Questions d'humanité

Dans son blog, Jenny Joussemet analyse et dénonce les faits d'actualité où les droits de l'homme et le droit humanitaire ne sont pas respectés.

Comment l'évasion fiscale freine le développement du Sud

Jenny Joussemet
Blogueuse
Publié le 19/07/2010 à 10h22

A l’heure où la France se passionne pour l’affaire Bettencourt-Woerth, il est important de rappeler qu’au niveau international, l’évasion fiscale des multinationales prive les pays du Sud de ressources primordiales pour leur développement.

Chaque année, plusieurs dizaines de milliards d’euros échappent ainsi aux budgets de ces pays, soustrayant aux populations des ressources qui leur permettraient d’assurer leur développement de façon indépendante, sans ingérence extérieure.

125 milliards d’euros de perte annuelle

Les recettes fiscales constituent normalement la première source de financement des politiques publiques de développement. Elles sont censées être une source de revenus stables, prévisibles et indépendants, contrairement à l’aide humanitaire par exemple.

Mais d’après les estimations de Christian Aid, les Etats du Sud perdent aujourd’hui près de 125 milliards d’euros de recettes du seul fait de l’évasion fiscale des multinationales. Or, selon Oxfam International, 100 milliards de dollars d’aide supplémentaire annuelle sont nécessaires pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement et réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015.

A titre d’exemple, Oxfam a calculé qu’une meilleure redistribution des revenus pétroliers en Angola pourrait multiplier par dix les dépenses budgétaires du pays en santé.

Le Ghana, de son côté, estime que la fraude fiscale des entreprises multinationales le prive de la moitié de son budget public, argent qui pourrait être utilisé pour développer un réseau de centres de santé ou pour former des enseignants.

Ainsi, selon les calculs de John Christensen (« La Corruption, la pauvreté et l’économie politique des paradis fiscaux », Tax Justice Network, 2007), pour chaque euro d’aide au développement versé au continent africain, environ 5 euros, en provenance de ce continent, sont abrités sur des comptes off-shore.

En cause, les recommandations des institutions internationales

Dans les pays du Sud, les politiques de développement mises en place par les institutions internationales ont tout d’abord désigné l’Etat comme acteur principal du développement avant de privilégier le marché comme moyen le plus efficace pour la répartition des ressources.

Ces pays ont ainsi dû ouvrir leurs économies au commerce international et aux investissements étrangers, diminuant pour cela leurs droits de douane et baissant leurs taux d’imposition sur les entreprises, afin de pouvoir bénéficier des prêts accordés par ces institutions.

Depuis, les sociétés multinationales pratiquent une véritable course au profit dans laquelle les objectifs de développement local n’ont aucune place.

Aujourd’hui encore, de nombreuses multinationales mettent en concurrence les législations fiscales à travers le monde afin de déplacer les profits qu’elles font dans les territoires où elles sont peu imposées, tout en laissant les coûts de fonctionnement dans les pays de production.

Cet argent, spolié des budgets des pays en voie de développement, serait pourtant le seul moyen de doter ces Etats de ressources financières propres pour lutter contre la pauvreté.

Commission européenne : paradis fiscaux et pauvreté sont liés

De nombreuses associations dénoncent ainsi les conséquences des activités des multinationales étrangères dans les pays du Sud, à savoir l’impact de la fraude fiscale sur les ressources publiques de ces Etats, mais aussi les nombreux droits sociaux bafoués, les pollutions irréversibles, etc.

Pour faire face à ces abus, elles réclament aujourd’hui un cadre européen contraignant en vue d’instaurer une obligation de rendre des comptes sur les impacts sociaux, de droits humains, et environnementaux des activités des entreprises.

En avril dernier, dans son plan d’action destiné à accélérer les progrès de l’Union européenne dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement, la Commission européenne a souligné l’importance de :

« mobiliser les ressources nationales au moyen d’une meilleure fiscalité dans les pays en développement [et de] promouvoir les principes de la bonne gouvernance en matière fiscale et soutenir la lutte contre la fraude fiscale à l’échelon international ».

