Panamericana

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Amérique latine : à gauche, l'avenir est aux « végétariens »

Michel Faure
Journaliste
Publié le 22/07/2009 à 14h04


Hugo Chavez et Evo Morales au palais présidentiel de La Paz (David Mercado/Reuters)

Le Péruvien Alvaro Vargas Llosa, le fils de l’écrivain Mario, a été le co-auteur, il y a une dizaine d’années, d’un livre assez décapant, « El Manual del Perfecto Idiota Latino Americano », qui se moquait avec férocité et drôlerie des militants et des intellectuels de l’extrême-gauche latino-américaine de l’époque, pleins de nostalgies à l’égard des guérillas d’antan et de révérence à l’égard de Fidel Castro.

Il y a deux ans, je l’avais interviewé pour Le Monde 2, et il avait distingué au cours de cet entretien deux gauches en Amérique latine, de nature et de traditions très différentes l’une de l’autre.

Il qualifiait la première gauche, celle, notamment, de Lula au Brésil ou de Michelle Bachelet au Chili de « végétarienne » et la seconde, celle de Chavez au Venezuela ou de Morales en Bolivie, de gauche « carnivore ». Selon lui, la gauche végétarienne est de nature réformiste et proche de la social-démocratie européenne. La gauche carnivore, quant à elle, est plus radicale et révolutionnaire.

Le moment est venu d’inscrire la gauche dans le cadre de la démocratie

Il faudra bien qu’un jour la gauche végétarienne arrête de prétendre être l’amie de la gauche carnivore, disait Vargas Llosa, car l’une et l’autre sont sur des trajectoires totalement divergentes et le moment viendra où il faudra bien trancher sur ce que doit être l’avenir de cette famille politique en Amérique latine : démocratique ou bien révolutionnaire.

Le moment est peut-être venu pour Lula et Bachelet de rappeler que l’avenir de la gauche latino-américaine s’inscrit dans le cadre de la démocratie.

Il n’est ni dans la révérence d’un Hugo Chavez pour un « modèle » cubain -un goulag tropical et un désastre économique- ni dans son adaptation « bolivarienne » qui vire de plus en plus vite au socialisme d’inspiration soviétique où toutes les activités humaines entrent les unes après les autres sous la coupe de l’Etat.

Il n’est pas non plus dans le conservatisme et l’utopie raciale de l’indigénisme d’un Evo Morales, ni dans le clientélisme populiste et les solidarités claniques d’un Daniel Ortega au Nicaragua.

Le bel exemple de Lula doit être suivi ailleur sur le continent

L’avenir de la gauche dans une Amérique latine intégrée et ouverte au reste du monde, c’est la démocratie sociale, c’est à dire le marché encadré par des règles et une fiscalité socialement protectrices, le respect des droits humains et des libertés, la valorisation du travail et de l’initiative, et le caractère universel de l’accès aux soins et à l’éducation.

C’est le bel exemple qu’a donné Lula, qui conditionne l’aide aux familles à la présence des enfants à l’école, dont la priorité est la lutte contre la misère et la pauvreté, et dont l’outil, malgré les difficultés du temps, reste la croissance et l’équitable répartition de ses fruits.

On aimerait entendre Lula rappeler ce que peut et doit être la gauche en Amérique latine. On aimerait l’entendre maintenant, alors que se confirment deux événements particulièrement inquiétants pour l’avenir des démocraties de la région.

Le premier, c’est que les Farc ont bien contribué au financement de la campagne électorale de Rafael Correa, le président de l’Equateur. La semaine dernière, une vidéo était diffusée par Associated Press. Elle aurait été réalisée par la guérilla elle-même et saisie par la police colombienne lors de l’arrestation d’un membre des Farc chargé de réactiver le commando de Bogota.

Les Farc ont donné 70 000 euros pour la campagne du président équatorien

Elle montre un chef militaire des Farc, Jorge Briceño, alias « Mono Jojoy », qui s’adresse à un groupe de guérilleros et confirme ce que l’on savait déjà depuis la saisie (en Equateur) de l’ordinateur du chef militaire des Farc, Raul Reyes : le groupe armé a bien en partie financé (à hauteur de 70 000 euros environ, selon plusieurs sources) la campagne électorale de l’actuel président de l’Equateur, Rafael Correa.

Il est permis de se demander si d’autres élus de la région ont eux aussi profité de la générosité des preneurs d’otages et des narcotrafiquants de la jungle colombienne. Et ce soupçon même, c’est la gangrène de la corruption qui ronge et effrite la démocratie. (Voir la vidéo)


Le deuxième événement, c’est la volonté de Hugo Chavez de mettre sous contrôle de l’Etat les entreprises privées de son pays.

