Panamericana

L'actualité des Amériques de Valparaiso à Tijuana.

De Cuba aux Etats-Unis : il y a trente ans, les Marielitos

Michel Faure
Journaliste
Publié le 10/05/2010 à 13h21

C’était il y a trente ans très exactement. Mai 1980. J’étais jeune journaliste, envoyé spécial de Libération à Key West, en Floride. Je restais des heures, fasciné, sur le quai du port où arrivaient, les unes après les autres en un flot continu extraordinaire, des embarcations diverses -bateaux de pêche, petits et gros, vedettes de promenade, yachts chics– chargées de réfugiés cubains.

C’était une noria incessante, menée avec beaucoup d’enthousiasme. Ces bateaux battaient tous pavillon des Etats-Unis et, pour la plupart, étaient la propriété d’exilés cubains vivant en Floride. Ils débarquaient leurs passagers sous les vives lumières des télévisions et les applaudissements d’une foule de badauds émus aux larmes et scrutant chaque visage avec intensité, dans l’espoir d’y retrouver les traits d’un parent, d’un ami ou d’un amour perdu de vue depuis plus de vingt ans.

Puis les bateaux repartaient pour un nouveau voyage à Mariel, le port cubain d’où partaient les exilés et qui leur donnera un surnom, « los Marielitos ».

La Croix Rouge et la logistique gouvernementale américaine ont fait du bon travail. Les arrivants, épuisés, l’air perdu, souvent inquiets, étaient accueillis avec égards, hydratés, nourris et enveloppés de couvertures.

Ils passaient à travers un double contrôle, médical et personnel, avant d’être rassemblés sous un immense hangar, libres de répondre, s’ils le souhaitaient, aux questions des journalistes, avant d’être transportés par avion à Miami.

Quand les Cubains étaient accueillis sous les bravos

Ceux que j’ai rencontrés, dans ces instants encore très incertains pour eux, racontaient plus ou moins la même histoire : la misère de tous les jours sous la surveillance constante des CDR, les Comités de la révolution, les commissaires politiques du quartier qui avaient (et ont toujours) le pouvoir de vous rendre la vie à peu près tolérable ou de vous la pourrir à jamais.

Oser dire qu’on aurait aimé vivre ailleurs n’arrangeait pas votre cas. Un mot du CDR et vous perdiez votre boulot. Le travail privé n’existant pas, le seul fait de survivre était l’indice d’un délit, genre travail au noir. Pour des raisons éminemment politiques, vous vous retrouviez donc en prison, délinquant de droit commun.

Bref, la routine infernale, les engrenages implacables et cruels de la criminalisation de la vie quotidienne pour quiconque ne courbait pas l’échine.

A Miami, dans un stade gigantesque, j’ai assisté quelques jours plus tard à des scènes de tragédies antiques, émouvantes à en pleurer. Les milliers de sièges du stade étaient occupés par des familles cubaines vivant aux Etats-Unis et, de jour comme de nuit, arrivaient de l’aéroport des autobus qui déposaient leurs occupants débarqués de Mariel (en ce seul mois de mai 1980, ils furent 86 000).

Ils étaient accueillis dans le stade sous les bravos. Puis, dans le silence revenu, un speaker énonçait ces noms interminables dont le castillan a le secret, ces Maria de la Luz Martinez de Sanchez, ou ces José-Maria Antonio Perez Rodriguez.

Et soudain, un cri dans un coin du stade, le faisceau lumineux des télés pointé vers un groupe de gens sautant en l’air de joie puis dévalant les escaliers du stade pour tomber dans les bras des cousins ou frères et sœurs retrouvés.

La stratégie de Fidel Castro

Cet exode des Marielitos a commencé par un coup de force. Le 5 avril 1980, 10 000 Cubains entrent dans l’ambassade du Pérou à La Havane et demandent à ce pays de leur accorder asile.

Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel.

L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité :

  • Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ;
  • Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain.

De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île. 2 746 d’entre eux ont été considérés comme des criminels selon les lois des Etats-Unis et incarcérés.

L’économie de la région de Miami a absorbé en deux ou trois ans le choc de cet exode et, depuis, se porte très bien, notamment parce que de nombreux exilés étaient des professionnels diplômés (médecins, professeurs...) qui non seulement se sont facilement intégrés au sein de la société de Miami, mais l’ont aussi dynamisée.

Parmi les Marielitos, un poète : Reinaldo Arenas

En août 1994, 30 000 autres Cubains, « los Balseros » -ainsi nommés parce qu’ils s’enfuyaient par la mer sur des embarcations aussi précaires que des « balsas », des chambres à air de camion- ont rejoint à leur tour les côtes de Floride.

Puis la politique a repris la main. Castro a compris que le spectacle de ces exodes à répétition et le nombre et la qualité des exilés fragilisaient l’image du régime et son avenir. Les Etats-Unis, quant à eux, ont entendu les voix des conservateurs défenseurs des frontières.

Tout cela a abouti à un accord migratoire qui traduit une politique américaine absurde et déshonorante consistant à n’admettre sur le territoire des Etats-Unis que ceux qui l’auront touché du pied, et renvoyer tous les autres en direction de Cuba qu’ils fuyaient.

L’accommodement avec une dictature l’a emporté sur la générosité à l’endroit de ses réfugiés.

Parmi les Marielitos, il faut noter la présence de l’écrivain et poète Reinaldo Arenas, qui mourra quelques années plus tard du sida, à New York. Son véritable crime fut d’être homosexuel et son livre, « Avant la Nuit », a été remarquablement adapté en 2000 par Julian Schnabel avec le film « Before the Night Falls ». Il montre la terrible épreuve que fut pour tous les exilés le passage des contrôles du port de Mariel.

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  • momo la salade
    • Posté à 14h48 le 10/05/2010
    • Internaute 110276
      foutus
    • Shakana
      Shakana répond à momo la salade
      (Entre parenthèses)
      • Posté à 13h44 le 12/05/2010
      • Internaute 30512
        (Entre parenthèses)

      C’est vrai qu’il est bon de rafraichir ce blog atrabilaire avec les réalités cubaines.

      Lien

      • Michel Faure
        Michel Faure répond à Shakana
        Journaliste
        • Posté à 18h02 le 12/05/2010
        • Journaliste 82928
          Journaliste

        Mon blog n’est pas atrabilaire. Ce sont les commentaires qui le sont.
        D’autre part, Talmary Diaz le rafraichit peut-être avec sa charmante musique, mais elle vit à Toronto, je crois. Libre de ses mouvements.

         
        • Shakana
          Shakana répond à Michel Faure
          (Entre parenthèses)
          • Posté à 02h27 le 13/05/2010
          • Internaute 30512
            (Entre parenthèses)

          Mon blog n’est pas atrabilaire.

          Votre blog, peut-être pas puisqu’il y a des commentaires pour le dérider.
          Vos articles oui... C’est flagrant...

          214 millions de migrants internationaux dans le monde actuellement
          3,1% de la population mondiale.

          Lien

          mais elle vit à Toronto, je crois. Libre de ses mouvements.

          Remarquez, c’est comme Polanski en Suisse...

          Vous pensez qu’elle dit tant de mal que ça de Cuba pour que vous l’estimiez libre de ses mouvements ?
          Pire encore... Elle a répudié sa nationalité cubaine ! ...
          Non ? ... Mais alors... Elle doit être surveillée par un commissaire politique... comme vos cubains du Vénézuela... Vous appelez ça être libre de ses mouvements ?

        1 autres commentaires
    • Michel Faure
      Michel Faure répond à momo la salade
      Journaliste
      • Posté à 13h48 le 12/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Merci pour la jolie musique, Momo

  • Anonyme

    Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel.

    L’hypothèse est que Castro voit dans cette affaire une double opportunité :

    * Il se débarrasse d’opposants -il en profite également pour vider ses prisons et ses asiles mentaux et sans doute infiltrer, parmi les réfugiés, quelques agents castristes ;
    * Il espère que cet afflux soudain d’exilés va profondément déstabiliser le sud de la Floride et affaiblir plus encore le brave Président Jimmy Carter, préchi-prêcheur démocrate des droits de l’homme, un peu trop à gauche pour endosser l’habit de grand Satan impérialiste que taille à tous les élus de la Maison Blanche le leader cubain.

    Un peu de documentation (objective, elle, parce que votre obsession anti-castriste, on en a jusque-là et au-dessus, vu qu’elle n’est argumentée et - vaguement - documentée qu’à charge...quand elle l’est, ce qui n’est pas très fréquent) pour asseoir vos dires, c’est trop demander ?

    • Michel Faure
      Michel Faure
      Journaliste
      • Posté à 18h02 le 10/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Cher Nouvel Ancien,

      Est-ce trop vous demander que de considérer que cette chronique, qui tourne, au grand maximum, autour de mille mots, n’ est pas une thèse historique de quelques centaines de pages, sans compter celles des index et des notes de références ? Tout ce que j’écris dans cet article, y compris les lignes que vous citez, est documenté depuis longtemps. L’histoire est connue, elle a été l’objet d’études, d’analyses, de nombreux reportages. On connait le nombre des exilés, les circonstances qui ont conduit à cet exode, le laps de temps qu’il a duré, le fait, notoire, que prisons et asiles ont fait ainsi sortir de l’île certains de leur pensionnaires. On connait les conséquences de cet exode, son impact sur l’économie de la Floride, sur la présidence de Carter. Si vous contestez tout ça, c’est à vous de sortir votre documentation, et si possible autre chose que vos sites pro-castristes habituels, qui auront du mal à nous convaincre. Merci.

      • JahRastafari
        • Posté à 18h28 le 10/05/2010
        • Internaute 9177

        Ca me rappelle votre commentaire (Lien) selon lequel il ne vaut même pas la peine de lire cette « propagande castriste » (en l’occurence vous parliez d’un article de Salim Lamrani).

        Puis je vois un autre de vos commentaires (Lien) ou vous évoquez les méchants hargneux de votre blogs, irrationnels et « qui n’admettent pas qu’on défende la liberté d’opinion, d’expression, d’association, liberté que tente d’exercer Yoani Sanchez et qui sont des valeurs fondamentales de la démocratie »

        Enfin ça m’a fait sourire lorsque j’ai vu que ces deux derniers personnages (Salim Lamrani et Yoani Sanchez) s’étaient assis à la même table pour débattre en toute transparence sur le domaine des idées : Lien

        Comme quoi il n’y a vraiment que les imbéciles qui ne changent pas d’avis : =))))

        D’ailleurs, je me permets de vous rappeler que je n’ai pas oublié notre échange sur la « malhonneteté intellectuelle » (J’y travaille). J’envisage serieusement de proposer à Rue 89 qu’ils publient (lorsque il sera terminé) ce « travail », comme une sorte de « droit de réponse » à votre blog (afin d’être à armes égales et pas juste caché au fin fond d’un commentaire).

