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Pérou : des crimes contre l'humanité deviennent prescriptibles

Michel Faure
Journaliste
Publié le 06/09/2010 à 15h00

Le gouvernement péruvien a offert au monde , le 1er septembre, la mauvaise surprise d’une loi d’amnistie qui ne veut pas dire son nom, en faveur des auteurs de massacres et de crimes contre les droits humains.

Il a adopté ce jour-là une série de « décrets-lois », signés aussitôt par le Président Alan Garcia, qui devraient permettre à de nombreux policiers et militaires coupables de tels faits dans les années 1980 et 90 de sortir de prison -ou de ne pas y entrer- s’ils n’ont pas encore été jugés.

Ces décrets pourraient aussi favoriser l’ancien Président Alberto Fujimori. La question se pose enfin de savoir pourquoi Garcia a signé ces décrets. L’hypothèse la plus probable est que ceux-ci le protègent aussi.

La loi pour l’avenir et les crimes du passé

La guérilla du Sentier lumineux est jugée responsable de plus de la moitié des 69 000 morts tués durant ces deux décennies de conflits intérieurs, selon la Commission vérité et réconciliation. Celle-ci estime que les forces armées et la police sont responsables de 37% des tués et des disparus.

Le décret le plus controversé -décret n°1097- déclare prescriptibles des crimes contre l’humanité, contredisant ainsi la convention américaine des droits de l’homme qui les juge imprescriptibles. Selon ce décret, le caractère imprescriptible ne prend effet que pour les crimes commis après le 1er septembre 2003, date de l’adhésion du Pérou à cette convention.

Cette mesure relève d’un principe de droit incontestable : la non-rétroactivité des lois, selon laquelle « la loi ne dispose que pour l’avenir » ; en d’autres termes, une loi nouvelle ne s’applique pas aux faits jugés sous une loi antérieure.

Il s’avère qu’au Pérou, certains auteurs de massacres commis dans les années 1980 et 1990 n’ont pas encore été jugés, et dès lors cette mesure décrétant la prescriptibilité des crimes commis avant 2003 vont rendre ces derniers à jamais impunis. Avec Garcia, les crimes, c’est le passé ; le respect des droits de l’homme, c’est pour demain.

Une autre mesure de ces décrets-lois ordonne de classer les affaires impliquant des policiers ou des militaires poursuivis pour des violations des droits de l’homme quand aucun procès n’a été ouvert dans les quatorze mois qui suivent l’inculpation.

Une telle mesure est défendue par le ministre de la Défense du gouvernement péruvien, Rafael Rey, parce qu’elle évite une inculpation sans procès qui peut durer des années. Cet argument semble lui aussi a priori recevable mais « les forces armées, en refusant de donner la moindre information aux juges, sont les seules responsables de ces retards judiciaires », déclare la représentante d’Amnesty International au Pérou, Silvia Loli.

Selon le secrétaire exécutif de la Coordination nationale des droits de l’homme, Ronald Gamarra (cité par El Mundo), ces décrets sont une « infamie ».

Les massacres de Barrios Altos et de la Cantuta

On connaît les accusations portées contre l’ancien Président Fujimori, condamné à vingt-cinq ans de prison en 2009 pour crimes contre l’humanité, notamment pour les massacres de Barrios Altos et de la Cantuta.

Le premier se passe le 3 novembre 1991 et implique El grupo Colina, un groupe paramilitaire crée par l’armée avec l’accord de Fujimori pour mener une guerre dite de « basse intensité » (plus tard qualifiée de « guerra sucia », guerre sale) contre la subversion, notamment celle du Sentier lumineux. Ce soir-là, six membres du groupe Colina tuent quinze personnes, dont un enfant de 8 ans, dans le quartier populaire de Barrios Alto, au dessus de Lima.

Le second massacre a aussi lieu à Lima le 18 juillet 1992 -deux jours après un attentat à la voiture piégée dans le quartier résidentiel de Miraflores qui avait fait vingt morts- quand des membres du groupe Colina enlèvent un professeur et neuf de ses étudiants à l’université Enrique Guzman y Valle (plus connue sous le nom de La Cantuta), les torturent puis les assassinent non loin d’une autoroute, à la sortie de la ville.

Fujimori puis Garcia

Fujimori a fait appel de sa condamnation et cet appel devrait être bientôt étudié par le Tribunal constitutionnel. Si son jugement était cassé, il pourrait ne pas être jugé à
nouveau, les faits qui lui sont reprochés étant prescrits. Avec ce décret-loi, « Fujimori fait un pas de plus vers la sortie de sa prison », déclarait au cours d’une conférence de presse à Lima Carlos Rivera, un avocat de la partie civile durant le procès de Fujimori.

Alan Garcia, quant à lui, est élu une première fois Président en 1985 et laisse aux Péruviens, quand il quitte le pouvoir cinq ans plus tard, un très mauvais souvenir. Il est malgré tout élu une nouvelle fois en juillet 2006 au cours d’élections considérées par beaucoup comme un choix entre « la peste et le choléra », car il y affronte un militariste indigène, Ollanta Humala.

Comme Fujimori, Garcia a dû affronter lui aussi la subversion du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru et celle du Sentier lumineux. En vertu de ce décret 1097, les auteurs des massacres commis durant son premier mandat eux aussi resteraient impunis. Et ces massacres sont nombreux.

Il y a eu, notamment, celui d’Accomarca, le 14 août 1985 -deux semaines avant l’inauguration officielle de Garcia, élu le 28 juillet- perpétré par une patrouille de l’armée qui a tué, dans ce village de la région d’Ayacucho, 69 personnes, dont des enfants, des femmes et des vieillards.

En 1986, 124 prisonniers du Sentier lumineux mutinés dans la prison El Fronton sont fusillés sans procès. Il faut enfin parler de la caserne Los Cabitos qui, sous les présidences de Fernando Belaunde (1980-1985) et de Garcia (1985-1990), sert de prison clandestine où disparaissent de nombreuses personnes. Plus tard, on y découvre non seulement des fosses communes mais aussi des fours crématoires.

Quelle responsabilité de Garcia dans les massacres ?

La responsabilité de Garcia dans ces massacres n’a jamais été jugée. Garcia, qui s’exile en France après le coup d’Etat (« autogolpe ») de Fujimori, en 1992, ne revient dans son pays qu’en 2001, alors que les crimes commis sous sa première présidence ont été prescrits.

