On est là pour voir

des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

A Masha Bruskina, pendue à Minsk, exposée à Paris

Publié le 07/04/2009 à 10h38

Par deux fois, j'ai visité l'exposition photographique « Controverses », à la Bibliothèque de France, rue de Richelieu à Paris, où vous êtes montrée, pendue. Par deux fois, après m'être arrêté devant votre photo, je suis ressorti de la salle sans trop stationner face aux autres documents. Votre visage et votre photo, que je connais pourtant bien, me retenaient de m'attarder sur l'ensemble.

La photo vous représente, la tête anormalement inclinée par la pression de la corde sous le poids de votre corps tandis que l'on passe une autre corde au cou de votre camarade, aussi jeune, au sourire en coin. C'est en octobre 41, à 17 ans, à Minsk, que vous êtes morte par pendaison. Condamnée pour faire partie d'un groupe de résistance soviétique. Vos bourreaux étaient des supplétifs lituaniens de l'armée allemande (quoique celui qui officie porterait plutôt la casquette d'un gradé allemand nazi).

L'histoire ne vous a pas fait de cadeau. Déjà emmenée à vous battre le dos au mur par la stupidité politique criminelle de Staline, celle-ci ne vous a pas lâchée après votre mort puisque votre nom, Masha Bruskina, et votre identité, furent dissimulés et seulement révélés en 1996. Alors que votre photo de suppliciée devenait un exemple de « patriotisme et de courage » en URSS dès la fin de la guerre, les campagnes et répressions antisémites s'amplifiaient. Vous, « l'héroïne de Minsk », « l'exemple et le symbole », étiez juive. Ça faisait pour le moins désordre.

L'histoire continue à ne pas vous favoriser. Vous êtes aujourd'hui accrochée au milieu d'un bazar de photographies, sur le même plan (et pans de murs) que la dernière photo d'une princesse bêtasse et la première de la fée Clochette, d'un fantôme, de faux scandales mais de vraies photos marchandes de Toscani, Bourdin, Meisel, de lisses pré-adolescentes… Certes, vous avez, à vos côtés, ou plus loin, des compagnes et des compagnons du malheur et de l'horreur : une victime d'un pogrom à Lvov (Pologne), la petite fille d'Armero (Colombie) dans sa flaque de boue mortelle, et celle qui va mourir de faim au Soudan sous la surveillance d'un vautour, les prisonniers d'Abou Ghraib, des fusillés, des décapités...

Le livre, un outil de précisions, l'expo., un instrument de confusions.

Mais pourquoi cette exposition qui mélange martyrs et naïades, guerre et sexe, photos manipulées, truquées et douteuses, photos célèbres ou non, grandes et petites, bling et blang ?

Parce que « Controverses » est conçue en compilation de photographies, du début de l'invention à nos jours, et dont le dénominateur commun n'est pas le thème, le style, la période, mais les réactions qu'elles ont entraînées et leurs conséquences polémiques, judiciaires, politiques. Cela va de la contestation, à caractère révisionniste, du fait, de la prise de vue, aux débats moraux, sérieux ou foireux, à la censure.

Et puis parce que « Tout arrive... » comme le prévoyait Pierre Assouline dans son blog de la république des livres du 24 juin 2008, lorsque l'exposition « Controverses » et le livre (à l'origine de l'exposition) sont présentés pour la première fois par le Musée de Lausanne.

« Controverses », le livre, est sous-titré « une histoire juridique et éthique de la photographie ». Les photographies sont accompagnées de longs textes bien documentés, pédagogiques sur tous ces cas particuliers et leurs enjeux différents. Ce livre de spécialistes est un excellent outil de connaissance.

« Controverses », l'exposition itinérante, est sous titrée « Photographies à histoires ». C'est la projection du livre en 78 tirages photographiques. Les textes explicatifs sont des résumés, extraits du livre, en lettres noires sur fond gris. Au bout de quelques lectures de cartels, les yeux en tombent. Les mots ne font pas le poids à côté du choc des photos. Leurs ricochets visuels, dans des collisions et surenchères de genres et d'outrances, annihilent toutes hiérarchies de statuts, de valeurs et de densité historique dans l'ensemble photographique.