        D’ici là , à la votre ! : =)

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à JahRastafari
          Journaliste
          • Posté à 19h39 le 10/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Allez-y, JahRastafari,
          Ceci est un site participatif, faites votre texte, je l’attends depuis 15 jours, mais ne me parlez pas de droit de réponse, parce que c’est vous qui m’avez insulté en m’accusant de malhonnêteté intellectuelle. Le droit de réponse, c’est moi l’avais, et ça m’a pris 5 minutes, pas 3 semaines, pour l’exercer. J’ai répondu point par point à vos accusations, que je trouve assez ignominieuses, bien sûr (et certaines assez incohérentes, aussi). Vous m’avez annoncé vouloir répondre à cette réponse. Je l’attends toujours, mais je n’en attends rien d’intéressant, comme vous vous en doutez. Maintenant, manifestement, c’est un peu difficile, ça vous prend du temps, et vous rusez, bien sur. Au lieu d’une réponse à ma réponse, vous prétendez écrire désormais un « droit de réponse » général à mon blog. Vous n’y avez aucun droit, mais faites-le, et faites le vite, après on passera à autre chose. Ce texte ne devrait pas vous prendre une semaine, je vois ça d’ici, Faure, ce pseudo journaliste, ce méchant libéral qui critique Castro et Chavez, virez le ! Pas dans rue89, un site de gauche qui se doit de vénérer les phares de la pensée bolivarienne !
          On s’est déjà tout dit, JahRastafari. Je n’ai pas envie de polémiquer sans cesse avec un type comme vous qui admire Salim Lamrani dont l’interview, je devrais dire plutôt l’interrogatoire, de Yoani Sanchez me donne envie de vomir. Si vous voulez écrire, faites comme moi, ouvrez un blog, ça vous occupera suffisamment pour ne plus monopoliser avec vos trois copains l’espace de ces commentaires, ni d’intimider sans doute ceux qui aimeraient y participer mais n’aiment pas trop votre ton. Et sachez que ce n’est pas moi qui vendrai vous embêter avec mes commentaires dans votre blog. Si vous l’aviez un jour, ce serait un plaisir pour moi de ne pas le lire.

          • JahRastafari
            • Posté à 20h37 le 10/05/2010
            • Internaute 9177

            « c’est vous qui m’avez insulté en m’accusant de malhonnêteté intellectuelle »

            Une insulte est gratuite, infondée et/ou ad hominem. Une critique est argumentée, documentée et basée sur les idées. J’essaye au maximum de justifier mes « accusations » (passées et futures). Nous verrons bien : =))))).

            « vos accusations, que je trouve assez ignominieuses, bien sûr (et certaines assez incohérentes, aussi »
            « Ignominieuses »  ok, je ne peux que m’incliner, c’est subjectif.
            « Incohérentes »  ou, quand, comment, pourquoi ?

            « Vous m’avez annoncé vouloir répondre à cette réponse. Je l’attends toujours, » ; « Le droit de réponse, c’est moi l’avais, et ça m’a pris 5 minutes, pas 3 semaines, pour l’exercer »

            Désolé de ne pas vouloir formuler des critiques à l’emporte pièce. Mais ne vous inquietez pas, il est thématique et certains thèmes ont déjà été cloturés. Je prendrai le temps nécessaire pour le terminer.
            J’espere au passage que vous prenez le temps necessaire pour écrire vos articles. Rassurez-moi : =)))))

            « Maintenant, manifestement, c’est un peu difficile, ça vous prend du temps, et vous rusez, bien sur »

            Que diable cherchez vous à dire ici ? : =)))

            « vous prétendez écrire désormais un “droit de réponse” général à mon blog. Vous n’y avez aucun droit mais faites-le, et faites le vite, après on passera à autre chose »

            J’aime quand vous dites ce que les gens ont le droit de faire et de ne pas faire : =))). Voyez ma « sorte de droit de réponse » (puisque c’est comme ça que j’en parle) comme une contribution critique au traitement par Rue89 du thème particulier qu’est l’Amérique Latine. Rue89 est effectivement un site participatif et je m’arroge le droit (au même titre que mes « 3 copains ») de participer de la manière que j’entends, dans le respect du débat d’idées. Encore une fois, je prendrai le temps nécessaire pour le terminer.

            « Ce texte ne devrait pas vous prendre une semaine, je vois ça d’ici, Faure, ce pseudo journaliste, ce méchant libéral qui critique Castro et Chavez, virez le ! Pas dans rue89, un site de gauche qui se doit de vénérer les phares de la pensée bolivarienne ! »

            Ca sonne juste comme moi : =))))))

            « Si vous voulez écrire, faites comme moi, ouvrez un blog, ça vous occupera suffisamment pour ne plus monopoliser avec vos trois copains l’espace de ces commentaires »

            Non merci, je préfère rester sur le site de Rue89 que je me suis approprié au même titre que de nombreux riverains. Vous voudriez pas me virer de la rue quand même ! ! : =)))))

            « ..ni d’intimider sans doute ceux qui aimeraient y participer mais n’aiment pas trop votre ton »

            Enorme, le meilleur pour la fin. J’ « intimide ceux qui n’aiment pas [mon] ton ». Je restreins la liberté d’expression des autres en postant des commentaires. Vous êtes énorme Mr Michel Faure : =)))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))

            • Amarouayache Zaky
              • Posté à 22h53 le 10/05/2010
              • Internaute 11970

              M. Faure excusez moi de vous dire que vous avez largement perdu votre sang-froid... Qui plus est, si je dis à quelqu’un lors d’un débat qu’il est malhonnête intellectuellement, ce n’est pas une insulte...
              Peut-être êtes vous agacé que l’on veuille(le on est parfaitement impersonnel) débattre alors que vous même l’avez dit : le débat est clos et l’affaire entendue... ? Peut-être votre égo en a pris un coup ...C’est en tous les cas ce que je lis entre les lignes de votre réponse à jahRastafari... En langage usuel, on dit : vous avez perdu les pédales..

              Bien à vous ...

        3 autres commentaires
      • Gontran Abdelkader-Kowalski
        Gontran Abdelkader-Kowalski répond à Michel Faure
        explorateur prolétaire
        • Posté à 01h32 le 11/05/2010
        • Internaute 104077
          explorateur prolétaire

        Laissez dire, Michel...
        Ils (toujours les mêmes) ne voudront jamais comprendre, jamais admettre ce qu’est le régime castriste.

        Je me demanderai toujours, et jusqu’à la fin de ma vie je pense, comment est-il possible que des individus doués de raisons, instruits et indépendants (des citoyens Français, en définitive... : -D) ne puissent pas se remettre en question (qu’il s’agisse de leur credo ou/et de leur réflexions complexes).

        Ils n’ont jamais été à Cuba, ne connaissent aucun Cubains (tandis que ceux qui, a contrario, comme vous (ou moi) sont « un peu moins avec des ornières » sont accusés de faire de la propagande et de ne connaître Cuba ni empiriquement ni théoriquement), mais non, ils vont soutenir mordicus qu’ils sont mieux renseignés que tout le monde...

        Ras-le-Cul.

        Vous savez que je suis loin d’être toujours (loin d’être souvent même) d’accord avec vous, Michel. Mais je vous suis solidaire concernant vos articles (brèves ? articlette ? articlounet ? nan on n’sait jamais...vos derniers articles étant quand même assez riquiqui pour le gars intéressé que je suis ; et qui n’apprend finalement pas grand chose)...ça doit être particulièrement lassant de devoir répéter les mêmes choses, d’une manière presque professorale, à des ânes (des trolls ?) qui ne veulent rien entendre

      • Shakana
        Shakana répond à Michel Faure
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 14h42 le 12/05/2010
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        Si vous contestez tout ça, c’est à vous de sortir votre documentation, et si possible autre chose que vos sites pro-castristes habituels, qui auront du mal à nous convaincre.

        C’est vrai ce que vous dites.
        Je viens de trouver le site d’une revue pour la jeunesse cubaine.
        Ce que l’on transmet aux jeunes cubains est de la propagande de la pire espèce. On leur bourre le mou avec des informations malsaines orientées, anti humanistes et anti universalistes.

        Jugez par vous même :

        Lien
        ou encore :
        Lien
        Dans ce document on peut trouver un lien qui les stimulent et les incitent dans la paresse et l’oisiveté :
        Lien

        Et voilà ce que ça peut donner quand ils grandissent :

        Lien

        Pourtant l’OIT donne des directives particulières pour que les enfants soient protégés :

        Comment les gouvernements ainsi que les autres acteurs peuvent-ils accélérer leur action contre le travail des enfants ?

        Constance Thomas : Ils doivent renforcer mutuellement leur action dans les domaines suivants :

        * Veiller à ce que tous les enfants aient accès à une éducation de qualité, au moins jusqu’à l’âge minimum d’admission à l’emploi.
        * Etablir un « socle » social en améliorant les politiques et les programmes de protection sociale qui aident les familles les plus démunies à scolariser leurs enfants, par exemple par des programmes de « cash transfer » (allocations sociales conditionnelles) et des cantines scolaires.
        * S’attaquer à la pauvreté en garantissant aux adultes des possibilités d’emploi décent.
        * La responsabilité incombe aux gouvernements de ratifier et d’appliquer les conventions de l’OIT sur le travail des enfants – les employeurs, les syndicats et les organisations de la société civile ont aussi un important rôle à jouer.

        Nous savons que quand les bons choix politiques sont opérés, le travail des enfants peut reculer.
        Lien

        « Nous savons que quand les bons choix politiques sont opérés, le travail des enfants peut reculer... »
        Donc un pays qui ne connaitrait pas l’exploitation des enfants par le travail a fait les bons choix politiques d’après le monsieur spécialiste de l’OIT ?

        A Cuba, les autorités affirment que le travail des enfants n’existe plus depuis la Révolution et c’est pour cela qu’ils n’ont pas encore ratifié la convention 182 (Cuba en a ratifié 7/8 à ce jour) qui stipule d’éliminer les pires formes de travail des enfants qui concernent :

        Lien
        M. Kari Tapiola (Finlande), directeur des affaires internationales à l’OIT.

        Tous les pays d’Amérique Centrale sont durement touchés, ..., sauf ... un pays pauvre d’entre les pauvres...
        ... Vous qui êtes un spécialiste de la région pouvez vous nous le citer ?

  • fidesien
    fidesien
    ouvrier
    • Posté à 17h22 le 10/05/2010
    • Internaute 61414
      ouvrier

    « Tout cela a abouti à un accord migratoire qui traduit une politique américaine absurde et déshonorante consistant à n’admettre sur le territoire des Etats-Unis que ceux qui l’auront touché du pied, et renvoyer tous les autres en direction de Cuba qu’ils fuyaient. »
    alors que Haitiens,mexicains....sont tous refoulés même en posant le pied aux USA
    Ils n’ont pas la chance de vivre sous une « dictature communiste » ! ! ! MDR
    PS : Faure reconait que les Cubains sont plus éduqués que la moyenne....les USA font de l’immigration choisi ? ? ? ?

