On est là pour voir

des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

La crise du photojournalisme entraînera-t-elle celle de Visa ?

Publié le 11/09/2009 à 03h48


Barbara Davindson/Los Angeles Times

« Cette année encore, et comme toujours, ça y est ! L'annonce est officielle : le photojournalisme est en train de mourir. Il meurt. Il est mort... » Ainsi écrit Jean-François Leroy, le directeur de Visa pour l'Image aux toutes premières lignes de l'édito de son programme et sur le site du festival.

Jusqu'à présent, à Visa, c'est toujours les autres qui meurent dans des unités d'expositions d'actualités terribles et des soirées de projections sur-scénarisées dramatiquement. Cette incantation que nous assène Jean-François Leroy depuis de nombreuses éditions de Visa à la manière du prophète Philippulus dans « L'Etoile Mystérieuse » serait encore risible si notre ami Christian Poveda n'avait été assassiné au Salvador et si l'agonie de Gamma n'avait souligné officiellement la fin d'un modèle économique et photo journalistique.


Wojciech Grzedzinski/Napo Images

L'argument que répète le directeur de Visa en cette fin de période ressentie durement par les agences et tous les photographes est simple : c'est la « pipolisation » qui agit à la manière des algues vertes, étouffant l'espace rédactionnel susceptible d'être consacré au « photojournalisme ».

Il prend cette année l'exemple de la mort de Michael Jackson :

« Oui, quitte à élargir le cercle de nos ennemis, osons poser la question : un mort à Los Angeles vaut-il le silence total sur tout le reste du monde ? Afghanistan, Irak, Pakistan, Iran, Darfour, taisez-vous ! Mourez en silence... ».

Mourir ? Encore... ?


Justyna Mielnikiewicz/Prix Canon de la femme photojournaliste

« Nos ennemis » ? Qui est visé par le directeur de la programmation de Visa ? Il serait étonnant que ce soit le groupe Hachette Filipacchi, dont la société Images Evidence, maître-d'œuvre du festival, fut une filiale et a porté Visa sur les fonds baptismaux. Ce groupe reste, avec Paris Match, Elle et Photo, partenaire indéfectible.

Cette société, dont le directeur général est Jean-François Leroy, commercialise les espaces réservés aux agences dans le Palais des congrès de Perpignan (une agence s'acquitte environ de 2900 euros hors taxes pour un module de 9 mètres carrés bien situé). Un espace qui se réduit depuis deux ans sensiblement. Après Magnum en 2008, Reuters, l'Œil Public et Gamma n'ont pas renouvelé leur participation. Image Evidence, encaisse aussi les 60 euros que doit débourser chaque professionnel pour son accréditation.

(Ne pas confondre Image Evidence avec l'Association Visa pour l'Image, qui reçoit les subventions des collectivités territoriales -484 000 euros- et dont le budget général se monte à 760 000 euros.).

Retour sur la crise du photojournalisme qui ne se réduit pas proportionnellement à la place de la « pipolisation » dans la presse papier mais est due à la crise générale de celle-ci. Elle découle d'un ensemble de causes structurelles, à la désaffection du lectorat lassé par le manque de crédibilité qu'il lui accorde. Le photojournalisme n'en saurait être déconnecté.

Dans une tribune parue dans Le Monde le 1er septembre et intitulée « Le photojournalisme a besoin d'imagination plus que de lamentations  », Alain Genestar (ex-directeur de Paris-Match, 1999/2006 - et directeur de « Polka magazine ») positive. Son enthousiasme à voir le métier changer avec rapidité est accompagné de conseils aux photographes à rejoindre la planète numérique, web :

« Y aller avec l'idée de ce que l'on peut apporter de plus ; y aller pour raconter, y aller avec l'ambition de construire des récits photographiques compliqués, y aller pour raconter, montrer, décortiquer, expliquer des événements aux répercussions souvent très complexes... »

O.k. Au passage, il tacle cette planète où « les progrès vertigineux du numérique ont jeté la suspicion sur les images prises par des anonymes, diffusées à toute vitesse sur le Net, sans vérification ». C'est bien connu, la presse papier, et surtout Paris-Match a toujours vérifié l'info. et n'a jamais tripatouillé les photos...


