Patrick Jarreau

La course à l'Elysée et autre actualité politique vue par l'ancien directeur de l'information du Monde.

Plan de sauvegarde : les députés face à l'ingratitude des banquiers

Patrick Jarreau
Journaliste
Publié le 04/02/2009 à 17h14


L’audition des patrons des banques ayant bénéficié de l’aide de l’Etat devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 3 février...

Drôle d’ambiance à la commission des finances de l’Assemblée nationale, mardi après-midi. Les patrons des six banques ayant bénéficié de l’aide de l’Etat étaient convoqués afin de s’expliquer sur les raisons pour lesquelles ils ont eu besoin de l’argent des contribuables et sur l’usage qu’ils en font. On ne peut pas dire qu’ils se soient donné beaucoup de mal pour regagner la confiance du public.

Le seul qui ait paru conscient de l’existence d’un problème est Etienne Pflimlin, président du Crédit mutuel, quand il a récusé une « opposition entre les banques et la société ».

C’était une manière de reconnaître que cette situation existe et qu’elle se ressent dans les relations des clients avec leur banque. Mais s’il en est ainsi, selon Pflimlin, c’est à cause de ceux -la gauche ? , les médias ? , il ne les a pas nommés- qui répandent l’idée que les banques ont reçu d’énormes aides publiques sans contreparties.

Pour le reste, la position des banquiers se résume ainsi :

  • Les contributions de la puissance publique, sous forme d’apports à leurs fonds propres ou de prêts, sont « marginales » -souligné six fois- dans leur activité.
  • Ils distribuent volontiers du crédit aux entreprises et aux particuliers, mais l’activité se réduit et il y a moins de demande.
  • Le système bancaire français n’a rien à se reprocher, à la différence des Américains, des Britanniques ou des Espagnols.
  • Ils verseront des dividendes à leurs actionnaires si cela leur plaît.
  • Vous avez dit « paradis fiscaux » ?

Le socialiste Didier Migaud, président de la commission, qui a pris l’initiative des ces auditions, a dessiné le tableau sans adoucir les angles. Il a fait droit à « l’impression que l’on récompense indûment la gestion désastreuse de certains groupes bancaires ».

La crise est venue des Etats-Unis, mais les banques françaises ne peuvent pas prétendre ne pas être concernées par les pratiques qui ont été à l’origine du désastre des crédits subprime.

« La défiance est totale » pour Jean-Pierre Brard

Du côté de la majorité, Gilles Carrez, rapporteur général du budget, et Michel Bouvard, chef de file des députés UMP à la commission, ont moins parlé du passé, mais ils ont été sévères pour le présent et pour l’avenir.

Carrez a évoqué la possibilité d’actions de préférence pour la deuxième tranche de 10,5 milliards d’euros qui va être ouverte aux banques pour renforcer leur capital. C’est dire que la question d’une entrée de l’Etat au capital des établissements n’est pas posée seulement à gauche.

Quant à Bouvard, il a interrogé les banquiers sur les financements qu’ils assurent ou, plutôt, n’assurent pas aux industriels des divers secteurs, dont l’aéronautique.

« Les banques continuent de fonctionner pour elles-mêmes et non pas pour faire fonctionner l’économie nationale », a accusé Jean-Pierre Brard, fameux coupeur de têtes de Seine-Saint-Denis.

Dominique Voynet a réduit la sienne aux municipales de Montreuil (en lui enlevant la mairie), mais Brard le rouge n’a rien perdu de son alacrité quand il s’agit d’agiter une pique sous le nez des puissants.

« La défiance, aujourd’hui, vis-à-vis des banques, est totale », a-t-il lancé aux six dirigeants, trop belle cible pour qu’il la rate. L’exercice était facile, sans doute, mais il a eu le mérite d’animer un peu une séance passablement feutrée.

Des dividendes « plus modérés »

Le socialiste Jérôme Cahuzac avait usé d’un ton moins flamboyant pour poser des questions abruptes, notamment sur les marges encaissées par les banques, sur « l’arrogance » de certains de leurs cadres quand on leur demande de justifier un refus de crédit, sur la rémunération des actionnaires et sur les paradis fiscaux.

Il a fait remarquer que les banquiers avaient eu besoin du concours de fonds publics pour exercer ce qui, après tout, n’est rien d’autre que leur métier. Baudouin Prot, directeur général du groupe BNP Paribas, a expliqué que ce ne sont pas les marges qui ont augmenté, mais le coût de la « matière première », les liquidités que les banques se procurent sur le marché.

Quant aux dividendes, ils doivent être « plus raisonnables » -pardon, a-t-il corrigé, « plus modérés“-, mais ils sont nécessaires ‘pour que les banques françaises continuent à bénéficier de la confiance des actionnaires privés’.

Son homologue Georges Pauget, du Crédit agricole, a fait observer que d’éventuelles actions de préférence -son établissement n’est pas concerné, puisqu’il n’est pas candidat à la deuxième tranche d’aide en capital- seraient sans droit de vote.

‘En quoi la présence de l’Etat serait-elle pour vous une gêne ?’, lui a demandé Migaud. ‘Nous sommes une union de banques coopératives qui entend pouvoir continuer à maîtriser sa stratégie’, lui a répondu sèchement le patron de la banque verte.

Un rapport de force démocratie-finance inchangé

Et les paradis fiscaux ? Les banquiers ont expliqué qu’ils respectaient les règles du GAFI, le Groupe d’action financière, organisme intergouvernemental qui n’en édicte guère. ‘Ce n’est pas les responsabilité des banques de dire ce que sont les paradis fiscaux’, a fait valoir Pauget. Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Il a raison en partie.

Les paradis fiscaux permettent aux banques de contourner les législations des zones de droit dans lesquelles elles opèrent, ce qui relève bien de leur responsabilité et les rend, pour le moins, antipathiques.

Mais il appartient aussi aux gouvernements de se mettre d’accord sur une liste d’Etats dans lesquels ils interdiront toute forme d’action aux établissements financiers qui sont sous leur juridiction.

Le rapport des forces entre la démocratie et la finance n’est pas vraiment modifié, en France, début 2009. Les députés formulent des critiques, des reproches, des demandes d’explication, des mises en garde. Les banquiers écoutent, remercient à peine poliment pour l’argent reçu. Et vaquent à leurs affaires.

Photo : L’audition des patrons des banques ayant bénéficié de l’aide de l’Etat devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le 3 février 2009 (Benoit Tessier/Reuters).

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h23 le 04/02/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Et s’ il n’ y avait que les banques ! le monde des Entreprises du XXIem siécle est immonde , et il nous mene tous droit dans le mur :

    IBM lance la controverse
    en baissant les salaires

    Une réduction de 15% du salaire fixe des commerciaux est imposée par le groupe à ses filiales. En France, 20% des effectifs sont concernés, environ 2000 personnes.

    C’est donc IBM qui tire le premier ! Quelle bande de cons et d’ordures : voila surement qui va améliorer le pouvoir d’ achat et l’ activité économique , bien sur .

    Que ce soit clair : Ceux qui nous ont mis dans la merde , non seulement ne vont pas nous en sortir , mais ils vont continuer carrément a nous y enfoncer !

    La crise , c’est EUX !

    HALLUCINANT !

    • pablico
      pablico répond à Numerosix
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h27 le 04/02/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      Ou comment soigner la peste en s’injectant le choléra. ou vice versa.

      toutes les recettes proposées, sont des recettes libérales, pour « guérir’ une maladie libérale..

      cherchez la logique....voir le bon sens..un tout petit bon sens seulement.

      • désinscrit-
        désinscrit- répond à pablico
        • Posté à 18h42 le 04/02/2009
        • Internaute 736

        c’est « le bon sens près de chez eux » ! !