  • fidesien
    fidesien
    ouvrier
    • Posté à 17h29 le 10/05/2010
    • Internaute 61414
      ouvrier

    La situation des homos en France n’était pas très glorieuse dans les années 70
    Depuis quelques années Cuba devient un des pays ou les droits des homos sont les plus avançés sous l’impulsion d’une fille de RAUL CASTRO
    Tout cela dans un pays latino et machiste...
    FAURE comme d’hab décontextualise ! ! ! un autre moyen de faire de la propagande et de la désinformation

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à fidesien
      Journaliste
      • Posté à 18h26 le 10/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Vous avez raison, Fidésien. Tout va bien à Cuba, remettons tout dans son contexte. Une fille de Raul Castro prend la défense des homosexuels ? Wouah, ça bouge, dites donc, je ne me rendais pas compte, merci de montrer du doigt ma propagande et ma désinformation. Ce n’est pas vous qui feriez des choses pareilles !
      Je suis content d’apprendre que dans un pays où on a surtout de droit de se taire et dont il est interdit d’émigrer, les homos auraient des droits ! Les veinard ! Lesquels ? Racontez moi ça dans son contexte, comme vous savez si bien le faire.

      • JahRastafari
        • Posté à 18h38 le 10/05/2010
        • Internaute 9177

        Allez, pour pas vous effrayer avec les intitulés des sites de « propagande castriste », je vais copier/coller le contenu et comme ça vous pourrez essayer (je sais c’est pas facile) de juger sur le fond. Allez on y croit ! ! ! : =) : (Texte de Maxime Vivas et Docteur Hervé Hubert)

        Les homos de La Havane.

        Maxime Vivas

        Yasmina Reza est écrivaine et actrice. Elle a étudié le théâtre et la sociologie à Nanterre. En 1987, elle a reçu le Molière pour la pièce de théâtre Conversations après un enterrement et à nouveau en 1995 pour « Art ».

        Art a été écrit en un mois et demi, spécialement pour Pierre Arditi, Charles Vaneck et Patrice Luchini. En 1994, la pièce triomphe à la comédie des Champs Elysées puis dans le monde entier.

        LE THEME : Serge est un médecin aisé et il aime l’art. Il a acheté un tableau. Le fond est blanc et si on cligne des yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux. Son copain Marc éclate de rire devant ce qu’il appelle une « merde » payée 200 000 francs. Bien qu’abasourdi par le prix, leur ami commun, Yvan, tente d’arbitrer le conflit. Les trois amis sont entraînés dans un conflit par une spirale qui ne peut s’arrêter. Ils en arrivent à des considérations bien au-delà du tableau.

        J’étais à la Havane en février 2007 à l’occasion de la foire internationale du livre et, au cours d’un dîner avec quelques artistes et intellectuels cubains, un français a soulevé le problème de la liberté des homosexuels à Cuba. (Pour une raison mystérieuse, ce thème préoccupe beaucoup les hétéros français). Doris, une comédienne Cubaine, nous a alors invité au théâtre.

        Nous y avons vu ART. La pièce était interprétée par trois homosexuels dans le rôle de trois homosexuels qui, à la fin, pour le rappel, (sur)jouaient trois folles dans des robes en plume d’oie.

        Le lendemain, vers 22H30, sous des arcades d’une rue passante près du Capitolio, je croise un groupe de grandes cubaines en minijupes et talons aiguilles. Mes amis cubains qui m’accompagnaient m’ont affranchi : ce sont des hommes.

        De retour en France, je reçus un courriel du mari de Doris, la comédienne cubaine :

        « Heureusement que Doris ne t’a pas amené voir, du même metteur en scène, Carlos Diaz, Las relaciones de Clara, une pièce contemporaine d’une Allemande, où tu aurais eu droit à des scènes de feinte masturbation. De toute façon, Carlos Díaz fait résolument, maintenant, du théâtre pour homos, avec toujours un petit parfum de scandale et de soufre pour remplir sa salle. Il a donc transformé La Putain respectueuse (de Sartre) en spectacle sado-maso (bonhommes nus, sanglés dans du cuir.... etc.), Art en boulevard à fofolles, comme tu as pu le voir, même si rien dans le texte ne se prête pas à ça. Tiens, il est en train de monter Phèdre. Oui, la nôtre, celle de Racine. Eh bien, je te le donne en mille : Phèdre sera interprété(e) par un homme... ! ! !

        Par ailleurs, la télé cubaine a présenté l’an dernier une très longue série cubaine dont les thèmes centraux étaient le sida, les relations homosexuelles (hommes et femmes) et autres questions similaires, ce qui a scandalisé nombre de spectateurs et contraint de déplacer l’horaire plus tard dans la soirée.

        Le Centre d’éducation sexuelle dirigé par la fille de Raúl Castro est très actif sur ce plan pour tenter de faire disparaître un certain nombre de préjugés dans la population et parmi les cadres, et elle s’efforce de faire passer des mesures législatives à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. Au sujet des travestis, par exemple. Tu vois que Cuba n’est pas si à la traîne dans ce domaine, et elle est peut-être même plus en avance que d’autres pays latino-américains et d’autres continents. Bref, la “ persécution ” des homos est de la vieille histoire.

        Doris est allée voir hier une première, une pièce d’Esther Suarez Durán, primée à un concours italien. Le titre : De hortensias y de violetas, mise en scène par Nicolás Dorr au théâtre du musée d’Art colonial. Le thème : un couple de lesbiennes veut adopter ou avoir un enfant. »

        Nous pouvons néanmoins être sûrs que, pendant des années encore, quelqu’un nous demandera pourquoi Cuba met les homos en prison. Car les contrevérités tournent en boucle. Le célèbre film « Fraises et chocolat » a été produit à Cuba au début des années 90. N’empêche ! Le 16 avril 2007, sous un titre usé jusqu’à la corde (« Cuba si, Castro no »), Pierre Assouline écrit dans son blog « La République des lettres » : « On en revient toujours à une réalité à côte de laquelle veulent bien passer les touristes : […] la répression des homosexuels […] Ce n’est pas du passé, hélas… ».

        Le même mois, en France, deux homophobes étaient jugés pour avoir provoqué la mort par noyade d’un homosexuel.
        Un colloque sur la transsexualité à La Havane.

        Docteur Hervé HUBERT

        Le colloque « Trans-identités, genre et culture » va se tenir à la Havane les 9, 10 et 11 juin 2010. Il est organisé par deux associations cubaines, La Sociéte Cubaine Multidisciplinaire d’Etude de la Sexualité, Le Centre National d’Education Sexuelle (Cenesex), et deux associations françaises : Le Centre Psycho-Médical Social (CPMS) de l’Elan retrouvé à Paris et une association scientifique, le TRIP (Travaux de Recherches sur l’Inconscient et les Pulsions) Pendant ces trois jours parleront et échangeront des conférenciers cubains et français mais aussi des intervenants d’Australie, du Canada, de Colombie, de France, de Grèce, du Mexique.

        Le choix de La Havane s’est effectué du fait des changements d’avant-garde qui ont été impulsés par Mariela Castro et l’équipe du Cenesex qu’elle dirige, concernant les droits aux différences sexuelles. Rappelons que la transsexualité est définie par le fait psychique d’appartenir au sexe opposé à son anatomie génitale. Beaucoup de transsexuels ont ainsi un sentiment étrange d’être de l’autre sexe depuis l’enfance, d’autres bâtissent cette identité à l’âge adulte. La question transsexuelle a été définie au niveau médical en 1953 par le Docteur Harry Benjamin, endocrinologue américain « Les vrais transsexuels ont le sentiment qu’ils appartiennent à l’autre sexe, ils veulent être et fonctionner en tant que membres du sexe opposé, et pas seulement apparaître comme tels » Elle nécessite un traitement hormono-chirurgical, puis un changement d’état civil. Cela ne va pas sans un questionnement éthique et une nécessaire distinction entre transsexualité, transgenre, travestisme, trans-identité.

        La transsexualité a produit un vide dans le savoir humain sur l’identité et la sexualité. Phénomène d’apparence énigmatique pour le sujet qui porte cette question, il l’est également pour la société qui le reçoit. Cet état subjectif en souffrance a subi et subit encore souvent, dans les sociétés la moquerie, la ségrégation et la discrimination. La transphobie, moins connue que l’homophobie, peut déchaîner autant de violence. Cela a été illustré en 2000 par le film Boys don’t cry qui décrit la tragédie de Brandon Teena, violé puis tué au Nebraska, aux Etats-Unis, en 1994. Mais la violence de genre, pour reprendre une expression fréquemment utilisée par Mariela Castro, est aussi verbale. Les discriminations sont parfois plus insidieuses, incluses dans les rapports sociaux, et il convient de rappeler que la France avait été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme en 1992 pour avoir refusé un changement d’état civil à une personne transsexuelle. Un premier obstacle à surmonter dans les droits à la transsexualité est indéniablement la répercussion financière du changement de sexe. En France, les conditions de traitement, les coûts financiers pour avoir un libre choix de médecin sont régulièrement critiqués. Les personnes trans qui empruntent majoritairement la voie du privé paieront entre 3000 et 5000 euros pour une pose de prothèses mammaires et entre 9000 et 12000 euros pour une vaginoplastie. Aux Etats-Unis selon la Fondation internationale pour l’éducation à l’identité sexuelle, l’opération peut coûter de 10 000 à 25 000 dollars voire 4 fois plus en fonction de la procédure. A Cuba le traitement est gratuit depuis 2008.

        Les situations évoluent. En France le retrait du transsexualisme de la liste des maladies mentales en février 2010, à l’initiative du Ministère de la Santé et après un travail sérieux de la Haute Autorité de Santé, est un progrès très important même si les conséquences concrètes sont pour l’instant imprécises.

        A Cuba, une tradition machiste et virile, très présente dans le monde de culture hispanique, s’était développée avec une forte homophobie. Situation contradictoire puisqu’une politique favorable aux droits des femmes s’était mise en place dès les années 60. Les campagnes pour les droits des LGBT (Lesbiennes, Gays, Transexuels et Bisexuels. N. du GS.). initiées par Mariela Castro s’inscrivent dans cette lignée, et la dé-pathologisation de la transsexualité a pris une place structurelle qui représente un progrès décisif quant aux questions relatives aux droits à la différence sexuelle et aux droits humains. L’expérience cubaine, à laquelle sera consacrée la dernière journée du colloque, représentera un moment d’échange international privilégié, à travers l’étude de la dépathologisation de la transsexualité et de ses conséquences dans une organisation de santé centrée sur la prévention, l’inclusion, la participation sociale, la circulation d’une parole qui articule le singulier et le collectif.

