Patrick Jarreau

La course à l'Elysée et autre actualité politique vue par l'ancien directeur de l'information du Monde.

Les syndicats font l'union nationale sans le dire

Patrick Jarreau
Journaliste
Publié le 01/04/2009 à 18h35

Un étonnant dialogue s’est installé entre les syndicats et le pouvoir. Grâce à Thibault, Chérèque, Mailly et aux autres, la colère sociale peut s’exprimer de façon à la fois forte et consensuelle. Peut-être que l’union nationale face à la crise, union dont certains regrettent parfois l’absence, n’est rien d’autre cette alternance de protestation dans la rue et de débat à l’Elysée et dans les médias.

Les spécialistes retraceront un jour les origines de cette relation inédite entre les syndicats et un pouvoir de droite, avec en plus -autre particularité insolite- une unité syndicale stupéfiante. Les chantiers ouverts en 2007, sur le contrat de travail, les régimes spéciaux de retraite, la représentativité syndicale, etc., ont aidé les syndicats à assumer davantage de responsabilité dans l’évolution du système social français. Cet engagement doit beaucoup, aussi, à la loi sur la modernisation du dialogue social, voulue par Jacques Chirac et adoptée à la fin de sa présidence.

Séparation entre syndicalisme et action politique

Au pays de la Charte d’Amiens, qui a codifié il y a plus d’un siècle la séparation entre syndicalisme et action politique, les syndicats n’ont pas -ou plus dans le cas de la CGT, associée au Parti communiste pendant la seconde moitié du vingtième siècle- de liens organiques avec les partis de gauche, à la différence de leurs homologues britanniques ou allemands. Cela leur donne une légitimité potentielle, qu’ils n’exploitent pas toujours, pour parler au nom des salariés en général, indépendamment des préférences partisanes. Quand les circonstances leur permettent de sortir de leur pré carré du secteur public, ils sont reconnus comme porte-parole par la grande majorité des Français.

Cela n’empêche pas des conflits violents comme ceux de Continental et de Caterpillar, ni des agressions contre des patrons comme François-Henri Pinault mardi. La rencontre entre une des plus grosses fortunes de France, abondamment célébrée ces dernières années -celle de François Pinault père, par ailleurs ami de Jacques Chirac hier et de Ségolène Royal aujourd’hui-, et de suppressions d’emplois comme celles qui ont été annoncées à la FNAC et à Conforama ne peut pas ne peut pas faire d’étincelles. Les grands prédateurs de l’industrie et de la finance ne demanderont pas qu’on les plaigne, étant entendu que le droit et la dignité doivent être respectés en tous lieux et pour tous.

La mise en scène du G20

Il est significatif que Nicolas Sarkozy ait reçu les dirigeants syndicaux, lundi, pour parler de la réunion du G20. Bien sûr, l’approche du sommet de Londres était un prétexte pour faire le point sur les mesures sociales annoncées après le sommet social de février.

Mais le président cherche à prendre le vent de la protestation contre le système et ses bénéficiaires, qui ont produit la crise. Mercredi matin, sur Europe 1, il a installé sa mise en scène du G20 en se plaçant en chevalier de la moralisation -contre les bonus des traders, contre les paradis fiscaux, pour le contrôle des agences de notation et des fonds spéculatifs- face à ceux, non précisés, qui chercheraient à faire repartir la machine sans la réformer.

Sarkozy tente ainsi d’exploiter la réunion de Londres pour améliorer sa cote de popularité, mais le débat sur les choix que doivent faire les dirigeants nord-américains, européens, sud-américains, africains et asiatiques face à la crise ne suscite pas un grand intérêt en France. Naturellement, on peut toujours compter sur Attac pour proclamer que les dirigeants en question sont tous des nuls vendus au grand capital -je résume-, mais, en dehors de cette contribution prévisible, la discussion est des plus restreintes. Un petit circuit personnel des endroits où l’on peut apprendre beaucoup de choses passe par ici, ici et aussi ici.

Les socialistes entre Obama et Sarkozy

Politiquement, l’écheveau des positions en présence est difficile à démêler. Les socialistes sont embarrassés. D’un côté, Barack Obama et Dominique Strauss-Kahn disent qu’il faut mettre beaucoup plus d’argent dans la relance, ce qui justifie la position du PS reprochant à la droite l’insuffisance de son plan, centré sur l’investissement.

