On est là pour voir

des photos de toutes les couleurs, et aussi des vertes et des pas mûres

Au Salon Paris-Photo : « Entrée d'Angoisse » 8600 euros

Publié le 10/11/2011 à 13h45

Cela vous évoque quoi, l’idée d’un petit village en Dordogne, dans le Périgord ? A quelque chose près, un trou de verdure riant, coincé entre cèpes, truffes, foie gras et autres bontés divines. Sauf s’il se nomme Angoisse.

Qu’est-ce que vous en dites ? Ah, vous changez de chaîne. Vous n’y croyez pas. Eh bien ce village existe bien sous ce nom, sur la départementale 704. Et voici la photo avec son panneau d’entrée.


Angoisse, Entrée d’Angoisse, 2001, tirage couleur 100x100cm (Courtesy Succession Edouard Levé et galerie Loevenbruck, Paris)

Cette photo vaut 8600 euros. Elle est visible au Salon Paris-Photo qui s’ouvre au Grand Palais ce jeudi, sur le stand (A 38) de la Galerie Loevenbruck, jusqu’à dimanche.

Elle fait partie d’une série réalisée par Édouard Levé (1965-2007), photographe et écrivain (aux éditions P.O.L), obsessionnel éclectique, spécialiste de la déperdition du sens, du « ketchup au suicide » , qu’il a réussi.

Exemples : série Pornographie, série Rugby , (où l’on joue en tenue de ville et sans ballon) . Angoisse tirerait son nom de l’occitan « engoissa », ce lieu jouxtant, au Moyen-Âge, une léproserie. On comprend mieux.

Ce qui ne change pas l’effet détonnant du panneau et le prix de la photo (faite en cinq exemplaires, il en reste deux en vente).


Angoisse, Angoisse de Nuit, 2000 Photographie couleur. 100 x 100 cm, 12 000 euros (Courtesy Succession Edouard Levé et galerie Loevenbruck, Paris)

C’était trop tentant. On a demandé à une psychanalyste, Yolande Finkelstajn, par ailleurs rédactrice en chef des « Cahiers de la photographie » de l’UPP son avis :

« Il me semble que c’est la première fois que nous nous trouvons face à un effet aussi réussi de création d’une image par empêchement du déroulement habituel de la pensée.

En général ce genre d’image ressemble à un bon jeux de mot et apporte plaisir ou étonnement. Dans le cas de Godard ou quelques autres, l’ effet de sens surgit de la collision de deux images qui a priori n’ont rien à faire ensemble.

Mais là nous sommes dans une situation inédite : l’écart entre la chose et sa représentation est si grand, que l’image naît de cet écart – l’image, non pas la photographie ! Le mot Angoisse est tellement incapable de représenter la chose donnée à voir, qu’il se met à vivre pour son propre compte, rendant tout mouvement, franchissement, traversée, impossible.

Ce Village est à proprement parler Infranchissable, car c’est l’Angoisse qui en barre l’accès tout comme en termes physiologiques l’angoisse barre l’accès à un sujet à toutes ses ressources habituelles – et même la fuite ou l’évitement. Un Village non-traversable et qui cependant existe….. ».

Bon, mais on peut le traverser tranquillement et la série d’Édouard Levé montre aussi l’épicerie, l’école, l’église, la discothèque, etc. Un vrai village où l’on doit vivre bien et y passer des vacances paisibles tout en envoyant des cartes postales qui ne manqueront pas de faire sourire bizarrement le destinataire.

Dernière précision : le gentilé d’Angoisse. Autrement dit, comment s’appellent ses habitants (env. 900). Les angoissins, les angoissassins ou les angoissés ?

Les angoissais.

Y a t-il un psy. (néo-rural) à Angoisse ?


Angoisse, Sortie d¹Angoisse, 2000 Photographie couleur, 100x100 cm. (Courtesy Succession Edouard Levé et galerie Loevenbruck, Paris)

Infos pratiques
"Angoisse"

Le livre est paru en 2002 aux éditions Philéas Fog.