        Il sera également, dans un cadre multidisciplinaire, croisé différentes approches et expériences dans le but de saisir ce que nous apprennent le phénomène transsexuel, et les transsexuels eux-mêmes le feront, sur la logique de l’inconscient, la création culturelle en tant qu’elle est construction et production de lien social, la violence et l’intégration sociale. La trans-identité impliquant l’individu comme rapport social, apporte un gain de savoir concret sur ce qui fonde les discriminations et ségrégations.

      • fidesien
        fidesien répond à Michel Faure
        ouvrier
        • Posté à 18h53 le 10/05/2010
        • Internaute 61414
          ouvrier

        un texte de loi en faveur des unions légales ainsi que de la possibilité d’adoption va être déposé à l’assemblé nationale cubaine
        Pourquoi ne l’indiquez vous pas ?
        Vous DECONTEXTUALISER,les années 70 en FRANCE pour les homos et je ne parle pas des pays latinos....
        MR FAURE pourquoi la FRANCE n’applique pas pour l’immigration TUNISIENNE DE BEN ALI les mêmes droits que les USA pour les Cubains ?
        Seriez vous d’accord que tous tunisiens posant le pied sur le sol Francais obtiennent PAPIER,Couverture Médicale,et aide économique ?
        MERCI DE VOTRE REPONSE POUR LA QUESTION ci dessus

      • Shakana
        Shakana répond à Michel Faure
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 14h57 le 12/05/2010
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        les homos auraient des droits ! Les veinard ! Lesquels ? Racontez moi ça dans son contexte...

        J’ai déjà posté ce lien mais vous avez besoin que l’on appuie là où ça vous fait très mal :
        Lien

        Encore une revue pour la jeunesse cubaine déviante :

        Efectuarán en Cuba jornadas de reflexión contra la homofobia

        La iniciativa es auspiciada por el Centro Nacional de Educación Sexual(CENESEX) con la colaboración de otras instituciones cubanas como el Centro de prevención de las ITS/Sida, el Centro memorial Martin Luther King, la Conferencia cristiana por la paz para América Latina y el Caribe y la Unión Nacional de Escritores y Artistas.
        ...
        La celebración del Día Mundial contra la homofobia hace referencia a la decisión de la Organización Mundial de la Salud de suprimir la homosexualidad como enfermedad mental el 17 de mayo de 1990.
        Lien

        Vous souhaitez que je vous traduise cet article lu par la jeunesse cubaine ?

      • Shakana
        Shakana répond à Michel Faure
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 15h49 le 12/05/2010
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        ... dans un pays où on a surtout de droit de se taire...

        Voici une rencontre entre les étudiants de l’UCI (Lien) et Alarcón...

        ¿Vous savez qui est Alarcón j’espère, vu qu’il n’habite pas Miami ?

        Lien

        Il y a 13 documents vidéos. Vous pouvez commencer par celle que vous voulez. Les 2 premières c’est surtout Alarcón qui parle.
        Dans celle-ci (et la suivante) la question de l’Internet et de la communication internationale est abordée, celle des salaires, des voyages à l’étranger, des élections ...

        Ça se passe à Cuba, pas à Miami.

        Bon, l’accent cubain de Cuba de certains étudiants risque de vous perturber. N’hésitez pas à me demander si vous rencontrez des difficultés de compréhension.
        L’accent cubain de Miami étant atténué, vous pourriez avoir l’impression de penser que vous arriverez sans problème à comprendre un cubain de Cuba.

        Je reste à votre disposition...

  • Amarouayache Zaky
    • Posté à 17h50 le 10/05/2010
    • Internaute 11970

    Je ne suis pas du tout un spécialiste de Cuba. Mais il est vrai qu’à chaque fois que l’on entend parler de Cuba, on entend toujours les même « cloches » sonner.Ce que je veux dire par là, c’est que le peu que je sache sur le sujet , ce sont les discussions que j’ai avec des amis beaucoup mieux informés, dont le sujet est pour eux, une réelle passion ou les articles des journalistes. Et j’ai l’impression que le fossé se creuse de plus en plus sur le choix des angles d’approche concernant certains sujets abordés (pour parler de Cuba on peut toujours choisir des approches diverses et variées) entre les passionnés dont l’intérêt porté sur le sujet n’est pas forcément lié à leur profession (souvent il ne l’est pas) et ceux dont la profession, parce qu’exposée médiatiquement, a un lien étroit et direct avec la nature de l’engagement qui pousse à écrire avec telle ou telle approche(idéologique naturellement).

    Le problème de Cuba, dont il me semble qu’il constitue un point de nœud idéologique, en France particulièrement (Pourquoi ? ?), me fait penser aux problèmes de beaucoup de pays hors occident ( Certains pays africains notamment la plupart). Que Cuba soit une dictature ou pas, là est une question sur laquelle je choisis volontairement de ne pas m’attarder ici et maintenant .

    En revanche, en Afrique, notamment l’Algérie que je connais bien, on voit le même type d’émigration. Il y a ,en Algérie, l’émigration légale : j’ai à peu près une vingtaine de cousins (célibataires i.e. non mariés), dont le rêve premier, (ou second pour certains ne soyons pas catégoriques) est de voyager ne serait-ce qu’un mois en France.Malgré l’appui financier et administratif de plusieurs oncles et de mes parents vivant en France et tous français, il n’a été attribué AUCUN VISA à aucun de mes cousins(et cela malgré de nombreuses nombreuses nombreuses tentatives) .Pourtant,ils sont tous bien éduqués, ils fréquentent tous pratiquement l’université, parlent tous français et connaissent très bien la France(de loin bien évidemment). Plus généralement au niveau national, le visa (sous-entendu implicitement francais..i.e. en Algérie VISA= VISA FRANCAIS) est une espèce de mythe, un ticket gagnant que l’on pourrait comparer presque justement au ticket d’or de Willy Wonka dans Charlie et la chocolaterie.

    Il y a aussi une émigration illégale .Il y a quelques année de ça, le tube de l’année était chanté par Reda taliani « Yal babour ya mon amour ». Les paroles sont, notamment le refrain : « Oh bateau Oh mon amour, sors moi de la misère...Dans mon pays, je suis opprimé(la traduction de ce mot comprend une connotation moins POLITIQUE qu’en francais..Un peu moins..) je suis fatigué et j’en ai marre.Evasion spéciale de l’Algérie à l’occident »..
    ==> Lien.
    On a d’ailleurs un mot pour les désespérés qui veulent quand même franchir la mer méditerranée sur un bateau de fortune en risquant leur vie et en abandonnant famille et amis : les haraga...

    Pour autant que je sache, et en comparant, pour essayer de mieux comprendre, la situation de ces deux pays (qui je sais n’a rien à voir ! ! Puisque l’Algérie n’est pas Cuba ! !), on n’entend rarement les journalistes ou les « analystes géopolitique » parler de la situation de l’Algérie comme étant une dictature.Pour autant que je sache, il est communément admis que ce genre d’émigration(clandestine ou pas) naît d’une volonté de rejoindre un endroit ou l’herbe est beaucoup beaucoup plus verte, image relayée largement par la télévision que ces jeunes regardent assidument. Pour autant, que je sache, ces algériens veulent aller plus généralement en France et pas en Italie ou en Espagne qui sont pourtant plus proche. Et on connaît bien les relations Oh combien fortement compliquées entre la France ex-colonisateur et l’Algérie ex-colonisé.Il ne s’agît pas ici de me faire le chantre de la lutte anti-coloniale, mais j’ai tout de même l’impression que les flux migratoires NORD-SUD, ne font que suivre les flux financiers internationaux... Particulièrement entre deux pays qui ont eu des relations Pays Colonisé///Pays Ex colonisé. Dans cette perspective, en quoi la relation USA Cuba est comparable à une relation entre un pays colonisé et un pays ex colonisé ( présence par exemple d’une très importante et très agissante diaspora cubaine aux US) ?

    Je me permets ici de retranscrire un passage d’analyse d’un universitaire québécois...
    « L’immigration allait recruter par la suite ses candidats dans des couches populaires. Une enquête menée auprès des “réfugiés” de 1980, les “Marielitos”, attestait la mutation dans les profils des immigrants, déjà évidente depuis une décennie. Seulement 18% provenaient de ces catégories qui près de 20 ans plus tôt avaient constitué 68% des immigrants. Plus de 50% étaient des ouvriers qualifiés, les autres étant également des travailleurs manuels [Bach et al., 1981-1982] La désaffection avait donc gagné des secteurs longtemps acquis à la Révolution et bénéficiaires des réformes. La construction du socialisme à Cuba engendre ses propres contradictions et inégalités ; parmi ces contradictions, il y a les réformes engagées pour contrer une productivité somme toute décevante, les limites à la consommation individuelle, le très fort degré de conscientisation et de mobilisation affiché par la majorité des Cubains et attendu de tous, les pressions en faveur d’une discipline de travail accrue contre les tireurs au flanc. Emigrer aux Etats-Unis constitue donc une réponse pour ceux qui recherchent avant tout la satisfaction de besoins matériels individuels, les besoins collectifs étant largement couverts sans effort. Ils s’avérera que les “Marielitos” avaient des attentes irréalistes et qu’ils ne pourront pas reproduire les succès des immigrants de la première vague, mieux préparés à réussir aux Etats-Unis. »

    Lien => Lien

    Pour donner mon avis personnel, je lis dans cet extrait moins de lourdeur idéologique ( et sentimantalo-sensationnelle) et plus d’analyse circonstanciée et chiffrée que dans le texte de l’auteur de cet article.Je pense aussi que les débats idéologiques ne permettent pas de faire avancer le Schmilblick.Il est en de même pour les allusions cherchant à faire du sensationnel en cherchant à provoquer par la souffrance des uns la pitié des autres. Car la pitié ne saurait exister sans souffrance.... Je ne fais évidemment que d’exprimer mon humble opinion.

    Bien à vous tous.

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à Amarouayache Zaky
      Journaliste
      • Posté à 18h11 le 10/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Amarouayache,
      merci pour ce commentaire. Juste une précision : pour moi, il n’y a plus de débat sur Cuba en France. L’affaire est entendue depuis longtemps. Qu’une poignée d’irréductibles continuent de défendre l’indéfendable est désolant, mais pas essentiel. Tout le monde sait que Cuba est un désastre, l’île une prison, et chacun y attend, avec patience ou impatience, colère ou résignation, un avenir meilleur.

