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des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

Les ados en photo de Larry Clark interdits aux ados parisiens

Publié le 07/10/2010 à 12h38

Vendredi s’ouvre au musée d’Art moderne de la ville de Paris (MAM) la rétrospective Larry Clark. L’exposition sera interdite aux moins de 18 ans.

C’est une « décision collective » dit Christophe Girard, adjoint à la culture à la Mairie de Paris, prise par les responsables administratifs et culturels de la Ville, Bertrand Delanoë en tête, devant des images qui tomberaient sous le coup de la loi du 5 mars 2007. (Voir le diaporama)

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A l’annonce de cette autocensure inédite dans un musée d’art contemporain, seul le groupe des Verts au Conseil de Paris a fait part de sa réprobation.

En s’étonnant, comme beaucoup, que dans les domaines artistiques, la censure « ne s’applique pas a priori, elle ne peut intervenir qu’en cas de plainte a posteriori ».

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Qui est Larry Clark ?

En 1971, le livre « Tulsa », du nom de la ville natale de Larry Clark, est un choc au-delà du visuel. Cet ouvrage, en noir et blanc, au grain épais, décrit, à partir de 1963, les dérives d’une jeunesse américaine qui use du sexe, abuse de la drogue, et joue avec les armes.

Cette narration brute et brutale d’un univers marginal vu de l’intérieur, photographies « à bout portant », bouleverse les lecteurs de cette monographie.

Ils découvrent des filles et des garçons de l’Amérique profonde, en Oklahoma, désoeuvrés dans un vide déjà « no future ».

Pour parvenir à ce portrait de groupe empreint de pathétique sans moralisme, de scènes crues sans être spectaculaire, Larry Clark a enregistré la vie des autres, comme si c’était la sienne, au milieu d’eux, dans la confiance, la complicité de l’âge, du lieu.

La couv choc de Libé

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Diffusée sur Internet dès mercredi soir, la couverture choc du Libération daté de jeudi était très commentée, notamment sur Twitter.

Le titre (’Interdit aux moins de 18 ans”) et l’image choisie devraient en tout cas la mettre en bonne place des unes qui ont marqué l’histoire du quotidien... et ses lecteurs.

Dans un droit de réponse publié sur son blog, Christophe Girard ironise notamment sur “la sélection très chaste” de photos, insinuant que le journal n’a pas pris de risque d’être poursuivi, et dénonce une “présentation partielle de la réalité.” Y.G.

Ce début est le socle de toute son œuvre :

“Lorsque dans les années 60, j’ai commencé à prendre des photos des gens autour de moi, je me fabriquais ma propre mythologie, mon propre univers.

Il s’agissait déjà d’un mélange entre réalité et fiction, entre ce que je voyais devant moi et ce que je voulais formuler à partir de cette réalité.”

Plus tard, c’est le film “ Kids ” et toujours le monde dérivant des adolescents américains que les moins de 18 ans ne pourront pas connaître, ou plutôt reconnaître, au MAM.


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Pourquoi cette interdiction ?

Les livres de Larry Clark sont dans les bibliothèques, ses films projetés (avec certes interdictions au moins de 16 ans), ses séries exposées depuis longtemps, dont, amplement, de novembre 2007 à janvier 2008, à la Maison européenne de la photographie, sans problèmes.

Alors, c’est quoi le problème ? Toujours des photos “ à caractères sexuels ”. Fabrice Hergott, le conservateur du musée en voyait dix dans une interview à France Inter, le 4 octobre). Pour les éditeurs de Paris-Musées, qui en ont courageusement délégué l’impression à la galerie londonienne de Larry Clark, il y en aurait six...

La directrice générale, Anne Fontaine est plus explicite. Dans Le Monde du 18 septembre, elle déclare :

“On ne peut ignorer qu’il y a dans le livre des photos à caractère pédophile et pornographique.”