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  • 56 réactions
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  • Zu
    Zu
    http://www.jcarretero.eu
    • Posté à 14h12 le 10/11/2011
    • Internaute 23430
      http://www.jcarretero.eu

    Et donc ce serait cette pseudo explication infranchissable qui justifierait ce prix exorbitant ? Pour une photo que n’importe quel touriste de passage qui n’a pas ses entrées chez Loevenbruck mais qui sait un tant soit peu faire une mise au point pourrait prendre lui-même ?

    Le marché de l’art est à gerber.

    • Harry_Cover
      Harry_Cover répond à Zu
      • Posté à 18h28 le 10/11/2011
      • Internaute 161279

      Complètement !
      A ce prix là, je vais la faire moi même, quitte à pousser le vice et attendre une nuit pluvieuse...

      • lonesome
        lonesome répond à Harry_Cover
        un parmi tant d'autres
        • Posté à 19h07 le 10/11/2011
        • Internaute 165032
          un parmi tant d'autres

        Sauf que voilà vous ne l’avez pas fait et n’en avez même jamais eu la moindre imagination et intuition de le faire... sinon cela ne vous choquerait pas de vendre votre création à ce prix (d’ailleurs vous faites une confusion commune, le plus souvent ce n’est pas l’artiste qui décide en premier lieu et seul du prix d’une de ses oeuvres, mais un circuit beaucoup plus complexe de décideur.
        Est contemporain tout art actuel interrogeant et s’inscrivant dans sa contemporanéité. je ne pense pas au regard de la platitude de votre analyse que vous en maîtrisez toutes les subtilités et variétés pour émettre un jugement de valeur sur l’art contemporain assez pertinent pour avoir une quelconque valeur. Au plaisir de vous croiser peut-être un jour dans une galerie où l’art vivant s’exprime...

         
        • Harry_Cover
          Harry_Cover répond à lonesome
          • Posté à 20h54 le 10/11/2011
          • Internaute 161279

          Non, je n’ai jamais eu connaissance de ce bled, c’est tout.
          Effectivement, ce n’est pas l’artiste qui a décidé du prix de l’oeuvre, puisqu’il est mort il y a 4 ans, ayant poussé le génie jusqu’à inclure son propre suicide dans sa carrière artistique. Dans la composante technique de l’art contemporain, il y a du bon et du foutage de gueule. Après l’interprétation de l’oeuvre est du ressort de celui qui la regarde.
          Sur ce, je vous laisse jouir devant un monochrome de whiteman (et asseyez-vous sur votre condescendance, ça vous aidera peut-être)

        • Zu
          Zu répond à lonesome
          http://www.jcarretero.eu
          • Posté à 21h29 le 10/11/2011
          • Internaute 23430
            http://www.jcarretero.eu

          Je vous prierais de me garder de votre suffisance et de vos jugements à l’emporte-pièce sur ma personne, que vous croyez pouvoir connaître assez en lisant un message de quatre lignes et demi.

          Je fais moi-même des photos et je crois bien que je serais incapable d’en vendre une à ce prix un jour, bien que je sache parfaitement que le tarif ne soit pas du seul fait de l’artiste. A ce sujet, vous semblez vous plaire à me faire dire ce que je n’ai pas dit. J’ai bien dit que le marché de l’art était à gerber et je le maintiens. Je n’ai parlé ni de l’artiste ni de l’art contemporain en particulier.

          Votre message drapé dans sa suffisance - on y revient, ce terme me paraît terriblement adéquat : la leçon du bon maître sur l’art contemporain, la défense avec le verbe haut des galeries et de l’art vivant, ces points de suspension qui montre toute l’ouverture et la mansuétude du professeur pétri de grands savoirs, amen mon père, grande élite intellectuelle - ne semble donc pas s’adresser à moi.

          Néanmoins je me permettrais de tirer un peu à moi votre soierie de fatuité - allez, on change - pour vous inoculer ces interrogations : la société dans son ensemble ne devrait-elle pas pouvoir accéder à l’art, quel qu’il soit ? Les critères actuels de valorisation monétaire d’une oeuvre mis en place par « des circuits beaucoup plus complexes de décideurs » - et s’ils décident, c’est qu’ils savent, n’est-ce pas ? - ces critères, donc, ont-ils, ne serait-ce que de loin, quelque chose à voir avec l’art ? Et pour tout vous dire, oui je trouve cette idée, pardonnez, cette intuition, pauvre. Je ne l’ai certes pas eu moi-même, mais peut-être bien que si je l’avais eu je me serais gardé de la mettre en oeuvre et de devoir aller expliquer ensuite que je la vends à 8600€ chez Loevenbruck.

