Panamericana

L'actualité des Amériques de Valparaiso à Tijuana.

Présidentielle au Brésil : voter Rousseff, c'est voter Lula

Michel Faure
Journaliste
Publié le 23/08/2010 à 10h30


Dilma Rousseff, Luiz Iniacio Lula da Silva et José Serra le 2 mars 2010 (Paulo Whitaker/Reuters).

En 2002, alors qu’Inacio « Lula » da Silva affrontait José Serra à l’élection présidentielle, le slogan du moment était : « Agora e Lula » (« Maintenant, c’est Lula »). Le leader charismatique du Parti des travailleurs (PT) s’était déjà présenté trois fois, sans succès, et, pour de nombreux Brésiliens, c’était désormais son tour, il l’avait bien mérité.

Alors que les sondages prédisaient, en ce même automne 2002, une victoire de Lula, et que Wall Street s’affolait un peu, je me souviens avoir discuté en pleine tourmente financière avec un homme d’affaires de Sao Paulo qui trouvait les traders newyorkais vraiment nuls :

« Le plus à gauche des deux, ce n’est pas Lula, c’est Serra, et personne n’a l’air de le comprendre. »

« Toi, ma fille, tu peux agir là où je n’ai pas réussi »

José Serra est à nouveau candidat cette année. Il va sans doute être encore battu, de manière indirecte cette fois, par Lula : on a de plus en plus l’impression que voter pour Dilma Rousseff, candidate du PT et favorite du Président, c’est voter pour Lula lui-même, par procuration.

Le Président n’en fait même pas mystère, déclarant le 18 août, qu’il sera, au cours des quatre prochaines années, le gardien vigilant de Rousseff. On imaginait, jusque dans ce blog, que Lula trouverait une occupation à la mesure de son prestige et de ses talents, une fois ses deux mandats accomplis.

Nous évoquions le secrétariat général des Nations unies. D’autres parlaient d’une fondation internationale ou d’une grande université. Maintenant que Dilma Rousseff est bien partie pour l’emporter, Lula explique ce qu’il va faire au micro d’une radio brésilienne :

« Je vais voyager dans tout le Brésil pour voir ce que j’ai fait, et si je vois quelque chose qui ne va pas, je dirai à Dilma : “Regarde, ici, quelque chose ne fonctionne pas. Et toi, ma fille, tu peux agir là où je n’ai pas réussi.” »

Le retour de Lula en 2014 ?

Lula reste extraordinairement populaire au Brésil, et à juste raison. Ce « réformiste radical », selon la belle formule qu’Albert Camus s’appliquait à lui-même, n’a jamais cessé de préserver l’équilibre entre la nécessaire ouverture au monde -qui fait du Brésil une grande puissance émergente- et le souci constant de politiques sociales et d’éradication de la pauvreté.

Il a réussi et personnifié cette synthèse de croissance économique et de progrès social. Et même si tous ses projets n’ont pas abouti, et que ses dernières initiatives diplomatiques, notamment avec Cuba ou l’Iran, furent exploitées par ses adversaires comme l’une des rares failles de son bilan, les électeurs auraient sans doute offert à Lula un troisième mandat si la Constitution l’avait autorisé.

En se portant garant d’une continuité « luliste » avec Dilma Rousseff, le Président donne l’illusion qu’il sera toujours là. Certains voient même cette présidence Rousseff comme une courte parenthèse en attendant 2014. Lula, alors, pourrait être à nouveau candidat et gérer les Jeux olympiques qui se dérouleront en 2016 au Brésil. Mais Dilma lui cèdera-t-elle facilement la place ? Une loi universelle veut qu’on n’abandonne pas facilement le pouvoir une fois qu’on l’a conquis.

Dilma Rousseff a ses propres mérites. Ancienne guérillera sous la dictature dont elle fut prisonnière, elle fut une administratrice reconnue et efficace dans l’Etat brésilien du Rio Grande do Sul, puis devint chef de la Maison civile -sorte de secrétariat général de la présidence- de Lula.

Elle ne fut jamais élue et n’a ni le charisme ni, sans doute, le pragmatisme de son génial mentor. La garantie que lui offre Lula, en réalité, apparaît comme un élément rassurant. Personne n’est tout à fait certain que lui confier les rênes du pays, sans Lula derrière son épaule, serait raisonnable.

« Agora e Serra »

Il n’est pas sain de voter pour Rousseff en espérant Lula. D’où mon envie de dire aux Brésiliens, aujourd’hui : « Agora e Serra ».

Si la majorité du Brésil est à gauche, voilà un homme dont toute la vie politique est ancrée à gauche. Ce fils d’une famille d’immigrants italiens de Sao Paulo, dont le père vendait des légumes au marché, devint un leader étudiant d’extrême gauche.

Avec le coup d’Etat militaire, il se réfugie à l’ambassade de Bolivie, puis en France, interrompant ses études d’ingénieur. Il rentre clandestinement au Brésil puis va au Chili, où il vivra huit ans. Il y entreprend et termine des études d’économie, rencontre le futur Président Fernando Henrique Cardoso, enseigne et fait aussi partie d’un groupe de conseillers économiques proches du Président Allende. Jusqu’au jour où il se retrouve au stade national de Santiago au lendemain du coup d’Etat de Pinochet.

Exilé aux Etats-Unis, il passe un doctorat d’économie à l’université de Cornell. Sans attendre la loi d’amnistie de 1979, Serra rentre au Brésil en 1977 et se lance à nouveau dans la politique. Affilié au Parti social démocrate, il est élu député fédéral en 1987, puis sénateur jusqu’en 2003.

Quand Cardoso -un politicien admirable injustement dénigré par les partisans de Lula- est élu Président, il entre à son gouvernement et se distinguera notamment comme un remarquable ministre de la Santé, affrontant les grands groupes pharmaceutiques mondiaux afin de fabriquer, au Brésil, des copies génériques des médicaments luttant contre le sida.

Il tente en 2002 de succéder à Cardoso, mais « Agora e Lula ». Il devient alors maire de Sao Paulo, la plus grande ville du pays, puis gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, fonction qu’il quitte, avec des taux d’approbation assez élevés -56%- pour se présenter à la présidentielle d’octobre.

Au lieu d’une Présidente sous tutelle, au lieu du fantasme d’une « luliste » sans Lula, pourquoi ne pas dire : « Agora e Serra » et donner aussi sa chance à cet honorable social démocrate ?

