Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Etats généraux de la sécurité à l'école : cinq propositions

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 10/04/2010 à 17h18

Les états généraux sur la sécurité à l’école viennent de se terminer. J’avais parié dans ma précédente tribune qu’Eric Debarbieux, président du conseil scientifique, exposerait un certain nombre des idées auxquelles il tient depuis plus de vingt ans. Il l’a fait.

La première exprime la nécessité d’équipes pédagogiques, stables bien sûr, mais pas seulement, de véritables équipes qui travaillent solidairement sur des projets élaborés en commun. Puis la formation des enseignants. Oui, mais à quoi ?

C’est l’humain qui compte

Et, a-t-il dit, il faut en finir avec cette stupide opposition entre transmission et pédagogie et donner du sens à l’école. Oui mais quel sens ? N’a-t-elle pas un sens actuellement ? Bien sûr, elle doit produire les « ressources humaines » nécessaires au fonctionnement de l’économie et une élite capable de conduire la société. Alors quel autre sens ?

Les débats sur cette lancée ont été denses. Bien sûr, on a eu droit au discours plein de finesse d’Alain Bauer qui a tracé les lignes d’un superbe règlement intérieur à l’usage des établissements. Il manque juste le mode d’emploi, c’est-à-dire la manière de le faire appliquer.

Mais voici que les derniers « ateliers » à peine clos, le ministre en dresse une synthèse qui lui permet de formuler immédiatement cinq propositions, bien sûr pragmatiques, pragmatisme qui, soit dit en passant, me semble s’opposer quelque peu au propos d’Eric Debarbieux prononcé à la même tribune :

« On ne peut pas attendre des solutions techniques pour réduire la violence. C’est l’humain qui compte. »

Cinq propositions

Loin de moi l’idée que ces propositions ont été rédigées avant la tenue des « ateliers », ce serait mésestimer l’esprit de synthèse et la vivacité des collaborateurs du ministre. Voyons tout de même ces propositions :

  • Mesurer la violence dans les établissements scolaires. Bon, il est en effet nécessaire de savoir de quoi on parle et Debarbieux, qui se définit très souvent comme un scientifique, y tient beaucoup, avec raison sans doute.
  • La formation des professeurs qui devient dans la bouche du ministre... gestion des conflits, prévention de la violence (comment ?) et l’inévitable « tenue de la classe ».
  • Renforcer le plan de sécurisation des établissements. Tout le monde comprend ce que cela signifie, pur pragmatisme.
  • Responsabiliser les acteurs et donner du sens aux sanctions scolaires. Ce qui signifie supprimer les allocations familiales si nécessaire pour faire comprendre aux parents ce que décidément ils ne comprennent pas. Je ne vois pas comment Eric Debarbieux pourrait être d’accord avec ça.
  • Mise en place d’un programme dit « Clair » (Collège, lycée, ambition, innovation, réussite) qui sera expérimenté dans une centaine d’établissements avant d’être généralisé. Ce qui rappelle, mais en beaucoup moins ambitieux, la création des ZEP et toutes les « expérimentations » qui n’ont cessé depuis. Une innovation tout de même : un « préfet des études pour chaque niveau ». On s’interroge...

Cinq autres propositions

Je sais bien que c’est très immodeste mais que l’on me permette tout de même de formuler à mon tour cinq petites propositions, très pragmatiques, qui voudraient donner un peu de sens à l’école, comme le souhaite Eric Debarbieux :

  • Engager sans délai une politique progressive de résorption des ghettos urbains et scolaires en favorisant la mixité sociale, en particulier dans les quartiers où elle n’existe pas, y compris les quartiers les plus riches.
  • Définir l’école non comme un lieu de production de « ressources humaines », mais comme un lieu où des enseignants permettent à chaque enfant de découvrir ses potentialités, ses intérêts, ses capacités, ses talents. Ceci pendant toute la scolarité obligatoire et au moyen d’acquisitions de savoirs, de connaissances aussi approfondis que possible (Eric Debarbieux n’a pas manqué de préciser que la forme la plus appropriée était celle de la « coopérative »).
  • Former les enseignants non seulement à la « gestion des conflits » mais définir la fonction d’enseignant comme une activité nécessairement collective et mettre en place une formation à cet effet.
  • Favoriser la formation d’équipes non seulement stables mais cohérentes pédagogiquement, c’est-à-dire aptes à élaborer et à mener en commun un projet pédagogique pluridisciplinaire selon la définition de la mission de l’école exposée ci-dessus.
  • Favoriser l’entrée des parents dans l’école de manière à ce qu’ils participent concrètement, selon leurs possibilités, à la vie de l’école.

