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Willy Ronis, mort d'un photographe social

Publié le 12/09/2009 à 03h25


Willy Ronis/ Rue Vilin 1959

La nécrologie n'est pas le genre de la maison mais saluons ce grand photographe, décédé à l'âge de 99 ans. Sa biographie sur Wikipédia est juste. Ce qui l'est moins, c'est de le réduire à ce courant « humaniste » (et vous allez en lire des lignes là-dessus-) qui veut tout et rien dire, si ce n'est surtout ne pas (trop) s'engager.

Or, Willy Ronis, proche du Parti communiste, était d'abord un photographe social, photographe des grèves d'avant-guerre et d'après, puis un « piéton de Paris » discret, avec des éclairages sur la sociologie de la ville et quelquefois, sur les failles de préoccupations ou d'angoisse de la foule.

N'étant pas inscrit dans les filiations d'avant garde du début du XXe siècle, il préférait, jeune, la fréquentation du Louvre, et ses paysages parisiens et banlieusards font la part belle aux arbres, à un relatif « feuillagisme ». Pendant la guerre, il fait plusieurs métiers en province dans une semi clandestinité pour fuir les persécutions anti-juives.

Depuis quelques années, les éditeurs et les centres photographiques lui ont organisé de grandes expositions et rétrospectives, en tirant sur le côté nostalgique, le filon Doisneau étant épuisé.

Il parsemait son œuvre de ses autoportraits, qu'il réalisait plus d'une fois par an. Cet acte était peut-être la mise au point entre le réel et son interprétation, axe permanent de sa recherche sur une réalité honnête.

Photo : Au coin des rues Piat et Vilin, Paris, Belleville (1959)/Willy Ronis Rapho aux Rencontres d'Arles.



Willy Ronis, mort d'un photographe social (Hervé Fell)

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  • Le requin rouge
    • Posté à 16h07 le 12/09/2009

    un petit lien pour découvrir son oeuvre ?

    • gavroche...
      • Posté à 16h25 le 12/09/2009
      • Internaute

      J'étais en train de rechercher ça, justement. Je vous propose ce lien pour découvrir ce que Willy Ronis apporte à la photo et pour voyager dans son oeuvre que parcoure un autre siècle...
      Lien

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant answers to Le requin rouge
      journaleux - blogueur
      • Posté à 16h29 le 12/09/2009
      • Internaute
        journaleux - blogueur

      Dans ce que j'avais mis en ligne en juillet Lien à l'approche de son anniversaire, tu trouveras « quelques » liens.
      Il a fait don de son œuvre à l'Etat, depuis 1983 déjà.

  • ljos
    ljos
    photographe / géologue
    • Posté à 16h32 le 12/09/2009
    • Internaute
      photographe / géologue

    merci à m. Ronnis, la race des grands dinosaures de la photographie vient de s'éteindre ...

    j'avais vu son expo sur ses paysages de montagne, réalisé en convalescence à Megève. superbe ... pourtant dans un registre très différent de ses habitudes.

    un immense respect pour cet homme ...

  • omega09
    omega09
    Retraité
    • Posté à 17h45 le 12/09/2009
    • Internaute
      Retraité

    Un très très grand photographe est mort...respect, Monsieur Willy !

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 18h14 le 12/09/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    Willy Ronis, c'était un oeil, l'oeil du photographe-cadreur, des magnifiques photos noir et blanc, un Grand.

  • reg91
    reg91
    Ingenieur
    • Posté à 18h46 le 12/09/2009
    • Internaute
      Ingenieur

    Ces livres m'ont toujours plu, sa façon d'expliquer clairement ses prises de vues, ses attentes avant de déclencher..
    Très très grand pour moi, au revoir Monsieur RONIS

  • KfC
    KfC
    • Posté à 20h40 le 12/09/2009

    Très jolie photo qui 50 ans après illustre bien le devenir de notre société :
    (Petite analyse sémiologique de la photo – Attention C'est un peu subjectif : P )

    L'image est coupée en 2 par la rampe d'escalier oblique. La rue illustre la « haute » société avec voitures magasins etc.
    Le bas avec les enfants nous montre plutôt les soubassements de la société.
    On constate que si le haute est parfaitement clair, les enfants sont dans une zone ombrée.
    Pour finir si on symbolise les enfants par la jeunesse on peut leur espérer de gagner la rue grâce à l'escalier.
    Or et c'est là où la photographie et le message de Ronis est intéressant, on ne peut voir l'accès aux escalier dans le cadre.
    On les devines mais on peut être sur de leur présence.

    Le travail de Willy Ronis semble en adéquation avec la citation de Don Mc Cullin.

