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des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

A Genève, « La revanche de l'archive photographique »

Publié le 13/07/2010 à 15h40


J.J Lebel l’art de la barricade

Parmi les quelques raisons (honnêtes) d’aller à Genève, il y a celle de se rendre au Centre de la photographie (CPG), installé dans le même bâtiment industriel que le Mamco, pour visiter l’exposition au titre feuilletonnesque : « La revanche de l’archive photographique ».

Là, environ cinquante artistes et institutions servent, par des centaines de photos, documents et vidéos, à étayer un propos radical sur l’esthétique de l’archive photographique, matière dont le CPG s’est fait une spécialité depuis dix ans.

Cette « revanche », c’est celle de milliers de clichés qui, créés pour un sujet, changent d’objet au cours des années. Par exemple, ceux qui d’anecdotiques se révèlent documents historiques, essentiels à la mémoire d’un événement, ou ceux qui passent d’un statut ordinaire à celui d’œuvre d’art.

L’affaire évidemment n’est pas si simple et pour essayer de comprendre par quel mystère une photo migre d’un obscur tiroir d’archives à la lumière de l’Histoire ou des beaux-arts, il faut suivre le raisonnement, rigoureux et strict, très référencé, sorte de manifeste de Jorg Bader, directeur du CPG et concepteur de l’exposition.

Mettre son égo d’auteur photo dans sa poche

On pourrait s’attendre, après ce discours blindé, à la énième exposition conventionnelle d’art contemporain. « La revanche de l’archive » est aussi une revanche sur ces expositions muséales de photographies dites conceptuelles, d’images pour l’image d’où l’on ressort l’œil en ébullition et l’encéphalogramme plat.

L’ambition du projet est de dépasser « ce champ de l’art contemporain », de se situer « dans le champ de recherche appelé dans les pays anglo-saxons “visual culture” qui n’a pas de statut académique dans les pays francophones ».

Comment ? Par une construction artistique qui repose sur « des positions de militantisme politique, d’anthropologie ou de photoreportage » cimentées dans le « style documentaire » hérité de Walker Evans. Ce style, c’est la méthode qui place le photographe dans une fonction de récepteur, met son ego d’auteur dans la poche et rend sa pensée archiviste.


Marcelo Brodsky, « Buena Memoria », 1997.

Ci-dessus, l’essai photographique « Buena Memoria » (1997) de Marcelo Brodsky raconte l’évolution personnelle et collective d’un groupe d’étudiants du Colegio nacional de Buenos Aires, marqué par la disparition de deux de ses membres sous la dictature des généraux.


Claudia Andujar, série « Marcados ».

Claudia Andujar a passé trente ans de sa vie avec les Indiens Yanomani (Amazonie). Etant donné qu’ils ne se donnent pas de nom, les nombres permettent de les identifier, ici pour une campagne de vaccination. Un cliché extrait de la série « Marcados », un polyptyque de douze parties.



Ursula Biemann, série WSWA.

La série documentaire « World Sex Work Archive (WSWA) » d’Ursula Biemann porte sur les mouvements migratoires et leurs conséquences tragiques sur les femmes. Sur cette photo, l’encadré noir rend hommage à la militante Cipriana Jurado Herrera.



Lois Hechenblaikner, série sur le Tyrol.


Lois Hechenblaikner, série sur le Tyrol.

Lois Hechenblaikner a lui découvert un fonds de plus de 10 000 images du Tyrol datant des années 1936. En juxtaposant ces anciennes photos aux images contemporaines de la montagne autrichienne, en diaporama « no comment », il montre la « marchandisation » d’une société montagnarde.

Figurent aussi dans l’exposition des artistes plus « célèbres » tel Christian Boltanski et sa série des « Suisses morts » qui retrouve ici toute sa force,
Jochen Gerz
avec son « 12 fois la santé » ou l’impossibilité de photographier régulièrement la prison, et, inévitablement, Bernd et Hilla Becher.

L’art, courroie de transmission des changements de la société

Cette exposition porte une critique radicale au « bon goût » photographique et
à l’absence de critique en photographie. Elle se veut « dans la lignée des avant-gardes historiques », avec « la conscience ardente que l’art est une courroie de transmission pour des changements de société ».

Si aujourd’hui la photographie et l’image sont une religion dont Arles, en ce moment, serait le Saint-Siège avec ses pompes et sa débauche d’œuvres, ici, à Genève, cité de Calvin, dans l’austère Centre de Photographie, c’est plutôt la Réforme.