On est sidéré devant ces affirmations toutes subjectives livrant à d’éventuels et obscurs plaignants des supposés chefs d’accusations !

Le maire de Paris Bertrand Delanoë ne veut pas faire “courir le risque (d’être embastillé) au conservateur et aux commissaires” (Le Monde du 4 octobre)

Et de rappeler l’affaire (encore non classée) de l’exposition “ Présumés innocents ” en 2000 à Bordeaux où, après un non lieu en mars dernier, l’association plaignante s’est pourvue en cassation.

D’autres arguments tout aussi spécieux voudraient justifier cet interdiction :

  • le contexte “ idéologique ” et “ juridique ” a changé (Bertrand Delanoë). Mais n’est-ce pas dans ces contextes propices au retour de l’ordre moral qu’il faut maintenir les principes de liberté d’exposition (donc d’expression) des artistes ?
  • c’était “ le seul moyen de montrer l’intégralité de l’oeuvre ” (Fabrice Hergott)

Tout cela accompagné d’hommages appuyés à Larry Clark “ l’immense artiste ” (faut pas exagérer tout de même).

Quant à lui, il semble en colère : “ C’est une attaque des adultes contre les ados ” et, devant les suspicions d’ambiguïtés de son oeuvre il suggère ironiquement de l’interdire... aux plus de 18 ans.

Cette boutade montre bien que l’on ne sait pas au fond s’il est question du regard d’un ado sur un autre à poil et sexe en l’air, ou d’autres, préjugés concupiscents, d’un adulte sur un ado. Comme dans tous les cas de censure, on touche au ridicule.


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Quelles conséquences aura cette autocensure ?

Cette autocensure ou censure préalable est inquiétante. Jusqu’à présent, le musée est une zone sanctuarisée ouverte à tous où chacun peut juger de la détermination de l’artiste et des aspects qu’elle prend dans son oeuvre.

A l’avenir, les programmateurs les commissaires d’expositions, vont, avec ce signal officiel, soit préventivement ne plus exposer des oeuvres “ à caractères sexuels ” (où cela va t-il commencer ?), soit distribuer à tout va des cartons d’interdictions.

Du côté des artistes, les protestations commencent à affluer, avec notamment un communiqué signé de professionnels de l’art contemporain.

“A l’avenir”, a dit Christophe Girard sur de multiples médias et lors d’un débat sur Arrêt sur images, “il faut se battre pour modifier la loi de 2007. Puisque la loi est devenue très sévère, soyons radicaux !”

On va voir ce qu’on va voir !

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  • Aravouego
    Aravouego
    Pion en ZEP
    • Posté à 12h45 le 07/10/2010
    • Internaute 102928
      Pion en ZEP

    Je ne savais pas que c’était Christine Boutin la maire de Paris...

  • mezneth
    mezneth
    Onomatopée antropomorphe
    • Posté à 12h54 le 07/10/2010
    • Internaute 70709
      Onomatopée antropomorphe

    Et le louvre avec toutes ses femmes nues et dévêtues, c’est pour quand ?
    Sur myspace, ils censurent les dessin de nus et si on veut mettre ses dessins il faut rajouter des petites étoiles sur le sexe et les têtons.
    Vont ils faire pareil pour les toiles du louvre et du musée d’orsay, comme d’autres abrutis, en leur temps, qui cassaient systématiquement tous les sexes des statues grecques et romaines ?

  • rrrobotom
    rrrobotom
    Sea lover
    • Posté à 12h57 le 07/10/2010
    • Internaute 70782
      Sea lover

    Et s’il la mettait sur Internet, comment vont ils contrôler les visiteurs à moins de 18 ans ? Les ados voient autant sinon plus de films pornos que les adus. Cette restriction est absurde, elle a été imposée juste pour faire plaisir à quelques conservateurs à l’esprit rouillé. J’en ai vu quelques extraits elle met en exergue ce que les ados font en cachette.

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