Panamericana

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La Brésilienne Dilma Rousseff face à l'héritage ambigu de Lula

Michel Faure
Journaliste
Publié le 02/11/2010 à 11h14


Dilma Rousseff embrasse Lula, le 19 mai 2010 à Brasilia (Ricardo Moraes/Reuters).

Puisque Dilma Rousseff, candidate du Parti des travailleurs élue ce dimanche présidente du Brésil, sera l’héritière de son prédécesseur et mentor Lula, considérons cet héritage en quatre dimensions.

1

La victoire du pragmatisme économique sur l’idéologie

Le premier legs, et sans doute le plus important de Lula à Dilma Rousseff, est le pragmatisme économique qui l’a emporté, avec lui, sur l’idéologie. La nouvelle présidente, qui elle aussi fut idéologue, le suivra-t-elle sur cette voie ?

Porte-parole d’une gauche radicale, Lula a longtemps tenu, avant d’être élu Président, des propos critiques à l’égard du capitalisme, de la mondialisation, du « néolibéralisme » ou du FMI. Une fois élu, son grand mérite fut de ne rien défaire de ce qu’avait difficilement construit son remarquable prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso (hélas sans jamais l’en remercier ni lui rendre hommage).

Lula a maintenu à son tour sous contrôle l’inflation, a remboursé ses dettes –notamment celles dues au FMI– et est même devenu un contributeur de cette institution. Non seulement Lula a embrassé la mondialisation, mais il a fait de son pays l’un de ses principaux acteurs. Le « B » des « Bric » , ce nouveau club des puissances émergentes, c’est celui du Brésil (les autres sont la Russie, l’Inde et la Chine), et de ces quatre membres, c’est celui qui rassemble les meilleurs atouts.

Il est incontestablement démocratique -la démocratie russe laisse à désirer et celle de la Chine est inexistante-, il n’est pas considéré menaçant par ses partenaires -ce qui n’est le cas ni de la Russie ni de la Chine-, et il est plus moderne que l’Inde qui reste empêtrée dans un système de castes archaïque et dotée d’une bureaucratie infernale et d’infrastructures insuffisantes.

Bref, le Brésil est un champion global, et si Lula a eu la chance de présider son pays durant une période de hausse constante des matières premières, tirée par la demande chinoise, il a su mieux que d’autres profiter de cette heureuse conjoncture.

2

Une volonté de mieux répartir les richesses

Le deuxième legs est d’avoir inclus tous les Brésiliens, et notamment les plus pauvres, dans le champ des politiques économiques et sociales du pays. Le Brésil est un pays riche, avec 250 milliards de dollars de réserve, et qui le sera plus encore alors que sont découverts de nouveaux gisements de pétrole off-shore, mais il est peuplé de pauvres.

Lula a cherché à mieux répartir cette richesse, à sortir les plus indigents de la misère, et même de la faim. Il a été constant dans cet effort, et cela a emporté l’adhésion des Brésiliens, même s’il n’a pas réussi tout ce qu’il a entrepris et que son bilan est particulièrement médiocre concernant la lutte contre la corruption.

Son extraordinaire popularité est liée à sa personne, mais l’est aussi à sa volonté de tenir ses promesses. Il avait promis de faire de la lutte contre la pauvreté sa priorité, et il l’a fait. Il avait promis de respecter les lois, et il n’a pas cherché à obtenir un troisième mandat que la Constitution ne permet pas -il reste à espérer que la présidence de Rousseff ne devienne pas un mandat de Lula par procuration.

3

Un embarrassant legs diplomatique

Le troisième legs, enfin, concerne la diplomatie et il est calamiteux. Il est le seul, au fond, dont on espère qu’il sera négligé par Dilma Rousseff. C’est comme si Lula, contraint au pragmatisme en économie, avait libéré l’idéologue qui sommeillait toujours en lui pour qu’il puisse embrasser ses vieux complices les frères Castro, Chavez ou Ahmadinejad.

On peut comprendre, de la part du Brésil, une volonté de renforcer des liens avec le Sud, et Lula n’a pas ménagé ses efforts en Afrique, notamment. Mais c’est surtout en Amérique Latine qu’on attendait qu’il défende la supériorité de son modèle, celui d’une social-démocratie moderne, d’une gauche sociale affranchie du marxisme et acceptant le marché, face à la proposition concurrente du « socialisme bolivarien » de Chavez.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lula n’a pas fait de prosélytisme. Il n’a jamais émis, publiquement, la moindre réserve sur Chavez, il a même cultivé les mêmes alliances que lui, lesquelles sont fédérées par une aversion commune à l’égard des Etats-Unis.

Or, le Brésil est trop grand, trop heureux d’être ce qu’il est, pour être concerné par les Etats-Unis comme le sont Chavez ou les frères Castro. Lula est ainsi apparu hostile à Washington alors même qu’Obama, après son élection,chantait ses louanges.

Il fut embarrassant de le voir, hilare, dans les bras de Raul Castro au lendemain de la mort, suite à sa grève de la faim, du dissident Orlando Zapata. Quant à son flirt avec l’Iran, il a été totalement contreproductif. L’image de Lula en est ressortie ternie, et sa relation avec les Etats-Unis définitivement dégradée.

4

Le destin exceptionnel de Lula

Il existe un dernier legs, et celui-là, Dilma Rousseff ne pourra en hériter. C’est non seulement le charisme de Lula, mais aussi son histoire personnelle –l’enfant pauvre immigré du Sertao qui cire des chaussures à l’aéroport de Sao Paulo et devient Président.

Même si la biographie de Dilma Rousseff est tout à fait honorable et même admirable, l’histoire de Lula est exceptionnelle. Elle raconte une aventure qui résume l’idéal d’un pays et les raisons de l’aimer.

Gouverner après Lula ne sera pas facile. Sortir de son ombre, exister par soi-même. Je pense à Pompidou après de Gaulle, qui s’en était plutôt bien sorti. Mais il n’était plus un héritier, il avait tué le père.

