No wine is innocent

La France exporte l'équivalent de 70 Rafale par an en pinard ! Si ça ne cache pas une ou deux bonnes histoires... Ici, je parle donc du vin dans la bouteille, mais surtout de ce qui se trame autour d'elle.

Beaujolais nouveau : le vin qu’on n’a pas envie de mettre à l’évier

Antonin Iommi-Amunategui
Blogueur, auteur
Publié le 14/11/2012 à 19h01

Détail d’une étiquette de Beaujolais nouveau (Cyril Alonso/P-U-R)

Marronnier du pinard par excellence, le Beaujolais nouveau a débarqué. Près de la moitié des 35 millions de bouteilles a été vendue à l’export en 2011. En 2012, année de la loose en termes de quantité, le nombre de bouteilles recule à 31 millions.

« On nous attend au tournant », souffle Isabelle Perraud, vigneronne au domaine des Côtes de la Molière (Vauxrenard, Rhône) qui sort 12 000 bouteilles de « nouvo » cette année. « On sait qu’on ne nous pardonnera pas la moindre petite erreur. Il doit être parfait. »

Touche pas à mon Beaujo

Et la vigneronne de s’énerver dès qu’on bouscule un peu trop le Beaujolais nouveau :

« C’est trop facile et très tendance de dire que le Beaujolais nouveau c’est pas bon. Surtout si on sélectionne des vins dans la grande distribution. Je ne veux pas montrer du doigt les gens qui achètent leur vin dans la grande distribution, parce que c’est un énorme marché et que j’aurais 80% de la population contre moi !

Mais quand je vois la Revue du Vin de France qui va y faire sa sélection, je suis en colère... Parce qu’il y a plein d’endroits où trouver des vrais Beaujolais nouveaux, et que ce serait peut-être le rôle de ces revues-là de les dénicher !

Plutôt que d’écrire un article sur les vins des gros négociants en disant que c’est banané, il aurait été plus pro de faire un article sur des vins de vignerons talentueux. Ils sont plus chers, bien sûr, mais aussi bien meilleurs. »

Le Beaujolais nouveau n’est pas un sous-vin


Le Beaujolais nouveau du domaine des Côtes de la Molière coûte 9,40€

S’il y a bien une chose qu’Isabelle Perraud ne supporte pas, c’est qu’on mette tout ce qu’il peut y avoir de médiocre dans le vin en France, sur le dos du Beaujolais en général, et du nouveau en particulier :

« On parle beaucoup des levures, du sucre, du soufre, dans le Beaujolais nouveau... Mais ces pratiques œnologiques existent dans toutes les régions viticoles. Elles doivent d’ailleurs être très soulagées que le Beaujolais reste la tête de Turc ! Pendant qu’on parle du Beaujolais, on ne parle pas des autres régions et de leurs pratiques...

En Beaujolais, comme ailleurs, il y a plein de petits vignerons qui ont pris conscience que le gamay avait un vrai pouvoir de séduction : il allie le fruit, la finesse, la complexité... Quand on prend soin du raisin à la vigne, à la cave et à la mise en bouteilles, en excluant les produits chimiques et œnologiques, le vin est très bon... Et on n’a pas envie de le mettre à l’évier : on se dit plutôt que la bouteille n’était pas assez grande.

Le Beaujolais nouveau ça doit être ça : un vin dont on a envie de se resservir un verre, puis deux, puis trois... Même qu’un bon Beaujolais nouveau, ça se garde, ça vieillit ! On a ouvert un 2002, l’autre jour. Top. »

61 ans de Beaujolais nouveau

En parlant de vieillir, le Beaujolais nouveau fête ses 61 ans cette année. Il y a vingt ans déjà, en 1992, Claude Brasseur, Claude Chabrol et toute une bande de pipoles amateurs de vin s’envoyaient un Beaujolais nouveau « gai et coquin » devant les caméras de France 2. Revival :