      • EulChe
        EulChe répond à pablico
        Humaniste hère
        • Posté à 19h13 le 04/02/2009
        • Internaute 26715
          Humaniste hère

        c’est de l’homéopathie : le mal par le mal...

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 17h39 le 04/02/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Quelle outrecuidance de la part de nos députés de vouloir auditionner la crême de nos banquiers, ceux qui viennent de recevoir 42 milliards de prêts + 320 milliards de cautions diverses.

    Ils vont faire la manche à l’Elysée comme n’importe quel Président de la FNSEA et recoivent toutes les facilités pour apporter des cédits aux entreprises et aux particuliers sans répondre à la mission qui leur est confiée

    J’espère que les députés leur ont demandé si le fonctionnaire RICOL a été bien poli lorsqu’il est venu faire une visite de courtoisie dans leurs établissements pour s’assurer que l’argent des citoyens est bien utilisé

    Nos chères politiques marchent sur la tête, losqu’ils ne demandent pas contractuellement ou lègalement des contres parties à ces prêts scandaleux

    Les thuriféraires et zélateurs de l’UMP prennent souvent des exemples à l’étranger pour étayer leurs arguments, ils devraient regarder du coté de Merkel, Brown, Abama et consorts

  • Sup.25.08.09 àlademandeduriverain
    • Posté à 17h57 le 04/02/2009
    • Internaute 40056

    Les banquiers ont raison d’envoyer les députés aux pelotes.
    Le roi et sa cour ont donné du fric sans aucune contrepartie : tel est leur bon plaisir, ils ne veulent pas être confondus avec des usuriers, sans doute.

    En quoi la roture serait-elle fondée à demander des comptes ?

    Passez votre chemin, manants, sa majestricule vous haranguera jeudi. Comme d’habitude, vous la croierez...

  • jose11
    • Posté à 18h05 le 04/02/2009
    • Internaute 4765

    Bonjour,

    premièrement une banque n’est pas là pour faire du social ou de l’économico-social en aidant qui que ce soit une banque est une entreprise comme une autre qui est là pour faire des bénéfices point final sinon faillite...

    secondement la seule liberté du banquier est de dire NON sans avoir a se justifier, autrefois on a vu une grande banque qui disait : le pouvoir de dire oui ; a force de dire oui elle a fait faillite.

    troisièmement pour obtenir un crédit il faut des fondamentaux
    pour un particulier ce sont des revenus pour une entreprise c’est des bénéfices et autres bricoles pas toujours simples a analyser. en dehors de bon fondamentaux il n’y a pas de capacité de remboursement donc pas de crédit

    Si aujourd’hui il y a moins de crédit hé là je vous parle du terrain c’est pour deux raisons :
    premièrement une demande de crédit en chutte sauf pour les prêts personnels (révolvings et autres pièges a c..o..n)
    secondement comme les entreprises n’ont pas de bons fondamentaux il est facile de retoquer toute demande

    pour les entreprises cela n’est pas nouveau leur manque de fonds propres et leur manque de rentabilité est en france une donnée quasi historique simplement depuis quelques années vu que la croissance était là il y avait moins de risque à prêter (une preuve est que il y avait peu de faillites) aujourd’hui avec la baisse du pnb on voit exploser les faillites donc les risques alors on restreind les crédits c’est pas plus compliqué. Vous mêmes sur la glace vous ralentissez pour pas aller dans le décor, idem pour les banques en période de recession elles ralentissent pour prendre moins de risque.

    Autre donnée a prendre en compte c’est la durée un crédit est fait pour plusieurs années et tant qu’il n’est pas remboursé il y à toujours un risque d’impayé. Inutile de dire que les crédits faits depuis 5 ans aux entreprises une partie vont tomber en impayé maintenant réduisant d’autant la capacité à prêter des banques.

    maintenant si vous voulez un crédit pas de problème il faut
    de l’épargne
    une bonne cotation banque de france
    une bonne structure financière
    beaucoup de garanties

    et peut-être on vous prêtera

    et dans ce petit panorama on pourrait ajouter les prêts relais de gens qui vont avoir du mal a les rembourser que du bonheur pour les services contentieux et de bonnes affaires a faire d’ici quelques temps.

    sur ces bonnes paroles bien le bonjour

    • padiran
      padiran répond à jose11
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 18h23 le 04/02/2009
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      Moralité : On ne prête qu’aux riches
      Cest pas nouveau et on le savait déja
      Si Sarko à casser notre tirelire pour aider les banques, c’est justement donner la possibilité aux banques de relancer la trésorerie et l’investissement des entreprises et les prêts aux particuliers
      Un des piliers de l’économie, c’est la confiance
      Si ces banques attendent d’avoir des entreprises regorgeant de trésorerie et investissant dans leur développement, c’est mal barré pour 2009
      Si les banques ne font pas confiance aux particuliers pour leurs projet, c’est le m^me cas que pour les entreprises
      Dans ce cas il c’est inutile de demander du cash à l’Etat, qu’elles survivent sur leurs fonds propres en attendant le dégel

    • kagul
      kagul répond à jose11
      • Posté à 18h37 le 04/02/2009
      • Internaute 23275

      Donc il n’était pas nécessaire de leur filer tous ces milliards...

    • mick69
      mick69 répond à jose11
      • Posté à 18h59 le 04/02/2009
      • Internaute 2907

      C’est bien joli, mais alors pourquoi on les aide, ces banques inutiles pour l’economie ? Et pourquoi sans contrepartie ?

    • antonh
      antonh répond à jose11
      curieux
      • Posté à 06h36 le 05/02/2009
      • Internaute 50096
        curieux

      maintenant, prenons le problème à l’envers :
      est-ce à l’état de soutenir les banques, qui au nom de leur liberté (ni sociale, ni économico-sociale) se sont mises à investir dans n’importe quoi et se sont faites enflées par leur congénères à dents plus longues ?
      quel est le retour sur investissement pour l’état, c’est à dire nous, d’aider ces gens alors que comme tu nous l’explique, c’est pas leur boulot de nous aider ?
      comment ces banquiers professionnels et aussi prudents dans les prêts (je note : « maintenant si vous voulez un crédit pas de problème il faut de l’épargne, une bonne cotation banque de france,une bonne structure financière, beaucoup de garanties et peut-être on vous prêtera ») ont-ils pu prêter à n’importe qui et pourquoi refusent-ils de faire des prêts à risques à des plus petits ?
      la réponse est dans vos phrases arrogantes : ils espéraient gagner encore plus d’argent en faisant travailler de l’argent qui n’existe pas ? mais comme ils se sont plantés, ils viennent pleurer pour que NOUS les aidions à continuer à vivre en parasite, sans aucune plus-value sur la qualité de nos vies, mais des plus-values sur leur valeurs (supposées au vues de l’histoire) boursières.
      moralié : pretez nous de l’argent pour pouvoir continuer à vivre en parasites s’ils vous plait...
      pas de controle, encore moins de nationalisations, juste votre pognon. les accords de maastrich tant décriés, on s’en fout, c’est pour sauver notre système, donc là y’a exeption...
      pour ma part, vous pouvez bien crevez vous et votre papier qui ne vaut plus rien.
      dire que certains pensent que vivre en parasite n’est pas un métier ! !

