Patrick Jarreau

La course à l'Elysée et autre actualité politique vue par l'ancien directeur de l'information du Monde.

Le Sénat surveille les états généraux de la presse

Patrick Jarreau
Journaliste
Publié le 20/01/2009 à 16h27



Gérard Larcher, président du Sénat, le 1er octobre 2008 (Gonzalo Fuentes/Reuters).


Le sourire de Gérard Larcher vous attend à l’entrée des salons. C’est la raison d’être de son visage, de sa carrure, de son volume. La personne du président du Sénat semble construite autour de ce sourire, et celui-ci le résume tout entier. C’est du moins ce que vous assurent les yeux accueillants, la poignée de main chaleureuse, le balancement étonnamment léger d’un vaste corps sculpté pour la bienveillance.

Ce mardi, le troisième personnage de l’Etat a invité les journalistes pour leur souhaiter la bonne année. On le sent content de les avoir là, surtout les provinciaux, « qui représentent la Presse [majuscule dans le texte officiel] de nos départements et de nos régions ». C’est avec ces journaux qu’il entend mener le débat sur la réforme des collectivités locales. Le discours est équilibré et obscur à souhait : « forte attente de proximité », mais aussi « vision d’avenir pour les territoires », le département bien sûr, la région forcément. Les Américains appellent cela « garder sa poudre au sec », en attendant le moment de s’en servir.

Au Sénat, « le fait majoritaire n’a pas la même expression » qu’à l’Assemblée

L’ancien ministre du travail de Jacques Chirac, autrefois vétérinaire, toujours maire de Rambouillet et sénateur des Yvelines, a conquis la présidence du Sénat, il y a quatre mois, au nez et à la barbe de Jean-Pierre Raffarin. Ce n’est pas pour s’y reposer. Il veut occuper tout l’espace que lui offre une institution où il « rappelle » que « le fait majoritaire n’a pas la même expression » qu’à l’Assemblée nationale. En clair, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ne font pas la loi, ici, comme au Palais-Bourbon.

Les sénateurs leur ont déjà fait payer d’une hausse de la redevance l’humiliation de devoir discuter d’un texte -le projet de loi sur l’audiovisuel public- déjà entré en application par décret pour une de ces dispositions essentielles, la suppression de la publicité après 20 heures. A trois jours du discours que le président de la République doit prononcer sur ce sujet, Gérard Larcher promet de veiller à ce que les Etats généraux de la presse respectent « la liberté (…) de toutes les presses ».

Les journalistes qui se retrouvent dans ce genres de circonstance, au Sénat, ont des airs de collectionneurs en alerte sur de possibles trouvailles. Souvent, rien ne s’y passe, mais il faut avoir un œil sur la « seconde Chambre ». Beaucoup d’anguilles s’y glissent sous les roches. Médiatiquement, c’est généralement invendable, mais ça peut faire soudain de gros titres, par exemple quand les sénateurs rejettent les tests ADN pour les candidats à l’immigration familiale.

Et la crise ? « Je l’ai toujours vue venir », dit le centriste Jean Arthuis, président de la commission des Finances. « La mondialisation, les délocalisations, ça ne pouvait pas marcher. On pouvait faire toute la publicité et toute la communication qu’on voulait autour -il fallait de l’esbroufe pour que les gens y croient-, mais ça allait forcément se casser la figure. » Il faut aller au Sénat pour entendre un ancien ministre de l’Economie de droite -bon, d’accord, du centre- dire des choses pareilles.

Photo : Gérard Larcher, président du Sénat, le 1er octobre 2008 (Gonzalo Fuentes/Reuters).

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  • EulChe
    EulChe
    Humaniste hère
    • Posté à 17h26 le 20/01/2009
    • Internaute 26715
      Humaniste hère

    « le troisième personnage de l’Etat a invité ... “

    Il me semblait que selon la constitution le Président du Sénat était le deuxième personnage de l’Etat ? Après tout c’est lui qui est amené à remplacer le président de la République en cas de vacance, non ?

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 18h36 le 20/01/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Heu... C’est un article pour dire que le sénat peut parfois, pas souvent mais parfois, être la source d’une belle information ou d’un scoop.

    Bref, c’est un article donnant l’information d’une source d’information. Mais est-ce un scoop que le Sénat soit une source de scoop possible ?

    Je reste alors un peu sur ma faim concernant le contenu informatif mais surtout je reste comme une personne dubitative sur le rapport entre l’article et le titre (les états généraux de la presse qui seraient surveillés par le sénat) ; Car après tout, si le sénat surveillait, il convoquerait (et non inviterait) des journalistes non pas pour lui-même dire ses voeux et autres fadaises mais pour les faire parler. Or, dans l’article, on a juste des hommes politiques (sénateurs) qui donnent leur opinions sur quelques thèmes généraux et l’impression du journaliste qui flirte avec ces patriciens.

  • papy55
    papy55
    prof. en province
    • Posté à 20h14 le 20/01/2009
    • Internaute 24237
      prof. en province

    « J’apprécie » particulièrement la rébellion des sénateurs au sujet du projet de loi concernant l’audiovisuel public, rébellion qui consiste à faire payer les assujettis à la redevance par une hausse !
    Un véritable rébellion aurait consisté à se prononcer contre et à proposer une baisse de la dite redevance !
    Le sénat ne sert à rien, sinon à maintenir « bien au chaud » les sénateurs avec des avantages financiers non négligeables !

  • Union pour le Mépris Populaire
    Union pour le Mépris Populaire
    emppapaouté par sarkozy
    • Posté à 00h19 le 21/01/2009
    • Internaute 49627
      emppapaouté par sarkozy

    Le sénat à majorité ump est à la botte de sarkozy, tout comme
    le parlement godillotump.
    Sarkozy ump verrouille tout par la menace ( il menace ses députés, il les pétrifit).
    Les 2 seules choses qu’il ne pourra jamais verrouiller et dont il a peur :
    la rue et les prochaines élection européennes.

    la rue, 1ère étape, c’est le 29 janvier.

    • titeso
      titeso répond à Union pour le Mépris Populaire
      en marge d'un monde que je ne (...)
      • Posté à 09h20 le 21/01/2009
      • Internaute 64303
        en marge d'un monde que je ne (...)

      1ére étape : lui donner raison d’avoir peur de la rue... et soyons présent le 29 janvier en ramenant autant de monde que possible...

  • Union pour le Mépris Populaire
    Union pour le Mépris Populaire
    emppapaouté par sarkozy
    • Posté à 00h19 le 21/01/2009
    • Internaute 49627
      emppapaouté par sarkozy

    Le sénat à majorité ump est à la botte de sarkozy, tout comme
    le parlement godillotump.
    Sarkozy ump verrouille tout par la menace ( il menace ses députés, il les pétrifit).
    Les 2 seules choses qu’il ne pourra jamais verrouiller et dont il a peur :
    la rue et les prochaines élection européennes.

    la rue, 1ère étape, c’est le 29 janvier.

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