Chez Philippe Madelin

Les questions de sécurité analysées par un expert, Philippe Madelin, ancien journaliste et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.

Renseignement : succession en douceur à la DPSD

Philippe Madelin
Journaliste
Publié le 20/08/2008 à 10h23

Lundi 18 août, nouveau mouvement dans le monde du renseignement français, avec passage de commandement à la direction de la DPSD (direction de la protection et de la sécurité de la défense), au fort de Montrouge. Nommé lors du conseil des ministres du 20 juin 2008, le général de division Didier Bolelli, 53 ans, a pris la succession du général de corps d’armée Denis Serpolet. On ne peut pas ne pas voir une relation de cause à effet entre l’affaire Surcouf et cette sucession.

Ce passage de relais affirme ainsi la prépondérance de la DGSE (Direction générale de la Sécurité extérieure). En effet, Didier Bolelli était depuis janvier 2006 en charge de la direction des Opérations à la caserne Mortier, « la Piscine » pour le grand public, siège des services secrets extérieurs. Bolelli est un vrai spécialiste du renseignement, ancien patron du 13e régiment de Dragons parachutistes, cette unité hybride qui relève à la fois de l’armée et des services secrets.

Comme directeur des Opérations, le général Bolelli avait la haute main sur toutes les actions engagées par la DGSE, y compris par le service Action.

A la DPSD, le général Bolelli aura la tâche compliquée de diriger un des services secrets français les moins connus, qui opère sur deux champs : le militaire et le civil. Ses 1474 fonctionnaires sont aux trois quarts des militaires, tandis qu’un quart provient de la police.

La DPSD, qui a pris la succession de la Sécurité militaire en mai 1981, n’est pas un service de police, elle participe aux actions de renseignement à part entière, missions de contre-espionnage, de contre-terrorisme, de contre-subversion. Elle a pour charge, comme sa dénomination l’indique, la sécurité des personnels militaires, des matériels, des informations et des installations sensibles de Défense. La direction n’a aucun pouvoir judiciaire, contrairement à la DCRI : on la définit comme les Renseignements généraux de l’armée.

On confirme à cette occasion que si la DPSD a bien été chargée d’identifier les militaires qui ont cosigné sous le pseudonyme de « Surcouf » l’article publié par Le Figaro le 19 juin 2008 et critiquant vivement le Livre blanc consacré à la Défense, au début de l’été l’enquête a été suspendue sine die sur ordre supérieur. Alors que l’Armée grognait dur, il apparaît le président Sarkozy n’a pas voulu prendre des sanctions qui auraient aggravé le malaise de la grande muette.

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h18 le 20/08/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    le malaise de la grande muette.

    S’ il n’ y avait que la grande muette , Docteur Freud !
    je crois que les non-dits de malaise dans la civilisation Sarkozyste est géneral , mon géneral..

    • wieeinstlilimarleen
      • Posté à 17h51 le 21/08/2008
      • Internaute 6659

      Tout allait bien avant lui et tout ira bien après lui ?

      Je ne sais pas ce qui est le plus ridicule entre la gouvernance d’un président qui change de programme comme d’humeur et l’opinion de celui qui lui donne tous les torts et vertus inimaginables.

  • Seccotine
    • Posté à 16h09 le 21/08/2008
    • Internaute 31263

    On peut supposer que les pertes en Afghanistan vont alourdir encore le malaise de la « Grande Muette ». Normal, ce sont des amateurs selon notre 1er Grand Professionnel !

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