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des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

Prix Nadar 2009 : le catalogue de « La Subversion des images »

Publié le 02/12/2009 à 09h56


Eli Lotar, Germaine Krull Sans titre, ca. 1930

Le Prix Nadar récompense chaque année depuis 1955 un livre consacré à la photographie ancienne ou contemporaine édité en France au cours de l'année. Simplement honorifique, il a été annoncé ce mercredi dans les anciens locaux de la BNF. Ce livre est cette année un catalogue : celui de l'exposition « La Subversion des Images » au Centre Pompidou.


Couverture du catalogue

Il n'est pas mince. 480 pages, autant d'illustrations. Il est consistant : c'est toute l'histoire des relations entre la photographie et le surréalisme, entre la photographie et l'image, entre le surréalisme et ses branches dissipées et dissidentes. La quasi totalité de l'exposition y est reproduite, ses textes, essais, photogrammes, documents, certains inédits etc.


Fiat, n° 1, octobre 1934, n.p. (p. 34) (photographie de Man Ray)

La photographie fut une aubaine pour ces hommes et ses femmes nés un peu après l'invention, en France ou ailleurs, avant ou au début du XXéme siècle. Pour elles et eux, déjà adhérants aux avant-gardes de l'art, l « appareil photographique (de la prise de vue au labo) fut un instrument pour secouer toutes les matières et surtout s'en amuser. Ils s'appelaient Man Ray, Bellmer, Cahun, Ubac, Boiffard, Tabard...Ils ne savaient pas alors, dans cette insouciance créatrice, qu'ils allaient déranger, renverser, en solo ou en groupe, et pour longtemps, les lois de “ la représentation traditionnelle ”.


Maurice Tabard Masque Punu - Essai pour un film sur le Culte Vaudou, (exposition 1937), 1937

Par sa rigueur et son épaisseur ce catalogue magistral “ panthéonise ” un peu, mais on ne va pas, si on a en cette fin d'année 44, 90 euros à dépenser, bouder le plaisir.

Photos de haut en bas :

Eli Lotar, Germaine Krull Sans titre, ca. 1930

Man Ray, Lee Miller, 1929 (couverture) Man Ray Trust, ADAGP, Paris 2009

Man Ray, dans FIAT n°1, octobre 1934,Man Ray Trust, Paris 2009

Maurice Tabard, Masque Punu, essai pour un film sur le culte Vaudou, 1937

Claude Cahun, “Que me veux-tu ? ” autoportrait double, 1929 (ci-dessous).

Photos Centre Pompidou Paris



Claude Cahun, “Que me veux-tu” Autoportraitt double, 1929

Le catalogue “Surréalisme, photographie, film. La Subversion des images” est édité par le Centre Georges Pompidou.


Une mention spéciale a été attribuée à  : Le Passé imparfait, 1978-1997, de la photographe américaine Deborah Turbeville, publié aux éditions Steidl .

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  • pikasso02
    • Posté à 10h36 le 03/12/2009

    Le monde et le regard sur les images faites par l'homme ont changé depuis l'invention de la photographie. Comme avec l'imprimerie plus rien ne fut comme avant. Aujourd'hui avec l'appareil photo numérique chacun peut s'exprimer avec des images. C'est plutôt bien. La peinture en pâtit ? Oui, mais la peinture n'est qu'une image. Oui le marché de la peinture va changer. Les grosses cotes vont continuer de monter. Je ne crois pas que cela durera, car quand le public « friqué » comprendra que la photographie a aussi ses Mozart ou Picasso, il délaissera la peinture, et les peintures et objets s'y rapportant perdront peu à peu de leur valeur fric pour garder leur valeur picturale comme avec la photographie. Quelques générations et le monde du regard sera changé. Placer la photographie au Panthéon comme vous le dites, pourquoi pas ! Nous avons bien transformé en mythe des peintres comme Picasso. Toute personne qui bouleverse le monde de l'homme mérite sa place dans ce lieu conventionnel pour un temps qui dépend de l'évolution de l'homme sur terre et en France qui n'est pas le centre du monde des valeurs. Avec la photo permise à tous c'est le début de la fin des marchés de l'art, et de l'art tout court comme nous l'entendions à ce jour. Si l'homme apprenait ce qu'était l'art il y a un siècle et avant, son rôle dans la société, il ferait de bonnes photographies. L'homme finira par l'apprendre. Peindre comme le firent les génies de la peinture ou sculpteurs des cathédrales sera un jour reconnu par tous. L'image de génie, redeviendra une valeur qui participera avec les autres valeurs de la vie. Que l'image de génie soit produite avec de la toile et des pigments colorés ou avec un appareil photographique, l'important c'est qu'elle soit reconnue de géniale. Aujourd'hui l'homme ne sait pas encore voir. Cela demande du temps. Et parfois l'homme peut se tromper sur les génies et leur donner trop d'importance. Picasso en fait partie. Avec lui la tradition picturale du dessin a disparu alors qu'il continua de l'utiliser en laissant croire l'inverse. En cachant sa technique, son truc pour composer, il a laissé écrire sur lui des notes qui ont participé à la perte des valeurs plastiques. Oui Picasso, un génie de l'image, car ses œuvres sont des images n'auraient rien perdu de leur génie s'il nous avait dit que toutes ses œuvres ou presque depuis « Les Demoiselles d'Avignon » ont été conçues grâce à une trame qui n'était rien d'autre qu'une peinture de Cézanne. « Madame Cézanne dans un fauteuil rouge » visible au Musée de Boston. Beaucoup de personnes se sont moquées de moi, critiques et historiens célèbres à ce sujet dans l'enceinte des Beaux arts à Paris. Révolutionnaire, « Les Demoiselles d'Avignon » le fut et méritait de l'être. Mais la façon dont Picasso la réalisa, aussi, à mon avis. Riez messieurs Dames ! Mais ce que je viens de vous dire sera un jour reconnu. L'image ne mérite pas toute la gloriole que nous pouvons écrire sur elle, au moins depuis cent ans.