  • 5756 visites
  • 81 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Bad Time For Human Kind
    Bad Time For Human Kind
    Chieur Public
    • Posté à 10h59 le 23/08/2010
    • Internaute 53377
      Chieur Public

    Merci monsieur Faure de nous faire autant rire !

    • Gilgiko
      Gilgiko répond à Bad Time For Human Kind
      cadre
      • Posté à 11h30 le 23/08/2010
      • Internaute 108661
        cadre

      Je suis d’accord avec vous, M Faure m’a fait bien rire également.
      Pensez-vous qu’il s’y connaît ?

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 11h43 le 23/08/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro
  • FanFan2722
    FanFan2722
    http://reactionashow.blogspot. (...)
    • Posté à 12h07 le 23/08/2010
    • Internaute 12992
      http://reactionashow.blogspot. (...)

    c’est une blague ou une nouvelle preuve de l’analyse incompétente de M Faure ?
    Agora é Serra ? Ta doido irmao ! ! ! ! !
    Serra c’est le PSDB, allié du DEM, les deux partis infestés par les anciens de la dictature.
    Je m’étonne que Rue89 donne la parole à une analyse si faible, « lula a été au pouvoir pendant 8 ans alors il faut être gentil et donner sa place à l’opposition » Le Brésil n’est pas le pays des bisounours.

    En l’occurence 2010 n’est pas l’année de Lula ni de Dilma ni de Serra mais bien de Plinio de Arruda Sampaio. Voila un homme et un parti rempli d’ambition et d’idées novatrices.
    Autre chose, 2014, sera l’année de la coupe du monde sur les terres brésiliennes. La coupe revient à la maison et ne doutons pas que les résultats influenceront la présidentielle.

    • Gilgiko
      Gilgiko répond à FanFan2722
      cadre
      • Posté à 15h59 le 23/08/2010
      • Internaute 108661
        cadre

      C’est vrai, c’est justement pour cela que je demandais s’il savait que quoi il parlait.
      Et en plus, il va sortir un livre sur Ipanema ! ! Il doit rêver de « strings » lui.

    • marsatak-
      marsatak- répond à FanFan2722
      ontheroadagain
      • Posté à 16h11 le 23/08/2010
      • Internaute 115715
        ontheroadagain

      à 80 balais il a intérêt à vite les mettre en application ses idées novatrices le sampaio

      • viva zebda
        viva zebda répond à marsatak-
        Ni maître, ni croquettes
        • Posté à 16h48 le 23/08/2010
        • Internaute 25029
          Ni maître, ni croquettes

        entretien avec Plínio de Arruda Sampaio
        Lien

         
        • marsatak-
          marsatak- répond à viva zebda
          ontheroadagain
          • Posté à 17h15 le 23/08/2010
          • Internaute 115715
            ontheroadagain

          c’est bien ce que je disais qu’il se dépêche car malgré tout le respect que je lui dois, il va bientôt se retrouver six feet under, c’est prouvé par les statistiques : D...

          je sais bien que certains jeunes ont des fois des idées bien plus arriérées que certains vieux et vice versa, mais je pense pas qu’il soit l’avenir du pays....d’autant plus que le lien que vous m’avez donné va dans la traditionnelle réthorique éculée de l’extrême gauche mais il y a quand même aussi du vrai dans ce qu’il dit. Ils ont pas un petit facteur à envoyer aux élections dans ce parti ? ?

          • viva zebda
            viva zebda répond à marsatak-
            Ni maître, ni croquettes
            • Posté à 17h26 le 23/08/2010
            • Internaute 25029
              Ni maître, ni croquettes

            « réthorique éculée »
            mais la politique n’est pas une mode....

            • marsatak-
              marsatak- répond à viva zebda
              ontheroadagain
              • Posté à 17h30 le 23/08/2010
              • Internaute 115715
                ontheroadagain

              oui, mais certaines recettes qui ne fonctionnaient déjà pas au XXè ne marcheront pas au XXIè ni même au XXIIè (mais la, si j’en suis ces mêmes statistiques je serai plus la moi non plus pour le voir...)

              • viva zebda
                viva zebda répond à marsatak-
                Ni maître, ni croquettes
                • Posté à 19h32 le 23/08/2010
                • Internaute 25029
                  Ni maître, ni croquettes

                pour peu, je pourrais en déduire que le capitalisme-libéralisme « fonctionne bien »....

                • marsatak-
                  marsatak- répond à viva zebda
                  ontheroadagain
                  • Posté à 00h41 le 24/08/2010
                  • Internaute 115715
                    ontheroadagain

                  non, ce serai faire un gros raccourci, l’extrême gauche a parfois de belles idées intéressantes sur le plan social, mais sur le plan éco, les recettes marchent pas beaucoup...
                  amitiés

        5 autres commentaires
    • Shakana
      Shakana répond à FanFan2722
      (Entre parenthèses)
      • Posté à 17h16 le 23/08/2010
      • Internaute 30512
        (Entre parenthèses)

      Il est à la pointe en tout cas...

      Lien

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à FanFan2722
      Journaliste
      • Posté à 10h54 le 24/08/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Puisque vous parlez d’alliance contre nature, je vous rappelle que le candidat à la vice présidence du « ticket » Lula en 2002 est un type dont je n’ai plus le nom sous les yeux qui appartenait à un parti lié à l’église évangéliste.

      • Michel Faure
        Michel Faure répond à Michel Faure
        Journaliste
        • Posté à 10h58 le 24/08/2010
        • Journaliste 82928
          Journaliste

        Son nom me revient : josé Alancar.

         
        • matambada
          matambada répond à Michel Faure
          Etudiant
          • Posté à 03h09 le 25/08/2010
          • Internaute 123663
            Etudiant

          C’est Jose AlEncar et il n’est pas du tout lie au milieu evangeliste, represente aux elections de 2002 par Anthony Garotinho. Alencar est issu du secteur prive, et restera comme une des figures les plus respectes du gouvernement Lula. Mr Faure, svp, faites de recherches avant d’ecrire vos articles. Vos opinions sur la politique bresilienne sont truffes de maladresses ou, peut etre, tout simplement de mauvaise foi.

          • Michel Faure
            Michel Faure répond à matambada
            Journaliste
            • Posté à 09h49 le 25/08/2010
            • Journaliste 82928
              Journaliste

            Je suis désolé Matambada, mais si effectivement Garotinho était fou de dieu, Alancar, quand il a été désigné vice-président, a soulevé de nombreuses polémiques non seulement pour être un industriel du Minas Gerais, mais aussi parce qu’il portait les couleurs du petit parti libéral très lié à l’eglise universelle du royaume de dieu. Je vous rappelle qu’Alancar à pris des prises de positions, notamment sur le mariage gay, en ligne avec ses convictions religieuses. Donc arrétez de m’accuser de maladresse ou pire, de mauvaise foi, et révisez votre histoire, pourtant récente, du Brésil.

