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Le tapis volant du gazaoui Taysir Batniji

Publié le 06/01/2013 à 10h14

Hannoun, 1972-2009,Performance/Installation, photographie couleur (jet d’encre) sur papier affiche (150 x 100 cm), copeaux de crayons, dimensions variables . (Taysir Batniji)

Si le tapis est la maison de celui qui n’en a pas (1), le nomade, le tapis volant en est son rêve.

Dans l’exposition «  Tapis volants  », au musée des Abattoirs de Toulouse, qui mêle tapis orientaux anciens et installations d’artistes contemporains, la pièce «  Hannoun  » de Taysir Batniji, palestinien de Gaza, illumine le mieux cette idée.

Taysir Batniji dessine, peint, installe , filme, photographie... En 2008, il avait exposé une série de photographie (Watchtowers) réalisée à la manière stricte de Bernd et Hilla Becher mais au lieu de montrer châteaux d’eau ou hauts fourneaux il établit une typologie des miradors de l ’armée israélienne bordant la Cisjordanie.

Ne pouvant sortir de Gaza, il avait délégué pour cette action un photographe cisjordanien. Grinçant.

« Hannoun », un chemin de coquelicots
 

«  Hannoun  » signifie en dialecte palestinien coquelicot.

On trouvera sous ce lien, par moments en dialecte d’artiste, l’analyse du processus de création et la définition de la pièce.


Hannoun, 1972-2009, Atelier (22.06.2006 - 07.06.2009), 2005 , photographie couleur (jet d’encre sur papier affiche 150 cm x 100 cm) (Taysir Batniji)

En résumé «  Hannoun  » s’appuie sur une photographie murale et un sol.
La photographie est celle d’une salle, d’une remise sobre où l’on peut distinguer, sur les côtés des cadres.

C’était l’atelier de Taysir Batniji à Gaza. Cet atelier, l’artiste y a travaillé , de 2001 à 2006, par périodes. Entre sa formation et ses résidences d’artiste, en France. 

En 2006, Batniji ne peut plus rentrer à Gaza. L’affaire Shalit rend total le blocus du territoire. En 2009, il revient chez lui mais son atelier est devenu un lieu d’habitat familial.

Au sol, dirigée vers la photographie, une allée de sable blanc sur laquelle sont parsemés des copeaux de crayons comme des pétales de coquelicots. Le visiteur ne peut y marcher.


Hannoun, 1972-2009 Performance/Installation, copeaux de crayons en pétales de coquelicot dimensions variables . (Taysir Batniji)

Là , l’explication de l’artiste est claire :

«  Outre l’incontournable symbolique incarnée par le coquelicot – généralement associé, dans les consciences ou la littérature palestinienne, au souvenir des combattants morts pour la liberté –, ce travail est issu d’un souvenir d’enfance.

L’apprentissage à l’école voulait que chaque enfant recopie x fois ses leçons au crayon, à la main, et particulièrement pendant les périodes de vacances. Voulant inconsciemment y échapper, je passais mon temps à tailler mes crayons, sous le prétexte qu’ils soient bien aiguisés, finissant ainsi toujours par manquer à mon devoir.  ».
 

Si cette œuvre illumine cette exposition (où il y a d’autres installations remarquables), c’est que l’on reconnaît en elle une œuvre de taille universaliste.

Elle nous montre, sans dispositif sophistiqué, en termes poétiques , des choses simples : la réalité du sol , le souvenir d’un lieu, le chemin impossible à faire (quelques en soit les conditions) pour rejoindre les deux , sinon en rêve de «  tapis volant “.

(1) selon l’historien de l’art et philosophe Sergio Bettini

Infos pratiques
Tapis volants
au musée d'art contemporains des Abattoirs de Toulouse jusqu'au 27 janvier. Tel.05 34 51 10 60. Exposition en co-production Villa Médicis, Rome, et Centre Pompidou, Paris.
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  • Cantique
    Cantique
    alive
    • Posté à 11h57 le 06/01/2013
    • Internaute 196855
      alive

    Superbe expostion dans le très beau musée des Abattoirs de Toulouse, que je conseille d’avoir visité au moins une fois dans sa vie.

    L’exposition des tapis est remarquable.

    Ci-dessus, « lignes du désert », inspiré par les dunes chatoyantes modelées par le vent du Sahara.

  • Cantique
    Cantique
    alive
    • Posté à 11h04 le 06/01/2013
    • Internaute 196855
      alive

    A ne pas manquer, « rayons et couleurs », sur le thème arc-en-ciel et beauté.

  • Cantique
    Cantique
    alive
    • Posté à 13h37 le 06/01/2013
    • Internaute 196855
      alive

    Et bien sûr, le clou du spectacle, et le plus impressionnant : « rouge sang », hommage à toutes les victimes de combats et de la guerre.

    • greg0rsamsa
      greg0rsamsa répond à Cantique
      Rauque star
      • Posté à 15h15 le 06/01/2013
      • Internaute 124563
        Rauque star

      Et le rouge c’est la couleur de quoi ? Le rouge c’est la couleur du sang, le rouge c’est la couleur des indiens : c’est la couleur de la violence ! Hein ? !

  • greg0rsamsa
    greg0rsamsa
    Rauque star
    • Posté à 15h05 le 06/01/2013
    • Internaute 124563
      Rauque star

    Une belle expo que l’on pouvait voir il y a quelques mois à la Villa Médicis. Hannoun en est une des oeuvres les plus marquantes, légère sans être anecdotique.

  • Félonie Aigrefin
    Félonie Aigrefin
    The Corpse Grinders Groupie
    • Posté à 17h30 le 06/01/2013
    • 173459
      The Corpse Grinders Groupie

    Les photos et la vidéo illustrant cette expo sur le site du musée des abattoirs ne donne pas vraiment envie d’aller la voir. L’ explication de Taysir Batniji ne renseigne pas plus que celles du commissaire de l’expo (j’ai pas retenu son nom) sur la justesse de la réponse des oeuvres au thème « imposé » (les tapis volants).
    Voilà encore un exemple d’art contemporain complètement déconnecté de la sensibilité du public.

  • Louvois
    • Posté à 07h59 le 07/01/2013
    • Internaute 36794

    « Les miradors de l’armee israelienne bordant la Cisjordanie ». Qui dit border, dit a l’exterieur, non ? D’ailleurs en anglais. « border » c’est frontiere. Evidemment « mirador » n’est pas neutre ici. Comme le coquellicot promu symbole des morts palestiniens - c’est pourtant le symbole tres anglais des morts de la premiere guerre mondiale, voir le celebre poeme « In Flanders fields the poppy grow ».
    Au fait si Hamas reconnaissait Israel, ce monsieur pourrait aller voir sur place...

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