Patrick Jarreau

La course à l'Elysée et autre actualité politique vue par l'ancien directeur de l'information du Monde.

Socialistes français et républicains américains, même combat ?

Patrick Jarreau
Journaliste
Publié le 02/02/2009 à 16h38



Martine Aubry le 19 janvier 2009 (Gonzalo Fuentes/Reuters), John McCain le 5 novembre 2008 (Mike Blake/Reuters).


Pourquoi les républicains, aux Etats-Unis, refusent-ils le plan de relance de Barack Obama ? Parce qu’il ne baisse pas assez les impôts. En France, que reprochent les socialistes au plan de Nicolas Sarkozy et de François Fillon ? De ne pas réduire les impôts. Cherchez l’erreur.

Le parallélisme -ou la symétrie- des situations est frappant. Certes, le « stimulus » américain, approuvé par la Chambre des représentants et examiné maintenant par le Sénat, est de 819 milliards de dollars, soit 643 milliards d’euros, tandis que son cousin français se monte à 26 milliards d’euros.

On peut trouver que, dans la masse énorme du premier, il y a trop de dépense publique et pas assez de diminution des recettes fiscales, qui laisserait davantage d’argent dans les caisses des entreprises pour investir et dans les poches des particuliers pour consommer. A l’inverse, dans le cas français, le PS juge que 26 milliards, ce n’est pas assez, et qu’on pourrait y ajouter utilement des mesures de soutien du pouvoir d’achat, dont une baisse d’un point de la TVA.

Ne pas mettre le doigt dans l’engrenage du consensus

Autrement dit, les républicains reprochent aux démocrates de donner trop de moyens à l’Etat pour intervenir dans l’économie, alors que les socialistes reprochent à la droite de ne pas mettre davantage à contribution la puissance publique. Logique.

En réalité, derrière des argumentations cohérentes avec les idéologies respectives de la droite américaine et de la gauche française, les deux adoptent des positionnements politiques similaires. Il s’agit de ne pas mettre le doigt dans l’engrenage du consensus. Les républicains ont voté contre le plan Obama à la Chambre. Les socialistes ont voté contre le plan Sarkozy à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Barack Obama a fait plus d’efforts pour obtenir le soutien des républicains que Nicolas Sarkozy pour attirer des voix socialistes. Le président américain est allé au Capitole discuter avec les députés et les sénateurs de l’opposition. « Bon vendeur, mauvais produit », a commenté laconiquement d’eux.

Les républicains veulent donner l’impression qu’ils sont aimables avec ce président chéri des Américains (un peu moins chéri, toutefois, depuis son investiture), sans se rallier pour autant à sa bannière. En France, ni le chef de l’Etat ni le premier ministre n’ont tenté d’établir le contact avec la gauche. François Fillon a parlé d’« unité nationale », mais pour accuser les socialistes d’y manquer, pas pour la rechercher avec eux.

La Maison-Blanche a besoin de montrer qu’elle agit de façon « non partisane ». Pour les républicains, appuyer le plan Obama serait parachever leur défaite de novembre. Au contraire, l’Elysée n’essaie pas de donner à penser qu’il aimerait parvenir un accord avec les socialistes. En dehors de la petite frange villepiniste, la droite joue à fond la confrontation avec la gauche. A cinq mois des élections européennes, il faut que l’une ait raison et l’autre, tort.

De son côté, le PS ne tente aucune ouverture, même en trompe-l’œil. Martine Aubry affirme : « Nous voulons être entendus », mais comme elle demande à Sarkozy de manger son chapeau en annulant les mesures fiscales de l’été 2007, elle ne risque pas d’être prise au mot. (Naturellement, si le président propose, jeudi 15, à la première secrétaire du PS de venir discuter avec lui, ce blog s’ornera aussitôt d’un premier rectificatif.)

Des projets anecdotiques, d’autres fondamentaux

Deux autres points de comparaison sont importants. D’abord, la liste des projets d’infrastructure retenus dans chaque plan a ses côtés anecdotiques amusants -des travaux de restauration pour le monument à Jefferson ou pour Notre-Dame de Paris- et ses dimensions plus essentielles et sérieuses.

Obama prévoit par exemple 150 milliards de dollars, un peu moins du cinquième du total des dépenses, pour le système public d’éducation. Il n’y a rien, dans ce domaine, du côté français.

