Panamericana

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Présidentielle en Colombie : la percée du candidat Vert Mockus

Michel Faure
Journaliste
Publié le 17/05/2010 à 12h59


Antanas Mockus, le candidat du Parti vert à l’élection présidentielle en Colombie, à Bogota, le 17 mai ( Reuters/Fredy Builes)

En Colombie, à deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, l’ancien maire de Bogotá fait une percée fulgurante et inattendue dans les sondages, lesquels le placent en tête devant Juan Manuel Santos, le dauphin du président sortant Alvaro Uribe.

Faire de la politique autrement est un rêve aussi ancien que la démocratie elle-même, et généralement une promesse récurrente des candidats qui conduit les électeurs, quelque temps plus tard, à la désillusion. En dépit de ce constat pessimiste, en dépit des déceptions que chacun d’entre nous a éprouvées au fil du temps, il arrive parfois que l’on se dise : « Ah, tiens, cette fois-ci peut-être... »

Et c’est ce que je suis en train de penser en regardant d’un peu plus près Antanas Mockus, le candidat du Parti vert qui pourrait bien devenir, s’il faut croire les sondages, le prochain président de la Colombie, dont le premier tour de l’élection aura lieu le 30 mai.

Un mathématicien doublé d’un philosophe

C’est un personnage assez bizarre. Avec sa barbe sans moustache, il a la tête d’un pasteur amish. Quand il parle, il marmonne un peu, ce qui est assez rare chez un politicien. C’est un mathématicien doublé d’un philosophe.

Il est d’origine lituanienne et vous cite Pierre Bourdieu et son concept de « violence symbolique » pour vous expliquer pourquoi il a montré ses fesses à des étudiants turbulents, en 1993, alors qu’il était recteur de l’université de Bogotá. Il porte de petites lunettes cerclées de métal, ses cheveux un peu hirsutes coiffent un visage austère qu’éclaire, de temps en temps, un sourire désarmant.

Il s’est marié dans un cirque et s’est déguisé, parfois, en « Supercitoyen », façon Superman, quand il était maire de Bogotá et prônait les vertus de la « citoyenneté ». Bref, à part le fait qu’il a à peu près la même barbe qu’Abraham Lincoln, il n’est pas sorti du moule habituel des hommes politiques aspirant aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Il ne parle pas non plus comme un politicien, et c’est sans doute la clé de son inattendu succès durant cette campagne, lequel est spectaculaire. Fin mars, la plupart des sondages, parmi lesquels Datexo, lui donnaient un peu moins de 9% des intentions de vote, contre 34% à Juan Manuel Santos, qui fut notamment l’ancien ministre de la Défense de l’ex-président Alvaro Uribe et s’annonçait alors comme son successeur naturel et son héritier.

Une percée fulgurante dans les sondages

Un mois et demi plus tard, Mockus est en tête. Le 14 mai, toujours selon Datexo, il rassemble 32,8% et Santos 29,3%. Tous les autres candidats sont loin, très loin derrière. Gustavo Petro, du Polo democratico alternativo, principal candidat de la gauche, est à 7,5%. La conservatrice Noemi Sanin est à 5,6%. Le candidat de Cambio radical, ancien membre de la coalition d’Uribe, German Vargas Lleras, est à 4,3%. Rafael Pardo, enfin, du Parti libéral, est à 3,1%.

Les sondages sont ce qu’ils sont, et sans doute privilégient-ils les zones urbaines au détriment des zones rurales. Mockus, l’intello un peu lunaire dont la pensée est complexe et les discours un peu décalés, séduit probablement plus les couches aisées des grandes villes que les paysans inquiets pour leur sécurité.

Le candidat vert, enfin, qui finance sa campagne grâce à un découvert bancaire, n’a ni les fonds ni le soutien logistique d’un appareil politique bien huilé comme Santos. Donc, il n’est pas encore certain qu’il l’emporte. N’empêche qu’il a touché, de façon évidente, une large fraction de la population colombienne, à un moment crucial de la vie politique de la Colombie, et il faut comprendre comment, savoir pourquoi, et s’interroger sur les conséquences de son éventuelle victoire.

« La continuité autrement », un discours qui séduit

Il existe deux éléments fondamentaux, me semble-t-il, dans la séduction qu’exerce sur l’électorat colombien le discours de Mockus :

  • la continuité,
  • la continuité mais autrement.

Dans un pays où la sécurité est jugée fondamentale, où Alvaro Uribe, qui en fut le champion, quitte le pouvoir avec des taux de satisfaction supérieurs à 70%, Mockus ne prône pas la rupture :

« Nous n’allons pas détruire ce qu’a construit le gouvernement d’Uribe. »

Il promet, dans son programme, de lutter contre tous les groupes armés sans négociation aucune, et de récupérer au profit de l’Etat « le monopole de l’usage légitime de la force ». Il s’appuie sur le bilan de ses deux mandats de maire à Bogotá pour revendiquer sa crédibilité en matière de sécurité, alors que la criminalité y a effectivement baissé de façon spectaculaire.

« Je ne suis pas un mou, je suis un dur propre »

Sur le thème majeur de la lutte c


Affiche de campagne d’Antanas Mockus (Ro Ballén Barragán/Flickr)

ontre les Farc et les milices d’autodéfense, le discours de Mockus est sans concession, il ne reviendra pas sur les avancées d’Uribe ni ne recommencera des négociations comme l’avait fait le prédécesseur d’Uribe, Andres Pastrana.