            • Amarouayache Zaky
              • Posté à 20h54 le 25/08/2010
              • Internaute 11970

              Vous donnez des lecons d histoire maintenant ! !

              J en pleure..... De rire ..

              Sacre Michel Gibson...

              Il est bon de constater que votre incompetence ne concerne pas uniquement les sujets et pays concentrant vos noeuds et contractures ideologiques..

        3 autres commentaires
      • Shakana
        Shakana répond à Michel Faure
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 12h03 le 24/08/2010
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        Encore !

        Pouvez vous nous citer le passage de Fanfan qui parle d’alliance contre nature ? Je n’ai lu aucune part cela.
        Vous exercez des torsions manipulatoires à son commentaire afin de vous donner l’occasion de glisser une de vos assertions évidemment hors sujet et évidemment négative contre les progressistes...

  • Veum
    Veum
    doctorant
    • Posté à 12h32 le 23/08/2010
    • Internaute 23064
      doctorant

    Il est vraiment temps que rue89 reconsidère cet espace offert à M. Faure...

  • francisbrasilis
    francisbrasilis
    internaute
    • Posté à 12h35 le 23/08/2010
    • Internaute 41983
      internaute

    On dirait une blague !
    - Reconnaître que Lula est un bon président en appelant à voter pour son opposant... Quelle argumentation bizarre !
    - Prétendre que José Serra est de gauche à cause de son passé... Mais à ce compte là Eric Besson est de gauche !
    Non vraiment, ça ne tient pas la route. Loin de moi l’idée de diaboliser le Parti de la Social-Démocratie Brésilienne, Fernando Henrique Cardoso ou José Serra, ce sont des politiciens classiques, respectables mais tellement conformistes. Prétendre qu’ils sont plus à gauche que le Parti des Travailleurs est absurde. Il suffit de comparer leur bilan ou leur vision de la démocratie. Alors que les premiers se souciaient de s’intégrer à un modèle blairiste, les seconds innovaient en promouvant des mécanismes de participation populaire et de démocratisation. Les premiers luttent contre l’inflation, les seconds contre la misère.
    Le système Lula a ses défauts, la mythification d’un leader charismatique en est un, il a trop fait d’ombre à Dilma Roussef qui, en tant que « Chef de la Maison Civile » est l’équivalent brésilien d’un premier ministre depuis des années, l’importance de son travail est immense.
    « Personne n’est tout à fait certain que lui confier les rênes du pays, sans Lula derrière son épaule, serait raisonnable. » Personne vraiment ? Pourquoi est-elle en tête dans les sondages alors ?
    Huit ans de Lulisme ont fait avancer le pays. Les points faibles de son gouvernement ? Principalement la corruption et protection de l’environnement. Deux sujets sur lesquels revenir au statu quo ante n’est pas vraiment une bonne idée. Quitte à construire un rapport de forces plus favorable à ces thèmes, autant voter pour Marina Silva, candidate des verts et ancienne ministre de l’environnement.

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à francisbrasilis
      Journaliste
      • Posté à 13h56 le 23/08/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Vous opposez Cardoso et Lula en déclarant que le premier a lutté contre l’inflation, le second contre la misère. Je vous ferais remarquer que les premières victimes de l’inflation, et encore plus de l’hyperinfltion - rappellez vous Fernando Collor - ce sont toujours les plus pauvres. Lutter contre l’inflation, dès lors c’était aussi lutter contre la misère. Et prétendre lutter contre la misère sans éteindre l’inflation, alors que la valeur de la monnaie s’écroule, c’est un rêve. Lutter contre l’inflation, c’était même la condition sine qua non pour pouvoir lutter ensuite contre la misère. Et pour la démocratie aussi, par ailleurs. Relisez l’histoire des années 30. Lula aurait du remercier Cardoso d’avoir assumé courageusement des politiques douloureuses et donc impopulaires pour lui confier un Brésil économiquement stabilisé. C’est aussi parce que l’économie était stabilisée qu’il était possible de dire, en 2002, « Agora e Lula ».

      • Shakana
        Shakana répond à Michel Faure
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 14h28 le 23/08/2010
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        Lula aurait du remercier Cardoso d’avoir assumé courageusement des politiques douloureuses et donc impopulaires pour lui confier un Brésil économiquement stabilisé.

        N’importe quoi !
        Économiquement stabilisé avant 2002 ? ... La politique de Lula a été les premières années la continuité de celle de Cardoso. Appliquer le plan du FMI mis en place par son prédécesseur et la rigueur budgétaire initiée par Cardoso...

        Le pays est accablé par une dette publique et extérieure paralysante à l’élection de Lula.
        Ce n’est que fin 2004 qu’il commence les réformes promises.

      • julienE
        julienE répond à Michel Faure
        producteur
        • Posté à 15h06 le 23/08/2010
        • Internaute 116770
          producteur

        « Lutter contre l’inflation, dès lors c’était aussi lutter contre la misère » revoyez vos bases d’économie M. Faure ! Malheureusement les deux ne sont pas liés.

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à julienE
          Journaliste
          • Posté à 10h52 le 24/08/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Malheureusement vous vous trompez, Julien. Les seuls bénéficiaires de l’inflation sont les gens qui ont les moyens d’emprunter et d’investir, c’est à dire les artisans, commercants et entrepreneurs. Les pauvres soitent se réfugient dans l’autosubsistance s’ils sont à la campagne, soit sont les premiers affectés par la baisse de l’activité et des emplois. Les salariés du privé comme du public, de même que la bourgeoisie intellectuelle, pâtissent du nivellement des salaires. Ils consomment moins, donc le chômage augmente, l’épargne fond comme neige au soleil, les banques se fragilisent, et la crise, très vite, devient générale. Voilà les effets de l’inflation. Dans les années trente, ces crises ont débouché sur l’émergence du fascisme et la recrudescence de lantisémitisme en Europe.

          • julienE
            julienE répond à Michel Faure
            producteur
            • Posté à 11h14 le 24/08/2010
            • Internaute 116770
              producteur

            Votre raisonnement tiens plus du bon sens commun (c’est à dire de la discussion de comptoire) que de la théorie économique. Je ne partage pas les simplifications que vous faites, vous arrivez à dire que le fachisme et l’antisémitisme sont le résultat de l’inflation ? ou est-ce que pour vous la cause de la 2e guerre mondiale est due à l’inflation en Allemangne dans les années 30 ? curieux simplisme.