Beaucoup de visiteurs sortent sonnés. Après de rapides interrogations auprès d'eux, ils retiennent de l'horreur l'horrible, du sexe le trouble, de la visite le spectacle et, de la réalité mise en doute... le doute et la rumeur. II reste dans leurs mémoires une à deux images.

Pour un « ensemble (qui) permet ainsi de mieux comprendre le regard que les sociétés et les cultures portent sur les images de leur temps », selon le communiqué de presse, c'est réussi.

La B.N.F. a-t-elle voulu, avec cette exposition, faire un « coup », appuyée par de grands partenaires médias (France Inter, Le Monde, Le Point) ? En tout cas, les salles ne désemplissent pas. Succès. Plus de 18 000 visiteurs depuis son ouverture, début mars. Entrée : 7 euros, tarif réduit 5. Service public compris.


Masha Bruskina.jpg

« Nous sommes des partisans qui ont tiré sur des soldats allemands »

Mais je reviens vers vous, Masha. Je ne diffuserai pas votre photographie de pendue. Je préfère reproduire celle où, vivante, vous avancez, au milieu de vos deux camarades aux têtes d'Affiche rouge, vers la potence, affublée d'une pancarte qui se veut humiliante. Cette image est dans le livre, pas sur les cimaises.

Des témoins qui vous ont connue parlent d'une jeune fille intelligente « au caractère intègre ». Ils se sont souvenus que vous aviez, dans cette rue de Minsk, « marqué les esprits par votre calme et votre dignité ». Ce ne sont pas ces derniers mots là que j'emploierai pour définir cette exposition.

Controverses Une histoire juridique et éthique de la photographie - Actes Sud /Musée de Lausanne - 22 x 28 cm - 320p. - prix indicatif : 45€ - Cliquez ici pour télécharger le dossier de presse avec des textes tirés du livre et la liste des photographies et de leurs auteurs.

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  • Lionel Dominique Guérin
    • Posté à 10h58 le 07/04/2009

    après l'exposition sur les cadavres chinois, celle sur les condamnés à mort polonais et les pré-ado sexuées...

    Ce qui me gène, c'est d'une part le cynisme de ceux qui font de la mort d'autrui un spectacle qui leur rapporte des sous ou du prestige.

    D'autre part, je suis troublé que le public accourt. Vit-on dans une société qui s'aseptise au point de transformer le spectacle de la mort en quelque chose d'attirant ? S'ennuie-t-on au point de chercher des reliquats de sensations fortes dans ces spectacles macabres ?

    Au fond, ce qui est le plus gênant, c'est ce que cette exposition nous raconte sur la société dans laquelle on vit.

    • Ryze-
      • Posté à 11h25 le 07/04/2009

      Très juste.

    • Iv
      Iv answers to Lionel Dominique Guérin
      Roboticien utopiste
      • Posté à 13h54 le 07/04/2009
      • Internaute
        Roboticien utopiste

      Peut être est ce simplement un public qui ne croit plus en la sacralisation du corps humain et qui peut désormais accepter cette part de l'histoire. Qui peut, justement sans voyeurisme, comprendre la réalité profonde des horreurs passées.

      Cela me dérange d'associer la capacité à regarder la mort en face et le fait d'être une « société aseptisée ». Je crois que le fait d'être capable de considérer, à travers le cadavre d'autrui, sa propre mortalité est au contraire une évolution de la société qui nous a enrichi et qui enrichit notre point de vue.

      La société aseptisée, c'est celle qui, au journal de 20 h s'auto-censure et ne montre des cadavres victimes d'une explosion que quelques pudiques tâches de sang ou des vêtements brûlés. Qui ne comprend pas que là, un corps a véritablement explosé.

      Je crois sincèrement que la « pudeur » devant le spectacle de la mort est un voile, une cécité auto-infligée.

