Panamericana

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Colombie : déception pour Mockus, Santos en tête

Michel Faure
Journaliste
Publié le 31/05/2010 à 09h48


La désillusion est grande, au lendemain du premier tour des élections en Colombie, pour les partisans d’Antanas Mockus : il n’obtient que 21% des voix alors que Juan Manuel Santos en rassemble 46%. Dans les trois semaines qui nous séparent du 20 juin, jour du deuxième tour, Mockus devra convaincre trois millions de Colombiens qu’il est une meilleure option que Santos. Ce n’est vraiment pas gagné.

  • Premier constat : les sondages se sont plantés, et les médias (l’auteur de ces lignes compris), qui ont trouvé Mockus intéressant, ont pris leurs désirs pour la réalité.

  • Deuxième constat : le succès de Santos est étroitement lié à la popularité et à l’efficacité des politiques menées sous les deux mandats d’Uribe. La sécurité reste la priorité de la population colombienne, malgré les scandales de corruption et les atteintes aux droits de l’homme que constituent les « falsos positivos », de jeunes civils tués par l’armée pour grossir les statistiques des pertes des Farc (et les primes qui vont avec), alors que les victimes n’étaient pas des guérilleros.

  • Troisième constat : les partis traditionnels, conservateurs et libéraux, s’effondrent et n’atteignent pas 10%. Uribe a bel et bien changé la façon de faire de la politique en Colombie. Mockus propose un autre changement, et c’est peut-être encore un peu tôt, car les problèmes de violences ne sont pas réglés. La méthode Uribe -dont Santos est l’héritier- continue à être populaire.

  • Quatrième constat : Santos n’a pas fait le plein des voix. Conservateurs, ex-uribistes, libéraux iront sans doute vers lui, dans leur majorité. S’il conserve ses voix du premier tout, cela devrait lui suffire pour franchir la barre des 50%. Il dispose d’une machine politique qui fait défaut à Mockus et d’une majorité docile au congrès. Enfin, Uribe n’a pas encore mis tout son poids dans la balance et peut-être le fera-t-il entre les deux tours, et pèsera donc en sa faveur.

Bref, si Santos ne fait pas une grosse bêtise et si Mockus ne fait pas de miracle, on peut parier que Santos sera le prochain Président de Colombie.

Mockus, lui, n’est pas sûr d’engranger toutes les voix de la gauche (environ 10%) et il est accusé par celle-ci d’être un néo-libéral. Il séduit les villes et les intellectuels, mais pas les campagnes et les pauvres.

Néanmoins, son piètre résultat est sans doute un choc salutaire pour ses partisans. Ils vont redoubler d’efforts et ont en main quelques atouts : la volonté de Mockus de continuer le travail d’Uribe, et son désir d’une plus grande rigueur morale. Peut-être serons nous surpris du résultat du second tour comme nous l’avons été du premier. Je n’y crois plus trop, mais nous verrons.

Enfin, les mandats sont courts en Colombie. Quatre ans. Si Mockus obtenait un meilleur résultat au second tour, même sans l’emporter, il pourrait penser sérieusement aux élections de 2014. Sinon, il sera le George McGovern de la politique colombienne. Le type sympa que tout le monde aime, mais aussi l’éternel challenger que l’on n’élit jamais.


L’article publié la veille, le 30 mai 2010 :

Si l’on en croit les sondages, le premier tour des élections
présidentielles colombiennes, ce dimanche 30 mai, devrait déboucher sur
un deuxième tour, le 20 juin, entre Juan Manuel Santos et Antanas
Mockus.

Nous aurons donc, pendant trois semaines, deux visions de la Colombie qui vont s’affronter : une version réaliste, besogneuse et fondamentalement pessimiste, celle de Santos, et une vision idéaliste, utopique et fondamentalement optimiste, celle de Mockus.

Santos le réaliste veut poursuivre l’oeuvre d’Uribe

Le pessimisme de Santos se fonde sur l’idée que le travail du président sortant, Alvaro Uribe, n’est pas achevé, et doit être poursuivi. C’est une évidence qu’après huit années de politique sécuritaire, les groupes armés illégaux -guérilla des Farc, paramilitaires, cartels du narcotrafic-, même affaiblis, ont survécu.

On dit souvent que les pessimistes sont des optimistes bien informés, et Santos a toutes les raisons de penser que son pays reste en proie à la violence et que son économie et l’apport d’investissements étrangers sont étroitement dépendants des progrès réalisés sur le front de la sécurité.

En d’autres termes, il déclare en substance que rien n’a changé, et qu’il faut continuer le combat.

Mockus l’utopiste veut changer la société colombienne

Face à cette vision tristement réaliste, celle de Mockus apparaît d’un optimisme invétéré. Oui, dit-il, continuons le combat, mais pour l’emporter, il faut changer la société colombienne. Et ce changement, selon lui, est à portée de la main.

Pour Mockus, rien de mieux pour combattre les groupes armés illégaux qu’un sursaut moral des Colombiens qui ainsi réclameraient la protection du droit et rejetteraient toute tolérance à l’égard du crime et de la corruption.

L’éducation, le respect de la loi, la culture, seraient selon lui les meilleures armes de la démocratie face aux groupes armés illégaux. C’est une vision séductrice, intellectuellement exaltante, même, mais il faut reconnaître que dans un pays comme la Colombie, elle est assez aventureuse.

Les trois handicaps de Santos

Santos, pour imposer sa vision, doit surmonter trois handicaps.

  • En tant que ministre de la Défense du président Uribe, il a été le champion de la politique de sécurité. Or celle-ci a été un tel succès que la sécurité n’est plus aujourd’hui, pour les électeurs colombiens, l’obsession prioritaire qu’elle fut.
  • Il est peu crédible pour vraiment s’attaquer avec passion aux inégalités sociales et à la pauvreté, lesquelles demeurent, malgré plus de 7 milliards de dollars d’aides américaines versées à la Colombie au cours de la dernière décennie.

    Selon un rapport de l’ONU basé sur des chiffres de 2008 que cite le Washington Post dans son édition du 19 avril, 43% des Colombiens sont pauvres et 23% vivent dans une extrême pauvreté (à titre de comparaison, les chiffres du Brésil sont, respectivement, 26% et 7%).

    Santos, héritier d’une grande famille de l’élite sociale colombienne, fut ministre du commerce (1991-1994) et ministre de l’économie (2000-2002). Il est donc en partie responsable de cette situation et, contrairement à Uribe, qui faisait figure d’un homme anti-establisment, aimant les meetings dans des villages reculés, Santos apparaît plutôt comme un ami des puissants.

    Il n’a pas semblé très à l’aise, par exemple, durant sa campagne électorale, au contact des pauvres.

  • Il est perçu comme l’héritier d’Uribe alors que le bilan de ce dernier est désormais réexaminé à l’aune des scandales de corruption et des massacres de l’armée.

