Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

De la fausse pub Sprite et des combats féministes en général

Publié le 16/02/2011 à 12h50

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Comme de nombreux internautes, je me suis fait avoir hier par cette fausse pub déjà décortiquée par Rue89 et d’autres médias.

Quelles ont été les réactions des féministes à cette expérience d’un blogueur américain ? Sans doute que beaucoup ont piqué une grosse colère en jugeant que la vidéo véhicule une image dégradante de femme-objet.

Pour ma part, j’ai trouvé ce détournement de pub malin et caustique, à la manière d’une satire. En plus, il met en lumière l’impact des images sur chaque internaute, et la vitesse de propagation d’une fausse info sur le Net.

Cela dit, certains coups de gueule de féministes contre les violences visibles et invisibles infligées aux femmes sont de salubrité public. Avec le retour des obscurantismes prompts à voiler et museler chaque femme, les combats féministes ne sont pas du tout d’arrière-garde, comme tentent de le faire croire Eric Zemmour et d’autres.

Les acquis du passé, comme la contraception et le droit à l’avortement, ne cessent d’être remis en cause. Le féminisme : un combat toujours d’actualité.

Les féministes devraient moins batailler contre la pub

Toutefois, il me semble que les féministes devraient perdre moins d’énergie à ferrailler contre la pub. Car, quoi qu’on en pense, les patron(ne)s de pub ayant vécu les années 70 et ses luttes pour l’égalité des sexes se servent aujourd’hui indistinctement d’images d’hommes et de femmes.

Très futés, il récupèrent toutes les revendications et luttes progressistes à leur profit. Certes, les poitrines féminines restent plus exposées que les virils pectoraux sur les écrans. Les marques exploitent les corps sans discrimination de sexe ou de couleur de peau, seul compte pour elles l’achat de leur produits par le plus grand nombre.

La fiche de paye calculée en fonction de l’entrejambe

Comme l’explique Pascale Clark dans sa très pertinente interview, un des plus importants combats féministes à mener est qu’à travail égal, les femmes gagnent la même somme que les hommes. Car aujourd’hui, d’une PME à une maison d’édition ou journal en passant par une multinationale, les salaires ont encore un sexe.

Malheureusement, les luttes légitimes et nécessaires contre le sexisme, l’homophobie, le racisme et l’antisémitisme ont souvent tendance à alimenter le fonds de commerce de telle ou telle communauté... contre une autre. Finkelkraut travaille pour les siens, Tarik Ramadan idem...

Et pareil pour cette auteure de fiction soi-disant féministe qui, lors d’un salon du livre, balança par terre une pile de romans publiés dans la collection Le Poulpe [à laquelle Mouloud Akkouche a participé, ndlr] qu’elle considérait comme de la littérature phallocrate.

Une femme d’une très grande violence et surtout très bornée. Heureusement que la majorité des féministes ne sont pas pour des autodafés ou l’embastillement de réalisateurs de fausses pubs « pas sexistement corrects’’.

Les convictions ne doivent pas empêcher l’humour

De plus en plus, des individus et des communautés se recroquevillent sur leurs idées et développent une haine viscérale contre tous ceux qui ne pensent pas ou ne vivent pas comme eux.

Au moindre débat, les invités finissent par se balancer à la tête : raciste, sexiste, antisémite, homophobe...Comment débattre après ce genre d’anathèmes ? Ainsi les différentes revendications pourtant légitimes perdent de leur crédibilité et deviennent contre productives.

Quel solution pour ne pas décrédibiliser ces combats nécessaires telle le féminisme ? Peut-être un brin d’autodérision... Pour conclure, cette phrase de Françoise Giroud, extraite de l’interview de Pascale Clark : “On aura gagné quand il y aura des femmes incompétentes en poste.” C’est gagné, merci Michèle Alliot-Marie !

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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h36 le 16/02/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    La femme est l’avenir des cons et l’homme est l’avenir , moi mon avenir est sur le zinc d’un bistrot des plus cradingues (© Renaud).
    Avec ça, je vais me faire plein d’amis : D

    C’est clair que la pub sera misogyne comme misandre tant que ça pousse les consommateurs à se jeter sur les produits en rayon.
    De toutes manières, la pub c’est con et stupide, c’est une plaie et ça nous prend tous pour des demeurés. Alors l’attaquer simplement pour être sexiste, c’est comme juste reprocher à notre président d’être mal coiffé.

    Et faut pas parler de femme-objet, car c’est méchant pour les objets.
    Un objet, on le retrouve là où on le pose, alors qu’une femme on la laisse chez soi et le soir on la retrouve dans le lit du voisin : D

    Alors qu’en fait on est tous égaux, les chiens, les femmes, les punks, y’a juste quelques animaux au-dessus, y’a l’homme, le dauphin, le rat, le cafard : D (© Fatals Picards)

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 18h02 le 16/02/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    La marche de l’homme objet est déjà bien avancée.
    Dans le dernier clip de Daphné, le comédien François Vincentelli (excellent dans « Hard », la série de Canal +) pose alangui, nu, dans l’exacte pose qui était celle de la beauté conquise il y a 20 ans.
    Vincentelli, qui est un beau gars et qui en plus bénéficie de la notoriété de son personnage « Roy Lapoutre », est logiquement la coqueluche des dames en ce moment : beau brun poivre et sel, sentimental mais hardeur au sexe légendaire, il est une sorte d’oxymore humaine, de fantasme incarné.
    Il faut sans doute voir dans cet emploi un signe des temps.
    Comme il s’accompagne dans le même temps de l’émergence significative du nombre d’hommes au foyer (soient qu’ils travaillent à la maison, soient qu’ils n’ont plus d’emplois, et parfois plus de salaires, et dépendent donc de leurs conjointes), on peut se demander les femmes n’ont pas définitivement renversé la vapeur !
    Enfin, on pourrait se le demander s’il ne restait pas des inégalités aussi colossales que la différence de salaires.

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 18h02 le 16/02/2011
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    La marche de l’homme objet est déjà bien avancée.
    Dans le dernier clip de Daphné, le comédien François Vincentelli (excellent dans « Hard », la série de Canal +) pose alangui, nu, dans l’exacte pose qui était celle de la beauté conquise il y a 20 ans.
    Vincentelli, qui est un beau gars et qui en plus bénéficie de la notoriété de son personnage « Roy Lapoutre », est logiquement la coqueluche des dames en ce moment : beau brun poivre et sel, sentimental mais hardeur au sexe légendaire, il est une sorte d’oxymore humaine, de fantasme incarné.
    Il faut sans doute voir dans cet emploi un signe des temps.
    Comme il s’accompagne dans le même temps de l’émergence significative du nombre d’hommes au foyer (soient qu’ils travaillent à la maison, soient qu’ils n’ont plus d’emplois, et parfois plus de salaires, et dépendent donc de leurs conjointes), on peut se demander les femmes n’ont pas définitivement renversé la vapeur !
    Enfin, on pourrait se le demander s’il ne restait pas des inégalités aussi colossales que la différence de salaires.

  • dianthus
    dianthus
    Le peu que je sais, c'est à mon (...)
    • Posté à 15h48 le 18/02/2011
    • Internaute 133208
      Le peu que je sais, c'est à mon (...)
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