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La Chine, bonne surprise de Rencontres en demi-teinte

Publié le 12/07/2007 à 23h19



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Donc, les 38e Rencontres de la photographie d’Arles ont fermé leurs portes, pour leur partie active. Les expositions restent ouvertes jusqu’en septembre. En tout, 3,5 millions d’euros ont été investis dans cette affaire, une somme qui provient à environ 50% de subventions publiques, complétées par le mécénat et les recettes.

Pour quoi faire ? Une photographie très grand format, en 50 expositions, avec ses zones d’ombre et quelques éclaircies. Une photographie à la mode centriste, sans politique artistique affirmée. Hors de l’actualité des tendances. Et sans politique du tout.

Le bon exemple (ou mauvais), c’est l’ensemble « India » situé dans le parc des ateliers SNCF. Présenté comme de la « photographie contemporaine » , ce n’est que de la photographie classique, intimiste, de ses contemporains. Ces derniers, choisis exclusivement parmi les cousins indiens de nos bobos (dans tous les sens du terme), sont censés être représentatifs des préoccupations de la population indienne. Ah bon ? Bharat Sikka nous sort heureusement à tous points de vue de cette confusion artistique et sociale sur la « contemporanéité indienne » .

Dans le domaine politique (c’est un bien grand mot), le sujet franco-français Madame la Présidente, exercice pour 40 photographes (imaginer une femme en habit de présidente de la République), donne un résultat désolant : la caricature de la fonction touche cruellement le modèle féminin qui l’occupe...


La Nuit de l’année, les Mundolavapies (Louis Mesplé/Rue89).

Mais ces taches ne sauraient cacher, sur le même lieu, la captivante lisibilité des nombreux autres groupes d’expositions (« Chine », « Découvertes », « Magnum »...) conduites par une brillante scénographie. Cet effort de présentation ne se retrouve pas dans les salles du centre historique arlésien.

Deux invités essentiels de ces Rencontres, l’Espagnol Alberto Garcia-Alix et l’Indien Raghu Rai, qui est, selon la photographe avisée Françoise Huguier, ce que Satyajit Ray est au cinéma, subissent des accrochages dédaigneux de leurs œuvres. En sus pour le premier, une surabondance de tirages, au demeurant magnifiques, atténue la densité du « mano a mano » entre sa vie et la photographie.

Au-delà de ces remarques, et des expositions appréciées et communiquées ici (Appelt, Kessels, Pannonica, JR...), s’il y a une dimension contemporaine dans ces Rencontres, il faut aller la chercher convenablement en Chine, certainement chez les lauréats de la fondation HSBC pour la photographie, et à coup sûr dans l’Ecole nationale de la photographie, via une confrontation intitulée simplement Regarder de Jeff Wall et Mark Lewis. Less is toujours more...


Projection d’Alberto Garcia-Alix au Théâtre Antique (Audrey Cerdan/Rue89).

Malgré les moyens financiers (cf. cette année le spectacle –sans images– de Lou Reed) et technologiques investis, l’exercice des soirées de grandes projections au théâtre antique reste, d’année en année, insatisfaisant. Acharnement thérapeutique d’un rite (auquel l’auteur de ces lignes a participé en son temps) dont on ne voit pas encore la rupture.

Si ce n’est son contraire, dans la vivante et populaire Nuit de l’année, qui multiplie projections légères et expositions spontanées dans le quartier arlésien de la Roquette. Chic et pop (projo) et Mundolavapies (expo) furent les pics visuels de cette nuit.

A l’écart, sans autres moyens que les siens, Serge Assier, prolifique reporter depuis plus de trente ans au journal La Provence, se tient traditionnellement dans la galerie de la Maison de la vie associative d’Arles. Avec sa révolte à fleur de peau, il rend cette année hommage à son ami poète et résistant, René Char.


La Nuit de l’année, projection Chic et pop (Louis Mesplé/Rue89).

D’après les organisateurs, le premier bilan comptable est globalement positif. Le directeur artistique de 2008 serait le couturier arlésien Christian Lacroix...

(Avec Audrey Cerdan.)

A lire :
Rue89 à Arles
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  • nprenom
    • Posté à 14h34 le 13/07/2007
    • Internaute 2986

    Pourquoi ce titre alors que l’article ne parle justement pas de l’expo des chinois aux Ateliers ? !

    • Audrey Cerdan
      Audrey Cerdan répond à nprenom
      Photographe Rue89
      • Posté à 17h29 le 13/07/2007
        éditeur
      • Journaliste 9918
        Photographe

      On ne veut pas se fâcher avec 50 millions de photographes...
      Cordialement,

      Louis Mesplé et Audrey Cerdan

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à nprenom
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 15h04 le 14/07/2007
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Il y a le papier, mais il y a aussi le diaporama...

  • toktomi
    • Posté à 19h09 le 14/07/2007
    • Internaute 9821

    c est d y gouter un peu sur ru89,avé les diapôs et qq liéuns,côôn.
    (cé koi l accent d une arlésienne ?).

    c est « polémik » ou « fric » qui manquait pour la vraie teinte ?

    un ki y connait rien (et ny va pas non plus pa les moyens).

  • Anonyme

    Mundolavapies est un projet réalisé par Julien Charlon sur le quartier lavapies à Madrid. C’est l’association Regards et Mémoires, association arlésienne qui a produit les cinq expositions de Julien dans ce quartier de la Roquette. 2007 était la quatrième édition de ce parcours photographique. J’espère à l’année prochaine

    Pascal Bois

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