    Santos a beau dire qu’il a puni les responsables militaires impliqués dans ces massacres de civils présentés comme des guérilleros (ce qu’on a appelé en Colombie « los falsos positivos »), et qu’il n’est pas Uribe, mais quelqu’un qui aura son propre style de gouvernement, son discours n’est pas très convaincant.

Les trois atouts de Mockus

Mockus, un universitaire mathématicien et philosophe assez fantasque, a, lui, trois avantages, pour imposer sa vision d’une Colombie morale et légaliste.

  • Il apparaît comme un homme nouveau (ce qu’il n’est pas), inclassable politiquement (ce qu’il est), qui veut faire la synthèse de l’efficacité politique et de la morale citoyenne, laquelle semble être une aspiration générale après les années d’obsession sécuritaire de la présidence
  • Il a obtenu des succès incontestables, durant ses deux mandats de maire de Bogota, la capitale du pays, aussi bien en termes de civisme que de sécurité.
  • Sa crédibilité personnelle est forte : les Colombiens, notamment les jeunes qui crient à chacun de ses meetings « mi profesor, mi presidente », ont tendance à le croire sur parole tant est sans tache sa réputation d’honnête homme.

Pour quoi ne pas tenter le rêve d’une rédemption collective ?

Les Colombiens vont donc devoir choisir entre le réalisme de Santos et l’idéalisme de Mockus. Ils devront choisir entre la voie peu exaltante mais assez rassurante de la politique traditionnelle -et l’on peut espérer que Santos, s’il était élu, serait plus soucieux des droits de l’homme que son prédécesseur- et le rêve d’une politique nouvelle, légaliste et humaniste.

Celle-ci, contrairement à l’autre, reste pour l’instant une utopie. Elle n’a pas encore subi « l’épreuve du feu » de la réalité, laquelle en Colombie est particulièrement brutale. Mais comme tout a déjà été tenté contre la violence, y compris les recettes de Santos, pourquoi ne pas essayer ce rêve d’une rédemption collective ?

Ce qu’il faut espérer, quelque soit le résultat du scrutin, c’est qu’il se déroule sans violence, qu’aucune voix ne soit achetée par l’argent de la drogue et de la corruption ou arrachée par la peur de représailles criminelles, que le décompte des votes soit honnête et le résultat certain.

Les élections législatives récentes n’ont pas été à cet égard un exemple. La réalité, trop souvent, est brutale et cynique, et le rêve de Mockus, face à elle, semble à la fois précieux et particulièrement fragile.

Mise à jour le 31/05/10 à 11h30. Résultats du premier tour.

Photo : le candidat à la présidentielle Juan Manuel Santos après le premier tour, le 30 mai (Jose Gomez/Reuters)

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  • marsatak-
    marsatak-
    ontheroadagain
    • Posté à 18h40 le 30/05/2010
    • Internaute 115715
      ontheroadagain

    Mockus n’est pas idéaliste, il est honnete.
    Et il n’est pas de gauche, centre droit je dirais, il ne remettra ni en cause les bases militaires US, ni le TLC, ni la lutte contre les FARC. Il veut juste que la Colombie soit un pays ou l’on respecte la loi (« el que no roba es bobo »), ou la corruption ne règne plus, qu’on se mette à miser sur l’éducation.... pour connaitre ce fabuleux pays, il a du pain sur la planche...
    les autres candidats comme petro ou noemi seront très loin je pense
    Quant à Santos (Chuky pour les intimes), il continuera avec le système actuel, qui a quand même porté ses fruits en matière de sécurité, mais je pense que la Colombie a besoin de changement, Mockus gagnera je pense (j’espère).

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à marsatak-
      Journaliste
      • Posté à 18h44 le 30/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Ce n’est pas une critique que de dire que quelqu’un est idéaliste (quelqu’un qui a un idéal, tout simplement) et ce n’est pas contradictoire avec son honnêteté, que je ne conteste pas.

      • marsatak-
        marsatak- répond à Michel Faure
        ontheroadagain
        • Posté à 18h48 le 30/05/2010
        • Internaute 115715
          ontheroadagain

        exact

      • VinceDeg
        VinceDeg répond à Michel Faure
        • Posté à 19h22 le 30/05/2010
        • Internaute 36941

        Oui, par contre dire que quelqu’un est « utopiste » est une critique et un avis personnel que vous imposez. Vous dites implicitement en utilisant ce mot que le projet politique de Mockus est voué à l’échec. Je trouve gonflé que vous l’utilisiez directement dans le titre pour un article qui se voudrait une comparaison objective des deux candidats.

        Et même, idéaliste et réaliste ne sont pas des termes contradictoires. Le premier veut dire que l’on poursuit un idéal, en effet, qu’on a un objectif politique, c’est plutôt rassurant je trouve. Réalisme signifie qu’on a les yeux en face des trous et que pour poursuivre cet idéal on ne se cache pas des parties de la réalité. A ce titre, je trouve que Santos qui minimise ou nie les problèmes de corruption et de violation des droits humains n’est pas « réaliste ».

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à VinceDeg
          Journaliste
          • Posté à 19h33 le 30/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          VinceDeg,
          Une utopie, c’est une idée qui n’est pas réalisée. Quand elle le devient, ce n’en est plus une. Pour l’instant, la vision d’une société colombienne morale et légaliste, c’est une utopie. Ce n’est pas une critique, c’est le juste mot.

          • VinceDeg
            VinceDeg répond à Michel Faure
            • Posté à 20h31 le 30/05/2010
            • Internaute 36941

            Ah non, une utopie, c’est une idée qui n’est pas réalisable. Si faut sortir le dico....

            Dictionnaire de l’Académie française, 8ème édition en ligne :
            « (1)UTOPIE. n. f. Conception imaginaire d’un gouvernement, d’une société idéale.
            Par extension, il se dit d’une Chimère, de la conception d’un idéal irréalisable. Beaucoup de gens estiment que l’organisation de la paix universelle n’est qu’une utopie. »

            Vous auriez raison avec le sens premier, mais je crois que le sens figuré qui contient la notion d’irréalisable est le plus répandu et connu, et donc, pour la plupart de vos lecteurs, utiliser le mot « utopique » sonne comme une critique.

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à VinceDeg
              Journaliste
              • Posté à 21h20 le 30/05/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Bon, j’en suis désolé par ce que ce n’en était pas une. Je trouve même l’utopie positive, créatrice. Elle est simplement encore juste une idée, et doit se confronter avec le réel, mais je parle aussi d’optimisme, ce qui suggère qu’on peut espérer que l’idée devienne réalité un jour. Prenez ce terme au premier sens du terme.

          • leo s
            leo s répond à Michel Faure
            (...)
            • Posté à 21h18 le 30/05/2010
            • Internaute 73621
              (...)

            Mon voisin
            fort impliqué dans le mouvement social
            gros travailleur de dossiers citoyens
            rencontre son député (gauche bonbon)
            qui lui dit
            - c’est très bien ce que vous dites, mais vous êtes un utopiste, ça ne peut pas se réaliser.