      • Anonyme répond à Michel Faure

        Non, chacun ne le sait pas, que « Cuba est un désastre » (quelle expression, du reste...), et ce malgré l’isolement et la stigmatisation de ce pays, que vous contribuez à renforcer.
        Et ne venez pas me demander de ne pas « ressortir [mes] sites pro-castristes habituels », étant donné que je n’en connais pas. J’ai seulement des témoignages de personnes qui ont vécu à Cuba avec de Cubains, affirmant - les uns et les autres -que si la situation est loin d’y être idyllique dans certains domaines, elles y est meilleure que dans nombre de pays occidentaux dans d’autres (éducation, médecine...)
        Mes excuses pour ne pas faire le boulot à votre place (il est vrai que vous n’êtes qu’un propagandiste) et ne pas faire moi-même une enquête argumentée exhaustive.

        Un lien quand même que vous qualifierez sans doute de pro-castriste : Lien.

         
        • Michel Faure
          Michel Faure
          Journaliste
          • Posté à 18h31 le 10/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Ah ! Le grand soir ! Bravo ! Pour quelqu’un qui dit ne pas connaitre les sites pro-castristes, vous tapez dans le mille.

          • Anonyme répond à Michel Faure

            Le texte cité fait référence à un rapport présenté à l’UNESCO par Georges Haddad, je ne sais pas si vous avez remarqué.

            Mais prenons plus nuancé, et notamment plus nuancé que vous et peu suspect de pro-castrisme, ou alors c’est vraiment qu’ils sont partout, les pro-castristes : celui de RFI (Radio France Internationale).

            Lien

          • fidesien
            fidesien répond à Michel Faure
            ouvrier
            • Posté à 19h09 le 10/05/2010
            • Internaute 61414
              ouvrier

            L’indice de développement humain Cubain est 51 sur 190 pays
            CHIFFRES DU PNUD repris sur le site de la CIA
            Le PNUD et la CIA sont aussi des organisations castristes ?
            Merci Mr FAURE de m’ouvrir les yeux......

        • Job
          Job
          • Posté à 19h02 le 10/05/2010
          • Internaute 9860

          Salut, une experience personnelle sur le sujet. J’habite dans un pays pas tres eloigne de Cuba, et je travaille dans l’enseignement et la recherche. On a des relations historiques tres bonnes avec un etablissement prestigieux de La Havane, on se voit une fois para an, une fois la-bas, une fois ici pour travailler ensemble. L’annee derniere, j’ai connu un prof formidable de la-bas, avec lequel on a decide de collaborer, en particulier sur la formation d’etudiants. Durant ces douze derniers mois, j’ai tout essaye pour faire venir deux etudiants cubains enthousiastes pour qu’ils puissent faire un master (2 ans) dans mon institution : lettres aux dirigeants de l’universite, attestations, garanties sur la bourse proposee... A chaque fois qu’on envoyait la paperasse demandee, on nous en demandait plus. Et cela a dure, dure... Finalement, la semaine derniere, les etudiants m’ont ecrit, fortement decus, pour me dire qu’ils abandonnaient l’idee de venir ici, vu que l’administration ne les autoriserait pas a sortir.

          Ils ont un bon systeme universitaire et de supers professeurs et chercheurs, oui, absolument, mais durant cette experience, le mot « prison » m’est vraiment venu a l’esprit a propos de l’ile.

          • Anonyme répond à Job

            Loin de moi l’idée de dire que la politique cubaine est un exemple à suivre en tout. Mais elle n’est pas non plus à rejeter en tout, chose que M. Faure, auteur de cet article et de tant d’autres, ne cesse de faire, et les médias occidentaux ayant pignon sur rue, c’est le cas de le dire, ne font que cela, dans une optique purement capitaliste et libérale (économiquement, j’entends. Parce que pour le libéralisme religieux et politique, sans parler de la liberté de circulation, notre bel Occident « néolibéral » n’est pas vraiment un modèle de « vertu », comme on aime à dire aujourd’hui pour parler des États et de leurs populations... ).
            Même traitement systématiquement stigmatisant pour le gouvernement de Chavez, par exemple.
            Or ni Chavez ni même Castro ne sont Staline...Les choix effectués dans leurs pays - choix qui ne sont pas ceux de toute la population, je vous l’accorde bien volontiers - présentent des pistes qui autorisent encore (ça ne va pas durer longtemps) à se souvenir qu’un autre monde est possible et que TINA (« There is no alternative », vous vous souvenez ?) est du bourrage de crâne...qui a bien pris.

          • fidesien
            fidesien répond à Job
            ouvrier
            • Posté à 19h23 le 10/05/2010
            • Internaute 61414
              ouvrier

            Il faut rappeler que la formation coute chère surtout à un pays soumis à un « bloqueo »
            J’ai eu connaissance d’un cas d’une ophtamologiste de haut niveau qui envoyé en Italie,n’était pas revenu au pays,pour des causes économique.
            Le responsable de l’hopital qui l’employait l’eu au téléphone et essaya en vain de lui rappeler que sa formation était du à l’état et au peuple cubain
            Aujourd’hui elle exerce à Paris
            Un bon exemple du pillage du Tiers Monde de ces cerveaux ou d’immigration choisi

            • Job
              Job répond à fidesien
              • Posté à 19h42 le 10/05/2010
              • Internaute 9860

              Vous avez raison, cela a du etre l’argument principal dans leur cas. Je comprends ce dilemne, certes, mais il est bien difficile a admettre que l’on limite la mobilite des etudiants, en particulier en postgraduate (master, doctorat..). Une difference avec l’ophtalmologiste : la formation aurait ete payee par le gouvernement d’ici sous la forme d’une bourse.

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à fidesien
              Journaliste
              • Posté à 11h26 le 11/05/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Il est possible que l’ophtalmo dont vous parlez n’est pas retournée à Cuba parce qu’elle savait que si elle le faisait, elle ne pourrait plus ressortir de l’île. Les Cubains, s’ils pouvaient entrer et sortir librement de Cuba, seraient sans doute tentés, après des études à l’étranger, de rentrer dans leur pays et d’y exercer leurs savoirs. Je travaille beaucoup sur l’Afghanistan, en ce moment, et j’ai rencontré des chirurgiens afghans, formés en France, rentrés chez eux à partir de 2002. Ils gagnent moins bien leur vie qu’en France, mais sont très heureux d’être utiles à leur pays, et ils reviennent en France régulièrement, pour des stages et des perfectionnements, revoir leurs amis, et tous reviennent à Kaboul, sans crainte d’y rester coincés.

              • Shakana
                Shakana répond à Michel Faure
                (Entre parenthèses)
                • Posté à 17h37 le 12/05/2010
                • Internaute 30512
                  (Entre parenthèses)

                Vous n’avez aucune vergogne.

                Vous savez bien que les médecins afghans ne sont pas formés ou très peu en France. Ou alors ils sont médecins militaires. Une exigence pour étudier en France, la langue !
                Vous confondez avec la Grande Bretagne.

                Les médecins français qui vont enseigner en Afghanistan enseignent en anglais...

                De jeunes professionnels afghans sont par ailleurs régulièrement invités dans les hôpitaux et facultés françaises pour y effectuer des stages ou participer à différentes sessions d’enseignement.
                Lien

                Pensez vous qu’un jeune professionnel afghans invité, avec un visa temporaire court, pour un stage ou à une session d’enseignement pourrait décider de s’installer en France sans provoquer de réaction de la part de Besson ?

                Allons donc !
                Voilà la réalité pour un afghan en France :
                Retourner en Afghanistan : une peur cauchemardesque

                Ma plus grande peur, c’est d’être renvoyé en Afghanistan. Ce serait vraiment horrible, une catastrophe !
                Lien

                Un médecin cubain, par contre, n’aurait aucune difficulté, s’il le désirait, à s’installer en France, même avec un visa touristique.

                Vous savez qu’aux USA c’est pareil.

                Parce qu’un cubain est automatiquement admis, régularisé, aidé financièrement, logé, inséré, par le simple fait d’être cubain. Un migrant d’une autre nationalité sera immédiatement mis en prison et expulsé.

                Il y a un traitement de faveur pour les migrants cubains.

                Et l’ophtalmo cubaine a choisi un niveau de vie, pas une liberté de voyager.
                Des étudiants cubains qui partent étudier à l’étranger, il y en a plus de 2000 par an. Ils rentrent tous à Cuba...
                Des médecins cubains qui exercent à l’étranger, il y en a 17 000( !).
                Lien

                Ils rentrent dans leur pays, comme vos afghans, après leur mission !

                • Michel Faure
                  Michel Faure répond à Shakana
                  Journaliste
                  • Posté à 17h49 le 12/05/2010
                  • Journaliste 82928
                    Journaliste

                  Sur les médecins afghans, vous ne savez pas de quoi vous parlez, sans doute, et ma vergogne, comme vous dites, n’a rien à voir avec ça. Beaucoup d’entre eux parlent le français, comme beaucoup d’afghans bourgeois et éduqués (ça a existé) car il y a depuis longtemps un lycée français à Kaboul, et une très ancienne coopération médicale avec les hospices civils de Lyon, notamment. J’ai interviewé plusieurs de ces médecins et chirurgiens afghans à Kaboul, en décembre dernier, pour un livre à paraitre l’hiver prochain. Tous ou presque ont étudié ou travaillé en France, et quand des missions médicales françaises viennent en Afghanistan les former, la plupart des « élèves » afghans parlent un excellent français.
                  Je ne connais pas les motivations de cette ophtalmo cubaine, et vous non plus, très certainement. Donc n’affirmez pas à son propos des intentions que vous ignorez.
                  Les seuls médecins cubains qui exercent à l’étranger que j’ai rencontrés (hors des émigrés installés aux Etats-Unis, comme l’excellent pédiatre de mes enfants quand j’habitais Washington), je les ai vus au Venezuela. Là, ils sont très nombreux, en effet, mais ils n’ont pas le droit de parler aux journalistes. Pourquoi ? Mystère, enfin, mystère, pas tant que ça. Une fois que j’insistais un peu, ils ont désigné, d’un air las et désolé, l’un d’entre eux qui fait office de commissaire politique et les surveille de près. Il m’a chassé d’un revers de main, comme une mouche, et les médecins et moi avons ri ensemble de ce geste bizarre, et le commissaire avait l’air fâché. Alors oui, sans doute, ils rentrent chez eux après leur mission bien encadrée et je ne les vois pas demander l’asile à Chavez, n’est-ce-pas ?

                  • Shakana
                    Shakana répond à Michel Faure
                    (Entre parenthèses)
                    • Posté à 01h12 le 13/05/2010
                    • Internaute 30512
                      (Entre parenthèses)

                    Sur les médecins afghans, vous ne savez pas de quoi vous parlez

                    Et ça vous suffit pour avoir raison ?
                    Je vous signale que vous n’argumentez jamais vos dires par des sources fiables. Vos dires restent ce qu’ils sont. Rien de plus...