Ensuite, un débat fondamental agite les démocrates. Ils se demandant si l’argent consacré aux aides sociales, au soutien des secteurs économiques menacés et à la création d’emplois financés par l’Etat n’est pas retiré aux réformes de long terme. Que va-t-il rester à Obama et à son équipe pour développer les transports en commun et les énergies renouvelables ?

L’UMP défend, elle, le choix de la réforme, préférée à des mesures conjoncturelles qui supposeraient de renoncer à l’objectif de rendre l’économie française plus compétitive. Cette position est-elle tenable ? Des fissures ont commencé à apparaître, à ce sujet, dans la majorité. Elle sont encore superficielles, mais la conjoncture peut les approfondir. Dans les deux pays, c’est un problème dont les oppositions se lavent les mains. Que les majorités au pouvoir s’arrangent avec leurs promesses et avec leurs états d’âme !

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Photo : Martine Aubry le 19 janvier 2009 (Gonzalo Fuentes/Reuters), John McCain le 5 novembre 2008 (Mike Blake/Reuters).

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  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 16h56 le 02/02/2009
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    « De son côté, le PS ne tente aucune ouverture, même en trompe-l’œil. »
    Manquerait plus que ça !
    Lien

  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 17h09 le 02/02/2009
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    Ce texte reprend un petit abus de langage très répandu chez les gens de média qui assimile « réforme » à « progrès ». Il faudrait donc systématiquement approuver toute réforme, même lorsqu’elle n’est qu’une contre-réforme destinée à maintenir un état de chose injuste en l’affublant d’une nouvelle apparence. Par exemple la réforme des lycées de Monsieur Darcos qui ne fait que renforcer un « élitisme républicain » encore plus reproducteur des inégalités. Ou bien la réforme de la justice qui met à l’abri les auteurs de délits financiers. Ou encore la réforme de la politique énergétique qui remet en selle le nucléaire au détriment des énergies renouvelables.
    Il ne suffit pas d’un mot, « réforme », pour parer toutes les mesures prises par Monsieur Sarkozy des vertus de la clairvoyance et du courage politique.

    • fermtag
      fermtag répond à STEFFEN Louis
      • Posté à 18h01 le 02/02/2009
      • Internaute 31080

      Enfin : 1000% d’accord avec votre commentaire.

      Le mot « réforme » est complètement galvaudé et je ne crois pas que ce soit la faute des médias, mais surtout des politiques. La réforme pour la réforme n’a aucun sens. On en arrive même à entendre des contre-sens qui font sourire, comme « il faut réformer la justice car elle a été trop réformée ces vingt dernières années » !

      Le mot réforme paraît tellement plus sérieux aux oreilles des politiques vis-à-vis de leur électorat... et puis c’est la mode (la forme plus que le fond).

  • Le flou stoique
    Le flou stoique
    Cf fiche n°15673B
    • Posté à 17h50 le 02/02/2009
    • Internaute 58563
      Cf fiche n°15673B

    Si j’avais l’occasion de réécrire l’article je rectifierais : politiciens et businessmen français et américains, même combat, les foutre dehors !

  • Compte supprimé à la demande du riverain 5 mars
    • Posté à 17h50 le 02/02/2009
    • Internaute 51228
      wanderer

    Ce titre qui se veut « accrocheur », à défaut, de nous apprendre grand chose, me fait penser à la pub de Leclerc qui reprenait, il y encore peu les slogans de Mai 68.
    A croire que définitivement la gauche n’existe plus sur le fond et sur la forme, au point de se faire piquer ses slogans par tous les marketeurs.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h05 le 02/02/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    « a commenté laconiquement d’eux » il manque un petit « l’un »
    « si le président propose, jeudi 15 » le 15 de quel mois ? Pas Février j’espère, ou alors il y a un bug dans mon calendrier !
    « Ils se demandant » ...

    Après tout, c’est toujours la méthode de fonctionnement de l’opposition : dire l’inverse de la majorité, juste par principe, sans même se soucier de savoir si l’idée est bien ou pas.
    Ou pour dire ça d’une manière plus diplomatique : l’opposition, quel que soit le pays et son idéologie, s’oppose.