Le lien entre paradis fiscaux, entreprises et pauvreté est donc admis, de même que la responsabilité de la communauté internationale dans l’évasion fiscale au détriment des pays en voie de développement.

Reste désormais à réguler les activités des entreprises. Dans son rapport, la Commission européenne recommande ainsi la présentation transparente des comptes des multinationales pays par pays, et non plus par régions.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 11h10 le 19/07/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    on vire, on tourne.. on baisse les impôts, on fait des boucliers fiscaux, de niches etc..

    pourquoi ?

    pour essayer de ressembler à un paradis fiscal....

    les politiques sont des tartuffes.

    il faut choisir :

    qu’on devienne un paradis fiscal à l’échelle européenne..une suisse continentale, un hyper Monaco..

    ou qu’on assume, on contrôle efficacement...avec vigueur, rigueur(zut je l’ai dit).

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 11h21 le 19/07/2010
    • Internaute 95774
      retraité

    ++....mais ne pas oublier, que les dictateurs de l’Afrique, on fait leurs études en France.. ? ...avec nos politiques ? ...faut pas s’étonner de retrouver dans ce vaste continent, autant de magouilles...ont été à bonne école.. !
    En politique, il ne faut pas s’attendre à trouver de la Moralité ? ...même le Vatican, est corrompu.. !

  • princesse dauphin
    • Posté à 11h23 le 19/07/2010
    • Internaute 58201
      punk

    Lien

    Ci-dessous un extrait de la journée du 18 juin 2010 organisée par une plateforme d’ONG à l’assemblée nationale. Fort instructif.

    une pétition à signer : Lien

    Tous les intervenants de cette journée à visionner ici : Lien

    • Avembe
      Avembe répond à princesse dauphin
      Enseignant
      • Posté à 14h35 le 19/07/2010
      • Expert 50055
        Enseignant

      wow..............just........wooooooooooooooooooow ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    • Abdoutrentedeux-
      Abdoutrentedeux- répond à princesse dauphin
      agent de nettoyage
      • Posté à 19h15 le 19/07/2010
      • Internaute 120321
        agent de nettoyage

      les pétitions ne servent à rien ...
      et puis en quoi ça peut intéresser les français et les françaises ?
      tout ça n’est que du vent.
      ridicule !

  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 11h49 le 19/07/2010
    • Internaute 29241
      Observateur.

    L ’ évasion fiscale est illégale mais aussi légale et ne spolie pas que le sud. Le sud, c’ est loin et abstrait, bref ça ne nous touche pas vraiment pour qu’ on réagisse. Cette évasion est le résultat de la politique du démantèlement voulu de la sécurité sociale : le montant des cotisations sociales diminue mécaniquement puisque la part des revenus du travail diminue au profit de ceux du capital. La seule façon de corriger le déséquilibre démographique et financier pour sauver le système de protection sociale serait de fiscaliser d’ autres revenus que ceux du travail -la richesse globale s’ accroît- qui s’ évadent illégalement ou légalement (le bouclier fiscal et les niches). Voilà l’ équation fiscale et budgétaire du sarkozisme telle qu’ elle apparaît désenfumée ici et maintenant : baisser les dépenses sociales sous prétexte de rigueur en ouvrant très grand la porte aux assurances privées pour que chacun en ait pour son argent, c’ est à dire pas grand chose si on n’ a pas grand chose et beaucoup pour ceux qui ont beaucoup comme l’ illustre la réforme du système de retraite qui organise cyniquement et visiblement une redistribution des pauvres -qui cotisent pour rien- vers les riches qui encaissent.