D’un autre côté, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel demandent davantage de régulation des activités financières et de contrôle sur les banques, les fonds spéculatifs, les agences de notation et les placements « off shore », ce que la gauche ne saurait critiquer.

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  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 18h44 le 01/04/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    dire que françois pinaut a été agressé hum ! ! ! humm ! ! ! !
    si tout continue comme ça les patrons vont VRAIMENT se faire agressés
    pas seulement chahuté dans leurs voitures
    peut etre les grandes manifs paraissent aux redacteurs de l’article comme des sortes de grandes messes consensuelles ; mais nous ne sommes pas à l’abri d’un dérapage parti d’un point de fixation
    les gens ne vont pas dans les manifs de façon « consensuelle » mais pour se compter et discuter entre eux
    je sens tous les travailleurs prets à se passer des syndicats (et du NPA ou de LO) pour mettre en place des coordinations
    quand ça va commencer (si ça commence bien sur) je ne donne pas cher de la peau du pouvoir
    sarko, les patrons, les députés ump et les social traitres du PS vont comprendre ce que veut « crise sociale »
    beaucoup de gens sont pret à cela
    regardez bien la manif du premier mai, malgré le grand week end il y aura du monde

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 18h50 le 01/04/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Déclaration de la Région Métallurgie CGT Nord/Pas de Calais.
    ...
    La puissance du mouvement social qui grandit en France ulcère les technocrates de Bruxelles et de la CES. Ils exigent que la direction confédérale CGT fasse le ménage plus vite et plus fort, la chasse aux sorcières est organisée : en premier lieu couper les vivres en utilisant le nouveau système financier COGETIS à ceux et celles qui appellent depuis plus d’un an, au tous ensemble mais aussi l’éviction de militants investis de responsabilité ayant une expérience de classe de plus de 20 ans qui refusent d’appliquer l’orientation réformiste qui sera portée par le 49é congrès confédéral de décembre 2009.
    La recomposition syndicale européenne est engagée autour de l’axe CGT/CFDT dans le cadre de leur future fusion, ils veulent que cela se fasse rapidement, c’est la ligne du secrétaire général Thibault qui a été dictée lors de la réunion du 7 janvier 2009 avec comme mot d’ordre « taper fort sur ceux qui résistent » ce qui explique le manque de soutien à toute les luttes engagées en bas, tout comme les assemblées de militants comme celle de l’auto qui demandent de l’action sans aucun écho de leur fédération.
    LA CGT RESTERA-T-ELLE UNE ORGANISATION FIDELE AUX OBJECTIFS DE CLASSE DEFINIE A SA NAISSANCE EN 1895 OU VA-T-ELLE DEVENIR UN OUTIL AU SERVICE DE LA REFONDATION DU CAPITALISME ? L’ENJEU EST LA.

  • désactivé à la demande du riverain
    • Posté à 18h54 le 01/04/2009
    • Internaute 73962
      ...

    Pour être tout à fait honnête, Monsieur, vous devriez rappeler que la CGT, grand vainqueur des prud’homales, a obtenu aux susdites élections le score glorieux de 8% des salariés inscrits ! Vous devriez aussi rappeler que notre pays traverse une crise terrible comme elle n’en a jamais connue. Vous devriez rappeler aussi que les dirigeants syndicaux viennent tous du public et que les manifs ont rassemblé essentiellement des agents du public qui bénéficient d’un emploi à vie.

    • Autist Reading -
      • Posté à 19h18 le 01/04/2009
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Tout çà malgré votre investissement sans limite dans les organisations de protection des travailleurs.
      Que voulez-vous ? Les gens n’ont pas le temps de militer à nos côtés, il n’ont aucun sens de la fraternité républicaine, et sont bien trop occupés à travailler pour le Capital ou pour l’Etat afin de fonder des familles, plutôt que de travailler avec nous pour fonder l’Humanité.
      Ils devraient au moins réclamer la fonctionnarisation de toute l’économie, afin que tous le monde bénéficie d’un emploi à vie.