  • fpnicolas
    fpnicolas
    Réinventons la gauche
    • Posté à 18h47 le 02/02/2009
    • Internaute 9533
      Réinventons la gauche

    Ce qui est symptomatique, c est qu on a affaire a deux partis qui ne voient pas l intérêt qu il y aurait d être vent debout contre CERTAINS projets de leur gouvernement et au contraire dans la négociation pour d autres.

    Je suppose que pour mon parti, le PS, c est le symbole du retour du guesdisme qui prône une ligne tout a gauche dans l opposition et se « re-centre » voir perds sa ligne une fois au pouvoir.

  • parousnik
    • Posté à 19h04 le 02/02/2009
    • Internaute 18991

    Ne pas confondre...
    Aubry ne représente que le Parti Socialiste...certainement pas l’idéologie socialiste...et depuis longtemps nous savons que le PS est devenu avec Mitterrand un parti de droite...et nous avons pu le vérifier encore en janvier 2008 a Versailles...

  • lili.buzette
    • Posté à 19h10 le 02/02/2009
    • Internaute 17584

    Les démocrates Americains sont l’équivalent Français du centre.
    n en déplaisent aux socialistes Français la politique d’Obama ne sera pas une politique dite de gauche.
    Il me semble que le parti socialiste Français , bien qu’il s’est éloigné au fur et à mesure des années de sa base , n ’a pas pour autant évolué.
    Obama n’a t il pas prit , sa meilleure rivale, Hilary pour occupé un poste qui n ’a rien d un poste juste pour le prestige mais qui va occupé une place stratégique dans les années à venir, notamment sur le porche Orient ou Obama et Miss Clinton campaient fermement sur leurs positions.
    L une connue pour être une amie d’Israel prônait une position ferme envers l’Iran qui excluait tout dialogue, quand a Obama il refusait d’isolé Ahmadinejad. Les médias Us spéculaient déjà abondamment sur ce point de désaccord fondamentale au sein d une même administration.
    La semaine dernière , un communiqué de la maison blanche ne laissait aucune place au doute , c’est bien la position à laquelle Obama tenait tant pendant la course à la Présidentielle qui sera défendu par Mme Clinton
    Les socialistes Français ne sont même pas capable de trouver une ligne cohérente pour s’opposer à la politique de la majorité
    Pourtant il y a de quoi s’opposer ! et tous les jours....
    Bref ne pas confondre le système Français et le système Américain qui ne peut pas être comparer. Mais ça c ’est un autre débat.

  • vecchia
    vecchia
    ouvrier
    • Posté à 19h26 le 02/02/2009
    • Internaute 54814
      ouvrier

    vous oubliez juste que les deux systèmes n ont absolument rien a voir en terme de protections sociales ! !
    c est fait pour accroches ce genres d articles ?

  • Airinys
    • Posté à 20h56 le 02/02/2009
    • Internaute 52467

    Je trouve que cet article est un peu superficiel, et conduit à des erreurs d’analyse. C’est un exercice interessant dans la mesure où ils s’agit de deux partis de gouvernements en difficulté. Dans le même esprit on pourrait trouver d’autres points communs entre Républicains et Socialistes :
    - la couleur de référence, le rouge
    - une ex candidate gaffeuse et encombrante : Palin vs Royal
    - un ex dirigeant encombrant : Bush vs Jospin
    - l’ombre d’un dirigeant des années 80 emblématiques : Reagan vs Mitterrand.
    - un adversaire hypnotique : Obama vs Sarkozy

    Plus sérieusement :

    1. Les socialistes veulent que l’impôt pour les plus riches soit augmenté (paquet fiscal) tout en diminuant la TVA, taxe injuste pour les plus modestes, et augmenter la redistribution via les aides sociales : c’est la voie choisie par Obama et Gordon Brown.
    Les républicains prônent l’inverse, en cela ils sont sur la même ligne que Sarkozy.

    2. Sur la relation à la majorité élue, alors que Sarkozy pratique le débauchage et snobe les instances dirigeantes du PS, Obama lui s’adresse au Parti Républicains, et non à quelques francs tireurs. Lorsque Besson ou Kouchner s’allient à Sarkozy, ils ne le font pas sur la base d’un contrat politique entre les 2 forces majeures, il leur est demandé d’adhérer à la personnalité du Président, pas à son projet ...