Je ne sais pas si j’ai gagné mon pari, il me semble bien que oui, hélas... Rendez-vous dans six mois pour le premier bilan.

  • 4689 visites
  • 48 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 17h40 le 10/04/2010
    • Internaute 84604
      fumiste

    Rien qu’une chose, la mixité sociale tu t’imagines pourvoir diluer de 9-3 dans le seizième arrondissement ?

    Et comment tu finances le truc ? Avec des APL de 5000 € par mois ?

    • kebra
      kebra répond à alberich
      Bisounours killa
      • Posté à 18h15 le 10/04/2010
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      « En 2008, le gouvernement Fillon a annoncé son intention de mettre en œuvre de nouvelles expériences de busing dans le cadre du plan banlieue suite à la suppression de la carte scolaire. L’objectif est de mener une cinquantaine d’expériences supplémentaires durant la mandature. »

    • LienRag
      LienRag répond à alberich
      • Posté à 20h39 le 10/04/2010
      • Internaute 34767

      Remarquez que si vous mettez une dose de wesh - aussi sympathiques et gentils soient-ils - dans le XVI° les loyers vont rapidement descendre en-dessous de 5000 euros...

    • Tokani
      Tokani répond à alberich
      Oldmole
      • Posté à 03h12 le 11/04/2010
      • Internaute 71184
        Oldmole

      En gros ces états généraux sont « bidule “ de plus garanti jusqu’au prochain virage après achat.....
      D’autant plus qu’ils être dirigés par Eric Debarbieux ‘ Pédagogiste bien connu ! Autant de demander au malade de faire un diagnostique et de rédiger l’ordonnance ! ! !
      Il y a des constats que la Société ne peut faire au risque de se désavouer trop en profondeur !
      Comme le disparition des valeurs d’autorité de type Paternel, de transmission hiérarchique du savoir du haut vers le bas , de féminisation à outrance de l’institution et des valeurs qu’elle dispense...
      Comment voudriez vous parler de cela à une communauté de pensée Bobo aussi dogmatique que l’éducation Nationale ? ? ?

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 18h08 le 10/04/2010
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    1. Former les profs au Wushu Kung-fu et à l’Aïkido autant qu’à la gestion des conflits. Le respect se mérite.

    2. Former les profs à la traduction de leurs concepts en français moderne et à l’art de la vanne (ta mère incluse). Sans pour autant diminuer d’exigence et de qualité d’enseignement.

    3. Fournir aux profs des uniformes pour s’intégrer selon les quartiers genre look qui craint pas et accessoires adaptés. Ils font bien plus souvent pitié qu’envie.

    4. Fournir des avantages et un salaire qui redonne du prestige à la fonction d’enseignant. En faire la publicité en contrant vertement les jaloux et les démagos.

    5. Former les parents au suivi scolaire. Bien peu ont une idée concrète de la meilleure façon d’aider à la scolarité de leurs enfants.

    • framboise92
      framboise92 répond à kebra
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 20h42 le 10/04/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      lol bien vu !

      • leo s
        leo s répond à framboise92
        (...)
        • Posté à 12h28 le 11/04/2010
        • Internaute 73621
          (...)

        bien vu

        lol

        mais pas bien loin

         
        • framboise92
          framboise92 répond à leo s
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 13h06 le 11/04/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Il faut un début à tout et continuer à voir.

          Ne jamais se laisser avoir et savoir regarder pour creuser et mieux connaître la substantifique moelle des posts.
          Chacun doit se renseigner aussi, on ne peut pas prendre tout le monde par la main.

          bien à toi.

        1 autres commentaires
  • Hemenate
    • Posté à 18h28 le 10/04/2010
    • Internaute 856

    « Définir l’école non comme un lieu de production de “ ressources humaines ”, mais comme un lieu où des enseignants permettent à chaque enfant de découvrir ses potentialités, ses intérêts, ses capacités, ses talents »

    On est comme d’habitude dans une conception essentialiste de l’éducation, l’Ecole ayant, dans une logique consumériste, pour simple mission de réaliser les capacités plus ou moins innées de l’enfant.
    On privilégie donc au contraire la satisfaction des attentes de l’enfant (ses potentialités, ses intérêts, ses capacités…). On refuse de placer le savoir au centre, on refuse de mettre en œuvre les moyens qui permettraient à l’élève de s’élever, de s’ouvrir à de nouvelles conceptions, etc...
    Bref, on prépare un parfait petit consommateur soumis à ses pulsions, au nom de la si séduisante « réalisation de soi ».