En 2003, nous l’avons vu, la convention américaine des droits de l’homme est signée par le Pérou et rend ces crimes imprescriptibles. En 2005, une juge d’Ayacucho, Cristina Olazabal Ochoa, inclut Garcia parmi les responsables du massacre d’Accomarca dont elle instruit le dossier. Garcia porte plainte contre elle

Dans un premier temps, cette plainte est jugée infondée par la justice d’Ayacucho, mais une fois Garcia élu président en 2006, elle est soudain considérée comme recevable.

Garcia, avocat de formation, a sans doute compris la leçon. Un jour ou l’autre, après la fin de son mandat, un juge pourrait s’intéresser à nouveau à ses éventuelles responsabilités concernant ces faits anciens. Il était urgent pour lui qu’ils soient prescrits. En signant ces décrets, Garcia apparaît non comme le gardien du bien commun, mais comme un habile manipulateur du droit au service de ses propres intérêts.

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  • clozedor
    • Posté à 16h16 le 06/09/2010
    • Internaute 112179

    Bref, c’est pas le Pérou...

    • Tristian
      Tristian répond à clozedor
      moi-même
      • Posté à 16h23 le 06/09/2010
      • Internaute 121503
        moi-même

      Ca, cest sûre, no vale un Potosi.

  • Tristian
    Tristian
    moi-même
    • Posté à 16h21 le 06/09/2010
    • Internaute 121503
      moi-même

    Considérées par beaucoup comme un choix entre « la peste et le choléra », car il y affronte un militariste indigène, Ollanta Humala.

    Ca, c’est vraiment drôle. C’est sûre que devoir choisir entre un ancien président d’extrême gauche et un « indio de mierda » (« macaco », comme Chavez). Pour beaucoup, ca a dû être vraiment dure.

    Vivement les prochaines élections, où, peut-être, « l’indio de mierda » arrivera à passer.

    La gauche et l’extrême gauche traditionnelle, en Amérique du Sud, c’est pas vraiment joli. Je pense, par exemple, au MIR (Mouvement de gauche Révolutionnaire), en Bolivie, qui a soutenu Hugo Banzer Suarez, malgré les nombreux martyrs qu’ils avaient eu, durant sa dictature.

    Dans le vide laissé par la gauche, l’Instrument Politique pour la Souveraineté des Peuples (IPSP), a réussi à se faire une place, jusqu’à réussir l’exploit d’avoir fait élire, au premier tour, Evo Morales.

    Mais Tupac Amaru reviendra et il sera des millions.

    Peut être même que Tupac Catari est déjà là.

    • julienE
      julienE répond à Tristian
      producteur
      • Posté à 18h14 le 06/09/2010
      • Internaute 116770
        producteur

      Alan Garcia n’est pas si d’exrême gauche que cela, ou il fait semblant. Il appartenait à l’APRA (on pourrait appeler cela social démocrate en France), et a été élu en 2006 grace à une alliance avec la droite (Lourdes Flores). Depuis il mène une politique libérale.
      Humala n’est pas si indigène que cela, diplômé en sciences politiques, tout comme son épouse Nadine Heredia ; ils furent étudiants successivement à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ainsi qu’à l’université de Lima, capitale du Pérou. Son épouse Nadine Heredia est également diplômée de la Sorbonne et co-fondatrice du PNP (parti Nationa Péruvien). Humala a été en poste à l’Ambassade du Pérou en France en tant qu’agrégé militaire pendant plusieurs années. Lorsqu’il était militaire il a participé a des massacres, ce sont des faits avérés. Il ne doit pas être contre les lois d’amnisties.
      En fait, ces lois rendent services à tous les politiques et militaires du Pérou.

      • Tristian
        Tristian répond à julienE
        moi-même
        • Posté à 20h04 le 06/09/2010
        • Internaute 121503
          moi-même

        A la base, l’APRA, c’est bien plus qu’une simple sociale démocratie. C’est presque encore plus à l’extrême gauche et anti-impérialiste que les plus radicaux des radicaux suisse (de quand ils ont foutu hors de Suisse les comploteurs jésuite)

        Mais, comme je le disais, la gauche et l’extrême gauche, en Amérique latine, ils peuvent très facilement finir par soutenir les plus infectes politiques de la droite la plus pourrie.

        Pour ca, Alan Garcia est de la plus pure tradition gauchiste et c’est peu dire qu’il fait une politique à l’exacte opposé du programme de son parti.

        Vous dites qu’il est social démocrate, mais, est-ce que vous pouvez m’indiquer quels mesures il aurait mise en place, depuis 2006, pour le situer comme cela ?

        Moi, je le situerais plutôt dans la ligne néolibérale et vassale des USA, un peu la même que celle des ex MIRistes boliviens, comme Doria Medina.

        Bon, de Bolivie, je n’ai pas toutes les clefs pour pouvoir juger très clairement les positions des politiciens du Pérou.

        C’est Michel Faure, qui parle de Ollanta Humala comme d’un indigène. Moi, en Bolivie, j’ai juste rencontré des péruviens indigènes sympathisant du mouvement Tupac Amaru.

        Je ne peux pas juger, non plus, sur sa participation à des massacres et ce qu’il pense des lois d’amnistie.

        Par contre, je trouve limite que vous me dites de lui et de son épouse qu’ils ne seraient pas des indigènes parce qu’ils ont été capable de finir des longues études, en France.

        Est-ce que vous sous-entendez qu’un indigène n’aurait jamais la capacité intellectuel pour réussir de tels études ?

        En Bolivie, c’est un mode de pensée assez répandu, chez les k’ara, qui ne se privent pas, d’ailleurs, de traiter régulièrement Evo Morales d’imbécile et de macaque. Ca me fait presque rire, tellement les faits prouvent le contraire.

         
        • LienRag
          LienRag répond à Tristian
          • Posté à 20h46 le 06/09/2010
          • Internaute 34767

          Si je ne me trompe, l’APRA a été d’extrême-gauche dans les années 20, mais la SFIO aussi l’était avant le Congrès de Tours, si vous allez dans cette direction.
          Pas sûr que DSK soit vraiment encore d’extrême-gauche, tout de même, pour reprendre votre analogie.