Depuis le mois d’avril, la majorité présidentielle du parlement travaille à l’élaboration d’une nouvelle loi de « propriété sociale » qui permettra à Chavez de déclarer possession de l’Etat tout bien, matériel et infrastructure « susceptible de répondre aux nécessités sociales et matérielles de la population ».

Le projet de loi permettrait également au gouvernement d’exproprier contre indemnisation « toute activité productive qui ne correspondrait pas aux intérêts nationaux et au modèle socio-productif ».

Chavez a naitonalisé 12 000 entreprises privées en une année

Selon un correspondant du quotidien espagnol EL Pais, tous les sondages, y compris ceux commandés par le gouvernement, indiquent que 70 % de la population du Venezuela restent en faveur de la propriété privée et rejettent les mesures confiscatoires du gouvernement.

Rappelons qu’en une année, Chavez a nationalisé 12 000 entreprises privées du secteur pétrolier en vertu d’une loi réservant à l’Etat l’exploitation des hydrocarbures. Il a également nationalisé les entreprises du secteur électrique, des télécommunications, de la métallurgie, l’industrie du ciment, des entreprises agro-industrielles et des terres agricoles.

Que l’argent des Farc, c’est-à-dire celui de la drogue et des rançons des enlèvements, finance une élection démocratique est un scandale et une corruption, au sens propre du terme, de l’Etat de droit et des libertés. Peut-on encore parler à Correa ? Le recevoir en visite ? Faire comme si de rien n’était ?

Et que dire de Chavez, qui avance masqué derrière son discours bolivarien pour transformer le Venezuela en un vaste kolkhoze posé sur des champs de pétrole ?

Que dire d’un chef d’Etat qui entreprend de façon aussi systématique de saper un à un tous les fondements d’une société démocratique et libérale –l’indépendance de la presse, celle de la justice, la neutralité de l’armée, et maintenant la propriété privée ?

Ne rien dire ferait des dirigeants de la gauche « végétarienne » de l’Amérique latine, les complices d’une gauche « carnivore » qui entreprend de détruire, là où elle le peut, les fondations de la démocratie.

Photo : Hugo Chavez et Evo Morales au palais présidentiel de La Paz (David Mercado/Reuters)

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  • LaBelleLN
    LaBelleLN
    Terrienne en survie ...
    • Posté à 18h20 le 22/07/2009
    • Internaute 32372
      Terrienne en survie ...

    Cher Monsieur je vous conseille vivement d’aller voir ce qui se passe au Vénézuela ...
    Les enfants vont à l’école, les soins médicaux sont gratuits, il y a des épiceries gouvernementales où les prix sont contrôlés, les seuls qui ne sont pas contents sont les plus riches, ceux qui veulent absolument ressembler aux Américains du Nord ....
    Il faut arrêter de tirer sur Chavez et comparer avec ce qui se passait avant ...

  • VinceDeg
    • Posté à 19h08 le 22/07/2009
    • Internaute 36941

    Bonjour Michel,

    Autant je regrette des commentaires lu ici inutilement agressifs et idiots, autant je ne suis pas d’accord avec vous (mais je respecte l’opinion).

    Les résultats des politiques de Bachelet et de Lula laissent un goût amer. Le Chili : un pays certes plus riche que ses voisins, mais avec des inégalités terribles, où presque tout est privé. La santé publique est dans un état lamentable, idem pour l’éducation, la norme est de se tourner vers le secteur privé hors de prix (même pour ce qu’on appelle « les classes moyennes », ahem), et donc l’accès à ceux-ci est des plus inégalitaires qu’il soit. Alors, Bachelet de gauche, euh, ça dépend, si vous considérez que la gauche c’est donner deux trois subventions et bourses familles, oui, mais sinon, le Chili, après 20 ans de « concertación », est resté exactement le même « paradis » ultra-libéral souhaité par Pinochet, sans aucune réforme profonde de quoi que ce soit. Prenez l’échec du Transantiago : pour moi, il est dû au fait que l’état, à cause de cette tradition du tout privé, a délégué la gestion du système de transport public à une myriade de petites sociétés privées, au lieu d’oser créer une grande régie publique. Alors là les chiliens en ont marre, trouvent qu’à la limite il vaut mieux l’original que la copie, et s’apprêtent à voter en décembre pour Sebastian Piñera, un des hommes les plus riches du continent.

