Chez Na !

Le blog du dessinateur Na!

Troy Davis torturé par la justice américaine

Publié le 22/09/2011 à 11h28


Dessin de Na !

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  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 11h40 le 22/09/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    c’est ce qu’on appelle « humour noir » ?
    Nan, je déconne aussi ;)

  • PaulTron
    PaulTron
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 11h57 le 22/09/2011
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    Il a attendu 4 heures.... à 20 ans près

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 13h05 le 22/09/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Lien par Lien

  • super_lapin
    super_lapin
    couillon de la classe moyenne
    • Posté à 13h51 le 22/09/2011
    • Internaute 135884
      couillon de la classe moyenne

    C’est ça le « way of life » des américains ?
    Sympa.

  • oyibo
    oyibo
    libre-penseur
    • Posté à 14h10 le 22/09/2011
    • Internaute 97344
      libre-penseur

    Albert Einstein disait que les USA sont passes de la barbarie a la decadence sans jamais avoir connu la civilisation.
    je pense que le bon vieux Albert n’avait pas toujours raison...

  • pikepeak
    pikepeak
    • Posté à 14h13 le 22/09/2011
    • Internaute 86721

    J’ai rarement vu de dessin plus nul...

    • Unstern
      Unstern répond à pikepeak
      • Posté à 16h31 le 22/09/2011
      • Internaute 26295

      Ou plutôt, je dirais, plus dégueulasse.

      Faire de « l’humour » sur le dos d’un type qu’on vient juste d’assassiner dans les circonstances que l’on sait, c’est vraiment minable. Il n’y a pas de mot pour ça.

      • caro
        caro répond à Unstern
        délinquante avérée
        • Posté à 16h37 le 22/09/2011
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        « l’humour, c’est la politesse du désespoir »
        Boris Vian

         
        • Charles Mouloud
          Charles Mouloud répond à caro
          Bras gauche de la Vénus de (...)
          • Posté à 19h25 le 22/09/2011
          • Internaute 12542
            Bras gauche de la Vénus de (...)

          4 heures d’attente ...Et après, on vient se plaindre des heures perdues à la sécu ou la caf !

          • caro
            caro répond à Charles Mouloud
            délinquante avérée
            • Posté à 19h36 le 22/09/2011
            • Internaute 6484
              délinquante avérée

            je crois que là, il attendait son passe pour l’au-delà

          • DenisDenis
            DenisDenis répond à Charles Mouloud
            (mammifère omnivore)
            • Posté à 21h33 le 22/09/2011
            • Internaute 118617
              (mammifère omnivore)

            Pendant 4 heures... On s’ennuie à mourir.

        3 autres commentaires
      • ljos
        ljos répond à Unstern
        photographe / géologue
        • Posté à 10h31 le 23/09/2011
        • Internaute 32902
          photographe / géologue

        « on peut rire de tout oui pas avec n’importe qui » ...

        Je vous laisse chercher l’auteur ...

      • defix
        defix répond à Unstern
        Dessins de presse pas chers, (...)
        • Posté à 12h14 le 23/09/2011
        • Internaute 6431
          Dessins de presse pas chers, (...)

        Pour moi, dans le cas présent, il s’agit plus de dénoncer le système judiciaire américain, que de faire de l’humour sur ce pauvre Troy..
        C’est parfois difficile de juger si un dessin est de bon goût ou pas, quand tu fais un dessin sur un décès, pour savoir si tu as franchi la ligne jaune, tu essaie de te mettre à la place des membres de la famille et tu les imagine découvrir le dessin...
        Là, c’est quand même le bourreau qui est ciblé, pas le condamné.

      • jpouille
        jpouille répond à Unstern
        Fils du vent
        • Posté à 20h30 le 23/09/2011
        • Internaute 31114
          Fils du vent

        Bien que la mort de Troy m’attriste profondément, j’ai bien aimé cette caricature. Et avec la phrase de Boris Vian que Caro a balancé, l’ensemble est assez explicite.

      • septantesix
        septantesix répond à Unstern
        le pote à nonante-huit
        • Posté à 15h50 le 25/09/2011
        • Internaute 126656
          le pote à nonante-huit

        Ben non, c’est sympa, ça fait un peu de suspense...faut du suspense, dans la vie ! !

    • Let
      Let répond à pikepeak
      devant mon ordinateur ...
      • Posté à 18h01 le 22/09/2011
      • Internaute 127842
        devant mon ordinateur ...

      C’est pourtant, in fine, ce qu’a vécu Troy... Je ne vois donc pas ce qui est le plus choquant entre la justice US et ce dessin...

  • Gibert Because-Youno
    Gibert Because-Youno
    Kaléïdoscopique
    • Posté à 19h49 le 22/09/2011
    • Internaute 68955
      Kaléïdoscopique

    S’il te plaît... dessine-moi un condamné à mort.

