Que vont faire les sinistrés de Xynthia avec leurs indemnités ?
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Enfin, un projet qui ne tombe pas à l’eau
Parole rapportée - Témoignage d’un sinistré de Xynthia :
Agriculteur en Deux-Sèvres, ce samedi 28 février 2010 au matin la météo du journal montrait clairement un système dépressionnaire proche de ce que les météorologues appelle un cyclone, à moins de 960mmbar. Ayant bien entendu l’alerte, je me suis promis de tout attacher en revenant du marché. Et puis voilà, dans la nuit, vents forts et coupure de courant. Le départ pour le salon agricole est remis à plus tard. Le dimanche se passe à attendre le retour de la fée électricité en faisant de nos mains tout ce que les machines ne veulent plus faire. Le lundi, avec l’arrivée des nouvelles informations, nous apprenons l’envahissement du marais par les eaux de la mer. Je pense immédiatement aux collègues agriculteurs et à leurs animaux. Plus tard mes parents me rappellent que la maison de la Faute-sur-mer baigne dans l’eau. Je les rassure ce n’est qu’une résidence secondaire, les dégâts ne seront que matériels et les meubles n’ont pas d’autre valeur que sentimentale. Consolons nous, le vent a fait moins de dégâts qu’en 1999 : un arbre sur une toiture, ce n’est pas rien. Le mécanisme de solidarité va jouer : les assurances et l’état de catastrophe naturelle nous aiderons.
Puis les mauvaises nouvelles s’accumulent, il y a de nombreux morts, près de cinquante, et beaucoup à la Faute-sur-mer. Vient le temps du nettoyage et de la mesure des destructions phénoménales stupéfiantes, inimaginables. Les témoignages de peur sont là, l’impensable a eu lieu. Cette maison a été construite il y a trente cinq ans quand la théorie du réchauffement climatique n’existait pas et encore moins la montée des océans. D’ailleurs la plage à la Faute gagne sur la mer ; la baie de l’Aiguillon s’envase ; et les digues centenaires ont résisté à la marée du siècle et sont cahin caha entretenues aux moindres frais.
Mais que s’est il donc passé ?
Un mètre d’eau dans la maison, d’où est-elle venue ? C’est sûr, une vague a envahi en quelques minutes l’ensemble de la pointe de l’Aiguillon. J’ai quelques notions de physique, merci à l’école ; la dépression peut soulever le niveau des eaux de près d’un mètre ; le vent double la mise ; à cela on peut ajouter dans les zones de baie, d’estuaire, un effet de mascaret et alors sans avoir fait Saint-Cyr chacun appréhende le malheur de la conjonction d’une grande marée et d’une alerte météo qui arrive trop tard et sans que chacun n’y accorde l’attention nécessaire. Mais ce n’est pas tout, les digues n’ont pas été submergées, certes l’eau est montée à hauteur mais surtout la mer les a contournées. Les anciens avaient bien observé : les protections étaient assez hautes, peut-être un peu tassées, pas assez rajeunies mais surtout les exigences estivales les avaient ouvertes par commodité. Des digues rabattues par les voitures, les piétons, au final les congés d’été laissent en hiver des brèches béantes face à l’océan.
Pourtant nous avions confiance.
Depuis toujours, aux plus grandes marées, la mer s’arrêtait aux pieds des digues. La maison était à l’abri. Nous allons la remettre en état, elle est solide, bien construite, un étage, et nous sommes avertis que les jours de tempête il veut mieux dormir ailleurs. De plus nous n’avons pas les volets électriques si coupables d’avoir emprisonné de nombreux fautais. Vient le tour des experts d’assurance. Le premier est rassurant et demande aux parents de ne rien oublier de signaler. Le second expert, huit jours plus tard, est beaucoup plus sévère, comme si c’était lui qui allait payer. Les semaines de déblaiement s’avancent, les tas de déchets ménagers s’amoncellent. C’est impressionnant, un plein parking. Un groupement d’artisans passe, propose ses devis. La crise est là, l’argent des assurances permettra de faire travailler les ouvriers du département, juste retour des choses. Nous ne prêtons pas attention aux paroles des politiques qui veulent responsabiliser les promoteurs ; ou qui, par précaution ultime, veulent éradiquer tous risques et donc interdire les reconstructions. Fin mars, quelques beaux jours reviennent, un dimanche nous nettoyons les derniers meubles récupérables, hormis les cloisons en plâtre et les traces d’humidité, l’absence d’électricité, rien ne paraitrait du désastre : la maison a tenu le coup. Et puis patatras, la nouvelle tombe, pour de vrai, il y aura trois zones ou l’État va exproprier et raser 1500 maisons. Sans rire. Incompréhensible, il en coutera 250 millions d’euros, le tiers du bouclier fiscal. Où iront-ils chercher l’argent ?