Il faut souhaiter à Dilma Rousseff d’exister sans Lula, de s’en affranchir tout en sauvegardant ce qui doit l’être de l’héritage d’un homme hors du commun.

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  • mauser
    • Posté à 11h26 le 02/11/2010
    • Internaute 4683

    Sa place n’est pas désirable . La tâche sera rude mais j’espère que cette femme pourra la menner à bout .
    Le Brèsil poséde de bonnes cartes si elles sont bien jouèes ce pays serra l’un des 3ou 4 grands de demain.
    Voyons si les richissimes brèsiliens vont comprendre qu’il vaut mieux partager un peu que vouloir tout garder au risque de tout perdre . L’antiamèricanisme pourrait jouer un rôle non négligeable.

  • JahRastafari
    • Posté à 14h14 le 02/11/2010
    • Internaute 9177

    Hé bé, c’est une de ces rares fois où je n’ai quasiment rien à dire sur un papier de Michel Faure : =))) : aucun fait concret sur lequel se reposer : une simple succession d’impressions, d’apologies et autres prévisions incantatoires.

    Mis à part le dernier article de Cristina L’Homme, les informations concernant l’Amérique Latine commencent à se faire rares sur Rue89 ! ! : =))

    EDIT :

    Spéciale dédicace à cette phrase mémorable qui rend un bel hommage à la niaiserie la plus profonde, et qui m’avait échappé : « Or, le Brésil est trop grand, trop heureux d’être ce qu’il est, pour être concerné par les Etats-Unis comme le sont Chavez ou les frères Castro »

    FIN EDIT

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à JahRastafari
      Journaliste
      • Posté à 14h57 le 02/11/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Votre EDIT, Cher JahRastafari, prouve que vous connaissez mal le Brésil, ou que vous ne l’avez pas compris. Ce doit être le seul pays d’Amérique latine qui ne pense pas très souvent au grand voisin du nord.

      • JahRastafari
        • Posté à 15h45 le 02/11/2010
        • Internaute 9177

        Il est vrai que cela ne fait « que » 45 ans que João Goulart a été renversé par la CIA : =))).
        Dan Mitrione (Lien) y avait laissé aussi une trace mémorable dans la « formation » de la police. (Je vous invite d’ailleurs à (re)voir « Etat de Siège » avec Yves Montand qui incarne ce dernier personnage (tendez bien l’oreille, certaines idées vous paraîtront plus que familières : =))))

        « Ce doit être le seul pays d’Amérique latine qui ne pense pas très souvent au grand voisin du nord. »

        Pourrez-vous me le présenter ? Il a l’air sympa. Je lui demanderai à l’occasion son avis sur la politique étrangère des States. Bon j’imagine que sa réponse risque d’être quelque peu multiforme ... : =)) Pas vrai Michel ? : =))).
        Comme vous dites à Nicogé, le « on » reste toujours un peu flou là.

        Dans votre papier, vous « reprochez » (si vous me permettez le terme) à Lula, président du Brésil, représentant du peuple brésilien (ou au moins une partie) d’être « apparu hostile à Washington alors même qu’Obama, après son élection,chantait ses louanges[sic niais au passage] ». Et vous dites ensuite « qu’il [le Brésil] ne pense pas très souvent au grand voisin du Nord ». Faut savoir Michel...

        Regardez « South of The border » de Oliver Stone où Lula s’exprime, entre autres, sur les relations avec les States. Vous pourriez pitet même y apprendre quelque chose : =)))

        Merci, en tout cas, de m’aider à comprendre ce qu’est un « libéral de gauche » (ou quelque chose comme ça...) : =)))

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à JahRastafari
          Journaliste
          • Posté à 15h59 le 02/11/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Vue la démographie brésilienne, il est probable qu’au moins les trois quarts sinon plus de la population n’était pas nés sous Joao Goulart, et ne restez pas « fixé » sur la guerre froide. Je n’ai pas compris votre histoire de vous le présentez, il a l’air sympa : vous voulez dire le Brésil ? Oui, il est sympa, et il est optimiste aussi (souvenez vous de l’étude du latinobarometro). Enfin, ce n’est pas parce qu’il ne pense pas tous les jours au grand voisin du nord que le Brésil n’a pas intérêt tout de même à maintenir des relations apaisées avec Washington, surtout avec Obama à la présidence. Quant à votre « sic niais », je vous informe qu’Obama a évoqué un jour Lula en le qualifiant de « chef d’état le plus populaire du monde ». Et il le disait sans ironie.

          • JahRastafari
            • Posté à 16h59 le 02/11/2010
            • Internaute 9177

            1) Je ne sais pourquoi vous, vous me parlez de « Guerre froide ». L’impérialisme états-unien (que je définis précisément ici Lien au point 3) précède et existe après la fin de la « guerre froide ». Donc je vous prie à mon tour de ne pas vous fixer dessus, ou au moins de ne pas sous-entendre que je ferais une quelconque fixette dessus. Merci.

            2)« Je n’ai pas compris votre histoire de vous le présentez, il a l’air sympa : vous voulez dire le Brésil ? Oui, il est sympa, et il est optimiste aussi (souvenez vous de l’étude du latinobarometro) »

            Je faisais un brin d’ironie quant au fait que vous personnifiez le Brésil comme si cela était une personne qui pouvait ou non « penser » au voisin du Nord. Cette ironie visait à souligner l’absurdité d’une telle affirmation compte tenu qu’il y a plus de 180 millions d’habitants et que les opinions quant aux States sont multiples et diverses.

            3) « Quant à votre “sic niais”, je vous informe qu’Obama a évoqué un jour Lula en le qualifiant de “chef d’état le plus populaire du monde”. Et il le disait sans ironie. »

            Certes et Obama a aussi condamné de la façon la plus énergique le coup d’Etat au Honduras. (on voit comment cela a terminé)
            Obama a aussi dit rechercher la paix et la fin du conflit en Colombie ... en proposant de mettre à disposition 7 bases en Colombie. De même une nouvelle base au Honduras, au Panama.
            Obama a promis qu’il ferait fermer Guantanamo, une honte pour les States etc etc...