            • Shakana
              Shakana répond à julienE
              (Entre parenthèses)
              • Posté à 13h19 le 24/08/2010
              • Internaute 30512
                (Entre parenthèses)

              la cause de la 2e guerre mondiale est due à l’inflation en Allemangne dans les années 30 ?

              En Allemagne, c’est une sévère déflation qui règne et non une inflation.
              Mais on ne peut en vouloir à Michel Faure, ce n’est pas son domaine de prédilection. Déjà qu’il galère à nous raconter l’Amérique Latine...

              • julienE
                julienE répond à Shakana
                producteur
                • Posté à 14h25 le 24/08/2010
                • Internaute 116770
                  producteur

                Je lui en veux quand même, personne ne l’oblige à galérer pour nous raconter son Amérique Latine, parfois très éloignée de la vraie.

                • Michel Faure
                  Michel Faure répond à julienE
                  Journaliste
                  • Posté à 15h13 le 24/08/2010
                  • Journaliste 82928
                    Journaliste

                  Eloignée de votre idée de l’Amérique latine, peut-être. Mais de la vraie, pas du tout. Par ailleurs, si vous m’en voulez, ne me lisez plus, je m’en remettrai.

                  • Shakana
                    Shakana répond à Michel Faure
                    (Entre parenthèses)
                    • Posté à 15h55 le 24/08/2010
                    • Internaute 30512
                      (Entre parenthèses)

                    Eloignée de votre idée de l’Amérique latine, peut-être. Mais de la vraie, pas du tout.

                    Lien

                    Sans commentaire...

                  • julienE
                    julienE répond à Michel Faure
                    producteur
                    • Posté à 17h10 le 24/08/2010
                    • Internaute 116770
                      producteur

                    L’Amérique Latine que j’aime c’est celle qui resiste à l’exploitation par les USA, celle de Lula, de Chavez, de Corea, de Morales, d’Ortega,et même celle de christina Fernandez. Visiblement elle est différente de la vôtre.

                    • Michel Faure
                      Michel Faure répond à julienE
                      Journaliste
                      • Posté à 19h37 le 24/08/2010
                      • Journaliste 82928
                        Journaliste

                      Julien, je ne vous dis pas ça pour perpétuer éternellement le débat, mais quand je parlais de la vraie Amérique latine, je ne parlais pas d’une conception idéologique d’une Amérique latine qui lutte contre l’exploitation, l’impérialisme, etc... Je pensais à une Amérique latine de la vie quotidienne, c’est celle là que j’appelle la vraie, c’est celle de la rue, des bistrots, c’est la vie familiale des gens, leur travail, leurs amis, la musique, le foot, la littérature, et oui, la politique aussi. Le charme de l’Amérique latine, et notamment du Brésil, puisqu’on en parle, c’est cette vitalité, ce dynamisme. 99% des brésiliens se foutent pas mal de l’impérialisme américain. Ils pensent à ce qu’ils feront le samedi soir, au rendement de leur terre s’ils sont paysans, à leur famille, à leur religion, à leurs amours, à leur boulot, à leurs études, à leur misère aussi s’ils sont très pauvres, et la politique, ils y pensent le temps d’une élection, et ça les passionne un moment, et puis ils passent à autre chose. Peut-être que les Vénézueliens sont plus concernés par la politique que les Brésiliens parce qu’ils ont Chavez sur le dos, mais dès qu’ils le peuvent, ils pensent eux aussi à autre chose, la télé, la future miss monde ou s’ils vont arriver à finir le moi et à ne pas prendre une balle perdue. Je pense que vous ne vivez pas en Amérique latine pour coller sur cette région vos passions politiques comme si l’ensemble de l’Amérique latine les partageait. La vérité, c’est qu’ils n’en ont pas grand chose à faire. Et le soir, ils vont boire un coup avec leurs potes plutôt que de lire Chomsky.

                      • Shakana
                        Shakana répond à Michel Faure
                        (Entre parenthèses)
                        • Posté à 21h10 le 24/08/2010
                        • Internaute 30512
                          (Entre parenthèses)

                        Oooohhh... Comme c’est... c’est attendrissant ! .... Snif... La vraie vie...

                        Lien

                        C’est vraiment dommage de ne jamais nous la narrer dans vos ... heuu... articles ? ... cette vraie vie en Amérique Latine. Vous le feriez si bien ! ...

                        Lien

                        C’est vous étant jeune ? Et Chavèz dans votre dos ?

                        Moi, ce qui me passionne en Amérique Latine, ce sont les cours d’eau le dimanche... l’odeur des fleurs... le trémolo des p’tits oiseaux... Le bleu... le vert...

                        Lien

                  • Amarouayache Zaky
                    • Posté à 21h07 le 25/08/2010
                    • Internaute 11970

                    Je savoure comme mon unique petit vice de la journée ( il y en a c est le verre de vin , mais comme dis l autre , chacun sa tasse de the ! ! !) ces reactions intempestives d un homme maintenant a la derive... Mr Faure-Gibson Michel , je suis maintenant non seulement convaincu mais aussi certain, que votre ignorance ne saurait égaler votre incompétence...C est donc plus grave que je ne le pensais...

                    Nous assistons a vos derniers articles sur la rue... Je ne vois pas comment on pourrait( i.e. l équipe de la rue qui sur le choix de votre personne pour l amerique du sud est complètement a la rue) raisonnablement ne pas se passer de vos services ( même bénévoles ) .

                    Bien a vous tout de même

                    Ps : j ai revu etat de siege la recemment... Allez pour vous faire un compliment quand meme ...Vous auriez ete parfait dans le role de Montand..

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à julienE
              Journaliste
              • Posté à 15h10 le 24/08/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Merci pour la brève de comptoir, mais ne me demandez pas de faire une thèse en deux minutes pour répondre à votre commentaire. Déjà j’y réponds, c’est déjà pas mal.
              Avec le traité de Versailles et ses réparations irréalistes, puis l’inflation inimaginable durant la république de Weimar, oui, on a la deux des causes de la deuxième guerre mondiale, évidemment.

