Panamericana

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Lula candidat à la succession de Ban Ki-Moon à la tête de l'ONU ?

Michel Faure
Journaliste
Publié le 12/04/2010 à 11h26


Lula et Ban Ki-Moon le 23 septembre 2008 à l’ONU (Chip East/Reuters).

Que se passe-t-il avec Lula en ce moment ? Le Président du Brésil, Luis Inacio « Lula » da Silva, termine son deuxième et ultime mandat avec un taux de popularité extraordinaire (76% d’opinions favorables) et un activisme diplomatique à l’étranger qui suscite beaucoup d’interrogations. L’une des hypothèses est qu’il voudrait devenir secrétaire général de l’ONU au terme du premier mandat du sud-coréen Ban Ki-Moon, à la fin 2011.

Cette hypothèse, à ma connaissance, a déjà été évoquée par la presse brésilienne, notamment O Globo. Elle est également avancée par Andres Oppenheimer, le commentateur du Miami Herald, et enfin par le Times de Londres.

Selon ce dernier, cette idée aurait même été soufflée à l’oreille de Lula par Nicolas Sarkozy, lors du dernier G20 à Pittsburg, en septembre 2009.

Elle a l’avantage d’offrir une tentative d’explication aux actuelles priorités diplomatiques de Lula. Lui qui avait rassuré Wall Street, puis Davos, qui avait su concilier réformes sociales et économie de marché, qui était devenu le dirigeant mondial bien aimé de tous, depuis Washington jusqu’à Pékin, adopte soudain des positions critiques à l’encontre des Etats-Unis (et dans une large mesure contre l’Union Européenne aussi, notamment sur l’Iran et Cuba).

« Risible et ingénu » selon Hillary Clinton

Il embrasse Raul Castro à la Havane le jour même où meurt des suites d’une grève de la faim un prisonnier dissident, Orlando Zapata, puis compare les détenus politiques cubains aux délinquants des prisons de Sao Paulo, ce qui a beaucoup choqué, au Brésil comme ailleurs.

A la mi-mars, Lula part pour une tournée au Proche-Orient et propose sa médiation du conflit israélo-palestinien, ce qu’Hillary Clinton aurait trouvé, selon le Times, « assez risible et ingénu ».

Il visite Israël et la Jordanie, envoie son ministre des affaires étrangères Celso Amorim à Damas pour inviter le Président Bashir el Assad au Brésil, et il fait un triomphe en Palestine, où un porte-parole du gouvernement, Mohamed Edwan, déclare justement : « Le Président palestinien espère que Lula sera le prochain secrétaire général de l’ONU ».

A peine rentré au Brésil, voici Lula et Alexander Lukashenko, Président et autocrate de Biélorussie, qui tombent dans les bras l’un de l’autre à Rio, le 22 mars, et se promettent amitié et commerce bilatéral. Ils se reverront bientôt à Rio, qui accueillera en mai le 3e forum de l’Alliance des civilisations.

Enfin, le 25 mars, Lula prend la parole devant la chambre de commerce arabo-brésilienne de Sao Paulo et défend le « projet nucléaire civil » iranien. Le Président brésilien, qui avait déjà reçu son homologue Mahmoud Ahmadinejad à Brasilia et s’était déclaré hostile aux sanctions contre l’Iran, va se rendre en mai à Téhéran.

Dans ce discours de Sao Paulo, il se lance dans une vive critique à l’égard des Etats-Unis, déclarant qu’il ne veut pas « que se répète en Iran ce qui est arrivé en Irak, c’est-à-dire une guerre et un mensonge ».

L’Asie laissera-t-elle Lula remplacer Ban Ki-Moon ?

A tous ces propos s’ajoute le courroux de Lula à l’encontre des bases américaines en Colombie, qu’il convient de comparer à son silence concernant les achats massifs d’armement russe par le Président du Venezuela Hugo Chavez.

Il s’est également rangé du coté de l’Argentine dans son conflit sur les Malouines avec la Grande Bretagne. Bref, c’est la fin d’une lune de miel avec une bonne partie du monde, comme si, à la fin de sa présidence, Lula se rangeait finalement du coté des adversaires des démocraties occidentales.

Si l’hypothèse d’un dessein onusien de Lula est juste, elle explique -en partie seulement- ce qui ressemble à un revirement. On peut cependant avoir des doutes à son endroit. Rien ne dit que Ban Ki-Moon va gentiment laisser sa place à Lula.

Traditionnellement, les secrétaires généraux de l’ONU sont réélus pour un second mandat et représentent une région du monde, en l’occurrence l’Asie, qui probablement ne tolérerait pas facilement de n’avoir droit qu’à un seul mandat cette fois-ci.

Ensuite, si l’on peut comprendre qu’une attitude antiaméricaine apporterait des voix à Lula, celle-ci est sans doute inutile. Le charisme et le consensus sur sa personne semblaient jusque très récemment suffisants pour que le Président brésilien séduise, sinon l’Asie qui s’estimerait lésée, du moins les Etats-Unis et l’Europe, la Russie, l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient.

Lula à mi-chemin de sa carrière politique

Embrasser les leaders cubains, iraniens, biélorusses, syriens, vénézuéliens, russes ou chinois pourrait certes offrir des voix à une candidature Lula, mais cela pourrait aussi, notamment sur la question iranienne ou des Malouines, provoquer un véto des Etats-Unis ou de la Grande-Bretagne à son encontre. De même que cette stratégie est dangereuse pour Lula s’il voulait vraiment succéder à Ban Ki-Moon, de même risque-t-elle de compliquer, pour les mêmes raisons, sa quête, légitime, d’un siège permanent du Brésil au Conseil de sécurité.