Mais dans cette continuité, c’est l’approche qui change. En lieu et place de la « sécurité démocratique » d’Uribe et de Santos, sous couvert de laquelle les atteintes aux droits de l’homme ont été innombrables (notamment ce qu’on a appelé les « faux positifs », c’est-à-dire l’inflation des statistiques sur les pertes des Farc par l’assassinat de civils par les forces armées), Mockus propose la « légalité démocratique ».

Celle-ci exige « un gouvernement exemplaire », l’indépendance et la protection des juges, l’encadrement légal des actions de la police et de l’armée, la fermeté, l’absence de corruption, l’honnêteté et la transparence comme forces morales, et l’adhésion de la société toute entière dans cette quête de légalité, de sécurité et de démocratie. « Je ne suis pas un mou, affirme Mockus, je suis un dur propre. »

Un autre élément de cette continuité « autrement » est la volonté de ne pas transformer la sécurité comme seule et unique priorité politique de la Colombie. Le premier chapitre du programme de gouvernement de Mockus, c’est l’éducation, comme outil de lutte contre les inégalités et la pauvreté, mais aussi comme outil de la souveraineté contre la corruption et pour le respect des lois.

Mockus est assez inclassable et certains s’en inquiètent. Il est plutôt à gauche, mais il n’est pas antiaméricain. Il a passé quelque temps aux Etats-Unis, notamment à la Harvard School of Government, et juge essentiel le maintien d’une relation privilégiée avec eux.

Son attitude vis-à-vis de Chavez inquiète

Certains s’inquiètent du fait qu’il veut restaurer des relations normales avec le Venezuela après avoir déclaré qu’il « respectait » son président, Hugo Chavez. Dans l’atmosphère assez « guerre froide » des relations de la Colombie avec ses voisins « bolivariens », Mockus avancerait masqué.

Il est jugé par certains comme un « futur Zelaya », le président conservateur du Honduras devenu en cours de mandat un allié de Chavez. On peut admettre un brin de paranoïa quand on connaît les liens de Chavez avec les Farc et l’ETA, le prosélytisme du président vénézuélien, sa volonté de construire un bloc anti-yankee en Amérique latine, voire d’encercler l’allié des Etats-unis qu’est la Colombie.

Néanmoins, la position de Mockus s’apparente plus à une volonté de non-ingérence mutuelle qu’à une offre d’allégeance. Quand Mockus dit qu’il respecte Chavez, je pense (j’espère aussi) qu’il dit respecter la souveraineté de Chavez et son droit de mener les politiques qu’il veut à l’intérieur de ses propres frontières.

Il évoque là encore les règles du droit et attend la même attitude de la part de Chavez à l’égard des politiques menées en Colombie. J’y vois une demande de respect mutuel, c’est-à-dire de non-ingérence réciproque, de normalisation diplomatique et de reprise des échanges commerciaux interrompus entre les deux pays voisins.

Mockus, sans doute, saisit son moment dans l’histoire récente de la Colombie. Le pays avait espéré la paix, du temps de Pastrana, et les Farc n’en ont pas voulu. Puisque la paix n’était pas possible, les Colombiens ont opté alors pour la sécurité, « la mano dura » que leur avait promise Uribe.

Mockus dit non au tout sécuritaire

Il a tenu sa promesse, et les Colombiens lui en sont dans leur grande majorité reconnaissants, mais ils savent aussi que cette promesse a eu un prix, ce que Mockus appelle le « todo vale », une sorte de relativisme absolu qui voulait qu’on puisse faire un peu n’importe quoi, du moment qu’on luttait pour la sécurité.

Massacres et corruption, en d’autres termes, n’avaient plus d’importance. Mockus arrive et dit « non ». La légalité, l’état de droit, le respect mutuel, l’éducation et la culture, sont aussi des éléments essentiels d’une société. Mieux, ce sont aussi des armes contre la violence et le narcotrafic.

Certains trouvent de telles propositions angéliques, surtout dans un pays si violent. Mais au fond, contre cette violence, tout a été essayé sans succès, et le rêve d’une société soudée dans un état de droit, sous un gouvernement honnête, n’est pas si incongru. Finalement, la seule chose à craindre, avec son éventuelle victoire, c’est la désillusion, et nous y sommes habitués.

Photo et illustration : Antanas Mockus, candidat du Parti vert à l’élection présidentielle en Colombie, à Bogotá, le 17 mai 2010 (Reuters/Fredy Builes) ; affiche de campagne d’Antanas Mockus (Ro Ballén Barragán/Flickr)

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  • cossery
    cossery
    résistant
    • Posté à 13h03 le 17/05/2010
    • Internaute 85601
      résistant

    « Je ne suis pas un mou, je suis un dur propre »... C’est Guaino qui lui fait ses discours ? ?

  • Albedo
    • Posté à 13h09 le 17/05/2010
    • Internaute 7121

    Une popularité à la Nick Clegg qui se confirme rarement dans les urnes...

    • orangevox-
      orangevox- répond à Albedo
      Licencieuse
      • Posté à 13h53 le 17/05/2010
      • Internaute 114473
        Licencieuse

      Excellent article sur ce personnage Mockus d’ascension publique. Cependant un bémol logistique : la logique de ce candidat médiatique peut-elle s’imposer par votation philosophique dans les résultats des urnes peu mathématiques ? Espérons que la raison l’emporte sur les prisons.

      • Albedo
        Albedo répond à orangevox-
        • Posté à 18h11 le 17/05/2010
        • Internaute 7121

        « Espérons que la raison l’emporte sur les prisons. »

        Joli.