    L’existentialisme est bien mort, on condamne les élèves à rester les esclaves de leur milieu social.

    Et après cette théorisation de l’application de la loi de l’offre et de la demande dans le cadre scolaire, on feint de s’étonner des problèmes d’autorité et de violence que rencontre l’école...

    L’utilisation de plus en plus courante « d’enfant » à la place « d’élève » étant loin d’être anodine…

    • LienRag
      LienRag répond à Hemenate
      • Posté à 20h37 le 10/04/2010
      • Internaute 34767

      Qu’est-ce qu’il y a de consumériste à vouloir réaliser les capacités innées de l’enfant ?

      • Plumes
        Plumes répond à LienRag
        Humaine
        • Posté à 21h54 le 10/04/2010
        • Internaute 82733
          Humaine

        Peut-être que l’auteur du commentaire est allé un peu vite, mais après tout, il y a bien un champs science de l’éducation, comme quoi les choses ne sont pas si simples...

        En gros, chercher juste à dévellopper ce que l’enfant à (tant en inné que acquis avant l’instruction), c’est partir de lui pour essayer de pousser ce qu’il a. Et ça revient à toujours le clore dans son environnement social et familial, le laisser dans ses propres « murs ».

        L’autre conception veut que l’on « impose » à l’enfant un savoir, en gros lui donner des objectifs en termes précis. Pour l’élever vers autre chose, l’amener à autre chose que ce qu’il est déjà, le faire grandir hors de ses propres limites.

        Pour moi Hemenate va peut-être un peu loin pour amener ça au consumérisme, mais il est certain qu’il faut bien comprendre cette dichotomie qui tire son origine de la conception que l’on a du savoir, de l’épistémologie et de la vision que l’on a de ce que l’élève doit essayer d’atteindre comme optimum au cours de sa scolarité et au final de la place que l’élève à dans le système éducatif et sa relation avec les différents acteurs qui l’entoure (parents, profs, etc).

        D’un côté laisser l’élève encarté dans son monde, c’est ne pas l’amener à devenir un citoyen, à le clore dans sa tête. De l’autre imposer un savoir c’est imposer à l’élève une certaine violence. Il faut à ce stade savoir si on souhaite ou pas imposer cette violence à l’élève : le pousser à se dvlp à partir de ses acquis ou l’amener à se dvlp à partir de ce qu’on lui a donné comme savoirs.

        Je suis très très loin d’être une spécialiste, alors si quelqu’un de plus instruit que moi savait, pourrait-il expliquer avec des mots plus justes peut-être ?

         
        • LienRag
          LienRag répond à Plumes
          • Posté à 22h12 le 10/04/2010
          • Internaute 34767

          Même si je m’intéresse au sujet, je n’ai jamais eu l’occasion d’étudier sérieusement les sciences de l’éducation. Donc je suis entièrement prêt à recevoir les arguments de Hemenate, s’ils vont au-delà de raccourcis rapides et qui semblent nettement idéologiques.
          Et vous avez raison de dire que ces positions éducatives renvoient à des conceptions anthropologiques profondes.
          Mais je ne vois toujours pas en quoi partir des capacités de l’enfant et de là où il en est signifie le laisser dans son caca ?
          A moins justement d’une conception tirée du catholicisme médiéval d’une grâce nécessaire et extérieure à l’enfant ?

        • framboise92
          framboise92 répond à Plumes
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 07h39 le 11/04/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          au moins, vous, vous êtes humaine et vous écoutez, c’est rare !
          Cordialement !

        2 autres commentaires
    • lancetre
      lancetre répond à Hemenate
      • Posté à 22h05 le 10/04/2010
      • Internaute 18658

      « on prépare un parfait petit consommateur “ : très juste !

      C’est le fond du projet.

      ‘ soumis à ses pulsions’ : précisons ! Soumis à ce qu’il croit être ses pulsions, mais qui sont en réalité ce que lui suggèrent le matraquage publicitaire et médiatique.