  • Scipion2009-
    Scipion2009-
    Phobe en tous genres
    • Posté à 12h14 le 19/07/2010
    • Internaute 75015
      Phobe en tous genres

    « Le Ghana, de son côté, estime que la fraude fiscale des entreprises multinationales le prive de la moitié de son budget public, argent qui pourrait être utilisé pour développer un réseau de centres de santé ou pour former des enseignants. »

    Ou bien encore pour gonfler les comptes en Suisse des nomeklaturistes locaux... Allez savoir... Après tout, la Guinée équatoriale a l’un des PIB/hab les plus élevés du monde, et on ne peut pas dire que le réseau de santé et le corps enseignant y soient plus denses que dans d’autres pays de la région...

  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 13h11 le 19/07/2010
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    Très bon article !

    (petite information : « Elles sont sensées “ est une erreur, écrivez ‘elles sont censées’)
    excusez-moi de l’impudence, mais j’aime trop la langue française pour la voir se dégrader au fil du temps et perdre sa richesse sémantique.

    • Abdoutrentedeux-
      Abdoutrentedeux- répond à Danielle29
      agent de nettoyage
      • Posté à 19h17 le 19/07/2010
      • Internaute 120321
        agent de nettoyage

      elle doit avoir le BAC pourtant...
      mais vous savez ces jeunes qui n’aiment pas leur pays, font des fautes si souvent ...

    • Jenny Joussemet
      Jenny Joussemet répond à Danielle29
      Blogueuse
      • Posté à 19h23 le 19/07/2010
      • Internaute 114736
        Blogueuse

      Merci de m’avoir signalé cette erreur !

      • Danielle29
        Danielle29 répond à Jenny Joussemet
        Soutien à amonhumbleavis
        • Posté à 20h20 le 19/07/2010
        • Internaute 30791
          Soutien à amonhumbleavis

        Vos articles sont le plus souvent excellents, pleins de sensibilité, et engagés.
        Raison de plus pour vous signaler ce type d’erreur.

  • 3èmeàgauche
    3èmeàgauche
    Expatrié
    • Posté à 13h37 le 19/07/2010
    • Internaute 86345
      Expatrié

    Je vois dans votre article une bonne volonté de dénoncer la roublardise de quelques riches aux dépends d’une population pauvre et parfois même victime de l’activité des riches. Ça n’empêche que quelques concepts me semblent être mélangés. Tout d’abord, il faut reconnaître, je crois, que toute démocratie est libre de choisir son système fiscal, ce qui implique une concurrence fiscale internationale, et ce, tant qu’une harmonisation internationale n’est envisagée. Du côté des perdants, de ceux qui pourraient se développer plus facilement avec de meilleures rentrées fiscale Il faut considérer le poids de la corruption, qui dans tous ces états faibles d’Afrique par exemple, est le premier rempart au partage des revenus tirés des ressources naturelles. De plus, la fiscalité des entreprises dans les pays Ouest Africain, est extrêmement désavantageuse, ce qui n’incite en rien les entrepreneurs à la transparence, mais qui est souvent aussi la seule source de rentrées fiscales, puisque la population ne peut que faiblement être mise à contribution. D’un autre côté, aucunes de ces multinationales dont vous parlez n’ont leur siège dans des pays « faibles », voir instables. Ainsi toutes les taxes se rapportent aux traités douaniers et aux règles du commerce international. En visant ceci, vous ne ciblez plus l’évasion fiscale au profit de quelques niches. C’est le système du commerce mondialisé, avec les chantages de la banque mondiale, du FMI et des bailleurs de fonds pour faire signer les traités. Et a ce sujet se lie le poids de la dette...
    Voilà pourquoi, même si vous avez en partie raison, votre sujet surfe allègrement sur la vague « fiscale » à la mode. Alors que dans le fonds, les pays « en développement », soufrent beaucoup trop souvent et beaucoup trop intensément de la faiblesse de leur état, et donc de la pourriture de l’administration.

