Panamericana

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Cuba : la mort d'Orlando Zapata, gréviste de la faim

Michel Faure
Journaliste
Publié le 24/02/2010 à 21h11


Registre de condoléances ouvert à La Havane après la mort d’Orlando Zapata Tamayo (Enrique De La Osa/Reuters)

Le seul crime qu’avait commis Orlando Zapata Tamayo, mort mardi 23 février à La Havane des suites de sa grève de la faim à l’âge de 42 ans, était d’être en désaccord avec le régime cubain.

Il n’avait tué personne, ni volé, ni agressé quiconque. Il était simplement un opposant à Fidel Castro, et le disait, comme cela aurait été son droit le plus élémentaire dans n’importe quelle démocratie. Mais les dictatures sont justement nommées des régimes totalitaires pour ne laisser aucun espace à la liberté, aucun champ à la divergence d’opinions.

Le désaccord est une trahison, et demander la démocratie à Cuba est donc un crime. Comme la paranoïa est aussi au programme, ce crime, tellement odieux, ne peut-être qu’une perversion inspirée de l’étranger, et le dissident est bien évidemment, aux yeux du pouvoir cubain, un agent au service de la CIA et des Etats-Unis.

Pris dans la grande rafle des dissidents d’avril 2003

Pour toutes ces extravagantes raisons, Orlando Zapata avait été pris dans la grande rafle des dissidents cubains d’avril 2003. Soixante-quinze personnes, dont plusieurs journalistes indépendants, avaient été arrêtées et jugées à des peines parfois sévères.

Celle de Zapata fut relativement légère, tout en restant totalement injuste : trois ans de prison. Zapata, cependant, fut un « mauvais » prisonnier, ce qui lui valu une nouvelle condamnation à vingt-cinq ans supplémentaires de prison. Zapata, qui avait été désigné « prisonnier de conscience » par Amnesty International, avait entamé une grève de la faim voici 85 jours.

Sa mère, il y a une semaine, avait alerté l’opinion de la gravité de l’état de santé de son fils, et le quotidien Miami Herald avait publié la nouvelle. Le prisonnier, d’abord transporté dans une clinique de la région de Camaguey, avait été hospitalisé il y a quelques jours à la Havane où il est mort.

Selon la BBC, le dernier dissident cubain à mourir d’une grève de la faim en prison fut un étudiant et poète, Pedro Luis Boitel, en 1972. La blogueuse cubaine Yoani Sanchez, sur Twitter, appelle à un deuil national.

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  • Swordsaber
    Swordsaber
    Etudiant
    • Posté à 21h58 le 24/02/2010
    • Internaute 64099
      Etudiant

    Euh, c’est vrai : Cuba est une dictature et le gouvernement n’autorise pas la liberté d’expression.
    Maintenant, s’il n’y avait pas eu de blocus de la part des USA, il est probable que le régime politique ne soit pas devenu ainsi.

  • Susana
    Susana
    Professeur
    • Posté à 23h28 le 24/02/2010
    • Expert 106681
      Professeur

    Je suis dégoûtée par certains commentaires. Même si le blocus était vraiment effectif (ce qui n’est pas le cas). Même si le système de santé était remarquable (ce qui n’est pas vrai non plus) : Rien ne justifie la répression, la violation des droits de l’homme, les actes criminels institutionnalisés.

    Un homme est mort pour exprimer ses idées. Et vous admirez la dictature qui l’a emprisonné, torturé et finalement laissé mourir de faim. Le fanatisme vous rend aveugles et inhumains.

  • Simon Héroguer
    Simon Héroguer
    Etudiant
    • Posté à 23h31 le 24/02/2010
    • Internaute 46949
      Etudiant

    Il existe un livre sorti en 2009, intitulé : Cuba ce que les médias ne vous diront jamais, aux éditions Estrella. L’auteur de ce livre s’appelle Salim Lamrani, il écrit dans le monde diplomatique, entre autres, et j’ai la chance de l’avoir comme professeur à la fac.

    Savez-vous que de nombreux opposants au régime cubain sont entretenus par les Etats-Unis, comme l’affirme et le démontre Salim Lamrani dans son livre, et qu’il s’agit là d’une violation du droit international ?
    Pouvez-vous nous certifier, Michel Faure, que M.Orlando Zapata n’était pas l’un de ces opposants nourris par Washington ?

    J’espère que vous me repondrez et que vous lirez ce livre, qui comme l’indique le titre, va à contre courant du discours médiatique, et y compris de celui de rue 89, apparement.