        • Michel Faure
          Michel Faure répond à Tristian
          Journaliste
          • Posté à 21h38 le 06/09/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Je m’introduis dans votre débat, avec votre permission, pour dire deux choses.
          Une édition un peu intempestive (ou une censure ? Je n’ose pas l’imaginer) a fait qu’une phrase que j’ai écrite sur Humala le traitant « d’agité du militariste indigéniste » a été transformé en militariste indigène. Je ne crois pas qu’Humala ait beaucoup plus de sang indigène dans les veines que le Péruvien moyen. Comme toujours, à de rares exceptions près, les métissages au cours des siècles ont fait que se désigner ou non comme indigène relève de la volonté identitaire plus que du concept (douteux) de race pure. Pour beaucoup d’habitants des régions andines, on est indigène parce qu’on décide de l’être, mais tout le monde est (plus ou moins) métissé. Humala pareil. Donc à mon humble avis le débat de savoir s’il l’est ou non est vain, et ce n’est effectivement pas, comme le disait Tristan, le fait d’avoir fait des études de sciences politiques qui va déterminer ça.
          La deuxième chose est que Garcia est bien un social-démocrate et Humala est bien un militariste fascisant et raciste parce que tous les deux personnifient deux visions totalement opposées de ce qu’est l’Amérique latine. Le premier la considère comme un « extrème occident » une sorte d’extension lointaine de l’Europe. Pour lui, le Pérou est une extension occidentale. Le deuxième tente de raviver une version de cette Amérique perdue des civilisations anciennes. Il repart donc dans une guerre coloniale qui n’a plus lieu d’être.

          • Tristian
            Tristian répond à Michel Faure
            moi-même
            • Posté à 23h25 le 06/09/2010
            • Internaute 121503
              moi-même

            Alors, comme ca, pour vous, le néocolonialisme, en Amérique du Sud, est un mythe ?

            Je ne connais pas le Pérou, mais, de ce que je sais de la Bolivie, le Tawantinsuyo est toujours bien là, même si on lui a donné le nom d’un bijoutier génois.

            Cette terre respire et des civilisations bien vivantes sont toujours là. Ce n’est pas perdu, mais caché, au point que même les gens qui vivent cette réalité depuis leur enfance, des fois, n’arrivent pas à la voir.

            Est aveugle celui qui pense que le vice-royaume du Pérou n’est qu’une extension lointaine de l’Europe.

            Pour moi, il n’y a qu’un pays, en Europe, qui partage les même valeurs cachées de la cosmovision andine. C’est, bien sure, la confédération helvétique.

            he he, c’est vrai que changer indigéniste par indigène, c’est pas bien malin.

            Mais, je ne comprends pas pourquoi s’acharner sur le militarisme d’un Chavez ou d’un Humala. C’est le Brésil, qui est la puissance militaire incontestée de la région, suivi de prêt par le Chili.

            La Colombie, surarmée par les USA, pourrait être une menace, mais je vois mal le Pérou ou le Venezuela devenir agressif vis-à-vis de leurs voisins. Surtout que le Brésil veille. C’est eux qui ont interdit aux USA de mettre en place cette guerre civile, en Bolivie, qu’ils essayent de nous vendre depuis bientôt 5 ans.

            Un Chili ou un Brésil militariste, ca, ce serait mauvais pour l’Amérique du Sud. Mais c’est deux pays qui ont tout à gagner à développer leurs marchés dans des pays voisins le plus stables possible. Même Piñera, me semble assez sympathique.

            Sur Alan Garcia, je crois que je vais garder le jugement qu’Evo Morales en avait fait : le politique le plus stupide depuis le départ de Bush fiston de la Maison Blanche.

            Là, avec cette loi d’amnistie, il montre qu’il a bien intégré les valeurs les plus immorales du monde occidental.

            La justice, c’est une des valeurs la plus importante, pour les indigènes des Andes : « Ama Sua, Ama Qella, Ama Llulla ».

            Ils savent aussi pardonner, mais, comment juger une personne qui renie les valeurs européennes qui ne lui conviennent pas, alors qu’il semble avoir passer sa vie à les diviniser ?

            • Michel Faure
              Michel Faure répond à Tristian
              Journaliste
              • Posté à 09h25 le 07/09/2010
              • Journaliste 82928
                Journaliste

              La Bolivie, notamment depuis l’élection de Morales, est un pays en paix avec lui-même, à l’exception de sa partie la plus occidentalisée de Santa Cruz. Elle a résolue dans un sens indigéniste le choix, ou le conflit, entre « extrême occident » et terre indigène. Chavez aimerait le résoudre dans le même sens au Venezuela, un pays où l’influence occidentale est cependant plus profondément ancrée qu’en Bolivie, ou qu’en Equateur. Au Pérou, c’est assez différent. Lima fut longtemps le siège de la Nouvelle Espagne, dominée par les élites blanches des criollos, et il est partagé entre une tradition andine et une tradition occidentale. L’option andine, avec Humalla, était trop radicale et Garcia l’a emporté, malgré tous les défauts qu’on lui connait. Mais il n’est pas idiot, contrairement à ce que dit Morales, et il me semble qu’il a appris de ses erreurs passées, notamment sur le plan économique (il était très jeune quand il fut élu pour la première fois) et il démontre avec cette triste affaire de prescription qu’il utilise avec habileté le droit, pour servir ses propres intérêts.
              En ce qui concerne le militarisme, une chose est d’être militairement puissant, une autre est d’être menaçant. Le Brésil ne menace personne en Amérique latine. Humalla menaçait la paix civile au Pérou.

              • Tristian
                Tristian répond à Michel Faure
                moi-même
                • Posté à 15h04 le 07/09/2010
                • Internaute 121503
                  moi-même

                Je dirais qu’il faut encore du temps, pour que la Bolivie arrive à être un pays en paix avec lui-même. Les élites criollos, en Bolivie, n’ont pas encore digéré l’entrée d’un « macaco indio de mierda », dans le Palacio Quemado.

                Par contre, là, Evo Morales est assez clairement un indigène, mais pas un indigéniste. C’est, aussi, un amoureux de l’Europe et des valeurs occidentales, même si il tient à ses valeurs andines.

                La particularité de Santa Cruz, ce n’est pas d’être occidentalisée, mais d’avoir pu passer, durant la dictature, d’un petit village perdu dans l’Amazonie, à une des plus grande ville de Bolivie.

                Il est vrai que c’est, aussi, une ville qui a pu profiter des lumières d’occidentaux fameux, comme le nazi Claus Barbie, le fachiste Diodato et les oustachis du genre de Marinkovic.

                J’aime trop les cultures « occidentales » pour dire que ca, c’est un Santa Cruz occidentalisée.

                C’est, pour moi, il y a très longtemps, le berceau d’une utopie jésuite fabuleuse, mais, vers la fin du XXème siècle, c’est devenu une chasse gardée d’utopistes puants, qui ne se sont pas gêné de s’approprier d’immenses territoires et n’hésitant pas traiter les indigènes qui y habitaient comme des esclaves.