  • désinscrit-
    • Posté à 19h30 le 04/02/2009
    • Internaute 736

    1. Les contributions de la puissance publique, sous forme d’apports à leurs fonds propres ou de prêts, sont « marginales » -souligné six fois- dans leur activité.
    Les contributions ne sont pas du tout marginales (23 milliards merde), sans apport sur leur fonds propres les banques risquaient d’être décôté (les AAA, AA, etc...). Avec la décôte (si j’ai bien compris) les taux d’intérêt des liquidités qu’ils emprunteraient seraient plus important, diminuant ainsi leur marge (pour un même taux infligé aux particuliers).
    Qu’elle était l’autre solution ? Réinvestir les bénéfices 2008 en fonds propres et donc sucrer les dividendes (ça aurait du suffire si j’ai tout suivi en comparant à la louche les bénefs réalisés par rapport aux fonds utilisés).
    Seulement ça ne plaît pas aux actionnaires ben oui si les bénefs sont ré investi y a plus (ou beaucoup moins) de dividende, FABULEUX, les actionnaires privés c’est un peu comme un parapluie qui refuserait de s’ouvrir quand il pleut mais fonctionnerait très bien par beau temps ! !

    Je reviendrai rapidement sur les 8% d’intérêts (je voulais faire une contrib à eco89 mais j’ai pas assez de connaissances), qui reviendraient à l’état, que fanfaronne le gouvernement. C’est une tromperie sans nom (ou alors escroquerie). D’abord les prêts accordés aux banques sur la première tranche sont à 4% et cet argent est emprunté par l’état auprès d’investisseurs étranger. Donc l’état devra bien sûr rembourser des intérêts sur ces emprunts (au mieux ça passe à zéro), et les intérêts sur ces emprunts c’est de l’argent qui va partir à l’étranger (on peut comparer aux écrans plasma qui enverraient l’argent en Chine si on relance la consomation, ça en fait un beau paquet 4% (min.) de 23 milliards).
    Pour la deuxième tranche effectivement les prêts seront à environ 8% (en fait 4 % de plus que le taux moyen). Mais là l’état va acheter l’argent sur les marchés ( ?), à quel taux ? je sais pas. Le bénéfice des banques est difficilement quantifiable, grâce à une bonne note ils vont acheter l’argent moins cher et feront plus de marges sur les crédits aux particuliers, chaque Pourcent économisé avec une marge de 8% est gagné sur le prêt de l’état (et ira in fine aux actionnaires).

    Au final, le contribuable en faisant un crédit envoi via les intérêts, de l’argent aux banques (bénéfices) et aux investisseurs étrangers (auprès desquels l’état a emprunté) et supportera sur ses impôts quelques milliards empruntés.

    Lien où tout est un peu condensé :
    Lien
    une explication que j’aime bien de la crise (fiabilité ? ? mais c’est aussi clair que possible : -) :
    Lien

    Les titres qui devraient rapporter 8% :
    Lien

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 18h35 le 04/02/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Y A DES LIMITES !

    Pour info, 4 février 2009, Barack Obama annonce son intention de limiter à 500.000 $ (388.919 €) le salaire annuel des patrons d’entreprises renflouées par l’État. Autres mesures envisagées : suppression des primes, des bonus...

    Bon, ça commence tout doucement à se clarifier... aux USA !

    En France, si ces falots de pouvoirs publics ne se décident pas à mettre eux-mêmes les banquiers à la raison, faudra pas qu’ils s’étonnent si d’autres se chargent d’aller leur botter le cul. Parce que ça commence à bien faire toutes ces conneries !

    PS : rappelons qu’en 1942, un certain Roosevelt, au nom de la lutte contre la crise, avait plafonné les revenus annuels net après impôt à 25.000 $ (env. 315 000 € actuels), ramenant ainsi l’éventail des salaires dans une échelle de 1 à 25. Voilà qui ça change des 400 SMIC et plus que piquent sans vergogne ni contrôle nos gangsters patronaux !

    • falstaff
      falstaff répond à Le Yéti
      Petit joueur de ukulélé.
      • Posté à 18h59 le 04/02/2009
      • Internaute 58081
        Petit joueur de ukulélé.

      Fermons les banques, enfermons les banquiers et cette fois que cela se fasse !
      Je n’y crois pas mais vraiment, vraiment, je l’espère.

      • désinscrit-
        désinscrit- répond à falstaff
        • Posté à 19h09 le 04/02/2009
        • Internaute 736

        Il y a une autre solution, c’est menacer de retirer tous les dépôts (compte courant ou disponibles). Je suis pas sûr mais si 10% sont retiré tout s’effondre je crois ! ! (faudra pas me demander un crédit par contre : -D)

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à Le Yéti
      yetiblog.org
      • Posté à 20h25 le 04/02/2009
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      Complément d’info : le salaire maximum fixé par Barack Obama correspond à environ 32 SMIC net français(un peu plus de 12.000 € en 2008). Toujours nettement mieux que les 400 SMIC des gangsters.

      Une idée à retenir pour la fixation d’un revenu maximum en France (vous allez voir, on va y venir !)

      • newuser
        newuser répond à Le Yéti
        • Posté à 23h57 le 04/02/2009
        • Internaute 25621

        Ils se rattraperont sur la participation ou les stock-options.

        Faut pas rêver, ils se sont pas créés tout un système élitiste pour se faire tondre par une loi simpliste.

         
        • Le Yéti
          Le Yéti répond à newuser
          yetiblog.org
          • Posté à 01h33 le 05/02/2009
          • Internaute 6095
            yetiblog.org

          « Faut pas rêver... »

          Mais si !

        1 autres commentaires
  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 18h26 le 04/02/2009
    • Internaute 24252
      卑語

    « Les banquiers aux députés : “on va verser des dividendes, on reste dans les paradis fiscaux et on vous emmerde !” »

    Lien

  • globüz
    globüz
    cavernicole
    • Posté à 18h36 le 04/02/2009
    • Internaute 65517
      cavernicole

    Y’a des têtes sur des piques qui se perdent...

  • momsenn
    momsenn
    • Posté à 19h00 le 04/02/2009
    • Internaute 59633

    drôle de raisonnement de la part des banquiers :
    si les banques françaises sont saines , soit les investisseurs misent sur les banques étrangères et elles risquent de perdre leurs mises, soit ils restent dans le K (capital) des banques françaises elles ne risquent rien, et pas besoin de dividendes pour cela.
    Que choisir ? gagner quelques dizaines d’€ par coupon d’action (dividende) ou perdre plusieurs millions..
    salut aux huns
    bisoux aux autres

  • lemaildemat
    lemaildemat
    @ ref
    • Posté à 19h06 le 04/02/2009
    • Internaute 30542
      @ ref

    Jose11 et pene-r ci dessus tirent et visent juste. Mais jose11 me semble plus près du but.

    Mais alors pourquoi, si c’est SI marginal, avoir balancé ces 23 milliards ? Juste pour éviter la perte de confiance généralisée par effet d’annonce ?

    J’ai l’impression, à lire l’article et les commentaires, que ces banquiers n’en avaient pas vraiment besoin, qu’ils auraient pu survivre sans mais, comme c’est donné sans contrepartie lourde, ils auraient été bien stupides de refuser.

    Bref 23 milliards qui auraient plus utiles ailleurs ?

    Et pourquoi des systèmes bancaires publics (caisse des dépôts, banque de france ?) n’auraient ils pas pu pallier au manque de crédits octroyés par les banques ?

    Une PME en manque de cash, devant le refus de sa banque, aurait pu se retourner la caisse des dépôts ou la BDF, non ? Et c’est à elles qu’on aurait dû verser les 23 milliards.

    Je sais pas si je divague sur cette histoire de caisse des dépôts...