          Mais pardonnez mon ignorance des subtilités et variétés qui me donneraient accès au droit supérieur de pouvoir avoir un avis sur une oeuvre ou sur son prix. Ces choses-là ne sont pas réservées à tout le monde, où avais-je la tête. Tenez, reprenez vite votre somptueuse parure mon seigneur, et pardonnez les délires et autres fantasmes d’un gueux.

          Je vais d’ailleurs reprendre le langage qui sied à mon statut de gueux imbécile sur le champ. Monsieur, si vous voulez mon simple avis, vous vous branlez un peu trop la nouille en cercle fermé. C’est pas bien bon pour la circulation, vous devriez faire attention. Moi j’dis ça, c’est pour rendre service. Bien le bonjour à votre dame.

        • kkadim
          kkadim répond à lonesome
          service public rhone alpes
          • Posté à 08h14 le 11/11/2011
          • Internaute 24768
            service public rhone alpes

          vous m excuserez pas sans doute : autant votre premiere paragraphe peut trouver grace, mais le deuxiéme n’est qu’un ramassis de charabia méprisant et habituel pour justifier les 90% ( et encore je suis généreux ) de productions ineptes du soit disant « art » contemporrain.
          ah mais j’oubliais, je ne fais pas parti du cénacle qui posséde « les subtilités » pour émettre un « jugement de valeur ».......

        3 autres commentaires
    • myosotis_lys
      myosotis_lys répond à Zu
      Maman chat au foyer
      • Posté à 20h30 le 10/11/2011
      • Internaute 89449
        Maman chat au foyer

      Sinon en Moselle on a : Boucheporn, L’Hôpital, Porcelette... Je serais milliardaire si je prenais ces panneaux en photo !

    • Sharl
      Sharl répond à Zu
      icietla
      • Posté à 12h34 le 11/11/2011
      • 175419
        icietla

      Tant qu’il se trouvera quelqu’un prêt à dépenser autant pour exister...
      Les nouveaux riches, faute de passé, s’achètent un présent futile justement pour exister et s’imposer.
      Le vrai prix d’une chose restera toujours celui que quelqu’un peut y mettre. Chacun existe comme il peut.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 14h15 le 10/11/2011
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « Cette photo vaut 8600 euros. Elle est visible au Salon Paris-Photo
    qui s’ouvre au Grand Palais ce jeudi...
     »

    Désolé de n’être pas suffisamment amoureux d’insolite, et de trouver plutôt que seul un imbécile paierait une telle photo à ce prix là... à savoir 8 600 €uros.

    Mais comme disent certains margoulins,... « tant qu’il y a des cons pour payer ! »

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 14h30 le 10/11/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Entrée d’Angoisse » 8600 euros

    ► Objectivement, faut être complètement flashé pour foutre 8600 euros dans cette photo faisant un peu cliché.
    Avec un champ qui manque de profondeur, même en diaphragmant à fond dans l’indulgence.
    Rien de bien canon, ou je ni-konnais rien

    • A déménage le 14-03-2012
      • Posté à 15h54 le 10/11/2011
      • Internaute 98050

      Bonjour Pierrrrre,

      Ca c’est de la mise au point.
      Se focaliser sur le prix décuple l’angoisse.
      Vu sous cet angle, le photographe a atteint son objectif.

    • Redroom
      Redroom
      La V2, une grosse merde.
      • Posté à 16h45 le 10/11/2011
      • Internaute 23589
        La V2, une grosse merde.

      En effet, j’y suis passé 800 fois peut-être à Angoisse et la traverser est toujours assez particulier, c’est le nom qui fait que, cette photo n’a absolument rien d’extraordinaire, je pourrais en prendre des centaines mille fois mieux sans être photographe mais bon c’est la contrepartie de l’art moderne, le premier qui a l’idée récolte la tune, dommage on ne sait plus où se trouve l’art du coup...

  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 14h30 le 10/11/2011
    • Internaute 50571
      chien de talus

    hé hé gros malin.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h33 le 10/11/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Je sais pas ce qui me fait le plus reculer...