    • frijolax
      frijolax répond à Albedo
      (on a vu mieux, on a vu pire)
      • Posté à 15h01 le 18/05/2010
      • Internaute 113087
        (on a vu mieux, on a vu pire)

      La situation colombienne n’est en rien comparable a la situation britannique.

      Voir un indépendant prendre le pouvoir enEurope de l’Ouest... c’est de l’ordre du jamais vu. En Amérique Latine, les exemples ne manquent pas. Qui plus est Mockus a démontré à « petite échelle » ce qu’il pourrait faire à l’échelle nationale. Il est connu depuis très longtemps du grand public là-bas... ce qui n’était pas réellement le cas de Nick Clegg : membre du parlement depuis 5 ans et candidat pour la première fois à ce poste.

      • Albedo
        Albedo répond à frijolax
        • Posté à 15h10 le 18/05/2010
        • Internaute 7121

        Oui, de fait, la comparaison n’est pas entièrement satisfaisante... mais je voulais juste mettre le doigt sur le fait, qui a l’ait plutôt international, que l’électorat peut s’enthousiasmer pour une personnalité attachante et puis qu’une fois seul dans l’isoloir vote pour les partis d’habitude.

  • hogan
    hogan
    actif
    • Posté à 13h22 le 17/05/2010
    • Internaute 25474
      actif

    Y aura-t-il enfin de la cocaïne bio ? ? ?

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 13h29 le 17/05/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    « C’est un personnage assez bizarre. Avec sa barbe sans moustache, il a la tête d’un pasteur Amish. Quand il parle, il marmonne un peu, ce qui est assez rare chez un politicien. C’est un mathématicien doublé d’un philosophe.

    Il est d’origine lithuanienne et vous cite Pierre Bourdieu et son concept de “ violence symbolique ” pour vous expliquer pourquoi il a montré ses fesses à des étudiants turbulents, en 1993, alors qu’il était recteur de l’université de Bogotá. Il porte de petites lunettes cerclées de métal, ses cheveux un peu hirsutes coiffent un visage austère qu’éclaire, de temps en temps, un sourire désarmant. »

    A l’aune de cette analyse, on comprend pourquoi M Faure a changé sa photo de présentation sur ce fil.

  • Troll-en-folie
    Troll-en-folie
    Parano chronique
    • Posté à 13h51 le 17/05/2010
    • Internaute 87214
      Parano chronique

    Le problème dans ces pays, c’est que si l’on dérange trop, on peut facilement croiser une balle perdue.

  • panik
    • Posté à 13h55 le 17/05/2010
    • Internaute 19428

    « Celle-ci exige un gouvernement exemplaire, l’indépendance et la protection des juges, l’encadrement légal des actions de la police et de l’armée, la fermeté, l’absence de corruption, l’honnêteté et la transparence comme forces morales, et l’adhésion de la société toute entière dans cette quête de légalité, de sécurité et de démocratie. »

    Ouhla, l’agression contre notre président ! ! ! Heureusement que les gens gardent la tête froide :

    « Certains trouvent de telles propositions angéliques, surtout dans un pays si violent. »

    Ben oui, et pourquoi pas la séparation des pouvoirs et un impôt progressif en France ? Un peu de réalisme, merde !

    Qu’on leur envoie Ingrid Betancourt et DSK, à ces malades ! La cocaïne rend fou, mais tout de même, il y a des bornes à respecter !

    • Errance
      Errance répond à panik
      écouteur d'histoires
      • Posté à 22h56 le 17/05/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      La comparaison avec la France et notre président n’est même pas absurde, elle est tout simplement débile tant ces pays sont incomparables, tant les situations politique, économique, démocratique sont radicalement différentes.

      Est-il indispensable de toujours tout ramener à la France ?

  • Nicolas_Zeisler
    • Posté à 14h03 le 17/05/2010
    • Internaute 104535
      MEDIAS

    Si seulement...

  • Javi
    Javi
    étudiante
    • Posté à 14h14 le 17/05/2010
    • Internaute 114950
      étudiante

    Très bon article.
    Vous pouvez aussi visiter et écouter le débat qu’a eu lieu à la Maison de l’Amérique latine il y a quelques jours...
    Lien
    Y ont participé Olga González, Jean-Jacques Kourliandsky, Ricardo Abdallah et Hollman Morris (au téléphone).

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à Javi
      Journaliste
      • Posté à 14h29 le 17/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Merci pour le lien, Javi. Et pour le compliment, aussi ; -)

  • Rivendell
    Rivendell
    Suppot de satan
    • Posté à 14h29 le 17/05/2010
    • Internaute 102483
      Suppot de satan

    Une question : candidat « vert », c’est par rapport à quoi, la couleur des affiches de son parti, de son T-shirt ou le fait qu’il soit écolo ?

    Je demande ça, parce que, parmis toutes les attentions que vous lui prétez, je n’y ai vu aucune liée à l’écologie...

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à Rivendell
      Journaliste
      • Posté à 14h42 le 17/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Oui, bonne remarque, Rivendell. Quand on lit son programme, le coté écolo ne saute pas aux yeux. Ca me fait penser que Bétancourt aussi, en 2004, se présentait sous la bannière des Verts. Là bas, c’est peut-être une franchise « libre de droits ». Il faudrait avoir l’avis de nos lecteurs vivant en Colombie. A vrai dire, je ne suis pas sûr que l’écologie soit la priorité des Colombiens.