      Il s’agit, avant tout, d’empêcher de penser.

      Et pour empêcher de penser, Orwell en avait eu la géniale intuition, le meilleur moyen est d’appauvrir la langue et la culture.

      Nous y sommes...

    • Squall Lionheart
      Squall Lionheart répond à Hemenate
      Un message que les riverains (...)
      • Posté à 23h17 le 10/04/2010
      • Internaute 103509
        Un message que les riverains (...)

      Nestor Romero a été très vague, c’est dommage.

      Je pense que ce qu’il voulait dire c’est que c’est aux profs de s’adapter aux enfants, l’inverse n’étant pas vraiment réaliste pour ne pas dire utopique. Ce qui ne veut pas dire que le prof doit se contenter de faire apprendre du rap aux gosses.
      C’est juste trouver des moyens pédagogiques pour transmettre les connaissances le plus aisément possible et pour celà il faut qu’il soit capable de s’adapter à la classe qu’il a devant lui. Dans le monde, beaucoup de pédagogues ont développé des outils très puissant et c’est vraiment dommage que la France reste enfermée dans sa médiocrité.

      Ce qui est amusant avec vos commentaires, c’est que vous semblez être dégoûté du faible niveau des élèves, alors que c’est justement la pédagogie qui est décrite dans vos commentaires qui est utilisée. Cette pédagogie où les élèves doivent s’adapter aux profs, ce qui serait génial si en effet ils en étaient capable. Mais dommage dans la réalité, ça ne marche pas. Peut être que quand la science sera au niveau de celle du film Gattaca, ça marchera, mais en attendant...

      Et ne cherchez pas dans le passé, le niveau a toujours été très bas. L’avantage, c’est que les élèves qui n’étaient pas assez bon on les éjectait du système et on n’avait plus que les meilleurs. C’était bien à l’époque où on avait besoin de beaucoup d’ouvriers, mais à l’heure actuelle dans les pays développés, les entreprises ont besoin de main d’oeuvre qualifié.

      Le système éducatif français produit des consommateurs, car l’esprit d’analyse et l’esprit critique des élèves n’ont pas été affutés. En France, les élèves ne sont que des récipients dans lesquels on essaie de mettre le maximum de connaissances et ça s’arrête là.

      • Plumes
        Plumes répond à Squall Lionheart
        Humaine
        • Posté à 00h34 le 11/04/2010
        • Internaute 82733
          Humaine

        Merci de ne pas généraliser pour la France... c’est partout pareil hein.

      • Tokani
        Tokani répond à Squall Lionheart
        Oldmole
        • Posté à 03h21 le 11/04/2010
        • Internaute 71184
          Oldmole

        Ce n’est absolument pas aux Profs de s’adapter à l’enfant mais exactement le contraire ! ! !
        Pour cela je suis d’accord avec Toi dans l’état de déréliction ou se trouve l’idéologie du « Pédagogisme “ c’est absolument impossible a concevoir ...

         
        • Squall Lionheart
          Squall Lionheart répond à Tokani
          Un message que les riverains (...)
          • Posté à 13h54 le 11/04/2010
          • Internaute 103509
            Un message que les riverains (...)

          Ben si c’est tout à fait concevable car c’est tout à fait ce qui se fait actuellement.

          Le prof de math qui fait sa démonstration au tableau, alors qu’aucun élève ne comprend ce qu’il écrit. Très franchement il perd son temps, je ne sais pas si les profs de math en ont conscience.

          Le prof d’anglais qui parle seulement en anglais, là aussi il largue la majorité des élèves. Et là lorsque le prof pose une question, les « I don’t know » fusent. Oui souvent les élèves disent « I don’t know », car ils savent que s’ils disent « I don’t understand », le prof reposera la même question et qu’ils ne la comprendront toujours pas.
          Et le pire c’est qu’après quand on va dans les études supérieurs (non littéraire), le prof d’anglais ne parle plus que le français en cours, car je ne sais pas pourquoi mais à ce niveau il a conscience que quasiment personne ne le comprendrait s’il parlait anglais. Mais franchement, est ce à ce point inconcevable qu’un prof puisse poser une question en anglais à un élève, s’il ne la comprend pas qu’il la repose et s’il ne la comprend toujours pas qu’il la pose en français pour que l’élève puisse y répondre.
          Bien sure, ce n’est pas le seul problème, j’ai eu pas mal de cours de langue à l’étranger et j’ai pu me rendre compte à quel point les cours de langue que j’ai eu en France étaient absurdes et médiocres. Il faudrait que les profs d’anglais en France se rendent compte qu’on apprend une langue en la parlant. Si déjà, ils pouvaient avoir conscience de ça, ce serait pas mal.

