A l'Euro : l'équipe de France, un collectif qui crée du basket
Vainqueur de la Russie 79-71 en demi-finale de l’Eurobasket, ticket d’entrée en poche pour les JO de Londres en 2012, l’équipe de France de basket-ball s’attaque en finale au monstre espagnol qui s’est débarrassé de l’étonnante Macédoine au tour précédent, sur le score de 92-80.
Dans cette partie, Tony Parker s’est réconcilié avec son shoot, en mal de réussite contre la Grèce, alignant 22 points au coup de sifflet final, avec deux shoots à « 3 points » réussis en fin de premier quart-temps.
Leader sur le parquet et dans les vestiaires, il sublime le niveau de jeu des autres « joueurs-extérieurs » de l’équipe. Des talents se sont alors révélés aux yeux du grand public et ceci depuis le début de la compétition : Nando De Colo (meneur ou arrière, poste 1 et 2) ou Nicolas Batum (ailier, poste 3).
Le dilemme « De Colo-Parker » résolu
Car l’entraîneur Vincent Collet a, semble-t-il, résolu le dilemme « De Colo-Parker ».
En effet, le style des deux joueurs se ressemblent, ils aiment garder la balle, jouer le « un contre un » (l’action individuelle face à un défenseur) ou le « coast to coast », trouver des intervalles dans la défense pour finir en « lay-up » (tir près du panier après un double-pas en utilisant le plus souvent la planche).
Comme le fait remarquer Romain Brunet dans son blog Au Rebond, De Colo est utilisé à contre-emploi dans l’équipe : il tient le rôle de « gâchette extérieure », celui qui va écarter la défense, libérer des espaces pour Parker ou Batum.
Et bien, De Colo a très bien assumé ce rôle lors des matchs précédents ; en marquant 21 points contre la Lituanie ou en réussissant des « 3 points » salvateurs pour la France contre l’épouvantail grec, en quart de finale.
La « ligne offensive extérieure » de l’équipe s’appuie également sur le spectaculaire Nicolas Batum, parfois lunaire lorsqu’il claque un dunk dans le 4ème quart-temps, au nez et à la barbe de la défense russe, avec comme bonus une faute et un lancer-franc.
On constate qu’au fil des matchs de l’Eurobasket, une complémentarité, basée sur l’alternative « shoots extérieurs » et « prise d’intervalles » est naturellement née entre ces trois joueurs extérieurs, pouvant être facilement alignés dans un « 5 majeur ». (équivalent du 11 de départ en football).
Par ailleurs, la vivacité et l’énergie du banc, notamment de Mickaël Gelabale (ailier, poste 3) ou Charles Kahudi (ailier, poste 3) pour ne citer qu’eux, ajoute une « plus-value physique » en cas de blessures ou de remplacement d’un joueur en baisse de régime.
Des intérieurs hargneux et combatifs
Mais l’équipe de France, c’est aussi une « maison intérieure » solide et combative à l’image des rebonds autoritaires de Florent Pietrus contre la Grèce (ailier fort, poste 4), de l’intelligence de jeu du capitaine Boris Diaw (ailier fort parfois ailier) ou de l’inénarrable Ali Traoré (pivot, poste 5) auteur de bonnes actions offensives lors de la demi-finale.
Surtout la hargne de Joakim Noah (pivot, poste 5) permet à certains moments de faire basculer le rapport de force d’une rencontre ; enchaînant plusieurs rebonds tant offensifs que défensifs face à la Russie, dans une partie qui se verrouillait au début de la 2ème mi-temps, Jooks (l’aspirateur selon Jacques Monclar) va permettre à la France de prendre le large en fin de 3ème quart-temps (55-47).
D’autre part, hormis le travail classique des « grands » près du panier (« je récupère la balle, je me retourne face au panier et j’utilise la planche pour shooter »), les intérieurs plus particulièrement Noah, facilitent le travail des joueurs extérieurs en se plaçant parfois « au poste » (en haut de la raquette), se jouant du fameux « pick and roll », du « je bloque un défenseur et je fais un appel », stratégie de base pour les fans de basket-ball.
Ainsi, en réalisant des écrans (des blocs qui gênent le déplacement du défenseur du porteur de balle), Joakim propose deux alternatives aux joueurs-extérieurs : soit ils utilisent cet écran pour se défaire de leur défenseur et se retrouver dans une situation favorable de tir ; soit ils réalisent une passe au joueur-intérieur qui vient de réaliser l’écran pour aller ensuite au shoot. (Voir la vidéo d’explication).
Comme le montrent les statistiques depuis le début du championnat d’Europe, si les scoreurs sont le plus souvent des joueurs extérieurs, cette complémentarité avec les intérieurs est nécessaire voire indispensable.
Face à l’Espagne
Face à l’Espagne, il va falloir cadenasser la défense individuelle (l’homme à homme, le « man to man » : un défenseur pour un attaquant) ; il va falloir fléchir les jambes, dynamiser les pas chassés, tendre le bras et ne laisser aucun espace de liberté aux « gâchettes espagnoles » telles que Juan Carlos Navarro, « chaud patate » contre la Macédoine en demi-finale (35 points). Sans parler de Ricky Rubio ou de Rudy Fernandez.
A l’intérieur, il faudra défendre « haut », « loin du panier », pour empêcher les shoots à mi-distance ou à l’extérieur de la raquette de Pau Gasol et son frère Marc, plutôt adroits, tout en restant attentif au « jump » de Serge Ibaka, capable de dunks intersidéraux.