Margaret Crow/Projet de reportage

Il est possible que le mélange technologique (photo, vidéo, sons, interview, interactivité, souplesse du format, etc.) invente un nouveau rapport d'écriture à l'événement. Visa pour l'Image a d'ailleurs entrouvert la porte à ce genre, dit web-documentaire, en primant via France 24/RFI « Le Corps incarcéré ». Mais la « photo photo » y tient une portion congrue. Si l'on veut d'autres références en ce domaine, voir MediaStorm.

Dans sa fonction et sa vision de l'événement, la photographie documentaire, de témoignage, à l'exposition comme à la publication, enrichie d'interventions complémentaires nous apporte ce que l'on ne sait pas déjà par l'image à l'heure de sa diffusion instantanée (cf. Tchétchénie dans Notes Récentes).

La formule de Visa pour l'Image, telle qu'elle est depuis plus de vingt ans, collant au photojournalisme traditionnel, uniformisant son contenu et réduisant son discours à l'« émotion » (mot fétiche de Visa), arrive en bout de course. Sans changement notable, ce festival n'apportera désormais rien de plus, ni aux photographes ni aux spectateurs.

Visa pour l'Image à Perpignan. D'une durée de 15 jours, les expositions se terminent ce week-end.

► Photos de haut en bas :

Visa d'Or presse quotidienne - Tremblement près de Chengdu (Chine) par Barbara Davindson/Los Angeles Times. Doté de 8000 euros par la SNCF.

Visa d'Or catégorie news - Le conflit georgien par Wojciech Grzedzinski/Napo Images. Doté par Paris-Match de 8 000 euros.

Prix Canon de la femme photojournaliste - Le conflit caucasien par Justyna Mielniekiewicz. Doté de 8 000 euros par la firme Canon et soutenu par le Figaro Magazine.

Prix Pierre et Alexandra Boulat - Margaret Crow pour son projet de reportage « Love me. Lost in the cycle of poverty ». Doté d'une bourse de 8 000 euros par la firme Canon France.

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  • imanol
    • Posté à 16h09 le 11/09/2009

    photojournalisme de zones oubliées.

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  • Anonyme

    je trouve que vous absolvez un peu facilement la « presse » car la réduction de la place du reportage photo ne date pas d'hier et le déclin ne peut être attribué entièrement à la « crise ».
    Vous semblez également volontairement ignorer les répercussions qu'ont pu avoir des sociétés comme Getty Images sur le commerce de la photo.
    Leroy a-t-il vraiment tort quand il rappelle que la presse préfère la mort de Jackson - plus rémunératrice - à un reportage sur les prisons du Soudan ? Honnêtement ?

    • Louis Mesplé
      • Posté à 17h43 le 11/09/2009
      • Journaliste
        Rue89

      Honnêtement, je n'absolve absolument pas la « presse » de ses turpitudes.
      Leroy a raison, bien sûr. Le problème, c'est que ce festival se repose dans la nostalgie d'une photographie dont -en majorité- l'écriture sur l'évènement ne suffit plus à l'expliciter- et même à le voir !
      Quand à votre premier point, o.k et le déclin du reportage fait partie intégrante de cette crise.
      Par ailleurs, Getty Images est dans la liste des partenaires importants de Visa.

      • Anonyme answers to Louis Mesplé

        c'est bien le problème Getty est partenaire de presque tout !

        « une photographie dont -en majorité- l'écriture sur l'évènement ne suffit plus à l'expliciter- et même à le voir ».

        vous voulez dire que l'éducation à l'image (au moins en France) a renoncé depuis longtemps à enseigner la lecture de la photo. Certains ont voulu lui adjoindre du texte, l'expliquer par les mots, pour simplifier, mâcher tout le travail du spectateur.

        des Nachtwey, Joel Robine, Yves Gellie (simples exemples) ne sauraient donc plus par leurs seules photos transmettre ce qu'ils ont vu ?

      • timofeivitch
        • Posté à 18h44 le 11/09/2009

        « je n'absolve absolument pas »
        du verbe absolver ?