    PS : Sachez aussi que le livre contient un prologue de Nelson Mandela. Ce que je peux dire, c’est que l’ancien président sud-africain, ne parle pas de Fidel Castro de la même façon que vous, M.Faure.

  • hervé fell
    • Posté à 23h33 le 24/02/2010
    • Internaute 4007
  • lancetre
    • Posté à 23h37 le 24/02/2010
    • Internaute 18658

    « un de ces opposants NOURRIS par Washington » ?

    Immonde.

    Lu sur le compte Twitter de Yoani Sanchez :

    « Même mort, ils ne le laissent pas reposer en paix.Ils le craignent, pour tout ce qu’il représente ».

  • Susana
    Susana répond à Inpou
    Professeur
    • Posté à 23h40 le 24/02/2010
    • Expert 106681
      Professeur

    Inpou,

    Je suis cubaine. Ma mère est médecin. Elle gagne à peu près 15 euros par mois. Elle s’habille et se chausse grâce à ma tante qui habite à Miami. Dans son service, on soigne les enfants grâce aux dons de l’étranger. Un ouvrier gagne 5 euros par mois. Où est la gratuité du service médical ? Tout cela sans parler du fait que les hôpitaux sont dégueulasse, que la nourriture y est infecte et que les étrangers ont la priorité... Les photos y sont interdites. Cependant, en voilà quelques unes qui ont filtré :

    Lien

    Photoshop ?

  • Inpou
    Inpou répond à Susana
    J'enfonce le clou
    • Posté à 23h54 le 24/02/2010
    • Internaute 92671
      J'enfonce le clou

    Effectivement. Je sais que tout n’est pas rose (je l’ai dit dans un message précédent), mais des efforts ont été faits (même l’American Public Health Association reconnaît ces efforts). Certes, Castro et ses sbires ne sont pas des enfants de coeur, mais je refuse de tomber dans le piège qui consiste à totalement dénigrer Cuba.

  • Susana
    Susana répond à Simon Héroguer
    Professeur
    • Posté à 00h10 le 25/02/2010
    • Expert 106681
      Professeur

    Simon,

    Un opposant, un journaliste ou tout simplement une personne qui voudrait écrire des critiques au régime NE PEUT PAS le faire dans les médias officiels (les seuls qu’il existe...). Dans un pays où la presse, la télévision, la radio, l’internet... sont contrôlés par l’Etat, évidemment que les opposant sont obligés de publier à l’étranger, et d’en recevoir une juste rémunération. En même temps, ils sont mis à la porte de leurs centres de travail à Cuba. Abandonnés à leur sorte, interdits dans leurs propre pays, il sont obligés à s’exprimer dans les médias de « l’ennemie », et alors... Ils sont accusés de traîtres ! ! ! Surprenant ?
    Il ont joué le même jeu pendant 50 ans, et ça a marché. Maintenant, ils veulent appliquer la même stratégie aux blogguers indépendants comme Yoani Sanchez, et cela marche qu’à moitié...
    En plus, étant donné le sort des prisonniers politiques à Cuba, franchement, qui risquerait de travailler « pour les EEUU » pour avoir quelques dollars ? C’est tout simplement idiot.

  • Michel Faure
    Michel Faure répond à Simon Héroguer
    Journaliste
    • Posté à 00h19 le 25/02/2010
    • Journaliste 82928
      Journaliste

    Non mais de quoi parlez vous ? Et c’est quoi votre fac ? Dire qu’être entretenu par les Etats-Unis est une violation du droit international, ne me faites pas rire. Je vous rappelle que toute la direction cubain est entretenue par le Venezuela. Que faire ? Appeler les casques bleus ? Mais enfin c’est une accusation dérisoire. Ce type vient de se laisser mourir, et vous me dites, ah oui, mais peut-être était-il un agent des Etats-Unis ? Et s’il était juste un opposant ? Un type en désaccord avec Castro ? Quand on est cubain, on pas besoin d’être employé par la CIA pour ça. Ca ne vous gène pas, vous, que quelqu’un opposé à son gouvernement finisse en prison, condamné par un cour de « justice » aux ordres du pouvoir, juste pour le « crime » d’être un opposant ? Il a tué quelqu’un, cet opposant ? Il a volé quelque chose ? Non. Il réclame un changement politique à Cuba, son pays. Il n’a pas le droit ? Ca ne vous gène pas d’imaginer que cet opposant, dont le seul crime est de n’être pas d’accord, soit battu, traité comme un chien dans sa prison, et soit si désespéré qu’il se laisse mourir de faim ? Non ? Il faut le soupçonner de trahison, d’espionnage ? Les Cubains n’ont même pas le droit de quitter leur île. Mais comment peut-on ne pas être ému par le désespoir d’un homme qui se laisse mourir parce qu’il n’a plus d’autre arme devant l’injustice ? Comment peut-on être comme vous aussi insensible à l’absence de liberté ? Je ne connais pas Salim Lamrani et crois que je peux m’en passer très bien, d’après ce que vous me racontez. Je ne lis plus non plus le Monde Diplomatique depuis le jour où ce journal a trouvé que les Farc étaient de vrais combattants de la liberté. Tout ce que je peux vous conseiller, c’est de changer de prof, ou de changer de fac, et de changer de lectures aussi. Et de regarder la réalité de Cuba en face. Cuba, c’est une dictature. Point barre.