    3. Sur le détail des mesures, les USA et la France n’ont pas les mêmes besoins, pas les même déficiences.
    Les USA sont hyper dépendants des énergies fossiles, la France a ses centrales et une politique énergétique beaucoup plus intelligente.
    Le système éducatif américain est gravement sous financé, le notre constitue le premier poste de dépense de l’Etat.
    Le système économique américain souffre d’un défaut de réglementation, l’Etat français elle a besoin de réformes structurelles.
    Se faisant, il serait idiot de prôner les mêmes mesures entre USA et France.

    Enfin une différence de taille, alors que Sarkozy fait depuis septembre 2007 l’exact inverse de ce qu’il a promis, Obama ne trahis pas ses engagements, tout au plus les modère-t-il en maintenant son cap. Obama positionne les USA sur les défis de l’avenir, alors que Sarkozy affaiblit la France par idéologie partisanne.

  • Putt Bill
    • Posté à 21h11 le 02/02/2009
    • Internaute 30603

    « Socialistes français et républicains américains, même combat ? »

    Pourquoi, quelqu’un en doute ? ? ?

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 22h09 le 02/02/2009
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    L’analyse la plus interessante que j’ai lue sur le sujet.
    The South Vs. Obama - by Michael Lind
    The votes against Obama’s stimulus package came from a Southern confederacy of Republicans and conservative Democrats. Their message to America ? Drop dead.
    On Wednesday, January 28, 2009, President Barack Obama’s $819 billion stimulus plan passed the House of Representatives, despite the solid opposition of the Confederates.
    By the Confederates I mean the Republican Party and their allies among Southern conservative Democrats. The battle in Washington is not between liberals and conservatives ; it is between the Union and the South.
    The Republican Party that voted unanimously against the stimulus bill is, in essence, the party of the former Confederacy. In the House of Representatives, there is not a single Republican representative from New England. In the U.S. Senate, there is not a single Republican from the Pacific Coast.
    The battle in Washington is not between liberals and conservatives ; it is between the Union and the South.
    The Republican congressional delegation is disproportionately Southern. Half of the four congressional leaders of the Republican Party are Southerners : Senate Minority Leader Mitch McConnell (Kentucky) and House Minority Whip Eric Cantor (Virginia). (Senate Minority Whip Jon Kyl is from Arizona and House Minority Leader John Boehner is a relic of the dying Midwestern wing of the GOP). The chairman of the Republican National Committee, Mike Duncan, is from Kentucky. Half of the candidates for the RNC chairmanship are Southerners : Duncan himself, Katon Dawson, chairman of the South Carolina Republican Party, and Chip Saltsman, former chairman of the Republican Party of Tennessee. (The other three are Michael Steele of Maryland, Ken Blackwell of Ohio and, Saul Anuzis of Michigan.) If you think most GOP spokesmen on TV seem to speak with a drawl, you’re not imagining things.
    In addition, a majority of the 11 House Democrats who voted against the stimulus bill are Southerners or from states that border the South : Bobby Bright and Parker Griffith, both of Alabama ; Gene Taylor, of Mississippi ; Heath Shuler, of North Carolina ; Jim Cooper, of Tennessee ; Allen Boyd, Jr., of Florida ; Frank M. Kratovil, of Maryland ; and Brad Ellsworth, of Indiana. (The other three are Walt Minnick of Idaho, John Peterson and Paul Kanjorski of Pennsylvania.) Congressman Boyd, a prominent Blue Dog Democrat, was the only Democrat to support President Bush’s bill to partly privatize Social Security, which he co-sponsored. Appropriately, his 2nd Congressional District in the Florida Panhandle near Georgia and Alabama includes Dixie and Calhoun counties.
    Do you see a pattern here ?
    The vote about the stimulus package was not about economics. It was about nullification. It was the bipartisan Confederacy sending a message to the rest of America, stricken by the greatest crisis since the Depression. That message ? DROP DEAD.
    Those who think that the Democrats could have won over more Republicans by making more concessions do not understand the neo-Confederate/Dixiecrat mentality. There was no one to bargain with on the other side. The Republiconfederate « alternative »—a joke of a bill consisting almost entirely of tax cuts—would not be taken seriously by any mainstream conservative economist. It was pure provocation.
    The rest of the country needs to understand. This is not the nation-minded Republican Party of Lincoln and McKinley, Eisenhower and Dole. Nor is it the party of Herbert Hoover who, if he were alive, would be denounced by the Southern Right as the flawed but public-spirited Progressive he was. No, this is the party that was hijacked after the civil-rights revolution by former Democrats on the Southern far right. Its spiritual ancestors are the old states’ rights Southern conservative Democrats, like John C. Calhoun and Jefferson Davis and Strom Thurmond and Orval Faubus. The slogan of the segregationist Democrats—« massive resistance »—characterizes today’s Southern conservative resistance to necessary federal economic action, just as it inspired yesterday’s Southern conservative resistance to equal rights for black Americans.
