Prix Nadar 2009 : le catalogue de « La Subversion des images »
Le Prix Nadar récompense chaque année depuis 1955 un livre consacré à la photographie ancienne ou contemporaine édité en France au cours de l'année. Simplement honorifique, il a été annoncé ce mercredi dans les anciens locaux de la BNF. Ce livre est cette année un catalogue : celui de l'exposition « La Subversion des Images » au Centre Pompidou.
Il n'est pas mince. 480 pages, autant d'illustrations. Il est consistant : c'est toute l'histoire des relations entre la photographie et le surréalisme, entre la photographie et l'image, entre le surréalisme et ses branches dissipées et dissidentes. La quasi totalité de l'exposition y est reproduite, ses textes, essais, photogrammes, documents, certains inédits etc.
La photographie fut une aubaine pour ces hommes et ses femmes nés un peu après l'invention, en France ou ailleurs, avant ou au début du XXéme siècle. Pour elles et eux, déjà adhérants aux avant-gardes de l'art, l « appareil photographique (de la prise de vue au labo) fut un instrument pour secouer toutes les matières et surtout s'en amuser. Ils s'appelaient Man Ray, Bellmer, Cahun, Ubac, Boiffard, Tabard...Ils ne savaient pas alors, dans cette insouciance créatrice, qu'ils allaient déranger, renverser, en solo ou en groupe, et pour longtemps, les lois de “ la représentation traditionnelle ”.
Par sa rigueur et son épaisseur ce catalogue magistral “ panthéonise ” un peu, mais on ne va pas, si on a en cette fin d'année 44, 90 euros à dépenser, bouder le plaisir.
Photos de haut en bas :
Eli Lotar, Germaine Krull Sans titre, ca. 1930
Man Ray, Lee Miller, 1929 (couverture) Man Ray Trust, ADAGP, Paris 2009
Man Ray, dans FIAT n°1, octobre 1934,Man Ray Trust, Paris 2009
Maurice Tabard, Masque Punu, essai pour un film sur le culte Vaudou, 1937
Claude Cahun, “Que me veux-tu ? ” autoportrait double, 1929 (ci-dessous).
Photos Centre Pompidou Paris
Le catalogue “Surréalisme, photographie, film. La Subversion des images” est édité par le Centre Georges Pompidou.
Une mention spéciale a été attribuée à : Le Passé imparfait, 1978-1997, de la photographe américaine Deborah Turbeville, publié aux éditions Steidl .
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Le monde et le regard sur les images faites par l'homme ont changé depuis l'invention de la photographie. Comme avec l'imprimerie plus rien ne fut comme avant. Aujourd'hui avec l'appareil photo numérique chacun peut s'exprimer avec des images. C'est plutôt bien. La peinture en pâtit ? Oui, mais la peinture n'est qu'une image. Oui le marché de la peinture va changer. Les grosses cotes vont continuer de monter. Je ne crois pas que cela durera, car quand le public « friqué » comprendra que la photographie a aussi ses Mozart ou Picasso, il délaissera la peinture, et les peintures et objets s'y rapportant perdront peu à peu de leur valeur fric pour garder leur valeur picturale comme avec la photographie. Quelques générations et le monde du regard sera changé. Placer la photographie au Panthéon comme vous le dites, pourquoi pas ! Nous avons bien transformé en mythe des peintres comme Picasso. Toute personne qui bouleverse le monde de l'homme mérite sa place dans ce lieu conventionnel pour un temps qui dépend de l'évolution de l'homme sur terre et en France qui n'est pas le centre du monde des valeurs. Avec la photo permise à tous c'est le début de la fin des marchés de l'art, et de l'art tout court comme nous l'entendions à ce jour. Si l'homme apprenait ce qu'était l'art il y a un siècle et avant, son rôle dans la société, il ferait de bonnes photographies. L'homme finira par l'apprendre. Peindre comme le firent les génies de la peinture ou sculpteurs des cathédrales sera un jour reconnu par tous. L'image de génie, redeviendra une valeur qui participera avec les autres valeurs de la vie. Que l'image de génie soit produite avec de la toile et des pigments colorés ou avec un appareil photographique, l'important c'est qu'elle soit reconnue de géniale. Aujourd'hui l'homme ne sait pas encore voir. Cela demande du temps. Et parfois l'homme peut se tromper sur les génies et leur donner trop d'importance. Picasso en fait partie. Avec lui la tradition picturale du dessin a disparu alors qu'il continua de l'utiliser en laissant croire l'inverse. En cachant sa technique, son truc pour composer, il a laissé écrire sur lui des notes qui ont participé à la perte des valeurs plastiques. Oui Picasso, un génie de l'image, car ses œuvres sont des images n'auraient rien perdu de leur génie s'il nous avait dit que toutes ses œuvres ou presque depuis « Les Demoiselles d'Avignon » ont été conçues grâce à une trame qui n'était rien d'autre qu'une peinture de Cézanne. « Madame Cézanne dans un fauteuil rouge » visible au Musée de Boston. Beaucoup de personnes se sont moquées de moi, critiques et historiens célèbres à ce sujet dans l'enceinte des Beaux arts à Paris. Révolutionnaire, « Les Demoiselles d'Avignon » le fut et méritait de l'être. Mais la façon dont Picasso la réalisa, aussi, à mon avis. Riez messieurs Dames ! Mais ce que je viens de vous dire sera un jour reconnu. L'image ne mérite pas toute la gloriole que nous pouvons écrire sur elle, au moins depuis cent ans.




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