      • Neug
        Neug répond à Michel Faure
        En vadrouille
        • Posté à 18h12 le 17/05/2010
        • Internaute 114973
          En vadrouille

        En fait, je crois qu’avec la couleur il cherche plutôt à se différencier des autres partis. Pour informations, en Colombie, les conservateurs sont bleus, le parti radical rouge (ces deux parties sont les les partis historiques qui ont régné sur la Colombie depuis plus d’un siècle), le Polo jaune. Le parti de la U (pour union, ou Uribe, coalition de droite dure du président sortant) mettait en avant l’arc en ciel.
        L’écologie n’est effectivement pas un thème très important en Colombie, sauf peut être pour les peuple indiens autochtones qui revendiquent le respect de la Terre.

         
        • jotacé
          jotacé répond à Neug
          musicien
          • Posté à 22h13 le 17/05/2010
          • Internaute 89195
            musicien

          « parti radical » ? ? ? Je croyais que c’était « libéral »

          • Neug
            Neug répond à jotacé
            En vadrouille
            • Posté à 00h40 le 18/05/2010
            • Internaute 114973
              En vadrouille

            Bien vu. Effectivement il s’agit du parti libéral en rouge. J’ai confondu avec Cambio Radical, de droite également malgré le nom qu’on pourrait imaginé d’extrême gauche. Proches d’Uribe, ils utilisent le bleu ET le rouge.

        2 autres commentaires
    • Ianeak
      Ianeak répond à Rivendell
      escapiste
      • Posté à 14h48 le 17/05/2010
      • Internaute 104544
        escapiste

      yep bien vu, je m’apprêtais à poser la même question.

  • Sakae Osugi
    Sakae Osugi
    abstentionniste réfractaire
    • Posté à 15h03 le 17/05/2010
    • Internaute 101522
      abstentionniste réfractaire

    Faudrait qu’il évite d’aller faire le malin dans la jungle côté FARC,sinon ça va lui prendre trois ans pour en revenir et Renaud va encore devoir se fendre d’une chanson de soutien larmoyante comme pour la Betancourt...

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 15h25 le 17/05/2010
    • Internaute 21024
      moonchild

    article intéressant

    une question stupide : les gens qui ne veulent pas de « relations normales » avec le venezuela, keskils veulent exactement ? ignorer le pays ? cesser toutes relations avec lui ? attendre un changement de président ?

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à freakfeatherfall
      Journaliste
      • Posté à 16h19 le 17/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Ce n’est pas une question stupide. Quand vous êtes Colombien, vous êtes en droit de soupçonner que votre voisin vénézuélien est menaçant à votre égard, qu’il soutient ou aide une guérilla colombienne dont le but prétendu est de changer le régime constitutionnel colombien, et vous pouvez très bien envisager un gel des relations avec lui. Franchement, c’est un peu ce que faisait, sans le dire vraiment, le gouvernement Uribe. Imaginez que la France offre un asile à ETA, voire le finance un peu et lui file quelques armes, et qu’ensuite la France hurle son indignation si Madrid place des forces armées à la frontière. C’est un peu ça qui se passe entre la Colombie et le Venezuela. Dans ces conditions, les relations « normales » sont assez difficiles. On verra d’ailleurs si Chavez change ou non son attitude en cas de victoire de Mockus.

      • domibleach
        domibleach répond à Michel Faure
        a determiner
        • Posté à 18h11 le 17/05/2010
        • Internaute 81915
          a determiner

        Que de comparaisons douteuses. Il est vrai que les FARC n ont plus guere de legitimite, mais de la a les comparer a ETA c est un raccourci pour le moins ose. Vous devez, j imagine connaitre l histoire de la Colombie au XXeme siecle et savoir a quelles raisons sont dues l existence de ce mouvement d autodefense et ce qui a provoque leur extremisme : une poignee d hommes politiques se decidant a aller bombarder des paysans organises en mouvement d autodefense pour faire face aux exactions dont ils etaient victimes. Il n en demeure pas moins que les FARC ont perdu toute legitimite et qu il est plus que souhaitable qu ils se demobilisent. Mais c est justement l emploi de la maniere forte, sans discernement, qui les a fait surgir. Peut etre serait il plus judicieux dans le cas colombien d utiliser d autres methodes. Si la situation au Venezuela est plus que preoccupante, je doute sincerement que Chavez envisage une lutte armee contre la Colombie. Guerre qu il aurait toutes les chances de perdre. Quant a une supposee aide au FARC, on attend encore d autres preuves que des ordinateurs dont le contenu a ete prealablement modifie. Un changement d attitude du Venezuela envers la Colombie, cela serait souhaitable, tout comme le contraire. Envoyer des militaires en mission au Venezuela au niveau des zones frontieres n a rien d amical. Il me semble que votre analyse ou la Colombie se sent en danger face au Venezuela devrait etre completee par l existence du meme sentiment chez les venezueliens ! Et puis, si la vie en Colombie doit etre plus agreable qu au Venezuela, n oubliez pas de preciser que l on continue a y pratiquer la chasse aux syndicalistes (avec des resultats tout a fait exceptionnel en terme d effectivite), que la moitie des supposes representants du peuple ont un lien avec le narcotrafic ou encore que lors des dernieres elections les achats de voies par les parties paramilitaires ont ete relativement frequents dans certaines zones !

         
        • Oontack
          Oontack répond à domibleach
           ! =
          • Posté à 23h25 le 17/05/2010
          • Internaute 60324
             ! =

          la vie en Colombie doit etre plus agreable qu au Venezuela

          Avec votre description on se demande comment la vie en Colombie peut être plus agréable qu’au Vénézuela.

