Questions d'humanité

Dans son blog, Jenny Joussemet analyse et dénonce les faits d'actualité où les droits de l'homme et le droit humanitaire ne sont pas respectés.

Objectifs du Millénaire de l'ONU : où en sommes-nous ?

Jenny Joussemet
Blogueuse
Publié le 06/09/2010 à 11h06

En 2000, lors du sommet du Millénaire, les Etats membres des Nations unies s’engageaient à réduire de moitié l’extrême pauvreté à travers le monde sous quinze ans. Du 20 au 22 septembre, ces Etats se réuniront afin d’évaluer les progrès accomplis et faire le bilan de ces dix ans d’engagement, bilan qui reste mitigé.

Les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), qui expriment la volonté des Etats de réduire d’ici à 2015 les inégalités en matière de développement humain, sont les suivants :

  • Réduire l’extrême pauvreté et la faim.
  • Assurer l’éducation primaire pour tous.
  • Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.
  • Réduire la mortalité infantile.
  • Améliorer la santé maternelle.
  • Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies.
  • Assurer un environnement durable.
  • Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Pour parvenir à ces objectifs, une collaboration entre l’ensemble des Etats est indispensable. Les pays en développement doivent parvenir à gérer sainement leur économie et répondre aux besoins humains et sociaux de leurs populations.

Voir le document

(PDF file)

De leur côté, les pays développés se sont engagés à soutenir les pays les plus pauvres, notamment grâce à l’aide au développement, à alléger leur dette ainsi qu’à lier avec eux des relations commerciales.

Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies, indique ainsi, dans son rapport rédigé en vue du prochain sommet de New York :

« Le monde possède les ressources et les connaissance nécessaire pour donner, même aux pays les plus pauvres ou à ceux qui restent à la traîne à cause de maladies, de leur isolement géographique ou de troubles civils, les moyens d’atteindre les OMD. » (Télécharger le rapport)

Toutefois, dix ans après la signature de la déclaration du Millénaire, le bilan reste mitigé.

Peut mieux faire en Afrique subsaharienne

Des progrès notables ont été réalisés depuis les années 1990 :

  • Sur 118 pays en développement, 62 sont en voie de réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim.
  • Dans plus de 60 pays en développement, près de 90% des enfants en âge d’aller à l’école sont scolarisés.
  • L’accès à l’eau potable est passé de 77% en 1990 à 87% en 2008.

Dans d’autres domaines, pourtant, il faut redoubler d’efforts. Dans son rapport 2010, l’ONU estime qu’en 2015, 920 millions de personnes vivront encore sous le seuil de la pauvreté.

Les taux de scolarisation restent encore trop bas dans les pays d’Asie du Sud et d’Afrique subsaharienne où moins de la moitié des femmes qui accouchent le font en présence de personnel soignant qualifié.

Lors de son discours prononcé à l’occasion du Forum européen qui s’est tenu samedi à Alpbach (à l’Ouest de l’Autriche), Ban Ki-Moon a également insisté :

« Si le monde peut mobiliser 20 000 milliards de dollars en peu de temps pour contrer la crise, il n’y a alors pas d’excuse pour ne pas réunir les moyens bien moindres nécessaires à la réalisation des Objectifs du millénaire. »

Les villages du Millénaire : savoir-faire local et recherche

Malgré tout, les Etats cherchent à atteindre ces objectifs et prennent des initiatives concrètes. Ainsi, un groupe de soixante pays -dont la France- va proposer lors du prochain sommet l’instauration d’une taxe sur les transactions financières mondiales, complémentaire de l’aide publique au développement, ce qui permettrait de lever entre 40 à 53 milliards de dollars par an pour financer le développement.

Autre initiative intéressante, les villages du Millénaire mis en place en Afrique. Proposé en 2005 par des universitaires américains et depuis coordonné par le PNUD, le programme des « millenium village », permet de créer des zones d’expérimentation où le savoir-faire local côtoie les apports de la recherche scientifique afin de faire reculer la maladie, la faim et l’hostilité environnementale.

Ce programme est aujourd’hui implanté dans une dizaine de pays (Cameroun, Sénégal, Kenya, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Malawi, Rwanda, Tanzanie, Ouganda) mais la question qui se pose désormais est : comment généraliser cette expérience à l’ensemble de la région ?

