, parce qu’il avait fait l’expérience d’une issue favorable possible.
    Les humains ne sont pas des rats (certains le sont, au sens figuré uniquement), mais un peu d’espérance est nécessaire pour vivre les épreuves difficiles ou les situations précaires. Avoir la représentation d’une situation meilleure que celle qu’on vit permet de vivre les moments difficiles, ne pas pouvoir avoir celle-ci désespère souvent.

  • momo la salade
    • Posté à 13h12 le 31/01/2011
    • Internaute 110276
      foutus
  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 13h12 le 31/01/2011
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    Que de clichés et de méconnaissance sur les élèves de l’ENA et le contenu de leur formation...

    Première chose, il s’agit d’élèves d’une école d’application de la fonction publique et non « d’étudiants »

    Lien

    « Dès leur admission à l’ENA , les élèves deviennent fonctionnaires stagiaires ou sont placés en détachement s’ils étaient fonctionnaires. »

    Ensuite, vous qualifiez les énarques d’« étudiants – souvent des quartiers chics [...] ».

    Lien

    « Origine sociale

    Profession des parents :
    - cadres supérieurs et professions libérales : 27 %
    - professions intermédiaires (enseignants, cadres moyens, commerçants…) : 46 % (enseignants : 24 %)
    - artistes, écrivains : 1,85 %
    - ouvriers, agriculteurs, employés, secrétaires : 11 %
    - sans profession : 10,5 %
    - non communiquée : 3 % »

    Et leurs stages ? Vous leur proposez « des stages “ pratiques ” de “ découverte ” des classes modestes et moyennes. »

    Ça tombe bien, ils en viennent...

    • Mouloud Akkouche
      Mouloud Akkouche répond à fdrebin
      Ecrivain
      • Posté à 13h27 le 31/01/2011
      • Internaute 49213
        Ecrivain

      Bonjour,

      Merci de vos informations mais je vous suggère de consulter aussi sur le même sujet ce lien : Lien

      Bonne journée,

      Mouloud Akkouche

    • Pi.K
      Pi.K répond à fdrebin
      Vilain Parisien
      • Posté à 13h45 le 31/01/2011
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      Si on prend comme « classes moyennes » les déciles 5 à 9 des revenus, soit les ménages dont le revenu par UC s’échelonne de 1500 à 3000€ mensuels environ (40% de la population), et qu’on prend en compte le fait que les élèves de l’ENA ont dans les 20 ans à leur admission, soit des parents de 45 à 55 ans (ce qui implique des salaires milieu-fin de carrière, plus élevés que les salaires de début de carrière), on se retrouve avec : 27% des élèves issus de familles qui appartiennent au décile 10 (les plus haut revenus, au-delà de 3000€ mensuels par UC), et encore 46% des élèves issus de familles qui ont de fortes chances d’y appartenir, soit près des trois quarts des élèves pris dans les 10 à 15% les plus aisés de la population française.

      Oups.

    • yabon
      yabon répond à fdrebin
      Klingon
      • Posté à 15h56 le 31/01/2011
      • Internaute 98602
        Klingon

      Vous avez les statistiques pour les écoles de commerce ?

      On peut dire ce qu’on veut de l’ENA, mais ça me paraît plus noble que ces HEC et autres ESSEC, déjà parce qu’il n’y a pas de frais de scolarité (comme l’X ou Normale Sup’) et donc la sélection se fait uniquement sur le (dur) concours et pas sur le fric (même avec un système de bourse).

      • JM Leforestier
        JM Leforestier répond à yabon
        • Posté à 09h32 le 01/02/2011
        • Internaute 34869

        Sauf que la grande majorité des élèves de l’ENA sort de sciences Po (Paris ou province) où la scolarité se compte, là aussi, en milliers d’euros par an pendant cinq ans...

  • expat
    • Posté à 15h29 le 31/01/2011
    • Internaute 25627

    Vous auriez du insister !