  • pikasso02
    • Posté à 16h48 le 03/12/2009

    Extrait du célèbre opéra « La vie quotidienne »
    Voici l'air fameux z-entre tous : L'air de la bêtise

    Mère des gens sans inquiétude
    Mère de ceux que l'on dit forts
    Mère des saintes habitudes
    Princesse des gens sans remords
    Salut à toi, dame Bêtise
    Toi dont le règne est méconnu
    Salut à toi, Dame Bêtise
    Mais dis-le moi, comment fais-tu
    Pour avoir tant d'amants
    Et tant de fiancés
    Tant de représentants
    Et tant de prisonniers
    Pour tisser de tes mains
    Tant de malentendus
    Et faire croire aux crétins
    Que nous sommes vaincus
    Pour fleurir notre vie
    De basses révérences
    De mesquines envies
    De noble intolérance
    De mesquines envies
    De noble intolérance
    De mesquines envies
    De noble intolérance

    Mère de nos femmes fatales
    Mère des mariages de raison
    Mère des filles à succursales
    Princesse pâle du vison
    Salut à toi, Dame Bêtise
    Toi dont le règne est méconnu
    Salut à toi, Dame Bêtise
    Mais dis moi, comment fais-tu
    Pour que point l'on ne voie
    Le sourire entendu
    Qui fera de vous et moi
    De très nobles cocus
    Pour nous faire oublier
    Que les putains, les vraies
    Sont celles qui font payer
    Pas avant, mais après
    Pour qu'il puisse m'arriver
    De croiser certains soirs
    Ton regard familier
    Au fond de mon miroir
    Ton regard familier
    Au fond de mon miroir
    Ton regard familier
    Au fond de mon miroir.

    Jacques Brel

    • Nom-d-utilisateur
      Nom-d-utilisateur answers to pikasso02
      Situation
      • Posté à 23h22 le 03/12/2009
      • Internaute
        Situation

      Je ne suis pas un lecteur très assidu de ce forum, mais les fils qui traitent d'art m'intéressent et je ne vous y ai pas vu brocardé concernant votre « thèse » (je mets le mot entre guillemets pour faire la différence entre une prise de position et une thèse universitaire, sans hiérarchiser l'une par rapport à l » autre).

      Si vous pouviez toutefois faire un effort de clarté dans ce que vous voulez dire, et qui semble intéressant, peut-être seriez-vous plus entendu et les lecteurs en seraient-ils plus éclairés.

      Je trouve par exemple ceci peu compréhensible : « L'image ne mérite pas toute la gloriole que nous pouvons écrire sur elle, au moins depuis cent ans. » Voulez-vous dire que de tableaux ne sont pas des images, mais des photographies, si ?

      • fraerk
        fraerk answers to Nom-d-utilisateur
        logiciel expérimental
        • Posté à 07h31 le 04/12/2009
        • Internaute
          logiciel expérimental

        Je crois que c'était un texte ayant pour but d'être lu sous forme de cut-up, mais ce quiproquo est amusant.