      • Gudule
        Gudule answers to Iv
        • Posté à 14h18 le 07/04/2009

        Avant d'être des amas de tripes devant vous démontrer votre propre mortalité, les morts ont droit au respect.
        Le respect dû aux vivants qu'ils ne sont plus et à ceux qui restent. Leurs parents, leurs enfants, leurs amis.

        Et je suis sûre qu'en plus vous mangez devant votre téloche.

         
        • Iv
          Iv answers to Gudule
          Roboticien utopiste
          • Posté à 18h10 le 07/04/2009
          • Internaute
            Roboticien utopiste

          On va vite du droit au respect à l'interdiction du blasphème. Non, désolé, je m'obstine. Aucun droit au respect pour un cadavre. Respect pour les vivants, respects du deuil qu'ils font, respect de leur vie privée. Hors du respect pour les vivants, il n'y a aucun respect particulier à avoir pour les morts dans un état laïc.

          Quant à ma téloche, ça fait dix ans que je n'en ai plus.

        • unagi
          unagi answers to Gudule
          卑語
          • Posté à 19h12 le 07/04/2009
          • Internaute
            卑語

          Vous êtes comme bush et l'interdiction de montrer les corps des gi's morts en irak.
          Le corps sans vie comme nouveau tabou, nouvelle idolâtrie.
          Le respect qui est du à Masha Bruskina est le respect de son combat et ce pourquoi elle est morte ; le respect qui lui est du est de tordre le cou à la propagande soviétique, le reste n'est que superficialité.
          Vous rejoignez en ça « bien “pensance” et politiquement correct », beur plutôt qu'arabe, black plutôt que noir...
          Votre saillie sur le plateau repas démontre au moins ou vous placez le respect ;
          de la part de l'auteur j'aimerai avoir les chiffres de fréquentation de l'expos et la comparer avec la précédente sur la photographie américaine.
          Et pour finir toutes les photographies montrées sont plus que connues, le sujet de n'est pas la photo mais le droit.
          Je suis toujours amusé par ces cris de vierges effarouchées contre ce qui n'est qu'une représentation et le silence mortel quant au vrai crime et la véritable horreur.
          le proverbe chinois dit je crois « quand le sage montre la lune l'idiot regarde le doigt » ;

          • Louis Mesplé
            Louis Mesplé answers to unagi
            Rue89
            • Posté à 09h02 le 09/04/2009
            • Journaliste
              Rue89

            Je vous ai donné, unagi, le chiffre que j'ai obtenu du service de presse très satisfait de ce score.
            Je ne connais pas celui de la précédente expo. sur la photographie américaine, formidable, et qui était la mise en lumière des acquisitions faites par Jean-Claude Lemagny, ancien et dévoué conservateur au cabinet des Estampes et responsable des collections de photographie à la B.N. Un des meilleurs spécialistes, et critique, de la photographie contemporaine (lire « L'ombre et le Temps » (Nathan).
            Et à qui les Rencontres d'Arles rendront hommage cette année.

            Oui, le sujet de l'expo. est le droit, et l'on aura compris que le livre expose et explore, décrit bien objectivement les problèmes et les conflits provoqués par telle ou telle image. Ou remet des vérités en selle. Et on n'a pas forcément besoin de voir. Mais de savoir. En dévoilant le point de départ de l'étude, la photographie, dans toutes ses exceptionnelles variétés, on exclut l'analyse froide, juridique. L'émotion reprend la main, sur la raison et le droit passe de sujet à alibi, prétexte pour une exposition de « coups de poings dans l'oeil » où l'on ne distingue plus clairement la différence entre l'esthétique et le politique, le faux du vrai, le digne de l'indigne, l'histoire de la magie, etc.