          • Shakana
            Shakana répond à Michel Faure
            (Entre parenthèses)
            • Posté à 13h26 le 24/08/2010
            • Internaute 30512
              (Entre parenthèses)

            Les pauvres soitent se réfugient dans l’autosubsistance s’ils sont à la campagne, soit sont les premiers affectés par la baisse de l’activité et des emplois. Les salariés du privé comme du public, de même que la bourgeoisie intellectuelle, pâtissent du nivellement des salaires. Ils consomment moins, donc le chômage augmente, l’épargne fond comme neige au soleil, les banques se fragilisent, et la crise, très vite, devient générale.

            C’est vraiment balaise ! ...
            L’inflation entraine l’accroissement de la pauvreté, le chômage, le nivellement des salaires, la baisse de la consommation, la fragilisation des banques, ... tout cela pour en arriver à une contradiction énorme :

            Les seuls bénéficiaires de l’inflation sont les gens qui ont les moyens d’emprunter et d’investir, c’est à dire les artisans, commercants et entrepreneurs.

            C’est sûrement dû à la baisse de la consommation et à la fragilisation des banques !
            D’autant plus que ce sont les commerces principalement qui contribuent à la boucle infernale de l’inflation.

            Que les commerces et entrepreneurs soient moins atteints que les salariés, du moins dans un premier temps, n’en fait pas des bénéficiaires...
            Ou alors, il est impératif de nous expliquer d’où sont issus les chômeurs et autres licenciés si ce n’est des entreprises, entraînant une baisse d’activité des entreprises et donc une augmentation des prix et donc une baisse concurrentielle...

            Dans les années trente, ces crises ont débouché sur l’émergence du fascisme

            Le fascisme, ainsi que le nazisme naissent dans les années 1920, ne vous en déplaise ! ...
            Ces mouvements se renforcent et prennent le pouvoir (en Italie de manière effective en 1926) avant 1929. La crise en Allemagne n’a été qu’un accélérateur mais pas l’élément déclencheur de la montée au pouvoir.

        12 autres commentaires
      • francisbrasilis
        francisbrasilis répond à Michel Faure
        internaute
        • Posté à 16h15 le 23/08/2010
        • Internaute 41983
          internaute

        Mon commentaire était peut-être maladroit, je ne voulais pas opposer Lula et Cardoso mais comparer une analyse froidement économique à une autre qui replace l’humain au centre de ses préoccupations.
        Je vous accorde volontiers que la lutte contre l’inflation est sensée lutter contre la misère, mais si la recette néolibérale, imposée par le FMI et appliquée au Brésil par FHC entre autres, était « impopulaire et douloureuse », c’est parce qu’elle était contre-productive et contribuait à aggraver les inégalités. Sur le court terme, avant des jours meilleurs sur le long terme, peut-être, je n’en sais rien. Ce que je pense, c’est que les principales réussites du gouvernement Lula sont dues au fait qu’il a mis une priorité plus grande à la lutte contre la misère que ses prédécesseurs.
        Sur le fond, je ne pense pas que PSDB et le PT soient si différents, ils se présentent tous deux comme étant de centre-gauche et, incapables de s’unir, ils ont tous les deux pactisé avec des partis qui leur ressemblent pourtant beaucoup moins. Je pense néanmoins que la réussite du gouvernement Lula est due à un plus grand volontarisme politique et un lien plus fort avec des « bases populaires », dont le PSDB est moins proche. Ce dernier ressemble peut-être plus à la « gauche de gouvernement » européenne qui est aujourd’hui en panne et regarde parfois les expériences latino-américaines avec intérêt.
        Content de voir que vous lisez les commentaires, c’est un plaisir nouveau pour moi de pouvoir dialoguer avec l’auteur d’un article qui m’a intéressé car il exposait un point de vue différent du mien.
        Cordialement.

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à francisbrasilis
          Journaliste
          • Posté à 10h40 le 24/08/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Je vous en prie. Le dialogue fait partie du plaisir d’écrire ce blog. Vous avez raison de dire que Lula et le PT ont un lien plus fort avec les classes les plus pauvres et populaires, et que le PSDB est plus une « gauche de gouvernement » à l’européenne. Mais je pense sincèrement que Lula a été en position d’accomplir ce qu’il a accompli grâce au travail de préparation de Cardoso. Cardoso, que j’ai suivi, que j’ai interviewé longuement pour L’Express, était un homme d’une grande sensibilité à l’égard des problèmes sociaux, il n’était pas du tout ce financier vendu au FMI que veulent dépeindre les obtus ou les ignorants, il a été de surcroit d’une probité sans faille, ce qui était assez exceptionnel. Il a hérité d’une situation catastrophique, les prix du matin n’étaient plus ceux du soir, il a du lutter contre un congrès féodal, et il a malgré tout restauré l’ordre et la stabilité économique. Après, c’était effectivement le moment de Lula, pour s’attaquer à la pauvreté sur la base assainie léguée par Cardoso.
          Maintenant, je trouve les intrusions de Lula dans la campagne électorale assez malsaines, comme un type qui ne veut pas s’effacer et laisser la place aux autres comme le lui impose la constitution. Serra n’était censé s’opposer à Lula, mais à Rousseff, et c’est bien elle, pas Lula, qui va gouverner si elle est élu. Cette histoire de tutelle, de garantie me choque un peu et je trouve par ailleurs Serra un grand politicien. J’ai admiré son courage quand il a affronté les groupes pharmaceutiques internationaux pour produire des générique encore sous coypright et soigner les pauvres à un prix raisonnable. Là aussi, dire qu’il est un homme de droite est une sornette.

          • Shakana
            Shakana répond à Michel Faure
            (Entre parenthèses)
            • Posté à 11h50 le 24/08/2010
            • Internaute 30512
              (Entre parenthèses)

            Maintenant, je trouve les intrusions de Lula dans la campagne électorale assez malsaines

            Lien

            Cette histoire de tutelle, de garantie me choque un peu

            Elle vous a pourtant délectée en Colombie avec l’héritier de Uribe, Santos.
            Vous n’êtes pas à une contradiction près ! ...

            Juan Manuel Santos, le dauphin du président sortant Alvaro Uribe.
            ...
            Juan Manuel Santos, qui fut notamment l’ancien ministre de la Défense de l’ex-président Alvaro Uribe et s’annonçait alors comme son successeur naturel et son héritier.
            ...

            Lien

            La méthode Uribe -dont Santos est l’héritier- continue à être populaire.
            ...
            Uribe n’a pas encore mis tout son poids dans la balance et peut-être le fera-t-il entre les deux tours, et pèsera donc en sa faveur.