    • désinscrit-
      • Posté à 19h26 le 04/02/2009
      • Internaute 736

      J’ai l’impression, à lire l’article et les commentaires, que ces banquiers n’en avaient pas vraiment besoin, qu’ils auraient pu survivre sans mais, comme c’est donné sans contrepartie lourde, ils auraient été bien stupides de refuser.

      oui ils auraient pu survivre sans, mais n’auraient pas pu reverser de dividendes et ils auraient vu leur marges baisser en 2009 (soit par une décôte soit par la fuite des actionnaires).

      la différence entre jose11 et moi c’est que jose11 tient le discours gouvernemental/banquier (notament sur le manque de garanties des entreprises, il me semble que l’état c’est porté garant de ce type de crédit) et moi j’essaie modestement de démontrer qu’on nous ment ! !
       ; -)

      • lemaildemat
        lemaildemat répond à désinscrit-
        @ ref
        • Posté à 20h09 le 04/02/2009
        • Internaute 30542
          @ ref

        « oui ils auraient pu survivre sans, mais n’auraient pas pu reverser de dividendes et ils auraient vu leur marges baisser en 2009 (soit par une décôte soit par la fuite des actionnaires). »

        Ah ok, donc nos impôts viendront seulement garantir marges et dividendes ? Je pensais que nous participions au soutien d’un utile système bancaire vital pour l’économie réelle locale/nationale.

        Génial.

         
        • désinscrit-
          • Posté à 20h59 le 04/02/2009
          • Internaute 736

          utile système bancaire vital pour l’économie réelle locale/nationale.
          Ah ouais il est super utile le système bancaire, il est utile à créer des crises, à augmenter notre dette (au moins temporairement), et maintenant il étrangle les entreprises et particuliers ! ! ah ouais super système. Je dis pas qu’il faut le couler mais ne me parlez pas de super système.

          Lien

          Si les résultats sont positifs en 2008 à quoi sert donc une aide qui ne va rien leur couter (ils vont récupèrer les intérêts sur les clients non ? ?) ? ?

        1 autres commentaires
    • nayko
      nayko répond à lemaildemat
      Troubadour urbain
      • Posté à 20h04 le 04/02/2009
      • Internaute 14789
        Troubadour urbain

      Non, une PME ne peut emprunter à la banque de france. Ce droit lui a été retiré en 1974 (si je ne m’abuse) et surtout enterriné par Maastricht et bientôt par Lisbonne. Ôtant par la même la possibilité pour les états de souscrire un prêt à taux zéro auprès de sa banque centrale. La banque centrale sert uniquement de banque d’émission de devise et de caisse de dépôt pour les banques commerciales. Donc, le droit au crédit est uniquement dans les mains des banques commerciales. Et les états ont obligation de passer par elle pour souscrire un prêt, donc doit payer les intérêts inhérents. Ceci expliquant en grande partie le creusement de la dette des états. Il ne faut pas oublier que ce droit de crédit équivaut à un droit de créer de la monnaie. Une banque commerciale, quand elle vous prête de l’argent, ne le sort pas de ses fonds mais les crées. Les banques prêtent donc beaucoup plus que ce qu’elles possèdent réellement. Pour éviter que la masse de monnaie « virtuelle » des banques n’augmente de trop par rapport à ses fonds propres, la loi veut qu’elles aient au moins 10% de ce montant dans les coffres de la banque de France. Ces règles sont stipulées dans le traité Bâle 2. Mais ces règles ne sont pas respectées et c’est pour cela qu’il y a crise. L’argent virtuel est devenu trop important par rapport à l’économie réelle. Donc nous sommes en phase de régularisation. Jusqu’à ce que ce mécanisme reprenne et nous conduise au prochain krach.

      pour aller plus loin : Lien

      • lemaildemat
        lemaildemat répond à nayko
        @ ref
        • Posté à 20h16 le 04/02/2009
        • Internaute 30542
          @ ref

        C’est très clair.

        Donc l’Etat n’a pas le droit de mener une activité de banque de détail ou d’investissement pour pallier aux carences d’un système bancaire privé (comme actuellement) ?

        Il n’existe pas et ne peut exister (cf Maastricht) de « Service Public Bancaire » ? Alors que les flux financiers peuvent être vitaux pour l’économie.

        Je commence à comprendre pas mal de trucs finalement.

        PS : EUh vous êtes en train de dire que l’Etat n’a plus le pouvoir de créer la monnaie ? ET que seules banques l’ont par le système du crédit ? Ce n’était pas un pouvoir régalien essentiel la création de monnaie ?

         
        • nayko
          nayko répond à lemaildemat
          Troubadour urbain
          • Posté à 20h38 le 04/02/2009
          • Internaute 14789
            Troubadour urbain

          Ben en théorie mais avec beaucoup de vaseline, ça passe ;)

        • nayko
          nayko répond à lemaildemat
          Troubadour urbain
          • Posté à 23h33 le 04/02/2009
          • Internaute 14789
            Troubadour urbain

          Rapport création de monnaie fiduciaire (banque de france), qui suit le ryhtme de l’économie/ Monnaie scripturale (crédit banque commerciale) : 15%/85% ! ! ! ! ! !

        • Airinys
          Airinys répond à lemaildemat
          • Posté à 00h03 le 05/02/2009
          • Internaute 52467

          Les Etats n’ont plus le droit de mener des activités spéculatrices, à savoir banque d’investissement, la raison est que les Etats ont des capacités financières gigantesques qui peuvent mettre en péril la monnaie et donc l’économie. Ils risquent également de distordre la concurrence.

          Les Etats conservent le droit de prêter aux entreprises lorsque celles-ci connaissent des difficultés de financement. Le taux est celui du marché (Euribor) majoré pour le risque encouru afin d’assurer qu’il n’y aura pas de distorsion de la concurrence. (cf sauvetage Alstom).

          Le pouvoir de créer de la monnaie a été retiré aux états à l’entrée en vigueur de l’euro. Bien avant en pratique, dans les années 80 les conditions de convergences entre le franc et le mark imposait l’indépendance des banques centrales.

          Ceci garantit que l’institution chargée de la monnaie, la banque centrale, défends sa valeur, à savoir la lutte contre l’inflation et la déflation = stabilité des prix. C’est une mesure nécessaire, et qui bride la tentation de dévaluation des politiques : imagines si sarkozy avait dévalué le franc il y a 6 mois, juste par opportunisme politique, les conséquences économiques aurait été bien plus graves.

          La création de monnaie reste le pouvoir de la banque centrale. Plutôt que de dévaluer la monnaie à volonté, elle fixe un taux auquel les banques commerciales peuvent souscrire, selon les règles de l’économie de marché, un taux élevé décourage la création de monnaie (=> lutte contre l’inflation), alors qu’un taux bas l’encourage (=> lutte contre la déflation et soutien à la croissance). Taux bas et haut se mesurent relativement à l’inflation par rapport à l’inflation, on appelle cela le spread.
          La différence taux-inflation donne le taux réel : à ce jour en Europe il est positif, environ 0.5%, aux USA il est négatif, -0.5%.

          Et sinon le Ratio Tier One de Bale 2 impose exactement 8% de fonds propres par rapport aux engagements. Sauf qu’il est difficile de réellement le mesurer, car les fonds propres peuvent êtres des actifs (actions ....) ou du cash. D’autre part les engagements sont difficilement mesurables. Ce qu’il faut retenir c’est qu’on ne prête pas aux banques, on ne crée pas de monnaie donc, sans gage.

        3 autres commentaires
  • SEPTICUM
    SEPTICUM
    septique
    • Posté à 19h27 le 04/02/2009
    • Internaute 68451
      septique

    Vous vous rendez dans une banque demander un prêt, par exemple 10.000 Unités de Monnaie (UDM).

    Cette banque pourrait vous prêter une partie des économies de ses autres clients. Le total des prêts accordés à tous les demandeurs serait donc au maximum le total des économies déposées par tous les épargnants. Or, les banques prêtent bien plus de sous qu’elles n’en ont dans leurs coffres. C’est légal, elles ont le droit d’agir ainsi. Les banques prêtent donc des sous qu’elles n’ont pas.