  • BRG
    BRG
    Doctorant
    • Posté à 14h14 le 19/07/2010
    • Internaute 115016
      Doctorant

    @ Jenny Joussemet

    Mademoiselle,

    Merci tout d’abord de faire partager à votre lectorat ces éléments d’information. Un point que vous soulevez me semble absolument fondamental : la reconnaissance par l’UE d’une nécessaire « good governance » en matière fiscale pour tous les pays dans lesquels des firmes européennes investissent. Cette reconnaissance juridique ouvre la voie à l’acquisition par la commission européenne d’un domaine de compétence exclusive supplémentaire, et cela permettra, à terme la constitution d’un véritable « empire normatif » européen. Ces petits pas, insignifiants pour beaucoup, salvateurs pour d’autres, aboutiront un jour à des rapports interétatiques et civils plus apaisés (et peut être même plus justes) qu’ils ne le sont aujourd’hui. Faute de pouvoir contourner les souverainetés étatiques, mutualisons les compétences.

    J’ai l’occasion de lire régulièrement vos productions, et je peux désormais affirmer que vous vous penchez sur des sujets aussi complexes que variés, sans pour autant sombrer dans le pessimisme et toujours avec la même pertinence. Cela est suffisamment rare pour mériter d’être souligné.

    Bien cordialement
    BRG

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 14h51 le 19/07/2010
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Y’a pas à tortiller, faut revenir aux fondamentaux : la propriété des ressources et de l’outil de travail, le partage de la plus-value.

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 15h19 le 19/07/2010
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Elles me feraient presque sourire, ces recommandations, si ce n’était aussi dramatique...
    Mais quel salarié d’un pays riche se soucie de savoir si le comportement d’une succursale de sa société se comporte décemment quand il en touche les bonifications ?
    Mais quel épargnant ordinaire d’un pays riche (ou simple utilisateur de prestations bancaires) se soucie de connaître les spéculations que vont générer ses fonds pourvu qu’il ait ses petites étrennes ?
    Mais quel consommateur se soucie de toutes ces choses là pourvu que sa voiture ou son PC lui coûte moins cher ?
    Qui est disposé, parmi les « âmes généreuses », à plafonner son salaire mensuel à l’équivalent de 3 SMICS actuels de façon à assurer une meilleure redistribution des richesses, à ne placer son épargne que dans l’économie solidaire ?
    Mais non « le mal, c’est l’autre » !

    • ncreator
      ncreator répond à Boutauvent
      Ca dépend des jours
      • Posté à 16h19 le 20/07/2010
      • Internaute 119028
        Ca dépend des jours

      Tout à fait d’accord avec vous !

  • LienRag
    • Posté à 17h22 le 19/07/2010
    • Internaute 34767

    Chaque année, plusieurs dizaines de milliards d’euros échappent ainsi aux budgets de ces pays, soustrayant aux populations des ressources qui leur permettraient d’assurer leur développement de façon indépendante, sans ingérence extérieure.
    Il faut le dire vite quand même, pour que ça aie une chance de passer !
    Le lien entre budget du pays (de l’état donc) et ressources des populations est très loin d’être direct...

    Au temps de Sankara effectivement le Burkina-Faso a été étranglé financièrement, alors que le budget de l’état allait réellement de façon prioritaire au développement. Mais la popularité de Tom’Sank’ plusieurs décénnies après et à l’échelle continentale montre bien qu’il s’agit de l’exception et non de la règle.
    AU Ghana à la rigueur, même si Rawlings a bien compris l’avertissement que constituait l’assassinat de Sankara, il a laissé un héritage et ça peut être encore partiellement vrai.
    Ailleurs, c’est quand même loin d’être aussi simple !

    Cela dit, relever les mécanismes quasiment institutionnalisés d’évasion fiscale (un ami m’expliquait que je ne sais plus quelle chocolaterie installée en Côte-d’Ivoire - Nestlé je crois mais sans être sûr - n’avait déclaré aucun bénéfice en 20 ans...) était une très bonne idée.