        • Mandoline
          Mandoline answers to Gudule
          • Posté à 19h17 le 07/04/2009

          Je ne connaissais pas cette femme et son histoire. En lisant cet article, je me demande si son courage existe encore aujourd'hui dans nos sociétés aseptisées où la moindre douleur fait figure de tragédie et où le corps vivant est de plus en plus contrôlé émotionellement par des gens qui décident pour nous de nos santés et de nos viscéres. Barbarie des temps modernes. Alors que l'on montre le corps pendu de cette héroÏne ne me dérange pas. Cette photo nous empêche d'oublier la barbarie des temps anciens.
          Quant aux gens qui se délectent du spectacle de la mort, et alors ? Y'en a bien qui se délectent du spectacle de TF1....
          Et moi, quand, je vois quelqu'un tomber dans la rue, sur le coup ça me fait rire. Je suis très méchante. Mais rassurez vous, aprés je me précipite pour ramasser cette personne et l'aider le mieux possible. Je suis gentille.

        • Mandoline
          Mandoline answers to Gudule
          • Posté à 21h34 le 07/04/2009

          Je ne connaissais pas cette femme et son histoire. En lisant cet article, je me demande si son courage existe encore aujourd'hui dans nos sociétés aseptisées où la moindre douleur fait figure de tragédie et où le corps vivant est de plus en plus contrôlé émotionnellement par des gens qui décident pour nous de nos santés et de nos viscéres. Barbarie des temps modernes. Alors que l'on montre le corps pendu de cette héroÏne ne me dérange pas. Cette photo nous empêche d'oublier la barbarie des temps anciens.
          Quant aux gens qui se délectent du spectacle de la mort, et alors ? Y'en a bien qui se délectent du spectacle de TF1....
          Et moi, quand, je vois quelqu'un tomber dans la rue, sur le coup ça me fait rire. Je suis très méchante. Mais rassurez vous, aprés je me précipite pour ramasser cette personne et l'aider le mieux possible. Je suis gentille.

        5 other comments
      • freestyler
        freestyler answers to Iv
        • Posté à 20h57 le 07/04/2009

        Ce n'est pas la photo qui est choquante mais la scène captée par cette dernière. Qaund vous ouvrez un ouvrage d'histoire comtemporaine de lycéen, vous trouvez des photos, des témoignages d'anonymes qui rapportent des faits historiques qui contribuent à parfaire l'histoire puisque qu'on ne la connait jamais complètement. Ce qui heurte le quidam, c'est que des victimes de la barbarie qu'est la guerre acquiert un visage et se rapproche ainsi de nous. Ne pas laisser la parole en censurant ce genre de photos c'est tuer une deuxième fois ces victimes de la guerre.

    • GG Lapraline
      • Posté à 15h22 le 07/04/2009

      Je ne pense pas qu'il faille voir là du cynisme. Au contraire, cette exposition a le mérite de mettre le doigt là où cela fait extrêment mal.

      Les cadavres chinois : ne sont-ils pas des condamnés à mort dont les dépouilles ont été revendues par quelques fonctionnaires véreux ? !

      Les pré-ados sexués : et oui, les pré ados sont sexués, sévèrement d'ailleurs. Industrie pornographique quand tu nous tiens ...

      Je pense donc que plutôt de s'offusquer devant le contenu de cette expo, on devrait, une fois de plus, s'interroger profondément sur l'animosité de l'homme.

      Cette expo n'est qu'un miroir. Ce que vous y voyez ne vous plait pas, c'est normal. Il ne tient qu'à nous d'y observer un plus joli reflet, non ?

      « Qui oublie le passé est condamné à le revivre », Sénèque.

    • freestyler
      • Posté à 20h42 le 07/04/2009

      Les reliques de la guerre 14-18 comme l'ossuaire de Douaumont sont pas mal non dans ce genre là mais permettent néanmoins de prendre conscience de ce qu'est une guerre. Pour ma part la visite de ce monument quand j'étais ado m'a permi de prendre conscience du poids de l'histoire et d'éveiller ma curiosité sur la compréhension des tensions et conflits qui marquent la société.

      Maintenant est- ce le but recherché par cette exposition ?