            Bref je suis heureux de pouvoir vous faire découvrir les principes fondamentaux du double langage et des mots qui n’engagent à rien (il était temps ! ! ! ! : =)))))

            4)« Vue la démographie brésilienne, il est probable qu’au moins les trois quarts sinon plus de la population n’était pas nés sous Joao Goulart »

            Car personne ne transmet rien , la culture renaît toutes les générations, et les jeunes gens naissent dans des bulles et ne connaissent pas leurs parents.D’ailleurs L’Histoire au Brésil n’existe pas, ils ont bien compris que se baser sur l’expérience des aînés ne servait à rien. C’est un éternel recommencement ce Brésil : =)))))

          • Amarouayache Zaky
            • Posté à 21h30 le 02/11/2010
            • Internaute 11970

            « Vue la démographie brésilienne, il est probable qu’au moins les trois quarts sinon plus de la population n’était pas nés sous Joao Goulart, et ne restez pas “fixé” sur la guerre froide. »

            Je ne sais pas par ou commencer... Si vous me le permettez par une légère digression.

            Ce que vous préconisez en gros c’est le devoir d’oubli. La prochaine fois que je retourne en Algérie pour rencontrer mes cousins qui ont la vingtaine, je suis censé leur expliquer que le massacre du 17 Octobre 1961 ca ne concerne pas leur génération puisqu’aucun d entre eux n étaient nés avant cette date ? Ça fait 49 ans ... On oublie... Et Papon alors préfet de police ayant sous ses ordres les force de l ordre qui ont exécuté les ordres et donc permis le massacre , ils sont censés savoir qui c’est ou pas ? Ils sont censés savoir qu’il a été condamne en 1998 pour crime contre l humanité ? A vous lire, probablement pas... Faut leur dire quoi ? Enrichissez vous financièrement si vous le pouvez, fermez vos livres d histoire et vos gueules pendant que vous y êtes....

            Vous voyez vous êtes pris la main dans le sac une fois de plus : uniquement pour contredire l’argument de Jahrastafari vous sortez une énormité ... En général c’est votre mode opératoire quand vous ne pouvez contester les faits.Son argument peut se discuter de façon honnête. Évidemment que l’histoire du Bresil est plus qu’importante pour les Bresiliens ET SPÉCIALEMENT POUR CEUX QUI N ONT PAS VECU CETTE PERIODE, a savoir les nouvelles générations.. Peut être pour mieux faire et mieux se defendre ... NON ? ? ?

            A propos de votre atlantisme et de votre croyance aveugle en le système libéral -que bien évidemment vous ne saurez définir puisque l’économie politique n’est pas votre fort-qui prévaut sous vos latitudes , je vous recommande chaudement de lire cet interview.
            Lien

            Quand est-ce que vous comprendrez ce que vous reproche la grande majorité des riverains quelque soit leur bord politique... ?
            On vous demande juste de nous présenter une analyse honnête intellectuellement reposant plus sur des faits que sur des croyances...

        3 autres commentaires
  • nicogé
    nicogé
    walz
    • Posté à 11h55 le 02/11/2010
    • Internaute 4892
      walz

    « Mais c’est surtout en Amérique Latine qu’on attendait qu’il défende la supériorité de son modèle, celui d’une social-démocratie moderne, d’une gauche sociale affranchie du marxisme et acceptant le marché, face à la proposition concurrente du “ socialisme bolivarien ” de Chavez. “

    mais c’est quoi ce ‘on’ ? imposé par la stylistique journalistique ?
    même dans ce cas, il est tendancieux.

    1/ il promeut une idéologie sous couvert de ‘pragmatisme’ : dès qu’on voit se mot, ‘pragmatisme’ dans un discours journalistique ou politique (UMP, PS...), on sait qu’on a affaire à un propos idéologique de droite.

    2/ il inclut qui ce ‘on’ ? Lula, les Brésiliens, et moi et moi et moi, par exemple, nous n’attendions pas du tout qu’il fasse la promotion de la supériorité du capitalisme, même ‘social-démocrate’ ! ! !

    on n’en sort pas : cette idéologie nous a mené à notre perte, le monde pourrait aller beaucoup mieux ; le système ne se suffit même plus à se justifier lui-même, les ‘crises’ s’enchaînant, on ne parle que crédits, taux d’intérêt, endettement, pauvreté, liquidation...

    dans ce pays le néolibéralisme se fait appeler ‘pragmatisme’, donc, les licenciements se nomment ‘plan de sauvegarde de l’emploi’, et une casse du système des retraites pour préserver l’argent des plus riches est présenté comme la pérennisation de celui-ci.
    alors franchement, vivement la fin de la novlangue ‘libérale’ et vivement la gauche.

    bien @ vous,
    nicogé walz
    Lien

    • 101.7
      101.7 répond à nicogé
      Promeneur
      • Posté à 12h04 le 02/11/2010
      • Internaute 59121
        Promeneur

      « alors franchement, vivement la fin de la novlangue “libérale” et vivement la gauche. »

      Le temps que je rédige un commentaire vous avez dit pas mal de choses que je pensais, et curieusement en partant de la même phrase tellement alambiquée qu’elle montre en creux la pensée de monsieur Faure : La gauche prend tout le pouvoir en Amérique Latine et en plus ça marche, mais où va t-on ? Comment promouvoir le libéralisme ?

    • JahRastafari
      JahRastafari répond à nicogé
      • Posté à 12h05 le 02/11/2010
      • Internaute 9177

      Et puis « on » était embarassé de le voir [Lula], hilare, dans les bras de Raul Castro au lendemain de la mort, suite à sa grève de la faim, du dissident Orlando Zapata.

      « On » estime que Lula avait un « remarquable prédécesseur »

      « On » s’attendait à ce qu’il « défende la supériorité de son modèle, celui d’une social-démocratie moderne, d’une gauche sociale affranchie du marxisme et acceptant le marché, face à la proposition concurrente du “ socialisme bolivarien ” de Chavez. “

      ‘On’ a des idées tranchées, tendance obsessionnelle (‘on’ peut difficilement s’empêcher de parler de Chavez, quelque soit le sujet).

