Patrick Jarreau

La course à l'Elysée et autre actualité politique vue par l'ancien directeur de l'information du Monde.

Affaire de Karachi : loué soit le bureau de l'Assemblée nationale !

Patrick Jarreau
Journaliste
Publié le 16/12/2010 à 15h25

Le bureau de l’Assemblée nationale a refusé, mercredi 15 décembre, de communiquer au juge d’instruction Marc Trévidic les procès-verbaux d’audition de la mission parlementaire d’information sur l’attentat de Karachi. Encore heureux !

Les députés ne mènent pas d’enquête judiciaire

La décision du bureau confirme la position adoptée, début novembre, par le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP). Cette position a été condamnée ici même par le camarade Pierre Haski comme une manœuvre de la majorité au pouvoir pour faire obstruction à la justice.

Je ne suis pas d’accord. D’abord, il existe un principe qui est celui de la séparation des pouvoirs. Les juges ne font pas les lois. Les députés ne mènent pas d’enquête judiciaire.

Ensuite, il existe une chose qui s’appelle les libertés individuelles. Les personnes qui ont accepté de répondre aux questions de la mission d’information de la commission de la défense de l’Assemblée nationale sur « les circonstances entourant l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi » l’ont fait de leur plein gré. Une commission parlementaire d’enquête peut envoyer des convocations, auxquelles il est obligatoire de déférer sous peine d’amende et de prison. Une mission d’information n’a pas ce pouvoir.

Dans tous les cas, les déclarations faites devant une commission parlementaire sont destinées aux députés ou aux sénateurs et -sauf naturellement pour celles qui figurent dans le rapport public- ne peuvent pas être utilisées par la justice.

Si le juge Trévidic veut interroger les personnes entendues pas les députés de la mission d’information Karachi, il doit les convoquer ou les faire interroger par la police judiciaire dans les formées prescrites par le code de procédure pénale, avec les droits garantis aux témoins.

Les enquêtes menées par des juges et par des journalistes sur les affaires en tous genres qui éclosent à un rythme à peu près régulier dans la République française depuis... le scandale de Panama (1892) sont parfaitement nécessaires, légitimes et salutaires. Cela va sans dire.

En être convaincu n’interdit pas d’objecter à certaines méthodes employées aujourd’hui.

Par exemple, les délibérations du Conseil constitutionnel sont secrètes, et ses membres sont tenus de respecter leur confidentialité. Que Jean-Louis Debré refuse de rendre publics les débats de 1995 sur les comptes de campagne des candidats à l’élection présidentielle de cette année-là est normal. Il serait quand même étrange que le président du Conseil constitutionnel viole la loi !

Quelles écoutes ?

On peut souhaiter que cette loi soit modifiée et, par exemple, que le délai au bout duquel les archives du Conseil peuvent être rendues publiques soit raccourci. En attendant, Debré fait ce qu’il a à faire et ne mérite pas d’être mis en accusation (ce qui est ironique, au surplus, vu son antiballadurisme viscéral).

Il y a plus grave. Depuis un mois se publient toutes sortes de déclarations sur les certitudes du pouvoir chiraquien, en 1995-1996, quant au fait que le contrat de vente de deux sous-marins au Pakistan avait donné lieu au versement de rétrocommissions à des responsables politiques français qui soutenaient, à l’époque, Edouard Balladur. Sur quoi fondent-ils leurs convictions ? Sur des « écoutes ».

Ah oui ? Quelles écoutes ? Pratiquées dans le cadre de quelle procédure ? Demandées par qui ? Autorisées par qui ? Quand la Commission nationale des interceptions de sécurité en avait-elle été saisie ?

Ces questions n’ont été posées par personne jusqu’à ce que l’ancien chef de la Direction générale des services extérieurs, Jacques Dewatre, indique au juge Renaud Van Ruymbeke que son service n’avait pas pratiqué les écoutes en question.

Comme aucune procédure judiciaire n’était ouverte à l’époque, c’est donc sur un « contingent spécial » - autrement dit illégal – d’écoutes, ordonnées par le ministère de la défense (Charles Millon), le premier ministre (Alain Juppé) ou l’Elysée (Jacques Chirac et Dominique de Villepin), que des responsables politiques et leurs collaborateurs ont été espionnés.

N’est-ce pas troublant ? N’y a-t-il pas lieu d’interroger MM. Millon, Juppé, Chirac et de Villepin sur les pratiques qui étaient les leurs quand ils détenaient les principaux leviers du pouvoir ?