Pour atteindre l’objectif fixé -offrir aux populations de réelles compétences et une autonomie effective-, financements et partenariats sont indispensables. Et là est le problème. La plupart des projets ont été financés sur cinq ans et se rapprochent de leur terme. Rien n’est aujourd’hui acquis en ce qui concerne l’avenir des projets existants ou la création de nouveaux sites.

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  • BILOU
    • Posté à 12h11 le 06/09/2010
    • Internaute 9373

    La crise et les conséquences des attentats du 11-septembre 2001 ont un impact direct et indirect sur le développement de tous les programmes.
    En effet, si nous pouvons nous féliciter de certaines avancées, d’autres connaissent un recul notable (Cf point 2,3,7).
    Il suffit de voir ce qui s’est passé en Inde durant les inondations où la population mourrait de faim alors que du blé pourrissait faute d’entrepôts.
    nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir d’autant que la crise a modifié la sensibilité de la majorité de la population en accerbant un sentiment d’égoïsme et de repli.

  • MemeSèf
    MemeSèf
    Naufragé en Economie
    • Posté à 13h12 le 06/09/2010
    • Internaute 121898
      Naufragé en Economie

    Voila une occasion revée pour moi de dire haut et fort tout le mal que je pense de ces objectifs médiatiques.
    Je ne peux nier l’évidence à savoir que c’est un objectif (idéaliste) noble mais bon..
    D’abord je n’ai pas lu le rapport de 2010, je le ferai et je reviendrai parler de cela spécifiquement.
    Juste quelques remarques. Il faut se méfier des statistiques sur la réduction de la pauvreté (extreme ou pas).
    1) La présentation des statistiques dans cet article est orientée. Je ne comprends même pas le chiffre sur l’accés à l’eau potable.
    Que veut dire réellement « pauvreté extreme » ? Vivre avec moins d’un dollar par jour ? moins de 50 centimes ?
    Ceux qui quittent la pauvreté « extreme » viennent dans celle « relative » ? Est ce le gage d’une vie vraiment meilleure ? De ne pas migrer au péril de sa vie ?

    2) Quel est en fait la probabilité d’atteindre ces objectifs, même en 2050 ? Pour 2015 je crois que c’est mort comme on dit.

    Avant de faire mon démago :), je tenais à réagir sur une citation sur la crise financière.
    3) Ce n’est pas le « monde » qui a réunit les 20 mille milliards de dollars. Je ne vais pas me faire allumer en disant qu’à Matam au Sénégal, à Mopti au Mali, à Dacca chez nos cousins du Bengladesh, et j’en passe, à Niamey ou Abidjan, cette mobilisation financière a du paraitre lointaine. Je ne vais pas jusqu’a dire qu’on s’en fout mais bon, je vais etre gentil, ca laissait indifférent et on avait rien a mobiliser !
    Surement la ville de Dakar a du avoir peur de voir ses produits sensés lisser les taux d’endettement exploser et booster la dette de la ville :).
    Il faut qu’en Europe on arrete de dire a tout va, le « monde », la fumeuse « communauté internationale » et j’en passe des perles médiatiques.
    4) Pour revenir aux OMD, je suis trés trés trés trés ..trés sceptique sur leur utilité, voir même leur justification. Certains objectifs sont étranges ! (je concluerai avec cela).
    La manie des Etats dits forts de traiter avec les pays pauvres sans aucun respect pour les structures de leurs Etats, même bancales, nuit à long terme a toute politique de coopération. Pour moi il n’y a jamais eu d’aide donc je n’utilise pas ce vocable mystique !
    Je crois savoir que des publications ont traités des inconvénients des méthodes d’assistance de l’OMS, sans l’implication réelle des Etats en Afrique. J’en ai plus lu depuis un temps mais je ne suis pas convaincue par la coopération directe des donateurs aux populations pauvres.
    Cela participe à décrédibiliser des Etats déja en voie de faillite et sur le long terme nuit a ces donations. Il faut renforcer les Etats malgré la corruption, juste faudrait mettre des structures de controle et d’assistance !
    5) Bon en conclusion, je ne comprends pas la problématique numéro 3. Rendre les femmes autonomes ?
    Les femmes qui dans la plupart des ethnies, travaillent la terre, gérent la famille, ramènent un revenu avec le troc ou le commerce dans le foyer. Il faut aller voir les kilomètres qu’elles font chargés de produits sur la tete pour gagner des billes. Elles ne sont pas « autonomes » ?
    Bon, j’avoue que certains hommes pendant ce temps se dorent le ventre et marient encore d’autres femmes mais bon..
    6) Parle t-on vraiment d’autonomie économique ou de combattre des traditions africaines comme la polygamie, l’héritage etc ? Alors il faut le préciser !
    L’autonomie financière et économique des femmes se pose de la même facon même chez les riches. En témoigne les difficultés de bcp de femmes aprés un divorce de ne pas plonger dans la pauvreté.
    Ce n’est pas à moi de dire ce qu’il FAUT faire, mais ces OMD ne servent souvent qu’a faire des réunions, séminaires, voyages et coups médiatiques ! Peu importe la réalité.
    Ca doit etre à nos pays , pour moi le Sénégal, de fixer ses objectifs et de solliciter de la coopération et de l’Assistance par rapport à cela.
    Un Etat viable est deja une protection contre l’extreme pauvreté. Dans le cas contraire on a juste des couts différés supplémentaires dus a un chaos politique ou militaire et un éternel recommencement. C’est juste moin point de vue.
    Wa salam