      Je vous remercie de votre post, c’est un vibrant appel à s’engager dans le combat syndical, je suis sûr qu’il touchera un grand nombre d’hésitants.

      Salutations fraternelles.

    • metallo
      • Posté à 23h17 le 01/04/2009
      • Internaute 61883
        amiantable

      Étiez vous dans la rue lors des deux manifestations ? A vos propos il semblerait que non, car vous auriez alors vu que les travailleurs du privé étaient en grand nombre et très déterminés. La crise, les travailleurs n’en sont pas responsables. Vous les connaissez aussi, alors pourquoi ne pas les citer.Pourquoi encore une fois, les gabegies de la finance et des pouvoirs en place devraient être payées par les travailleurs, qu’ils jettent après les avoir pressés un maximum pour toujours plus de profits.
      Et même si le nombre de syndiqués est malheureusement bas, la révolte elle sera à la hauteur des atteintes portées. Il se pourrait également qu’elle soit par manque d’espoirs, de celles qui modifie profondément le pays, par
      la violence et la détermination qu’engendre le désespoir.

  • InitiativeDharman
    InitiativeDharman
    Berger dans les nuages
    • Posté à 19h20 le 01/04/2009
    • Internaute 56651
      Berger dans les nuages

    Vous y allez un peu fort en disant que les syndicats n’entretiennent pas de liens privilégiés avec les partis politiques....
    Tout le monde sait que la CGT, FO et la CFDT roulent pour le PS désormais puisque le PC ne fait plus recette. Voire pour la CFDT, pour le Modem.
    Quant aux syndicats non-représentés, il n’est guère difficile de faire les liens : CFTC, centre-gauche ; SUD avec le NPA, CGC, je vous laisse deviner.Et les autres n’ont d’indépendant que le nom.
    Bref, hormis les syndicats patronaux, la quasi totalité des adhérents roulent à gauche ou au centre, ce qui semble logique lorsque l’on est salarié...

    Quant aux régimes spéciaux et autres bisbilles individualistes négociées par la CGT pendant que l’on perd une journée de salaire à faire grève....Je n’appelle pas çà du dialogue social démocratique et juste.

    La France est un pays très pauvre en terme d’encartés syndicaux.
    Les salariés n’ont pas confiance envers leurs syndicats tout comme ils n’ont plus confiance en leurs hommes politiques.
    C’est çà la modernisation du dialogue social ?
    Une minorité de syndiqués ? Des délégués en col blanc qui ne connaissent plus rien de la réalité du terrain ? Qui agissent non pour l’ensemble des salariés mais pour des corporations de travailleurs ?

    Ils ont de moins en moins de crédit auprès des salariés et pour cause...

    Trois millions de manifestants, combien de syndiqués ?
    Allez, 300000 ? Et encore...

    Quant au G 20, tout le monde sait que c’est une mascarade.
    A peine pourront-ils masquer (à droite comme à gauche) leur impuissance et là se trouve peut-être la solution...pour le citoyen.

    • Oeillet rouge
      Oeillet rouge répond à InitiativeDharman
      rêve générale
      • Posté à 23h59 le 01/04/2009
      • Internaute 72489
        rêve générale

      Je cherche l’article et la discussion sur les enjeux du G20 sur Rue 89.

      Pouvez-vous m’aiguiller ?

      Si le sujet vous intéresse, voir ici :

      Lien

      et ici :

      Lien

      Sinon, je remarque que sur les deux sites (Rue89 et Agoravox) une Pub Eurostar nous invite à partir tous à Londres !

      Les affaires sont les affaires...

    • FO le dire
      FO le dire répond à InitiativeDharman
      Nantes
      • Posté à 18h06 le 02/04/2009
      • Internaute 24404
        Nantes

      « Tout le monde sait que la CGT, FO et la CFDT roulent pour le PS désormais puisque le PC ne fait plus recette. Voire pour la CFDT, pour le Modem.. “
      C’est qui ‘tout le monde’ ? L’opinion publique et son fameux ‘on’ qui englobe tout et n’importe quoi et qui en fait ne représente rien du tout ?
      Ou alors ces millions de français non syndiqués qui ne connaissent donc pas le militantisme syndical ? Peut-être un peu des deux ...