          Et ne me dîtes pas que le fait qu’un prof d’anglais parle tout le temps anglais sans prendre en considération le niveau de ces élèves qu’il a en face de lui, ça marche car je pense que tout le monde le sait, mais le niveau en anglais des français est extrêmement bas.

          Des exemples comme ça y en a à la pelle. C’est là qu’on voit qu’il y a un mur entre les élèves et les profs, le prof fait son « job », il donne son petit cours sans se préoccuper si en effet les élèves comprennent ou non. Après vient le contrôle, si les élèves ne réussissent pas, ce n’est pas de sa faute, lui il a fait son « job » dans son coin, après tout le reste, ça ne le regarde pas.

          • Tokani
            Tokani répond à Squall Lionheart
            Oldmole
            • Posté à 20h24 le 11/04/2010
            • Internaute 71184
              Oldmole

            Merci d’abonder dans mon sens !
            Quand un Prof a suffisamment d’autorité pour assumer son rôle ça marche ! ! !
            Quand un Prof est soutenu par les Parents au lieu d’être lynché ça march trés bien y compris en Anglais ...

        2 autres commentaires
      • LienRag
        • Posté à 22h01 le 12/04/2010
        • Internaute 34767

        Ce qui est amusant avec vos commentaires, c’est que vous semblez être dégoûté du faible niveau des élèves, alors que c’est justement la pédagogie qui est décrite dans vos commentaires qui est utilisée.

        Hum, il faut nuancer. La pédagogie des pédagogues appliquée par des professeurs médiocres voire dogmatiques, ça donne une catastrophe et ça a été largement essayé il y a quelques décennies, suffisamment pour écoeurer Hemenate et consorts.

        Animer une classe Freinet dans de bonnes conditions, sans démagogie et sans se résigner à attendre moins des élèves, n’a rien d’évident et est généralement réussi par des enseignants expérimentés.
        Freinet lui-même disait qu’il « ne faut pas lâcher des bras tant que les pieds ne sont pas solidement appuyés par terre ».

        Il faut comprendre que la majorité des profs ont une intelligence moyenne (il n’y a qu’à voir le succès de Brighelli, médiocre besogneux qui veut former des médiocres besogneux, de ceux qui ont entre 10 et 12 de moyenne et l’appréciation « travailleur » sur leurs bulletins), la plupart n’ont pas été capables d’entrer en grande école et certains en sont assez frustrés ou même aigris.
        Les profs étant globalement pris dans la masse de la bourgeoisie ordinaire (et même de la très petite bourgeoisie puisque l’enseignement fut une voie d’ascension sociale) et commençant généralement jeunes, beaucoup sont relativement immatures. Donner un pouvoir quasi-absolu (même momentané) sur un groupe à quelqu’un d’immature étant une bonne façon de garantir qu’il ne mûrira pas (comme dit Montessori, les réactions sociales sont nécessaires à notre équilibre moral), et un nombre non négligeable de profs restant dans le cocon « camif », au final le degré de maturité du professeur moyen n’est pas forcément idéal.
        Quand on ajoute que tous ne viennent pas par vocation mais aussi faute d’autre débouché pour les diplômes acquis en faculté, et que l’administration de l’EN n’incite pas vraiment, là encore en moyenne, à la curiosité intellectuelle, on se retrouve avec un professeur de base dont le profil et les compétences sont variées, mais pas forcément idéales.

        Par conséquent il est plus simple et plus sûr de construire une pédagogie calibrée sur les compétences des professeurs, à laquelle les meilleurs élèves sauront s’adapter, que de demander à des professeurs de s’adapter au niveau des enfants alors qu’ils n’ont pas la compétence pour ce faire.
        Dans le premier cas, entre 1/10° et 1/3 de la classe s’en sortira, dans l’autre toute la classe sera perdue.