    Bon, maintenant on parle de Lula. C’est la même chose : ok, il a élevé le niveau de vie quotidien de millions de familles, c’est une énorme réussite. Sauf que pour cela, il s’est appuyé sur l’élite du pays (aux valeurs assez gerbantes), les grandes entreprises, l’agro-négoce, a arrêté de condamner leurs excès et cède à leurs exigences. Alors, par exemple, la réforme agraire, elle tombe à la trappe. La réforme agraire, en amérique latine, pour moi ce n’est pas une idéologie d’extrême gauche, c’est une nécessité pragmatique. Il faut absolument sortir de ce schéma où des grands propriétaires ont des domaines de dizaines de milliers d’hectares et sous-payent leurs employés, et à côté des paysans ont des terres pourries, aucun accès au crédit ou au soutien de l’état d’aucune sorte (technique, assurance, etc), et crèvent la faim (ce n’est pas une métaphore, dans les 10 millions de sous-nutris au Brésil si je me rappelle bien). Alors après on s’étonne de l’exode rural et du sous-emploi urbain (et de la violence et des bidonvilles comme conséquence, et quand je dis sous-emploi, j’inclus aussi l’énorme proportion d’emplois informels), quand les campagnes pourraient être une force de consommation. Sauf que tout ça, Lula, il en parle plus (il le faisait dans les années 90), et au lieu d’investir dans sa paysannerie comme ça commence à être évoqué même par la banque mondiale, il file des millions à l’agro-négoce qui est vraiment, comme on le sait, un secteur necessiteux.

    Maintenant, le « camp adverse », votre « gauche carnivore », comme vous l’appellez. Je ne connais pas le Vénézuela. Au début j’avais de la sympathie pour Chavez, ses idées et son action, maintenant je suis convaincu que c’est personnellement un gros con, dangereux en plus. Les effets de sa politique, je peux pas dire, mais ça me semble assez légitime dans un pays blindé de pétrole d’éviter que cette richesse parte à l’étranger, redistribuer pour la population et d’essayer d’investir. Mais prenons Evo Morales. Quoi, en peu de temps, et dans le pays le plus pauvre de l’amérique du sud, il a réussi à mettre en place en peu de temps un programme d’accès aux soins pour tous, un programme d’alphabétisation et d’éducation ! Il a mis fin aussi aux contrats abusifs de compagnies étrangères sur le gaz, et posé une limite à la surface de terre que peut posséder une seul homme. Les gens de la partie occidentale pauvre du pays l’adorent, et ils ont raison. La contre-partie, comme vous l’indiquez, c’est son indigénisme exagéré, mais n’est ce pas un retour de balancier après des années dans l’autre excès de dénigration des indigènes dans un pays qui l’est majoritairement ?

    Enfin, le problème de l’Amérique Latine, c’est qu’elle a une histoire d’inégalités et d’exploitation par l’étranger que l’on ne connait pas en Europe, qui a commencé avec la conquête et qui continue aujourd’hui. Prennez presque tous les journaux considérés comme sérieux et leurs opinions : en Europe, ils seraient vus comme d’extrême droite ! Si dire qu’une rupture profonde est nécessaire pour arriver à un système social juste (même basé sur une économie de marché) est être de « gauche carnivore », alors oui, je soutiens cette gauche carnivore. Je crois franchement que les politiques à la Lula ou à la Bachelet ne changent pas les choses profondément, et qu’il suffit d’un changement de pouvoir pour balayer toutes leurs petites subventions et revenir en arrière. En Europe, éventuellement, je serais de gauche végétarienne, mais on ne parle pas de la même structure sociale et de la même histoire. Est-ce que la « gauche carnivore » mêne forcément à une limitation des libertés, auxquelles j’attache une très grande importance ? On aurait peut-être pu savoir avec Allende, mais voilà...

    Quand à Cuba. Je pense que vous exagérez en parlant de « goulag », et que la réalité de l’île est plus complexe. C’est ma prochaine destination, j’y serai le 8 août, je vous raconterai.

  • Michel Faure
    Michel Faure répond à LaBelleLN
    Journaliste
    • Posté à 19h42 le 22/07/2009
    • Journaliste 82928
      Journaliste

    Chère de la belle, je suis désolé de vous contredire, mais j’ai visité, à Maracaïbo, guidé par de jeunes chavistes assez enthousiastes, les épiceries gouvernementales et les cliniques des « missions » Barrio adentro, et j’ai bien compris que tout le monde était très content d’avoir accès à de la nourriture pas chère et à des soins gratuits offerts par des médecins cubains. Ce qu’il faut bien comprendre avec ces avancées sociales, c’est qu’elles vont creer un vaste service public généralisé. J’ai discuté avec un petit épicier de quartier comme il en existe des millions dans toute l’Amérique latine. Le type, qui n’était vraiment pas un nanti, juste un petit épicier de quartier, perdait tous ses clients et allait fermer boutique, faute de pouvoir lutter avec la concurrence des épiceries d’Etat dont les prix étaient inférieurs à ceux du marché grâce aux subventions du gouvernement. Je ne parle pas du dentiste ou du médecin de quartier qui perdent eux aussi leurs clients. L’avenir du Venezuela, ce sont des épiciers fonctionnaires, des médecins et des dentistes fonctionnaires, un Etat généreux mais omnipotent, et aucune perspective pour un étudiant que de travailler pour l’Etat ou d’aller à Miami, symbole odieux comme chacun sait. Ne croyez pas que Chavez s’en prenne uniquement aux grandes entreprises. Il touche au petit commerce, à la vie des quartiers, à l’autonomie d’une classe moyenne très modeste qui n’a plus aujourd’hui les moyens de son indépendance.
    Cordialement
    Michel

