Yvan Colonna « claque la porte » du tribunal
« Puisque la Cour d'Assises refuse une reconstitution sur place, je m'en vais… Moi je quitte le procès. Si vous voulez me condamner au nom de la raison d'Etat, ce sera sans moi. »
Il est 15h05 ce mercredi, Yvan Colonna vient de réintégrer sa cage de verre. Le président Wacogne annonce que la cour rejette la dernière demande présentée par la défense d'une reconstitution de l'assassinat du préfet Erignac. Il donne la parole à l'accusé. Qui, comme toujours, se dresse d'un bond pour annoncer sa décision.
Ce n'est pas à proprement parler un coup de théâtre. Dès le milieu de la matinée, maître Gilles Simeoni avait laisser présager la décision de son client.
Colonna s'en va, et avec lui ses avocats qu'il récuse.
C'est la dernière étape d'un bras de fer engagé presque au début du procès. Pour Colonna et la défense, cette reconstitution représentait la pierre d'achoppement, le signe attendu. La cour acceptera-t-elle d'approfondir ou non l'enquête sur le crime ? Un refus démontrerait que les débats ne sont pas loyaux. Sans loyauté, soutiennent-ils, pas de procès possible.
Depuis mercredi après-midi on se trouve donc dans une situation toujours plus extravagante : au milieu du quatrième procès consacré à l'affaire Erignac, l'accusé refuse à plusieurs reprises de participer, il demande à ses avocats de partir.
Pour sa part, Didier Allard, le porte-parole du parquet général annonce que le Procureur requérra la poursuite des débats. Avec ou sans accusé.
« Aller jusqu'au bout pour voir jusqu'où ils étaient prêts à aller aurait été intéressant », comment Christine Colonna, la sœur ainée du prévenu.
Donc, pas de caprice, mais une décision pesée.
Une décision fustigée par Dominique Erignac et ses conseils. Dans une courte déclaration lue d'une voix brisée sur les marches de la cour d'assises, la veuve du préfet a condamné cette décision, en regrettant d'être « une nouvelle fois confrontée à la fuite d'Yvan Colonna ».
Agitant la menace de quitter à leur tour le prétoire, maître Philippe Lemaire précise cependant :
« Je pense que nous continuerons à être là [à la reprise du procès, jeudi à 13 heures] parce que Mme Erignac, elle, n'a jamais fui. »
Pour le conseil de la famille Erignac, l'accusé « a pris la décision de partir, c'est son droit, qu'il l'assume ».
Photo : Yvan Colonna sur un document du ministère de l'intérieur en mai 1999 (Reuters).
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La france inquiète
La france inquiète
Les absents ont toujours tort, c'est bien connu, surtout dans ce genre de procédure à tiroirs dans laquelle ne l'oublions pas, la parole du président de la république lui-même est en cause ; puisque, sans attendre les précisions de l'enquête sur le meurtre du préfet ERIGNAC, Nicolas Sarkozy en 2003, alors ministre de l'intérieur en constante représentation électorale, a immédiatement nommé Yvan COLONNA (fils du socialiste bien connu et respecté Jean-Hugues COLONNA) coupable de cet assassinat commandité. C'est le ministre de l'intérieur en campagne présidentielle, qui a déclaré devant un parterre de caméras et de journalistes ébahis de tant d'héroïsme : » ça y est, nous tenons le coupable ! » Sous entendu le tueur ! Pour le bling bling rutilant en ascension dans les sondages, cela ne faisait aucun doute sinon, vous pensez, il n'était pas digne de se présenter à la présidentielle ! « la vérité si j'mens » ! ...
Dès lors, la veuve ERIGNAC , instrumentalisée à souhait, n'a d'autre choix que de se raccrocher désespérément à cette version émanant d'une autorité morale incontestable, du moins à l'époque.
En laissant le champ libre à ses accusateurs de tous poils, Yvan COLONNA fait une grave erreur ; il va laisser la « justice » qui a déjà pris parti contre lui, prononcer le verdict tant attendu à l'élysée : coupable et perpète ! Alors qu'il lui était encore possible de démonter point par point , pied à pied, mot à mot les éléments de l'accusation dont les derniers rebondissements plaidaient eux mêmes (si on peut dire) en sa faveur ! Déjà à l'annonce du retrait d'Yvan COLONNA, la veuve ERIGNAC apparaissait devant les caméras complaisantes de la télé, promptes à diffuser son « émotion » sans même s'interroger sur les fondements de l'accusation ; Yvan COLONNA est-il vraiment coupable où est-il le coupable désigné par l'élysée ?
S'il n'est pas coupable en quoi que ce soit dans cette affaire, il faut qu'Yvan COLONNA se reprenne très vite et affronte son jury droit dans les yeux ! C'est sa seule chance de s'épargner de nombreuses années de taule d'où il ressortira anéanti où définitivement terroriste.




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