      Depuis le chisme qui a ébranlé la CGT en deux branches et à cause justement les liens politiques avec le parti communiste, le syndicat FO (en entier CGT-FO) s’est toujours positionné comme un syndicat indépendant du pouvoir politique, tout comme de la contestation politique.

      Libre et indépendant, c’est un des slogans de FO. Je connais un peu les militants FO, en étant moi-même militante (si on utilise ce terme là aussi, tout comme en politique) et je peux vous assurer que comme dans le reste de la population, les socialistes sont pas forcément appréciés, et FO ne roule pas pour le PS comme vous dites. Chaque personne a ses opinions politiques. Mais quand on est dans le cadre syndical, on pense en d’autres termes. Non pas en terme de politique mais en terme de défense des droits des travailleurs.

      Je vous invite à vous rendre à un meeting de FO, vous verrez bien si le principal c’est la défense des intérêts des travailleurs ou bien pour quelle machine politique on va rouler aux prochaines élections. Pendant l’alternance démocratique, le combat militant syndical continue, y a tout à voir.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à FO le dire
        In enculo cum vibro
        • Posté à 18h16 le 02/04/2009
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Et ne pas appeler à la grève générale illimitée, quand les coups portés au prolétariat sont si violents, c’est pas de la collaboration de classe, une trahison de ceux qui prétendent présider l’héritage de Pelloutier et Pouget ?

      • InitiativeDharman
        InitiativeDharman répond à FO le dire
        Berger dans les nuages
        • Posté à 18h59 le 02/04/2009
        • Internaute 56651
          Berger dans les nuages

        Je vous ai notée « pertinent ». Mais, étant moi-même syndiqué, j’ai bien noté le double-discours et surtout les actes pris lors des réunions sociales patronat-syndiqués et j’en ai été très déçu Mais je conserve ma carte.
        Vous avez raison, normalement dans le cadre syndical on devrait penser en terme de défense des salariés et pas en terme de politique. Le problème, c’est que c’est loin d’être le cas. ce qui explique je crois le désintérêt des salariés pour l’action syndicale.
        Certes FO ne roule peut-être pas pour le PS, mais l’inverse ?
        çà vaut, bien entendu, pour tous les autres syndicats.

  • désinscrit-
    • Posté à 20h15 le 01/04/2009
    • Internaute 736

    Je crois qu’on peut comparer, le lien entre les directions syndicales et les militants de base, à l’écart qu’il existe entre le patron et le salarié de base d’une grosse entreprise ;

    L’écart se creuse, le décalage est de plus en plus énorme, warning ! ! L’article est peut être juste en ce qui concerne les directions mais ces dernières risquent de ne plus être écoutés, tous les postulats tomberont, si cela arrive.

  • affreuxjojo
    • Posté à 20h28 le 01/04/2009
    • Internaute 29421

    Norton.
    Ne t’avances pas trop vite sur le terrain de la représentativité. Avec 120 000 adhérents l’UMP ne représenterait que 0,2 % de la population Française. Soit peanuts. La CGT qui fait 8% des salariés fait exactement 40 fois mieux en matière de représentativité.

    • metallo
      metallo répond à affreuxjojo
      amiantable
      • Posté à 23h20 le 01/04/2009
      • Internaute 61883
        amiantable

      Voui, voui l’ affreuxjojo. Ils vont bientôt pouvoir entrer dans une cabine téléphonique, s’ils en laissent quelques unes !

  • affreuxjojo
    • Posté à 20h36 le 01/04/2009
    • Internaute 29421

    Norton.
    Je suis salarié du privé et dans une petite entreprise comme la mienne, il est pratiquement impossible de se défendre, de faire grève ou d’aller manifester. Alors je suis très content que les salaires, les acquis sociaux et le droit du travail soit défendus pour moi par d’autres, qu’il soient du public ou du privé.

  • liberationdelevangilepopulaire
    liberationdelevangilepopulaire
    sans mandat du ciel ni de (...)
    • Posté à 21h33 le 01/04/2009
    • Internaute 71809
      sans mandat du ciel ni de (...)