         1 other comments
      • pikasso02
        • Posté à 17h20 le 04/12/2009

        Bonjour et merci d'avoir répondu à ce « cut-up ». Sachez que vous êtes une des rares personnes qui m'aient donné leur avis ou critique sur des propos qui manquent de clarté en quelques lignes, mais que vous pouvez retrouver dans le détail sur mon blog consacré à mon hypothèse sur l'oeuvre de Picasso. Si vous venez rarement sur ce forum normal que vous ne m'ayez pas vu brocardé, comme vous le dites. Pourtant c'est le cas et c'est bien dommage. Quand à la gloriole concernant l'image depuis cent ans, depuis la révolution cubiste qui a participé et fut à l'origine du renouveau d'une pensée. Des mouvements sont nés de propos écrits sur cette peinture de Picasso « Les Demoiselles d'Avignon ». Ces écrits et propos subjectifs sur cette peinture ont été repris decennies après decennies. Picasso critiqua les peintres cubistes. Il refusa d'être à l'origine de ce mouvement. Ce fut pourtant le cas. J'ai trouvé pourquoi Picasso pouvait penser cela mais sans le dire. Une pensée nouvelle active était en marche. La guerre de 1914 ne l'arrêta pas. Elle donna naissance au mouvement Dada puis aux surréalistes pour faire court. En Italie ce fut le Futurisme. Du cubisme en mouvement. Formes et contenus divers se mélangèrent. Pendant ce temps les critiques et poètes écrivaient sur les images. Peintures et photographies. Je ne privilégie ni les unes ni les autres. Mais l'origine de l'image est tout de même le dessin. Pourquoi « gloriole », simplement que le réalisme par la photo et le surréalisme tient la première place dans l'esprit du plus grand nombre d'entre nous. Ce qui ressemble est toujours et encore et hélas aujourd'hui le critère du goût le plus fréquent. Je pense que si Picasso avait « annoncé la couleur », la manière dont il travaillait, tout aurait été autrement. On ne refait pas l'Histoire, mais repartir d'une donnée oubliée pourrait peut-être ne pas être inutile. Je pourrais continuer ce « cut-up » dont vous aurez compris que le but est de trouver une personne (ou plusieurs) passionnée par Picasso et Cézanne ou autres artistes qui influencèrent Picasso, pour consacrer quelques propos sur ma thèse non universitaire, sur mon blog (pikasso02 sur Google) ou sur ce forum. Je suis sûr de ce que j'ai trouvé. Mais seul, rien ne peut se passer. Je suis seul aujourd'hui à proposer cette hypothèse d'un Picasso ayant pris cette peinture de Cézanne pour concevoir l'ensemble de ses oeuvres, et pas seulement les « Femme assise » comme l'exposition Cézanne-Picasso du Musée Granet put le montrer, ou plus avant, l'exposition « Cézanne and Beyond » à Philadelphie cette année. Vous ne trouvez pas curieux que certains historiens ou professeurs puissent proposer cette thèse officiellement sur le rôle de cette « Madame Cézanne dans un fauteuil rouge », sans donner leurs sources. Les confrontations sans explications n'apportent rien, que des spectateurs déçus.

  • ghis-32
    • Posté à 08h40 le 04/12/2009
    • Internaute

    HOMMAGE A AUGUST SANDER

    Sander a réalisé avec des plaques photographiques sur verre des centaines de portraits de ses contemporains : ouvriers au travail, paysans, petits notables , couples, sportifs, artistes, petits bourgeois, écclésiastiques. Cette fresque de la société allemande du XIX ° siècle englobe la période nazie. Les portraits sont en noir et blanc, posés de face,regard vers l'objectif, souvent en pied, fond neutre, ou avec quelque simple élément pour noter l'environnement : un encadrement de porte, un chemin de campagne,une rue ou un outil.
    Son portrait d'un chômeur « arbeitslos », posté au coin d'une rue, debout, tête nue et chapeau à la main, date de 1928.La rue vide, floue, s'amenuise vers un coin de ciel très étroit où la lumière diffracte. Le chômeur est placé sur la droite de l'image, le visage tourné vers cette rue ; iI est grand ,mince, et correctement vêtu ; il attend.
    Suite de cette histoire : les plaques de Sander ont été saisies par le régime nazi et détruites ; la vérité nette et vue de face dérange.

  • GASTAUD
    • Posté à 15h41 le 05/12/2009

    Cette annee, le jury fait a ce prix en l'attribuant a un bon livre. Le jury fait oublier son erreur de l'annee derniere, qui recompensait une photographe plutot mediocre : Sarah MOON.

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