                    Vous vous avancez beaucoup dans vos affirmations : une très ancienne coopération médicale avec les hospices civils de Lyon

                    Pour votre malheur, je vous fournis ce que vous n’osez pas vous même nous soumettre pour appuyer vos dires.
                    D’ores et déjà, deux chirurgiens afghans, les Dr Tariq Ershadi et Najeebullab Bina, ayant appris le français à Kaboul, sont partis en formation en novembre 2004 à Lyon, l’un en urologie, l’autre en chirurgie vasculaire. Ils y resteront deux ans. Un troisième chirurgien devrait pouvoir bénéficier d’un poste FFI à Lyon à partir de novembre 2005 pour une année en chirurgie digestive.
                    Lien

                    2 à 3 médecins afghans en France, ça fait léger...
                    Lien

                    Je suis désolé, mais tout se fait sur place et pas en France. Pour une raison simple qui vaut pour Cuba aussi :
                    Il est moins coûteux d’envoyer un professeur de médecine français enseigner à Kaboul qu’expatrier une cinquantaine d’étudiants en médecine afghans pour étudier en France.

                    D’autant plus qu’ Après l’invasion soviétique de 1979, l’effort de la France s’est concentré dans le domaine humanitaire, l’action des ONG françaises, présentes en Afghanistan
                    Lien

                    Et j’appuie mon propos avec un exemple flagrant, celui de MRCA.
                    Lien
                    Ou encore celui de « la chaine de l’espoir » :
                    Lien
                    Le CICR apporte son soutien à deux hôpitaux gérés par le ministère de la Santé publique. Vingt-deux expatriés - médecins, personnel infirmier et administrateurs ­ assistent et forment le personnel de l’hôpital régional de Mirwais à Kandahar.
                    Lien

                    Je vous prie de porter attention aux donateurs principaux.

                    Pour votre deuxième anecdote (je ne sais vraiment pas comment qualifier vos dires sans répéter le mot) sur les médecins cubains, vous rétrécissez la réalité à votre perception subjective.
                    Les seuls médecins cubains qui exercent à l’étranger que j’ai rencontrés... , je les ai vus au Venezuela.

                    Et... Des médecins cubains il y en a aussi là où vous n’êtes pas allé.
                    Bon... Admettons que pour un cubain il est impossible de s’éclipser étant au Vénézuela. Mais les coopérants cubains, par milliers (dont 17 000 médecins), sont basés dans plus de 60 pays ! Et ils ne s’éclipsent pas plus qu’au Vénézuela !

                    La Lien. Vous connaissez ?

                    Au hasard :
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                    Et c...

                    Mais le plus surprenant, ce sont les échanges avec la France :
                    Lien
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                    (On nous en cache des choses dans les media français !)

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                    Et c...

                    Dépêchez vous de les exfiltrer, ils ne sont pas tous au Vénézuela du méchant Chavèz ! ...

                    • Michel Faure
                      Michel Faure répond à Shakana
                      Journaliste
                      • Posté à 09h48 le 13/05/2010
                      • Journaliste 82928
                        Journaliste

                      Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir. Je ne vais pas toujours copier-coller des liens dès que j’affirme quelque chose, tout de même. La coopération médicale avec la france est ancienne, elle remonte aux années 60, et oui, bien sûr, il est moins cher d’envoyer des missions françaises de formation sur place, n’empêche qu’un assez grand nombre d’Afghans du secteur de la santé ont aussi suivi des formations en France. Quel est le débat ? Que voulez vous démontrer ? Que des coopérants cubains existent et vont à l’étranger ? Oui. Mais ça n’a rien à voir avec la liberté des Cubains de quitter l’île.

                      • Shakana
                        Shakana répond à Michel Faure
                        (Entre parenthèses)
                        • Posté à 15h35 le 13/05/2010
                        • Internaute 30512
                          (Entre parenthèses)

                        n’empêche qu’un assez grand nombre d’Afghans du secteur de la santé ont aussi suivi des formations en France.

                        C’est une affirmation gratuite.
                        Des comme ça, je peux vous en faire un paquet.
                        Moi, ça ne me suffit pas vos dires et anecdotes.
                        Je veux des faits vérifiables. Et pour l’instant, c’est moi qui vous ai démontré que vous en rajoutiez.

                        Si vous me dites qu’un assez grand nombre de médecins afghans ont été formés en France (entre nous, la coopération c’est avec la Grande Bretagne, le Pakistan ou l’Iran)... Dans le cadre d’une conversation sur l’Afghanistan... Ben, je vais pas vous sauter à la gorge, ni vous contredire outre mesure... Je penserai : « bah... il est excessif... ça mange pas de pain... vu sa passion pour le pays... Il enjolive la chose... ».

                        Par contre, si vous cherchez à me convaincre que TOUT est négatif à Cuba, et que pour appuyer votre assertion, vous me sortez des affabulations sur l’Afghanistan qui tenteraient de confirmer votre propos sur Cuba, ben, je ne laisse pas passer. J’estime qu’il y a duperie.

                        Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir.
                        ...
                        Quel est le débat ? Que voulez vous démontrer ? Que des coopérants cubains existent et vont à l’étranger ? Oui.

                        Vous comprenez mieux, j’en suis sûr. Je vais même vous affirmer que je sais que vous aviez déjà compris.

                        Mais ça n’a rien à voir avec la liberté des Cubains de quitter l’île.

                        Et bien, alors... Si ça n’a rien à voir avec la liberté des cubains de sortir de Cuba, pourquoi avez vous introduit les afghans ?
                        Là, vous allez avoir extrêmement du mal à me répondre !

                        Les Cubains, s’ils pouvaient entrer et sortir librement de Cuba, seraient sans doute tentés, après des études à l’étranger, de rentrer dans leur pays et d’y exercer leurs savoirs. Je travaille beaucoup sur l’Afghanistan, en ce moment, et j’ai rencontré des chirurgiens afghans, formés en France, rentrés chez eux à partir de 2002. Ils gagnent moins bien leur vie qu’en France, mais sont très heureux d’être utiles à leur pays, et ils reviennent en France régulièrement, pour des stages et des perfectionnements, revoir leurs amis, et tous reviennent à Kaboul, sans crainte d’y rester coincés.

                        Avez vous rencontré (pour faire comme vous) des balseros afghans ?
                        Ils s’agglutinaient dans la « jungle » à Calais...

                        Vous voyez que les cubains, comme les afghans, sont libres de leurs mouvements...

                        Tenez. Un bonus :
                        Lien

        13 autres commentaires
      • Amarouayache Zaky
        • Posté à 21h54 le 10/05/2010
        • Internaute 11970

        .Etant donné votre réponse, à savoir que « pour vous » il n’y a plus débat en France à ce propos, je reste un peu perplexe . Je comprends qu’il soit difficile de « lâcher » du lest sur ce sujet là. Lâcher du lest, c’est redescendre un peu dans le jargon du pilotage de montgolfière.Redescendre, c’est reconsidérer, remettre en perspective. Le contraire, ca serait monter. Monter sur ses grands chevaux et donner des leçons de morale d’un point de vue occidentalo-occidental.Affirmer les choses de façon péremptoire. Je dis cela, bien évidemment, sans offense aucune. C’est juste que vous le dîtes vous même . Il n’y a plus à débattre sur ce sujet car « l’affaire est entendue ». Du haut de mon ignorance sur le sujet, je ne puis tout simplement pas associer rigueur intellectuelle et recherche honnête de la vérité, avec un « il n’y a plus de débat sur le sujet ». Il y aura toujours débat sur tout... Et fort heureusement...Spécialement sur Cuba, ou le nœud idéologique est fortement prononcé.
        Ce que je crois c’est qu’il y a encore beaucoup de sujets en France sur lesquels la position « officielle », est bien peu défendable. Pis, l’acharnement de l’intelligentsia sur certains sujets radicalisent beaucoup d’autres positions parfois jusqu’aux extrêmes et amènent à réduire les débats à des concours de réthorique.Alors que la plupart des citoyens(Restons optimistes !) demandent un traitement juste et équitable de TOUS les sujets, on voit que certains d’entre eux sont traités souvent de manière presque caricaturale. Au bout d’un moment, même une personne ignorante se rend bien compte qu’on utilise toujours la même approche pour raconter toujours à peu près la même chose(i.e. la pensée qui prédomine).
        Je dis haut et fort que certains sujets ne sont plus abordables en France..Il y a certains sujets sur lesquels on ne peut pas parler en France. Et vous en faites la confession...Effectivement, le débat est clos. Qu’aurais je donc à dire même si je m’informais, même si j’allais de mes propres yeux voir ce qui s’y passe puisqu’il faudrait de toute façon que je dise que Cuba est un désastre ?
        Or, pensais-je, nous sommes en 2010. Les années défilent et les débats sur le place publique régressent et perdent en qualité alors qu’ils gagnent en quantité... On cherche à imposer un modèle au reste du monde entier(au reste du monde est utilisé ici principalement au sens figuré), sa vision partiale , bornée et intéressée( on a toujours un intérêt quelconque à raconter ce que l’on raconte, ca ne vient pas d’un sens inné que l’on aurait tous pour la justice et la recherche de la vérité) ...On cherche à avoir raison...
        Et on trouve toujours de bonnes raisons... d’avoir raison...