    Magouilles, postures et connivences des pouvoirs :

    « Grâce à Thibault, Chérèque, Mailly et aux autres, la colère sociale peut s’exprimer de façon à la fois forte et consensuelle. »
    - C’est-à-dire creuse et inutile.

    Il est temps de marcher en libres assemblées -
    sur l’assemblée !
    Lien

  • metallo
    metallo
    amiantable
    • Posté à 23h25 le 01/04/2009
    • Internaute 61883
      amiantable

    Ne serait ce pas la une manière de déconsidérer les syndicats aux yeux de la population, afin de mieux maintenir le pays et ses travailleurs sous la coupe du dictadent et de ses complices de la finance ? ! Encore une tentative d’intox !

  • adamet
    adamet
    travailleur social
    • Posté à 10h18 le 02/04/2009
    • Internaute 29449
      travailleur social

    C’est là une analyse purement superficielle qui ne prend en compte que les apparences médiatiques et en tire des conclusions pour le moins hasardeuses.

    Dans les mobilisations actuelles, les syndicats n’ont guère le choix , ils sont contraints d’agir par le demande sociale qui est très forte : comment arrêter les actions nationales alors que la très grande majorité des salariés et des adhérents et militants poussent à la roue ?

    Il ne s’agit pas là d’une stratégie délibérée qui se situe dans la suite des négociations sociales antérieures. Au contraire, nous assistons à un véritable grippage d’une institutionnalisation annoncée des syndicats. La « modernisation du dialogue social » mise en avant par l’auteur de l’article ne pouvait fonctionner qu’en période calme de consensus social : avec la crise le consensus social se fissure et met à mal les stratégies syndicales qui ont tout misé sur ce dialogue social : la CFDT qui est l’expression la plus visible est en difficulté...mais d’autres aussi. Les conflits « violents » (Jarreau fait vraiment fort quand il met Pinault dans ce cas !) ne sont que la partie visible d’une conflictualité plus large. Les UMP et le Medef ont beau essayer de se rassurer, ces mobilisations existent aussi largement dans des entreprises du privé et quelquefois dans des secteurs qui ne sont pas traditionnellement connus pour leur combattivité.

    Que des contacts se maintiennent entre le gouvernement et les syndicats c’est normal dans la mesure où des négociations sont demandées. Ces contacts traduisent aussi la crainte du gouvernement devant le mouvement social et le souci de ne pas l’affronter trop ouvertement. Du côté des organisation syndicales, il a un flottement stratégique devant ce changement de période : elles donnent le sentiment de prolonger une période d’observation et de ne pas trop savoir quoi faire dans l’immédiat. Elles ont aussi le souci de garder des forces pour une crise qui va durer et d’inscrire les actions dans la durée.

    Rien à voir avec une « union nationale » ( Jarreau prend là ses désirs pour des réalités), tout au plus une commune indécision ( phase d’hésitation) entre le gouvernement et les syndicats.

    • FO le dire
      FO le dire répond à adamet
      Nantes
      • Posté à 18h19 le 02/04/2009
      • Internaute 24404
        Nantes

      Votre analyse est fine, bien plus que ne l’est l’article. Effectivement il me semble aussi que nos instantes nationales sont en flottement, ne sachant que faire. Certains cependant ont appelé à une action durable (c’est le cas de FO, du moins dans un premier temps).