            Depuis mon voisin a décidé de rentrer en politique.

            Il a bien compris qu’un réaliste est un conservateur masqué.

        4 autres commentaires
  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 18h58 le 30/05/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Un candidat qui montre son cul ne peut pas être foncièrement mauvais ...

    Vive Mockus !

  • ash91
    ash91
    la justice
    • Posté à 20h25 le 30/05/2010
    • Internaute 107878
      la justice

    Qu’est ce qu’un conservateur ? Quelqu’un qui cherche à conserver l’ordre social.
    Quelles sont les conditions de préservation de l’ordre social ? Une des conditions plus importantes est de le légitimer.

    Une stratégie parmi d’autres est d’affirmer que l’ordre social est légitime parce qu’immuable, parce qu’il n’existerait pas d’alternative possible. On peut retenir le fameux « TINA » (« there is no alternative ») de Margaret Thatcher.

    Quand un candidat colombien, qui pourtant est de droite, mais de tendance plutôt « centriste » se fait taxer « d’utopiste » et « d’idéaliste » parce qu’il considère qu’il y a des manières moins violentes d’imposer l’ordre social et qu’il faut dialoguer avec la guerrilla, c’est de la rhétorique ultra-conservatrice monsieur Michel Faurre.

    Réutiliser sans examen critiques les catégories utilisées par les médias et la droite colombienne pour parler de la société, c’est de l’irresponsabilité.
    Tout comme la droite et les médias colombiens, vous partez du principe que la guérilla est un problème en soi et pas le gouvernement, l’état ou l’armée tels qu’ils existent. Ceux ci doivent s’occuper de scandales (les « falsos positivos »), mais ce n’est pas le problème de fond. L’état, l’armée et le gouvernement (et au delà, les classes dominantes) n’ont pas le privilège de voir leur légitimité remise en question comme c’est le cas pour la guérilla.

    A ce state la, ce n’est plus de la rhétorique ultra conservatrice, c’est du mauvais journalisme. Je ne vous demande pas d’être de gauche, mais au moins d’avoir l’honnêteté intellectuelle de ne pas considérer comme évidente les catégories que vous utilisez.

    • marsatak-
      marsatak- répond à ash91
      ontheroadagain
      • Posté à 20h39 le 30/05/2010
      • Internaute 115715
        ontheroadagain

      vous faites un erreur : - Mockus n’a pas du tout l’intention de négocier avec la guerilla. Il l’a dit et répété. Il n’acceptera de discuter que si tous les otages sont relachés.
      Ok, il fera autre chose peut-être une fois au pouvoir, mais il a été clair sur ce point.
      Et comme tous les Colombiens (et pas seulement les médias et la droite), OUI, la guerilla est un problème en soi. Son existance n’a plus lieu d’être depuis des années. L’aguardiente a coulé le jour de la mort de marulanda.

      • fidesien
        fidesien répond à marsatak-
        ouvrier
        • Posté à 09h29 le 31/05/2010
        • Internaute 61414
          ouvrier

        La terreur de l’oligarchie au pouvoir ELLE ,est bien la
        Enseignants,syndicalistes et citoyen lamda sont ses victimes

        A lire : Colombie : Ils incinéraient certaines de leurs victimes vivantes : Les paramilitaires avaient aussi des fours crématoires à Antioche

        Lien

        Le probleme en Colombie comme le disait déjà en 1968 le père Camillo Torres,c’est la violence de la bourgeoisie et de l’état

         
        • marsatak-
          marsatak- répond à fidesien
          ontheroadagain
          • Posté à 11h08 le 31/05/2010
          • Internaute 115715
            ontheroadagain

          je ne joue pas à qui est le plus pourri, la guerilla ET les paramilitaires doivent disparaitre. Les 2 buttent à tour de bras. Pas de hiérarchie.
          Et Antioche se dit Antioquia (Medellin)

          • fidesien
            fidesien répond à marsatak-
            ouvrier
            • Posté à 11h28 le 31/05/2010
            • Internaute 61414
              ouvrier

            Et l’armée d’Uribe,les « falso positivo »
            On vient de découvrir des fosses communes de l’armée,les fours crématoires des paras,les assasinats des FARC font pale figure.
            J’immagine même pas la réprobation internationale si les crimes génocidaires commis par les amis d’URIBE était l’oeuvre des FARC
            La violence des FARC est une réponse à l’EXTREME VIOLENCE de l’OLIGARCHIE

            • marsatak-
              marsatak- répond à fidesien
              ontheroadagain
              • Posté à 11h51 le 31/05/2010
              • Internaute 115715
                ontheroadagain

              et bien, prenez les armes, allez dans la cauca et tirez sur tout ce qui bouge avec les farc ! ! ! vous vous sentirez utiles comme ça. Vous irez poser des mines sur les routes et serez content

              MARRE de voir des cons et des ignares qui n’ont jamais foutu les pieds dans ce pays bander sur la guerilla qui passe son temps à tuer des paysans et à poser des bombes sur les routes ! !

              Si vous savez lire l’espagnol, vous irez voir sur elpais que la guerilla a encore tué 4 ou 5 soldats hier, et ça n’a aucune justification par rapport aux massacres de l’armée et des paras ! ! justifier la violence, c’est fou quand même ! ! !

              ça m’arrive rarement de me mettre en colère mais vous êtes un gros CONNARD, et les colombiens vous disent merde ! !

              désolé à l’auteur Mr faure par avance.

              • fidesien
                fidesien répond à marsatak-
                ouvrier
                • Posté à 11h56 le 31/05/2010
                • Internaute 61414
                  ouvrier

                Votre argumentation m’a convaincu

                Les FARC tuent des militaires ! ! ! pendant que les amis d’URIBE crament des civils dans des CREMATOIRES ou les enterrent dans des fosses par milliers

                FARC SALOPARDS ! ! !

              • Michel Faure
                Michel Faure répond à marsatak-
                Journaliste
                • Posté à 14h16 le 31/05/2010
                • Journaliste 82928
                  Journaliste

                Marsatak,

                Fidesien est un fidèle lecteur de ce blog qui le met en rage assez souvent, hélas, parce que j’aimerais bien que Cuba devienne une démocratie et que j’ai peur que Chavez prenne le même chemin que Castro. Donc qu’il s’amuse à mesurer les degrés de l’horreur entre les farc, les para et l’armée, et qu’il conclue que les Farc font « pale figure » est désolant, mais ne me surprend pas vraiment. Je ne note jamais les commentaires même si Fidesien et ses amis me « nazent » avec enthousiasme, mais je tiens à garder du calme et de la courtoisie dans ce blog, ce qui n’empêche nullement le débat et au contraire, le contraint à être mieux argumenté. Donc, je suis d’accord avec vous sur le fond, mais désapprouve l’insulte que vous utilisez, même si je comprends votre colère. Si vous lisez régulièrement ce blog, ce que j’espère, vous verrez que les débats y sont très animés, parfois, et donc assez intéressants et jamais ennuyeux, et comme je ne réponds jamais aux commentaires injurieux ou malveillants, ceux-ci sont de moins en moins nombreux et finalement ça marche très bien comme ça.
                Donc je ne vous en veux pas, mais s’il vous plaît, la prochaine fois, au lieu de vous mettre en colère, argumentez plutôt, c’est plus convaincant, plus efficace, et plus conforme à mon idée du débat dans un site ouvert, participatif et amoureux de la liberté.
                Cordialement

                Michel

                • JahRastafari
                  • Posté à 17h57 le 31/05/2010
                  • Internaute 9177

                  Petite question sémantique :

                  Vous dites que vous ne répondez jamais aux « commentaires injurieux ou malveillants ». Un commentaire qui démontrerait (et qui viserait à le faire) d’éventuelles approximations, omissions, et parfois contre-vérités serait-il à ranger dans la case des commentaires malveillants ? Peut-on espérer s’attendre à une réaction honnête ?