        Et le système actuel n’empêche pas complètement les professeurs vraiment brillants et expérimentés (j’en ai eu plusieurs, sinon je ne serais pas là pour commenter) d’innover, de « récupérer » des élèves largués justement en arrivant à comprendre où ils en sont et à partir de là pour les amener plus loin.

         
        • Squall Lionheart
          Squall Lionheart répond à LienRag
          Un message que les riverains (...)
          • Posté à 23h21 le 12/04/2010
          • Internaute 103509
            Un message que les riverains (...)

          Donc si je comprend bien on doit se contenter à ce qu’un élève sur trois réussisse, ce n’est pas bien glorieux.
          Après pour les tests de nouvelles pédagogies qui ont eu lieu il y a quelques décennies, je ne vois pas trop de quelles pédagogies il s’agissait.

          Il y a une énorme différence entre un prof qui essaie une pédagogie à l’arrache en tentant d’innover et un professeur formé en pédagogie qui utiliserait les outils qu’on lui aurait enseigné. Mais bon j’ai l’impression que le niveau est tellement bas en France qu’il faudrait tous les former à l’étranger.

          Après pour les tests de nouvelle pédagogie qui auraient dégoûté tant de conservateurs, c’était peut quelque chose dont j’ai moi aussi fait l’expérience.
          J’ai eu un prof qui a voulu enseigner d’une manière non conventionnelle. Quand il nous a dit que ses notions de « pédagogie » lui venaient de l’armée (en plus il le dit sans se rendre compte à quel point c’est absurde), j’ai craint le pire. Et en effet, ces cours ont été extrêmement médiocres, même comparé aux autres cours que j’ai eu en France.

          Il y a énormément de jeunes souhaitant devenir enseignant, si les éléments qui sont sélectionnés ne sont pas bons, c’est qu’il y a un problème au niveau de la sélection. Dans un des rapports de l’OCDE, il y avait une étude qui montrait que les profs français faisaient leur boulot pour leur matière (pour la défendre en quelque sorte), alors que les profs finlandais le faisaient pour les enfants. Et ça c’est un énorme problème.

          • LienRag
            • Posté à 23h25 le 12/04/2010
            • Internaute 34767

            Donc si je comprend bien on doit se contenter à ce qu’un élève sur trois réussisse, ce n’est pas bien glorieux.
            Oui, ou alors on change de système, mais c’est pas avec des yakafokon que ça se fera.
            Les jeunes souhaitant devenir enseignant n’ont pas forcément plus de compétences que les profs dont je parle dans mon message ci-dessus, faut pas l’oublier. « Entre les murs » est un excellent film pour comprendre que la sympathie et la bonne volonté ne suffisent pas...

            Après pour les tests de nouvelles pédagogies qui ont eu lieu il y a quelques décennies, je ne vois pas trop de quels pédagogies il s’agissait.
            C’est dommage, car c’est un élément crucial. Comment juger l’indignation vertueuse des réactionnaires si vous ne savez pas contre quoi ils s’insurgent ?
            Méthode globale en lecture, grammaire structurale, mathématiques modernes, étaient plutôt des bonnes idées mais appliquées par un gros machin comme l’EN sans réflexion sur ses liens avec la société autour, ça a vraiment clashé. En gros, les parents ne comprenant plus ce que faisaient leurs enfants ont paniqués (complexe d’Absalom) et de plus, honnêtement, quand c’était mal fait c’était effectivement catastrophique, et ça comptait souvent sur des pré-requis que seuls les enfants des profs possédaient.

            • Squall Lionheart
              Squall Lionheart répond à LienRag
              Un message que les riverains (...)
              • Posté à 11h32 le 13/04/2010
              • Internaute 103509
                Un message que les riverains (...)

              « de plus, honnêtement, quand c’était mal fait c’était effectivement catastrophique »

              Ben le problème, c’est que les profs devraient être formés en pédagogie aussi. On peut faire tout ce qu’on veut tant qu’on négligera leur formation, on obtiendra toujours un résultat médiocre.
              Et ce n’est pas en les mettant sous un tuteur que ça s’améliorera, il refera exactement les mêmes erreurs que les profs actuels.

              Il y a des aberrations dans notre système. Autant dans le primaire, les enseignants que j’ai eu ont tout fait pour me faire aimer la lecture, autant au collège mes profs ont tout fait pour m’en dégoûter (la plupart en tout cas). Vu les bouquins qu’on nous donnait, il ne faut pas s’étonner si les élèves n’aiment pas la lecture, il n’y a rien de surprenant à cela.