    En angleterre les parlementaires qui pensent qu’on peut vivre avec 70 € par semaine on essaye, aucun n’y est parvenu, mais peut-etre parce qu’ils sont deja perdu pour la societe n’ont rien entrepris pour changer les choses.
    LEs jeunes des grandes ecoles sont presque arrives, par encore completement et quand ils vont bosser dans les ministeres c’est pour des salaires sans rapport avec la realite des gens (ils conseillent quand meme les ministres ou prennent les decisions pour eux).

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 16h28 le 31/01/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Le premier jour Guéant s’est offert une bonne paire de chaussures. En sortant il s’est rendu compte qu’il en était de sa poche pour avoir du compléter de 500€, et il a regretté de ne pas avoir laissé de pourboire.
    Là, il a eu un petit peu faim mais il n’avait plus de liquide.
    Il a cherché sa carte de crédit, mais on la lui avait retiré pour les besoins de l’expérience.
    Il a commencé à maugréer.
    Dix pas derrière lui un type s’est aussitôt animé. Il a claqué des doigts.
    Une voiture a pilé à sa hauteur.
    Guéant a sauté dedans. Il a filé à l’Elysée et a aussitôt décidé d’arrêter cette stupide épreuve.

  • Sixpatte-
    Sixpatte-
    Sur Mars
    • Posté à 18h06 le 31/01/2011
    • Internaute 77583
      Sur Mars

    « Pourquoi ne pas proposer des stages de réalité ? Plutôt une immersion totale du genre de celle de Florence Aubenas ou Gunter Walraft »

    C’est vrai, tout ça est un peu facile Mouloud, se coltiner la vraie vie avec
    800 € par mois dans son HLM avec les gosses du voisin qui braillent du
    matin au soir et font nocturne du lundi au dimanche.
    Et encore, 800, c’est des pauvres aisés, ceux qui peuvent bosser à mi-temps, 4h par ci 7h par là, ou trois jours par semaine. Les autres, pour glander devant la télé, trainer dans les cages d’escalier ou se saouler la gueule peuvent allègrement claquer la moitié et compter sur les allocs pour finir le mois.

    « L’écriture de fiction peut développer l’empathie ».

    Quelques lignes de la vision du public précité, sur la société :

    ANPE : Avec nous Peux d’espoir
    DDE : Dix Doigts Engourdis
    EDF : Equipe De Fénéant
    GDF : Gars Déjà Fatigués
    RATP : Reste Assis t’es Payé
    CAP : Certificat D’Aptitude à la pauvreté
    BAC : Brevet D’Accé au Chomage
    RTT : Resté Tous Tranquille
    RSA : Retour Sans Activité
    ONF : ?

    Bien sûr, ça vous semble caricatural, pourtant, d’échec scolaire en
    petits boulots de merde pour survivre, ce n’est que la vision d’un
    avenir radieux qui leur est proposé par Popaul, l’assistante sociale et
    la CAF réunis pour leur bien-être.
    D’ailleurs, pourquoi se limiter aux seuls étudiants de L’ENA ou de
    Sciences-Po ?
    Tous les braves gens qui président à nos destinées seraient aussi bien
    inspirés par un de ces stages en immersion.
    Pas une journée, on a pas le temps de se rendre compte,
    Disons trois mois, comme un stagiaire, avec l’espoir d’un CDD.

  • medicago
    medicago
    Plante cultivée
    • Posté à 06h35 le 01/02/2011
    • Internaute 58931
      Plante cultivée

    Le temps« hors sommeil “ d’un enfant ou d’un ado se réparti en 1/4 temps scolaire et 3/4 autre vie. Comment s’étonner que les modèles sociaux se reproduisent et qu’un enfant issu de milieux ‘modeste’ ait toute chance de se retrouver lui même dans la même situation. Il existe des exceptions qui servent à justifier les possibilités d’ascension sociale et à alimenter la machine à espoir de la fabrique des illusions.