                Même des mennonites se sont retrouvé à travailler des terres appartenant à cette mafia. Les pauvres, ils pensaient avoir affaire à des officiels boliviens qui leur avaient offert des terres à travailler. Mais, ce qu’ils payaient, en pensant être leurs impôts, n’était que de l’extorsion.

                Peut-être qu’un jour, Santa Cruz arrivera à être en paix avec elle-même. C’est, aussi, une villes les plus mélangées de Bolivie, avec sa grande mosquée et, surtout, toute une population originaire de l’altiplano et des vallées (comme Cochabamba), qui sont ceux qui ont construit la ville et qui tiennent la plus part du commerce et un nombre important d’entreprises.

            • julienE
              julienE répond à Tristian
              producteur
              • Posté à 14h30 le 07/09/2010
              • Internaute 116770
                producteur

              « Je ne connais pas le Pérou, » c’est ce que vous dites, et malheureusement le suite de votre développement le montre. Humala utilise les indiens pour acquerir le pouvoir. Il n’a rien de commun avec eux, sinon qu’il est né près de la frontière de la Bolivie.
              Je ne comprends pas pourquoi vous trouvez Piñera sympathique alors que vous emblez aimer Humala (d’ailleurs sans le connaître) , voici ce qu’on peut lire sur WIKI : « Membre d’une famille originaire des Asturies (Espagne), Sebastián est le fils de José Piñera Carvallo, ambassadeur chilien en Belgique puis aux Nations unies sous la présidence d’Eduardo Frei Montalva (1964-1970). Il a pour oncle l’archevêque Bernardino Piñera Carvallo, élu à deux reprises président de la conférence des évêques du Chili. Il a également trois frères, José Piñera, économiste libéral et homme politique qui mit en place le passage à la retraite par capitalisation durant la dictature de Pinochet, Pablo Piñera, ancien membre du conseil d’administration de la banque centrale et Miguel Piñera, musicien. Il a également deux sœurs, Guadalupe et Magdalena.

              Il étudie l’économie, tout d’abord à l’Université pontificale catholique du Chili, puis à Harvard, où il obtient son doctorat d’économie en 1975. De 1974 à 1976, il travaille à la Banque mondiale et à la Banque interaméricaine de développement comme consultant puis comme économiste, de 1976 à 1978, à la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc). » Bref, Piñera est un tout le contraire d’Humala.

              • Tristian
                Tristian répond à julienE
                moi-même
                • Posté à 16h29 le 07/09/2010
                • Internaute 121503
                  moi-même

                Est-ce que vous connaissez beaucoup d’indiens, qui sont né près de la frontière avec la Bolivie ? Je n’ai jamais entendu parler de communautés originaires de l’Inde, qui se seraient installé dans cette région.

                Je ne savais pas, non plus, que la communauté indienne, comme celle des « chinitos », était courtisée et utilisée, pour acquérir le pouvoir, au Pérou. Mais, c’est certainement lié à mon manque de connaissance du pays.

                Bon, j’ai regardé sur Wiki, histoire de voir ce qu’ils en disent. Il serait Aymara, comme Evo Morales, habitants originaires du Collasuyo.

                he he, moi, j’aime beaucoup les Aymara, mais je sais qu’ils sont, de loin, un peu à l’image des juifs, les plus détesté des indigènes du Tawantinsuyo.

                C’est que j’ai vu tellement de gens, du genre : fils de nazi ou d’oustachis, en Bolivie, qui disaient qu’Evo Morales était raciste et qu’il encourageait la mise en place d’une guerre civile, en Bolivie, que là, je ne peux que rester très septique, quand je vois le même genre d’offensives de presse, contre certaines personnalités politiques des pays voisins.

                Sur Piñera, c’est sûre qu’idéologiquement, je devrais le détester. Mais, j’attends de voir quel va être sa politique pour le Chili et là, il semble choisir la continuité et une meilleur collaboration, dans tous les domaines, avec ses voisins et l’Amérique du Sud, en général. Rien que sur la politique à suivre contre le trafique de drogue, il n’a pas choisi de suivre le dogmatisme d’un Uribe

                • julienE
                  julienE répond à Tristian
                  producteur
                  • Posté à 19h34 le 07/09/2010
                  • Internaute 116770
                    producteur

                  « Est-ce que vous connaissez beaucoup d’indiens, qui sont né près de la frontière avec la Bolivie ? Je n’ai jamais entendu parler de communautés originaires de l’Inde, qui se seraient installé dans cette région » dites-vous. Vous ne savez pas qu’on appelle les ingigènes d’Amérique les indiens depuis que Christophe Colomb a cru qu’il accostait aux Indes ? En espagnol c’est « indio », entre eux ils s’appellent « cholo, cholito, chola, cholita, chino, chinito, chinita... Chavez avait appelé un jour Alejandro Toledo “Cholo”, tout ceci avec beaucoup de respect et de cariño. Garcilacio de la Vega, fils d’une princesse inca et d’un général espagnol revendiquait avec fiereté le nom d’“Indio Gracilacio de la Vega”. Les indiens Aymara habitent plutôt du coté Bolivie, ceux du côté Pérou sont les Quechua. Il existe d’autres indiens qui n’ont rien à voir et qui vivent dans la forêt amazonienne. Comment parler de cette région du monde sans connaître toutes ces subtilités.

                  • Tristian
                    Tristian répond à julienE
                    moi-même
                    • Posté à 20h57 le 07/09/2010
                    • Internaute 121503
                      moi-même

                    J’en connais très bien les subtilités, oui. Il y a des choses qui ne se font pas.

                    Comme traiter Obama de nègre, à part si c’est lui qui écrit nos textes.

                    le terme « indio » est extrêmement insultant, on utilise, à la place « indigène ».

                    Mais, c’est vrai qu’avec le sufixe « ito » ou « ita », negrito, gringito, cholita, chinito, ca passe très bien.

                    Mais, je suppose que vous faite partie de ceux qu’on nomme les « k’ara » et qu’insulter les gens de la race de bronze ne vous gène absolument pas.

                    Alors, oui, je sais assez bien où habitent les Aymara. Mais, si je devais dire quel est la plus grande ville Aymara du monde, j’hésiterais entre Sao Paulo, Buenos Aires, Lima ou el Alto.