    Comment ? Par un jeu d’écritures très simple : on crée d’un côté une colonne « moins » avec 10.000 UDM que vous devez rembourser, et de l’autre côté une colonne « plus » avec 10.000 UDM que vous pouvez dépenser. Le côté « plus », c’est le prêt, c’est de la monnaie que vous pouvez utiliser. Le côté « moins », c’est votre dette. Lorsque vous remboursez, le côté « moins “ diminue pour tendre vers zéro.

    Car, avant ce jeu d’écritures, la banque possède ‘ zéro ’. Après le jeu d’écritures, il y a encore zéro puisque d’un côté on a plus
    10.000 UDM, et de l’autre moins 10.000 UDM. Mais grâce à cette opération, 10.000 UDM ont été créés à partir de RIEN, et deviennent utilisables dans le monde REEL. Et il existe une contrepartie à ce ‘ rien ’ devenu 10.000 UDM : vous êtes endetté pour cette même somme. Car bien que cet argent ait été créé à partir de rien, vous devez le rembourser. La colonne ‘ moins ’ permet à la banque d’exiger de vous un remboursement, et même de saisir vos biens (réels) si vous ne pouvez pas rembourser. En cas de non remboursement de cet argent créé à partir de RIEN, la banque saisira vos biens REELS : voiture, logement, meubles, bibelots, électroménager, hi-fi, etc.

    Supposons que vous remboursiez. Vous rendez, en une ou plusieurs fois, les 10.000 UDM créés à partir de rien puis mis à votre disposition. La colonne ‘ moins ’ 10.000 UDM passe à zéro. Nous revenons à la situation initiale : l’argent qui n’existait pas n’existe plus.

    Mais ...

    Lien

    • nayko
      nayko répond à SEPTICUM
      Troubadour urbain
      • Posté à 20h06 le 04/02/2009
      • Internaute 14789
        Troubadour urbain

      Désolé, mon commentaire fait un peu doublon avec le tien, mais 2 fois vallent mieux qu’une : TOUT CE SYSTEME EST UNE ESCROQUERIE.
      Paz

      • SEPTICUM
        SEPTICUM répond à nayko
        septique
        • Posté à 00h09 le 05/02/2009
        • Internaute 68451
          septique

        Je dirai meme plus
        Tout ce système est une escroquerie
        Banksters véreux
        Politiciens complices
        Médias aux ordres
        Et voilà le travail...

    • Airinys
      Airinys répond à SEPTICUM
      • Posté à 23h42 le 04/02/2009
      • Internaute 52467

      C’est faux.

      Schématiquement, lorsqu’une banque délivre un prêt, elle emprunte elle-même sur le « marché », soit une autre banque, soit la banque centrale. Ces emprunts sont cautionnés en partie par des gages (actions, immoblier, obligations d’Etat/bon du trésor).

      La banque emprunte sur les marchés à un taux inférieur au taux délivré car à très cours terme : de 3 jours à 1 an. Ces crédits « interbancaires » sont constamment renouvelés.

      • SEPTICUM
        SEPTICUM répond à Airinys
        septique
        • Posté à 00h16 le 05/02/2009
        • Internaute 68451
          septique

        En 1971, la Banque de France éditait un opuscule dénommé « la Monnaie et la Politique monétaire » dans lequel elle précisait : « Les particuliers - même paraît-il certains banquiers - ont du mal à comprendre que les banques aient le pouvoir de créer de la monnaie ! Pour eux, une banque est un endroit où ils déposent de l’argent en compte et c’est ce dépôt qui permettrait à la banque de consentir un crédit à un autre client. Les dépôts permettraient les crédits. Or, cette vue n’est pas conforme à la réalité, car ce sont les crédits qui font les dépôts ».

        Il faut donc rejeter complètement cette idée, sans doute enfouie au fond de votre esprit que, pour qu’un banquier puisse vous proposer un crédit, il FAUT qu’un épargnant soit passé avant vous à la banque pour y déposer des économies correspondantes au prêt que vous allez demander, et qu’en fin de compte, c’est l’épargne d’un autre que le banquier vous prête, en prélevant sa commission au passage (l’intérêt). En réalité c’est l’inverse qui se passe : c’est l’argent emprunté par les uns et les autres, qui se retrouve ensuite en partie en épargne. D’ailleurs, avez-vous déjà entendu votre banquier vous annoncer : « Désolé, votre compte est vide, j’ai prêté son montant à un autre client » ? Votre épargne ne disparaît pas de votre compte, elle reste là, disponible immédiatement ou dans des délais plus ou moins longs, selon le type de placement que vous avez choisi, alors que si vous prêtez de l’argent à vos enfants, vous n’en n’avez plus la disponibilité.

        Alors, d’où vient cet argent que les banques nous prêtent ? Elles le créent à partir de rien – ex nihilo – un système extrêmement obscur que l’on veille à maintenir dans l’ombre, soit que l’on pense qu’il est affaire de spécialiste que l’esprit du commun des mortels ne saurait appréhender, soit que le mettre en pleine lumière risquerait de pousser les esprits « éclairés » à se rebeller. Sans doute est-ce ce qui à fait dire à Henry Ford (1863-1947) : « Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin. »

        Si la plupart d’entre nous croient que les choses sont autres que ce qu’elles sont, c’est qu’il règne un flou artistique savamment entretenu. Est-il volontaire ? Allez savoir ! …

        Flou, par la dénomination des établissements. Banque de France ! Banque Centrale Européenne ; mais aussi par exemple, Banque Nationale de Paris. Autant de noms qui laissent supposer qu’il s’agit d’organismes publics. Or il n’y pas de « banque nationale » ; il n’y a que des banques privées, dites « secondaires », au regard de la « première », la Banque Centrale. En Europe par exemple, il n’y a qu’un édifice pyramidal avec à son sommet la Banque Centrale Européenne – B.C.E -, émanation des Banques Centrales des États membres.

        Flou, par le fait que c’est la Banque Centrale Européenne - dans l’Euroland ou zone euro - qui est la seule pourvoyeuse des billets de banque, dont elle confie l’impression à chaque banque centrale des Etats membres. Mais, si l’émission est une chose, la création en est une autre ! Notons d’une part que les billets et pièces ne représentent guère plus de 15 % de la masse monétaire M1 et que, d’autre part, ce sont les banques commerciales qui induisent l’émission des billets à la B.C.E dans la mesure où ce sont elles qui « en passent commande », sachant que statistiquement une proportion de 15 % de la monnaie qu’elles créent par le crédit leur sera demandée sous forme d’argent liquide. Les billets de banque sont ainsi consécutifs au mécanisme de création monétaire exercé par les banques privées. C’est ce qui permet à Denis Clerc de dire « Le principal émetteur de monnaie, ce sont les banques. Pas la Banque centrale européenne (BCE), via la Banque de France qui, dans ce domaine, n’est en quelque sorte qu’un de ses établissements nationaux, comme les autres banques centrales des pays qui constituent la zone euro. La BCE émet les billets, pour lesquels elle a d’ailleurs un monopole légal et sévèrement respecté. Mais les moyens de paiement dont nous nous servons ne se réduisent pas aux billets. Nous utilisons quotidiennement des pièces (frappées par le Trésor public qui possède l’Hôtel des Monnaies) et surtout des chèques ou des cartes de paiement par lesquels nous transmettons au bénéficiaire une somme d’argent prélevée sur un compte bancaire que nous possédons. »

        Flou, par le fait qu’on entend également que la BCE assure les refinancements des banques secondaires… mais ce que l’on appelle « refinancement » est le processus par lequel les banques secondaires alimentent en monnaie centrale le compte qu’elles ont à la Banque Centrale. C’est à partir de ce compte qu’elles paient à la Banque Centrale ce qu’elle leur débite pour la fourniture de la monnaie fiduciaire dont elles ont besoin ; c’est encore à partir de ce compte qu’elles règlent ce qu’elles se doivent entre elles. Lorsqu’elles n’ont plus assez de monnaie centrale sur leur compte, elles en obtiennent en cédant des titres à la Banque Centrale. C’est en faisant payer les billets qu’elle fournit aux banques secondaires, en leur débitant un intérêt sur les sommes avancées contre des titres de créances, et en leur demandant un dépôt de garantie , que les Banques Centrales exercent un contrôle sur la création monétaire. Le terme de « refinancement » laisse entendre que les banques ont besoin de refinancer les crédits auxquels elles procèdent, alors qu’il n’en n’est rien. On laisse croire de la sorte que la Banque Centrale est en fin de compte celle qui crée la monnaie, ce qui n’est pas le cas. Elle ne fait que définir les règles du jeu, autrement appelées « règles prudentielles » et contrôler leur application.

