Questions d'humanité

Dans son blog, Jenny Joussemet analyse et dénonce les faits d'actualité où les droits de l'homme et le droit humanitaire ne sont pas respectés.

Plusieurs Etats d'Afrique s'engagent contre l'enrôlement des enfants

Jenny Joussemet
Blogueuse
Publié le 21/06/2010 à 11h24

Du 7 au 9 juin s’est tenue à N’Djamena la Conférence régionale sur le recrutement et l’utilisation des enfants soldats dans les forces et groupes armés, organisée par l’Unicef et le gouvernement tchadien. Pour la première fois, le Tchad, le Soudan, la République centrafricaine, le Nigéria, le Niger et le Cameroun se sont réunis afin de mener une réflexion conjointe sur l’enrôlement de mineurs au sein des conflits armés.

300 000 enfants soldats dans le monde, un tiers enrôlé en Afrique

Selon les rapports de l’Unicef, au moins 300 000 enfants sont aujourd’hui exploités dans le cadre de conflits armés à travers le monde, dont plus de 120 000 en Afrique subsaharienne.

Ils sont généralement utilisés pour exécuter les basses besognes, comme esclaves sexuels ou encore comme espions.

D’autres pays, parmi lesquels le Népal, la Birmanie ou l’Afghanistan, ont également recours à des mineurs dans leurs forces et groupes armés.

Le recours aux enfants soldats est toutefois interdit par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant de 1989.

Son article 38 condamne ainsi l’enrôlement des jeunes de moins de 15 ans et un protocole additionnel, adopté par l’Assemblée générale des Nations unies en 2000, élève l’âge minimal de participation aux conflits de 15 à 18 ans.

Aujourd’hui, seuls deux pays n’ont pas ratifié cette Convention : les Etats-Unis et la Somalie.

Une déclaration pour mettre fin à l’enrôlement des mineurs

La Déclaration de N’Djamena a été rédigée à l’issue de la rencontre interétatique. Les pays ont tout d’abord rappelé leur volonté de signer et ratifier les textes internationaux de protection des enfants.

Ils se sont également engagés à ce qu’« aucun enfant de moins de 18 ans ne prenne part, directement ou indirectement, à des hostilités et, le cas échéant, de prévenir toute forme de recrutement ».

Cet accord comprend en outre une stratégie transfrontalière de lutte contre la prolifération et le trafic d’armes légères.

Autre point important, le texte affirme que les enfants soldats doivent être considérés comme des victimes et non des criminels, il utilise de fait le terme de « crime » de recrutement.

Enfin, un comité de suivi de la Déclaration, dont le secrétariat reviendra à l’Unicef, doit être créé. Ce système de suivi permettrait de mettre en place des actions concrètes et de surveiller l’évolution de la situation.

Changer les mentalités et réinsérer ces enfants

Sur le terrain, un important travail de prévention est réalisé par les organismes humanitaires dans les pays concernés en vue de limiter le recrutement d’enfants soldats. Le travail le plus important reste la prévention auprès des familles qui trop souvent pensent que « pour devenir un homme, il faut avoir été un combattant ».

Mais pour le Fonds des Nations unies pour l’enfance, rien ne sert de lutter contre l’enrôlement de mineurs sans s’attaquer aux problèmes de fond.

En effet, en raison des conflits eux-mêmes et de la pauvreté de cette région, les enfants ont rarement d’autre choix pour s’en sortir que de rejoindre les groupes armés.

Pour ces enfants, le plus dur reste cependant la réintégration dans la société civile après avoir été démobilisés. Le Dr Marzio Babille, représentant de l’Unicef au Tchad, explique :

« Ces enfants ont été formés pour tuer, il est très difficile de surmonter l’aspect psychosocial de ce traumatisme et de les faire revenir à une vie normale. »

Les programmes « Désarmement, démobilisation, réhabilitation et réintégration » (DDRR) de l’Unicef ont ainsi pour objectif de démobiliser les enfants soldats et de leur permettre de rejoindre leur communauté afin de se construire un avenir meilleur, loin de toute menace d’enrôlement.

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  • algerien musulman-
    • Posté à 12h13 le 21/06/2010
    • Internaute 106282
      ici

    le droit internationale ca n’existe pas tout comme la cour pénal internationale .

    la mentalité ca n’existe pas , quand un (enfant) chef de famille a comme seule solution de porter les armes pour subvenir aux besoins des autres , il ne reflechit pas trop , soit c’est lui ou toute sa famille .

    combien de milliards pour stopper la famine en Afrique 20 milliards
    de combien taxe le FMI l’Afrique ? .

    tout le reste c’est de la masturbation d’illusionniste .

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 13h49 le 21/06/2010
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    Merci pour cet article d’information. Pas de commentaire à faire, juste lire et apprécier ..

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