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L'actualité turque commentée, depuis Paris, par Marie Antide, ex-Stanbouliote.

« De l'autre côté », chorégraphie germano-turque signée Akin

Marie Antide
www.turquieeuropeenne.com
Publié le 20/11/2007 à 17h43


Sensible, fluide et fin : « De l’autre côté », le dernier film de Fatih Akin, sorti cette semaine sur vos écrans, est le deuxième volet d’une trilogie commencée avec « Head-On », qui reçut l’Ours d’or à Berlin en 2003, sur l’amour, la mort et la haine.

« De l’Autre Côté » a reçu à Cannes le prix du scénario et le prix œcuménique, puis le prix Lux, décerné pour la première fois par le Parlement européen.

Ce film est construit comme une chorégraphie autour de six personnages, qui se frôlent, se croisent, se rencontrent sans jamais comprendre le fil rouge qui les relie tous : Nejat, jeune professeur allemand d’origine turque est le fils d’Ali l’émigré qui rencontre Yeter, prostituée turque et mère d’Ayten, belle et fougeuse activiste politique qui doit fuir la Turquie, qui rencontre et vit une folle passion avec Lotte, jeune étudiante allemande et fille de Suzanne, qui fera la connaissance de Nejat dans de dramatiques conditions.

Les personnages sont durement bousculés par la vie : parfois ils la perdent, parfois ils ressuscitent et réalisent alors l’importance d’aimer tant qu’il en est encore temps. Marqués du sceau de la solitude au début du film, chacun s’en libère grâce à cette furieuse envie d’exister pour quelqu’un qui émerge au fur et à mesure qu’ils avancent dans le film.

Bouleversant, ce film, par ses dialogues simples et percutants, ses images utiles et puissantes sur les regards, les visages, les mouvements des corps ou les scènes de grands angles, baigne tout entier dans une grande mais sobre émotion. Des thèmes forts y sont abordés comme la prostitution, le pardon, la mort, la bienveillance, l’engagement politique, la soif de connaissance, l’amour mais toujours avec cette fine pointe d’humour, sans dérision ni amertume, qui ménage le spectateur.

Fatih Akin est né à Hamburg de parents turcs en 1973. Il est riche des deux cultures et ses personnages traduisent ses constants va-et-vient entre les deux pays : l’exilé est nostalgique de sa terre natale, son fils part à la recherche de son père dans ce pays qu’il connaît si mal, la mère allemande vient aussi quêter des réponses à sa douleur dans cette ville, Istanbul, qui lui a pris sa fille…

Le film est tourné à Hamburg et Brême puis à Istanbul et Trabzon, sur la mer Noire. Or, si, dans « Head-On », les séquences sur Istanbul étaient tournées à la va-vite, tel n’est plus le cas avec « De l’autre côté », où Fatih Akin filme avec passion cette ville redoutable, passion révélatrice d’une relation très complexe qu’il entretient avec la Turquie, faite de tout et son contraire, d’amour et de haine.

Il y quelque chose de très étonnant avec ce film : il n’a pas de « happy end »… et encore moins de « end ». Quand les lumières se rallument, le film ne disparaît pas, vous l’emportez avec vous. Peut-être un signe de son universelle portée.

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  • Anonyme

    Superbe film

  • Cerise Maréchaud
    Cerise Maréchaud
    Journaliste
    • Posté à 19h50 le 23/11/2007
    • Journaliste 14983
      Journaliste

    Tous ceux qui aiment Fatih Akin, la Turquie, la musique, voyez absolument son sublime documentaire « Crossing the bridge » (Allemagne). Il y suit Alexander Hacke, bassiste du groupe de metal Einsstürzende Neubauten (BO de « Head on ») dans son périple pour enregistrer le son d’Istanbul.
    J’ai découvert ce film dans la section docu musical du festival L’Boulevard à Casablanca en juin 2007.

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