      ‘On’ ferait mieux de passer à autre chose : =))))

      • Oontack
        Oontack répond à JahRastafari
         ! =
        • Posté à 12h23 le 02/11/2010
        • Internaute 60324
           ! =

        On euphémise à tout bout de champ, on généralise autant qu’on peut. On a perdu le fight spirit. On se fait trop vieux, on pue de la gueule, on va bientôt abandonner.

         
        • DoubleSteak
          DoubleSteak répond à Oontack
          Etudiant septique
          • Posté à 13h35 le 02/11/2010
          • Internaute 130382
            Etudiant septique

          Votre première phrase est tout à fait vraie, mais cela est vrai pour la quasi-totalité des analyses concernant des sujets complexes, sur lesquels un journaliste, dans son analyse, ne peut éviter d’appliquer sa subjectivité. Un article, dans sa nature subjective, a d’inévitables limites dans la lecture que l’on peut en faire, et condamne donc le lecteur (le riverain en l’occurrence) à un scepticisme permanent, sans en renier son potentiel (à l’article) qui est de nous offrir des informations / éclaircicements / (...) sur un sujet. C’est ce qui fait l’intérêt d’un article.

          Plutôt que de reprocher au journaliste d’écrire comme il pense, le riverain devrait plutôt lire comme il pense (mais alors on transfert les responsabilités liées au jugement à nous-même, ce qui pesant je l’accorde).

          • Oontack
            Oontack répond à DoubleSteak
             ! =
            • Posté à 14h12 le 02/11/2010
            • Internaute 60324
               ! =

            Tu sembles être nouveau sur RUE89 si l’on en juge par le nombre de tes interventions. Si c’est la cas, je t’invite à lire d’autres articles de Michel Faure et les commentaires qu’ils suscitent. Tu verras que ce n’est pas de subjectivité journalistique dont il est question ici.

            A part cela, je te remercie de t’inquiéter du poids que constituerait éventuellement ma part de réflexion personnelle. Mais je veux te rassurer tout de suite, je me sens très à l’aise sur le sujet. Sans présumer de sa qualité, j’en assume l’intégralité sans sourciller.

        2 autres commentaires
    • Michel Faure
      Michel Faure répond à nicogé
      Journaliste
      • Posté à 14h48 le 02/11/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Nicogé,
      vous avez raison, ce « on » est un peu flou. Disons qu’il recouvre tou ceux qui aiment bien Lula, qui ont observé son travail au cours de ses deux mandats, et qui ont apprécié chez lui une certaine sagesse, quelque chose que je ne sais pas appeler autrement que du « pragmatisme » face au marché (souvenez vous que sa première élection a déclenché une crise financière, tout de même). Je vous renvoie à un papier ancien que vous trouverez dans la colonne de droite où je citais Alvaro Vargas Llosa (un libéral, désolé) qui avait distingué, dans un bouquin sorti il y a bien cinq ou six ans de cela, « une gauche végétarienne » et une « gauche carnivore », ou en d’autres termes un gauche social-démocrate qui s’accomode du marché (Bachelet au Chili, Lula au Brésil) et une gauche radicale qui cherche à remplacer ce marché par une nouvelle forme de socialisme.
      Tous ceux, donc, qui ont bien aimé ce qu’a fait Lula (et j’en fais partie), ont pensé comme moi, j’imagine, que l’option « végétarienne » pour reprendre l’analogie de Vargas Llosa, était plus efficace et moins conflictuelle que le « socialime bolivarien », qui relève au Venezuela de l’assistanat tonitruant plus que de la logique économique. Nous parlons d’une époque, le début de la décennie 2000, où la gauche l’emportait un peu partout en Amérique latine après les calamiteuses expériences néo-libérales des années 90 (qui n’ont pas grand chose à voir avec le libéralisme, par ailleurs, et qui lui ont même porté beaucoup de torts). La grande question, à l’époque, était de savoir lequel des deux modèles, le social-démocrate ou le bolivarien, l’emporterait. Chacun avait ses partisans. Le « on » englobait ceux que l’option social-démocrate (dont moi mais je doute avoir été tout seul dans cette affaire), et « on » espérait que la démonstration serait faite de la supériorité de la première sur la deuxième.
      Voilà. Ce n’est pas de la novlangue, si vous lisez ça sans y chercher un sens caché.
      Bien à vous également

      • JahRastafari
        • Posté à 15h43 le 02/11/2010
        • Internaute 9177

        « l’option “végétarienne” pour reprendre l’analogie de Vargas Llosa, était plus efficace et moins conflictuelle que le “socialime bolivarien”, qui relève au Venezuela de l’assistanat tonitruant plus que de la logique économique. »

        Wow, c’est pas à moitié réducteur ça. : =)))

        « où la gauche l’emportait un peu partout en Amérique latine après les calamiteuses expériences néo-libérales des années 90 (qui n’ont pas grand chose à voir avec le libéralisme, par ailleurs, et qui lui ont même porté beaucoup de torts) »

        Alors là, je suis captivé, médusé. Si le libéralisme (économique) n’est pas ce à quoi l’on a assisté dans les années 90, qu’est-ce donc ?

        Petit échange que nous avions eu sur le concept de « libéralisme » :
        Lien

  • albin
    • Posté à 11h58 le 02/11/2010
    • Internaute 11837

    impossible de lire cet article jusqu’au bout. Cette habitude qu’on les Français d’attaquer le Brésil. Cette façon hautaine de parler de corruption alors que la France elle-même donne les plus beaux exemples.

    je ne comprends pas comment Rue89 peut publier ce genre d’article digne du Figaro et de Zemmour.