        • Michel Faure
          Michel Faure répond à domibleach
          Journaliste
          • Posté à 15h09 le 18/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Oui, moi je trouve pas mal cette comparaison entre les Farc et ETA. Sous Franco, ETA aussi était un groupe de militants héroiques. Sous la démocratie, c’est différent. C’est un gang de droit commun derrière le rideau de fumée d’une idéologie socialiste et nationaliste (vous voyez, j’ai séparé les deux mots. Mis ensemble, c’est encore pire). ETA fait comme les farc, racket et extorsion, enlèvements et assassinats. Il n’ont pas encore inventé le collier explosif en Espagne, mais enfin, après un stage dans la jungle colombienne, peut-être reviendront-ils avec des idées nouvelles. Un autre point intéressant de cette comparaison, c’est que ETA ne trouve plus facilement refuge en France, et quand un membre de l’organisation y est arrêté, il est remis aux autorités espagnoles. Je ne suis pas sûr que la situation des Farc du coté vénézuélien de la frontière soit aussi difficile.

        2 autres commentaires
      • Weatherboy
        Weatherboy répond à Michel Faure
        v2=notes articles en moins...
        • Posté à 00h25 le 18/05/2010
        • Internaute 38063
          v2=notes articles en moins...

        Il est à peine orienté votre exemple...

        La vérité c’est qu’aujourd’hui c’est la Colombie qui acceuille les bases militaires américaines en Amérique du Sud
        C’est la Colombie et non pas leVénézuéla qui possède des fosses communes de civils
        Et ce sont les paramilitaires et non les FARC qui sont responsables de plus de 30,000 meurtres, ça c’est pas des affabulations, c’est de leur aveux même via la procédure « justice et paix »
        Lien

        Mais comme bien évidemment, on ne vous a jamais vu parler de toutes ces révélations qui ont eu lieu ces derniers mois (au contraire des 70% d’opinions favorables.......) qui ont montré à quel niveau de corruption on était arrivé dans ce pays (plus de 60 parlementaires de la majorité d’Uribe liés au paramilitaires !) et bien il sera difficile pour beaucoup de comprendre la baisse de popularité de l’ex-majorité au profit d’un outsider ; car ec que vous avez très manifestement oublié de dire c’est que c’est la tête sous le fumier que part ce fameux Uribe

        Lien

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à Weatherboy
          Journaliste
          • Posté à 14h58 le 18/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Lisez, s’il vous plaît, ou relisez mon papier sur le bilan d’Uribe.

          • Weatherboy
            Weatherboy répond à Michel Faure
            v2=notes articles en moins...
            • Posté à 19h53 le 18/05/2010
            • Internaute 38063
              v2=notes articles en moins...

            Excusez-moi mais si c’est ce papier-ci que vous appelez le « bilan d’Uribe », je vous comprends encore moins. Il y a certes quelques allusions dans cet article, mais ce sont quand même de très beaux euphémismes face à ce qu’il y a derrière
            Quand à évoquer ci-dessus une « menace vénézuelienne » dont serait victime le pays même qui développe son acceuil des bases militaires us et où pullulent les para-militaires, c’est quand même pour le moins un petit chouia orienté, euh non ?

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à Weatherboy
              Journaliste
              • Posté à 18h27 le 20/05/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Non, je ne parle pas de ce papier-ci, je parle d’un papier plus ancien sur Uribe que vous pouvez consulter dans la colonne de droite. Quant à la « menace vénézuélienne », elle est ressentie par de nombreux colombiens.

              • Weatherboy
                Weatherboy répond à Michel Faure
                v2=notes articles en moins...
                • Posté à 19h56 le 20/05/2010
                • Internaute 38063
                  v2=notes articles en moins...

                D’accord, une petite remarque à ce sujet : aviez-vous remarqué que les trois bon points que vous attribuez à Uribe pourraient très bien s’appliquer au Vénézuéla (La justice fonctionne, l’exécutif respecte ses décisions, le référendum à mi-mandat s’est déroulé sans heurt). Bon, je sais, pour vous c’est le point 4 qui compte mais ce n’est pas vraiment ce que recommande les référendums à présent.

                Par ailleurs, que les colombiens ressentent une « menace vénézuélienne » (ou qu’on leur fasse croire qu’il soit nécessaire de le croire), et bien pourquoi pas ; qu’en est-il alors de l’autre côté de la menace américaine sur l’Amérique Latine quand on connait un peu leur passif à ce sujet dans pratiquement tous les pays du sous-continent ?
                Et peut-être même plus via leurs multinationales et leur puissance financière que directement de l’Etat lui-même aujourd’hui, comme par exemple pour la guerre de l’eau en Bolivie ?

                Quel signe par exemple donne l’ouverture récente d’une seconde base américaine au Honduras à votre avis ?

                Quel signe donne l’achat de chars Leclerc par la Colombie ?

                Vous me dites, mais « ils ont peur ». Remarquez simplement que de tous temps, le pouvoir justifie le déclenchement guerre auprès de sa population en construisant une menace extérieure dans l’opinion publique.
                Qui a été l’un des premiers à le dire ? Certainement Bernays dans son Propaganda des années 20.
                Qui était Bernays ?

                « il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala. »

                Ils ont peur de la guerre au point de la mener aujourd’hui contre des personnes un peu trop à gauche dans leur pays et de s’équipper bien comme il faut pour la mener à l’extérieur, c’est bien ça

                • Michel Faure
                  Michel Faure répond à Weatherboy
                  Journaliste
                  • Posté à 11h07 le 21/05/2010
                  • Journaliste 82928
                    Journaliste

                  Weatherboy, deux remarques : quand la justice d’un pays, en l’occurrence celle du Venezuela, est à ce point aux ordres de l’exécutif qu’elle emprisonne quelques opposants et ne défend plus le droit des médias de critiquer le gouvernement, on ne peut pas dire qu’elle fonctionne. Une justice fonctionne quand elle est indépendante du pouvoir excécutif.
                  Je veux bien qu’on parle des armements acquis par la Colombie et des bases américaines. Mais alors parlons aussi des achats d’armements du Venezuela à la Chine et à la Russie, des militaires cubains au Venezuela, des dons d’armements de Caracas à l’Equateur, comme ça on a une vue plus équilibrée de la situation.

