Chez Mouloud Akkouche

Le blog de l'écrivain Mouloud Akkouche sur Rue89.

Qui sont les pick pockets internationaux en col blanc ?

Publié le 26/10/2011 à 09h20

Sur France Inter, Gérard Filoche (PS) et Charles de Courson (Nouveau Centre) débattaient sur la dette. Tous deux jonglaient avec des milliards. Nul en économie, je fus vite submergé. Gérard Filoche, agaçant d’interrompre sans cesse son interlocuteur, était plus proche des réalités quotidiennes. Tandis que Charles de Courson, certes très brillant, paraissait en mode « discours automatique ». Désincarné. Guère habitué des médias ou trop nourri aux courbes et statistiques ?

Patrons des banques : pick pockets internationaux en col blanc ?

Quand ils évoquèrent les banques, j’ai repensé à la plainte de particuliers contre un établissement bancaire islandais. Parmi eux Enrico Macias, « mendiant de l’amour “ et girouette politique (bientôt PS ?) : victimes de ‘cailleras d’écoles de commerce’. Semblables à certains de ses bons amis du Fouquet’s.

A une autre échelle, les grands patrons des banques contraignent leurs employés à harceler légalement les clients à bas et moyens revenus. Armés d’agios, frais d’impayés sur les chèques refusés et autres joyeusetés, ils essorent chaque jour leurs fonds de poches. Pas de petits bénéfices. Des agios transformés en bonus pour ces dirigeants ?

Bien sûr, les banques ne sont pas des associations à but non lucratif. Il s’agit d’entreprises avec des charges de fonctionnement et des objectifs à atteindre. Business to business. Mais contre-productif de chercher à tuer (à force d’usure) la poule aux œufs d’or que représentent les petits comptes. Sans eux, elles ne vivraient pas.

Petits comptes : poules aux oeufs d’or.

Avec leur politique pénalisant les moins argentés, elles enfoncent -encore plus- des millions de gens. Combien de conflits familiaux, d’expulsion de domicile, ou même de suicides à cause de ce fonctionnement ? Dégâts collatéraux de la course au profit, une course qui a déjà fini dans le mur. Chassez le trader, il revient au clavier.

En plus des agios, certain(e)s chargé(e)s de comptes vous font la morale tel à un ado en faute. Comme cette voix de synthèse au téléphone rappelant en boucle la facture d’électricité en retard de paiement. Imaginons qu’un gosse -ses parents ne voulant pas partager leurs soucis avec lui- décroche… Pas les p’tits Sarkozy, Hollande ou Le Pen qui connaîtront les joies de cette voix. Tant mieux pour eux.

Comment échapper à ce hold up quotidien ? Au moindre impair, un(e) employé(e) - tenu(e) aussi par un salaire et des prêts à rembourser- dégaine agios et interdits bancaires : armes de destruction sociale. Guerre de bas salaires contre bas salaires. A quand la lutte des comptes proposée par Eric Cantona et d’autres ?

La mise à mort social des petits comptes.

Pas Charles de Courson, oeuvrant pour les grosses fortunes, qui s’attaquera directement aux excès des banquiers. François Hollande et la plupart de ses lieutenants, formatés comme le député de la Marne, le feront-ils ? Toutefois être énarque, HEC, ou autre n’empêche pas d’imaginer un frigo vide ou vivre sans CB. Et de se battre pour changer la -mauvaise- donne économique.

‘ Tous pourris, je vote Le Pen !’ Pourtant les têtes pensantes du FN ont le même profil, plus proches de leurs intérêts que de leurs électeurs. Si Marine la milliardaire était élue, son électorat perdrait encore plus d’acquis sociaux. Pire que les ‘tous pourris’ réunis !

Que faire après ce constat pas nouveau des dérives bancaires ? Politiques de tous bords proposent (aussitôt élus, oublieront-ils ?) de re-nationaliser les banques. Bonne idée. Qui va s’en occuper ? Les mêmes qui ont créé la crise et continuent d’en bénéficier ?

PS. Merci à BA pour son lien sur les salaires des dirigeants des banques sur un commentaire.

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  • lonesome
    lonesome
    un parmi tant d'autres
    • Posté à 09h37 le 26/10/2011
    • Internaute 165032
      un parmi tant d'autres

    Sauvons Enrico...

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 10h15 le 26/10/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    ah ! tous ces « pauvres » gens qui tremblent à la venue possible d’un huissier ! Mais enfin ! comment ont-ils pu signer ces contrats mirobolants en espérant faire du fric en dormant mais avec de vrais taux d’usurier :

    « Ainsi, M. Macias s’est vu prêter 8 millions d’euros, mais doit rembourser 43 millions d’euros, selon ses avocats »

    Qu’ils se rassurent, la trêve d’hiver arrive, du 1er novembre au 15 mars on ne peut les mettre à la porte de chez eux. Ils vont rejoindre les milliers de vrais pauvres, ceux qui ne se sont pas faits dépouiller, eux, en croyant des banquiers véreux, mais, ne pouvant payer leur loyer, risquent de se retrouver à la rue, la vraie.

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 12h14 le 26/10/2011
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Oui, les banques vivent de la naïveté des déposants de leur argent et de leur manque d’ argent. Sauf que cette naïveté est la contrepartie de la cupidité de ces mêmes déposants ! Qui se pose la question de savoir d’ où vient la rémunération des dépôts bien supérieure aux taux directeurs ? Qui se pose la question de savoir comment sont financés les taux de crédits toujours plus bas sur des périodes toujours plus longues ? Qui fait le lien entre son assurance-vie en euros garanties et les obligations d’ état qui étranglent la Grèce ? L’ argent des banques, c’ est avant tout le nôtre -et c’ est celui qui menace de disparaître- et c’ est très facile maintenant de taper sur les banques alors que chacun s’ est goinfré durant des années avec des crédits peu chers et des rendements élevés. On va nous dire bien sûr : je ne savais pas.... Sauf qu’ à ce niveau, ce n’ est plus de la naïveté mais de la bêtise. Et nous voilà nos propres bourreaux en étant devenus créanciers de nos débits.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h57 le 26/10/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Tous pourris, je vote Le Pen !
    En fait c’est juste une excuse, le nazi a toujours mauvaise conscience d’être nazi, alors il prend la première vérité facile qui lui tombe sous la main, et s’en sert d’argument.
    Parce que s’ils sont tous pourris, la borgne l’est aussi. Mais bon, réflexion et nazisme sont pas compatibles...

    Que faire ? Bonne question...
    Bin déjà on peut commencer par torturer puis exécuter les patrons des banques ainsi que leurs seconds, ainsi que pour toutes les boites de finance.
    Ça résoudra pas le problème, mais ça défoulera le peuple et ça fera réfléchir sérieusement ceux qui prendront leur place.

    Encore mieux, on les échange : un nord coréen sympa contre deux banquiers. Des vacances là bas devraient leur faire le plus grand bien : D

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