    • Moorice
      Moorice répond à albin
      assis
      • Posté à 16h09 le 02/11/2010
      • Internaute 112628
        assis

      « Cette habitude qu’on les Français d’attaquer le Brésil. »

      à part pour le foot, je ne vous comprends pas. La corruption doit être combattue et donc mis en lumière. La France ne fait pas exception.

      le Brésil, contrairement à la Chine et à l’Inde est justement le pays en plein essor qui fait envie à beaucoup de français.

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à albin
      Journaliste
      • Posté à 16h29 le 02/11/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      C’est de l’humour ou du délire ? En quoi j’attaque le Brésil ? En quoi suis-je hautain ?

      • JahRastafari
        • Posté à 16h32 le 02/11/2010
        • Internaute 9177

        Il est vrai que ce n’est pas l’adjectif que j’aurais choisi. Péremptoire aurait été, dans ce cas précis, plus approprié : =))

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 12h00 le 02/11/2010
    • Internaute 59121
      Promeneur

    « Mais c’est surtout en Amérique Latine qu’on attendait qu’il défende la supériorité de son modèle, celui d’une social-démocratie moderne, d’une gauche sociale affranchie du marxisme et acceptant le marché, face à la proposition concurrente du “ socialisme bolivarien ” de Chavez. “

    La gauche moderne an Amérique du Sud comme ailleurs ne doit pas s’affranchit du marxisme.
    Qu’elle accepte le marché soit, il existe, mais on peut quand même espérer, que lorsque des personnages politiques de gauche et de poids comme Lula sont aux commandes d’un pays aussi puissant, que ce marché soit régulé pour qu’il profite à l’intérêt général et pas à ceux qui ont fait capoter l’économie mondiale à leur profit exclusif.

    Si la gauche brésilienne se met à pantoufler avec le centre mou pour faire une politique molle il lui arrivera la même chose qu’au parti socialiste sous Jospin.
    Rejetée dans les urnes pour le bénéfice exclusif des très riches financiers.

    J’espère que cette dame va continuer à travailler dans le même esprit que Lula, avec détermination, sans faiblir et avec la même réussite que seule la vision de la vraie gauche peut garantir.

    Que les brésiliens n’oublient pas qu’il y a quelques rapaces vexés à leur porte qui eux n’ont pas de sentiments autres que financiers.

    • GWERN
      GWERN répond à 101.7
      Ex militant du vaste mouvement (...)
      • Posté à 12h26 le 02/11/2010
      • Internaute 60684
        Ex militant du vaste mouvement (...)

      Réguler le marché : c’est le moindre que peuvent faire des sociaux démocrates !
      Quand au reste de la gauche Sud Américaine gouvernant des pays concernés possédant des particularités et des différences, chacun cherche sa propre voie tout en se défiant (à juste titre ) du grand frère US !
      Il n’y a que Michel FAURE pour s’en étonner !
      ( Michel le 11 septembre au Chili c’est l’anniversaire d’un coup d’état !)
      Sur un point néanmoins l’article a raison de pointer le problème de la corruption et ce n’est pas faire honte aux brésiliens que de mettre le doigt là où ça fait mal !
      Même si ici .........

  • tpmtp
    tpmtp
    libre
    • Posté à 12h12 le 02/11/2010
    • Internaute 91555
      libre

    c est fou comme depuis qu elle vient d etre elue, tous les medias (rue89 ne faisant pas exception) ne peuvent pas prononcer son nom sans l accoler immediatement a celui de Lula, tout comme on ne peut pas la photographiee seule sans un homme a ses cotes, comme si une femme seule a la presidence ca faisait peur

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à tpmtp
      Journaliste
      • Posté à 23h33 le 02/11/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Oui, mais Sans Lula, qui connaitrait Dilma Rousseff ?

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 12h37 le 02/11/2010
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    « Même si la biographie de Dilma Rousseff est tout à fait honorable et même admirable, l’histoire de Lula est exceptionnelle. Elle raconte une aventure qui résume l’idéal d’un pays et les raisons de l’aimer. »

    Elle est pas belle cette société libérale !
    On sent que l’auteur est ému par ce qu’il considère comme un exemple de réussite du libéralisme.

    • Garamond
      Garamond répond à nemo3637
      Olé
      • Posté à 17h43 le 04/11/2010
      • Internaute 124450
        Olé

      Et quel est l’exemple de réussite du socialisme ? Naître pauvre et finir pauvre ? Je plaisante bien sûre, mais en fait je vois pas trop l’intérêt de dénigrer le fait que oui, en effet, un type qui commence par cirer des chaussures dans sa jeunesse et finit président du Brésil, c’est plutôt une belle histoire, non ? Société libérale ou non !

      • nemo3637
        nemo3637 répond à Garamond
        Déchoukeur
        • Posté à 22h10 le 04/11/2010
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        On ne dénigre pas le fait que....
        Mais ça colle si bien avec l’idéologie libérale de l’auteur qu’on ne peut s’empêcher d’y voir caricature.
        Mais oui, mais oui, c’est une belle histoire.
        Surtout en y ajoutant l’ogre socialiste.
        Le monde des bisounours.

         
        • Garamond
          Garamond répond à nemo3637
          Olé
          • Posté à 10h18 le 05/11/2010
          • Internaute 124450
            Olé

          D’accord, je suis rassuré ;)

          Mais bon, je trouve dommage quand même que sous pretexte qu’on aime pas l’auteur, on s’acharne à le rabaisser en essayant de trouver des failles dans n’importe quelle phrase qu’il écrit, alors qu’il serait tellement plus constructif de débattre avec M. Faure de manière respectueuse. Je trouve désolant en fait, cet acharnement, juste parce qu’il ne cadre pas avec les idées d’une partie des riverains. Le débat est intéressant, quand les opinions ne sont pas les mêmes, non ? (je vous dis ça à vous, mais en fait ça s’applique à tous ceux qui cherchent systématiquement à ridiculiser l’auteur)

          A bientôt

          • nemo3637
            nemo3637 répond à Garamond
            Déchoukeur
            • Posté à 12h17 le 05/11/2010
            • Internaute 44521
              Déchoukeur

            « alors qu’il serait tellement plus constructif de débattre avec M. Faure de manière respectueuse. »

            Cela a déjà été fait au travers des précédents article de M.Fauré concernant l’Amérique latine où j’ai moi même résidé. Et nous avons pu exprimer, lui et d’autres qui partageaient plutôt mes points de vue, notre vision bien différente des choses.
            Beaucoup de riverains ont déjà remarqué le parti pris idéologique de M.Fauré.
            Quant au manque de respect j’avoue m’être trompé sur son prénom, et surtout l’avoir traité de « chroniqueur mondain ». Mais ce n’était pas sans argument.