Je pourrais ajouter, sur cette liste de manquements au respect des libertés les plus élémentaires, l’exploitation de conversations enregistrées clandestinement par un employé de Liliane Bettencourt. On pousse les hauts cris, à juste titre, quand le pouvoir est soupçonné d’espionner des journalistes ou quand la police se fait communiquer la liste des appels passés de leurs téléphones portables. Mais, avec les riches ou les puissants, tout est-il permis ?

Certes, l’information prime. Une bonne information -c’est-à-dire une information vraie, on est bien d’accord ? - éclipse les moyens utilisés pour l’obtenir. Remarquons que les défenseurs de la torture usent du même argument.

Mais s’agissant du journalisme, il y a des règles qui interdisent, par exemple, l’emploi de moyens déloyaux. De même, les journalistes et les journaux scrupuleux refusent de payer leurs informateurs.

Dans un Etat de droit, la loi a pour fonction de protéger chacun -vous, moi, et même François Léotard ou Liliane Bettencourt- contre l’arbitraire du pouvoir, de tous les pouvoirs, de « l’opinion publique ». Et même des journalistes.

Mise à jour le 16/12/2010 à 19h10

Aïe aïe aïe ! Comme s’il ne suffisait pas d’être en désaccord avec Pierre (voir son commentaire ci-dessous), voilà que je le suis aussi avec David Servenay !

Celui-ci a en effet écrit que le juge d’instruction Jean-Louis Bruguière avait obtenu communication des procès verbaux d’audition de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur le Rwanda, qui a travaillé en 1998.

Or le bureau de l’Assemblée nationale invoque lui aussi ce précédent , mais en sens contraire. Selon lui, Laurent Fabius, président de l’Assemblée nationale à l’époque, avait refusé de communiquer au juge Bruguière les documents que celui-ci demandait.

Il se trouve que l’un des deux rapporteurs de la mission sur le Rwanda était Bernard Cazeneuve, député socialiste de la Manche, qui était aussi, cette année, celui de la mission sur l’attentat de Karachi. Il estime que la majorité actuelle a tort de ne pas permettre aux juges d’instruction qui enquêtent sur l’affaire de Karachi de prendre connaissance des auditions auxquelles ont procédé les députés.

Cazeneuve me dit que Fabius avait en effet opposé un refus à Bruguière, mais parce que la demande de ce dernier était intervenue après que les documents de la mission eurent été versés aux archives de l’Assemblée nationale, d’où ils ne pouvaient être extraits qu’au terme d’un délai fixé par les députés eux-mêmes.

Suivant Cazeneuve, le juge Bruguière « n’avait d’ailleurs pas demandé les procès-verbaux des auditions », mais d’autres éléments. Il ajoute qu’il avait accepté, pour sa part, « de rencontrer Bruguière et de discuter avec lui ».

Paul Quilès, qui présidait la mission d’information sur le Rwanda, se souvient que Bernard Cazeneuve et lui-même avaient déjeuné avec le juge Bruguière. Il affirme qu’ils avaient seulement discuté du rapport public de la mission et des trois hypothèses qu’il avançait au sujet de l’attentat ayant coûté la vie aux présidents rwandais et burundais, attentat qui fut à l’origine du génocide des Tutsis en 1994.

En clair, selon ce que disent aussi bien Cazeneuve que Quilès, les socialistes, majoritaires à l’Assemblée nationale à l’époque, avaient estimé que les témoignages recueillis à huis clos par une commission parlementaire ne pouvaient pas être communiqués tels quels à un juge.

Aller plus loin
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  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 16h10 le 16/12/2010
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    « Dans tous les cas, les déclarations faites devant une commission parlementaire sont destinées aux députés ou aux sénateurs et – sauf naturellement pour celles qui figurent dans le rapport public – ne peuvent pas être utilisées par la justice. »

    Tiens donc ! Et auriez-vous une référence juridique à l’appui de votre argument ?

    « Que Jean-Louis Debré refuse de rendre publics les débats de 1995 sur les comptes de campagne des candidats à l’élection présidentielle de cette année-là est normal. Il serait quand même étrange que le président du Conseil constitutionnel viole la loi ! »

    Quelle loi je vous prie ?

    Quant à l’argument qui assimile les journalistes d’investigation aux thuriféraires de la torture, je laisse la rédaction de Rue89 l’apprécier à sa juste valeur...