                    • julienE
                      julienE répond à Tristian
                      producteur
                      • Posté à 10h07 le 08/09/2010
                      • Internaute 116770
                        producteur

                      Je ne sais pas si vous m’avez bien lu, mais les indiens revendiquent le terme « indio ». Une maman va appeler son bébé « mi chinito », un garçon va appeler sa petite amie « mi cholita », d’ailleurs il y a beaucoup de chansons populaires qui reprennent ces termes. Il n’y a rien d’insultant là dedans. Pour comprendre les latino-américains, il faut laisser de coté son cartésianisme français, ses comparaisons avec l’Europe et parler avec les gens, les écouter. Je ne parle pas de la Bolivie que je connais moins, mais du Pérou puisque c’est de ce pays que traite l’article. Je vous encourage vivement à le visiter et à écouter les gens.
                      Je ne pense pas que vous me conaissez suffisamment pour porter un jugement sur moi, d’autant que celui que vous portez est insultant. Dommage qu’on ne puisse pas se rencontrer pour faire plus connaissance.

                      • Tristian
                        Tristian répond à julienE
                        moi-même
                        • Posté à 15h22 le 08/09/2010
                        • Internaute 121503
                          moi-même

                        Oui, et il y a, aussi, des nègres qui revendiquent le terme de nègre. J’aime beaucoup, d’Aimé Césaire :
                        « le petit nègre vous emmerde »

                        Par contre, en Bolivie, j’ai pas vu beaucoup de gens qui utilisent le terme « indio » autrement qu’insultant. Avec des amis, on arrive à en rire, mais c’est pas un fait généralisé. Si, par hasard, vous passez par là, évitez d’utiliser ce terme et remplacez-le par indigène.

                        Même « indiecito », ca passe mal.

                        Pourtant, et vous avez raison, en utilisant les diminutifs, beaucoup de termes, utilisés comme insultes, deviennent très « cariñoso ».

                        J’apprécie la dénomination de « gringito », qui m’est souvent donnée. A la base, green ! go ! (le vert ! dehors !), c’était difficile de trouver moins accueillant, comme entrée en matière.

                        Aujourd’hui, ils sont obligé de préciser leur pensée, quand ils veulent qu’on comprenne le sens premier : « gringo go home ! ».

                        Pour se rencontrer, c’est, peut-être, quelque chose de possible, soit dans les environs de la Suisse romande, soit dans les environs de l’axe routier Cochabamba - Oruro - El Alto.

                        • julienE
                          julienE répond à Tristian
                          producteur
                          • Posté à 16h53 le 08/09/2010
                          • Internaute 116770
                            producteur

                          Dommage, j’habite Paris et dans 2 mois je vais partir pour 3 ans à Santo Domingo, autre culture intéressante.
                          Bon voyages en Bolivie.

                          • Tristian
                            Tristian répond à julienE
                            moi-même
                            • Posté à 18h00 le 08/09/2010
                            • Internaute 121503
                              moi-même

                            he he, oui, il y a tellement de cultures intéressante, dans le monde, qu’on arrive pas à toutes les approcher.

                            Même que 3ans de vie dans leur atmosphère, c’est bien le minimum pour pouvoir commencer à en parler sans dire trop de conneries.

                            Ma foi, en Bolivie, j’avais parler avec des péruviens qui me disaient de la Bolivie, que c’est un pays identique à ce qu’était le Pérou, quelques décennies en arrière.

                            C’est vrai, je fais beaucoup d’autocentrisme bolivien. Même si il doit certainement y avoir encore beaucoup de similitudes entre les deux pays, je n’arrive pas à appréhender l’influence de l’ouverture maritime et, surtout, des traumatismes liés aux confrontations extrêmement violentes que le Pérou a vécu.

                            C’est sûre, c’est pas en Bolivie qu’on verrait voté des lois d’amnistie. Simplement bloquer les procès était, jusqu’à maintenant, largement suffisent.

                            Je ne sais pas pourquoi il existe une expression qui dit :

                            -ne fait jamais confiance à l’ami péruvien
                            -à la justice bolivienne
                            - et aux filles chiliennes

                            La deuxième proposition est vrai, même si on a tous l’espoir que les choses puissent changer.

                            Même si je suis assez à gauche, je trouve que c’est vraiment une bénédiction qu’aucune guérilla n’ a pu s’installer en Bolivie. C’est un peu triste pour le Che, mais, quand on voit ce que ca a donné au Pérou et en Colombie, je me dis que c’est vraiment une bonne chose que sa lutte armée n’a pas pu prendre.

          • julienE
            julienE répond à Michel Faure
            producteur
            • Posté à 09h52 le 07/09/2010
            • Internaute 116770
              producteur

            S’il y a un pays d’Amérique Latine que je connais bien c’est le Pérou et je partage entièrement ce que vous dites à propos d’Humala et d’Alan Garcia. J’étais au Pérou au moment des élections en 2006 et Humala avait réussi à créer une fracture dans la population, les indiens étaient devenus très agressifs même vis à vis des touristes. Il faut savoir qu’Humala n’est pas Chavez ni Morales, c’est effectivement un type dangereux et raciste. L’année prochaine verra de nouvelles élections présidentielles...et Humala devrait se représenter. A suivre...

        14 autres commentaires
    • fidesien
      fidesien répond à Tristian
      ouvrier
      • Posté à 21h18 le 06/09/2010
      • Internaute 61414
        ouvrier

      Déjà dans les années 60 Luis Puente Uceda rompit ou fut exclu de l’APRA avant de mourir dans la guerilla : 1965
      L’APRA a été à ces début un parti nationaliste anti impérialiste vaguement social
      Aujourd’hui c’est un parti à la remorque de l’impérialisme,clairement engagé contre la gauche latino américaine

      • Tristian
        Tristian répond à fidesien
        moi-même
        • Posté à 22h24 le 06/09/2010
        • Internaute 121503
          moi-même

        Mais quel était la position de l’APRA, lors de la première présidence d’Alan Garcia, de 1985 à 1990 ?

         
        • fidesien
          fidesien répond à Tristian
          ouvrier
          • Posté à 05h04 le 07/09/2010
          • Internaute 61414
            ouvrier

          L’APRA au Pérou,c’est un peu le Parti Révolutionnaire Institutionel au Mexique,une machine électoral au service de baronnie,avec des discours populistes,mais au service de l’oligarchie
          Le virage a été pris des les années 60
          Garcia n’a jamais cotoyé la gauche ,il cultive des amitié avec le sulfureux Lyndon Larouche,le pendant français de Cheminade et de sa secte d’extreme droite

          • julienE
            julienE répond à fidesien
            producteur
            • Posté à 09h56 le 07/09/2010
            • Internaute 116770
              producteur

            Sauf que l’APRA n’est pas resté 75 ans au pouvoir comme le PRI. Mais il est vrai que la notion d’extrême gauche en Amérique Latine n’est peut-être pas la même qu’ici.