        2 autres commentaires
  • Homere elmero
    Homere elmero
    communiste primitif
    • Posté à 12h38 le 02/11/2010
    • Internaute 87706
      communiste primitif

    MF n’arrive pas a avaler que les pays du Sud detestent a ce point les gringos...

    • freakfeatherfall
      freakfeatherfall répond à Homere elmero
      moonchild
      • Posté à 13h35 le 02/11/2010
      • Internaute 21024
        moonchild

      alors que les gringos sont bien gentils de leur acheter leur café...

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à Homere elmero
      Journaliste
      • Posté à 22h19 le 02/11/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Pas Glop n’arrive pas à accepter que les pays du Sud ne detestent pas autant qu’il le croit les Etats-Unis (voir mon papier ancien sur l’étude du Latinobarometro)

      • Homere elmero
        Homere elmero répond à Michel Faure
        communiste primitif
        • Posté à 02h16 le 03/11/2010
        • Internaute 87706
          communiste primitif

        Moi ? Je ne crois rien, contrairement a MF qui ne croit que ce qu’il ne voit pas... les etudes d’opinions dans des pays ou la majorité des pauvres est illettrée et les classes dominantes largement pro Yankee ne me semble pas constituer un argument valable... mais quand on pose la question de voter pour ou contre la gauche bresilienne ou venezuelienne, le peuple vote pour... sans doute parce que dans le meme temps le taux de penetration des medias audio-visuels pro liberaux n’a pas atteint le seuil a partir duquel la democratie n’est plus qu’un corps putride dont se repaissent les condors des classes fortunées.

        Notez bien qu’on n’avait demandé a personne de voter pour Videla, Castelo Branco, Batista, Perez Jimenez...

  • vol19
    • Posté à 12h54 le 02/11/2010
    • Internaute 13492

    Par les temps qui courent, il est vrai qu’un pays qui a réussi à élire un ancien cireur de chaussures de la zone la plus pauvre, puis une femme une immigrante de deuxième génération qui a reconnu s’être battue contre cancer est tout de même assez rare pour que cela soit souligné.

    Espérons pour elle et le Brésil que cette maladie la laissera tranquille durant son mandat. Le type annoncé n’étant pas des plus bénins. C’est une démonstration de courage, et donne peut être un sens à la raison pour laquelle Lula a d’ores et déjà annoncé qu’il avait l’intention de prendre la relève au terme du mandat.

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 13h22 le 02/11/2010
    • Internaute 116615
      bc

    « Or, le Brésil est trop grand, trop heureux d’être ce qu’il est, pour être concerné par les Etats-Unis comme le sont Chavez ou les frères Castro. Lula est ainsi apparu hostile à Washington alors même qu’Obama, après son élection,chantait ses louanges. »
    Comment dire tout et son contraire, sans le dire.
    On sent bien que la réussite de Lula fait mal à M Faure, mais que bon il s’est trahi, a fait des concessions, mais il y est arrivé quand même mais pas comme un vrai néo libéral. Quant à Dilma, comme elle n’a ni carrure ni charisme, on comprend bien qu’elle est flinguée d’avance, (comme Lula avant qu’il soit élu).
    Aucun fait cité, pas vraiment d’analyse, juste que M Faure aimerait bien que le Brésil ait fait un autre choix mais il faut bien respecter le suffrage universel. C’est chiant la démocratie !
    Ce que fait le Brésil est bon et bien, pour eux, pour l’amsud, pour les pays emmergents, on peut donc comprendre que ca gêne aux entournures les purs et durs du libéralisme, pourtant ils y vont à pas comptés les brésiliens, c’est pas la révolution non plus et c’est ça qui est interéssant. Vas y Dilma.

  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 13h18 le 02/11/2010
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Vive Roussef, Vive Chavez, Vive Correa...

  • anto1
    anto1
    Étudiant - économie
    • Posté à 13h36 le 02/11/2010
    • Internaute 76110
      Étudiant - économie

    « en acceptant le marché »...

    Revoyez vos leçon d’économie, un simple manuel de première année vous convaincra que le capitalisme est bien plus qu’une économie de marché !

  • E-Fernandes
    E-Fernandes
    Journaliste
    • Posté à 13h59 le 02/11/2010
    • Journaliste 131742
      Journaliste

    Il ne faut pas réduire la diplomatie brésilienne des années Lula aux rencontres avec Chavez, Castro et Ahmadinejad. Là vous faites le jeu de Washington. Franchement, le Brésil n’a rien à craindre. Les Etats-Unis sont fâchés et alors ? Le Brésil est un pays démocratique, indépendant, souverain, ouvert au monde, conscient de son rôle d’émergent. C’est pas mal déjà. Le président américain Obama est-il vraiment mécontent du Brésil ? Pas sûr. Obama n’est pas libre d’étayer certaines positions politiques avant des élections législatives dans son pays. Mais il le fera après. La preuve : Obama a annoncé hier son souhait de visiter le Brésil début 2011.

    • Michel Faure
      Michel Faure répond à E-Fernandes
      Journaliste
      • Posté à 21h34 le 02/11/2010
      • Journaliste 82928
        Journaliste

      Mais enfin, l’Iran, tout de même ...

      • Homere elmero
        Homere elmero répond à Michel Faure
        communiste primitif
        • Posté à 02h21 le 03/11/2010
        • Internaute 87706
          communiste primitif

        enfin, du temps du Shah, vos copains ne faisaient pas non plus la fine bouche diplomatique... dans vos analyses vous sous-estimez les antagonismes geopolitiques et les rapports de force, la real politik est toujours de rigueur...