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à Shakana
              Journaliste
              • Posté à 15h03 le 24/08/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Excusez moi Shakana, mais à force de me chercher des poux dans la tête, vous dites n’importe quoi. Que Santos se déclare l’héritier d’Uribe est une chose, mais supporterait-il la tutelle d’Uribe une fois élu ? Permettez moi dans douter et Uribe s’est bien gardé, à ma connaissance, de se présenter comme le « garant » de la continuité avec Santos. Là, c’est totalement différent. Comme Lula est très populaire et sans doute imbattable s’il se présentait, il entre en campagne, il promet qu’il restera vigilant, le garant surupuleux de son héritage, bref il rassure les brésiliens sur le thème, avec Dilma, ne vous inquiétez pas, c’est comme si c’était moi. Or Lula n’a pas à entrer en campagne. Il n’a pas à être candidat, même par procuration avec Rousseff, et c’est ça qui me gêne et que je trouve assez peu « fair play » à l’égard de Serra qui, face à Rousseff, a de nombreux mérites qu’elle n’a pas. Or c’est elle qui est candidate, pas Lula. Elle peut dire qu’elle fera comme Lula, mais il serait heureux que Lula reste en retrait. Il respecterait ainsi l’esprit de la constitution (Je vous signale qu’il a déjà pris quelques amendes pour s’être induement ingéré dans la campagne électorale).

              • Shakana
                Shakana répond à Michel Faure
                (Entre parenthèses)
                • Posté à 16h35 le 24/08/2010
                • Internaute 30512
                  (Entre parenthèses)

                (Je vous signale qu’il a déjà pris quelques amendes pour s’être induement ingéré dans la campagne électorale).

                Si vous ignorez que c’est un gros mensonge que vous proférez, c’est grave et irresponsable !

                Si Lula a eu des amendes (pour propagande électorale anticipée), c’est pour avoir soutenu Dilma Rousseff comme candidate en janvier et en mai, alors que la campagne électorale ne débutait officiellement que le 6 juillet, et non pour s’être indûment ingéré dans la campagne électorale (qui n’avait pas encore débuté).

                mais à force de me chercher des poux dans la tête

                Assumez la contradiction de vos interlocuteurs comme vous essayez de convaincre errance que c’est votre comportement naturel.

                Si je suis hors sujet ou que ce que j’avance est non fondé, pour vous faire du tort en menant des attaques ad hominem, dénoncez le en mettant l’accent sur mes travers de manière factuelle et non en l’insinuant !

                C’est mon altruisme qui me pousse à vous épouiller d’importance, à cause de vos propos importuns qui grouillent dans vos textes.

                Cordialement

          • matambada
            matambada répond à Michel Faure
            Etudiant
            • Posté à 03h39 le 25/08/2010
            • Internaute 123663
              Etudiant

            Mr Faure svp arretez avec vos arguments fallacieux ! Serra n’a fait que suivre la politique lance par le ministere de la sante, il n’est pas a l’origine de la bataille contre les copyrights et la creation des generiques ! Cela a ete le sujet d’un long debat dans la presse bresilienne. Lisez la un peu avant d ecrire vos articles.

            Pour preuve, voici un des articles ou Serra admet ne pas etre a l’origine des generiques :

            Lien

            Je vous recommande de revoir le bilan de Cardoso en tant que president. Ce n’est pas un hasard si son taux de rejet est aujourd’hui extraordinaire.

            Le gouvernment FHC a procede a un virage neo-liberal et anti-social qui est reste au travers de la gorge des bresiliens. Cardoso a privatise la plus grande compagnie miniere du bresil, Vale do Rio Doce, et a tente de faire la meme chose avec la Petrobras. Ce qui aurait ete criminel au vu de son immense potentiel.

            Une question : Est-il « malsain » quand Sarkozy appelle a Charles de Gaulle pendant la campagne presidentielle ? Quand Segolene le fait avec Mitterrand ? Obama avec Reagan ? Je ne vois pas ou est le probleme de se poser en tant qu’heritier d’un politicien, qu’il soit une figure contemporaine ou du passe. C

            Croyez vous que Serra le ferait pas si Cardoso etait tres populaire ? C’est de l’antilulisme primaire Mr Faure. Et aux dernieres nouvelles, meme Serra s’aligne sur l’heritage de Lula dans son programme electoral.....

            • matambada
              matambada répond à matambada
              Etudiant
              • Posté à 05h36 le 25/08/2010
              • Internaute 123663
                Etudiant

              Je me permets de rencherir. L’idee que la succession de Lula par Dilma tourne au jeu « malsain » est aujourd hui un debat obsolete dans la presse bresilienne. Certes beaucoup de journaux se moquent encore de la lulodependance de Dilma Rouseff et l’opposition ne cesse de protester aupres de la Court Supreme Electorale contre l omnipresence de Lula. Mais, aux yeux de la grande presse, cela n’a JAMAIS ete percu comme une machination de Lula pour rester au pouvoir, comme vous le sous-entendez dans votre article.

              Lula a ete candidat aux presidentielles trois fois avant de les remporter. En tant que le plus puissant leader syndical du pays, il aurait pu tenter d’obtenir le pouvoir par la force, a l image de certains de ses collegues sud-americains. Il ne l’a jamais tente et je pense que cela en dit long sur son compromis avec les institutions democratiques. Par ailleurs, un nombre considerable d’elus, de gauche ou de droite, on soutenu le changement constitutionnel pour que Lula obtienne un troisieme mandat. Ce dernier s’est toujours oppose a cette idee.

              Vous avez suivi les elections en Argentine, ou un Mari (Nestor) s’est fait succeder par sa femme (Cristina) avant de reprendre le pouvoir. Voila un exemple de succession malsaine. Dilma Roussef est une fonctionnaire d’Etat de premiere ligne, qui n’appartient pas aux bases du PT et qui a fait ses preuves en tant que ministre pendant six ans. Rien a voir.

              Il faut arreter de melanger les choses. Lula dispose d une populatire lunaire et son influence dans les elections de cette annee est un fait inevitable. Dans dix ans, les candidat bresiliens, et peut etre ceux d’autres pays de l’Amerique du Sud, continueront a se battre pour l’heritage de Lula, comme ceux en Afrique du Sud, et souvent en Afrique, se battent aujourd’hui pour le legat de Mandela. A croire que la construction des mythes se fait plus rapidement dans les jeunes democraties. Merci et desole pour la longueur du message.

              • Michel Faure
                Michel Faure répond à matambada
                Journaliste
                • Posté à 09h33 le 25/08/2010
                • Journaliste 82928
                  Journaliste

                Je suis assez d’accord avec ce que vous dites, avec quelques réserves exprimées plus haut. J’ai répondu à votre prédécent message sans voir encore celui-ci.