  • christobal0094
    christobal0094
    citoyen du monde
    • Posté à 17h23 le 19/07/2010
    • Internaute 77671
      citoyen du monde

    Merci de votre article et tres bien pour les sujets que vous traitez, cela etant ;

    - l’evasion fiscale est legale
    - les paradis fiscaux sont legaux
    - les pays pauvres font de la surencheres aux Tax Hollydays pour attirer les investisseurs

    L’OMC et le FMI encouragent la mondialisation et le libre echange ce qui a encourage cette competition du pot de terre contre le pot de fer.

    Je ne crois pas une seconde aux objectifs du Millenium qui pour moi sont de l’enfumage : les pauvres sont de plus en plus pauvres, les riches de plus en plus riches.
    je parle des gens pas, de cette notion absurde de developpement economique et croissance sans repartition,.

    les Francais devraient commencer a comprendre que le liberalisme les appauvrit et l’Europe devrait savoir que l’economie mondialisee est par nature reservee aux Big Business et donc essentiellement anti-citoyenne et anti-democratique.

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 17h43 le 19/07/2010
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Fichtre !
    J’ai beau le tourner dans tous les sens, je ne vois pas comment on aurait pu inserer « burqa » ou « coupe du monde » dans le titre de cet article pour qu’il ait l’audience qu’il mérite.

    • Zgru
      Zgru répond à Enki
      Kazh-koad from Ouest coast
      • Posté à 17h54 le 19/07/2010
      • Internaute 92009
        Kazh-koad from Ouest coast

      « Loi sur le port de la burqua, coupe du monde et fortes chaleurs - Comment s’évader fiscalement en toute discrétion pendant l’été » ? ?

  • Zgru
    Zgru
    Kazh-koad from Ouest coast
    • Posté à 17h45 le 19/07/2010
    • Internaute 92009
      Kazh-koad from Ouest coast

    Bon article, très intéressant.
    J’imagine cependant que les pays en voie de développement ne sont pas les seules victimes de l’évasion fiscale et, en général, des dysfonctionnements des systèmes financiers nationaux et internationaux... Il semble que dans les pays « développés », une partie de la population partagerais volontiers un morceau de ce gros gâteau ! La pauvreté est malheureusement un problème mondial.
    Ceci étant dit, merci d’informer le petit occidental que je suis !
    Bonne continuation !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h54 le 19/07/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « l’évasion fiscale au détriment des pays en voie de développement. »

    ► ,Pas très clair..

    ..les pays en développement, au contraire, attirent les entreprises par une fiscalité attractive.

    On peut dire que si cette fiscalité était plus importante, ils gagneraient plus,
    sauf que si cettre fiscalité était plus importante, elle ferait fuire ces entreprises, et ces pays gagneraient moins.

    –––––––

    « de nombreuses multinationales mettent en concurrence les législations fiscales à travers le monde afin de déplacer les profits qu’elles font dans les territoires où elles sont peu imposées »

    ► Ben comme tout le monde, elles vont au moins cher.
    Ça m’apparaît au contraire être une manifestation de bonne gestion.

    ––––––-

    « Le Ghana, de son côté, estime que la fraude fiscale des entreprises multinationales le prive de la moitié de son budget public »

    ► S’il y a « fraude fiscale », c’est autre chose.. il appartient au Ghana de mieux contrôler les comptes de ces entreprises.
    Mais il semble qu’il s’agit de fiscalité légalement allégée.
    De toutes les façons, la finalité de ces entreprises, ce n’est pas le bien être social du Ghana, c’est de générer de la plus-value... c’est amoral, mais c’est le propre de toute entreprise.
    Au Ghana de faire en sorte que les intérêts de ces entreprises soient en synergie avec les intérêt du Ghana

    ––––––-

    « les politiques de développement mises en place par les institutions internationales ont tout d’abord désigné l’Etat comme acteur principal du développement avant de privilégier le marché comme moyen le plus efficace pour la répartition des ressources. »