      On dit que la base pousse à le roue... pas sûr. Je ne suis pas sûre que les travailleurs soient prêts à une grève générale reconductible... pour l’instant.
      Mais il suffira peut-être de peu de choses (une détérioration supplémentaire de la situation sociale déjà bien dégradée) pour que ça bascule.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 13h53 le 02/04/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Depuis 1891 et l’Encyclique « Rerum Novarum », l’Eglise Catholique s’est mis au service du Capital, contre le mouvement ouvrier. Ils appellent çà « la Doctrine Sociale de l’Eglise ».
    Cela se matérialise en1919 par la création de la CFTC, et trouve son expression politique la plus construite avec la « Charte du Travail » de P.Pétain.
    Le corporatisme est une doctrine politique qui a été mise en oeuvre au XXème siècle sous des formes variées, les points communs étant l’organisation d’institutions qui rassemblent patrons et ouvriers, subordonnant les intérêts de ceux-ci aux intérêts de l’entreprise, ce qui entraîne la disparition des syndicats indépendants, des partis politiques et l’instauration d’un régime autoritaire pouvant aller jusqu’au fascisme.
    Les institutions de l’U.E. sont corporatistes. A travers la Confédération Européenne des Syndicats, l’U.E. intégre les syndicats, au côtés des syndicats de patrons, au processus de décision, ce qui les rend inaptes à s’opposer aux-dîtes décisions.
    Les invitations de l’Elysée, avant le G20, avant toute décision qui va contre les travailleurs, procédent du même calcul.
    Si, comme le pense la base, c’est la guerre (séquestrations, sièges), les dirigeants syndicaux, qui participent aux décisions de l’Etat-major ennemi au lieu d’assumer le commandement du prolétariat, risquent pour le moins la sequestration.
    Quant aux partis politiques, je ne vois pas comment ils pourraient reprendre en main l’économie, à moins de s’imposer aux organisations de travailleurs, seules aptes à organiser l’économie.

    « Cléricalisme moderne et mouvement ouvrier » de Marc Prevôtel, aux Editions Libertaires.
    « Corporatisme contre démocratie politique » de Michel Eliard, aux éditions SELIO.
    Les deux sont en vente sur le site de la Fédération Nationale de la Libre-Pensée.

  • zenondekition
    zenondekition
    stoicien
    • Posté à 17h33 le 02/04/2009
    • Internaute 69909
      stoicien

    La situation globale devrait normalement conduire les organisations syndicales et les salariés à modérer leurs actions dans la mesure où la conjoncture économique est particulièrement défavorable

    En réalité c’est à une situation inverse à laquelle on assiste. L’explication de cette situation n’est plus dans la logique mais dans la passion.

    L’effondrement des places boursières est apparu comme un phénomène identique à la fonte des glaces dans les pôles, une catastrophe de grande ampleur médiatique mais d’un intérêt limité dans la vie de tous les jours .Par contre le cumul des plans sociaux, les annonces de réductions des différentes couvertures sociales ( santé , retraits…) alors que les états annoncent tous les jours des investissements colossaux qui aux yeux des salariés ne bénéficient qu’aux entreprises et à leurs dirigeants conduisent en réaction à une demande de gel des situations pour protéger les acquis individuels.

    Il existe aujourd’hui une crainte de plus en plus vive des salariés y compris des mieux protégés (que l’on retrouve a travers dans les enquêtes de stress en entreprise) de voir disparaitre leurs mode de vie dans et hors du travail et /ou de se trouver dans une situation individuelle et familiale désastreuse. Les craintes ne portent plus sur l’avenir de soi même ou de ses enfants mais sont axées désormais sur le présent.

    Si les manifestations rassemblent de plus en plus de monde, elles se résument globalement à une juxtaposition de revendications catégorielles dont les solutions sont parfois antagonistes. Les comportements deviennent irraisonnés et font de plus en plus place à la violence d’abord sur les choses puis sur les personnes

    Il y a une dé-crédibilisation totale des politiques, des économistes des journalistes, des chefs d’entreprises, de toute autorité réelle ou supposée justifiée par les nombreuses erreurs de prévisions et de communication de ces dernières décennies.

    En l’absence de solutions visibles, la tendance « il faut tout casser » pour que tout le monde soit au même niveau que l’on a pu observer dans les banlieues françaises ou dans les ghettos certains pays pauvres ou riches est une option tout à fait envisageable aujourd’hui.

    C’est une époque propice à tous les fascismes rouges ou noirs et l’apparition de leaders extrémistes à droite ou à gauche aux solutions simples totalement inefficaces à terme mais tellement faciles à comprendre avec des responsables de tous les malheurs facilement identifiables en raison de leur religion, leur ethnie, leur couleur de peau, leur appartenance à une classe, leurs opinions, leur patrimoine …ou tout autre caractéristique qui sera choisie pour être discriminante.