    • Drew
      Drew answers to Lionel Dominique Guérin
      Sans situation
      • Posté à 16h18 le 08/04/2009
      • Internaute
        Sans situation

      Sauf ton respect, je ne vois vraiment pas ce qui te permets de comparer l'exposition Controverses avec celle de Our Body.
      J'ai visité l'exposition Controverses qui comme son nom l'indique, expose des photos ayant suscité des controverses, y compris car elles montrent des morts. Toutes ces photos ont été publiées avant. Ici, il s'agit de les recontextualiser. Les morts dont on parle ont une histoire et un nom et on n'est pas obligé de les voir. Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant là-dedans, à moins de vouloir aller jusqu'à interdire toute photographie de mort ou de personne mourrante.
      J'ai été bien plus choquée par les images du 11/09 par exemple, quand les télévisions passaient en boucle les images de personnes sautant des tours. Des images de personnes sur le point de mourrir diffusées sans préambule et auxquelles on ne peut échapper. Oui, ça me choque bien plus que des images de corps mutilés qu'on va voir dans une démarche bien précise et en respectant les personnes que ces corps ont été.
      Our Body, c'est autre chose, c'est utiliser des corps qui furent humains comme des objets. Personnellement ça me choque. Et je pense profondément que le respect pour les cadavre fait partie de notre statut d'humain, indépendament de la religion.
      Pourtant, je comprends qu'on puisse avoir une autre opinion et je pense qu'il est vraiment intéressant d'introduire un débat sur ces questions.

    • Drew
      Drew answers to Lionel Dominique Guérin
      Sans situation
      • Posté à 16h19 le 08/04/2009
      • Internaute
        Sans situation

      Sauf ton respect, je ne vois vraiment pas ce qui te permets de comparer l'exposition Controverses avec celle de Our Body.
      J'ai visité l'exposition Controverses qui comme son nom l'indique, expose des photos ayant suscité des controverses, y compris car elles montrent des morts. Toutes ces photos ont été publiées avant. Ici, il s'agit de les recontextualiser. Les morts dont on parle ont une histoire et un nom et on n'est pas obligé de les voir. Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant là-dedans, à moins de vouloir aller jusqu'à interdire toute photographie de mort ou de personne mourrante.
      J'ai été bien plus choquée par les images du 11/09 par exemple, quand les télévisions passaient en boucle les images de personnes sautant des tours. Des images de personnes sur le point de mourrir diffusées sans préambule et auxquelles on ne peut échapper. Oui, ça me choque bien plus que des images de corps mutilés qu'on va voir dans une démarche bien précise et en respectant les personnes que ces corps ont été.
      Our Body, c'est autre chose, c'est utiliser des corps qui furent humains comme des objets. Personnellement ça me choque. Et je pense profondément que le respect pour les cadavre fait partie de notre statut d'humain, indépendament de la religion.
      Pourtant, je comprends qu'on puisse avoir une autre opinion et je pense qu'il est vraiment intéressant d'introduire un débat sur ces questions.

  • General Subverciòn
    • Posté à 11h14 le 07/04/2009

    Bel hommage ! Un peu symbolique vu le nombre de gens qui ont eu le même triste destin qu'elle à certain moments ou l'humanité s'auto-détruit,mais très utile quand même........

    Hommage aussi à Mordechaï Anielewitz,symbole de la résistance du Ghetto de Varsovie,et dont on ne connaîtra le nom que le temps qu'on se donnera la peine de se souvenir qu'ils sont morts victimes de la folie humaine et de la haine de « l'autre ».

    • MiP
      MiP answers to General Subverciòn
      Franco.Polonais
      • Posté à 12h21 le 07/04/2009
      • Internaute
        Franco.Polonais

      Il y a une Rue Mordechaj Anielewicz à Varsovie.

      ( Ulica Mordechaja Anielewicza )

      Mais il ne reste rien du Ghetto.

      Et Lvov, maintenant L'viv, est maintenant en Ukraine.