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à matambada
              Journaliste
              • Posté à 09h28 le 25/08/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              Matambada, c’est encore un faux procès, un de plus. Je ne fais pas d’anti lulisme primaire, et il faudrait que les lecteurs de ce blog aient un peu plus de sens de la nuance. Je dis que Lula est très populaire et à juste raison. Si c’est de l’antilulisme primaire, ça, je me demande ce qu’il faut faire sinon s’agnouiller aux pieds de l’idole et baiser l’ourlet de son manteau !
              Par ailleurs, tous les exemples que vous me citez, de Sarkozy avec de Gaulle jusqu’à Obama avec Reagan et Royal avec Mitterrand, sont des références à des figures politiques décédées, donc historiques. Ici, c’est différent, et ce n’est même pas seulement Dilma qui assure qu’elle restera fidèle à Lula, ce qui après tout est son droit et un argument de campagne sans doute efficace, mais c’est Lula lui-même qui s’invite dans la campagne et fait en sorte que les gens aient l’impression que ce sera une équipe Dilma Lula qui se met en place. Constitutionnellement c’est assez limite. Politiquement, c’est irréaliste, et c’est mettre Serra dans une position où il doit faire campagne contre Lula alors que celui-ci n’est pas censé se présenter.
              Vous savez, beaucoup de mes opinions sont fondées sur des souvenirs de reportage et mon opinion sur Serra s’est solidifiée à l’occasion d’un reportage sur cette histoire de copyrights de médicaments. Alors qu’il y ait quelqu’un quelque part qui a eu l’idée avant lui, surement, puisque déjà des médicaments étaient copiés sans licence en Inde, notamment, mais ce dont je me souviens très bien, c’est que tous les personnels soignants et les médecins que j’ai rencontré, et tous les malades du sida étaient très reconnaissants à l’égard de Serra et conscient du courage du ministre, et du gouvernement Cardoso qui le soutenait, de s’opposer ainsi, au nom de l’humanisme, aux règles internationales du commerce et de la propriété intellectuelle. Et je vais vous même vous dire que cela m’a conduit, moi qui suis libéral, à une révision profonde de mes opinions sur les droits de propriétés intellectuels.
              Je cherche le lien de ce reportage.
              Le voici :
              Lien
              En relisant le papier, je vois dans la deuxième page qu’un député du PT s’est levé à l’assemblée nationale pour rendre hommage au ministre de la santé, José Serra.
              Vous voyez, c’est ça le sens de la nuance. Ne voyez pas le monde en noir et blanc.
              Cordialement

              • matambada
                matambada répond à Michel Faure
                Etudiant
                • Posté à 05h04 le 27/08/2010
                • Internaute 123663
                  Etudiant

                Mr Fauve, merci pour vos longues reponses. Elles sont tres constructives et j’admets ne pas avoir ete assez clair ou pertinent par moments dans mes commentaires. Cela dit :

                - Constitutionellement ce n’est pas « assez limite » pour les raisons que j’ai evoque dans mon autre commentaire. L’argument juridique n’est pas utilise par la presse, pourtant tres critique envers le comportement de Lula.

                - Vos opinions fondes sur des « souvenirs de reportages » et l’article de l’express que vous mentionnez datent quand meme d’il y a sept ans ! Jetez un coup d’oeil dans la presse, vous verrez que le mythe du « Docteur Serra » a largement ete deconstruit, au point ou le candidat lui meme a cesse de l’utiliser. Rappelez vous de la blague de Plinio lors du premier debat televise, il y a deux semaines :

                « Serra parle de la sant comme un hypocondriaque ! »

                De plus, vos arguments vont a l’encontre de l’opinion generale de la presse : regardez l article paru hier dans le Financial Times - il dit exactement l’inverse de ce que vous dites !

                Mais, Mr Fauve, mon desaccord avec vos opinions est loin d etre un probleme. Comme vous l’avez dit ailleurs, la confrontation dans un blog est fort sain et (parfois) tres interessante. Le probleme dans votre article le voici :

                - Vos arguments contre Lula ne refletent pas les arguments de l’opposition bresilienne, plutot orientes sur la corruption, le lien du PT avec les farcs, la liberte de la presse. L’influence de Lula n’est pas un sujet. Ce dernier est bien trop populaire pour qu on l’attaque. Sur ce point votre papier ne reflete pas le debat actuel au Bresil. C’est un argument valide certes, mais sorti de votre tete.

                - Vos opinions sont fondees, comme vous l’avez dit vous-meme, sur des experiences personnelles. Dans votre texte je ne vois pas de sources ni de liens sur d’autres reportages. De plus, votre opinion est CLAIREMENT biase : votre dernier paragraphe « agora e Serra » est un plaidoyer pour le candidat. Notons que ce type de pamplhet pro-Serra devient de plus en plus rare. Il se fait critiquer par ses propres partisant. A croire qu’il ne lui reste plus que l’extreme droite (Reinaldo Azevedo, Veja, etc).

                - Mr Fauve, que voulez vous faire dans cet espace de rue89 ?

                Un « editorial » dans lequel vous exprimez votre opinion sur ce qui passe en Amerique Latine ?

                Ou un reportage qui tente de montrer les deux cotes du sujet et de donner de la matiere a debattre pour vos lecteurs, en evitant de prendre une position trop personelle ?

                Car si vous visez le deuxieme, c’est completement rate.

                Cordialement,

                • Michel Faure
                  Michel Faure répond à matambada
                  Journaliste
                  • Posté à 13h27 le 27/08/2010
                  • Journaliste 82928
                    Journaliste