                  D’avance, merci.

                • fidesien
                  fidesien répond à Michel Faure
                  ouvrier
                  • Posté à 11h37 le 01/06/2010
                  • Internaute 61414
                    ouvrier

                  Les atteintes aux droit de l’homme ne sont pas égale pour toutes les parties,dans l’échelle DE LA BARBARIE
                  Les crémations d’êtres humains vivant,ou les fosses commune de l’armée dépassent les exactions ou crimes des guérillas,le nier est du révisionisme
                  Même en France des exités derriere leur ordinateur,dans un contexte de guerre sociale seraient capable de passer à l’acte.
                  En France ou en Colombie,mes adversaires ou ennemis sont les même
                  Je suis OS dans l’automobile,et commandé par plein de petits chefs plus ou moins analphabêtes,mais mon combat est contre le système pas contre ces demeurés

                  • Michel Faure
                    Michel Faure répond à fidesien
                    Journaliste
                    • Posté à 12h12 le 01/06/2010
                    • Journaliste 82928
                      Journaliste

                    Je ne pense pas qu’on puisse, ni surtout qu’on doive, faire des classements dans l’horreur ou la barbarie. Relativiser celle-ci par rapport à celle là. A ce petit jeu, on finit comme Le Pen et l’holocauste qui serait selon lui « un détail » de l’Histoire. Et dire que c’est moi qui serait, selon vous, au bord de sombrer dans le révisionnisme !
                    Moi je me souviens d’une chose qui m’avait vraiment horrifié, c’était ce collier explosif mis par les Farc sur le cou d’une femme et qui l’a finalement décapitée, au bout d’un certain temps, sans doute par un plaisir sadique assez hallucinant. Des fosses communes des Farc, je parie qu’on finira par en trouver quand les territoires où elles règnent actuellement seront un jour libérés. Bref, je me refuse à dire que les crimes des uns dépassent les autres. Tous, guerillas, para et armée, ont commis des crimes contre l’humanité, et chercher à graduer ces crimes est un exercice abject par qu’il semble minimiser, et donc au final excuser, ce qui est inexcusable.

                    • fidesien
                      fidesien répond à Michel Faure
                      ouvrier
                      • Posté à 12h35 le 01/06/2010
                      • Internaute 61414
                        ouvrier

                      « je parie qu’on finira par en trouver quand les territoires où elles règnent actuellement seront un jour libérés. »
                      D’apres la propagande de nos médias,les FARC sont à l’agonie et reculent partout
                      ON NE TROUVE DONC RIEN
                      Vous faites des suppositions
                      Oui il était faux de dire CRS= SS,vous êtes bien un soixante huit tard
                      Il y a des échelles dans les crimes
                      Les crimes nazis se sont pas encore égalé par ceux de l’oligarchie colombienne,MAIS PRESQUE
                      Sur ce je pars au taf

                      • Michel Faure
                        Michel Faure répond à fidesien
                        Journaliste
                        • Posté à 14h00 le 01/06/2010
                        • Journaliste 82928
                          Journaliste

                        Pour les Farc, attendez.
                        Pour CRS = SS, vous avez raison, c’était très con.
                        Et pour le taf, eh bien bon courage.

              • contrelapenseeunique
                • Posté à 04h29 le 01/06/2010
                • Internaute 97410

                zavez raison de vous facher, parce que ce genre de conneries est insupportable, même derrière un écran en lisant rue89

                cette réaction typique du petit planqué français vaguement romantico révolutionnaire est obscène
                ce merdeux serait le premier a se tirer au moindre danger
                et il donne des leçons de révolution
                les farc sont des enfoirés de première
                les paramilitaires ont tenté de les éradiquer
                l’armée a repris les choses en main
                mais les farc sont encore là, soutenus par le dictateur débile du vénézuela
                ils continuent a massacrer des villages entiers qui refusent de collaborer avec eux, violent, torturent et enrolent de force les enfants
                voila la situation

              • nore
                nore répond à marsatak-
                in situ
                • Posté à 10h20 le 03/06/2010
                • Internaute 53953
                  in situ

                Pour apporter de l’eau à votre moulin : « Colombie : l’armée complice des exaction de l’ELN » à Tame (Arauca) Lien

                Comme quoi armée et guerilla c’est assez kif-kif bourricot. De toutes manière dès que des gens portent des armes leurs couilles ont tendance à grossir et leur cerveau à réduire.

                • marsatak-
                  marsatak- répond à nore
                  ontheroadagain
                  • Posté à 14h00 le 03/06/2010
                  • Internaute 115715
                    ontheroadagain

                  vous avez 100 fois raison sur le pouvoir des armes... mais bon, sur l’eln, les farc, les paras....ça fait bien longtemps qu’ils ne sont plus que de vulgaires groupes mafieux qui survivent grace au narcotraffic

        13 autres commentaires
    • Michel Faure
      Michel Faure répond à ash91
      Journaliste
      • Posté à 21h35 le 30/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Pardonnez moi, mais votre commentaire est un peu confus. Je m’étonne que vous comme d’autres (sauf Léo qui a lu Bachelard) prennent dans un sens négatif les mots utopie et idéalisme. Je ne sais pas si Mockus est de droite ou de gauche, et il doit s’en foutre et c’est ce qui fait son charme. Je ne pense pas qu’ils souhaite préservez l’ordre social colombien, bien au contraire, ni négocier avec les Farc, et de mon point de vue il a bien raison. Le gouvernement colombien est légitime dans la mesure où il est élu au cours d’élections globalement honnêtes, ce qui fut le cas des deux mandats d’Uribe. Si demain Mockus est élu au cours d’élections honnêtes, il sera lui aussi légitime. Si vous ne trouvez pas que la guérilla n’est pas « un problème en soi », et si vous jugez que les « falsos positivos » n’est pas « le problème de fond », dites moi alors, quel est le problème ? De quelle légitimité parlez vous concernant les Farc ? Si dire qu’elles n’en ont plus est ultra conservateur et du mauvais journalisme, alors très bien, je prends ça comme un hommage, mais la vérité, c’est que je ne prends pas très au sérieux vos critiques car elles me semblent à coté de la plaque.