        Allez ! suivez-nous en cuisine pour continuer à découvrir comment le système bancaire crée la monnaie.

        Première recette – Le crédit à l’économie ou « la pêche miraculeuse »

        Voilà le moyen le plus courant pour créer de la monnaie scripturale . Bien sûr, tout doit commencer par une demande de crédit. Mais qui n’en n’a pas un aujourd’hui ? Le système se charge bien de nous y inciter, en faisant chanter les sirènes de la publicité, histoire de faire craquer les quelques indécis qui ne souhaitaient pas spécialement vivre à crédit . Vous voilà donc en besoin de 1000 euros, prêt que votre banquier vous consent. A quoi cela se résume-t-il ? A une simple écriture comptable dans les livres de la banque : à l’actif de son bilan une créance de 1.000, et au passif la contrepartie, les 1000, portés au crédit de votre compte de dépôt à vue (DAV) . Et voici 1000 euros créés ! Vous allez les utiliser pour vos achats, voire en épargner une partie ; bref ils vont circuler dans la communauté jusqu’à échéance, quand vous aurez remboursé la totalité du crédit. Alors ? Tout disparaîtra ; la monnaie sera totalement détruite, sauf les intérêts, mais nous y reviendrons. Ainsi l’augmentation de l’actif bancaire - créances sur l’économie - entraîne un accroissement de la masse monétaire - en dépôt à vue -, tandis qu’une diminution de l’actif bancaire – le remboursement des créances - entraîne au contraire une réduction de la masse monétaire. On peut donc dire qu’une demande de crédit des agents non bancaires conduit à une augmentation de la masse monétaire lorsqu’elle est satisfaite.

        Pour ma part je proposerais : » La monnaie est créée par les banques commerciales, seules autorisées à ce faire, lors d’une demande satisfaite de crédit dépassant les épargnes antérieures disponibles ; le demandeur de crédit est donc cocréateur de monnaie »

        Il y a 3 sources de création monétaire, contreparties de la masse monétaire créée : 1) Contrepartie extérieure (marché des changes) ; 2) Créances nettes sur l’Etat ; 3) Créances sur l’économie (ménages et entreprises) »

        Deuxième recette - la monétisation d’actifs non monétaires ou « l’eau changée en vin »

        Dans l’exemple précédent, vous aurez compris que les 1000 euros que vous auriez pu demander sous forme de monnaie sonnante et trébuchante si vous l’aviez souhaité et qui, dans tous les cas, sont du « vrai et bon argent » pour vous, n’existaient pas préalablement dans votre banque ni dans l’ensemble du système bancaire. D’où viennent-ils ? Pour obtenir ce prêt vous avez dû signer un acte de prêt, outre les garanties que votre banquier vous aura peut-être demandé de donner. C’est le bout de papier que vous avez signé – l’acte de prêt - qui, entre les mains de votre banquier, se transforme en monnaie.

        Les spécialistes disent que « les banques créent de la monnaie en “monétisant” - en transformant en argent - des actifs non monétaires ».

        Mais à ce titre, nous direz-vous, une banque peut acheter la terre entière sans dépenser un sou ! Non ; c’est là qu’interviennent les règles prudentielles, celle du « coefficient de fonds propres et de ressources permanentes », entre autres, qui prévoit que les fonds propres d’une banque doivent représenter au moins 60 % de ses participations et de ses investissements. Cela réduit donc considérablement les possibilités. Il n’en reste pas moins qu’elles ont l’extraordinaire privilège de pouvoir financer leurs pertes et dépenses, pratiquement sans trésorerie. A l’occasion, c’est ce qui permet de masquer des situations catastrophiques, lorsque l’actif des banques repose sur un trop grand nombre de créances irrécouvrables, ce qui a été à l’origine du crack japonais ou du Crédit Lyonnais. Ainsi que le souligne André Chaineau « les banques jouissent de l’exorbitant privilège de créer à partir de rien un titre de créance pour régler leurs obligations (aux fuites près ) », et Maurice Allais de surenchérir : « Dans son essence la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique… à la création de monnaie par des faux monnayeurs. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents ».

        Néanmoins, dans la mesure où les banques commerciales ont le monopole de la création monétaire, elles ne peuvent créer de la monnaie pour elles-mêmes. Acheter un titre c’est financer une entreprise, créer de la monnaie pour acheter un immeuble dont la banque sera propriétaire, c’est pour la banque se financer elle-même. De même, la banque n’a pas le droit de créer de la monnaie pour financer ses propres titres. Elle doit émettre ses propres titres pour trouver des ressources.

        En effet, les banques ne peuvent créer de la monnaie scripturale pour elles-mêmes mais pour des agents non bancaires. Elles le font non seulement en faisant des crédits ou en achetant des devises, mais également aujourd’hui en monétisant des titres (elles financent l’Etat ou les entreprises en achetant leurs obligations ou actions).

        Troisième recette – les effets multiplicateurs ou « la multiplication des pains »

        Vous aurez sans doute remarqué que lorsque vous déposez un chèque sur votre compte en banque, vous n’êtes pas immédiatement crédité. Votre banque se réserve en effet un délai pour compenser les sommes qu’elle doit aux autres banques avec ce que les autres lui doivent. En moyenne elle prend entre un et trois jours pour les chèques « sur place » et entre cinq et sept jours s’il s’agit de chèques « hors place ». Pendant ce délai la banque s’approprie, d’une certaine manière, les sommes portées en compte, qu’elle va pouvoir prêter.

        Imaginons maintenant que les règles prudentielles en vigueur prévoient que les banques ne peuvent prêter qu’à hauteur de 90 % des dépôts qu’elles détiennent, ce qui est actuellement le cas.

        L’exemple qui va suivre se joue dans un système de 4 banques privées (B1, B2, B3, B4, mais vous pouvez remplacer ces sigles par les noms de quatre banques que vous connaissez).