    • lancetre
      lancetre répond à fdrebin
      • Posté à 00h22 le 17/12/2010
      • Internaute 18658

      J’ai lu il ya quelques jours l’ouvrage « On nous appelle les Karachi », par Sandrine Leclerc et Magali Drouet, éditions Fleuve Noir.

      J’en conseille la lecture à chacun.

      C’est un simple témoignage.

      Les familles des morts de Karachi racontent comment, depuis le début de cettte histoire, le pouvoir sarkozyste leur ment, les embobine, les roule dans la farine, les menace au besoin.

      Lorsqu’on sort de cette lecture, on est atterré par les courbettes du laquais Jarreau.

      Ou bien il ignore de quoi il parle, ou bien c’est un fieffé gredin.

      Est-il membre du Siècle ?

  • Pierre Haski
    Pierre Haski
    Cofondateur Rue89
    • Posté à 16h11 le 16/12/2010
      éditeur
    • Journaliste 9
      Cofondateur

    Puisque le « camarade Jarreau » m’interpelle dans ce qu’il conçoit comme une erreur de jugement, qu’il m’autorise à lui répondre (et je le fais sans attendre qu’il me le permette, c’était juste une clause de style).

    Sa démonstration serait parfaite si elle ne comportait une faille majeure : c’est que ce beau principe est à géométrie variable : quand ça arrange les intérêts du pouvoir en place. Comme Lien, le juge Bruguière, prédécesseur de l’actuel juge anti-terroriste Trévidic, a demandé et obtenu d’accéder aux auditions de la mission d’information sur le génocide rwandais.

    Je persiste et signe, donc, que la belle position de principe sur laquelle s’appuie le président de l’Assemblée et que loue ici Patrick Jarreau, n’est qu’un nuage de fûmée pour retarder l’enquête du juge Trévidic, alors que l’intérêt général commande aujourd’hui qu’on aille au bout, et au fond, de l’affaire de Karachi.

    Si les institutions servent à garantir l’opacité, vivement un WikiLeaks à l’Assemblée nationale !

    • Hatamoto
      Hatamoto répond à Pierre Haski
      Vendeur de temps de cerveau (...)
      • Posté à 16h22 le 16/12/2010
      • Internaute 29766
        Vendeur de temps de cerveau (...)

      En fait l’argumentaire tourne autour de la séparation des pouvoirs. Ok, la justice ne peut interférer sur le travail parlementaire, ou sur le conseil constitutionnel.
      Mais alors qui peut ?
      Surtout quand il y a potentiellement des conflits d’intérêt.

    • Nils Wilcke
      Nils Wilcke répond à Pierre Haski
      Etudiant
      • Posté à 18h44 le 16/12/2010
      • Internaute 49020
        Etudiant

      Dans ce genre d’affaire, les compteurs s’affolent, on ne peut plus parler de justiciables ordinaires, il est à côté de la plaque M. Jarreau…

    • Tmal
      Tmal répond à Pierre Haski
      Parti rider...
      • Posté à 19h28 le 16/12/2010
      • Internaute 112672
        Parti rider...

      Surtout qu’il n’y a pas 2 semaines de ça, on assurait à qui voulait l’entendre qu’on allait évidemment fournir tous les documents incessamment sous peu...

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 16h14 le 16/12/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Vous avez raison, mais cela ne nous rapproche pas de la vérité.

    Attendons donc les révélations de WikiLeaks ...

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 16h29 le 16/12/2010
    • Internaute 116615
      bc

    La vérité n’est pas recevable si elle est obtenue dans des conditions déloyales....
    Les faits dissimulés par les représentants du peuple peuvent être illégaux, y s’en fout Patrick ! Faut être loyal, même si celui d’en face ne l’est pas, surtout si c’est nos gouvernants..
    Le cynisme du pouvoir a de beaux jours devant lui avec le preux chevalier Jarreau,