      • ash91
        ash91 répond à Michel Faure
        la justice
        • Posté à 23h49 le 30/05/2010
        • Internaute 107878
          la justice

        Premier point
        Les mots ont une histoire, et l’utilisation de termes tels que « idéaliste » et « utopique » pour décrire les opposants à la droite de gouvernement (qui elle est qualifiée de « réaliste » bien sur) dans le champ politique a une signification bien précise. Même si la connotation était positive, ça ne change rien. Pourquoi qualifier Mockus d’utopiste et pas Santos ? A bien des égards les uribistes en Colombie peuvent être qualifiés d’utopistes.

        En deuxième instance vous dites que Mockus n’est « ni de droite ni de gauche ». Mockus est un ’néolibéral’ et ne souhaite pas remettre en cause le pouvoir entre une minorité fortunée (ces termes sont imprécis sociologiquement mais bon je vais pas écrire trois pages) et une majorité dominée. Mais c’est un ’néolibéral’ plus soft, et qui cultive une image d’outsider dans le champ politique colombien. Mais ça ne change rien à son programme et aux politiques appliquées à la mairie de Bogota.

        Il n’empêche qu’en tant qu’adversaire principale de la droite dure colombienne aujourd’hui, le taxer d’ « utopiste » démontre un sous-entendu conservateur dans votre propos, que vous en soyez conscient ou non.

        Deuxième point.
        Essayez de prendre un petit peu plus de recul avant de foncer tête basse dans les discours de sens commun. C’est ça que j’essayais de dire. La droite et les médias colombiens ont réussis à imposer comme des évidence le fait que la guérilla soit « le » problème dans le conflit. Ce qui implique bien sur que les crimes commis par la guérilla sont du « terrorisme » et les crimes commis par l’armée (y compris le copinage avec les paramilitaires) seulement des « bavures ». Parce que par essence l’armée serait une institution légitime mais éventuellement corrompue alors que la guérilla serait par essence une institution illégitime et terroriste. Pourtant un travail de journaliste sérieux supposerait de prendre un peu de distance par rapport à ça.

        Il serait alors possible de prendre la question par d’autres angles :

        - Beaucoup considère que « le » problème ce n’est pas la guérilla, mais la violence en général, que les acteurs soient des guérilleros, des paramilitaires ou des soldats ne change rien.

        - D’autres en revanche considère que « le » problème ce n’est pas la violence qui n’est qu’une abstraction ou la guérilla, mais la structure sociale de la société colombienne entrainant une domination de classe et de « race ». Cette structure sociale se maintiendrait parfois de manière extrêmement violente (assassinats de syndicalistes par exemple) au travers de l’armée et des paramilitaires, et la guérilla et ses crimes en serait la conséquence. C’est par exemple le discours du prêtre Javier Giraldo.

        On peut encore trouver d’autres approches, mais ces deux la ont en commun une remise en cause radicale de la manière de voir et de parler le conflit, des concepts d’état considérés comme allant de soi tels que les « politiques de sécurité », le « terrorisme » ou « d’état de droit » ne vont plus de soi.

        Si le journalisme à vocation à comprendre et à expliquer une situation particulière, alors il serait souhaitable qu’en tant que journaliste vous réfléchissiez un peu plus aux mots que vous utilisez. Bref qu’en tant que journaliste, vous soyez un peu plus sociologue.

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à ash91
          Journaliste
          • Posté à 09h54 le 31/05/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Sur le premier point, qui généralise le problème à l’ensemble des acteurs violents de la société colombienne, soit, mais admettez que cette violence est un problème en soi. Sur le deuxième point, j’ai beaucoup plus de réserves. J’ai souligné le caractère inégalitaire de la société colombienne dans ce papier, et l’extrême pauvreté d’une grande minorité. Comme souvent les prêtres aiment bien les guérillas (pensez au Chiapas), mais il est un peu facile de mettre sur le dos d’une société socialement inégale une guérilla dont le discours politique n’a plus de légitimité, dont les méthodes sont belles et bien terroristes et dont l’existence même fragilise la démocratie et incite à des réponses violentes. D’ailleurs le vote d’hier soir, qui donne l’avantage au représentant de l’élite de la bourgeoisie colombienne et au champion de la sécurité, confirme que le problème est bien la violence, et que celle-ci appelle au réalisme plutôt qu’à l’utopie (là encore, j’utilise ce terme dans un sens positif).

          • nore
            nore répond à Michel Faure
            in situ
            • Posté à 08h04 le 01/06/2010
            • Internaute 53953
              in situ

            Oui cette violence qui ronge le pays depuis tant de décennies est une plaie. Tout les colombiens et colombiennes souhaiteraient que cela cesse c’est évident. Le problème étant, comme toujours, le pouvoir et l’argent. Ces deux facteurs alimentent tous les soucis de la Colombie, nourrit le narcotrafic, le trafic d’armes et les exactions en tout genre sous couvert de sécurité, d’idéologie anticommuniste ou communiste.

            Dire qu’Uribe a réduit la violence avec sa politique de « sécurité démocratique » c’est comme dire qu’en France on a réduit la délinquance avec plus de police, c’est complètement faux. La violence s’est déplacée mais elle n’a pas diminuée.

            La violence en Colombie sert le pouvoir, c’est incroyable de passer à côté du fait que le parti de l’U ait besoin de la guérilla pour conserver la main sur sa stratégie sécuritaire, les faux-positifs en sont un exemple, l’implantation des multinationales exploitant les ressources dans des régions nettoyées par l’armée (et/ou les paramilitaires) des indigènes gênants ou vindicatifs en est un autre.

            Je ne traite absolument pas les FARC ou l’ELN d’angelots, ils ont tout autant tort et utilisent également la violence, on peut tout de même noter qu’on a pas retrouvé de charnier ni de four crématoire ou ce genre de choses chez eux pour l’instant alors qu’on a toutes les preuves de ces exaction côté de l’armée et des paramilitaires. Et ne me dites pas que cela est le fait de quelques moutons noirs on sait très bien que c’est une opération de « nettoyage » planifiée.

            Comme vous le dites là, l’avantage est au représentant de la bourgeoisie, la petite, urbaine et la grande faite de latifundistes et de grand franchisés des multinationales. D’ailleurs cela se retrouve dans l’abstention monstre de ce week end le total des suffrages étant de14.764.362 soit 49.24%. Moins de la moitié des inscrits ! !
            Tout en sachant que comme au Chili, beaucoup de gens ne sont même plus inscrit par dégoût ou par ignorance et mauvaise information.

            Non comme beaucoup de pays d’Amérique Latine, tant que la bourgeoisie ne rêve que d’Europe, des Etats-Unis, est prête à vendre son pays et à laisser mourir les paysans dans la misère la violence ne s’arrêtera pas. Et toute politique sécuritaire sera au mieux un pis-aller au pire un accompagnement, voir un flux nourricier de la violence.