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à Homere elmero
          Journaliste
          • Posté à 09h02 le 03/11/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Ce fut un régime odieux remplacé par un autre. Je ne sais pas à qui vous faites allusion en évoquant mes copains, mais à l’époque j’étais à Libération et je me souviens d’un livre de Marc Kravetz, Irano Nox, qui n’était pas vraiment aimable à l’égard des ayatollahs. Mes copains et moi, comme vous dites, n’avons jamais beaucoup aimé les théocraties.

          • Homere elmero
            Homere elmero répond à Michel Faure
            communiste primitif
            • Posté à 09h16 le 03/11/2010
            • Internaute 87706
              communiste primitif

            non, je ne parle pas de vos copains de Libé, mais de ceux qui etaient alors au pouvoir dans les gouvernements occidentaux lorsque Mossadegh nationalisa le petrole Iranien, comme Chavez, et qui ont su si bien nous convainre depuis que le capitalisme dans sa version liberale, que vous souhaiteriez voir adopter en Amerique du Sud, est le fin du fin en matiere de libertés et de respect des droits des hommes et des peuples.

        2 autres commentaires
      • Hulk
        Hulk répond à Michel Faure
        Gros con de droite
        • Posté à 03h33 le 03/11/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        À tout prendre, l’Iran est quand même le pays le plus libre et pluraliste du Moyen-Orient hors Israël. Il y a un vrai système politique pluraliste (mais non démocratique) qui produit une opposition et de l’alternance, une vraie société civile, etc.

        Ça ne vole pas haut en regard de nos standards, mais c’est mieux que l’Arabie, la Syrie, l’Égypte, etc...

        Il est probable que l’Iran sera la prochaine démocratie au Moyen-Orient. Et ça se passera bien une fois liquidés les pasdaran : ils y sont culturellement préparés. Ils seront alors les alliés d’Israël, pour d’évidentes raisons géopolitiques. Il sera alors rigolo d’observer les adorateurs de l’Iran actuel se mettre à conspuer l’Iran démocratique et allié d’Israël.

         
        • Homere elmero
          Homere elmero répond à Hulk
          communiste primitif
          • Posté à 08h28 le 03/11/2010
          • Internaute 87706
            communiste primitif

          C’est juste, a condition qu’on ne leur rentre pas dans le lard avant qu’ils ne se debarrassent eux-memes de leurs demons...

          Egalement interessant de constater que democratie et elections ne sont pas synonymes... En Iran et ailleurs.

        1 autres commentaires
      • KERJEAN
        KERJEAN répond à Michel Faure
        commerçant
        • Posté à 08h31 le 03/11/2010
        • Internaute 78739
          commerçant

        tout est dans ce :
        « mais enfin, l’Iran, tout de même... ».

        Pas d’argument, une évidence, l’Iran quoi, merde, à la fin....

        Quoi l’Iran, immonde l’Iran certes. Surtout dans sa manière de traiter les femmes, mais pas plus immonde que l’Arabie Saoudite ou certains Emirats qui traitent les femmes exactement de la même manière, les immigrés comme des esclaves qu’on peut même tuer impunément et où le droit de grève est puni de mort. DE MORT.
        Pas mieux que nos grands copains Algériens.
        Et Israel, vous vous rendez compte ? ? ? un état qui pratique l’apartheid, un état colonialiste, raciste et ségrégationiste où toute une population est maintenue sous la menace de raids militaires sanglants et dans le dénuement le plus total. En plus, un pays où, au gouvernement figurent d’authentiques fachistes massadien(nihilistes) qui feraient passer Le Pen pour un brave type de centre droit. Et oui, quand un pourri comme Bibi et un taré comme Lieberman possèdent l’arme atomique....
        Alors , l’Iran quand même, oui. Mais pourquoi que l’Iran ?

        Il y a des pourris fréquentables et des non-fréquentables ?
        Expliquez nous un peu vos critères.

        Au delà de vos évidences de journaliste qui a trop trainé dans les bars des Hilton.

         
        • Michel Faure
          Michel Faure répond à KERJEAN
          Journaliste
          • Posté à 08h56 le 03/11/2010
          • Journaliste 82928
            Journaliste

          Ecoutez, on peut faire la liste de tous les pays détestables, elle sera longue, hélas, mais l’Iran a ceci de particulier dans l’actualité récente que sa population, et notamment sa jeunesse, s’est révoltée contre son régime et ses dirigeants et que la répression a été féroce. C’est un régime en guerre contre son propre peuple.

          • KERJEAN
            KERJEAN répond à Michel Faure
            commerçant
            • Posté à 11h00 le 03/11/2010
            • Internaute 78739
              commerçant

            carrément facile comme argument.
            Israel n’est-il pas en lutte contre le peuple qu’il occupe illégalement ?
            L’Arabie Saoudite n’est-elle pas aussi une théocratie où le peuple est remplacé par 80% d’immigrés, esclaves comme en plein dans notre antiquité ? Et ça, ça n’a pas l’air de vous défriser.
            Et notre grand allié Egyptien, n’est-il pas en lutte contre son propre peuple ?
            Et en Chine, on faut du bizness avec la Chine, on lui cause bien à la Chine, pourtant, au niveau démocratie, droit de l’homme et condition sociale des plus faible, Chavez est un modèle du genre.

            Votre droit de l’hommisme est une escroquerie qui cache mal les pires visées néocons.
            Vous avez une guerre de retard. Plus personne ne prète attention au propos du genre de ceux que vous servez, hormis pour en souligner l’aspect dérisoirement dogmatique.

            Les gens comme vous nous servent ce genre de conneries depuis 30 ans sous couvert d’infaillibilité « scientifique » comme les pires cocos de la grande époque.