La réponse à Xynthia était pourtant simple.
Les assureurs étaient déjà en train de faire leur travail, les sinistrés choisissaient de partir ou rester, de réparer ou de reconstruire ailleurs selon les dégâts et les défraiements, les autorités intervenaient sur les permis de construire et autres autorisations, chacun à sa place, face à son avenir et ses responsabilités. La probabilité d’une autre immersion est très faible et a toujours été connue, une surcote de la mer de 2 mètres s’arrête facilement avec des digues respectées et entretenues.
Menant l’enquête, deux samedis de suite au retour du marché de La Rochelle, je suis allé voir ou l’eau était montée dans les marais. Très vite j’ai compris que l’eau ne monte pas mais qu’elle descend, se nivelant à l’horizontal (à la campagne on a le bon sens), et que, partout elle est rentrée, par les parcs ostréicoles ! Et oui, les claires sont les anciens marais salants réaménagés pour les huitres. Comme il faut renouveler l’eau de mer à chaque grande marée, au fond des parcs plus besoins de digues, il n’ y a ni vagues ni embruns. Aux boucholeurs il y a des parcs, à Charron un port, à l’Aiguillon des parcs, un port et un lac, à Aytré un passage pour que les campeurs aillent plus facilement à la plage, à Marans la mer est arrivée par les canaux évacuateurs. A la Faute un parc à huitres au bout de la pointe, et une réserve forestière qui elle, laisse un passage entre la dune et la digue du Lay. L’eau ne se serra pas gênée pour entrer dans la cuvette et la remplir, comme à la Nouvelle Orléans. Bush a-t’il rasé les dix milles maisons ?
Quelle panique a bien pu piquer nos préfets ?
La vérité est simple, le lundi la plus haute autorité de l’État est venu, comme le maréchal Mac-Mahon en 1875 observant les dégâts de la crue de la Garonne, et, contemplant l’immensité des inondations a dit, « que d’eau que d’eau », puis, pressé par son emploi du temps chargé, a décidé urgemment et sous prétexte de précaution, « rasez tout ce qui est noyé, ce qui est dit est dit, et ne perdez pas de temps, le plus rapide sera le mieux ». Bilan de la visite, des zones tracées à l’emporte pièce, un coût exorbitant pour la collectivité, des communes économiquement sacrifiées, des vies déportées, une administration despotique. Ainsi, sous le glas d’un seul chef, s’ajoutent aux malheurs, le désordre et l’incompréhension. La prochaine tempête frappera l’embouchure de la Loire et tout ce qui sera 2mètres au dessus du niveau de la mer sera rayé de la carte de France, Le Croisic, La Baule, Guérande. Non peut être pas, la grande brière n’est pas dans le marais poitevin de Ségolène.
Mais c’est qui celui là ?
Qui est-il celui là, qui veut décider de tout sans étudier son dossier, sans écouter ses concitoyens, sans entendre les élus, au mépris des braves gens : d’où vient-il celui là qui donne à ceux qui ont tellement d’argent, qu’ils sont obligés d’aller le perdre en bourse : de quel pays vient-il ce type qui vient jusque dans nos campagnes araser nos masures et nos bonheurs. C’est nos impôts qu’il dépense sans compter. Il faut lui retirer le carnet de chèque, la carte bleu, l’interdire de banque. Au lieu de boucher les trous de la digue il creuse dans les égouts pour vider les coffres forts. Enfin, cette maison, fruit d’une vie de travail de mes parents, je n’en profitais pas de par mon métier d’éleveur très prenant. Aussi je n’envisageais pas de faire de recours. Mais devant la méthode et par soutien à tous ceux dont c’était leur résidence principale, ceux qui n’ont pas vu d’eau, ceux qui veulent rester car ils n’ont pas de volets électriques les emprisonnant comme des rats, ceux qui ne croient plus aux promesses des politiques qui parlent comme des piliers de bar, alors, avec ceux là et pour la République du peuple, nous allons entrer en résistance et redevenir les huttiers du Poitou.
Personne ne leur demande ce qu’ils feront une fois qu’ils auront tout rasé ? Ils mettront du remblais et revendront les terrains ou quoi ? Quel est le projet caché là-dessous ? Ils veulent s’emparer des terrains d’abord et ne réparer la digue qu’après ?
scénario
1/ tout raser aux frais du contribuable
2/ revendre ces terrains déclarés non constructibles pour une bouchée de pain à un ami ou un frère de Clapotis 1er
3/ construire une nouvelle digue aux frais du contribuable
4/ déclarer ces terrains de nouveau constructibles par un décret de Clapotis 1er
5/ empocher la gigantesque plus-value immobilière entre mafieux
Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.
À la porte d'un sourd, un jour (...)
À la porte d'un sourd, un jour (...)
ils vont investir dans la zone inondable non noire de l’ile de Ré.




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