            D’ailleurs pourquoi dans les guérillas y-a-t-il beaucoup de ruraux et de paysans ? N’en ont-ils par marre de se faire déplacer, de se faire spolier et de ne pouvoir vivre tranquillement ? Qui sont les soldats dans l’armée, si ce ne sont des jeunes au pouvoir économique incertain et à l’avenir bien sombre qui s’engagent pour alléger leur famille et pour avoir au moins de quoi survivre ?

            Ce sont toujours les pauvres bougres qui servent de carburant à cette immonde boucherie, pendant de d’autres construisent leur puissance sur le sang. Et cela on ne peut le masquer derrière le masque très convenant de l’idéologie ou de la petite criminalité.

            La Colombie est perdue tant qu’elle sera le valet de son puissant voisin du nord qui ne se sert d’elle que pour contrôler le cône sud et pour pomper ses ressources avec l’aval de ceux qui en profitent en interne c’est à dire la bourgeoisie et l’oligarchie. Quel gâchi !

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à nore
              Journaliste
              • Posté à 08h52 le 01/06/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Merci pour votre réaction, très intéressante à l’exception de votre conclusion, Nore, si vous me permettez cette réserve, d’autant que cette conclusion affaiblit d’un coup le réquisitoire que vous prononcez contre bourgeoisie et guérillas colombiennes. Toutes les fautes de l’Amérique latine n’ont pas pour origine les Etats-Unis, surtout depuis la fin des dictatures des années 80. Ce discours anti-yankee, par ailleurs mille fois resservi, est un peu trop facile pour absoudre les sociétés latino-américaines de leurs responsabilités dans ce qu’elles sont devenues.

              • JahRastafari
                • Posté à 10h59 le 01/06/2010
                • Internaute 9177

                « cette conclusion affaiblit d’un coup le réquisitoire que vous prononcez contre bourgeoisie et guérillas colombiennes. Toutes les fautes de l’Amérique latine n’ont pas pour origine les Etats-Unis, surtout depuis la fin des dictatures des années 80. Ce discours anti-yankee, par ailleurs mille fois resservi, est un peu trop facile pour absoudre les sociétés latino-américaines de leurs responsabilités dans ce qu’elles sont devenues. »

                Nore a écrit que « La Colombie est perdue tant qu’elle sera le valet de son puissant voisin du nord qui ne se sert d’elle que pour contrôler le cône sud et pour pomper ses ressources avec l’aval de ceux qui en profitent en interne c’est à dire la bourgeoisie et l’oligarchie. »

                Encore une fois, ne faites pas dire ce qui ne l’a pas été. D’une Nore dit que la non ingérence du « puissant voisin du nord » est une condition nécessaire (et pas forcément suffisante), pour que la Colombie ne soit pas « perdue ». Il n’« absout » en rien les « sociétés latino-américaines de leurs responsabilités ».
                De deux, il évoque « l’aval de ceux qui en profitent en interne c’est à dire la bourgeoisie et l’oligarchie ». Ce qui nous amène à la question suivante : Avez-vous avez lu sa phrase jusqu’au bout ?

                • Michel Faure
                  Michel Faure répond à JahRastafari
                  Journaliste
                  • Posté à 12h00 le 01/06/2010
                  • Journaliste 82928
                    Journaliste

                  Oui. Et c’est plutôt à lui de répondre, s’il le souhaite, à moins qu’il vous ait désigné comme son porte-parole ? ? ? ?

                  • JahRastafari
                    • Posté à 12h51 le 01/06/2010
                    • Internaute 9177

                    Merci pour votre intervention : =)))))

                    Lorsque vous dites « oui », c’est un début de commencement de reconnaissance que, peut-être, vous vous seriez un petit peu emporté en interpretant selon vos désirs ce qui a pu être dit ?

                    Non il ne m’a pas nommé comme son porte-parole. Je trouvais son intervention particulièrement pertinente. Et si la mienne ne lui plaît pas, il pourra me le faire savoir (ou peut-être êtes-vous son porte-parole ? : =)))))

                    • Michel Faure
                      Michel Faure répond à JahRastafari
                      Journaliste
                      • Posté à 13h57 le 01/06/2010
                      • Journaliste 82928
                        Journaliste

                      Concernant votre interprétation de mon oui, ma réponse est non.

                  • nore
                    nore répond à Michel Faure
                    in situ
                    • Posté à 11h31 le 02/06/2010
                    • Internaute 53953
                      in situ

                    Je vous avait répondu hier, mais cette dernière s’est perdue lors de la sauvegarde. (Edit : ah ben non je me suis trompé, elle est juste en dessous, mais pas grave je laisse cette note)

                    JahRastafari (qui n’est pas mon porte-parole, et personnellement je trouve ce sobriquet un tantinet sarcastique, détrompez-moi si nécessaire) a fait un commentaire très juste puisque feu ma réponse - paix à son âme perdue dans les limbes électroniques ;) - allait dans le même sens.

                    Il faudrait être aveugle ou d’une mauvaise foi assurée pour réfuter le fait que pour les USA l’Amérique Latine dans son ensemble est comme l’Afrique pour la France. Evidemment les deux histoires son différentes, mais la gestion et les relations sont assez similaires.

                    Il en va même pour le fait de réfuter que les États-Unis ont une attitude, et surtout une prétention (mal assumée), impérialiste sur le monde entier. C’est tout de même le pays qui a le plus de bases militaires extra-territoriales à travers le globe. Notamment en Amérique Latine, qui est, ma foi, bien quadrillée.

                    La future implantation des bases US en Colombie, l’implantation récente d’une seconde base au Honduras, le retour des marines au Panama et les négociations pour implanter une base au Brésil en sont clairement la preuve

                    Je ne fustige pas que les USA, ils sont en position de domination militaire et par là même de forte influence politique mais au niveau économique ils ne sont pas seuls a exercer ce que l’on peut appeler du néo-colonalisme. L’Europe et le Canada sont également de la partie -tout comme les grands organismes économiques mondiaux FMI, BM et OMC qui étaient censés protéger les économies des pays (sauf pour l’OMC) - à travers les accords commerciaux de libre-échange et les implantations de multinationales qui profitent largement des politiques de déréglementation et de privatisation des ressources.

                    Comble de malheur, les multinationales étant tout de même ce que l’ont pourrait qualifier de requins économiques, apatrides (quand ça arrange) et sans scrupules, l’Amérique Latine subit également les manoeuvres de ses propres multinationales, la brésilienne Petrobra en étant le meilleur exemple.

                    On peut tout simplement dire que la Conquista n’est pas finie, qu’elle se continue sous une autre forme tout aussi meurtrière et ignoble, et ce, même si elle se déroule maintenant plus discrètement au sein de salons feutrés.