         
        • Louis Mesplé
          Louis Mesplé answers to timofeivitch
          Rue89
          • Posté à 19h07 le 11/09/2009
          • Journaliste
            Rue89

          C'est vrai, du verbe absoudre. J'absous au présent, nous absolvons...
          et absolvez moi à l'impératif...merci.

        1 other comments
      • Chele
        Chele answers to Louis Mesplé
        • Posté à 03h21 le 13/09/2009
        • Internaute

        « je n'absolve » -> Absoudre : je n'absous.

        « Getty [...est un des...] partenaires importants de Visa »

        Trop facile. Cela ne peut être une excuse à sa politique générale.

    • manu mosan
      manu mosan
      pote au graf
      • Posté à 18h31 le 11/09/2009
      • Internaute
        pote au graf

      N'oublions pas non plus que la presse (en général) ne veux plus payer à sa juste valeur les reportages de fonds. Etant donné qu'un reportage complet coûte cher à produire, il est logique que beaucoup de photographes baissent les bras. Les agences bradent leur abonnement, sans quoi elles ne vendent plus ou peu. La presse écrite à tendance (du moins en Belgique) à réduire l'espace alloué aux images (et aux texte aussi ) afin de remplir le journal avec plus de pub. Sans compté aussi cet espèce de politiquement correct tout à fait hypocrite qui entoure le monde de l'image depuis quelques années. On préfère des photos volées de starlettes à seins nue et vergetures... Le photo-journalisme doit bien entendu se remettre en question, mais lui donne en donne t'ont les moyens ?

  • reivilo
    reivilo
    Urbaniste
    • Posté à 18h19 le 11/09/2009
    • Internaute
      Urbaniste

    Mr Mesplé, avez-vous été à « Visa Off » ou « Visa Ouf » ? Peut-être vous auraient-ils apporté cette note d'originalité, d'authenticité ou de spontanéité que vous semblez rechecher.

    Alors certes, le festival en lui même n'innove pas beaucoup d'année en année ; mais Visa c'est du « photo-journalisme », pas du « vidéo-journalisme ». Dévier vers un festival du « journalisme » reviendrait à « peopoliser » l'événement, mot que vous ne semblez guère apprécier... surement à juste titre.

  • guivAg
    guivAg
    infographiste 3d
    • Posté à 18h40 le 11/09/2009
    • Internaute
      infographiste 3d

    Le festival de visa pour l'image est un des seuls a presenter du photo-reportage (et pas de n'importe qui) dans un cadre magnifique en quantitee abondante et gratuitement ! Ce qu'il apporte est clair : une chance pour des reporters de talent d'etre expose et une chance pour toute perssonne qui s'y interesse de les voirs.

    Quant a polka et paris match on peut dire tout se que l'on veut mais paris match a pendant longtemps ete un des seuls magazine a publier des articles de photo reportage construit et interessant (meme si c'a n'est plus le cas a l'heure actuelle, leur derniere tentative a d'ailleur fait polemique : article sur les talibans publie le 4 septembre) et polka prend superbement la releve avec une edition magnifique, des photographies de haut niveau et des textes interessant qui servent l'image.

    Tout cela pour dire que certes perssonne n'est parfait mais taper sur le peut de perssonnes qui font quelque choze ne sert a rien...

  • sergio69
    sergio69
    Photographe
    • Posté à 19h07 le 11/09/2009
    • Internaute
      Photographe

    A Perpignan la semaine dernière, hors de la semaine pro (chère et puis on voit toujours les mêmes, les bons qui vivent de leurs images, les pleureuses perpétuelles et tout ce que la profession comporte de modèles (heureusement) uniques. Je trouve Louis Mesplé un peu tendancieux. Evidemment Leroy brasse du fric, évidemment il vit sur la presse qu'il critique... évidemment tout ça, mais quand il écrit que « ce festival n'apportera désormais rien de plus, ni aux photographes ni aux spectateurs », c'est nier la présence de milliers de visiteurs (ho pas des spécialistes bien sûr...) observant dans une atmosphère de recueillement le travail de gens dont la plupart ignore même le nom et pour qui l'image compte plus que l'uteur (Ha la pipolisation propre au métier...). Non, Perp reste un lieu unique où l'émotion (dsl mr Mesplé, moi aussi je me suis senti parfois ému) est soutenue par des images de qualité et des lieux d'exception. Et s'il faut ça pour que le public retrouve une certaine conscience du monde, hé bien, je vote des deux mains pour que Perp » continue à vivre ! Et je salue, au delà des mesquineries inhérentes à la critique photographique le boulot de mes frères photographes.