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 17h30 le 06/09/2010
    • Internaute 97292
      1ère version

    L’article oublie de mentionner que l’ONU est une organisation financée par 191 pays, mais que seuls 18 pays contribuent réellement à son financement. Les USA d’abord pour 22 %, viennent ensuite, le Japon avec 19,46 %, l’Allemagne pour 8,66 %, le Royaume-Unis 6,12, la France pour 6,03 %, l’Italie 4,88 %, le Canada avec 2,81 % l’Espagne 2,52 % et enfin la Chine avec 2,05 %.

    L’ONU est sur-endettée. En 1985, les USA dénonçaient déjà les dérives budgétaires de l’ONU et refusaient d’augmenter ses contributions, c’est le fameux « un dollar, une voix ». Dans un climat hostile, les gros contributeurs n’hésitent pas à exercer des pressions qui prennent la forme de retards délibérés des contributions dans le but de paralyser financièrement l’organisation pour la contraindre à des orientations politiques déterminées.

    Dans le cadre d’une organisation internationale, la démocratie ne se pose pas seulement en termes d’égalité des Etats membres au plan décisionnel et en matière de compétences ; elle postule aussi, à défaut d’une égalité parfaite, des écarts raisonnables entre les contributions financières des Etats membres au budget de l’institution. Au sein de ces organisations, la démocratie, qui se pose essentiellement en termes d’égalité, a un prix que les
    membres doivent accepter d’y mettre. Un Etat ne peut pas se contenter de l’insignifiant taux de contribution de 0,001% du budget et prétendre, du point de vue des décisions et des compétences, à l’égalité parfaite avec un autre qui participe pour 22% à ce même budget.

  • Nemed
    • Posté à 16h45 le 06/09/2010
    • Internaute 60703

    Vous n’avez pas honte de croire encore qu’on fait des efforts pour se débarrasser de tous ces fléaux ?

  • A déménagé le 10 mai
    • Posté à 16h50 le 06/09/2010
    • Internaute 102287

    Réduire l’extrême pauvreté et la faim.
    Incompatible avec le modèle économique actuel (qui n’est pas prêt de changer), les OGM vont prendre de plus en plus de place et la nourriture va couter encore plus cher.

    Assurer l’éducation primaire pour tous.
    Incompatible avec le modèle économique actuel, l’éducation coute de l’argent mais n’en rapporte pas.

    Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.
    On a toujours le droit d’y croire... question de testostérone ou de chromosomes au choix.

    Réduire la mortalité infantile.
    Incompatible avec le modèle économique actuel, parent pauvre = pas assez d’argent à se faire pour sauver leurs gosses. De plus l’homme est en surpopulation.

    Améliorer la santé maternelle.
    Uniquement si elles sont riche.

    Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies.
    Il est plus rentable d’avoir des traitements à vie qu’une guérison totale.

    Assurer un environnement durable.
    Incompatible avec le modèle économique actuel.

    Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
    Les gens sont incapable de vivre ensemble à cette échelle.

  • cocacolla
    • Posté à 22h26 le 06/09/2010
    • Internaute 121768

    « Objectifs du Millénaire de l’ONU : où en sommes-nous ? “

    LA...

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