                    Lien de Galeano reste malheureusement très actuel, même si les façons de faire ont changé. On ne peut que constater que cette « Conquista » est en extension. Les spéculateurs ayant obligation d’exploiter toujours plus pour continuer à croître ils s’attaquent non seulement aux pays dit pauvres sur tous les continents, continuant par là l’oeuvre de la colonisation, mais également aux pays riches, aux populations de leur propre pays d’origine dans un mouvement de razzia absolue. La Grèce étant le cas actuel le plus proche de nous.

                    Le tout avec l’aval des classes politiques qui à force de jeux d’influence, de dépendance économique et de manque de courage, ne sont plus que des hommes de paille, creux et arrogants. Juste pour dire que ce qui se déroule en Amérique Latine n’est pas un cas étrange, une sorte de maladie bizarre ou autre, ce n’est qu’une forme « régionale » du mal global que nous pouvons tous constater.

                    D’ailleurs pour étayer un peu plus mes propos je ne saurais que trop conseiller les documentaires Lien, Lien et Lien ainsi que l’essai Lien en complément du livre de Galeano cela permet bien de cerner ce que je veux dire.

                    Et juste en retour vers les élection colombienne je fais suivre l’article de Primitivi parlant des élections de dimanche : Lien

                    • Michel Faure
                      Michel Faure répond à nore
                      Journaliste
                      • Posté à 12h34 le 02/06/2010
                      • Journaliste 82928
                        Journaliste

                      Nore, je suis beaucoup plus optimiste que vous, manifestement, sur l’avenir de l’Amérique latine, et je crois au déclin, relatif mais réel, de l’influence américaine et européenne dans le monde. Nous découvrons qu’Israel ne prend plus ses ordres à Washington, que l’Iran va faire sa bombe, que la Turquie abandonne ses inclinaisons occidentales, et que l’Afrique et l’Amérique latine vont devoir se taper une nouvelle colonisation, celle de la Chine si toutefois celle-ci n’explose pas, tandis que l’Inde produit les futurs ingénieurs de la planète et que Pakistan va tomber dans le plus profond chaos. Et les Etats-Unis face à ça, sont impuissants. Donc la superpuissance américaine, même en Amérique latine où Chavez et Lula, chacun à leur manière, lui font des pieds de nez, je crois que c’est une vision ancienne de l’histoire. Refermez Les veines ouvertes de l’Amérique latine. C’était un beau livre. Peut-être faudrait il que je le relise, quelque 20 ans plus tard, mais je crois qu’il date un peu.

                      • JahRastafari
                        • Posté à 16h01 le 02/06/2010
                        • Internaute 9177

                        « Nous découvrons qu’Israel ne prend plus ses ordres à Washington »

                        L’entité sioniste (6 millions d’habitants) reçoit plus de deux milliards de dollars annuels (aide milititaire) du gouvernement des Etats-Unis, no strings attached. Elle bénéficie par ailleurs d’accords économiques privilégiés avec l’Europe et les Etats-Unis, et bénéficie d’un vote quasi systématique en sa faveur (des USA) lors des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Le massacre du Liban (2006), de Gaza (2008/2009) et dans les eaux internationales (2010) sont l’occasion de lamentations médiatiques très courtes des USA mais ne portent absolument pas à conséquence pour les véritabls décisions : voir le rapport Goldstone, l’entrée dans l’OCDE d’Israel, l’exportation illégale (en vertu du droit international) sans encombres de produits issus des colonies occupées etc...
                        Si les USA ne lèvent ne serait ce que le petit doigt, dans les 24h, Israel s’effondre.

                        Le « ’Israel ne prend plus ses ordres à Washington » » m’apparaît plus comme une fable pour journalistes.

                        « que l’Iran va faire sa bombe » : vision incantatoire
                        Israel a la bombe : fait

                        « l’Amérique latine vont devoir se taper une nouvelle colonisation, celle de la Chine »

                        Il y a au moins un certain transfert technologique qui s’opère.

                      • nore
                        nore répond à Michel Faure
                        in situ
                        • Posté à 17h30 le 02/06/2010
                        • Internaute 53953
                          in situ

                        Bien content pour vous que vous soyez optimiste, j’aimerais l’être autant que vous. Je pense malheureusement qu’André Gortz avait raison : nous sommes entrain de voir la fin du système que l’on appelle « capitalisme » et que ce système nous en sortirons soit intelligemment soit de manière barbare. Pour l’instant force est de constater que la voie de l’intelligence n’est pas vraiment celle qui a été choisie...

                        Sinon, en effet comme « Les veines ouvertes » fini quelques années avant le 11 septembre 1973 il est obsolète car il y a un avant et un après la dictature de Pinochet, il y a un avant et un après le néolibéralisme. Mais il est obsolète dans les faits pas dans les mécanismes qu’il décrit. Les différentes ressources sont toujours entre les mains d’un petit nombre, avant c’était les États, l’Espagne et l’Angleterre (par extension l’Europe), et les USA. Maintenant c’est la même chose mais le petit nombre se trouve dans les conseils d’administration des transnationales, c’est d’ailleurs pour cela que j’évoquais les salons feutrés.

                        Je pense que vous devriez regarder les autres docus et le livre que j’ai cité ils sont très instructifs sur ce point, même s’ils ne traitent pas forcément directement de l’Amérique Latine. Et vous qui connaissez ce continent, même si nous n’en avons pas la même vision, vous comprendrez pourquoi je dis que les mécanismes décrits dans le livre de Galeano sont toujours d’actualité.

                        Regardez et lisez tout cela, je serais très curieux d’avoir votre retour.

                        • Michel Faure
                          Michel Faure répond à nore
                          Journaliste
                          • Posté à 09h26 le 03/06/2010
                          • Journaliste 82928
                            Journaliste

                          Entendu Nore. Merci.

              • nore
                nore répond à Michel Faure
                in situ
                • Posté à 14h21 le 01/06/2010
                • Internaute 53953
                  in situ

                Je suis tout à fait d’accord, et là justement où vous aussi êtes aveuglé c’est que dans le commentaire auquel vous répondez je n’ai cité les USA que pour leur main mise militaire sur le continent. État de fait que l’on ne peut contester puisque dans le monde les USA sont le pays qui le plus de bases militaires extra-territoriales. Les États-Unis sont bien un pays impérialiste qui a des ambitions de gendarme du monde, rôle qu’ils se donnent mais qu’au final ils n’assument pas.

                Pour ce qui est du merdier sud-américain il faut tout de même constater plusieurs choses : la plupart des dégâts environnementaux, des tensions sociales et toutes les guerres de basse intensité sont liées à des secteurs industriels et des secteurs spéculatifs. Soit ces secteurs en sont la source, soit ils entretiennent ou enveniment les situations car elles leurs sont profitable (profit sonnant et trébuchant).

                Donc ce ne sont pas uniquement les USA que je fustige par là, mais tout le système des multinationales qu’elles soient US, européennes, asiatiques ou autres en incluant évidemment les pays d’Amérique Latine eux-même. Je fustige également la classe politique trop occupée à construire sa carrière, à rendre services à ses amis et trop encline à se faire acheter (pas forcément par de la corruption) et à prendre des décisions contre l’intérêt des populations qu’elles sont censées protégés. Cela vaut pour là-bas, cela vaut également pour ici, le constat est malheureusement global, sauf que...
                Sauf qu’à travers le monde il y a toujours des particularités qu’on pourrait appeler de « régionales », la situation colombienne en fait partie.