                  • Weatherboy
                    Weatherboy répond à Michel Faure
                    v2=notes articles en moins...
                    • Posté à 20h44 le 21/05/2010
                    • Internaute 38063
                      v2=notes articles en moins...

                    Vous avez les noms de ces « opposants » emprisonnés sans procès au Vénézuelà ?
                    Le droit à la critique j’espère que vous ne remettez pas les couverts pour RCTV, vous n’allez quand même pas refaire le coup
                    Lien
                    Lien

                    Quand à la terrible « menace » des « militaires cubains », vous voulez rire ? Face aux bases armées américaines ?
                    Personnellement je n’ai pas souvenir d’une invasion cubaine chez un quelquconque de ses voisins en Amérique Latine (si on exclu l’échec du Che en Bolivie, et c’est à peu près tout) ; en revanche tout le monde connait très bien l’histoire et le palmarès de ceux dont on acceuille les bases en Colombie.
                    Dans cette course à l’armement qui n’est pas à somme nulle, je vous fais simplement remarquer que ceux qui ont des raisons légitimes d’avoir peur de leur voisin ne sont pas ceux que vous croyez.
                    En revanche pour continuer à mener et défendre une certaine orientation politique on comprend très bien qu’il soit nécessaire de continuer à le croire.

        6 autres commentaires
  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 15h36 le 17/05/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Je ne crois pas aux homme providentiels, mais si la Colombie pouvait - enfin - connaitre la sérénité, la justice, et pourquoi pas la paix ( pas celle des cimetières), ce serait bien , car elle le vaut bien !

  • Comment peut on être Persan
    Comment peut on être Persan
    Salut les grincheux
    • Posté à 15h40 le 17/05/2010
    • Internaute 110207
      Salut les grincheux

    Article intéressant. Mais est ce par hasard que le titre est rédigé de telle façon que sauf à y regarder de plus près on comprend que c’est un candidat Vert au sens d’écologiste qui perce dans les sondages ? La majuscule à Vert crée particulièrement cette confusion. Alors que celà n’a rien à voir et qu’il est simplement sous les couleurs vertes, comme le drapeau de l’Islam ou la Carte Vitale. Quand on parle des Chemises Rouges en Thaïlande Rue89 ne dit pas les Rouges, ce qui serait confusant et on le conçoit bien.

    • Waldeck
      Waldeck répond à Comment peut on être Persan
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 16h46 le 17/05/2010
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      - » Quand on parle des Chemises Rouges en Thaïlande Rue89 ne dit pas les Rouges, ce qui serait confusant et on le conçoit bien. »

      ... Et bien si :

      - » Thaïlande : le « général rouge » est mort, violences sporadiques à Bangkok « (sur rue89 ce jour)

      - “ Confusant, non ? ‘

  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 15h49 le 17/05/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Michel,

    Pensez-vous qu’en cas de victoire de Mockus il peut y avoir une remonté de la violence ?

    Pas tant du côté des FARCs, mais plutôt du côté des paracos qui perdraient avec la défaite des urubistes leurs soutiens au cœurs de l’état.

    J’me trompe peut-être mais c’est une possibilité que je trouve inquiétante, d’autant plus qu’ils ont l’air de s’être réarmés s’est derniers mois.

    Sinon deux articles intéressants sur Mockus :

    Lien

    et cet autre tout à fait caricatural pour ne pas dire propagandiste :

    Lien

    PS : des relations sereines avec le Vénézuela ne peuvent être qu’une bonne nouvelle.

    • Michel Bauer
      Michel Bauer répond à Errance
      coursier à vélo
      • Posté à 16h00 le 17/05/2010
      • Internaute 114958
        coursier à vélo

      Sûr que quand un gouvernement laisse une large marge de manoeuvre à un groupe armé et ne se soucie pas forcément de condamner leurs exactions, le gouvernement suivant va avoirà manoeuvrer serré.

      Et sûr que les paramilitaires armés sont une réalité, autant que les farc. Sûr enfin que les gouvernements qui succèderont à Uribe se verront contraint à rouvrir quelques pages noires de la politique internieure d’Uribe, et probable que cela va en fâcher certains...

      Pour autant, j’ai le sentiment que la Colombie est prête à franchir le pas, il me paraît y avoir une réelle volonté de s’ouvrir au monde qu’Uribe n’est pas en mesure d’offrir.

      • Errance
        Errance répond à Michel Bauer
        écouteur d'histoires
        • Posté à 16h16 le 17/05/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        J’espère de tout cœur que vous avez raison.

        Après tout ça fait 60 ans que cette violence dure, même si elle a évolué avec le temps.