         
        • jacqueline ROUSSIE
          jacqueline ROUSSIE répond à Amarouayache Zaky
          retraitee
          • Posté à 16h16 le 12/05/2010
          • Internaute 114686
            retraitee

          Ce ne serait vraiment pas du luxe de répondre au défi de Monsieur Vivas !
          Trop, c’est trop ! je viens d’apprendre que la ville de Paris va organiser dans quelques jours un moment de solidarité avec les « Dames en blanc » de Cuba. Ces dames sont médiatisées à outrance, ne se déplacent pas sans que nos télévisions occidentales soient braquées sur elles.
          Pendant ce temps, dans l’indifférence médiatique la plus absolue, les mères de Soacha, banlieue pauvre de Bogota, marchent en pleurant leurs fils assassinés par l’état colombien.
          L’ONU a reconnu plus de 2000 enfants ou jeunes assassinés par l’armée colombienne, ils seraient en fait plus de 5000.
          Nos médias devraient s’insurger contre cette monstruosité, la ville de Paris organiser une manifestation.
          Ce deux poids deux mesures donne envie de vomir

        1 autres commentaires
      • Aurorita94
        Aurorita94 répond à Michel Faure
        Secrétaire de direction
        • Posté à 12h18 le 11/05/2010
        • Internaute 114581
          Secrétaire de direction

        M. Faure,
        Je découvre ce site extrêmement intéressant. Cependant, j’ai été déçue, non pas par votre article lui même sur l’histoire de Mariel car il ne vient qu’ajouter aux écrits contre la société cubaine ; mais déçue par les échanges de commentaires que je trouve plutôt simplistes ou médiocres sur le fond et qui n’aident pas à se faire des opinions objectives.
        J’ai trouvé sur la toile, un appel à « défi » de M. Maxime Vivas, idée que je trouve intéressante de la part d’un autre connaisseur de Cuba dont un article de fond sur le même thème, apporterait sans doute à la réflexion de tous les lecteurs de Rue89. Pour ma part, j’espère que ce défi pourra être tenu, si tant est qu’il y ait encore place à débat. Car je vous entends dire que le débat sur Cuba est clos. Difficile à croire si l’on écoute de nombreuses personnalités parler de Cuba et de sa situation politique et sociale en analysant cette situation tenant compte de paramètres certes complexes et pourtant indispensables pour être objectifs. Mon avis personnel en tout cas n’est pas tranché. Comme d’autres je suis allée sur place me rendre compte par moi-même, sans à priori ni arrière pensée. Et il y a de quoi se poser des questions sur vos affirmations sans appel. C’est aussi réduire LE monde à votre propre bulle et être bien imbus de sa personne que de décréter que le débat n’existe pas et que Cuba serait condamnée par le monde entier. Je trouve triste et illusoire de penser que les « choses sont entendues depuis longtemps » à Cuba ou ailleurs. Regardons le monde tel qu’il est, tel qu’il évolue, dans son contexte local et mondial, ne le voyons pas seulement comme on voudrait nous le faire voir, nous connaissons tous le pouvoir des médias dans ce registre. Il n’est nulle part question de défendre l’indéfendable. Si cette contribution peut aider au débat, j’en serai ravie.

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à Aurorita94
          Journaliste
          • Posté à 14h26 le 11/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Madame,
          Je ne suis qu’un blogueur, ici, et je n’ai ni ne revendique aucune autorité sur l’organisation du site rue89, ni sur qui peut ou ne pas y écrire. J’ajoute que je ne suis pas le seul à écrire sur l’Amérique latine, que le charme de rue89 est d’être un site participatif, et je prends généralement grand plaisir à animer autant que je le peux les commentaires de mes blogs. Je ne connais pas Maxime Rivas, et ne vois pas pourquoi ce serait un « défi » que lui ou un autre vienne écrire sur Cuba sur rue89, mais encore une fois, ce n’est pas à moi d’en décider. Si Maxime Rivas, qui a semble-t-il une certaine capacité de mobilisation des troupes, vu cet élan, que j’imagine général et spontané, pour soutenir son prétendu défi, juge indigne de lui d’exprimer ses avis dans les commentaires de ce blog, qu’il voit avec rue89, pas avec moi.
          Quand je dis que le débat est clos sur Cuba en France, je veux dire par là qu’il n’existe plus de divergences de fond, parmi les démocrates, sur le caractère non démocratique du régime castriste. Alors il existe sans doute encore quelques uns de ses défenseurs en France, peut-être en faites vous partie, qui réclament un débat, sortent les mêmes arguments, la santé, l’éducation, le blocus, d’ou vient l’argent de Yoani Sanchez, etc De même qu’il y a encore des maoistes au Népal et des intégristes catholiques en France, il y a encore quelques castristes qui s’animent dans les commentaires de rue89. Ok. En ce qui me concerne, le bébat lui aussi est clos. Mon opinion est définie depuis longtemps et rien, depuis, ne m’a fait encore changé d’avis. Tant que des gens souffriront à Cuba, y seront privés de leur liberté, j’écrirai sur Cuba sans être intimidé par les quelques défenseurs de la dictature qui s’agitent parfois dans ces commentaires. J’écrirai ce que je veux, comme je le veux, et vous en penserez ce que vous voudrez, parce que pour moi la liberté importe, la vôtre et la mienne, et que je n’ai aucune « ligne » à suivre sur rue89. Tant que ça durera, je serai toujours heureux d’y écrire, et vous, peut-être fâchée de m’y lire, mais vous n’êtes pas obligée.

          • Aurorita94
            Aurorita94 répond à Michel Faure
            Secrétaire de direction
            • Posté à 15h52 le 11/05/2010
            • Internaute 114581
              Secrétaire de direction

            Monsieur,
            Vous ne me fachez pas, mais je vous avoue je ne donnerai pas plus d’importance ni de temps à votre blog qu’il n’en vaut, car, somme toute, il n’apporte pas grand chose à ceux qui recherchent un débat sain. Mais d’ailleurs, celui-ci ne vous intéresse pas. D’ailleurs, si votre propre réflexion et débat est clos, pourquoi dépenser autant de temps et d’énergie sur le sujet ?
            Vos raccourcis sont saisissants : Se questionner sur le traitement médiatique sur Cuba revient à faire de vous un castriste, un intégriste catholique ou le mouton d’un troupeau.... c’est un peu primaire. D’après vous, la santé, l’éducation ne sont que des piètres « arguments » : allez dire cela aux millions de personnes qui n’ont pas cette liberté ; le blocus est aussi un « argument » qu’il ne faudrait pas prendre en compte dans l’histoire de Cuba depuis 50 ans. Vous, nous ne détenons ni l’exclusivité ni la vérité sur ce que sont la liberté et le pouvoir du peuple, la démocratie dans le monde.
            Je vous souhaite autant de réactivité et de hargne pour défendre la liberté de tous les peuples qui souffrent sur cette planète, il y a de quoi faire, ici même à nos portes ; mais votre acharnement contre Cuba me fait finalement douter sur vos humanistes intentions. Dommage, vous avez failli être intéressant. Ne vous fatiguez pas à répondre, je serai passée à d’autres lectures qui n’ont pas clos la réflexion ni la pensée.

          • Claude Roussie
            Claude Roussie répond à Michel Faure
            Professeur (retraité)
            • Posté à 23h58 le 12/05/2010
            • Expert 114720
              Professeur (retraité)

            « Quand je dis que le débat est clos sur Cuba en France, je veux dire par là qu’il n’existe plus de divergences de fond, parmi les démocrates, sur le caractère non démocratique du régime castriste. »

            Monsieur Faure, vous venez de m’apprendre que je ne fais plus partie des démocrates de mon pays.

            J’ai l’insigne faiblesse en effet de penser qu’un pays où des élections sont régulièrement organisées pour désigner les représentants du peuple est un pays démocratique, même si l’argent n’y est pas le nerf électoral.

            Que deviendra Cuba dans l’avenir, est bien chanceux qui le sait. J’ai eu l’occasion de visiter une fois la grande île. J’y suis arrivé avec tous les a priori que pouvait induire en moi les commentaires nombreux et ô combien critiques sur la « dictature castriste ». J’y ai rencontré des Cubains critiques, mais surtout des cubains fiers des acquis de leur pays : « ici on mange souvent mal, mais on mange à sa faim, ici on est soigné correctement, ici les enfants ont des droits, ici on a la musique, ... » En quelque sorte du pain, des roses et des myrtes. Ah oui, j’oubliais ce Français venu s’installer à la Havane et qui nous a dit y avoir trouvé son équilibre, loin du luxe qu’il avait pu connaître en France...

            Est-ce le contraste avec ce que l’on m’en avait dit ? Toujours est-il que, depuis, je suis devenu un avocat de la cause cubaine... et j’ai, si je vous en crois, perdu ma vertu de démocrate...

            Vous me proposeriez de choisir entre la France et Cuba, je choisirais la Première, j’y ai toute ma famille tous mes amis, tant de souvenirs... et les Pyrénées à ma porte.
            Vous m’imposeriez l’exil avec l’alternative Cuba ou les Etats Unis je choisirais encore la première. Malgré tous ses défauts, c’est là que nichent les espoirs des peuples Sud Américains... J’ai bien dit les Peuples. « C’est la canaille... » disait la chanson « ...eh bien, j’en suis »

            Ne me faites cependant pas dire que j’ai trouvé le paradis dans ce coin des Caraïbes. Je ne crois pas au Paradis...
            Mais je sais qu’il est des peuples qui vivent l’enfer dans la partie Amérique Latine encore soumise à la démocratie étasunienne. (Vous remarquerez que je n’ai pas parlé de la dictature étasunienne bien que j’aie, entre autres, le Honduras, la Colombie qui me chatouillent la langue)

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à Claude Roussie
              Journaliste
              • Posté à 09h19 le 13/05/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Claude,
              Les élections cubaines auraient plus de vertus démocratiques si des opposants pouvaient s’y présenter. J’ajoute que l’élection ne suffit pas à faire d’un pays une démocratie (regardez l’ex URSS, regardez l’Iran aujourd’hui, ou l’Afghanistan, entre autres). Il y faut aussi une culture démocratique, un état de droit, la séparation et l’indépendance des pouvoirs, et surtout, surtout, l’autonomie de la personne et son droit à choisir son destin. Interdire à ses citoyens de quitter leur pays, comme le fait Cuba, est contraire à la plus élémentaire des libertés individuelles.
              Je ne veux pas ici jeter bons ou mauvais points, et je ne dis pas que vous n’êtes pas démocrate. Mais peut-être n’êtes vous pas assez attentive à ce qu’est la démocratie, à ses fondements et sa véritable nature. Si vous y réfléchissez bien, vous verrez vite qu’il existe une contradiction entre être démocrate et, comme vous le dites, soutenir Cuba. On peut aimer les Cubains, on peut aimer Cuba, on peut aimer sa musique. Soutenir le régime castriste, par contre, c’est dénier aux Cubains des droits et des libertés qui devraient être les leurs.

              • Claude Roussie
                Claude Roussie répond à Michel Faure
                Professeur (retraité)
                • Posté à 15h26 le 13/05/2010
                • Expert 114720
                  Professeur (retraité)

                Claude,
                « Les élections cubaines auraient plus de vertus démocratiques si des opposants pouvaient s’y présenter. J’ajoute que l’élection ne suffit pas à faire d’un pays une démocratie (regardez l’ex URSS, regardez l’Iran aujourd’hui, ou l’Afghanistan, entre autres). »

                Oh, je ne doute pas que le système électoral cubain a ses propres limites et ses effets pervers. Mais cette façon d’amalgamer de fait des situations aussi différentes que celles de l’ex URSS, de l’Iran aujourd’hui, ou de l’Afghanistan relève plus d’un souci polémique que d’une réflexion « attentive » pour reprendre votre souci.
                Mais je ne crois pas plus à une Démocratie idéale qu’au Paradis. Comment se déroule le processus électoral à Cuba ? Comment et par qui sont sont désignés les candidats ? Le vote est-il obligatoire ? Voici quelques questions auxquelles il serait bien de « réfléchir » avant de jeter l’anathème.