    ► On croirait percevoir comme un reproche, teinté de nostalgie
    critiquant une économie basée sur la réalité des équilibres naturels,
    plutôt que sur des décisions de polit bureaux toujours à coté de la plaque

  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 19h56 le 19/07/2010
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    Un article clair, sourcé et bien documenté, dites Jenny, vous voudriez pas prendre la place d’un Faure ou d’un Serraf à la rédaction ? Si, si, jouez des coudes, on viendra vous aidez : -)

    En passant, ça fait plaisir à lire cet article sur l’évasion fiscale des pays du Sud que j’avais signalé en commentaire à un de vos précédents articles (comme quoi, on râle parfois - j’avais déjà signalé un rapport à ce sujet à la rédac qui n’avait pas donné suite - mais ça ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd).

    Je rajoute qq infos qui m’ont été personnellement essentielles pour comprendre le sujet :

    • les deux principales techniques d’évasion de taxes sont décrites ici en détail (surfacturation des importations, sous-facturation des importations) :
      Lien
      tiré d’un dossier complet
      Lien

    • pour ceux que l’anglais ne rebutent pas, en mars 2010, un rapport est sorti sur les fuites illicites de capitaux hors du continent africain :
      Lien

      En français, un rapport un peu plus vieux sur l’ensemble des pays dits « en voie de développement »

      Lien

      « Illicit Financial Flows from Developing Countries : 2002-2006 » (lien)

    • un livre sur le sujet (par une personne qui est pourtant très loin d’être un guévariste…) plus facile à lire que les deux liens précédents :
      Lien

    NB : j’avais entamé une discussion sur ce sujet ici
    Lien

  • tvargentine-
    • Posté à 12h53 le 20/07/2010
    • Internaute 17486

    Vous écrivez « De nombreuses associations dénoncent ainsi les conséquences des activités des multinationales étrangères dans les pays du Sud »

    Je me permet d’écrire que vous dévriez dabord réclamer la démocratisation de ces régimes despotes et corrompus qui sont responsables du pillage et bien souvent des crimes à grandes échelles que nous voyons principalement dans ces pays dit « du sud »
    pour ne pas oser dire africain ,au lieu de collaborer avec eux en apportant via vos « associations » le coté « social » qu’ils ne sont pas capables d’apporter aux peuples qu’ils oppressent

    Lien

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à tvargentine-
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 21h08 le 20/07/2010
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Si vous saviez un peu de quoi vous parliez (mais là c’est en demander beaucoup à l’extrême-drioite...) vous sauriez, par exemple, que la part de la corruption a été estimée à environ 3% du total (Cf. rapports postés plus haut) et que ’sen est même une conclusion, que ce procédé bien connu (et sans doute mal connu parce que bien connu) n’est que la partie émergée d’un iceberg qui lui progresse bien lentement en toute quiétude.

      Par ailleurs vous sauriez également que les techniques évoquées plus haut visent à tromper l’Etat, ses autorités et son système fiscal (c’est d’ailleurs en celà qu’elles sont illicites), et qu’il suffit pour celà d’une entreprise ayant de préférence des succursales à l’étranger (une multinationales, et un paradis fiscal (bancaire et fiancier) pour blanchier ses comptes.

      Enfin, allez aujourd’hui faire la morale à la corruption à d’autres pays -qui pour certains le sont vraiment de manière considérable- alors même que la république française est en train de mettre minutieusemnt à jour comment ses institutions ont été corrompues jusqu’à l’os par sa première multinationale, faut quand même un certain humour.