      • General Subverciòn
        • Posté à 16h36 le 07/04/2009

        Ravi de le savoir ! ,sinon.il restait un immeuble vestige du ghetto il y a encore quelques années mais il a peut-être été rasé...et un nom de rue n'est pas éternel,la Adolf Hitler Strasse à heureusement disparu partout en Allemagne mais ça n'a rien effacé dans les idées de ceux qui en perpétuent le message malsain...je ne suis pas sûr,vu la vitesse on occulte les parties moches de nôtre histoire qu'on se souvienne un jour des Justes qui ont résisté...surtout en cette période ou il n'est pas bien vu par le pouvoir de faire l'éloge d'une forme de resistance quelconque.
        Sinon,malgré tout,ça ne s'est pas toujours mal fin les histoires de Partisans,la preuve à Dijon :
        Lien
        S'en souvenir,c'est aussi garder l'espoir d'un monde meilleur.

      • jissé
        jissé answers to MiP
        • Posté à 20h41 le 07/04/2009

        Bonsoir Mip

        L'vev », l'vov », l'viv ... Mais aussi Leopold, Lemberg

        Ex Empire austro-hongrois ..

        Mon épouse est née dans le coin ..

        @plouche.

        Jissé

        PS : A Varsovie il ne reste rien du ghetto, mais après les bombardements nazis il ne restait rien de Varsovie.

        Sauf, construit depuis, un monument devant lequel le Chancelier Willy Brandt s'est d'instinct mis à genoux.

         
        • Makoland
          Makoland answers to jissé
          • Posté à 00h20 le 08/04/2009

          « PS : A Varsovie il ne reste rien du ghetto, mais après les bombardements nazis il ne restait rien de Varsovie »

          Cela dépent de quel coté de la Vistule tu te positionnes ! ! !
          Pour y avoir été, et y avoir côtoyé la population, il reste encore quelques séquelles de quartiers « mal famés » (au dire des locaux) qui ressemble à s'y méprendre à des bâtiments des années de guerre.
          Surtout ne jamais prendre le tram N°4 et passer le fleuve, voila se que l'on me préconisait ...

          • jissé
            jissé answers to Makoland
            • Posté à 09h03 le 08/04/2009

            Bonjour Makoland.

            De l'autre côté de la Vistule - autour du stade - s'est organisé une sorte de « grand-Bazar » (au sens « marché aux puces') avec ses “quartiers” turcs, ukrainiens, russes, arméniens, asiatiques etc ..

            Un peu plus que maffieux. Entre-eux.

            J'y suis allé sans Pb - il y a 10 ans.

            Vont pas “massacrer” leur clientèle.

            C'est entre eux et la police que cela joue à cache-cache.

            Bonne journée.

            Jissé

            • MiP
              MiP answers to jissé
              Franco.Polonais
              • Posté à 23h07 le 08/04/2009
              • Internaute
                Franco.Polonais

              A Varsovie, ce marché dit « russe “ a été liquidé.
              Le fameux stade en rond est en cours de réhabilitation , et sera utilisé pour les matches de foot de l'Euro 2012.
              Finis le caviar bon marché, les chapkas en Astrakan et les Kalashnikov en pièces détachées....

          • MiP
            MiP answers to Makoland
            Franco.Polonais
            • Posté à 23h43 le 08/04/2009
            • Internaute
              Franco.Polonais

            Vous parlez du quartier de Praga. Pas reluisant, mais en pleine transformation.
            Ce n'est plus tout à fait le légendaire coupe gorge d'antan. Même si, la nuit, il faut encore faire attention, paraît il.
            Mais je connais des gens qui habitent de l'autre côté du fleuve, et qui sont doux comme des anges.

        • MiP
          MiP answers to jissé
          Franco.Polonais
          • Posté à 23h29 le 08/04/2009
          • Internaute
            Franco.Polonais

          Cette région, au Sud-Est de la Pologne, c'est la Galicie.
          Berceau de ma famille.