        Vous venez de vendre à un ami une voiture d’occasion pour la somme de 1000 euros qu’il vous remet en chèque. Ces 1000 euros proviennent-ils d’une épargne ou d’un crédit ? Allez savoir, mais peu importe ; pour vous, c’est du bon et bel argent que vous déposez sur votre compte à la banque « B1 ». Voilà donc un dépôt de 1000 euros qui ouvre à votre banque la possiblité de prêter 1000 x 90 % = 900 euros.
        Or, Monsieur B a justement besoin de 900 euros pour effectuer quelques travaux chez lui. Il s’adresse à la banque B1 qui lui accorde ce prêt. Monsieur B établit un chèque de 900 euros à son maçon, Monsieur C, qu’il dépose sur son compte à la banque B2. Les 900 euros prêtés à Monsieur C par la banque B1 deviennent ainsi dépôt à la banque B2. B2 peut dès lors prêter 900 x 90 % soit 810 €.
        Monsieur D entre dans sa banque, la banque B2. Vous savez pourquoi ? Il a besoin d’un prêt de 810 euros… Il lui est octroyé et Monsieur D peut ainsi régler son fournisseur, Monsieur E, de cette même somme qu’il dépose à sa banque, la banque B3, qui peut maintenant prêter 810 x 90 % = 729 euros
        Est-ce nécessaire d’aller plus loin ? Allez, encore une fois pour le « fun ». Monsieur F obtient un crédit de 729 euros à la banque B3, qui trônent en belle place sur un chèque que Monsieur G, à qui il devait cette somme, porte sur son compte à la banque B4, que cette dernière prête à Monsieur H à hauteur de 90 % soit 656 euros, et ainsi de suite.
        Que s’est-il passé en réalité ? Votre dépôt initial, dont on ne sait d’ailleurs s’il provenait d’un prêt, a créé et mis en circulation, « en plus“des 1000 euros de départ et dans le cadre de cet exemple limité à 4 échanges : 900+810+729+656 = 3095 euros.
        Le dépôt s’est transformé en crédit, qui redevint dépôt, puis crédit, puis dépôt… au point que l’on s’y perd et que l’on peut se demander ‘ qui de l’oeuf ou de la poule est venu en premier ?’ Une chose est certaine, c’est qu’en 1960, la monnaie en circulation en France - ou masse monétaire - convertie en euros, était équivalente à 14 milliards et qu’en 2000 elle était passée à 378 milliards d’euros sous l’effet de l’inflation et de l’augmentation de la production. Ce sont 364 milliards supplémentaires, donc 27 fois la masse monétaire initiale qui ont été créés en 40 ans grâce aux mécanismes que nous décrivons !

        Quatrième recette – l’intérêt ou ‘ la cerise sur le gâteau ’

        Il y a une chose que nous n’avons pas précisée dans notre exemple précédent ; les prêts consentis à messieurs B, D, F et H ont été assortis dun intérêt à 10 % l’an. Imaginons qu’ils aient tous remboursé leur prêt en une fois au bout d’un an. Ils auront remboursé : 990 + 891 + 802 + 721 = 3404 contre, rappelez-vous, 3095 euros créés, soit une différence de 309 euros versée au système bancaire sur de la monnaie qui ne lui appartient pas. Mais pourquoi dire que l’intérêt est de la création monétaire ? N’est-il pas tout simplement une charge que le banquier prélève sur notre richesse ?
        Nous n’insisterons jamais assez sur ce fait ! Depuis que la monnaie n’est plus gagée sur l’or, elle n’existe plus que sous forme de crédit. L’argent qui circule dans la communauté mondiale n’est que la différence qui existe entre la masse de l’argent prêté et celle de l’argent remboursé ; chaque jour de nouveaux prêts consentis viennent grossir la masse monétaire, chaque jour des crédits sont remboursés, partiellement ou totalement et font diminuer d’autant la masse monétaire. Alors imaginez… Imaginez que tout le monde, particuliers, entreprises, collectivités locales et Etats décident pour en finir une bonne foi, de rembourser l’intégralité de leurs dettes. Et bien, selon le principe que nous venons d’ énoncer, il n’y aurait plus un sou vaillant sur cette terre. Plus encore ! Nous serions dans l’impossibilité de le faire car, par le biais de l’intérêt, il nous est demandé de rembourser plus que ce qui a été mis en circulation !

        Bien sûr, cela ne saute pas aux yeux, à moins de faire un ‘ arrêt sur image ’ comme nous venons de le faire, car l’existence de la monnaie est la conséquence d’un cycle permanent. Mais la question reste posée : comment payer un intérêt dont le montant n’a pas été créé au préalable, sans assécher complètement la masse monétaire au fil du temps ? Est-il possible de récupérer plus d’eau que celle versée dans le bassin ? Il y a là une impossibilité arithmétique que le système résout en entraînant tout simplement la communauté dans du ‘ toujours plus ’ de crédits, pour pouvoir créer la monnaie nécessaire au remboursement des intérêts .

        Comprenez-vous maintenant les ‘ vraies raisons ’ de l’invitation à la ‘ croissance ’ déclinée sur tous les tons et répétée tel un mantra ? Comprenez-vous aussi pourquoi, au lendemain (ou surlendemain ?) du 11 septembre 2001, dans l’un de ses premiers discours, G.W Bush a déclaré : ‘ il faut soutenir la consommation… ayez confiance !’ Eh oui, si la confiance disparaît, on est beaucoup moins enclin à s’endetter, donc moins de crédits… moins de masse monétaire… On ne peut plus rembourser les échéances à moins de s’appauvrir… et c’est tout le système bancaire et économique qui s’écroule ! Pour enfoncer le clou, il a aussi fait diminuer les taux d’intérêts histoire de ‘ pousser à la consommation ’.

        Voilà en quoi l’intérêt est créateur de monnaie. Mais c’est bien là ‘ son moindre défaut ’. Les ‘ dommages collatéraux ’ qu’il provoque, pour plagier l’élégance verbale que l’on se plait à utiliser pour édulcorer l’horreur, sont bien pire :
        • Il est la cause principale de l’inflation, puisque avec un crédit à 5 % par an par exemple, c’est le double de la somme empruntée qui doit être remboursée sur 15 ans, par le jeu des intérêts composés . Etrange qu’un système qui dénonce l’inflation comme ‘ ennemi public numéro un ’ et en assigne la chasse à son autorité centrale - puisque telle est la mission première et quasi unique de la BCE - en soit le principal responsable !
        • Il est la cause profonde de la course à la croissance qui, si elle se conçoit lorsque l’on considère les choses sous l’angle exclusif de l’économie, devient mortifère lorsqu’on élargit le panorama à l’homme et à la nature.
        • Il est le premier responsable de la pauvreté dans le monde et de l’élargissement de la fracture sociale. Puisque les prix que vous payez sont constitués à 40-45 % du seul poids des intérêts, comme l’ont mis en évidence dans leurs études Magrit Kennedy et Ralph Becker cités en notes, vous imaginez la somme colossale qui est transférée du monde économique au monde financier ! Il contribue à l’asphyxie du premier et à la congestion du second ; il provoque surtout le transfert de la richesse des plus démunis vers les plus nantis. Magrit Kennedy, dans l’étude qu’elle présente dans son livre ‘ Libérer l’argent de l’inflation et des taux d’intérêts ’ aux éditions Vivez Soleil, met en évidence que pour la population allemande, classée en 10 tranches de revenus, lorsque l’on fait la balance entre les intérêts créditeurs, versés à l’épargne, et les intérêts débiteurs prélevés au crédit, le solde n’est positif que pour la 10e tranche, celle des plus riches, équilibré pour la 9e et négatif pour les 8 autres. Elle souligne aussi que le solde est d’autant plus négatif que l’on est pauvre et d’autant plus positif que l’on est riche !

        LES FAUX MONNAYEURS

    • Jibus
      Jibus répond à SEPTICUM
      citoyen du vaste monde
      • Posté à 01h12 le 06/02/2009
      • Internaute 34102
        citoyen du vaste monde

      Belle démonstration technique et fort pédagogique. Cela dit, t’oublies quand même, que l’argent qui n’existait pas a produit dans l’intervalle nécessaire à la réalisation du crédit, des intérêts, remboursés majoritairement dans la 1ère moitié du terme. En somme, si un défaut de paiement intervient en fin de crédit, la Banque se rembourse sur les garanties des contractants, d’une somme qu’elle n’a jamais eue ni dépensé.
      Le grand alchimiste Nicolas Flamel, voulait transformer le plomb en or, les banques sont beaucoup plus fortes, elles font de l’oseille à partir de RIEN ! ! !