      • tvargentine-
        • Posté à 12h51 le 21/07/2010
        • Internaute 17486

        votre etroitesse d’esprit vous amenes à penser que lorsque des citoyens n’ont pas votre « vision » ,ils sont tous d’extrème droite

        Permettez moi de vous dire,que c’est une vision réductrice d’une démocratie

        Les pays du Sud que vous appelez « pauvre » sont dirigés par des corrompus et les « associations » ne sont que la collaboration à la survie de ces régime en aidant les populations

        Les assocations représentent un bizness dont Bernard Kouchner en est l’exemple type : comment s’enrichir avec la misère des autres

        Lien

         
        • Weatherboy
          Weatherboy répond à tvargentine-
          v2=notes articles en moins...
          • Posté à 21h27 le 21/07/2010
          • Internaute 38063
            v2=notes articles en moins...

          Non, c’est sur un certain nombre de vos interventions précédentes que je me basais pour vous qualifier d’extrême-droite, et j’ai même pu me tromper à ce sujet, de toute façon ce n’est l’objet de mon intervention.

          Le sujet c’est que l’estimation de la part de la corruption -qui est, oui, bien réelle je souligne - ne constitue pas -et je souligne également- la part majeure des fuites illicites de capitaux, et celà a été l’objet d’estimation chiffrées auxquelles je vous renvoie.
          Celà ne constitue d’ailleurs nullement une minimisation du phénomène de corruption (qui est d’ailleurs on ne peut plus présente en France, c’est aujourd’hui une évidence) qui est par ailleurs un véritable fléau pour bien d’autres raisons, la première étant la représentation démocratique d’un pays vs celle de ses multinationales.

          Par ailleurs si vous aviez essayé de comprendre les procédés par lesquels s’opère ces transactions vous découvriez que celà n’a rien de surprenant, puisque l’objet est justement de mettre en place des procédés qui échappent au contrôle des états, via l’opacité des circuits financiers.

          Enfin c’est drôle de revoir citer Kouchner : ce gus tout le monde sait de quel bord il est depuis 2007, les masques sont tombés, on voit très bien que le charity-business roule main dans la main avec les amis des Bettancourt.
          La fin des paradis fiscaux, c’est pas du charity-business ; ça vise la pauvreté et le système financier au coeur.

        1 autres commentaires
  • zakut
    zakut
    employé
    • Posté à 16h23 le 20/07/2010
    • Internaute 60843
      employé

    Connaissez vous les économic hit men :

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    Bref rien de nouveau quoi..........

    Les Etats du sud c’est une chose mais plus près de chez nous en Europe c’est identique, regardez la France, la Grèce..........

    Et pensez que les institutions Européenne peuvent résoudre cela est totalement faux ils y participent et depuis sa création l’Europe est un système établi pour ne pas marcher et depuis peu nous avons le FMI qui à mis un pied pour de bon dans certains pays clés.

  • medicago
    medicago
    Plante cultivée
    • Posté à 03h48 le 21/07/2010
    • Internaute 58931
      Plante cultivée

    L’Afrique, c’est loin, il y fait chaud et d’ailleurs, ça fait longtemps qu’elle est mal partie (relire René Dumont si nécessaire...). L’évasion fiscale, légale ou pas légale commence au coin de la rue et elle est aggravée « gravement » par la propension naturelle des hommes et femmes de pouvoir à voir enfler leur mégalomanie et donc leur capacité à décider des dépenses sans rapport avec l’intérêt général. Chaque homme ou femme de pouvoir se prend pour un pharaon... Quand on sait comment ont été bâties les pyramides, on trouve que nos contemporains jouent plutôt « petit bras »...
    Les interférences politique-économie ne sont pas nouvelles ; peut être s’aggravent elles ? Dans ce contexte, les politiques sont bien souvent des marionnettes intéressées...
    Les mesures de régulation sont probablement aussi nécessaires qu’illusoires car les conseillers fiscaux son souvent informés avant les contrôleurs fiscaux et sont mêmes souvent à l’origine de la rédaction des textes régulateurs. Il reste quoi , Une bonne révolution de temps en temps pour remettre les pendules à l’heure...
    Ou pour le naïf désabusé que je suis, la foi dans l’éducation aux valeurs morales... J’entends les ricanements, surtout de ceux qui pensent qu’il ne faut rien changer...

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