          Jusqu'au début de la 1ère Guerre mondiale, il y avait dans chaque école le portrait de l'Empereur.
          Comme quoi l'Empire avait alors un certaine idée de l'éducation du peuple.
          Et on dit que les Américains, au début du 20ème siècle, appréciaient particulièrement les immigrés venus de cette région, en raison justement de l'éducation et de la formation qu'ils y avaient reçues.

        5 other comments
  • gelu42
    • Posté à 11h16 le 07/04/2009

    Tout le contraire de l'engagement des politiques aujourd'hui qui ne pensent qu'à s'en mettre plein les poches et qui se fichent de l'intérêt général, sarkozy en tête

    • Bardamu
      Bardamu answers to gelu42
      • Posté à 11h25 le 07/04/2009

      Oh oh, il y a du record dans l'air : le nom de Sarkozy apparaît seulement au bout de trois contributions.

      A propos d'un article sur une résistante pendue à Minsk en 1941.

      Je salue la performance.

  • Azrael
    • Posté à 11h23 le 07/04/2009

    Minsk, en Pologne ?

    • caro
      caro answers to Azrael
      délinquante avérée
      • Posté à 11h36 le 07/04/2009
      • Internaute
        délinquante avérée

      c'est la confirmation de la rumeur que les Français sont nuls en géographie ; -))

    • DBL8
      DBL8 answers to Azrael
      Retraité
      • Posté à 11h44 le 07/04/2009
      • Internaute
        Retraité

      En 1654, Minsk fut conquise par les troupes du Tsar Alexis Ier de Russie, qui la garda jusqu'en 1667, date à laquelle le roi de Pologne, Jean II Casimir Vasa, la reprit.
      A lire sur :
      Lien

      • caro
        caro answers to DBL8
        délinquante avérée
        • Posté à 12h20 le 07/04/2009
        • Internaute
          délinquante avérée

        merci pour votre lien. On peut aussi y lire :

        Minsk fut annexée par la Russie en 1793, durant la Seconde Partition de la Pologne. En 1796, la ville devint chef-lieu du Gouvernement de Minsk (goubernia de Minsk)

        et les Soviets en firent la capitale de la République Soviétique de Biélorussie en 1919.

        Il y a donc bien longtemps que Minsk n'est plus polonaise.

         
        • DBL8
          DBL8 answers to caro
          Retraité
          • Posté à 12h48 le 07/04/2009
          • Internaute
            Retraité

          Je ne pouvais pas mettre TOUT l'article de WIKI, d'autre le font mais il ne faut pas pousser !

        1 other comments
  • Julien Marot
    • Posté à 11h37 le 07/04/2009
    • Internaute

    En lisant l'exemple que nous a donné cette fille, je ne puis m'empêcher de penser à notre pays...
    Les hommes et les femmes de son époque sont morts en luttant pour un idéal de paix et liberté et aujourd'hui, piétinant leur histoire, les flatteurs de « tout poil » courent après le fric et les honneurs...
    Que ne feraient-ils pas pour accrocher un ruban à leur boutonnière ?
    Savent-ils au moins ce que c'est que « la joie des autres » ?

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 11h43 le 07/04/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    la différence entre cette expo et le livre ?
    Le choc des photos, le poids des mots.
    Parfois, il vaut mieux savoir lire. Votre hommage est très beau.

    • DBL8
      DBL8 answers to caro
      Retraité
      • Posté à 11h47 le 07/04/2009
      • Internaute
        Retraité

      Savoir lire, OUI, MAIS aussi avoir les moyens d'acheter le livre, car à 45 € ... beaucoup ont d'autres priorités !

      Lisez le dossier de presse, il est bien fait.
      Merci pour l'article.

  • hagalma
    • Posté à 11h47 le 07/04/2009
    • Internaute

    Merci de votre retenue sur le choix de la photo. Notre époque encline au tout-dire, tout-montrer, nous accule à une normativité annihilant pudeur, réserve, subjectivité, possibilité de faire un choix. Une forme de burn-out social en résulte : condamner et exclure tout haut, pendre haut et court et le montrer. Réduire l'énigme, l'opaque, à la servitude de la pulsion faite seul critère de validation d'un discours ambiant. A cet égard, sur la photo que vous nous amenez, le discours est superposé sur la femme - Masha Bruskina - par une pancarte. Comment mieux traduire le rejet haineux par un discours totalitaire de toute différence !