  • zenondekition
    zenondekition
    stoicien
    • Posté à 17h34 le 02/04/2009
    • Internaute 69909
      stoicien

    La situation globale devrait normalement conduire les organisations syndicales et les salariés à modérer leurs actions dans la mesure où la conjoncture économique est particulièrement défavorable

    En réalité c’est à une situation inverse à laquelle on assiste. L’explication de cette situation n’est plus dans la logique mais dans la passion.

    L’effondrement des places boursières est apparu comme un phénomène identique à la fonte des glaces dans les pôles, une catastrophe de grande ampleur médiatique mais d’un intérêt limité dans la vie de tous les jours .Par contre le cumul des plans sociaux, les annonces de réductions des différentes couvertures sociales ( santé , retraits…) alors que les états annoncent tous les jours des investissements colossaux qui aux yeux des salariés ne bénéficient qu’aux entreprises et à leurs dirigeants conduisent en réaction à une demande de gel des situations pour protéger les acquis individuels.

    Il existe aujourd’hui une crainte de plus en plus vive des salariés y compris des mieux protégés (que l’on retrouve a travers dans les enquêtes de stress en entreprise) de voir disparaitre leurs mode de vie dans et hors du travail et /ou de se trouver dans une situation individuelle et familiale désastreuse. Les craintes ne portent plus sur l’avenir de soi même ou de ses enfants mais sont axées désormais sur le présent.

    Si les manifestations rassemblent de plus en plus de monde, elles se résument globalement à une juxtaposition de revendications catégorielles dont les solutions sont parfois antagonistes. Les comportements deviennent irraisonnés et font de plus en plus place à la violence d’abord sur les choses puis sur les personnes

    Il y a une dé-crédibilisation totale des politiques, des économistes des journalistes, des chefs d’entreprises, de toute autorité réelle ou supposée justifiée par les nombreuses erreurs de prévisions et de communication de ces dernières décennies.

    En l’absence de solutions visibles, la tendance « il faut tout casser » pour que tout le monde soit au même niveau que l’on a pu observer dans les banlieues françaises ou dans les ghettos certains pays pauvres ou riches est une option tout à fait envisageable aujourd’hui.

    C’est une époque propice à tous les fascismes rouges ou noirs et l’apparition de leaders extrémistes à droite ou à gauche aux solutions simples totalement inefficaces à terme mais tellement faciles à comprendre avec des responsables de tous les malheurs facilement identifiables en raison de leur religion, leur ethnie, leur couleur de peau, leur appartenance à une classe, leurs opinions, leur patrimoine …ou tout autre caractéristique qui sera choisie pour être discriminante.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à zenondekition
      In enculo cum vibro
      • Posté à 18h09 le 02/04/2009
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      « facilement identifiables en raison de leur religion, leur ethnie, leur couleur de peau, leur appartenance à une classe, leurs opinions, leur patrimoine … »
      Joli ! ! !
      Tous ceux qui sont contre la propriété privée du patrimoine national, et se situent donc sur le terrain de la lutte des classes, sont comparables aux sectaires, épurateurs ethnique, racistes, inquisiteurs ?

      ABSTINE et sustine

  • survivant
    • Posté à 14h28 le 03/04/2009
    • Internaute 25864

    Il faut être clair les syndicats sont devenus les laquais de l’ultra libéralisme. Quand un thibault, une dumas et un le duigou claironnaient le bien fondé du TCE alors qu’ils en connaissaient la contenance notamment avec ce fameux plombard polonais y a pas un pas entre ces trois hypocrites et les libéraux. Mais ce petit manège collaborationniste ne date pas du TCE il date des années mitterand ou les syndicats ont commencés à ronfler pour ne pas brusquer tonton c’est de là que le libéralisme syndical est né. Lorsque l’on sait encore que 14% des syndiqués CGT ont votés pour sarkozy il y a de quoi se poser de sérieuses questions en matières syndicales. Bon FO n’est guère mieux eux ont collaborés au plan marshall de 1948 pour faire la scission avec la CGT.
    Les syndicats dans la crise actuelle sont largués la seule chose qu’ils essayent de faire c’est de maintenir le couvercle de la cocotte minute pour gagner du temps. Et surtout ils ne veulent pas être tenus pour responsables en cas de dérapage et se retrouver comme leurs copains libéraux la tête sur un pic.

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