    Qu’on puisse payer 8600 balles pour une pauvre photo. D’accord c’est amusant, mais bon, il doit y avoir des centaines de types qui ont déjà pris cette photo.

    Ou alors qu’on soit capables d’écrire autant de foutaises délirantes pour un simple panneau.
    Ce qui bloque le déroulement de ma pensée, c’est de comprendre comment on peut oser raconter autant nawak pour une simple photo marrante. Parce que je peux pas m’empêcher de me demander où je peux trouver la même came que la fausse psy.

    « Cela vous évoque quoi, l’idée d’un petit village en Dordogne, dans le Périgord ? »
    L’ennui, profond et absolue. C’est pas pour rien qu’ils y font pousser plein de cannabis, plein d’alcool et plein de bouffe, faut bien meubler la solitude : D

    • Jerome_B
      Jerome_B répond à Keldan
      • Posté à 14h45 le 10/11/2011
      • Expert 81512

      « “ Cela vous évoque quoi, l’idée d’un petit village en Dordogne, dans le Périgord ?”
      L’ennui, profond et absolue. C’est pas pour rien qu’ils y font pousser plein de cannabis, plein d’alcool et plein de bouffe, faut bien meubler la solitude : D »

      Toi, t’es un citadin ...... moi, c’est plutôt un boulevard pollué, bouché avec 50 coups de Klaxon à la seconde qui me provoque ce genre de réaction ...... chacun son truc .......

    • Redroom
      Redroom répond à Keldan
      La V2, une grosse merde.
      • Posté à 16h50 le 10/11/2011
      • Internaute 23589
        La V2, une grosse merde.

      « Ou alors qu’on soit capables d’écrire autant de foutaises délirantes pour un simple panneau. »

      Sors moi la photo d’une merde dans un caniveau par exemple et je te sors le commentaire adéquat... : -) Notre société a tué le langage et du coup chacun lui fait dire ce qu’il veut et chacun comprend ce qu’il veut aussi, vaste bordel, c’est pas un thème philosophique pour rien...

      « faut bien meubler la solitude »

      Non tu sais bien que la solitude elle n’est pas à la campagne mais en ville, nous on a du temps à partager et plus la ville est grande plus l’est la solitude...

    • michel 13
      michel 13 répond à Keldan
      • Posté à 17h08 le 10/11/2011
      • Internaute 49378

      Pour faire un tel commentaire sur une photo archi banale la psy a dû en fumer de la bonne qui lui permet d’atteindre une zone de délire difficilement accessible !

  • nicolaslemagnifique
    nicolaslemagnifique
    Auteur Compositeur
    • Posté à 14h42 le 10/11/2011
    • Internaute 170552
      Auteur Compositeur

    Moi je préfère les villages de la Corrèze, du genre : « Macouilleux » ou « La Bitarène du Gros Chastang »

    • Redroom
      Redroom répond à nicolaslemagnifique
      La V2, une grosse merde.
      • Posté à 17h01 le 10/11/2011
      • Internaute 23589
        La V2, une grosse merde.

      Millevaches, st merd les oussines, saint merd de lapleau, saint julien aux bois (rien de marrant mais il s’y est passé de drôles de truc là bas...), saint cirgues la loutre, puy d’arnac, madranges, lostanges, Lascaux, curemonte, chirac bellevue, arnac pompadour.

      C’est petit la corrèze, l’avantage c’est qu’on en a fait vite le tour... : -)

  • leeway
    leeway
    encombreur de routes
    • Posté à 14h50 le 10/11/2011
    • Internaute 156133
      encombreur de routes

    Dernière photo :
    Un nain se sauvant après avoir volé un vélo et presque tous les Français

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 14h51 le 10/11/2011
    • Internaute 55044
      trouveur

    Si j’étais psy, j’afficherais la dernière photo « Angoisse, sortie d’angoisse » sur la porte de la salle d’attente.
    Mais je l’achéterais 3 à 10 € selon la grandeur du format.
    Ce prix de 8600 € m’angoisse. Serions nous dans une civilisation où pour certain la connerie n’a pas de limite, financièrement parlant ? Ou suis-je radin ?