  • mauser
    • Posté à 11h56 le 07/04/2009
    • Internaute

    Du pain et des jeux c'est comme ça que l'on tient le peuple oui mais les débilité de la TV ne suffisent plus alors alons toujours plus loin plus fort à quant le retour des galdiateur .

  • boudi
    boudi
    .
    • Posté à 13h38 le 07/04/2009
    • Internaute
      .

    Ca aurait pu être un bel hommage, mais dommage d'avoir situé Minsk en Pologne, en octobre 1941. Ils auraient mérité qu'on s'intéresse un minimum à leur ville, ou en tous cas que l'article soit relu. Effectivement, « L'histoire continue à ne pas vous favoriser ». Même sur Rue89.

    Allez, corrigez vite cette perle, merci.

  • A.V.
    • Posté à 13h59 le 07/04/2009

    Ton choix, Louis, de ne montrer qu'une Masha vivante, me rappelle celui que le réalisateur George Roy Hill avait fait à la fin de Butch Cassidy and the Sundance Kid. Une simple photo des deux personnages vivants, et la bande-son qui seule nous fait assister à leur mort. Et la force d'une image fixe est là. Ici, candeur figée et implacable machine de guerre se superposent, créant un contraste qui met l'un et l'autre en relief et les charge en émotion. Ce n'est pas juste le choix de la pudeur. La photo de Masha vivante est bien plus tragique que celle de Masha morte.

    • Raslacouette
      Raslacouette answers to A.V.
      • Posté à 14h12 le 07/04/2009
      • Internaute

      Merci à l'auteur pour ces mots, à toi A.V. pour ce juste parallèle. La pudeur a un sens bien plus fort que la provocation choquante des images.

      • in girum
        in girum answers to Raslacouette
        • Posté à 15h27 le 07/04/2009

        oui, merci à Louis. super papier. les plus sensibles d'entre nous voient bien que la noblesse et la grâce de Masha, le contraste de sa beauté dans toute cette horreur, que c'est cela le récit . ce n'est pas son supplice.
        malheureusement un grand nombre de gens sont anesthésiés par la bassesse, la laideur, la violence des mots, des idées et des images qui nous sont infligés chaque jour avec un cynisme banalisé. ils ne sentent plus rien, vide sensoriel. c'est cette anesthésie qui mène à l'escalade dans la fascination pour l'horreur, la nécessité de repousser toujours les limites de la souffrance du SPECTATEUR qui ne se rend pas compte de la spirale de dévastation qui lui est imposée. ces expo lamentables fabriquent le consentement à encore plus de violence et de bassesse. certains croient s'en sortir en appelant ça faire face à la mort. ben non, c'est juste regarder en face un assassinat.

  • marc_m_s
    • Posté à 16h50 le 07/04/2009
    • Internaute
      ()

    Bravo M. Mesple. Bel hommage a Masha Bruskina (cette exposition aura au moins servi a ça).
    Pour A.V : la photo qui n'a
    pas été mis en ligne est d'autant plus émouvante-insoutenable ! ? - que Masha est pendue certes mais, semble t'il, encore vivante.

  • freakfeatherfall
    • Posté à 21h40 le 07/04/2009

    désolé mais je comprends pas l'intérêt de faire un article sur une photo tout en refusant de la montrer...

    • Al-Ice
      Al-Ice answers to freakfeatherfall
      -_-'
      • Posté à 21h54 le 07/04/2009
      • Internaute
        -_-'

      peut être pour des problèmes d'autorisation de diffusion ?
      sinon sur google, on trouve tout ! ; )

  • gafet
    • Posté à 22h53 le 07/04/2009

    bravo à l'auteur pour ce titre, ces 1er et dernier paragraphes : poignant.
    donné l'envie d'y aller, bravo.

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