No wine is innocent

La France exporte l'équivalent de 70 Rafale par an en pinard ! Si ça ne cache pas une ou deux bonnes histoires... Ici, je parle donc du vin dans la bouteille, mais surtout de ce qui se trame autour d'elle.

Vins de table et néanmoins bons crus

Antonin Iommi-Amunategui
Blogueur, auteur
Publié le 15/03/2012 à 15h44

Les vins de table, prétendument en-dessous de l’AOC plus respectable, c’est de la piquette ? Pas toujours. Il y a, en France, plein de vins de table (ou « vins de France », désormais) tout à fait bons.

Parfois, ils sont même bien meilleurs que certains vins d’appellation du coin dont ils sont issus. J’ai donc essayé cinq vins de table qui donnent envie de faire l’amour dessus (la table).

Le papillon cinglé d’Henri Milan


« Sans soufre ajouté » d’Henri Milan.

Henri Milan, à Saint-Rémy-de-Provence, fait des bombes rouges ou blanches à boire  : sa cuvée « sans soufre ajouté » est exemplaire dans le genre.

En rouge, c’est un assemblage dingue de grenache, syrah, cabernet sauvignon, mourvèdre et cinsault. Tout en fruit-mitrailleur et en profondeur. Pas pour rien que ça coûte 17 euros.

 

 

Vins de (très bonne) table d’Iris Rutz-Rudel


« Vin de (très bonne) table » de Iris R-R

Du fin fond de son Languedoc, Iris Rutz-Rudel conçoit des vins de garde au compte-goutte (la faute aux sangliers qui lui graillent la moitié de ses grappes) au Domaine Lisson

Des grands rouges du Languedoc, tout simplement, à base de mourvèdre, de cabernet ou de pinot noir… 22 euros la quille (et ça les vaut). 

Les Anjous rebelles d’Olivier Cousin


« Anjou Olivier Cousin » de Olivier Cousin.

Olivier Cousin est un paysan et un rebelle : il emmerde franchement l’interprofession, l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) et tous les tenants de l’autorité du vin. Ça lui a d’ailleurs coûté un procès

N’empêche, ses anjous de table du Domaine Cousin-Leduc, naturels et biodynamiques, sont vendus aux quatre coins du monde. De 10 à 30 euros selon les cuvées. .

Le Cougar de Cyril Alonso

On n’est pas dans du vin de table, c’est du Beaujolais-Villages Nouveau. Mais le « bojo » est encore tellement décrié qu’il rentre dans la même catégorie. Cyril Alonso, vinificateur itinérant sous son propre label (P-U-R), fait du vin passionnément. Et il sait le vendre  : il y en a plus depuis longtemps  ! Normal, les couguars sont insatiables.


« Cougar » de Cyril Alonso.

Le fucks@rkozy.com de Pierre Pitiot


« Fucks@rkozy » de Pierre Pitiot.

Pierre Pitiot et Richard Bellia font du vin qui milite. L’étiquette de cette cuvée « fucks@rkozy.com » est d’ailleurs de Luz, le dessinateur de Charlie Hebdo (qui a notamment charrié la charia, avec les conséquences qu’on sait).

On est dans le Beaujolais, encore. Et ce vin de table vous glisse un joli bulletin naturel dans l’urne… Le message ne fait pas le « cru », mais là, en plus, c’est bon.

Entre 2 000 et 3 000 exemplaires de ce vin potache du Domaine de l’Astrolabe à 8,50 eurs (épuisé, collector).

Ce billet est la version non-émasculée d’un papier paru initialement dans un magazine gentiment déjanté.

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  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 17h14 le 15/03/2012
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    un vin est toujours de table.

    on boit à table, ou autour de la table du salon, rarement au lit...

    vin de chambre, vin de salle de bain, vin de WC, vin de garage, vin de buanderie, vin de cave (là oui quelques fois), vin de grenier ?

    bizarre cette qualification... de table.. ce n’est pas précis.

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 18h01 le 15/03/2012
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Est-ce Olivier Cousin qui avait appelé une de ses cuvées « La quintessence de mes roustons » ?
    J’imagine que ceux qui lui créent des difficultés sont de fervents adeptes de l’économie « libérale », au nom de ces libertés républicaines bien souvent conditionnelles et plus ou moins déterminées par l’épaisseur du porte-monnaie...
    Je conçois qu’on n’ait pas le droit d’écrire des informations mensongères, mais le lieu et l’année de production peuvent facilement être attestées dans n’importe quel laboratoire d’œnologie.
    Quand on a confiance dans son producteur, on peut trouver de délicieuses petites choses à pas très cher.

  • pemmore
    pemmore
    geek
    • Posté à 20h13 le 15/03/2012
    • Internaute 121073
      geek

    Belle analyse qui fait plaisir à entendre et donner envie d’en boire.
    Un grand cru et un vin de table sortent souvent des même vignes.
    Quand aux sulfites ! Je préfère un vin de table sans sulfites à un pommard premier cru avec ce poison dedans.
    Il n’y a pas photo ,je garde le gout de mon enfance de ces grands anjou à la fermentation stoppée à la mêche.

  • ViniVert
    ViniVert
    caviste bio
    • Posté à 20h31 le 15/03/2012
    • 183315
      caviste bio

    @Boutauvent, la cuvée « quintessence de mes roustons » avait été élaborée par feu Didier Dagueneau.

  • Bebertbis
    Bebertbis
    LE specialiste en vins bios (...)
    • Posté à 11h33 le 16/03/2012
    • 183335
      LE specialiste en vins bios (...)

    Bon, c’est bien joli, ça Antonin... C’est vrai qu’on trouve de plus en plus de vins « de table » bien meilleurs que les vins d’AOP. Et tu as raison de dire que le plus souvent, il se sont fait jeter des commissions d’agrément des AOC... parce que trop « différents ». Si on ajoute que ce sont souvent des vins « bios » (bientôt on pourra enlever les guillemets), vinifiés de la façon la plus naturelle possible, on voit bien qui cela gêne... Le problème pour les cavistes, désolé de prêcher pour ma paroisse, c’est qu’à force de voir sortir les vignerons que l’on distribue du cadre de l’AOP, on n’aura bientôt plus que des vins de table à vendre... Et le consommateur de n’y plus rien comprendre...
    Quant à la Quintessence de mes roustons, si ce n’est effectivement pas une cuvée d’Olivier Cousin, il pourrait sans problème faire une « Quintessence de mon trou duc’ » tant ses vins sont souvent marqués par une réduction importante (doux euphémisme...).

  • Moorice
    Moorice
    assis
    • Posté à 13h55 le 16/03/2012
    • Internaute 112628
      assis

    un vin de table à plus de 10 euros ? ? ?

    ne serait-ce pas une pub dissimulée ?

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