► La revanche de l’archive photographique exposition au Centre de photographie de Genève 28, rue des Bains CH –Genève - jusqu’au 31 juillet - tél. + 41 22 329 28 35 - fax. + 41 22 320 99 04.

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  • Langlois-
    Langlois-
    Assise
    • Posté à 15h56 le 13/07/2010
    • Internaute 118003
      Assise

    « la conscience ardente que l’art est une courroie de transmission pour des changements de société ».

    Arf ! Si c’est vrai, la société actuelle est condamnée, puisque toute les oeuvres viennent du passé ! Vive l’Ancien Régime, hein !

    « la photographie et l’image sont une religion dont Arles, en ce moment, serait le Saint-Siège avec ses pompes et sa débauche d’œuvres »

    Etrange.

    • tiloo87
      tiloo87 répond à Langlois-
      • Posté à 17h13 le 13/07/2010
      • Internaute 48763

      Coucou !

      A quand remonte la « dernière » oeuvre d’art connue, selon vous ?

      • Langlois-
        Langlois- répond à tiloo87
        Assise
        • Posté à 08h11 le 15/07/2010
        • Internaute 118003
          Assise

        Vous connaissez le mot : « La musique du XXéme siècle, c’est celle du XVIIIéme ! »

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 03h58 le 14/07/2010
    • Internaute 89071
      non connue

    « Parmi les quelques raisons (honnêtes) d’aller à Genève, il y a celle de se rendre au Centre de la photographie »

    C’est bien connu, les gens qui vont à Genève y vont le plus souvent pour des raisons malhonnêtes. C’est bien connu, tout ceux qui ont de l’argent en Suisse cherchent à échapper au fisc, c’est pas comme si les banquiers suisses étaient également convoités pour les rares bon banquiers du continent européen. D’ailleurs, ce n’est pas eux qui ont fondé la banque de France ?

    C’est bien connu, Genève c’est d’abord les banques et les méchants riches, pas la ville des droits de l’homme, du droit humanitaire, de l’ONU, du CICR, de Rousseau, de Calvin.

    Il y a tellement peu de raisons de s’y rendre pour des raisons honnêtes...d’ailleurs, la majorité des français qui passent la frontière tout les jours le font pour des raisons douteuses, pas pour aller travailler et ensuite payer des impôts en France.

    Parenthèse stupide et inutile de l’auteur, si ce n’est pour montrer au lecteur que lui aussi, c’est un imbécile pour qui Suisse rime uniquement avec paradis fiscal. Clap clap.

    • Louis Mesplé
      • Posté à 11h02 le 14/07/2010
      • Journaliste 4952
        Rue89

      Et si les quelques raisons honnêtes (pluriel) étaient parmi celles que vous avez citées (Calvin est en lien) ?

      Et si je n’avais parlé que de Genève ?

      Et si ce n’est vraiment pas le sujet ?

      Liberté, Égalité, Fraternité, 14 juillet oblige.

  • Jo Liqueur
    Jo Liqueur
    pilier de bar
    • Posté à 08h50 le 14/07/2010
    • Internaute 86549
      pilier de bar

    Associé Genève et la Suisse à la malhonnêteté, de façon automatique et quasi Pavlovienne, démontre,si c’était encore nécessaire,votre vision caricaturale du monde, faite toute de clichés éculés, d’apriori et de préjugés.
    De la part d’un beauf anisé, on peut comprendre, mais que des journalistes et des politiques en soient encore à ce niveau de crétinisme est désespérant !
    associé Suisse et argent est aussi réducteur et raciste que d’énoncer que les noirs ont le rythme dans la peau, que les Ecossais sont pingres et que les Chinois sont fourbes et cruels.
    Et moi, si je vais à Paris, c’est pour aller aux putes et aux Folies Bergère ?

    • ElTitouBolivar
      ElTitouBolivar répond à Jo Liqueur
      InsomniaK
      • Posté à 09h20 le 14/07/2010
      • Internaute 53845
        InsomniaK

      Quand je vais à Genève, c’est pour le chocolat... C’est mal ? ..
      Hey, Jo...quand tu viendras à Paris, fais-moi signe, je te donnerai quelques adresses « malhonnêtes »...

  • rhalala
    rhalala
    regardeur
    • Posté à 12h52 le 14/07/2010
    • Internaute 119563
      regardeur

    Associer Suisse et Genève serait aussi une faute, uh uh uh !

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