                « Il y faut aussi une culture démocratique » écrivez vous, mais une culture démocratique ne tombe pas du ciel, elle est un processus qui plonge ses racines dans l’histoire du pays et qui se développe dans un mouvement contradictoire fait d’avancées et de recul. A qui connaît un peu l’histoire de Cuba, il apparaît que malgré tous ses défauts, le socialisme cubain est un progrès par rapport à la période Battista.

                Et que vaut une « culture démocratique » lorsque les pays qui s’en disent les détenteurs se posent en donneur de leçons aux peuples qui ont le front de s’affranchir de leur tutelle et n’hésitent pas à susciter ou a soutenir les pires dictatures, quand ils ne mettent pas à feu et à sang des régions entières.

                Mais peut être avez vous raison, je ne suis pas « assez attentif (excusez l’ambiguïté de mon prénom) à ce qu’est LA démocratie, à SES fondements et SA véritable nature ». La raison en est dans ce que je m’efforce d’être attentif aux errements des différentes formes de démocratie de nos pays et je dois avouer qu’ils ne manquent pas de m’inquiéter. Au delà des mots que je ressens souvent incantatoires, tels que « état de droit », « séparation et indépendance des pouvoirs », « autonomie de la personne » je suis bien obligé de constater, que le droit qui devrait « protéger le faible », pour reprendre les mots de Jean Jacques Rousseau, est le plus souvent mis à contribution pour maintenir le faible dans son état de faiblesse.

                Vous affirmez que les Cubains ne peuvent pas quitter leur pays. Pourtant les autorités cubaines ont toujours affirmé que tout Cubain qui voudrait se rendre aux USA pourrait le faire, si ces derniers leur accordaient un visa. Visas qui ne sont délivrés qu’au compte goutte par le gouvernement US et en nombre bien inférieur à celui auquel s’était engagé l’administration Clinton.
                Dans ces conditions, la loi étasunienne dite des « pieds secs », que vous devez connaître, relève d’une politique dont le cynisme ne doit pas vous échapper.
                La restriction aux départs de Cubains tient plus aux éventuels pays d’accueil que de leur propre pays.

                Voyez vous, plus je réfléchis et plus je pense qu’être démocrate c’est respecter les peuples dans leur diversité et le peuple cubain, pour ce que j’ai pu en juger par les rencontres que j’ai pu faire tant à Cuba qu’en France avec des Cubaines ou des Cubains, est attaché à sa révolution.

                • Michel Faure
                  Michel Faure répond à Claude Roussie
                  Journaliste
                  • Posté à 20h02 le 13/05/2010
                  • Journaliste 82928
                    Journaliste

                  Claude,
                  que les choses soient bien claires. J’ai le plus grand respect pour le peuple cubain, je peux aussi être très critique à l’égard de nos démocraties occidentales qui s’éloignent souvent, à mon sens, de l’idéal que j’ai de la démocratie. Cela dit, on ne peut pas justifier aujourd’hui le régime castriste simplement parce qu’il a succédé en 1959 à une dictature odieuse. Un demi-siècle plus tard, Cuba, sous la fiction d’une geste révolutionnaire, est toujours une dictature, et de très nombreux autres pays, notamment en Amérique latine et en Europe de l’Est, ont rejoint le monde démocratique. A Cuba, le temps s’est figé. Et à Cuba comme dans l’ancien bloc soviétique, on empêche les citoyens de sortir non pas parce que les Etats-Unis ne leur offrent pas de visas, mais parce qui si vous ouvrez la porte, tout le monde s’enfuit. C’est ça la vérité. Regardez la RDA. Regardez les nord Coréens qui cherchent à aller en Chine, regardez les boat people vietnamiens après la victoire du Vietcong. Les gens fuient, Claude, non pas pour des raisons économiques - après tout, la RDA ou l’URSS garantissait un emploi à chacun - mais par désir de liberté.
                  Moi aussi, Claude, je suis comme vous, je respecte les peuples dans leur diversité. Mais je n’aime pas les régimes qui les asservissent. Et je trouve que c’est le devoir des démocrates que de défendre les libertés, qui sont universelles.

                  • Claude Roussie
                    Claude Roussie répond à Michel Faure
                    Professeur (retraité)
                    • Posté à 21h54 le 13/05/2010
                    • Expert 114720
                      Professeur (retraité)

                    C. Roussie :
                    Vous voudrez bien ne pas trop m’en vouloir d’arrêter ici notre échange.

                    J’invite simplement ceux qui auront la patience de nous lire de prendre le temps de relire les questions que vous m’avez donné l’occasion de poser et d’aller chercher leurs propres réponses, en s’affranchissant des affirmations sans cesse répétées par de multiples canaux et prennent ainsi un faux air de « c’est ça la vérité », jusqu’au moment où elles se révèlent approximation, voire mensonge.

                    C’est François Mauriac qui écrivait dans ses mémoires politiques : « … Car enfin, c’est le b-a-ba de la critique historique, qu’il faut nous assurer d’abord que nous avons affaire à des témoins non prévenus… ».
                    Ce fut un grand journaliste.

                  • Shakana
                    Shakana répond à Michel Faure
                    (Entre parenthèses)
                    • Posté à 17h39 le 14/05/2010
                    • Internaute 30512
                      (Entre parenthèses)

                    Et à Cuba..., on empêche les citoyens de sortir non pas parce que les Etats-Unis ne leur offrent pas de visas, mais parce qui si vous ouvrez la porte, tout le monde s’enfuit. C’est ça la vérité.

                    C’est ça la vérité : si vous ouvrez la porte, tout le monde s’enfuit. ?

                    Vous devriez lire avec plus d’attention vos propres articles !

                    Lien

                    Dix jours plus tard, Castro déclare que ceux qui veulent quitter Cuba peuvent le faire à condition d’abandonner leurs biens et que les Cubains de Floride viennent les chercher au port de Mariel.
                    ...
                    De fait, du 15 avril au 31 octobre 1980, quelque 125 000 Cubains quitteront l’île.

                    « parce qui si vous ouvrez la porte, tout le monde s’enfuit. »

                    C’est ça la vérité : quelques 125 000 cubains ont quitté l’île...
                    Cuba c’est 11 423 952 habitants.
                    Donc 0,01% de la population a décidé de quitter Cuba...

                    PS : En plus vous n’êtes pas à une contradiction près : à condition d’abandonner leurs biens
                    Vous nous martelez à longueur de temps que les cubains n’ont rien, qu’ils sont dépossédés de tout ? ! ...
                    Et vous nous dites : Les gens fuient, Claude, non pas pour des raisons économiques - après tout, la RDA ou l’URSS garantissait un emploi à chacun - mais par désir de liberté.

                    Plutôt que de dire : « après tout, la RDA ou l’URSS garantissait un emploi à chacun », vous pouviez dire « après tout, Cuba garantit un emploi à chacun »... Mais ça vous aurait brûlé la bouche, comme hier, au temps du bloc de l’Est, vous ne l’auriez pas reconnu (escamoté) pour la RDA ou l’URSS...

                    Quels biens qui ne puissent être mis dans des valises pour « rejoindre » la liberté ?

        • Michel Faure
          Michel Faure répond à Aurorita94
          Journaliste
          • Posté à 14h28 le 11/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Pardon, je voulais écrire Maxime Vivas. Merci

          • Shakana
            Shakana répond à Michel Faure
            (Entre parenthèses)
            • Posté à 03h00 le 13/05/2010
            • Internaute 30512
              (Entre parenthèses)

            Tant que des gens souffriront à Cuba, y seront privés de leur liberté

            C’est vrai qu’on est injuste avec vous.
            Vous qui défendez les valeurs de bien être et de liberté qui règnent sur Haïti, République Dominicaine, Jamaïque, Salvador, Panama, Honduras, ... enfin toute l’Amérique Centrale et même Latine, ... sauf à Cuba !

            ... Sauf aussi au Vénézuela ! ... Où avais-je la tête...

        10 autres commentaires
  • Namvina
    Namvina
    jeune sans avenir
    • Posté à 20h20 le 10/05/2010
    • Internaute 109249
      jeune sans avenir

    M. Faure, ne comprenez-vous pas que tant que vous serez autant partiale sur la question de Cuba, vos articles seront mal notés et vous aurez droit à une deferlante de commentaires à votre encontre ?

    On en a marre de cette propagande systématique. On veut bien des articles sur Cuba, mais on demande que ces articles ne soient pas totalement orientés ! Est-ce trop difficile pour vous que de montrer aussi autre chose que les aspects les plus sombres de l’île ?

    C’est tellement facile de faire apparaitre un pays sous son plus mauvais aspect. Je suis sure que je peux prendre n’importe quel pays au hasard, et en faire « un pays de merde »

    Je ne pense pas que Cuba soit un paradis terrestre et je ne voue pas un culte à Fidel Castro. Mais je sais reconnaître que la politique cubaine n’est pas un échec total sur tout les plans, c’est vraiment stupide ! On vous accuse de propagande, parce que vous vous acharnez complétement contre le régime cubain, en ne prenant que les exemples qui vous conviennent, et en oubliant volontairement de montrer des aspects positifs, ou de parler de certaines horreurs commises par des gouvernement de droite.

    Ce qui m’énerve dans cette espèce d’anti-communisme primaire, c’est que ce genre de propos tend à tout flanquer à la poubelle, comme si il n’y avait absolument rien de bon à récupérer.
    Regardez la Russie, le marché est ouvert, ouah fantastique, mais sous des couvertures de démocratie le pouvoir est autoritaire (répression des opposants politique) la corruption pullule, et il y a surement beaucoup de pauvreté (je n’ai pas de chiffre, et la flemme de chercher j’avoue)
    Tout ce qui compte au final du point de vue des occidentaux, c’est que les marchés soient ouverts. Le reste, c’est pour la déco. Vous faites partie des gens qui leur prépare le terrain...
    Quelqu’un d’objectif, critiquera certes, le manque de libertés sur l’île, mais ne devrait pas remettre totalement en cause un système qui permet à des milliers de gens de se soigner, avoir accès à l’éducation et à manger, contrairement à bcp de pays du continent américain. Votre partialité ouvre la porte au mauvais tri du à garder et à jeter.

    Ça m’énerve vraiment, pourquoi est-ce qu’on ne peut pas laisser se faire une expérience économique en paix. Réclamer plus de liberté pour le peuple cubain, oui, ok. Mais ma sensation est qu’on nous formate l’esprit à croire que démocratie et économie de marché vont de pair, à nous faire abandonner toute pensée communistes en appuyant tout ses arguments sur le caractère totalitaire de certains état. On veut vraiment nous foutre dans le crâne « il n’y a pas d’autres alternatives »
    et moi ce que je vois, c’est qu’en parallèle, on est en plein dans une période ou on s’attaque méchamment aux droits des travailleurs. « mais il n’y a pas d’alternative » ...
    Ca ressemble vraiment à de la mauvaise foie.

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