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 14h55 le 10/11/2011
    • Internaute 25388
      sur le fil

    Le prix fait parti de l’oeuvre, 8600 euros pour une vilaine photo qu’une psy rive- gauche rame a défendre...ca fout les jetons ; bref, j’angoisse.

  • Xavtak
    Xavtak
    Père de famille, bobo, parisien
    • Posté à 15h07 le 10/11/2011
    • Internaute 14855
      Père de famille, bobo, parisien

    À ce prix-là, on peut s’acheter un (très) bon appareil photo, deux journées de congés sans solde, un aller-retour en train vers le Périgord (en première, s’ils vous plait), une nuit sur place ou dans les environs dans un hôtel 4*, et pour finir un agrandissement au format 100x100.
    On a exactement la même chose au final, peut-être même en mieux. En plus, on a vu du pays, on s’est détendu et on a un nouveau joujou.

  • Danís
    Danís
    Village des schtroumpfs
    • Posté à 15h08 le 10/11/2011
    • 175381
      Village des schtroumpfs

    Je ne sais pas ce qui me gêne le plus dans cet article. Pas le prix, certes, élevé, d’une photo même pas belle, après tout si quelqu’un veut l’acheter, ça le regarde. Pas le raisonnement capillotracté de la (pseudo ?) psy sur une « angoisse » qui n’a pas lieu d’être.
    Moi c’est plutôt le ton condescendant de l’article, où les vrais clichés sont dans les mots et pas dans les images. « Un trou de verdure riant, coincé entre cèpes, truffes, foie gras et autres bontés divines ». Un trou perdu, voire un trou du ***, mais qui, province oblige, est « riant », il ne souffre pas des tourments psychiques dont nous, intelligentsia parisienne, souffrons. On n’a jamais vu des ploucs être dépressifs, voyons... Voilà ce qui en réalité vous surprend : que l’« angoisse » soit associée non pas à la ville mais à un village qui, pour vous, reste et restera un village de carte postale. Vous le dites d’ailleurs, voilà un village où l’on peut (mais faut en vouloir) vivre, mais où l’on vient surtout passer ses vacances... d’ailleurs, les métiers intellectuels (le psy par exemple) sont exercés par des néos-ruraux... Je vous signale qu’il y a quand même des gens, angoissais mais pas forcément angoissés, qui vivent dans ces trous paumés. Il y en a même qui ont fait des études. Et il y en a même qui savent ce que vous auriez pu aussi apprendre en 2 clics sur la toile, que le nom d’Angoisse vient bien de l’occitan « Engoissa », et que cela désigne un passage étroit. Là, on comprend mieux.

    • Louis Mesplé
      Louis Mesplé répond à Danís
      Rue89
      • Posté à 16h19 le 10/11/2011
      • Journaliste 4952
        Rue89

      Ayant quelques notions d’occitan, et cherché les acceptions d’engoissa, je n’ai guère trouvé ce « passage étroit “ mais toujours ‘pas cap de resultat’ ; mais j’ai pas du bien chercher, je vous crois.
      Quand à la condescendance dont ce texte pourrait être truffé, croyez bien qu’il s’agit de votre perception. J’ai essayé de commenter cette série avec la même distance humoristique avec laquelle elle a été réalisée et les clichés comme ‘trou de verdure’ (Rimbaud) , riant, ne sont pas pour moi des illustrations définissant des lieux ‘de cartes postales’.
      Quand à l’opposition Paris-Province (on dit Région,il paraît , maintenant) excusez moi, mais c’est dépassé depuis l’ére du TGV et je vous conseille d’aller dans le Tarn, le Lot, l’Ariège etc. et des villages où vous verrez aussi et heureusement des expériences d’art contemporain (centres d’art, résidences, etc.) qui relativiseront vos suppositions sur les oppositions entre la ‘capitale’ et le reste du pays, et leurs habitants.

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Louis Mesplé
        - Gone fishing !
        • Posté à 18h13 le 10/11/2011
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Entre autre....

        Lien

        A noter que la patronne possède une des plus grande collection privée des oeuvres de Michaux......