    The new Republican Party is a strange version of the old Democratic Party. It’s the Dixiecrat wing without any other wings. The morphing of the Grand Old Party into a Southern-dominated faction goes back half a century to the so-called Southern Strategy to win a slice of the Southern vote in the Electoral College. Under George W. Bush, it would have seemed that this strategy reached its climax. But after the utter repudiation of Bush’s presidency and the experiment with conservative Republican Party rule, the congressional Republicans left in the rubble are turning even more to the right—and the South.
    Next time a Southern Republican or Blue Dog Democrat frets about big government, remind him or her of the Confederate Constitution, a bizarre document that sheds light on the mentality of today’s Southern conservatives. Southern opposition to capable national government is nothing new. In the Confederate Constitution, provisions modeled on those of the US Constitution that empowered the federal government of the Confederate States of America were followed by clauses frantically limiting the very powers that had just been bestowed.
    According to Section 8 of the Confederate Constitution, the Confederate Constitution shall have power :
    To lay and collect taxes, duties, imposts, and excises for revenue, necessary to pay the debts, provide for the common defense, and carry on the Government of the Confederate States ; but no bounties shall be granted from the Treasury ; nor shall any duties or taxes on importations from foreign nations be laid to promote or foster any branch of industry ; and all duties, imposts, and excises shall be uniform throughout the Confederate States.
    This is the only constitution in history, to my knowledge, which banned the government from promoting and fostering branches of national industry. But it gets better. Here’s Section 8 (3), giving the Confederate Congress the power :
    (3) To regulate commerce with foreign nations, and among the several States, and with the Indian tribes ; but neither this, nor any other clause contained in the Constitution, shall ever be construed to delegate the power to Congress to appropriate money for any internal improvement intended to facilitate commerce ; except for the purpose of furnishing lights, beacons, and buoys, and other aids to navigation upon the coasts, and the improvement of harbors and the removing of obstructions in river navigation ; in all which cases such duties shall be laid on the navigation facilitated thereby as may be necessary to pay the costs and expenses thereof.
    Imagine that. The Confederates, in their constitution, tried to ban all government infrastructure spending to facilitate commerce, but then had second thoughts and included lights, beacons, buoys, and harbors—but nothing else, really, we mean it ! The political descendants of these people are the ones who today want to bind the Confederate—excuse me, I mean the US Congress to rigid and inflexible « pay-go » rules no matter what the circumstances and, like the Confederates, want to make transportation rely on user fees like tolls on interstate highways rather than pay for public goods out of taxes.
    It is because I am a Southerner and the descendant of Southerners that I recognize the suicidal nature of this pathological regional political culture. I like Southern manners, food, music, and literature—but I hate the reactionary strain of my native region’s politics (there is an enlightened, minority strain in Southern politics, from the Kentuckians Clay and Lincoln to LBJ, the Gores and Bill Clinton). The greatest victims of Southern conservatism have always been the majority of Southerners of all races.
    The Republican/Blue Dog approach to political economy was tried in my part of the country for generations, and the result was economic backwardness and military defeat. The antebellum South was hostile to government promotion of industry and investment in public transportation—and, ultimately, the Union, relying on the factories and railroads of the North, crushed it. Unable to compete on the basis of public investment and public education, the South in the 21st century, like a broken-down banana republic, now uses anti-union laws and low taxes to lure corporate investment in low-wage factories.
    So let’s be clear. The battle over the stimulus is not a gentle debate among thoughtful libertarians and well-intentioned progressives, with reasonable points made on both sides. It is nullification. It is sabotage. It is the latest episode in the Southern conservative strategy of massive resistance to necessary government and national progress. It will not be the last.
    UPDATE : This article originally misstated the Republican congressional delegation as the Southern congressional delegation.
    Michael Lind, the Whitehead Senior Fellow at the New America Foundation, is the author of Made in Texas : George W. Bush and the Southern Takeover of American Politics.
    Lien

    • asperule
      asperule répond à Venezuela
      • Posté à 14h32 le 03/02/2009
      • Internaute 25350

      Merci pour l’article très intéressant.