    En espérant que la prévision de Ronis soit erronée : P

    • caro
      caro answers to KfC
      délinquante avérée
      • Posté à 00h18 le 13/09/2009
      • Internaute
        délinquante avérée

      intéressant : -)
      On peut voir aussi une correspondance entre les barreaux d'une fenêtre sur lesquels montent les enfants et les barreaux de l'escalier. Les enfants en 2 groupes, comme l'escalier qui se divise. Quel est le bon chemin ? celui de droite où un des enfants est presque arrivé en haut ?
      La photo est construite comme une élévation, tout va vers le haut, jusqu'à ce réverbère dont on ne voit pas la « tête ». Les enfants y arriveront-ils ou sont-ils immanquablement destinés à rester en bas ?

      • KfC
        KfC answers to caro
        • Posté à 15h49 le 13/09/2009

        L'avenir nous le dira : P

  • Apeloig
    • Posté à 23h02 le 12/09/2009

    C'est très réconfortant de lire les compliments que d'autres commentateurs font sur le travail de ce photographe exceptionnel qu'était Willy Ronis.
    Ne jamais oublier que c'était un « professionnel » de la photographie, doublé d'un amateur d'art.
    Ne pas oublier non plus, que ce photographe qui connaissait la technique de la photo parfaitement, était aussi un « œil ».
    Ses photos des quartiers de Paris, comme celle qui illustre l'article, n'étaient pas « montées » ni mises en scènes. Elles étaient choisies en fonction d'une petite règle qui lui était personnelle : la triade.
    Dans beaucoup de ses photos de rues, il y a toujours trois personnages ou trois objets.
    Dans son œuvre, on trouve aussi un témoignage émouvant des combats du monde ouvrier dans les années 30, pour obtenir les droits qui furent, en partie octroyés lors du Front Populaire.
    Parmi ces photos, il y a celle où l'on voit des femmes en grève, tenant u meeting à l'usine Renault de Billancourt.
    La France vient de perdre l'un de ses plus grands photographes.
    Et pourtant Monsieur Willy Ronis ne connut pas la gloire qu'il méritait.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 23h11 le 12/09/2009

    Très belle photo pour illustrer l'article.

    Recadrée dans un négatif plus grand, non ? (ce qui ne constitue pas une critique en ce qui me concerne)..

    J'ai l'impression qu'il en manque pas mal.

    En 59, quel format de pellicule ?

    (de toute façon, ce n'est même pas du 24X36)

    • Apeloig
      • Posté à 12h03 le 13/09/2009

      En 1959, les formats de nos aînés, rares et heureux possesseurs d'un « Kodak » (même s'il s'agissait d'une autre marque ! ) commençaient à disparaître.
      Le plus connu et utilisé, le 6 x 9 (cm), plus rare, le 6,5 x 11 et le fameux format des reporters le 6 x 6. (obtenu avec des pellicules 6 x 9. 12 vues au lieu de 8)
      Le 24 x 36 (mm) est en train de remplacer tous ces formats (à l'exception du 6 x 6, qui continuera sa carrière pour les professionnels de la photo d'art et de reportage).
      Le 24 x 36 est né lorsque des photographes ont eu l'idée d'utiliser des chutes des films en 35 mm.
      Mais également à l'ingéniosité des techniciens d'Iéna avec le fameux Zeiss.

  • axel1979
    axel1979
    citoyen
    • Posté à 10h10 le 14/09/2009
    • Internaute
      citoyen

    Ronis,

    Comme il l'est souligné dans l'article,Wiilly Ronis n'était pas à la photographie humaniste ce qu'est un code barre sur un produit de supermarché.
    Autrement dit, il est précisé que le terme humaniste est réducteur pour son travail et qu'il serait plus un photographe « social », mais au delà du débat sémantique, pourquoi ce besoin de classé un artiste, un photographe dans une catégorie ?

    Le talent de ce photographe et son regard sur le monde et Paris sont d'une richesse incroyable,comme vous le soulignez, mais ce qui à près de 100 ans faisait encore existé Willy Ronis comme photographe vivant était sa pratique de la photo de nue et des femmes.

    Cependant, cela n'est pas du tout mentionné dans l'article et réduire l'ouverture d'esprit , la jeunesse de son regard et de son travail à des définitions va à l'encontre de la teneur même de ses photographies : se mettre à la hauteur des personnes qu'il photographiait (femmes, enfant, badaud) tout simplement.

  • uneexpo
    uneexpo
    L'actualité de l'art avec vous
    • Posté à 14h22 le 15/09/2009
    • Internaute
      L'actualité de l'art avec vous

    vraiment sincère

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