            Vous êtes à poil. ça ne prend plus.
            Je n’ai pas plus de respect pour Israel que pour l’Iran. Je n’ai pas plus de respect pour l’Arabie que pour le Soudan ou la Syrie.
            Je ne vois pas à quel titre je devrai écouter les oukases des bien-pensants comme vous.

            A propos, ça fait plus d’un an que des factieux qui tirent contre leur propre peuple en Thaïlande en faisant des centaines, des milliers de mort. Alors pourquoi l’Iran ?

            Votre grand démocrate Uribe envoie des dizaines de milliers de mercenaires violer, tuer, torturer, piller impunément son propre peuple et pourtant c’est Chavez le méchant ?
            Au Honduras, une junte a fait un coup d’état. ça n’a pas l’air de vous défriser.
            Au Mexique, les droits de l’homme(et surtout des indigènes) sont bafoués d’une manière autrement plus sanglante qu’en Iran, et pourtant, le Mexique, c’est un pote, non ?

            Vous êtes pitoyable.

            Dieu merci, les gens comme vous n’ont plus de crédibilité qu’auprès des accrocs de TF1, d’Europe1 ou de RTL.

            • Amarouayache Zaky
              • Posté à 16h58 le 03/11/2010
              • Internaute 11970

              Je lui avais déjà conseille d aller voir Milles Milliards de Dollars...
              C’est un cas désespéré... Ses orientations idéologiques sont tellement orientées, tranchées et il fait tellement peu de nuances dans ses analyses qu’en effet certains riverains lui font la blague de le nommer « agent du CIA »..... Qu’il prend même au sérieux... C’est un bloc, un monolithe , une montagne que dis-je ... ..Inamovible... C’est un cas d’école..Il pense que nous sommes tous ligues contre lui. Tous ? Comme si je vous connaissez personnellement et que l’on s’était mis d’accord pour être parfaitement d’accord sur son incompétence journalistique( euphémisme édulcoré ) ...Comme des centaines d’autres riverains d’ailleurs..

              C’est juste un conservateur..Il peut appeler toutes les chimères de la société occidentale a la rescousse ( liberté de presse, état de droit, transparence, bon fonctionnement des institutions, séparation du pouvoir et de la justice, séparation de l’exécutif et du législatif ), peut répéter a l’infini que le mal absolu est le communisme , l’histoire de sa vie, ( je l ai dit plus haut ou plus bas ), c est l histoire de la poutre de la paille...

              Voici un extrait du discours d’Harold Pinter , lors de la remise de son prix Noble de litterature en 2005 . Je vous invite vivement a le lire en entier...
              Lien

              Mais avant de revenir au temps présent, j’aimerais considérer l’histoire récente, j’entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je crois qu’il est pour nous impératif de soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément, par le temps dont nous disposons ici.

              Tout le monde sait ce qui s’est passé en Union Soviétique et dans toute l’Europe de l’Est durant l’après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues,la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.

              Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n’ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés àdes crimes tout court. Je crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport évident avec l’état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l’existence de l’Union Soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu’ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu’ils voulaient.

              L’invasion directe d’un état souverain n’a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l’Amérique. Dans l’ensemble, elle préférait ce qu’elle a qualifié de « conflit de faible intensité ».« Conflit de faible intensité », cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d’un seul coup.Cela veut dire que vous contaminez le cœur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s’étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis – ou battu à mort – ça revient au même – et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l’a emporté. C’était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion.

              La tragédie du Nicaragua s’est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l’évoquer ici, c’est qu’il illustre de façon convaincante la façon dont l’Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l’époque qu’aujourd’hui.

              J’ai assisté à une réunion qui s’est tenue à l’Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.

              Le Congrès américain était sur le point de décider s’il fallait ou non donner davantage d’argent aux Contras dans la campagne qu’ils menaient contre l’État du Nicaragua. J’étais là en tant que membre d’une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l’ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit : « Monsieur, j’ai la charge d’une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit : l’école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu’il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste. »

              Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d’un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. « Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours. » Il y eut un silence glacial. Nous l’avons regardé d’un œil fixe. Il n’a pas bronché.

              Les innocents, certes, souffrent toujours.

              Finalement quelqu’un a dit : « Mais dans le cas qui nous occupe, des “ innocents ” ont été les victimes d’une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d’autres. Si le Congrès accorde davantage d’argent aux Contras, d’autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N’est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n’est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d’un état souverain ? »

              Seitz était imperturbable. « Je ne suis pas d’accord que les faits, tels qu’ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là », dit-il.

              Alors que nous quittions l’ambassade, un conseiller américain m’a dit qu’il aimait beaucoup mes pièces. Je n’ai pas répondu.

              Je dois vous rappeler qu’à l’époque le Président Reagan avait fait la déclaration suivante : « Les Contras sont l’équivalent moral de nos Pères fondateurs. »

              Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.

              Les Sandinistes n’étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d’arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d’éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d’instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d’entre les morts. Plus de 100 000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d’alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d’analphabétisme dans le pays sous la barre des 15%. L’éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d’un tiers. La polio a été éradiquée.

              Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d’être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d’établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d’élever le niveau des soins médicaux et de l’éducation et d’accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l’époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.

        3 autres commentaires
  • Toshi
    Toshi
    Brésilien
    • Posté à 13h43 le 02/11/2010
    • Internaute 125580
      Brésilien

    Ole Ole Ole Ola ! Dilma ! Dilma !

  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 14h16 le 02/11/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Bon.

    Dilma a gagné et j’en suis fort aise.

    C’est étonnant comme le bilan de Lula finit par être pire que le bilan d’Uribe sous votre plume.

    Allez pas de polémique.

    Avez-vous l’intention de nous parler de Kirchner auquel Santos par exemple a rendu un vibrant hommage ?

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    • Amarouayache Zaky
      • Posté à 21h36 le 02/11/2010
      • Internaute 11970

      Si étonnant que ca ? ? ? ?

      Au plaisir d’une autre errance ; =) ( L’errance definit dans mon monde de référence sémantique un plaisir, une activité v.i.t.a.l.e. A prendre donc dans le bon sens du terme )

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