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à Errance
      Journaliste
      • Posté à 16h03 le 17/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Errance,

      Je pense que toutes les forces armées illégales, Farc ou milices, seront tentées de « tester » le nouveau président (si c’est Santos, sans doute pas). Je ne suis même pas tout à fait sûr de la loyauté des forces armées à l’égard de Mockus. Donc oui, c’est inquiétant, de même qu’on peut s’interroger sur sa capacité à lutter contre la corruption alors que coule à flots l’argent du narcotrafic. Une chose intéressante et plus prometteuse, en revanche, c’est une relation plus sereine avec les Etats-Unis, alors que le Congrès américain était pour Bogota un allié rétif en raison de la situation des droits de l’homme en Colombie avec Uribe. Si les relations commerciales se développent avec les Etats-Unis et se normalisent avec le Venezuela, l’économie colombienne ira mieux encore, et ça, c’est une arme utile quand on lutte contre la corruption, parce que ça passe souvent par de meilleurs salaires, pour les profs et pour les juges.

      • Errance
        Errance répond à Michel Faure
        écouteur d'histoires
        • Posté à 16h45 le 17/05/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Je ne suis pas sur que des relations sereines avec les USA soient une bonne nouvelle. Les USA n’ont jamais démontré beaucoup de bonne volonté pour aider à résoudre les problèmes de droits de l’homme en Amérique latine. Doux euphémisme. Le silence qui entoure aujourd’hui le Honduras ne montre pas à priori une inflexion dans cette politique.

        Que les relations avec ses voisins s’arrangent seraient par contre une excellente nouvelle. Il me semble qu’avant de discuter avec les USA les pays latino-américains doivent s’unir pour pouvoir discuter d’égal à égal avec le grand voisin du nord.

        Les échanges selon moi doivent être nationaux, puis régionaux et enfin internationaux, les USA se plaçant dans la dernière catégorie. J’crois que tant que les pays latinos ne comprendront pas que leur intérêt est leur marché intérieur puis régional et non l’exportation, rien ne changera. La dépendance économique avec les USA est une catastrophe, pas que ce soit les USA, mais à cause de leur puissance.

        Pour la violence j’espère de tout cœur me tromper, mais les relations incestueuses entre les U et les paracos m’inquiètent réellement en cas de victoire de Mockus.

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à Errance
          Journaliste
          • Posté à 14h55 le 18/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Errance, vous avez une curieuse conception des échanges commerciaux. Vos priorités régionales, puis nationales et enfin internationales, ça ne tient pas debout. Vous perdez du temps à instaurer une autarcie très couteuse avec votre priorité au marché intérieur, comme si un pays pouvait tout produire pour son propre marché, au lieu de profiter au mieux des avantages comparatifs que vous offre le commerce mondial. Ou alors, vous renoncez au marché, mais là, désolé, mais je ne vous suis pas.

          • Errance
            Errance répond à Michel Faure
            écouteur d'histoires
            • Posté à 01h27 le 19/05/2010
            • Internaute 114729
              écouteur d'histoires

            Alors là vous me laissez sans voix Michel.

            Autarcie, comme vous y aller fort. J’ai parlé de priorité, pas d’exclusivité.

            Mais ce que je constate c’est que des pays qui fabriquaient beaucoup de choses importent pratiquement tout aujourd’hui : l’Argentine.

            Le marché doit répondre au besoin des pays et non les pays au besoin du marché, ce qui est le cas aujourd’hui.

            Pourquoi alors que l’Europe ou les USA se sont développés en développant leur marché intérieur c’est une hérésie dès que l’on parle de l’Amérique latine ?

            l’Argentine produit des millions de tonnes de soja, mais n’est pas capable de nourrir correctement sa population, il y a comme un problème non ? Le soja c’est 2-3 personnes pour 100 hectares, alors que les cultures vivrières faisaient vivre des dizaine de familles.

            Pour le moment je ne vois aucun avantage pour les pays latinos, sauf peut-être pour une minorité. L’épicier de province résiste rarement quand débarque un carrefour à ses portes. Tant qu’il n’y a pas de commerce d’égal à égal il n’y a pas de commerce.

            Vous vous souvenez comment est morte l’industrie argentine ?
            la première étape a été la détaxation des produits importés, la seconde étape la vente des usines locales à des entreprises étrangères, troisième étape déstructuration du droit du travail. Combien de poste de travail disparu, sans parler de la dépendance économique du pays ?

            Le marché oui, mais contrôlé par les états suivant l’intérêt du pays.

            • viva zebda
              viva zebda répond à Errance
              Ni maître, ni croquettes
              • Posté à 10h49 le 19/05/2010
              • Internaute 25029
                Ni maître, ni croquettes

              M. Faure ne connait sans doute pas L’Alliance Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique - Traité de commerce des Peuples
              Sur le plan économique, l’ALBA vise à favoriser la logique coopérative, plutôt que la création d’une zone de libre-échange avec les États-Unis qui passe par un abaissement des droits de douanes, voire leur suppression. Elle s’oppose ainsi directement au « consensus de Washington » qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales. Plutôt que d’ordonner des privatisations, l’ALBA favorise au contraire le secteur public .

              M.Faure ne reconnait sans doute que la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques).... !

              • Michel Faure
                Michel Faure répond à viva zebda
                Journaliste
                • Posté à 12h32 le 19/05/2010
                • Journaliste 82928
                  Journaliste

                Si, je connais. Ca me rappelle un peu l’URSS et son commerce étatisé avec ses pays satellites. L’économie et le commerce administrés, on a vu ça. Peut-être vous trop jeunes, je ne sais pas. Mais, le marché, c’est quand même plus simple et plus pertinent. Et plus libre, aussi. J’achète ou je n’achète pas, je produis ou je ne produis pas. Personne ne m’ordonne de faire ceci ou cela. Pas même le fantôme de Bolivar.

