Obama à la peine sur la réforme de l'assurance maladie
La capacité de Barack Obama à entraîner les Américains sur les voies nouvelles qu’il leur a promises dépend de la bataille qui se livre, au Congrès et dans l’opinion publique, sur l’assurance maladie. S’il échoue, son leadership sera gravement affaibli.
S’il réussit, Barack Obama conservera intacte une autorité avec laquelle il pourra s’attaquer à d’autres problèmes, comme l’Iran, le Proche-Orient, le réchauffement climatique ou la réforme de l’enseignement.
En menant une campagne presque aussi sauvage qu’il y a seize ans contre Bill Clinton, les républicains ont fait fondre le soutien à l’« Obamacare » (l’assurance Obama). Selon les sondages, le président reste majoritaire, mais la proportion de ceux qui croient à sa réforme diminue.
Malgré des efforts quasi quotidiens -conférences de presse, séances de questions-réponses avec des publics variés, entretiens dans les médias-, Barack Obama, dont c’est habituellement le point fort, ne parvient pas à trouver un langage clair et convaincant, qui suscite l’adhésion massive de l’opinion et oblige ainsi les parlementaires démocrates hésitants à se rallier.
Le sujet est d’une importance capitale pour la société américaine et pour son avenir. Il s’agit de créer une assurance-maladie accessible aux 46 millions d’Américains qui en sont dépourvus. En clair, la question est de savoir si le gouvernement et le Congrès vont mettre en place une couverture santé publique, analogue à celles qui existent au Canada et en Europe. Ce serait un tournant dans l’histoire des Etats-Unis.
La capitulation de Bill Clinton
En 1993, Bill Clinton, qui avait confié le pilotage de la réforme à son épouse Hillary, avait fini par capituler face à la campagne d’enfer menée par les républicains au nom de la liberté et du refus de l’étatisme.
Il avait dû renoncer à toute ambition réformatrice -sauf compromis avec les républicains, comme sur l’aide sociale- et se contenter d’être un bon gestionnaire en période de croissance, ce qui lui avait d’ailleurs permis d’être réélu confortablement en 1996.
Actuellement, les Américains sont assurés par des contrats privés, payés en partie par leurs employeurs et en partie par eux-mêmes. Les tarifs de ces contrats ne cessant d’augmenter, beaucoup d’entreprises et d’assurés y renoncent.
Près de 50 millions de personnes ne sont pas couvertes en cas de maladie ou d’accident. Les plus pauvres peuvent demander à bénéficier d’un dispositif public, Medicaid. Les retraités de plus de 65 ans ont droit au Medicare, qui prend en charge les frais d’hospitalisation et, moyennant une prime modique, les actes et les médicaments.
Le montant des dépenses de santé augmente pour des raisons générales en Occident -allongement de la vie, nouveaux traitements- et pour d’autres propres aux Etats-Unis : frais de gestion et rémunération des assureurs, protectionnisme en faveur de l’industrie pharmaceutique, qui fixe ses prix à l’abri de toute concurrence.
Les contrats d’assurance les plus courants imposent des tarifs et des normes aux médecins -et des médecins aux assurés-, mais il n’existe rien de comparable à notre conventionnement. La santé coûte de plus en plus cher, aux Etats-Unis, pour des performances moyennes médiocres, voire honteuses dans le cas de la mortalité infantile.
France/Etats-Unis : un débat en miroir
Une chose fascinante, dans ce débat, c’est de voir comment certains arguments des adversaires de la loi Bachelot, qui vient d’être promulguée, sont ceux des opposants au plan Obama aux Etats-Unis.
Ceux-ci refusent, par exemple, qu’une assurance publique puisse fixer des tarifs aux hôpitaux et aux professions médicales, de la même manière que les anti-Bachelot, en France, contestent les normes de pratique et de tarification dans les hôpitaux publics. Plus généralement, c’est l’idée même d’une rationalisation et d’une réglementation de la santé que critiquent, là-bas, les défenseurs du marché et, ici, ceux de la solidarité.
Si Obama parvient à établir une assurance maladie collective, on pourra dire que la page du libéralisme à tous crins, ouverte aux Etats-Unis à la fin des années 1970, aura été tournée. S’il finit par reculer, comme Clinton autrefois, ce sera un sérieux revers pour tous ceux, dans le monde entier, qui voudraient qu’avec la crise revienne le temps du progrès social.
- Sur alternatives-economiques.frAssurance maladie : Obama fera-t-il mieux que Clinton?
- Sur over-blog.comLe fiasco de l'assurance maladie
- Sur barackobama.com"Tweet your Senator", opération de la Maison-Blanche pour faire pression sur les sénateurs via Twitter
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L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
Ce quasi-constat d’impuissance du Président Obama à faire vraiment changer les mentalités outre-Atlantique est préoccupant :
- Espéront que Obama réussira tout de même à faire passer en force une loi globale sur la santé, qui aura pour objet de traiter l’ensemble de la population de son pays avec une grande égalité devant les soins, et une dignité égale pour tous.
* Ce fut d’ailleurs un des projets phare de son programme électoral.
° Un peuple composé d’une trop grande part de gens qui considèrent (pour ne pas grignotter leurs acquis) que la santé des plus modeste d’entre eux est un luxe qu’ils ne peuvent pas « se permettre », est un peuple pétri d’un égoïsme malsain.
° L’économie doit-être au service des hommes, et non l’inverse !
- Nous sommes en train (hélas) de prendre ce même chemin des indivudualismes forcenés et des égoïsmes honteux dans cette même terre de France, où le pouvoir s’acharne aussi à détruire le système de santé par répartition qui faisait de nous un pays, sur ce plan là au moins, cité en exemple aux quatre coins du globe.
* La santé et le grand confort pour les plus riches d’entre nous...
* Le tombeau en ligne directe, et la douleur, pour les autres.




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