                  Matambada,

                  J’ai eu à peu près la même question de la part d’Errance. Lisez ma réponse. Mais je réponds tout de même à votre question aussi. Je serais un homme très heureux si rue89 m’envoyait en reportage dans l’ensemble de l’Amérique latine pour écrire mes papiers. Hélas, rue89 n’a pas les moyens de le faire et internet n’aime pas les articles trop longs. Moi-même ou d’autres d’ailleurs ne peuvent pas non plus sauter d’un pays à l’autre chaque semaine pour écrire une chronique. Cependant je voyage assez régulièrement en Amérique latine, et c’est une région que je connais très bien et que je suis professionnellement depuis près de 20 ans maintenant. Pas un jour ne passe sans que je lise quelque chose sur des pays que par ailleurs je connais bien, très bien pour certains. Donc ceci est une chronique d’opinion, c’est mon point de vue. Il s’appuie sur des faits mais a pour but non de les illustrer par du reportage, ni de les révéler par une enquête, faute de moyens, mais de les analyser. J’exprime donc, comme vous dites, mon opinion. Une libre opinion sur une région que je connais bien et à l’égard de laquelle j’ai des sentiments et un intérêt intellectuel très fort.
                  Cette opinion, vous êtes tous libres de la critiquer, et généralement vous ne vous en privez pas. C’est ce qui fait je crois l’intérêt de ce blog. Beaucoup de lecteurs y trouvent une opinion qui n’est pas la leur. La mienne est basée sur une longue expérience, des convictions, et sur les faits connus de tous. Elle a sa propre légitimité, et je constate que généralement elle est contestée d’un point de vue idéologique, mais non sur les faits (ou alors, une interprétation divergente des faits, par exemple de qualifier ou non les prisonniers cubains exilés en Espagne de politiques, ce que je considère un fait évident, mais ce qualificatif est contesté par d’autres, pour des raisons que je ne trouve pas recevables).
                  Je crois que nous partageons tous le même intérêt, ou le même amour pour l’Amérique latine. Moi je prétends bien la connaitre mais d’autres aussi, notamment ceux qui y vivent, la connaissent très bien également. Donc nous discutons. Et je suis peut-être le seul sur la planète à penser du bien de Serra (j’ai trouvé assez nulle )- et même pathétique - cependant sa propre utilisation de Lula dans cette campagne), et j’assume cette éventuelle solitude sans état d’âme. Parce que je suis un type assez mesuré, respecteux des faits, mais j’ai une grille de lecture éprouvée par le temps et l’histoire sur l’importance des libertés et les avantages relatifs de l’économie de marché (dont je connais aussi les défauts) sur les autres systèmes dont l’histoire nous a prouvé à plusieurs reprises les illusions.
                  Enfin, je penserais la même chose que vous, ce blog vous ennuierait mortellement, et ce serait réciproque.

                  Vous noterez enfin que votre volonté d’une pétition pour que rue89 me retire ce blog ne m’a pas échappée et m’a légèrement (pas plus) agacée pour démontrer de l’intolérance à l’égard des opinions qui ne sont pas les votres. Votre dernier message contredisant cette impression, je vous réponds donc avec plaisir, mais il faudrait savoir ce que vous voulez.

                  Cordialement

                  • JahRastafari
                    • Posté à 15h58 le 27/08/2010
                    • Internaute 9177

                    « Hélas, rue89 n’a pas les moyens de le faire et internet n’aime pas les articles trop longs »

                    Pouvez-vous développer là-dessus : en quoi « Internet » n’aime pas les articles trop longs ? On trouve des articles très longs, très intéressants, remplis de références bibliographiques etc...
                    Quand vous parlez d’« Internet », peut-être parlez-vous du format qu’exige Rue89 (le problème ne serait alors plus avec « Internet » mais Rue89) ?

                    « Beaucoup de lecteurs y trouvent une opinion qui n’est pas la leur. La mienne est basée sur une longue expérience, des convictions, et sur les faits connus de tous.Elle a sa propre légitimité, et je constate que généralement elle est contestée d’un point de vue idéologique, mais non sur les faits (ou alors, une interprétation divergente des faits [...] »

                    Si je m’en fie aux « habitués » (et à leurs commentaires) de l’Amérique Latine sur Rue89, je me permets de vous signaler (au cas où vous ne l’auriez toujours pas très bien compris) que si effectivement, il est probable qu’un grand nombre de riverains ne soient pas d’accord avec votre point de vue idéologique (pas grave, il n’y a pas un thème qui ne puisse être discuté de façon courtoise et en toute bonne foi) , ce qui provoque , disons, l’agacement (je parle ici pour moi) de bon nombre de riverains, c’est vos répétées omissions/distorsions/contradictions de faits. L’idéologie n’est ici pas le coeur du problème (même s’il peut en être à l’origine...)

                    Cordialement.

                    • Michel Faure
                      Michel Faure répond à JahRastafari
                      Journaliste
                      • Posté à 19h16 le 27/08/2010
                      • Journaliste 82928
                        Journaliste

                      Alors disons, mais ce n’est pas un reproche à l’égard de l’édition, que rue89 n’aime pas quand les papiers sont trop longs.
                      Des études, parait-il, ont mesuré le degré d’attention de l’internaute moyen, et il ne faudrait pas trainer. Voilà, moi j’ai tendance à écrire long et ici je fais attention à ça.
                      Sur les faits, je sais qu’on prétend parfois que je dis n’importe quoi, mais jusqu’à présent personne n’a été en mesure de me dire : ce n’est pas vrai. Quand je parle des crimes des Farc, on me répond les paramilitaires, quand je parle des horreurs cubaines, on me dit oui, mais les horreurs colombiennes, et quand je dis que la démocratie venezuelienne part en vrille on me parle de la France ou du Honduras. Je crois plutôt que j’agace certains riverains parce que je raconte les histoires qu’ils n’ont pas envie de lire : oui, il y a des prisonniers politiques à Cuba, oui Chavez instrumentalise la justice, oui, Ortega bafoue les lois de son pays. Ils aimeraient que je chante les louanges des avancées sociales de Chavez, le légitimisme absolu de Zelaya, l’excellence des hôpitaux cubains. Je n’ai aucune envie de cirer les pompes aux caudillos d’Amérique latine qui s’assoient sur les libertés et les droits de leurs citoyens, des mecs comme Ortega qui nouent des accords mafieux avec Aleman, les Kirchner qui inventent des histoires tragiques pour faire un hold up sur le papier journal. Je suis le gardien vigilants des libertés et des droits en Amérique latine, et la situation se dégrade de jour en jour, non seulement à cause de politiciens fantasques, incompétents ou misérables, mais à cause de la criminalité que favorise ce mépris du droit au plus haut niveau de nombreux Etats. Donc, oui, c’est une question d’idéologie. Les faits n’ont rien à voir dans cette affaire. Le choix des sujets, oui. Mes sources, oui. Elles valent bien le grand soir ou le Monde Diplo, sur lesquels mon opinion est faite depuis longtemps. On m’accuse souvent de propagande, et je trouve ça assez ironique de la part de gens qui ne lèvent pas le nez de leurs missels révolutionnaires habituels.
                      Moi, j’aime bien parler des coiffeurs cubains par que ça dit une vérité sur Cuba qui se confirme et qu’on ne trouve pas dans la pravda.
                      Cordialement

        12 autres commentaires
  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.