  • ham burglar
    ham burglar
    Jusqu'à l'os
    • Posté à 08h41 le 23/09/2011
    • Internaute 15613
      Jusqu'à l'os

    le dessin ... c’est juste une « mise en boite »

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 10h02 le 23/09/2011
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    J’espère qu’il avait de la lecture ; o)

  • Serge ULESKI
    Serge ULESKI
    Aujourd'hui, quiconque n'est (...)
    • Posté à 16h40 le 25/09/2011
    • Internaute 12581
      Aujourd'hui, quiconque n'est (...)

    De la spécificité de la peine de mort aux Etats-Unis

    _____________

    Troy Davis, 42 ans, condamné à mort en 1991, a été exécuté mercredi 21 septembre 2011 dans l’État de Géorgie en l’absence de preuves matérielles, près de 20 ans après les faits et alors que 7 témoins sur 9 se sont rétractés (1).

    ***

    L’exécution de Troy Davis soulève une fois de plus la question de la peine de mort aux Etats-Unis ; question éminemment sociale et culturelle et accessoirement politique... mais si peu en comparaison quand on connaît l’unanimité de ce châtiment dans toutes les couches de la société américaine.

    Cette exécution révèle aussi au grand jour la spécificité de cette peine capitale : en effet, la peine de mort aux USA n’est en rien comparable à la peine de mort disons… dans un pays comme l’Iran.

    Condamné en Géorgie, à propos de l’exécution de Troy Davis, on voudra bien laisser de côté le soupçon de racisme d’un Etat anciennement esclavagiste car, si la machine judiciaire américaine en général et celle de cet Etat en particulier semblent non pas aveugles mais incapables de se remettre en cause c’est bien pour la raison suivante : à l’exception de quelques activistes ainsi que des ambassades européennes, personne ne le lui demande. De plus, et de mémoire d’homme, aucun élu aux Etats-Unis n’a perdu une élection quelle qu’elle soit pour avoir envoyé à la mort un détenu alors que de sérieux doutes subsistaient quant à sa culpabilité.

    Aux Etats-Unis, la peine capitale est donc bel et bien en phase avec les desiderata de la population, électeurs blancs de surcroît, le taux d’abstention étant très élevé chez les minorités pauvres et reléguées… celles précisément que l’on retrouve en majorité dans les couloirs de la mort.

    Laissons aussi de côté, pour l’heure, les pulsions du talion héritées de l’ancien testament, ce livre sanguinaire et anthropophage, cannibale pour un peu, la faim et la soif au ventre, jamais comblée, jamais étanchée, sang pour sang, mort pour mort...

    Ainsi que l’histoire d’une jeune nation aux populations livrées à elles-mêmes sur d’immenses territoires à des distances rarement susceptibles de leur apporter justice et réparation, dans la précipitation d’un verdict à rendre, d’un désir de vengeance à satisfaire, consolation et apaisement une fois la mort donnée, à une époque où un système judiciaire encore balbutiant peinait à établir la confiance - efficacité et diligence -, une justice du type... qui a tué tuera… qui a tué, devra à son tour être tué… palliant ses insuffisances.

    Aujourd’hui, le choix de cette peine de mort se fait sans haine, en toute sérénité, un peu à l’image des moyens utilisés pour se débarrasser d’une vie, en petit comité…

    Tout aussi inutile... l’évocation d’une croyance de la valeur dissuasive de la peine de mort ; l’américain moyen n’est pas plus réfractaire à la véracité des statistiques concernant la criminalité de son beau et grand pays qu’un européen (2)…

    Même si, à l’occasion d’une enquête, il peut arriver à ce citoyen de se cacher derrière cette pseudo-croyance cache misère d’un désir ardent, entre autres motivations, comme on pourra le voir un peu plus loin, d’éliminer, d’ôter de sa vue et de sa conscience la réalité existentielle et sociale du coupable - du moins… d’un coupable reconnu comme tel par un jury -, et l’horreur de ses actes... pour ne rien dire de ce que le crime commis peut lui révéler... sur lui-même et la société dans laquelle il se débat quotidiennement pour ne pas sombrer.

    En effet, pourquoi prendre le risque de regarder en face une réalité à la racine de laquelle on trouvera une organisation de l’existence qui ne permet pas la gestion en commun de l’horreur dans toute son horreur : l’horreur d’un crime, l’horreur de ses causes, l’horreur du coupable, l’horreur du sort de la victime, l’horreur, encore et toujours l’horreur !

    Quant à la notion d’irresponsabilité – les fous n’ont qu’à bien se tenir ou disparaître corps et biens.

    ***

    Société de l’oubli, condamnée à reproduire les mêmes erreurs jusqu’au déclin annoncé et programmé… avec pour seul sursaut une fuite en avant, aujourd’hui militaire et économique, une moquette épaisse n’y suffisant pas, et les armoires pas davantage, pour ne pas voir, ne pas comprendre, et ne plus y penser...

    Hier victime, demain bourreau, n’avons-nous pas tous de bonnes raisons d’être ce que nous sommes ?

