On est là pour voir

des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

Federico Fellini à Paris et William Klein à Rome

Publié le 18/12/2009 à 17h30

« Fellini, la Grande Parade ». Avec un tel titre d’exposition, on pense que l’on va s’amuser au Jeu de Paume. On pourra y emmener les enfants. En fait, cette grande parade est sérieuse comme un pape. Elle est construite en forme de thèse « cycle cinéma », soutenue par des centaines de documents : photographies, dessins du maestro, magazines, affiches, images et films d’actualité.

L’auteur - ou le commissaire - de cette exposition, Sam Stourdzé, a fait un travail de Romain pour rassembler et agencer cette iconographie souvent inédite et disparate sans que tout cela s’embrouille. Quatre parties structurent son exposé : Fellini et la culture populaire ; Fellini à l’œuvre ; La Cité des femmes et la place de l’homme ; Fellini ou l’invention biographique.

Le moteur intime de la production artistique du cinéaste, ses ressorts, ses soupapes et son carburant sont mis brillamment en lumière froide.

Seuls moments qui cèdent au spectacle dans cette exposition raisonnée, des extraits de films, sans surprises et connus (la célébrissime scène entre Marcello Mastroinni et Anita Ekberg de La Dolce Vita) passent en boucle.

Face à cette démonstration d’érudition visuelle, des nuées de collégiens en visite scolaire et des étudiants prennent des notes. Des retraités aussi. On doit se sentir obligé.

Bonjour l’ambiance fantasmatique, émotionnelle, poétique, outrancière de l’univers fellinien. A la sortie, on n’est pas prêt de courir à la Cinémathèque française voir la rétrospective. Ou faut-il commencer par là ?


Les photographes attendent la vedette sur le plateau de « La Dolce Vita », en 1960 

Fellini a compris la photographie. Il a repéré sa calamité, sa caricature. Elle aura un rôle, une panoplie (flash et scooter), un nom devenu générique d’une profession : paparazzo. Fellini a aimé les photographes.

En 1956 à Paris, Wiliam Klein lui montre son explosif livre, « New-York “ (prix Nadar 1957). Il l’a déjà vu et embarque le jeune photographe comme énième assistant pour son prochain film, ‘ Les Nuits de Cabiria ’. Le tournage est annoncé très retardé. Klein :

‘ Que vais-je faire ? J’ai finalement décidé de rester et pourquoi pas, de prendre des photographies de Rome pour en faire un livre. Comment allais-je réussir à donner un sens photographique à cette ville que je connaissais peu ? Mais là c’est le problème de la photographie en général. J’avais envie de tenter le coup. ’


Rome par William Klein

Le livre ‘Rome’ sort en 1959 aux éditions du Seuil (album Petite Planète). L’impression en héliographie des photos en pleine page renforce le goudron des noirs, le granulé des blancs, le style tout en direct et uppercut de W.K.

La couverture, reproduction d’affiches murales déchirées badigeonnées de larges bandes de peinture, décape le genre. Très recherché par les collectionneurs (il est côté aux environs de 700 euros), ce livre a été réédité cette année en Italie par Contrasto sous le titre ‘Rome+Klein’. Les éditions du Chêne commercialisent aujourd’hui la version française.


Volumes Rome+Klein

Pourquoi ‘Rome+Klein’ ? Le livre a grandi et grossi, toujours sous la direction artistique de l’homme d’image. L’édition est ‘ revue et augmentée ’. La couverture est devenue le coffret de deux volumes.

Le plus mince contient les textes, les notes d’époque de l’auteur, les citations d’écrivains sur la ville. Les photos sont dans l’autre. Seul le format a changé. Le peuple de Rome, dans toutes ses figures, y défile. Federico Fellini rythme les pages et, à côté d’un mannequin, ferme la parade.


Rome par William Klein

‘Fellini, La Grande Parade’ - exposition au Jeu de Paume-Concorde.

► ‘Rome+Klein’ - de William Klein - éditions du Chêne - 2 volumes 25x35 cm -75 euros.

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  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 11h23 le 19/12/2009
    • Internaute 61755

    j’irai voir malgré tout « la grande parade », mais bon là, vous avez refroidi mes ardeurs...est-il possible de rendre fellini chiant ?

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