Le Beaujolais Nouveau millésime 1992 vu par Chabrol, Brasseur, Malavoy...
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  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 19h54 le 14/11/2012
    • Internaute 64790
      dilettante

    Le Beaujolais nouveau n’est pas du vin : c’est de la piquette. Comme tous les vins bourrus, d’ailleurs.
    Sauf s’il y est obligé par l’insuffisance économique, aucun homme de bien ne boit ce genre de picrate.
    On veut nous faire croire qu’il s’agit d’une tradition, ancrée dans le térroir : que nenni ! C’est une arnaque commerciale, qui permit après-guerre à un malin d’écouler un vin qui, sans cela, partait à la jaille !
    Et le terroir du Beaujolais, dont la taille n’a pas varié depuis la guerre, a vu sa production décupler : cherchez l’erreur !
    Si vous comptiez acheter cette saloperie, consacrez votre argent à l’achat d’un vrai bon AOC : ça sera forcément meilleur !

    • Olif
      Olif répond à Philippe Leclercq
      Sous un sapin...
      • Posté à 21h35 le 14/11/2012
      • 183316
        Sous un sapin...

      Eh ben.. ! Avec des commentaires de ce niveau, c’est pas gagné ! Du même niveau qu’un mauvais « vrai bon vin d’AOC », ce qui est malheureusement légion...

    • SUPER1337
      SUPER1337 répond à Philippe Leclercq
      OMG WTF SHIT LOL
      • Posté à 10h59 le 15/11/2012
      • 181192
        OMG WTF SHIT LOL

      Il faudrait peut être savoir choisir un vin avant de le déclarer dégueulasse..

      Je suis un homme de bien, comme vous dites, et cela ne m’empêche pas de déguster du bon Beaujolais Nouveau, certes, il faut choisir les bon producteurs et éviter d’aller chercher une bouteille de Beaujolais au Supermarché du coin..

      Quoiqu’il en soit, ce soir, comme tous les 3ème jeudi de Novembre depuis 10 ans, je dégusterai mon modeste mais bon Beaujolais autour d’une belle assiette de charcuterie et fromage.

      Bonne journée :)

  • alldress99
    alldress99
    Maritale
    • Posté à 09h15 le 15/11/2012
    • 177405
      Maritale

    Belle opération de comm’ pour renverser la vapeur. Il était à combien ce ménage Antonin ? Enfin, difficile de parler de « ménage », vu que tu n’es pas journaliste non plus.

    Bref, un article plein d’enfonçages de portes ouvertes sur « Si on paye un peu plus cher, on a mieux », merci pour la Lapalissade !

    C’est contre le système médiatique relayant crassement la comm’ des gros producteurs de piquette industrielle que cette dame devrait s’emporter à la fin de la dégustation : personne n’a rien demandé en France, sauf que chaque année, on revient nous bassiner avec cette « grand messe », les cafetiers sont heureux de parsemer les sols de leurs rades avec de la paille, de vendre du vin au verre à 2€ alors que c’est le prix du carton de 6 bouteilles et les jités de reprendre en coeur « la tradition annuelle, parfumé à la banane ».

    A partir de là, il est totalement légitime de se ramasser un mouvement de ras-le-bol sachant que s’il existe de bons Beaujolais, la majorité est gerbante.

    « Je ne veux pas montrer du doigt les gens qui achètent leur vin dans la grande distribution, parce que c’est un énorme marché et que j’aurais 80% de la population contre moi ! » « 

    E-NORME ! “Oh non non, je voudrais pas me tuer économiquement et me priver de débouchées, mais quand même que de beaufs ! (80%) ‘

    Change pas Isabelle !

  • Hurz
    Hurz
    -
    • Posté à 12h31 le 15/11/2012
    • Internaute 110884
      -

    On a droit au même article tous les ans sur le Beaujolpif et il est toujours aussi dégueulasse.

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