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 00h05 le 17/12/2010
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Du grand n’importe quoi
    D’accord Debré n’est pas tenu de rendre public les débats sur la validation des comptes de campagne d’Edouard Balladur
    D’accord Bernard Accoyer n’est pas tenu de rendre public les résultats de la commission d’enquête parlementaire
    D’accord c’est à la justice d’enquêter et ce n’est pas aux journalistes de porter des jugements
    Par contre je voudrais bien que l’on m’explique
    Pourquoi les juges chargés des investigations sont ils systématiquement bloqués par le secret/défense ou le confidentiel/défense. ?
    Pourquoi les politiques intimement liés à cette affaire, Chirac, Villepin, Balladur, Juppé, Donnedieu de Vabres, Léotard,.... donnent ils des versions différentes lorsqu’ils sont interrogés par la mission parlementaire, le juge d’instruction ou la presse ?
    Le jour ou la justice sera indépendante, la presse libre et les hommes politiques honnêtes, il n’y aura pas besoin de faire pression sur Debré ou Accoyer.
    Pour connaitre un début de vérité sur cette affaire, autant dire que ce n’est pour aujourd’hui, l’opinion public, les familles des victimes et leurs avocats sont en droit de réclamer la divulgation des écoutes téléphoniques, celle des auditions des parlementaires, ainsi que l’ouverture des dossiers connexes, comptes Heines et Eurolux au Luxembourg.
    Quant aux journalistes plus prompts à vouloir que s’appliquent des textes non contraignant sur le plan légal que de connaitre la vérité, ils ont droit à une volée de bois vert à défaut de pouvoir leur donner des coups de pieds au culte.

  • iFFLYG
    • Posté à 17h00 le 16/12/2010
    • Internaute 30165

    Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, un des fondements de la Constitution française :
    Article 15
    La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

    Si je sais lire il n’est pas dit que sont exemptés de rendre des comptes aux juges qui représente la Société, les membres d’un Conseil constitutionnel ni ceux d’une commission parlementaire, ni qu’il est interdit de dénoncer des petits arrangements entre amis. En gros, si je résume bien votre position, il suffirai à un petit chef de déclarer que cela ne regarde que l’exécutif ou le législatif pour que la Justice ne puisse pas se saisir d’une affaire. Alors, autant en revenir aux cabinets secrets et autres lettres de cachets, puisque tous cela était justifié par « l’intérêt » supérieur de la Nation représentée par son Monarque et non par le Peuple ni la Société. Ou ai-je mal compris ?

  • Pour que vive la République
    Pour que vive la République
    ligue contre les privilèges des (...)
    • Posté à 17h03 le 16/12/2010
    • Internaute 127461
      ligue contre les privilèges des (...)

    Que l’on saches tous, nous révolte. Mais, le peuple en général l’ignore c’est ça l’important. « Vivement dimanche fera de n’importe qui un personnage sympathique regardez la femme de l’ancien président celle qui réclame des pièces jaunes aux pauvres pour qu’elle puisse les redonner aux hôpitaux dans un élan de générosité en 68 elle mangeait 1000Frs de légumes par jour payé en espèce Ha oui les frais de bouches ont fait l’objet de prescription mais il reste encore les 500.000€ à rembourser voilà une dame digne de l’invitation de Druker qui rappelons le : A ses valeurs très personnels » Le problème du pouvoir et d’empêcher que la justice puisse les condamner encore. Ils viennent ’’l’UMP’’ de se trouver en face d’une facture d’un million sept cent
    Juppé est à la défense ’’ministère très prisé pour ses retours de commission’’ mais la vente d’AREVA à l’Arabie Saoudit rapportera combien en retro comm ? Quel ministère va s’en charger ?
    C’est comme le Crédit Lyonnais les pertes sont partagées les bénéfices personnalisés. Nous avons besoin d’une justice indépendante et puissante plus que jamais.et de places dans les prisons

  • register.
    register.
    republicain
    • Posté à 17h42 le 16/12/2010
    • Internaute 65765
      republicain

    Vous avez raison Mr Jarreau : les media, les citoyens, la justice doivent être irréprochables. Et respecter la loi, la constitution, la république etc ... Et quand ceux qui dirigent le pays jettent tout ça aux orties, qu’ils s’accordent l’immunité, s’organisent des tribunaux d’exception (genre la CJR), entravent la justice, mentent, se servent dans la caisse, vendent des armes avec des méthodes de maffia (pots de vin, corruption ...) ... il faut toujours rester irréprochables ! Votre discours serait acceptable, et même louable, si il y avait le moindre espoir que les délits commis par les politiques soient sanctionnés. Mais il n’y en n’a aucun ! Et non seulement ils ne sont pas sanctionnés mais ils ne sont dénoncés que très mollement par les media. Un exemple au hasard : qu’au nom de la séparation des pouvoirs le Conseil Constitutionnel refuse de communiquer les débats sur les comptes de campagne de 95 ... OK. Mais alors qu’au nom de la séparation des pouvoirs entre la presse et le politique, les media fassent preuve de liberté et remplisse son rôle : sortez des unes sanglantes accusant le CC d’avoir par son silence blanchi de l’argent sale ! C’est ce qui se passerait dans les pays anglo saxons ou du nord. Si nos politiques peuvent se permettre toutes ces magouilles, c’est grâce à la complicité des media.