  • r0d
    r0d
    exilé heureux
    • Posté à 20h23 le 22/07/2009
    • Internaute 49006
      exilé heureux

    Bonjour,

    vous auriez pu, simple suggestion, ajouter deux ou trois précisions dans cet article. Par exemple, parler des nombreux doutes qui pèsent sur les documents que vous citez (provenant d’ordinateurs récupérés aux farcs). Vous auriez pu parler de la Bolivie, ou un affreux dictateur de la veine de Chavez, et qui serait donc, selon vous, un « carnivore » est en train de redonner pain et espoir à la population de son pays. Vous auriez pu parler du Pérou, où la politique des « végétariens » est en train de détruire le pays. Etc.

    Je comprends parfaitement que vous ayez votre avis propre, mais vos (volontaires ?) omissions, qui sont indispensables si l’on traite le sujet que vous avez choisi, disqualifient immédiatement votre bonne foi. Vous ne traitez qu’un côté de la situation, cela ne peut pas marcher. C’est comme si vous défendiez Ahmadinejad car il a obtenu la majorité des scrutins sans parler de la façon dont le vote et le comptage ont été effectués.

    En fait, une question me brûle les lèvres.Vous parlez de Chavez comme un dictateur, vous considérez que le régime Vénézuélien est moins démocratique que, par exemple, celui de la France. Quels sont vos critères pour être à ce point assuré de cela ? Vous parait-il pure folie que de mettre cette assertion en doute ?

    Comme vous dites dans un autre message : il est fatiguant de rappeler à chaque fois notre conception du mot démocratie. Certes, mais lorsque l’on choisi de défendre une vision aussi nette et tranché concernant un thème si complexe, cela me semble difficile de s’y soustraire.

  • johanjohan
    johanjohan
    johan
    • Posté à 21h00 le 22/07/2009
    • Internaute 58574
      johan

    Il eut été intellectuellement plus honnête de présenter le fils Vargas Llosa dans la droite ligne de son père, c’est-à-dire néolibéral hautement proclamé. Cela aurait tout de suite permis de comprendre le goût pour les navets, la « gauche végétarienne » se pliant bien souvent aux exigences d’institutions aussi démocratiques que le FMI et la Banque Mondiale.

    Pour ce qui est de votre idée de ne plus recevoir Correa, elle particulièrement bienvenue quand on sait que Uribe fut le secrétaire d’état chargé de l’aéronautique durant la belle période de Pablo Escobar en Colombie. Autrement dit, il fut la cheville ouvrière qui permit d’ouvrir tous les aéroports du pays au trafique de cocaïne. Est-il besoin de rappeler qu’il est aussi impliqué dans toutes les affaires de « para-politique », c’est-à-dire suffisamment proche aux para-militaires colombiens pour se confondre avec. Les para-militaires sont responsables de la très grande majorité des crimes contre l’humanité commis dans ce pays. Ils sont aussi directement à la tête du trafic de drogue, de fait Escobar fut un promoteur de ces milices d’extrême-droite.
    Vous proposez aussi de « ne plus parler » à Uribe ?

    De manière plus générale, ce qui dérange beaucoup avec les « carnivores », c’est qu’avant eux la grande majorité des populations étaient systématiquement exclue du champs politique. Le grand changement, c’est la participation et le vif intérêt des populations à la politique. Et ça évidement, ce n’est pas démocratique, c’est du populisme. Il faudrait tout de même rappeler ce qu’était le Vénézuela avant Chavez, les embrouilles très démocratiques de l’Equateur avant Correa, la violence des gouvernements démocratiques boliviens avant Morales.

    Quand vous aurez fait un bilan de vos navets et carottes, on reparlera du travail critique qu’il faut effectivement mener sur certains aspects des omnivores.

  • moulinette
    moulinette
    Peintrice Illustrateuse
    • Posté à 07h27 le 23/07/2009
    • Internaute 12255
      Peintrice Illustrateuse

    Je comprends que Hugo Chavez fasse peur aux « Maîtres du Monde »...
    Mais j’aimerai bien comprendre en quoi les ressources d’un pays devraient appartenir à des intérêts privés...
    Ce n’est pas parce qu’une mauvaise habitude dure depuis des milliers d’années qu’elle n’est pas une mauvaise habitude.

    Notre fameuse « démocratie sociale » n’a pas été portée par de gentilles négociations, mais par de violents à-coups qu’on a appelé révolutions.

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