      • emmanuel24
        • Posté à 18h43 le 10/11/2011
        • Internaute 39678

        cela viendrait plutôt de « fanga »,la boue d’après mon dico toponymique,et qui donne également d’autre lieux dits,hanga, angos,angous.Mais bon, c’est nous les ploucks ?
        « ce lieu jouxtant, au Moyen-Âge, une léproserie. On comprend mieux. »
        On comprend surtout que la facilité ne vous fait pas peur. Il y a un trésor public et une gendarmerie,dans 100 ans un abruti dira,« je comprends mieux »

  • kouni
    kouni
    Voyageur
    • Posté à 15h12 le 10/11/2011
    • Internaute 167695
      Voyageur

    Question à l’auteur de l’article : la psychanalyste vous a-t-elle paru croire à sa logorrhée verbale ?
    J’ai du mal à le concevoir.
    Assez classique, l’expert intellectualise la moindre chose pour forcer les gens à se soumettre à lui et à sa science : il crypte autant qu’il décrypte. « J’ai la clef, suivez-moi ! »

  • CHLOE75017
    • Posté à 15h19 le 10/11/2011
    • 175382

    Ah ! Moi qui suis originaire du Périgord, pourquoi n’ai-je jamais pensé à prendre ce p... de panneau en photo ? Il y a aussi « Tue femme » ça marche ?

  • Louis Mesplé
    • Posté à 15h30 le 10/11/2011
    • Journaliste 4952
      Rue89

    Pour calmer le tir (et les clichtons) et réfléchir autrement sur cette photo.
    Cette photo est issue d’une série d’un artiste, d’un écrivain, d’un photographe. Elle est dans un Salon , Paris Photo aux côtés d’images qui valent entre quelques centaines d’euros à plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est le marché de l’art. Pour d’autres photos , apparemment « faciles “ et encore plus chères vous pourriez également dire ce qu’on entendait sur les peintures de Picasso : ‘mon enfant pourrait le faire’. ..mais il l’a pas fait.
    Reste que l’artiste et son expression révèle au delà des apparences et en l’occurrence , feu Édouard Levé , avec cette série et les autres a montré le jeu des associations absurdes et la distance entre les mots et les choses.
    Et la psy. n’est pas de la rive gauche. comme quoi, les clichés...

    • emmanuel24
      • Posté à 18h46 le 10/11/2011
      • Internaute 39678

      Alors il n’y a qu’a photographier des Picassos...

    • kouni
      kouni répond à Louis Mesplé
      Voyageur
      • Posté à 19h12 le 10/11/2011
      • Internaute 167695
        Voyageur

      Le marché de l’art assimilant l’artiste à une marque, il n’est pas nécessairement intéressé par la qualité d’un travail à partir de l’instant où celui-ci a déjà été labellisé, assimilé à l’Oeuvre de l’artiste et ainsi accrédité a priori.
      C’est pour cela que vous vous égarez en disant que le mérite est de l’avoir fait. Mille autres l’ont fait auparavant, avec peut-être même plus de réussite. Le mérite de Levé (dont j’apprécie par ailleurs le travail) est simplement d’avoir fait de belles choses à d’autres occasions, et cette aura englobe le tout aux yeux du marché. Cela ne fait pas de cette série-là une réussite en elle-même.
      J’ai un ouvrage de Peter Knapp, rempli de beaux clichés. Mais, entre deux réussites on peut tomber ici et là sur une série de croûtes vides de sens. La légende, masturbation intellectuelle atterrante et dithyrambique, est écrite par un(e) psychanalyste. On cède au règne des experts pour colmater les brèches, c’est assez classique.
      Quand un artiste produit une chose dont la beauté est désincarnée ou fantasmée, l’oeuvre est irrémédiablement vide : c’est pourquoi le spectateur en se penchant sur l’objet, s’approchera d’un miroir, n’y voyant fatalement que le reflet de ses propres démangeaisons intellectuelles.

  • Duluoz
    Duluoz
    Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R' (...)
    • Posté à 16h44 le 10/11/2011
    • Internaute 161602
      Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R' (...)

    Serais je attaqué en justice par la « Succession Edouard Levé et galerie Loevenbruck, Paris » si je prends la même photo et que j’essaye de la vendre, ou bénéficierais-je moi aussi de la « Courtesy » de ces braves personnes ?