  • Nelly Santos
    Nelly Santos
    aide soignante
    • Posté à 21h31 le 11/09/2009
    • Internaute
      aide soignante

    EN Réponse à l'article ci- dessus voici ce que j'ai publié sur mon site jusqu'à la fin du festival qui contribue largement « à la mort du photojournalisme »

    Après la manifestation plus que justifiée de l'UPC pour nos droits d'auteurs , à laquelle j'ai participé je me pose la question suivante :
    Ne serait ce pas certains d'entre nous, photographes, qui participons à l'assassinat de notre métier. Demandant une accréditation presse à VISA POUR L'IMAGE , lieu incontournable du photojournalisme , j'ai été choquée , scandalisée par la réponse du bureau de presse de Visa.

    La voici : Oui mon accréditaion est acceptée mais il m'en coûtera 60€ au moment de retirer mon badge à l'hôtel PAMS ,Perpignan.

    C'EST LA PREMIÈRE FOIS DE MA LONGUE CARRIÉRE QUE L'ON ME DEMANDE DE PAYER UNE ACCRÉDITATION PRESSE ! ! ! ! ! ! ! !

    Voici la réponse, savoureuse, de l'assistante de presse à mon message d'étonnement.

    Bonjour,
En effet et je comprends votre surprise.
L'accréditation professionnelle est payante depuis 2002.
Cependant, permettais moi de vous expliquer le festival et à quoi sert
l'accréditation.
Toutes les expositions, les soirées de projections, le colloque, les
rencontres avec les photographes exposants, la table ronde Elle Magazine et
d'autres événements, sont ouverts à tous et gratuitement.
L'accréditation, le badge personnel, donne accès seulement aux points
professionnels, à savoir : 
- tout d'abord, l'Hôtel Pams, la maison du festival, où se trouvent, la
remise des badges, le bureau de relations presse ainsi que l'Association des
Iconographes qui accueille et conseille des photographe et lit leur
portfolio.
- ensuite, le Palais des Congrès, le centre de presse international. Une
partie de ce centre de presse est réservée aux accrédités. Ils y
rencontrerons les agences et collectifs photos qui font leur marché et
autres.
Toutes les accréditations sont payantes, même pour la presse.
Nous fonctionnons ainsi depuis 2002.
De plus, nous fonctionnons avec un budget très serré afin de maintenir la
gratuité des entrées sur tous les lieux d'exposition, soirées de
projection...
Voilà, j'espère avoir répondu à votre question.
Cordialement

Valérie

    Amusant n'est-ce pas ? Comme si dans les autres endroits où nous, photographes, sommes accrédités, nous n'avions pas droits à ces choses là.
    IL N'Y A PAS QUE LES ÉDITEURS QUI MASSACRENT LA PHOTOGRAPHIE , LES ORGANISATEURS D'ÉVENEMENTS PHOTOGRAPHIQUES AUSSI ! !
    C'EST IMPARDONNABLE ! Nous voilà devenus des vaches à lait pour nos propres confrères et pour informer sur leurs événements. BRAVO ! ! ! On ne peut faire mieux pour exploiter un secteur déjà moribond ! ! ! ! ! ! ! ! 
En prime , nous sommes pris pour des idiots , ridicule mais il paraît que le ridicule ne tue pas.....

  • féric
    féric
    entre 40 et 41
    • Posté à 03h03 le 12/09/2009
    • Internaute
      entre 40 et 41

    Le photojournalisme se meurt depuis maintenant 30 ans.
    La belle époque ou les agences envoyaient aux quatre coins du monde des reporters pendant plusieurs mois tout frais payé est aujourd'hui presque éteinte. Je vois au moins quatre raisons à ce déclin.