  • register.
    register.
    republicain
    • Posté à 18h11 le 16/12/2010
    • Internaute 65765
      republicain

    La « séparation des pouvoirs » c’est comme le reste c’est à géométrie variable ! Invoqué quand il s’agit de protéger le pouvoir. Mais oublié quand il s’agit de défendre l’intérêt général, celui du pays et de ses citoyens. Par exemple, quel journaliste aurait le courage de dénoncer haut et fort cette Cour de Justice de la République où les politiques se jugent entre eux (un peu comme si les auteurs de conduite en état d’ivresse étaient jugés par ... leurs potes de bistrot !) . C’est pourtant un exemple flagrant de non séparation des pouvoirs (des députés, pouvoir législatif, jugent, pouvoir judiciaire, des ministres, pouvoir exécutif).

    • Tmal
      Tmal répond à register.
      Parti rider...
      • Posté à 19h23 le 16/12/2010
      • Internaute 112672
        Parti rider...

      Oui, c’est bizarre, quand on parle de supprimer les juges d’instruction, les mêmes politiciens n’en parlent plus trop, de la séparation des pouvoirs...

      Je crois savoir que le France n’était pas à la pointe dans le domaine, notamment du coté de l’indépendance de la justice...

      Sans parler du 4e pouvoir, lui aussi sujet à quelques inquiétudes à ce sujet...

  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 18h21 le 16/12/2010
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    « Dans un Etat de droit, la loi a pour fonction de protéger chacun » dites vous dans votre belle envolée finale. Dans un état de droit : pouvez-vous affirmer, en votre âme et conscience, que nous le sommes encore totalement ? Protèger chacun : même les ministres qui mentent, qui dissimulent des procédés illégaux ? Croyez-vous que tous les citoyens se sentent également protégés par la loi aujourd’hui ? Quelle que soit leur condition sociale ? Si une loi est injuste faut-il l’appliquer aveuglément jusqu’à sa suppression ? Par exemple, les femmes souhaitant avorter auraient-elles dû attendre la promulagtion de la loi Weil pour le faire ? Elles ont transgressé la loi : étiez-vous de ceux qui les ont condamnées ? Faut-il attendre une nouvelle loi (votée par qui ?) pour que les électeurs puissent prendre connaissance des vérifications du Conseil Constitutionnel sur une suspicion de forfaiture ? Leur vote ne leur appartient-il pas ?
    La loi n’est qu’un contrat provisoire entre les citoyens, elle n’a aucun caractère d’éternité. Elle ne doit pas être brandie pour dissimuler des dénis de justice qui concernent les puissants. Sinon les plus faibles n’ont plus que la révolte et la violence pour se défendre.

  • Nils Wilcke
    Nils Wilcke
    Etudiant
    • Posté à 18h43 le 16/12/2010
    • Internaute 49020
      Etudiant

    Curieux point de vue pour une affaire dont les protagonistes sont justement au-dessus de la loi. Un peu inquiétant de la part d’un journalisme…

    • Redroom
      Redroom répond à Nils Wilcke
      La V2, une grosse merde.
      • Posté à 22h04 le 16/12/2010
      • Internaute 23589
        La V2, une grosse merde.

      Oui quelque peu inquiétant en effet...

  • register.
    register.
    republicain
    • Posté à 18h46 le 16/12/2010
    • Internaute 65765
      republicain

    « Avec les riches et les puissants tout est-il permis ? “ dites-vous.
    La question serait plutôt : ‘les riches et les puissants peuvent-ils tout se permettre’ ?

    • chonchounet
      chonchounet répond à register.
      • Posté à 18h51 le 16/12/2010
      • Internaute 89758

      ben ça dépend de combien tu es riche et puissant. Moins tu l’es plus tu as des risques de te faire chopper

  • MamaPacha
    • Posté à 18h51 le 16/12/2010
    • Internaute 109998

    Le règne du loufiat prend ses marques.

    Demander que les riches et puissants aient les mêmes droits que les pauvres et démunis, là j’avoue que j’en reste baba !