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 22h16 le 02/02/2009
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    « Pourquoi les républicains, aux Etats-Unis, refusent-ils le plan de relance de Barack Obama ? Parce qu’il ne baisse pas assez les impôts. En France, que reprochent les socialistes au plan de Nicolas Sarkozy et de François Fillon ? De ne pas réduire les impôts. Cherchez l’erreur. »

    Je me suis toujours méfié des gens qui prétendent que baisses d’impôt pour les plus riches ou baisses d’impôt pour les plus pauvres, c’est du pareil au même...

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 13h01 le 03/02/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Je ne comprends pas très bien le parallèle établi entre Républicains américains et Socialistes français. Tout comme Obama, le PS souhaite donner un coup de pouce à la consommation à court terme : Obama accorde 500 dollars de déduction fiscale à chaque personne (y compris aux chômeurs de longue durée, qui ne payent pas l’impôt sur le revenu), le PS appelle à une réduction (temporaire) de la TVA et à une augmentation du SMIC, etc.

    A cela, Sarkozy et les Républicains US répondent que favoriser une reprise de la consommation se traduirait par des achats de produits chinois (écrans plats, etc.), augmentant ainsi le déficit commercial des Etats-Unis, et non par des achats de première nécessité. Paradoxalement, ces mêmes Sarkozy et Républicains arguent qu’il existe un autre danger : il est probable que les consommateurs économiquement faibles épargneraient ce qui leur serait accordé sans augmenter leur consommation. Patrick Jarreau ne relève pas cette contradiction.

    Après relecture des projets respectifs d’Obama et du PS, je remarque que celui d’Obama est très ambitieux (investissements massifs dans l’enseignement public, dans les infrastructures routières, dans l’économie « verte », etc.), alors que le PS se contente de proposer certaines mesures keynésiennes du même type, mais d’une ampleur beaucoup moindre. Je conçois le projet du PS comme une réponse du berger à la bergère (Sarkozy), alors que le programme d’Obama s’inspire largement du précédent rooseveltien. Le président américain a le mérite de reconnaître la gravité de la crise. Le PS peut-être également (ce n’est pas clair), mais ii y a une différence majeure : le PS n’est pas au pouvoir.

    Quant aux Républicains américains, je ne vois absolument rien de nouveau dans leurs propositions : ils veulent augmenter les mesures de réduction d’impôts afin de favoriser la reprise d’activité des entreprises. C’est une simple resucée de ce qu’a fait Bush. Obama s’y oppose parce qu’il a autre chose en tête, à savoir les grandes mesures sociales en faveur de l’assurance maladie qu’il espère pouvoir appliquer dans un deuxième temps... si la crise lui permet de le faire.

    Je trouve donc le rapprochement entre Républicains américains et Socialistes français très osé, et, pour tout dire, largement infondé. La seule chose qu’ils aient en commun est qu’ils ne sont pas aux manettes et proposent des mesures idéologiquement marquées sans aucun espoir de les voir acceptées par la Présidence ou le Congrès/Parlement.

    • asperule
      asperule répond à Jaycib
      • Posté à 14h33 le 03/02/2009
      • Internaute 25350

      Totalement infondé le rapprochement mais c’est si tentant pour les journalistes de faire des titres accrocheurs.

      • Jaycib
        Jaycib répond à asperule
        Désagrégé de l'Université
        • Posté à 16h02 le 03/02/2009
        • Internaute 37053
          Désagrégé de l'Université

        Je n’irai pas jusque là dans le cas de Patrick Jarreau, asperule. C’est un journaliste sérieux (en tout cas, il l’a été pendant de longues années au Monde). Mais peut-être se permet-il des fantaisies maintenant qu’il se contente (à ma connaissance) de tenir un blog ?

        Pendant que j’y suis, comment ça se passe en Belgique ? En France, on ne nous donne à lire que des nouvelles quasi-catastrophiques...

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 16h32 le 03/02/2009
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Parceque les socialistes mènent un combat ?

    Et on nous as rien dit ?

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