    Aussi, une société qui ne sait pas pardonner, qui refuse d’offrir une seconde chance à ses membres, est condamnée inlassablement à reproduire, châtiment après châtiment, cruauté après cruauté, indifférence après indifférence, erreur judicaire après erreur judiciaire, un niveau de violence sociale et culturelle toujours plus préoccupant, toujours plus anxiogène, toujours plus élevé, à la fois ricochet et boomerang.

    Difficile pour cette nation de se cacher derrière son petit doigt : de tout temps, la société américaine préfère prendre le risque d’exécuter un innocent plutôt que de soupçonner qu’un coupable puisse être libre.

    Dans cet état d’esprit, il semblerait que le doute bénéficie à la mort seule.

    Mais alors…

    ________Et si cet acharnement en faveur de la peine de mort - 20 ans après les faits parfois même (comme si c’était le même homme que l’on punissait) ! - était une manière pour le peuple américain de rendre à plus faible que soi (la lâcheté chez les humiliés qui se rebiffent, ça existe !), toute la violence sociale d’un système hyper-compétitif, cruel dans l’échec, d’une générosité sans bornes dans la réussite... et la résignation pour le plus grand nombre...

    Guantanamo, dernièrement, remplissant aussi ce rôle, comme venant en renfort, entre deux exécutions capitales ; un Guantanamo potentiellement capable de fournir au peuple américain socialement et culturellement humiliés d’innombrables images, à satiété et ad nauseam, d’êtres humains relégués au rang de sous-hommes, enchaînés, trottinant, sautillant tels des kangourous blessés, comme… empêchés ; des kangourous venus d’une autre planète… planète orange pour l’occasion (3).

    Système hyper-compétitif donc qui fait l’impasse sur les valeurs de pardon, de miséricorde, passant à la trappe toute notion de perfectibilité de l’être humain, sa rédemption, ses capacités d’amendement…

    Car si le temps c’est de l’argent, le temps c’est aussi de l’humiliation, et la vie est courte ! Sans oublier le fait suivant : tout comme la vue du sang, la vue de l’humiliation en appelle d’autres et hurle toujours plus fort ; perversité d’un système qui s’auto-dévore et tranche dans le vif de vies en sursis, des vies hébétées face à un tel acharnement en faveur d’un châtiment de mort.

    Quel est l’espoir des humiliés résignés sinon d’être les témoins d’une plus grande humiliation pour les autres, sans oublier les cas où ils se verront offert la possibilité de décider du jour, de l’heure et de sa durée...

    Les Etats américains et leurs élus concédant à leur population-électeurs ce désir de revanche par procuration (à ne pas confondre avec la vengeance !), coupable-victime expiatoire après l’autre, et ce au détriment d’un projet de société qui placerait... disons... la justice sociale et la fraternité au cœur de ses préoccupations.

    Pour la société américaine, il est vrai qu’il s’agirait là d’un vaste chantier, un travail de titans… et nul n’osera l’entreprendre avant de s’y atteler pour, de tout temps, ne jamais en trouver la trace dans quelque manuel d’histoire que ce soit ; histoire qui, comme chacun sait, demeure aussi imprescriptible qu’irréversible, lacunes et manquements compris.

    Nul doute : la crise financière et économique qui n’a pas fini de toucher de plein fouet les salariés américains - précarité, pauvreté et colère -, n’est pas là pour nous rassurer : la peine capitale aux Etats-Unis a très certainement de beaux jours devant elle.

    __________

    1 - Ce qui semble unir tous les Etats d’Amérique, à 11 exceptions près (11 Etats mineurs) c’est un amour immodéré, une passion ravageuse et dévorante pour la peine de mort.

    Dans le cas Davis, il n’est que d’écouter la famille de la victime, il y a seulement quelques jours mais... 20 ans après les faits, et ce... encore une fois, en l’absence de preuves matérielles et alors que 7 témoins sur 9 se sont rétractés, pour s’en convaincre.

    Il y a bien là autre chose qu’un désir de justice ou de vengeance. Autre chose est à l’oeuvre. A l’écoute de cette famille, j’ai bien cru entendre ceci : « Innocent ou coupable, peu importe : Davis doit mourir ! Il nous la faut cette mort ! Ca fait des années qu’on compte dessus, qu’on l’attend. On a besoin de cette mort. Sinon, qu’allons-nous devenir ? »

    .

    2 - Et si c’était là aussi la raison pour laquelle les dénonciations des abolitionnistes américains - racisme, loi du talion, croyance en une valeur dissuasive -, n’ont aucun effet car leurs arguments à charge ratent systématiquement leur cible ?

    .

    3 - Les Etats-Unis sont le seul pays en Occident à maintenir la peine de mort, et ce... dès l’âge de 16 ans, parfois dès 13 ans dans certains Etats. Et ce maintien qui doit nous interroger, sans haine mais avec lucidité et pourquoi pas... avec originalité, c’est déjà une spécificité en soi ; d’aucuns parleront d’anomalie. Essayons de la comprendre et de l’expliquer.

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