          • Tristian
            Tristian répond à fidesien
            moi-même
            • Posté à 17h35 le 07/09/2010
            • Internaute 121503
              moi-même

            C’est que j’aimerais bien comprendre ce qui s’est passé, durant les années 80.

            En Bolivie, on a le passage de la dictature à la démocratie, qui se traduit, économiquement, par le passage d’une économie arrosée par les devises du trafique de drogue et des prêts du FMI, à une économie qui n’a plus la possibilité de demander des prêts, mais qui doit, toujours, payer les intérêts de la dette contractée par les dictatures.

            Très peu de pays arrivent à éviter la super-inflation, comme si les dictatures étaient bien meilleurs gestionnaires de la chose publique que les premiers démocrates (souvent très à gauche).

            Vers la fin des année 80, presque tous les pays d’Amérique latine doivent mettre en place l’économie néolibérale, imposée par le FMI, pour que ces pays puissent avoir droit à de nouveaux prêts.

            A première vue, Alan Garcia, au Pérou, se retrouve dans la situation du démocrate bien gauchiste, qui est face à l’impossibilité de maintenir une économie stable.

            Il me semble qu’au Pérou, c’est à Fujomori, soutenu par le Japon, qu’est donné la tâche de mettre en place le néolibéralisme.

            En Bolivie, bien sûre, la gauche et l’extrême gauche, pour conserver leurs postes, se sont mis au service du néolibéralisme et s’alliaient, volontiers, avec n’importe qui.

            Le destin d’un Alan Garcia me semble trop proche de cette gauche bolivienne, qui peut se dire trotskiste, communiste socialiste ou social démocrate, mais se joindra à n’importe quel gouvernement et mettra en place le programme de n’importe quel ligne politique.

            Pour moi, durant les années 80, les USA ne pouvaient pas permettre aux jeunes démocraties des réussites économiques venant de partis de gauche. On a vu qu’au Guatemala, les USA avaient été encore beaucoup plus loin.

            Mais, aujourd’hui, les choses sont très différente. J’ai bien vu, qu’en Bolivie, il y a eu la volonté de provoquer une superinflation et un maximum de trouble, après l’élection d’Evo Morales. Mais leur puissance économique et leurs services secrets ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient.

            Au Pérou, par contre, il semble qu’Alan Garcia joue très bien son rôle d’administrateur pour le compte du néocolonialisme des USA.

            • julienE
              julienE répond à Tristian
              producteur
              • Posté à 18h43 le 07/09/2010
              • Internaute 116770
                producteur

              C’est dommage de caricaturer l’histoire avec des concepts européens, c’est ce que Bourdieu appelait l’autocentrisme : on essaie de comprendre une histoire avec ses propres références, mais elles ne s’appliquent peut- être pas au pays en question.Est-ce qu’Alain Garcia était à la tête d’une jeune démocratie de gauche en 1980 ? je ne sais pas. Je sais, par contre, qu’à la fin de son mandat l’inflation dans le pays était de 3000 % par an, pratiquement plus personne ne payait d’impots, c’était le pays de la fraude et du travail illégal, le sentier lumineux faisait sauter des pilones électriques, des masacres avaient lieu dans les villages, des enlèvements en ville, les militaires et les policiers avaient peurs ainsi que les citoyens. Il y avait 2 cours de dollars. Bref, heureusement que Fujimori est arrivé, ses autres mandats ont été catasptrophiques.

              • Tristian
                Tristian répond à julienE
                moi-même
                • Posté à 20h30 le 07/09/2010
                • Internaute 121503
                  moi-même

                Non, mes analyses de l’histoire, en Bolivie, sont liée à un vécu de plus de 12ans, dans différentes régions de ce très beau pays.

                Sur les années 80, je n’ai pas d’autres choix que de m’appuyer sur les témoignages de gens qui avaient vécu cette période.

                J’ai beaucoup d’amis qui m’ont parlé de l’enthousiasme provoqué par la victoire de l’UDP, la grande union des forces démocratiques, allant du centre à l’extrême gauche.

                Mais, aussi, ils m’ont parlé de la douche froide de l’hyperinflation.

                Heureusement, la Bolivie n’est pas devenu un pays de barbares et de voleurs, comme le Pérou (tous les boliviens vous le diront).

                Goni (el gringo), le « sauveur » du pays, à mis en place la « capitalisation », Il a même pris toutes les boliviens pour des cons, en leur disant : « 1+1=2 » si vous avez un vélo, aujourd’hui, demain, vous en aurez deux.

                Capitalisation, en fait, voulait dire privatisation, mais c’était un gros mot, interdit d’utilisation par ses experts en com.

                Là, j’ai vu de mes propres yeux la catastrophe économique de sa politique, avec un chômage de masse qui ont obligé de nombreuses personnes à aller cultiver la coca, dans le Chapare, ou, si ils y arrivent, à partir en Espagne.

                Depuis l’entrée d’Evo Morales comme président, la situation c’est fortement améliorée. Les gens trouvent très facilement du travail, aujourd’hui.

                Mais on se pose toujours la question : pourquoi l’UDP n’avait pas réussi à tenir ses promesses ?

                En vous lisant, je n’arrive pas à ne pas faire un parallèle avec ce qui est arrivé à l’Allemagne de l’entre deux guerres. En reprenant vos paroles, ca donne :

                « Bref, heureusement qu’Hitler est arrivé, même si ca a fini par une catastrophe.

            • fidesien
              fidesien répond à Tristian
              ouvrier
              • Posté à 19h29 le 07/09/2010
              • Internaute 61414
                ouvrier

              Dans les années 80 il existait deux extreme gauche,le sentier lumineux et le MRTA mouvement révolutionaire Tupac Amaru de Victor POLAY
              Associe Victor Polay,Hugo Blanco,Luis De La Puente UCEDA,ou Abimeal Guzman avec Alan Garcia dans google et tu verras que ces figures de la gauche radicale péruvienne n’ont RIEN A VOIR avec la crapule soit disant social démocrate
              Par contre je resouligne qu’Alan Garcia est un ami de Lyndon Larouche

            • fidesien
              fidesien répond à Tristian
              ouvrier
              • Posté à 20h36 le 07/09/2010
              • Internaute 61414
                ouvrier

              « Ainsi, Víctor Polay —qui fut le leader du MRTA et a supporté 17 ans de prison, avec huit de tortures quotidiennes— a demandé pardon. Un comité de personnes irréprochables travaille pour sa liberté et sa réinsertion civique. Mais non : García a fait augmenter sa condamnation, de plus en plus. En réalité, il ne pardonne pas à Polay l’idylle qu’il a eue avec Pilar Nores, sa femme, des années auparavant »
              Son seul lien avec la gauche radicale....c’est d’avoir été cocu

              • Tristian
                Tristian répond à fidesien
                moi-même
                • Posté à 21h17 le 07/09/2010
                • Internaute 121503
                  moi-même

                he he, d’accord.