A contrario, le tir peu académique de Joakim Noah (les bras sont symétriques et sont tous les deux propulseurs du ballon) mais sur lequel il s’efforce de travailler, fait encore et malheureusement pâle figure face à la fluidité du shoot d’un Pau Gasol.
Enfin, cette équipe, c’est un groupe et non une juxtaposition de personnalités, c’est un collectif qui a envie, qui donne du plaisir, qui impulse le jeu, qui crée du basket.
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Plusieurs corrections sur la forme d’abord :
- dans le premier paragraphe je ne comprends pas l’intérêt des guillemets. Un tir à trois points, des joueurs extérieurs. Voilà. Pas de trait d’union, pas de guillemets, ce sont de vrais mots. Ce pour tout l’article, truffé de guillemets incongrus. J’aime bien votre façon d’écrire habituellement, mais ce nouveau tic fait un peu L’Équipe.
- « Nando De Colo (meneur ou ailier, poste 1 et 2) ou Nicolas Batum (ailier, poste 3) » => Nando de Colo (arrière)
- En effet, le style des deux joueurs se ressemblent => ça ne va pas ; et non en plus, leur style ne se ressemble pas du tout, Parker joue beaucoup en pénétration et pick & roll, de Colo est plus un shooteur ou un créateur qui joue les décalages.
- jouer le « one to one » => one on one ? En tout cas ce n’est pas une expression très basket.
- il aurait peut-être fallu signaler que Gelabale est blessé, c’est pourquoi il est sur le banc, et c’est aussi pourquoi ce cinq avec Parker, de Colo, Batum n’a pas été longtemps aligné et n’est de toute façon pas le cinq de départ (hier, c’était Parker-Batum-Diaw-Pietrus-Noah) car de Colo joue plutôt en energizer. A noter aussi, il tournait à 2,2 points par match avant celui contre la Lituanie ; il s’est lâché lors des derniers matches et c’est un des éléments qui ont fait la réussite de la France, avoir retrouvé le Nando de Valence.
- on peut tout de même « ne pas parler » de Ricky Rubio, surtout en attaque ! Il doit être le plus mauvais Espagnol de cet Eurobasket et semble ne faire que régresser depuis 2008. Le petit génie qui faisait se pâmer la moitié de la planète basket est une déception immense et devra franchir un palier à Minnesota pour confirmer un peu les espoirs mis en lui. Il faudra surtout qu’il s’achète un shoot.
Sur le fond : merci de cet article, très pédagogique (ce qui peut aussi expliquer les fautes notées ci-dessus) et bien explicatif, qui a pu permettre à des néophytes de mieux comprendre certains éléments du basket et du jeu de l’EDF.
Cette équipe de France est très complémentaire, a un leader et un lieutenant offensifs évidents (Parker & Batum), un capitaine qui peut prendre toutes les casquettes (Diaw, souvent bien trop altruiste - 1 tir en 31 minutes contre la Grèce ! - mais aussi leader offensif contre l’Italie et la Serbie), des défenseurs du plus haut niveau pour cet Euro (Florent Pietrus, chargé de garder des types de 10 cm de plus que lui et très talentueux, et qui y parvient !), avec enfin un pivot intimidant et qui prend beaucoup de place dans la raquette (Noah, 2m11 et de très longs bras, contre 2m05 pour Traoré, Seraphin, Turiaf...).
C’était le grand manque de l’EDF, et même si Noah a de graves lacunes offensives, il apporte clairement la taille que nous n’avions plus et compensions par l’activité autant que possible. Mais pouvoir défendre sans sauter sur des joueurs de 2m15 et 130 kilos est essentiel (pour répondre aux feintes, limiter les fautes ou les prises à deux) et Noah fait cela parfaitement. En retour, en attaque même s’il est très faible au tir, il est mobile, bon driveur, et sait se créer son shoot, contrairement à un Turiaf encore plus faible offensivement, et qui a toujours déçu les fans de basket défensivement (des contres spectaculaires mais beaucoup d’erreurs).
Ils ont une cohésion énorme (et là, Turiaf est important, même en supporteur !), une rage de vaincre réelle, de l’expérience, du talent, et
Pour ce soir, peu de chances de victoire tout de même, l’armada en face est hallucinante (San Emeterio ne joue presque pas, alors qu’il était un des meilleurs joueurs de l’Euroleague) dans tous les compartiments et à tous les postes sauf au 3. Cela dit, en basket tout peut arriver, si l’EDF ne se déconcentre pas une seule minute (car les runs espagnols vont vite et font mal), si les Espagnols se voient trop beaux, il peut y avoir une belle surprise. Et dans le pire des cas, ce sont déjà les JO et une médaille qui ont été assurés, et cela, c’est magnifique.
La question de la médiatisation se pose toujours, par contre... France 4 avec des commentateurs médiocres, au lieu de mettre France 2 ou 3 (oui, rediff de films de 1958 et 2008 dessus je crois, on ne pouvait pas les rediffuser un autre jour !) avec des anciens internationaux ou le duo Montclar-Cozette (peut-être exclusivement pour Canal ?), c’est quand même un manque de respect pour le sport n°2 en France, n’en déplaise à P. Montel et D. Bilalian !
Le basket est le 2e sport collectif par le nombre de licenciés, sans compter qu’il doit être aussi le 2e le plus pratiqué sans licence, alors pourquoi est-il si peu médiatisé ?
Certes, il n’y en a que pour le foot en France ; un peu le rugby, la pétanque, le cyclisme et les JO... mais quand même, il y a un problème culturel qui se pose, là !
Je me demande si ce n’est pas lié au côté « culture hip-hop / des banlieues » du basket.




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