  • Rhapsody
    Rhapsody
    Franc-penseur.
    • Posté à 08h58 le 01/02/2011
    • Internaute 139039
      Franc-penseur.

    J’aime beaucoup votre article.
    Je vis actuellement avec 900 euros par mois.
    Le 10 de chaque mois mon compte s’enfonce dans un découvert que le traitement du mois suivant sert tout juste à éponger. Pourtant je n’ai qu’un crédit de moins de 100 euros par mois sur les bras.
    Je crois me souvenir d’une histoire, rapportée par la presse, d’un chef d’entreprise italien qui avait renoncé plusieurs mois à prélever sur sa société plus que le SMIC, histoire de montrer à ses gosses jamais contents et gaspilleurs la valeur du travail et de l’argent.
    Je pense qu’un stage de cette nature, « stage en immersion », comme dit @Sixpatte, ou un exercice du style de ceux que vous proposez devrait être obligatoire à ceux qui prétendent nous gouverner. Histoire de les faire atterrir un peu !

  • patdu49
    patdu49
    chomiste du maine et loire
    • Posté à 11h23 le 01/02/2011
    • Internaute 34595
      chomiste du maine et loire

    ça serait EXCELLENT ... ton idée

    car une fois qu’ils sont en poste, il est déjà trop tard.

    pour preuve, j’ai déjà posé ces genres d’exercices, du réel, à des personnes qui sont dans les palais dorés de la république, etc, et les seules réponses que j’ai eu étaient :

    - aucune réponse
    - censure
    - réponse complètement hors sujet

    en même temps, c’est vrai, que quand on pose comme exercice comment faire avec 410€ par mois + 260€ d’APL, c’est un exercice compliqué ... de répondre à « comment faire pour payer » ? !

    -le loyer à 450€
    -l’edf le chauffage
    -l’eau
    -la nourriture
    -la boisson
    -l’assurance habitation
    -la carte bleue, les frais bancaires
    -le linge de maison, les vêtements, les chaussures, les sous-vêtements
    -la téléphonie, l’internet
    -prevoir budget, renouvellement électroménagers, et multimédias, ameublements.
    -payer eventuels transports, entretenir eventuel moyen de locomotion, (assurance, carburant, réparations, décote) se rendre à ses convocations pôle-emploi, payer timbres, photos, etc
    -se payer son petit paquet de cigarettes, ou un petit café, ou une revue de temps en temps, se payer preservatifs, faire une grille de loto.
    -avoir une vie sociale, pouvoir faire plaisir à des proches, noel, anniversaire, fête, mariage, invitation, reception

    ou alors exercice, encore un peu + compliqué, non pas avec donc un RSA de 410€ par mois.

    mais avec ZERO€ par mois, car jeune primo-demandeur d’emploi de moins de 25 ans, en rupture familiale, ou avec des parents pauvres qui ne peuvent pas vous entretenir ? ..

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 13h41 le 01/02/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est de l’hérésie, ce sont les pauvres qui doivent rêver de montagne de pognon grâce aux médias, surtout pas l’inverse. D’ailleurs, qui rêverait d’être pauvre, si ce n’est un mec ultra-pauvre ?

    endossez le rôle d’un ministre ou d’un capitaine d’industrie qui doit prendre une décision d’urgence très importante.
    Pour le résultat écrit, je sais pas trop ce que ça peut donner, mais pour les décisions, il existe déjà un support. Ça fait un bail que des millions d’appentis tycoons le font pour leur propre amusement. Il existe des centaines de jeux nous mettant dans la peau d’un chef d’entreprise qui jongle avec ses ouvriers, ses usines et son compte en banque.

    Enfin c’est quand même moins drôle que les jeux où l’on peut décider de déclencher une épuration ethnique, utiliser son arsenal nucléaire, réduire la population en esclavage, ou si jamais on y pense tout faire pour préserver une pacifique stabilité.

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