  • objection
    objection répond à mioumiou
    • Posté à 00h48 le 25/02/2010
    • Internaute 99569

    Le sytème capitaliste que nous vivons est tout aussi criminel que les régimes communistes qui ont été en application ds le passé.

    Ajourd’hui, toute entreprise commerciale poussée par le capitalisme fini par aller à l’encontre des humains.
    Industrie agro-alimentaire avec usage des pesticides, malbouffe, cancers, maladies cardiovasculaire (ajout de sucre, graisses partout pour produire à moindre cout)...
    Industrie pharmaceutique, sur-médication, vaccins inutiles et toxiques (interrogez-vous sur la composition des vaccins),...

    Autre chose, les USA sont tout autant une dictature qui bombardent des états souverains par quête unique du profit. Et les dommages collatéraux qui doivent se compter par millions ds ces guerres sont tout autant des êtres humains que ce dissident cubain.

    Ca n’excuse pas le régime castriste mais c’est bien aussi d’être conscient de ce qui se passe chez nous.

  • lancetre
    lancetre répond à Susana
    • Posté à 01h09 le 25/02/2010
    • Internaute 18658

    Pour ceux qui ne la connaissent pas, précisons que Yoani Sanchez est une redoutable criminelle à la solde de l’impérialisme yankee : en effet, elle tente de tenir un blog, Generacion Y, et un compte Twitter (à son nom) dans lesquels elle décrit la vie quotidienne à Cuba.La VRAIE vie, et non celle qu’inventent quelques Européens en manque de « paradis socialiste ».Bref, elle fait ce que font des dizaines de millions de personnes, dans le monde entier.

    Pour cette raison, elle a été arrêtée et frappée, en novembre dernier, par des policiers en civil.

    La dictature ne l’a pas autorisée à quitter Cuba pour aller chercher le prix Ortega y gasset, qu’elle avait obtenu en Espagne en 2008.

    Elle vient d’obtenir un visa chilien pour aller assister à un congrés consacré à la langue espagnole, qui doit se tenir à Valparaiso du 2 au 5 mars prochain.

    Mais il lui manque l’essentiel : l’autorisation de sortir de Cuba, ou « carte blanche ».Jusqu’à présent, elle ne l’a jamais obtenue.
    Elle se réjouissait d’avoir enfin son visa, mais faisait part aussi de son angoisse dans l’attente de la fameuse autorisation, lorsque la nouvelle de la mort d’Orlando Zapata Tamayo est venue l’atterrer.

    Depuis, elle poste régulièrement, sur son compte Twitter, des messages.Les funérailles doivent se dérouler demain, à sept heures du matin.Plusieurs opposants ont été arrêtés préventivement, pour tenter d’éviter les troubles.

  • Michel Faure
    Michel Faure répond à Swordsaber
    Journaliste
    • Posté à 01h17 le 25/02/2010
    • Journaliste 82928
      Journaliste

    Il n’y a pas de « blocus » de Cuba, quoiqu’en dise la rhétorique castriste. Un blocus supposerait l’interception des bateaux et des avions allant à ou venant de Cuba. Il existe simplement un embargo commercial entre les Etats-Unis et Cuba. En d’autres termes, aucun échange commercial entre les deux pays. Tout le reste du monde peut commercer avec Cuba, et ne s’en prive pas. L’Espagne y a construit des hôtels, le Venezuela donne du pétrole, les Français fument des havanes, tout va bien, sauf que de tout cet argent, le peuple n’en voit pas la couleur.

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