    C’est bien d’essayer. Essayer de faire comprendre à des gens qui sont acculés par le manque de pognon, les dettes, un boulot de merde, un logement de merde et qui doivent attendre 10 ans, dans le meilleur des cas, que la justice règle un différent qui les accable, donc leur demander d’accepter que les riches eux aussi aient le droit à une justice pépère ...

    Tu me dirais que tu te fous de ma gueule , je ne serais pas surprise ... maintenant il va te falloir mon accord, et c’est pas gagné !

  • Tmal
    Tmal
    Parti rider...
    • Posté à 19h13 le 16/12/2010
    • Internaute 112672
      Parti rider...

    « Je ne suis pas d’accord. D’abord, il existe un principe qui est celui de la séparation des pouvoirs. Les juges ne font pas les lois. Les députés ne mènent pas d’enquête judiciaire »

    Quel rapport ? Je ne vois pas en quoi il est question que les juges fassent les lois dans cette affaire...

    Ça voudrait dire que le pouvoir exécutif peut faire ce qu’il veut dans son coin sans que le judiciaire puisse intervenir ? En l’occurrence faire sa petite enquête personnelle (« Les députés ne mènent pas d’enquête judiciaire »), et dissimuler les conclusions ? Pourquoi avoir enquêté dans ce cas ? Bizarre pour une démocratie...

    De plus, quand on connait le degré d’indépendance de la justice par rapport à l’exécutif dans ce pays, cette remarque fait sourire...

  • 0173dom
    0173dom
    retraité
    • Posté à 19h22 le 16/12/2010
    • Internaute 111751
      retraité

    jarreau défend tout sauf la recherche de la vérité, ça, c’est un journaliste !

  • register.
    register.
    republicain
    • Posté à 19h54 le 16/12/2010
    • Internaute 65765
      republicain

    Je n’ai pas souvenir Mr Jarreau que vous vous soyez offusqué de ce que l’enquête parlementaire sur l’affaire d’Outreau ait été rendue publique ? Pire ! diffusée à l’ensemble des citoyens. Il faut dire que là c’était des juges et des citoyens ordinaires qui rendaient compte devant la représentation nationale et pas des politiciens alors on pouvait passer outre la « séparation des pouvoirs ». Je m’en souviens comme d’un grand moment de démocratie. Rare.

  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 22h03 le 16/12/2010
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    J’ai vu plein de mauvaises notes, je viens lire cet article du coup et donc forcément je met une patate aussi hein...

    Quand on sait pas quoi écrire autant ne rien écrire plutôt que de se forcer à faire plaisir au pouvoir en place en écrivant des grosses conneries...

    Pitoyable...

  • michel 13
    • Posté à 23h13 le 16/12/2010
    • Internaute 49378

    Comment appelle-t-on un journaliste qui soutient les politiques responsables d’une sale affaire et défend leur silence pour empêcher que la vérité soit connue ?
    Les magouilleurs, les assassins ont de beaux jours devant eux grâce à des carpettes de ce genre qui ne font pas leur boulot mais attendent certainement une « reconnaissance ».
    Très grave pour les libertés.

  • BILOU
    • Posté à 00h51 le 17/12/2010
    • Internaute 9373

    « Mais s’agissant du journalisme, il y a des règles qui interdisent, par exemple, l’emploi de moyens déloyaux. De même, les journalistes et les journaux scrupuleux refusent de payer leurs informateurs.

    Dans un Etat de droit, la loi a pour fonction de protéger chacun -vous, moi, et même François Léotard ou Liliane Bettencourt- contre l’arbitraire du pouvoir, de tous les pouvoirs, de “ l’opinion publique ”. Et même des journalistes. »

    Grosso modo, vous attendez sous un arbre que les scoops viennent à vous. Avec vous, Pierrefitte renaît avec l’ORTF. Vous faîtes un amalgame étrange entre Karachi et Bettencourt qui sont 2 dossiers totalement différents.
    Je vous trouve très indulgent alors que chaque affaire prouve un peu plus qu’il y a la loi, rigide, pour nous - pecus vulgaris - et une autre à géométrie variable - en fonction des alliances - pour les politiques et les puissants. C’est le nouveau journalisme à la grand papa, merci très peu pour moi ! !

  • A déménage le 7-6
    • Posté à 07h12 le 17/12/2010
    • Internaute 91661
      NC

    J’hésite en colère et franche rigolafe, ça fait un bon moment que je n’avais pas eu le sentiment qu’un journaliste se foutait autant de notre gueule.
    Vous étiez journaliste au Monde à l’époque Minc ?

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