                Il faut également constater que le mouvement de la gauche sud-américaine, Chavez, Correa, Morales en tête a le mérite d’offrir d’autres perspectives que celles des (néo-)libéraux. Des perspectives où, même si les actions sont critiquables et imparfaites des questions qui étaient jusque là évacuées d’un revers de main ont été posées, comme la question des indigènes, les questions sociales, d’éducation, de reprise en mains des ressources naturelles nationales, des industries, etc, etc.

                Je reviens juste deux secondes sur la situation de l’Amérique Latine par rapport à son grand voisin du nord pour évoquer un autre fait difficilement contestable qui est qu’une partie de l’Amérique Latine a pu faire ces choix politiques différents -même si on est pas d’accord avec le mouvement bolivarien- parce que le gouvernement des États-Unis s’est à un moment désintéressé de son pré carré, ne pas reconnaître que l’Amérique Latine dans son ensemble est pour les États-Unis un équivalent (avec une histoire différente certes) de notre bien connue françafrique relèverait, je pense, de la pure mauvaise foi.

                Pour finir je dirais que les deux plaies de l’Amérique Latine (ce qui complète et précise les deux plaies que j’avais évoqué précédemment pouvoir+argent) sont l’exploitation sauvage telle que la pratique les multinationales et les pressions politiques exercées à la fois par les instances économiques mondiales (FMI, BM, OMC) et les secteurs politiques (USA, UE principalement) qui agissent comme l’ont fait les espagnols durant la Conquista. Et les preuves abondent actuellement, il suffit de regarder des documentaires comme « we feed the world », « let’s make money », de lire « les veines ouvertes d’Amérique Latine » ou « la stratégie du choc » ou simplement de lire l’article Lien pour comprendre ce que je veux dire (et il n’y a absolument pas besoin d’être anti-yankee).

                En fin de compte la Conquista n’a jamais cessée et vu comment les personnes qui pourraient changer le cours des choses agissent elle n’est pas prête de s’arrêter.

          • JahRastafari
            • Posté à 10h45 le 01/06/2010
            • Internaute 9177

            « Comme souvent les prêtres aiment bien les guérillas (pensez au Chiapas) »

            Je pense que cette phrase mérite amplement son entrée au hall of fame des cafés de commerce.

            « mais il est un peu facile de mettre sur le dos d’une société socialement inégale une guérilla dont le discours politique n’a plus de légitimité, dont les méthodes sont belles et bien terroristes et dont l’existence même fragilise la démocratie et incite à des réponses violentes. »

            Même s’il est maintenant largement entendu que vous êtes passé maître dans l’art de faire dire ce qui ne l’a pas été (@les cubains de Miami), je me permets de vous faire remarquer que Ash propose simplement des pistes, des angles d’interprétation qui permettent de comprendre (et non d’excuser, de légitimer , de « mettre sur le dos » quoi que ce soit sur le dos de qui que ce soit).

            « D’ailleurs le vote d’hier soir, qui donne l’avantage au représentant de l’élite de la bourgeoisie colombienne et au champion de la sécurité, confirme que le problème est bien la violence »

             ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
            Ca confirme surtout que vous ne comprenez manifestement pas les concepts d’abstention, de propagande, de clientélisme , de menaces et de corruption

        14 autres commentaires
  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 21h14 le 30/05/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    « L’utopie est à la vie
    ce que l’hypothèse est à la science »

    prétend Gaston Bachelard

    vive l’utopie

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à leo s
      Journaliste
      • Posté à 21h22 le 30/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Ah, merci Leo... Et vive Gaston !

  • marsatak-
    marsatak-
    ontheroadagain
    • Posté à 23h40 le 30/05/2010
    • Internaute 115715
      ontheroadagain

    si on en croit les premières estimations de el tiempo, santos mettrait une grosse rouste à mockus : 47% contre 22%. des résultats très différents des sondages pour l’instant. Je suis très surpris par une telle différence. L’éléction est presque jouée. Vraiment dommage pour ce pays que j’aime tant.

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à marsatak-
      Journaliste
      • Posté à 09h35 le 31/05/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Oui. 46,5 pour Santos, 21,6 pour Mockus.
      Sans doute Mockus a-t-il été plus populaire dans les pages des journaux et de ce blog que dans l’esprit de nombreux Colombiens. Peut-être que Mockus a séduit les intellectuels des grandes villes et ils ne sont pas majoritaires dans le pays. Sans doute les gens sont-ils aussi toujours très préoccupés par la sécurité. Peut-être même, contrairement à ce que j’ai écrit, font-ils plus confiance à Santos qu’à Mockus en matière d’économie.

    • fidesien
      fidesien répond à marsatak-
      ouvrier
      • Posté à 09h37 le 31/05/2010
      • Internaute 61414
        ouvrier

      Il en a été décidé ainsi par l’oligarchie
      En Colombie on vote pour de l’argent ou SOUS PRESSION pour resté en vie
      MOCKUS était la caution de cette farce électorale

      • Boris Carrier
        Boris Carrier répond à fidesien
        cogito ergo sum
        • Posté à 11h58 le 31/05/2010
        • Internaute 67367
          cogito ergo sum

        farce électorale parcequ’il s’agit du tiers-monde ? Et le bourrage des urnes sur une île bien connue ? Et les morts qui votent dans un arrondissement de notre capitale ? Pas une farce je suppose.

         
        • fidesien
          fidesien répond à Boris Carrier
          ouvrier
          • Posté à 12h07 le 31/05/2010
          • Internaute 61414
            ouvrier

          Vous m’avez mal compris,vous pouvez ajouter que les indiens de Guyane votent à la casi unaminité UMP
          Nos gendarmes les aident.... ! ! !

          • Boris Carrier
            Boris Carrier répond à fidesien
            cogito ergo sum
            • Posté à 12h29 le 31/05/2010
            • Internaute 67367
              cogito ergo sum

            En effet. Mais rien n’incite à traiter les élections colombiennes de farce électorale sans éléments probants de fraude. Il est probable qu’il y en ait, mais pas plus que dans d’autres démocraties développées ou non.Et les pourcentages ne semblent pas gonflés. Même au Vénézuela les élections sont « propres ».

            • fidesien
              fidesien répond à Boris Carrier
              ouvrier
              • Posté à 12h39 le 31/05/2010
              • Internaute 61414
                ouvrier

              L’achat de votes et le vote sous menace dans les campagnes est connu
              D’ou le résultat du vote tres différent des sondages
              A noter que l’ABSTENTION est majoritaire (SCRUTIN PRESIDENTIEL) ce qui prouvent le désintérêt relatif des colombiens pour cette « èlection »

        3 autres commentaires
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