    1. Un reportage de qualité sur un sujet inédit et intéressant coûte une certaine somme. Il faut souvent plusieurs mois pour réussir à ramener un ensemble de photos cohérentes et exploitables. La tendance aujourd'hui, dans toutes les rédactions, est de passer chaque budget à la loupe, tout le monde en pâti.

    2. Avec le temps, les archives des plus grandes agences mondiales se sont remplies de photos. Aujourd'hui, beaucoup de rédactions préfèrent puiser dans ces archives plutôt que d'envoyer quelqu'un sur place, c'est moins couteux.

    3. L'essor du numérique à rendu la photographie accessible à tous. On peut trouver sur certains sites internet des photos concernant un peu près tous les sujets pour des prix dérisoires, de l'ordre d'un euro.

    4. Beaucoup de journaux sur Internet proposent à leur lecteur d'envoyer leurs photos gratuitement sur un sujet « chaud » pour qu'elles soient publiées sur leur site. Comment voulez-vous d'une part qu'un reporter soit aussi rapide à intervenir que des millions de photographes potentiels répartis partout dans le monde et d'autre part qu'il puisse rivaliser avec des personnes qui « vendent » leur travail gratuitement ?

    Pour toutes ces raisons, et il en existe surement d'autres, le photojournalisme se meurt dans l'immédiateté de notre société, dans la dévalorisation constante de toute forme de culture populaire : journalisme, photographie, musique…

    Heureusement, il existe encore certaines revues qui s'efforcent de montrer des sujets « ennuyant », Polka est sacrément courageux pour ça. Un reportage de plusieurs pages sur les conditions de vies des plus humbles français réalisé par Diane Grimonet par exemple, c'est froid, c'est dur et c'est magnifique. On regrettera seulement que la visibilité de telles revues soit si faible.

    Aujourd'hui, il faut penser : rapidité, efficacité, sensationnelle, rentabilité.
    Aujourd'hui, il faut ignorer : qualité, rigueur, professionnalisme, engagement.
    Tout le monde peut devenir chanteur, tout le monde peut devenir photographe, il suffit d'appuyer sur un bouton après tout…

    Ah oui, rien que pour les quatre photos de cet article, une telle agence mérite de continuer son travail.

  • Daniel CASTETS
    Daniel CASTETS
    Auteur photographe
    • Posté à 09h34 le 12/09/2009
    • Internaute
      Auteur photographe

    L'abandon du photojournalisme par les lecteurs n'est pas un acte délibéré et volontaire. Ce sont les médias qui ont décidé de ne plus proposer aux lecteurs les reportages qui montrent la réalité de notre monde. Pour ne pas les démoraliser, les mobiliser, les faire réfléchir, les éduquer, etc...
    Et bien entendu ce ne sont pas les médias qui vont dénoncer leur politique de désinformation.
    Ce n'est pas le photojournalisme qui est en crise, c'est le droit d'auteur et cela touche tous les photographes auteurs. Je suis dans la photo de sport et les droits d'auteurs ont été divisés par trois.
    Ca c'est la faute à Getty, Corbis et les microstocks dont ils sont propriétaires.
    Comment vivre avec ça ?
    Getty à Visa, c'est purement scandaleux.
    500 artisans photographes déposent le bilan chaque année du à l'arrivée du numérique.
    Pour résumé, Il y a 3 causes principales.
    - Le numérique
    - La baisse du droit d'auteur
    - La ligne éditoriale des médias
    Pour en savoir plus.
    Lien
    Daniel

  • Malakoff
    • Posté à 13h39 le 12/09/2009
    • Internaute

    Le photojournalisme meurt....et la presse qui va avec ?