                Je dois dire que j’ai une certaine sympathie pour les mouvements qui cherchent à retrouver toute la culture cachée qu’ils ont au fond d’eux même (qu’ils soient Aymara ou Quechua). Le MRTA, même si je n’ai rencontré que quelques personnes qui faisaient partie de ce mouvement, m’est très sympathique.

                Espéront que ce parti pourra bientôt militer et travailler ailleurs qu’en exil. Et, aussi, que Tupac Amaru revienne bientôt.

                Nous aussi, en Bolivie, on a eu Garcia Linera, qui a passé plusieurs années de sa vie en prison. Mais, aujourd’hui, au côté d’Evo Morales, ils forment un binôme invincible.

                • fidesien
                  fidesien répond à Tristian
                  ouvrier
                  • Posté à 21h32 le 07/09/2010
                  • Internaute 61414
                    ouvrier

                  Ce matin à la manif à Lyon,j’ai longuement discuté avec Herve DOALTO sur la Bolivie,j’espère que tu as lu ces articles(a voir sur le web)
                  C’est un gars ,super, plein d’idéalisme et qui ne se voile pas la face

                  • Tristian
                    Tristian répond à fidesien
                    moi-même
                    • Posté à 22h16 le 07/09/2010
                    • Internaute 121503
                      moi-même

                    Je n’arrive pas, malheureusement, à trouver de blogs, en francais, qui parlent, un peu, de ce qui se passe en Bolivie.

                    Heureusement, j’ai la chance de pouvoir partager mes analyses de la situation, directement, avec de nombreux boliviens, quand je suis sur place.

                    Les places de la Seja à el Alto, la San Francisco, à La Paz et la 14 de septiembre, à Cochabamba, sont occupées, presque tous les jours, de débats publiques totalement ouverts et informels.

                    Je n’ai jamais rien lu d’Herve DOALTO. Sur le net, je viens de tomber sur un truc de lui, mais qui doit un peu dater.

                    Il parle de Filemòn Escóbar, mais qui est, au dernière nouvelle, une personne qui me semble aussi avoir droit au même titre que Càrdena, celui de « llunk’u ».

                    • JahRastafari
                      JahRastafari répond à Tristian
                      • Posté à 10h39 le 08/09/2010
                      • Internaute 9177

                      « Je n’arrive pas, malheureusement, à trouver de blogs, en francais, qui parlent, un peu, de ce qui se passe en Bolivie. »

                      En français, je ne sais pas non plus mais en anglais :

                      - Lien
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                      Enjoy !

                      • Tristian
                        Tristian répond à JahRastafari
                        moi-même
                        • Posté à 16h12 le 08/09/2010
                        • Internaute 121503
                          moi-même

                        Aie, en fait, je parlais de blogs interactifs. Je sais très bien où trouver mes infos sur la Bolivie, même quand je n’y suis pas.

                        Je cherche, surtout, à partager des analyses avec d’autres personnes qui sont, aussi, passionnée par ce pays et cette région.

                        J’aimerais bien, aussi, trouver des blogs qui ne soient pas lié à la NED et à leur propagande que je commence à sérieusement connaître. Et j’ai plus de facilité à lire le francais et l’espagnol que l’anglais. Si je dois m’efforcer à lire une analyse en anglais, au moins que ce soit quelque chose de vraiment intéressant.

                        • JahRastafari
                          JahRastafari répond à Tristian
                          • Posté à 16h14 le 08/09/2010
                          • Internaute 9177

                          Autant pour moi : =)))))

                          « J’aimerais bien, aussi, trouver des blogs qui ne soient pas lié à la NED »

                          Vous parlez précisément desquels ?

                          • Tristian
                            Tristian répond à JahRastafari
                            moi-même
                            • Posté à 18h01 le 09/09/2010
                            • Internaute 121503
                              moi-même

                            Aie, je m’étais trompé. Merci pour les deux liens, qui analysent, effectivement, l’intox que la NED nous envoie sur la Bolivie. En parcourant les articles de haut, sans concentration, j’avais pensé me retrouver face au même genre d’intox.

                            Il faut dire qu’ils traitent des même sujets, mais c’est normal, je pense qu’ils doivent être très réactifs, chaque fois qu’ils se retrouvent face à une intox, venant des médias des USA.

                            Mais j’étais tombé, une fois, sur un site des « droits de l’homme » en anglais, qui voyait en Leopoldo Fernandes, le nouveau « Mandela » de Bolivie. Si vous connaissez un peu la problématique de Bolivie, vous devez vous rendre compte que des gens qui se permettent de dire ca ne peuvent qu’être financé par la NED.

                            Peut-être que si j’en ai le courage, j’essayerais de me plonger dans la lecture d’un peu plus d’articles, venant des liens que vous m’avez donné et que, si je tombe sur un sujet que je connais bien, j’essayerais de me remettre à l’anglais et d’écrire quelques commentaires.

        14 autres commentaires
    • fidesien
      fidesien répond à Tristian
      ouvrier
      • Posté à 22h09 le 06/09/2010
      • Internaute 61414
        ouvrier

      Garcia né en 1949 n’a jamais flirté avec l’extreme gauche,alors que c’était l’èpoque
      Dès les années 60 les élèments de gauche rompirent avec l’APRA
      Ils se retrouvèrent avec Luis De La Puente Uceda ou Hugo Blanco

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 16h23 le 06/09/2010
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    Super, comme ça il ne restera que les familles des victimes pour faire justice, ils veulent sans doutes connaître aussi ce que signifie une « fatwa », du droit humain cette fois.

  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 17h57 le 06/09/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Décidément il n’en rate pas une Garcia.

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 22h28 le 06/09/2010
    • Internaute 111221
      fée

    Est-ce que quelqu’un pourrait me rappeler la raison pour laquelle il existe dans la Justice de la plupart des démocraties une prescription pour les meurtres et les viols ?

    Qu’est-ce qui peut bien rendre légitime le fait que ces crimes soient prescriptibles ? Et, si légitimité il y a, en quoi cette légitimité ne serait-elle pas applicable pour les crimes contre l’humanité ?