    Remarquer par chez moi il ya un bled dénommé « Le Sale Village » dont j’ai déjà photographié pour rigoler le panneau indicateur. je suis con moi aussi de rire avec ça, c’est de l’argent !

    Dernière interrogation légitime : quid du gros malin qui subtilisera l’objet de la photographie pour en faire un éventuel objet de commerce artistique, dans la cadre rassurez vous tous d’une démarche plus globale et personnelle de l’artiste qui collectionnerait les panneaux de communes aux noms rigolo pour je cite « montrer le jeu des associations absurdes et la distance entre les mots et les choses », un peu comme d’écrire le mot vert en encre bleu sur un panneau ? en plus cher...

  • Melinster
    Melinster
    Pédant galvanisé
    • Posté à 16h11 le 10/11/2011
    • Internaute 61559
      Pédant galvanisé

    Ca une photo a 12 000 Euros ? ? On se fout de qui ? Et y’en a pour acheter ? Incroyable.

    La photo en elle-meme ne vaut pas grand chose a mon humble avis : mauvaise compo, pas de recherche particulière, on peut sortir des sentiers battus pour faire ressentir quelque chose au spectateur, mais la on dirais la photo banale du gars de passage avec son Iphone, et on ne ressent rien. Cette photo ne me parle pas. D’ailleurs il doit exister un paquet de photo identiques, voir mieux, faites par un gars de passage lambda qui, lui, ne pourra pas la vendre au meme prix.

    Et alors voila qu’a cette photo lambda on est alle chercher des explications abracadabrantes sur le rapport infranchissable a la banalite etc etc... ouais on peut jouer ce genre de jeu avec n’importe quelle photo. Ce qui est certain, c’est que si Mr Machin avait fait la meme photo, avec la meme approche, on l’aurait remballe gentiment sans manquer de lui conseiller de se trouver un autre passe-temps.

    On se demande souvent ou commence l’art, a un moment donne faudra se poser la question d’ou il s’arrête. Est-ce l’artiste qui fait l’art ? J’espère que non.

  • A déménagé le 7-12-2011
    • Posté à 16h18 le 10/11/2011
    • Internaute 50999
      non connue

    Bof ... 8600€ c’est finalement pas cher.

    Un truc qui moyennant un avocat fiscaliste un peu malin peut être déductible d’impôts
    Un bazar qu’on montrera fièrement à ses invités lors des prestigieux banquets dinaaatoiiires
    Un bidule venant d’un auteur décédé (c’est mieux) qu’on revendra avec profit dans 5 ans (mieux que l’immobilier)

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 16h35 le 10/11/2011
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Au Salon Paris-Photo : « Entrée d’Angoisse » 8600 euros

    Au dessus de Nice Est il y a un patelin qui s’appelle Duranus Lien
    Bonjour l’angoisse à Duranus en cas de constipation.....à Duranus on dit que les voies du seigneur sont impénétrables lol

  • Zervé
    Zervé
    stable ?
    • Posté à 16h46 le 10/11/2011
    • Internaute 47865
      stable ?

    Et « Entrée de salon » 25 euros, ça vous évoque quoi ?
    Halte aux non clients ?
    (z’ont raison : si j’ai pas les moyens d’entrer à 25 €, je n’achèterai rien à 8000...)

  • michel 13
    • Posté à 17h17 le 10/11/2011
    • Internaute 49378

    A quoi sert ce genre d’article qui associe une photo sans intérêt et l’analyse d’une psy qui est aussi intéressante que la lecture d’un annuaire.
    Y’en a d’autres comme ça à venir ? ? ?

  • Fred24
    Fred24
    Rural
    • Posté à 18h14 le 10/11/2011
    • Internaute 89386
      Rural

    J’adore le discours qui accompagne ces merdes, en plus c’est mal cadré....Bon c’est à 10 bornes de chez moi, je vais y faire un saut. Mais bon le mec qui achètera ça tombera dans le panneau.

  • Harry_Cover
    • Posté à 18h50 le 10/11/2011
    • Internaute 161279

    sachant que le photographe est mort, qui s’engraisse sur son dos ?