                • Errance
                  Errance répond à Michel Faure
                  écouteur d'histoires
                  • Posté à 16h19 le 19/05/2010
                  • Internaute 114729
                    écouteur d'histoires

                  Michel que je sache les pays de cette zone ne sont pas des dictatures, l’URSS et ses satellites si.

                  En plus les pays son de taille relativement équivalente, ce qui n’était pas non plus le cas de l’URSS et ses satellite.

                  Tirer un bilan avant est toujours inquiétant.

                  • Michel Faure
                    Michel Faure répond à Errance
                    Journaliste
                    • Posté à 08h32 le 20/05/2010
                    • Journaliste 82928
                      Journaliste

                    Ce qui m’inquiète, c’est que des démocraties (enfin, vous connaissez mes doutes sur celle de Chavez qui se délite à grande vitesse) utilisent les mêmes outils que les anciennes dictatures communistes.

                    • Errance
                      Errance répond à Michel Faure
                      écouteur d'histoires
                      • Posté à 17h15 le 20/05/2010
                      • Internaute 114729
                        écouteur d'histoires

                      A ce que je sache la torture l’assassinat politique ne fait pas encore parti de l’arsenal politique de Chavez.

                      Qu’aurait-été la Russie si celui que beaucoup on nommé le pire héritier n’avait pas pris le pouvoir.

                      Qu’aurait-été Cuba si les américains n’avaient pas envoyé les cubains dans les bras soviétique ?

                      Pour la liberté de la presse, il va clairement trop loin, mais la presse vénézuélienne n’est pas en meilleure état que la colombienne si l’on regarde les classements de reporters sans frontière par exemple. La liberté de la presse est de toute façon assez dramatique sur tout le continent.

                      Honnêtement quand la chaine qui avait soutenu le coup d’état a perdu son permis d’émettre ça ne m’a guère dérangé. Imaginons qu’en France TF1 soutienne un coup d’état, ça ne prendrait pas 2 ans pour qu’on lui interdise d’émettre.

                      Après il y a longtemps que je pense qu’il est important que Chavez quitte le pouvoir et qu’il soit remplacé par un non gaudillo (on peut rêver). Je n’aime pas le chemin actuel de Chavez, mais j’aime encore moins le parcours de Uribe ou celui de Garcia par exemple.

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à Errance
              Journaliste
              • Posté à 12h24 le 19/05/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Errance,

              Bonjour, content de vous lire.

              L’industrie argentine est morte sous Menem qui était un mafieux déguisé en libéral. Au fond, elle était morte aussi bien avant, justement à cause de cette volonté d’autarcie qui va de Peron jusqu’à la fin de la dictature. Aucune industrie argentine n’a pu résister à la concurrence d’un marché brusquement ouvert parce que leur productivité était nulle, leur innovation inexistante et leur marché, le marché intérieur, était un marché captif dont les acteurs essentiels, les consommateurs, se sont précipités sur des produits mieux faits et moins chers dès que les frontières se sont ouvertes.
              Regardez le Brésil, c’est un bon exemple de construction d’un marché intérieur tout en commerçant avec l’étranger. Le Brésil produit (soja, manioc, riz, pétrole, avions, produits de la pêche, minéraux, etc), exporte et importe ce qu’il ne produit pas, mais participe activement aux négociations du commerce international. Il se bat aussi, comme toute l’Amérique latine d’ailleurs, pour l’ouverture du marché agricole européen, pour exporter plus. La vraie concurrence, c’est avec l’éducation qu’elle se joue. Plus vous avez une population éduquée, plus vous produisez des biens à forte valeur ajoutée, plus vous exportez des produits chers, et plus vous pouvez vous permettre d’importer des produits bon marché, à faible valeur ajoutée. Un jour, un économiste m’avait donné l’exemple des chaussures de sport Nike pour m’expliquer cette division du travail sur la base de la valeur ajoutée. En gros, des ingénieurs, des designers et des spécialistes du marketing et de la publicité américains inventent et réinventent sans cesse une marque mondiale qui fait rêver. Les chaussures, elles, sont faites en Chine. La Chine sait produire des pompes, mais pas encore le concept qui fait rêver les ados, just do it, ces conneries là. Je ne dis pas que c’est bien de rêver à des pompes Nike. Je constate qu’elles s’arrachent dans toutes les boutiques du monde. La situation, alors, c’est que les US ont l’imagination, le concept, le marketing, les brevets, etc, et donc la plus grosse part du gateau ... et la Chine un cout du travail très bas. Petit à petit, ce mouvement s’inverse. L’Inde, par exemple, ne fabrique plus seulement des ordinateurs sous licenses américaines, mais exporte des logiciels. Les sud coréens et les chinois vendent des voitures en Europe. Les Brésiliens du soja, des avions et une image culturelle avec du jaune du vert et du bleu. Ca prend du temps, mais le commerce, s’il est équitable et l’OMC doit s’en assurer, est un facteur d’équilibre à long terme.
              Enfin, le marché à besoin, non pas de contrôles, mais de règles (et il faut contrôler, bien sur, le respect de ces regles). Ces regles, ce doit être la réciprocité et des conditions équitables de concurrence (interdiction du travail forcé, du travail des enfants, minimum sociaux, respect de l’environnement, etc). Ces regles, seule l’OMC ou des accords bilatéraux peuvent les élaborer et les faire respecter. Un état tout seul dans son coin ne peut faire qu’une chose, fermer ou ouvrir ses frontières. S’il les ferme, c’est l’autarcie et la pauvreté institutionnalisée. S’il les ouvre, il entre dans une compétition qui suppose l’éducation des citoyens, la maitrise de sa monnaie et la capacité de négociation de ses gouvernants.

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