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à Féline
      Journaliste
      • Posté à 11h54 le 08/09/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Bonjour, je vais tenter de répondre à votre interrogation. Je crois qu’une différence est faite entre un crime occasionnel, une intention systématique et des actes inhumains. Le premier crime vise une victime qui ne représente rien au delà d’elle même (la victime d’un viol, celles d’une attaque de banque, par exemple). Le deuxième vise une victime parce qu’elle appartient à un groupe (ethnique, religieux, national) et que ce crime exprime une volonté systématique de tuer tel ou tel groupe humain (génocide). Le troisième enfin, qualifié avec le génocide de crime contre l’humanité, se caractérise par un caractère inhumain (même si l’inhumain est dans l’homme), tel des actes de torture, la mise en esclavage, des actes de barbarie. La première catégorie est prescriptible, les deux autres sont imprescriptibles.
      Selon ce raisonnement qui n’est pas le mien mais celui du droit pénal, la première catégorie des crimes prescriptible ne peuvent être punis que si leur auteur est identifié. S’il ne l’est pas pendant dix ans, je crois, la faute s’éteint, le crime ne peut plus être jugé. Est-ce légitime ? Du point de vue des victimes, sans doute pas. Du point de vue pratique, ça l’est un peu plus : si l’auteur n’a pas été retrouvé pendant dix ans, c’est probablement parce qu’il ne commet plus d’autres crimes, qu’il se cache, qu’il est lui-même mort ou disparu et que la justice a d’autres situations plus urgentes à traiter. Je crois qu’il existe une autre prescription concernant l’auteur identifié, mais introuvable, qu’on peut juger par contumace. Là aussi, je crois, le jugement est prescriptible. Si un certain nombre d’années (10 je crois) s’est écoulé après la condamnation sans que soit retrouvé l’auteur du crime, la condamnation aussi s’éteint. Il existe aussi un élément, disons humaniste, qui prend en compte le fait que l’auteur d’un crime occasionnel, s’il n’est pas retrouvé pendant dix ans, d’une part n’est sans doute pas récidiviste, a probablement changé et peut-être repenti, et que la faute revient à une justice incompétence à le retrouver. Il y a une sorte de non dit dans cette affaire, qui est l’obligation de pardonner quand on n’a pas pu punir à temps.
      Le crime systématique et la barbarie impliquent une volonté particulière de tuer, qui par son caractère systématique ou barbare est susceptible de se répéter. Le risque n’est plus individuel mais collectif. Vous pouvez juger que les viols sont une atteinte aux femmes, et relèveraient dès lors de l’imprescriptible. La question s’est posée avec les crimes pédophiles. La réalité, c’est que le droit est une matière évolutive et souple. Jadis il définissait un statut de l’esclave, aujourd’hui il condamne l’esclavage. Bref, il suit l’évolution sociale et nous sommes, en réalité, collectivement responsables de l’état de notre droit puisque nous l’influençons graduellement.
      J’espère avoir répondu à votre question.
      Cordialement

      • Féline
        Féline répond à Michel Faure
        fée
        • Posté à 19h36 le 08/09/2010
        • Internaute 111221
          fée

        Je vous remercie grandement pour votre réponse sur ce sujet particulièrement sensible.

        Personnellement, je trouve que le raisonnement du droit pénal est plutôt incohérent. En effet, toutes les raisons qui expliquent la prescription de la première catégorie de crime pourraient être tout aussi bien appliquées aux crimes de la seconde et troisième catégorie.

        Tout comme pour les crimes occasionnels, du point de vue des victimes la prescription des crimes contre l’humanité ne pourra jamais être légitimée, c’est évident. Mais, les points de vue pratique (« si l’auteur n’a pas été retrouvé pendant dix ans, c’est probablement parce qu’il ne commet plus d’autres crimes, qu’il se cache, qu’il est lui-même mort ou disparu »), humaniste (« le fait que l’auteur d’un crime occasionnel, s’il n’est pas retrouvé pendant dix ans, d’une part n’est sans doute pas récidiviste, a probablement changé et peut-être repenti, et que la faute revient à une justice incompétence à le retrouver »), et « miséricordieux » (« l’obligation de pardonner quand on n’a pas pu punir à temps ») sont eux aussi, finalement, tout aussi défendable pour les crimes de la première catégorie que pour ceux des deux autres.

        D’ailleurs, en ce qui concerne le risque de récidive, il est évident que, par exemple, pour les vieillards en fin de vie qui furent les auteurs de crimes abominables et inhumains dans leur jeunesse lors de la seconde guerre mondiale, ce risque ne parait pas très crédible.

        Mon analyse personnelle de cette apparente incohérence est que le droit, qui est évolutif et suit l’évolution sociale comme vous le rappelez très bien, est de plus en plus dépendant de l’émotion suscité dans l’opinion public par la nature des crimes (le fait que la question de la prescription se soit posée pour la pédophilie est significatif), or l’opinion est rarement cohérente.

        A mon avis, la véritable raison pour laquelle les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles, c’est que « le point de vue des victimes » est le seul et unique point de vue retenu et pris en compte dans ce genre de crime du fait que leur nombre (et ce nombre comprend les victimes elles-mêmes mais aussi leurs proches (comme pour tout crime d’ailleurs)) est trop grand pour que leur point de vue soit ignoré par le droit pénal d’une société. Car l’ignorer mettrait en péril l’acception de ce droit par cette partie de la société, et donc, comme cette partie est importante, mettrait en péril la société elle-même.

        Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? J’avoue que je ne saurai le dire…

  • Benjamain
    Benjamain
    précaire
    • Posté à 06h06 le 07/09/2010
    • Internaute 37988
      précaire

    t’as bien joué ton coup Garcia

  • cocacolla
    • Posté à 09h54 le 07/09/2010
    • Internaute 121768

    une fois pour toutes... la bonne technique, c’est de s’autoamnistier directementen fin de mandat... comme dernierement bush le fit...

    Lien

  • AlexRio
    • Posté à 16h41 le 08/09/2010
    • Internaute 18873

    En France Chirac a tout fait pour ne pas être jugé après son mandat. Raté. Alan Garcia fait de même, mais les accusations de crime contre l’humanité qui pèsent contre lui sont bien sûr plus graves. Alors pour ne pas être jugé il signe une loi pour se protéger contre tout petit juge.

    Aujourd’hui on apprend qu’un avocat au service du système d’horreur de Fujimori Montesinos, M. Tapia, a participé à l’élaboration de cette loi.

    Lien

    M. Tapia est l’avocat d’un militaire haut placé, impliqué aux massacres de Barrios altos, mais aussi il a représenté l’Etat dans le cas ’Fronton », le cas « Robles », etc, etc...

    Ay hermanos mucho que hacer, comme dirait Cesar Vallejo.

    Alexis
    Rio de Janeiro

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