  • sofkmille
    sofkmille
    retraitée
    • Posté à 20h03 le 10/11/2011
    • Internaute 155517
      retraitée

    Nous avons fait une photo « sortie d’angoisse », avec ma soeur. Je lui avais proposé de prendre l’entrée, mais elle a dit que ce serait plus positif de prendre la sortie... On a bien ri. Merci de m’avoir rappelé ce moment.

  • GASTAUD
    GASTAUD
    photographe
    • Posté à 21h29 le 10/11/2011
    • Internaute 24534
      photographe

    Ce n’est pas le prix de cette photo qui pose problème, mais la pauvreté dans la création d’une image.

  • pahpah
    pahpah
    spécialisé en pas grand chose
    • Posté à 23h24 le 10/11/2011
    • Internaute 41927
      spécialisé en pas grand chose

    Non mais pourquoi un psychanalyste ? ? ? ? ? ?
    Je rêve ! ! !
    Au pire si je veux des éclaircissements sur une production qui se veut artistique je demande à un critique. Pas à un pseudo spécialiste du langage qu n’y voit que ce qu’il peut, qui met des majuscules à des mots pour dire « houlala, attention ça veut dire plus que ça en a l’air... »

    Honnêtement c’est chiant, dans votre répertoire avant la lettre A quand vous n’avez rien à dire et que vous voulez un avis, y’a d’abord un onglet psychanalyste ?
    Honnêtement, quelle justification pour qu’un psychanalyste intervienne ici ?

  • g99fr
    g99fr
    regardeur
    • Posté à 23h34 le 10/11/2011
    • Internaute 102893
      regardeur

    Bien fait !
    Un titre raccoleur, digne du contenu de l’article, attire des commentaires à la hauteur du niveau de son auteur : « mon fils de 4 ans fertait pareil », « c’est banal », « c’est mal cadré », « y a des cons pour acheter ça “etc... On se croirait au figaro.fr voire à valeurs actuelles.

    Dommage : lorsque que l’on s’intéresse un petit peu à l’oeuvre d’Edouard Levé, on découvre un uinivers plein de sens, une quête grave qui parfois préte à sourire. J’ai eu la chance de voir un certain de nombre ses oeuvres en vrai - pas en 150 pixels de large sur pon PC - puis de m’intéresser un peu au discours de l’artiste pour sentir une extrême et passionante profondeur.

    Juger de la qualité technique de ses clichés, apprécier son oeuvre uniquement sur le prix du marché - à la hausse du fait de son décès - est faire preuve d’un populisme facile ou d’ignorance : au choix.

    • Louis Mesplé
      Louis Mesplé répond à g99fr
      Rue89
      • Posté à 07h55 le 11/11/2011
      • Journaliste 4952
        Rue89

      Le titre est une information sur un Salon de photographie uniquement consacré à son marché . Il est brutal et provocateur (et non racoleur) comme les petites étiquettes qui affichent le prix (ou pire hypocritement pas) sous toutes les images de ce Salon.
      Qu’aurai-je lu si j’avais traité d’une photo de Cindy Sherman, de Richard Prince (chez Gagosian) , ou de Gursky, Avedon, etc. qui dépasse le (s) million(s) de dollars...Et cette photo est une des moins chères de ce Salon.
      Mon texte voulait, par sa distance et quelques sourires être pédagogique. Au dessous de cet article , dans « aller plus loin » il y a des liens complémentaires sur des éléments sérieux (avec interview de Levé) pour nous renseigner sur sa démarche et sa « quête de sens » qu’aucun des commentateurs, visiblement n’a du ouvrir, s’en tenant à leurs préjugés. Peine perdue.
      Ces commentaires nous éclairent quand même sur les contradictions, l’incompréhension (que je partage sur certaines œuvres, mais pas celle là) entre le marché, les artistes et le public . Et « la crise ».

  • Hari-Seldon
    Hari-Seldon
    Favet Neptunus eunti
    • Posté à 10h34 le 11/11/2011
    • Internaute 167715
      Favet Neptunus eunti

    Quand on croit avoir atteint le fond, on se rend compte que finalement non

  • oxedo71
    oxedo71
    enseignant
    • Posté à 12h48 le 11/11/2011
    • Expert 104757
      enseignant

    Et ou se trouve le port ? me demandent Laurence et Humphrey.

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