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 20h32 le 04/02/2009
    • Internaute 24252
      卑語

    Il me semble qu’on peut ouvrir un compte à la banque de france

  • hagalma
    • Posté à 21h00 le 04/02/2009
    • Internaute 8451

    Pas rassurant tout ça, bien qu’on s’en doutait depuis longtemps : les politiques ne contrôlent pas grand chose...
    Les médias vont-ils faire assez de vacarme de cette commission des finances de l’Assemblée nationale pour que l’entretien de demain (c’est demain, n’est-ce pas ?) avec Compassion 1er soit autre chose qu’une guignolerie méprisante du citoyen ?

    J’ai l’impression qu’il va y avoir un printemps de Paris...

  • le_bienheureux
    • Posté à 21h05 le 04/02/2009
    • Internaute 63135

    Je vous conseille, le très bon livre « La dette publique, une affaire rentable - à qui profite le système » ed. Yves Michel
    de Holbecq et Derudder.
    Une excellent explication sur le système de la fabrication de l’argent, des crédits, de la dette publique...

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 21h31 le 04/02/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    Et l’autre qui veut « moraliser » le capitalisme...Elle est belle leur morale à ces pourris.

  • sinclair
    • Posté à 22h05 le 04/02/2009
    • Internaute 2580

    Mort de rire si ce n’était pas si triste et en fin de compte notre argent.

    Non les banques n’avaient pas vraiment besoin de cet argent elles auraient juste fait moins de bénéfice mais puisque l’etat a donne sans contrepartie pourquoi se priver. La seconde tranche demande quelques contreparties (modeste) donc refus.

    Tant les USA que l’Angleterre aont pris des participations dans le capital donc ces États peuvent faire valoir des exigences, que la France ne peut demander.

    C’était prévisible mais si tôt et avec aussi peu de forme c’est hilarant. Cela montre a quel point l’état (nous) s’est fait rouler dans la farine, volontairement ?

    • Airinys
      Airinys répond à sinclair
      • Posté à 23h35 le 04/02/2009
      • Internaute 52467

      L’Etat français n’a pas pris de participation dans les banques françaises afin qu’elles puissent bénéficier du plan Paulson pour leurs activités US. Dexia qui connaît de grandes difficultés, a été évincés à cause de la clause interdisant que le plan bénéficie à des établissement sous contrôle de gouvernement étranger.

      • sinclair
        sinclair répond à Airinys
        • Posté à 08h47 le 05/02/2009
        • Internaute 2580

        Le coup du beurre et de l’argent du beurre, mais non ! même pas, ce plan n’a jamais servis a racheter les actifs toxiques dans le monde.

        La premiere tranche de ce plan a ete reoriente vers la consommation tant qu’a la deuxieme tranche on reflechit encore a son utilisation.

         
        • Airinys
          Airinys répond à sinclair
          • Posté à 13h30 le 06/02/2009
          • Internaute 52467

          Pire, une partie de la première tranche a servit strictement soutenir les bilans. Il y a le cas consternant chez Citigroup où l’aide de l’Etat = montants des bonus 2008

        1 autres commentaires
  • Servais-Jean
    • Posté à 22h21 le 04/02/2009
    • Internaute 4591
      43

    Pas de pierrrrre, pas de juan, pas de....je suis déçu.
    Je reviendrai plus tard.

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 22h55 le 04/02/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Pourquoi ne sont ils pas en garde à vue ?

    Un banquier est celui qui vous prête un parapluie quand il fait soleil, et vous le reprend lorsqu’il pleut.

    Du grand banditisme.

    • nayko
      nayko répond à Lemmy_Nothor
      Troubadour urbain
      • Posté à 23h11 le 04/02/2009
      • Internaute 14789
        Troubadour urbain

      « La puissance d’argent fait sa proie de la nation en temps de paix et conspire contre elle en temps d’adversité. Elle est plus despotique que la monarchie, plus insolente que l’autocratie, plus égoïste que la bureaucratie. (...) Les groupes financiers et industriels sont devenus tout puissants, il s’ensuivra une ère de corruption aux postes élevés et la puissance d’argent du pays cherchera à prolonger son règne en utilisant les préjugés du peuple jusqu’à ce que la fortune soit concentrée en un petit nombre de mains et la république détruite. »
      Abraham Lincoln.

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à nayko
        - Gone fishing !
        • Posté à 06h51 le 05/02/2009
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Comme disait Dylan....Money doesn’t talk, it swears.

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 23h11 le 04/02/2009
    • Internaute 59121
      Promeneur

    Les députés en ce moment avalent couleuvres et chapeaux.
    Pour les récompenser ils ont le droit au bras d’honneur des banquiers.
    Que demander de plus ?

    Ah oui, ils sont payés par nos impôts, donc tout va bien. C’est le mouchoir qui drape leur dignité.

  • Airinys
    • Posté à 23h24 le 04/02/2009
    • Internaute 52467

    « Qu’on nous laisse spéculer en paix ». Consternant !

    1. Oui, l’apport de liquidité a été marginal et ponctuel, mais néanmoins décisif au lendemain de l’effondrement de Lehman, quand personne ne voulait plus prêter aux banques. On est passé à 2 doigts de l’effondrement du système financier global.

    2. Il y a moins de demande ? De qui se moquent-ils ? Ils refusent obstinément depuis 2 mois d’apporter les liquidités que réclament les constructeurs automobile !

    3. Le système bancaire français a produit en une seule année :
    - 5 milliards € de pertes frauduleuse pour la SGCIB dans l’affaire Kerviel
    - 700 million € de pertes frauduleuse à la CNCE
    - 200 million € de pertes frauduleuse chez Calyon
    - 1,3 milliards € de pertes pour Dexia
    - 1 milliards € de pertes (au moins) pour la CDC
    Ne parlons même pas des positions à risques prises en crédit pourris, en toute conscience de leur opacité !
    Oubliés les contrats de prêt immobiliers litigieux du Crédit Foncier ?
    La France a du retard par rapport aux pays cité en matière de surendettement des ménages, n’empêche que le loup est dans la bergerie, et il s’appelle « crédit révolving ».

    4. En ce cas, si cela plaît au peuple souverain, leurs dividendes participeront à l’effort de solidarité ! On ne peut pas dégager un bénéfice monstre (2 milliards € pour la société générale), verser un dividende, bonusser les perdants et licencier des salariés pour compenser !

    5. Oui paradis fiscal, où sont enregistrés juridiquement des fonds d’investissements gérés depuis Paris, et connus pour lessiver l’argent du crime organisé !

    Le rapport de force entre le pouvoir politique et les pouvoir financier ne fait que commencer. Après 30 ans de renoncement, de diktat bancaire sur la planète, il est tant que les travailleurs reprennent le contrôle de l’outil financier. Une banque a pour mission principale l’apport de liquidité à l’économie, et certainement pas le profit, qui est un moyen, pas une fin.

    Ce rapport de force a commencé en janvier 2008 lorsque Sarkozy à réclamé la tête de Bouton, il a connu une première victoire lors de l’éviction de Charles Milhaud de la CNCE. Un petit rappel des pouvoirs du peuple souverain dans le préambule de la constitution de 1946, repris dans la constitution de la 5ème République :
    « 9. Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. »

    Obama, Brown sont sur une ligne étatique, reste à convaincre Merkel, et l’Occident aura (enfin) les moyens de reprendre le dessus sur la finance transnationale.

    La finance a été sanctuarisée, et ce sera probablement le seul secteur qui aura bénéficié d’un vrai plan d’aide de l’Etat français. Je suis choqué de constater un tel manque de civisme, et de solidarité et de décence de la part des dirigeants des banques, les salariés étant bien moins arrogants.

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