Lula n’a pas officiellement fait acte de candidature jusqu’à présent et peut-être ne veut-il pas devenir le prochain secrétaire général de l’ONU. Mais alors que veut-il ? Un poste international, de nouvelles fonctions encore à définir au Brésil ou en Amérique latine ? Ce qui est certain, c’est qu’à 65 ans, il a une idée derrière la tête. Pour l’instant, il nous invite au jeu des devinettes : « Je n’en suis qu’à la moitié de mon parcours politique », a-t-il affirmé, sibyllin, ce mois-ci.

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  • Gontran Abdelkader-Kowalski
    Gontran Abdelkader-Kowalski répond à Tistou
    explorateur prolétaire
    • Posté à 14h12 le 12/04/2010
    • Internaute 104077
      explorateur prolétaire

    Bah je crois qu’il ne parle pas vraiment anglais non plus.

    Pour l’anecdote, la presse américaine avait fait un mini cana nerveux il y a 2 ou 3 ans, quand lors d’une tournée en Amérique du Sud, Stephen Harper (premier ministre Canadien) conversa en français (et uniquement en français) avec Correa (Equateur), Bachelet (Chili) et Kirschner (Argentine). Le français étant la langue parfaite pour chacune de ces trois rencontres, Harper étant pratiquement bilingue, tout comme Correa, Bachelet étant bilingue (et potentiellement de nationalité française par son arrière grand père, Français par filliation) et Kirschner parlant un français correct.

    Tiens d’ailleurs en parlant de Michelle Bachelet, elle aussi ferait une très bonne candidate pour le poste de secrétaire général :
    - elle parle six langues
    - elle est très diplômée (médecine, science po...)
    - elle a démontré ses compétences et quitta son poste avec un pourcentage allucinant d’opinions favorables.
    - le Chili étant moins « gênant » que le Brésil (il faut connaître un peu les arcanes de l’ONU pour comprendre le chmilblick...), elle a plus de chances.
    - concernant le conflit Israelo-Palestinien à proprement parlé, le Chili à, je pense, son petit mot à dire. La « communauté“/diaspora palestinienne du Chili est la 4ème en nombre (après les Territoires sous autorités palestiennes, puis la Jordanie, puis l’Arabie Saoudite). Les 400 000 à 500 000 ‘réfugiés’ sont devenus/deviennent des Chiliens exemplaires. 96 à 98% d’entre eux sont capables de s’exprimer en espagnol et la langue parlée à la maison est en majorité l’espagnol (le fait qu’il y ait autant d’arabophones pour ce ‘petit’ pays de 16,5 millions d’habitants et une richesse incroyable pour faire du business avec les pays arabophones).
    Malgré la migration rapide, il n’y a pas de ‘guetto’ palestiniens dans les villes chilienne, d’ailleurs, la majeure partie des palestino-chiliens déclarent être de moins en moins pratiquants (la proportion d’agnostiques tant à rejoindre celle du reste des chiliens ; d’origine espagnole, basque, française, allemande, corse, anglaise, irlandaise, galicienne, mapuche (les Chiliens se disent catholiques (ou protestants : 15%) mais c’est ‘pour la galerie’. En réalité, le pays est tout autant sécularisé que l’Argentine (10% de pratiquant) ou la France (environ 20-25% de pratiquants).

    A propos, Hillary, elle ferait mieux de se taire. Une bonne fois pour toute. C’est incroyable le nombre de connerie qu’elle peut faire ou dire...

    Selon mon ‘classement’ (parmis les postulants - qui obtiennent la moyenne avec mes critères - ou non, à la candidature onusienne) cela donne :

    1) Vaira Freiberga (ex citoyenne Canadienne, ex juriste, ex présidente de Lettonie) 17/20 

    2) Michelle Bachelet 16,5/20

    3) Sonia Gandhi (le bon point c’est qu’elle parle italien, anglais, français, espagnol, hindi, bengali, qu’elle représenterait l’Inde, puissance trop longtemps mise un peu sur la touche, qu’elle est supra-expérimenté question ‘appareils politiques’, gouvernance, gouvernance globale, art diplomatique...elle a gardée ses ‘connections italiennes’ et ‘européennes’)
    16/20.
    Cependant, son fils qui s’est lancé en politique, ou même sa fille Priyanka (moi je parie plus sur elle à terme) ont besoin d’elle.

    4) Luis Ignacio ‘Lula’ Da Silva 13,5/20

    5) Mohamed El Baradei (président de l’AIEA, prix nobel de la paix)
    12,5/20 (le problème pour lui c’est que Boutros Boutros Ghali a ‘représenté’ l’Egypte (jusqu’en 95). En plus, les égyptiens ont besoin de lui).

    6) Oscar Arias (ex président du Costa-Rica, prix nobel de la Paix) 11,5/20

    7) Hubert Védrine 11/20. Connais ses dossiers. Grande culture. Art diplomatique confirmé, mais il est cependant pédant. Européen, Français, tenant du dogme suprémaciste ‘occidental’ actuellement en vigueur, il cumule ainsi pas mal de ‘boulets’ aux yeux de nombreux pays. Le type même de candidatures ‘fonctionnaires internationaux’ (US, Anglais, Suédois, Canadien, Japonnais, etc) qui ne passera pas, voir plus dorénavant.

    8) Ban-Ki-Moon (actuel secrétaire) 10,5/20. Bilan très médiocre jusqu’à présent.

    9) Andrus Ansip (premier ministre d’Estonie) 10/20

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