« Récession » ? C'est la rentrée, la bataille des mots peut commencer
Et oui, il faut s'y faire (je parle pour moi), la période des vacances est bien terminée. J'espère (pour toutes et tous) qu'elle fut douce et riche, au delà des réalités concrètes qui autorisent ou non un départ, un dépaysement ou simplement un divertissement.
Mais il n'y a pas que les « français moyens » (autrement dit nous-mêmes) qui ont repris. La réunion, lundi, des ministres en charge du secteur économique, rappelle à qui veut bien le constater, qu'une attention particulière semble s'imposer, concernant la « santé » (le mot convient-il vraiment ? ) de notre pays.
Les suites de cet événement me semblent fixer un décor évident de l'actualité politique telle qu'elle va se construire dans les mois qui viennent : une querelle de mots qu'il serait stupide de considérer comme broutille ou « guignolade ».
D'un coté, le gouvernement utilisera la communication politique à des fins antalgiques, c'est-à-dire dans le but de limiter l'hémorragie économique en croyant calmer l'opinion, de l'autre, l'opposition tentera de remporter la bataille des mots en imposant un langage direct et cru sur « la maladie » et ses symptômes.
La communication politique est bien une affaire de perception du temps
Déjà les mots « récession » et « politique de rigueur » fleurissent à gauche, et nul doute que la rituelle université d'été du PS, à La Rochelle, (elle débute le 31 août), sera l'occasion de développer et flanquer autant de banderilles. Marie-Noëlle Lienemann a d'ailleurs d'ores et déjà prévenu que cette manifestation sera le temps de la gauche.
De son coté, le gouvernement, sans cacher ce qu'il ne peut ignorer, joue le temps, le rythme des réformes et appelle à la patience, dans la droite ligne de la campagne de publicité gouvernementale lancée en début d'été.
Comme la politique, la communication politique est bien une affaire de perception du temps : il s'agit, pour l'opposition, de se préoccuper de « l'ici et du maintenant », source de critique et révélateur des mécontentements ; pour la majorité et le gouvernement, il s'agit de tirer partie du temps offert par la légitimité démocratique afin de se procurer la respiration nécessaire face aux aléas du présent... et peut-être aussi pour minimiser les responsabilités liées aux décisions et aux choix opérés.
On peut considérer que cette bataille de mots est artificielle, qu'il s'agit du théâtre politique, que tout cela est bien éloigné de la réalité quotidienne des simples citoyens que nous sommes.
Ceci est vrai et faux à la fois.
L'opinion fera-t-elle sienne le mot récession ?
Je ne reviendrai pas sur les arguments, souvent justifiés, parfois populistes aussi, qui stigmatisent l'écart entre la société politique et la société civile. J'insisterai plutôt sur ce qui justifie cette « bataille des mots ». Quel est enjeu ? Il s'agit, en fait, de nommer la situation, c'est-à-dire, au-delà de sa réalité concrète que nous vivons au quotidien, de l'étiqueter, de lui donner un nom, et, ainsi, élaborer une représentation partagée, propre à construire une prise de conscience collective, une construction sociale de la réalité. C'est ce qu'on appelle un travail de symbolisation.
Tout le monde s'accorde pour désigner une situation de la même manière, mais chacun est libre de mettre au quotidien un contenu propre derrière le même mot, (plus ou moins) unanimement considéré comme le terme juste, propre à désigner. L'enjeu est là, dans les deux ou trois mois qui viennent, l'opinion fera-t-elle sienne le mot récession pour désigner la situation économique et sociale française ? A partir de là, c'est tout un univers des possibles qui s'ouvre pour la tendance politique qui réussit à remporter cette phase, les mots appartiennent à un registre particulier qui permet de développer toute une kyrielle de critiques, révélatrices, cohérentes, et propres à commencer l'élaboration d'une ligne politique.
L'enjeu est de taille, d'autant que, si l'on en croit le regretté Léopold Sedar Senghor, linguiste éminent et politique de premier plan : « Les mots sont comme des fleurs. »
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Il n'y a pas recession, puisque l'on nous le dit, hein monsieur Fillon ?
Par contre je peux vous dire qu'à la maison, nous ne parlons jamais de récession, nous parlons sans cesse de privation.
C'est sans doute parceque nous ne voulions pas aller en vacances que nous ne sommmes pas partis cette année, nous préférions de loin nous réunir en famille, les uns chez les autres, manger la merguez chez nous et croyez moi, jamais il n'était question du pouvoird'achat ! C'est un nouveau choix de vie ! Dans nos conversations, déjà les jeunes familles pensaient à la rentrée scolaire, au temps qu'il fait (pourvu qu'il fasse beau pour qu'il puissent finir les « fringues d'été »
mais les infos nous rassuraient, la rentrée ne coûterait pas chère...
La conféderation syndicale des familles conteste, famille de france applaudit ! ! !
J'osais seulement glisser dans la conversation que famille de france est une association hyper réac. longtemps dirigée par Mme Bouttin, ministre de la famille-patrie. De là à penser à mal...
Non, nous étions en vacances à la maison, il n'y avait pas récession, seulement privation.
« Grand de ce monde » ! Ne vous cachez pas dérrière votre petit doigt, admettre qu'il y aurait récession reviendrait à dire aux miséreux que vous n'avez nullement l'intention de nous aider.
Je me plais à réver : Si les riches consentaient à verser seulement 2% de leur capital, de leur fortune personnelle dont ils n'auront jamais l'usage, si les riches devenaient un temps soit peu humanistes, ne pourraient-ils pas sauver l'humanité ?
Je révais seulement...
Sinon, peut-être faudra-t-il seulement songer à nous servir, juste ce qu'il nous faut pour seulement espérer être heureux (J'ai dit révolution ? )...Oh là là ! !
PS/ Mme BOUTTIN, votre association Famille de France ne peut prétendre représenter les familles de France, elle n'est composée que de famille riches, ultra catho militant contre la contraception entre autre !
Les familles de pauvres ne vous reconnaissent pas ! ! !




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