    Tout d'abord, merci. Enfin un papier sur Visa qui sort un peu des poncifs annuels sur le festival. Il n'en demeure pas moins que votre papier passe à côté d'un élément important. L'équipe de Visa inclue des gens qui travaillent pour la presse magazine, le Jury comporte chaque année les directeurs photos des plus grands journaux et magazines du monde qui font vivre (ou végéter) les photojournalistes au cours de l'année. Et c'est là que le bas blesse, en Septembre, en bras de chemise, verre de muscat à la main, on pleure sur le devenir du photojournalisme, on reprend comme sous hypnose les arguments du genre, c'est la faute du numérique, du people, etc. C'est un peu court pour faire le tour de la question. Le problème c'est que quand tout le monde remonte à Paris ou ailleurs, les beaux discours sont vite oubliés et les discours du genre, « écoute, je peux pas te donner de garantie, ou je peux acheter ton reportage en Irak qu'au tarif syndical ou encore ton reportage est bien mais je suis obligé de passer une photo d'agence télégraphique » deviennent le lot commun du photoreporter. Les services photo ont des consignes claires depuis des années, baisse des coûts à tout prix. Ces services photos sont aussi les petites mains qui coulent au jour le jour ce métier précaire. A Visa, ce sont eux qui sont le plus courtisés, par les agences et par les photographes.
    Et si on fait un peu d'anthropologie de terrasses méridionale, on se rend compte au fur et à mesure des années de participation à ce festival que ce sont toujours les mêmes qui se fréquentent à Perpignan et qui travaillent ensemble dans l'année. Progressivement le gâteau du photojournalisme se réduit à la portion congrue, certes, mais Visa n'y peut rien, Visa est à la photo, ce que Cannes est au cinéma, une vitrine, où les puissants du milieu viennent faire leur promotion. Et ils se foutent de tout ces photographes (jeunes, pleureuses ou véritables professionnels) qui versent 60 euros pour avoir un badge,et qui galèrent. Parmi eux, des gens qui ont des années d'expérience, des prix, des publications prestigieuses et qui sont obligés de faire des petits boulots pour s'en sortir. Le pire dans tout ça c'est qu'il n'existe quasiment plus aucun acteur du milieu du photojournalisme qui se bat pour sa préservation. Les journaux se contentent de photos chocs ou illustratives, les photographes choisissent leur sujet après estimation comptable. Depuis 2001 les événements propices à une couverture photojournalistique se sont multipliés presque comme jamais. Mais quand on regarde l'ensemble de la production photo publiée sur cette période, c'est assez pauvre par rapport aux années précédentes. Finalement, c'est un peu comme le contenu rédactionnel en général, vous ne trouvez pas ?

  • thefrenchkiss
    thefrenchkiss
    photographe
    • Posté à 17h05 le 12/09/2009
    • Internaute
      photographe

    bien que la deuxieme photo soit exceptionnelle, il me semble qu'un autre photographe géorgien à pris la même scène en photo. sensationnelle aussi. seulement il s'avère que les photos font partie d'une série bidon où l'on peut voir notamment un mort transporté qui s'accroche au bras du transporteur. édifiant.
    les « grands » photographes sont rares ; les « grandes photos » encore plus !
    voir que certains photographes obtiennent des prix par de telles mises en scènes n'aideront certainement pas à sauver le photojournalisme de la crise.

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    Et les exemples helas ne manquent pas.

    cordialement

    un amoureux du photojournalisme.

  • GBG
    GBG
    • Posté à 11h24 le 13/09/2009
    • Internaute

    Si certains journaux mettaient la production de l'image et du texte en avant en remplaçant les notes de frais invraisemblables de frais de bouches à certains journalistes...

    Et puis il est temps que les journaux comme Polka se réveillent enfin comme lors du dernier numéro, car dans les numéros précédents : tout était du déjà vu et ne donner pas beaucoup de places aux nouveaux sujets d'actu.

    Lorsqu'on assiste à tes discours comme celui d'Alduy ou de Gayssot sur la défense du Photojournalisme, alors que Gayssot n'a même pas vu le sujet photo qu'il récompense... on a honte de toute cette mise en scène ridicule à Perpignan.

    Vous voulez soutenir ceux qui souffrent dans la profession : bien, mais il n'y a pas que Gamma et les photographes de Gamma et lorsqu'on fait payer des stands à des prix exorbitants pour de petites agences où est le soutien ?

  • le tadorne
    • Posté à 15h17 le 14/09/2009
    • Internaute

    Bonjour,
    Merci beaucoup pour cet article ! Je ne comprenais pas pourquoi j'étais le seul à avoir osé un écrit critique sur « Visa pour l'image » (Lien) .
    Mais ouf, nous voilà deux !
    Je mets en lien votre enquête sur mon site .
    Cordialement,
    Pascal Bély
    Lien

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