              Et pour l’anglais, les profs nous disaient qu’il faut trouver une passion qui nous permette d’apprendre l’anglais. Le problème, c’est que ce ne serait pas à eux par hasard de trouver des choses intéressantes pour apprendre l’anglais plus aisément. Dans une école à l’étranger, j’ai appris une nouvelle langue. On nous donnait des petits bouquins de 30-40 pages (écrit assez gros et beaucoup de dialogue) avec des histoires passionnantes. Le vocabulaire était simple et les bouquins qu’on nous donnait utilisait souvent les mêmes mots. Après bien sure, on devait les présenter, on nous posait des questions. Les profs nous faisaient parler en utilisant ce bouquin comme support. Ca c’était pour le premier niveau, au deuxième niveau, les bouquins font 60-100 pages et il y a moins de dialogue. Néanmoins, les bouquins de ce niveau utilisent eux aussi des mots similaires pour qu’on puisse l’assimiler.
              Et il y avait pleins d’outils comme ça. En France c’est le néant, y a rien de tout ça.

              Dans pas mal de pays étrangers ayant un bon système éducatif, la pédagogie est active, les élèves interviennent très souvent, ils apprennent en étant acteur. Il y a beaucoup plus de projets, de travaux en groupe et de présentations. Et lors des présentations orales, le fond est plus important que la forme. Les critiques des professeurs sont beaucoup plus constructives que celles qui sont faîtes par les professeurs français. Ca c’est pour l’enseignement que j’ai eu à l’étranger en biologie.

              Tout n’est pas noté. Il y a déjà eu des riverains qui disaient « le prof de français de ma fille donne beaucoup moins de dictées, car il paraît que ça les traumatise ». Et c’est vrai que pour les élèves qui se tapent des zéros à chaque dictée, ça doit être traumatisant. Mais pour ma part, lorsque j’ai appris une nouvelle langue à l’étranger, il y avait aussi des dictées, mais elles n’étaient pas notées. Qu’est ce qui empêcherait un prof de faire une dictée, de la corriger, mais de ne pas la noter tout le temps (en prévenant normal, quand elle est notée). Car après tout le prof est là pour enseigner l’orthographe, il peut tout à fait corriger une copie et ne pas donner de notes.
              Ce que je veux dire, c’est qu’il serait tout à fait possible de faire beaucoup plus de dictées qu’à l’heure actuelle sans que cela soit traumatisant pour les élèves qui ont des difficultés en orthographe. Surtout que s’il n’y a pas de notes, il ne se lamentera pas sur son zéro lors de la correction.

              En fait voilà, il y a un peu tout à changer, la pédagogie et l’état d’esprit des profs. Je dois dire que la situation actuelle est désespérante, le niveau des élèves n’est pas prêt de monter.

        3 autres commentaires
  • framboise92
    framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 20h44 le 10/04/2010
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Merci pour cet article !

    • framboise92
      framboise92 répond à framboise92
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 07h17 le 11/04/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Je disais cela parce qu’ aucun endroit, ici ne permet de se réfugier pour parler de l’enseignement.

      je déplore, comme Lancêtre, qu’il n’existe pas de rédacteur qui soit encore en activité à l’EN.
      Ceci-dit, je lui tirereais mon chapeau car expliquer à des internautes après le boulot, c’est épuisant.
      aller voir des sites pédagogiques, vous aurez plus de détails :
      le café pédagogique
      la lettre nousvousils
      etc....
      J’ai essayé de faire de la transparence sur un autre forum. Personne n’écoute, chacun reste sur ces convictions ou ses aprioris.
      Alors me nazer quand je dis merci..... cela n’encourage pas non plus.

      Chacun doit se mette à l’écoute de l’autre, c’est valable sur le fond de cet article aussi.
      Personnellement, sachez que la maternelle est intègre et qu’elle peut construire, mais que tout se gâte par la suite....

      • framboise92
        framboise92 répond à framboise92
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 07h24 le 11/04/2010
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Un exemple :
        –––- La réforme de la formation des enseignants se met en place dans les écoles élémentaires et maternelles.
        >
        > Illustration : C’est la rentrée ! A l’école élémentaire de la rue de l’Avenir, dans la classe de CE2, élèves et parents font la connaissance de l’enseignant, enfin des enseignants…
        >
        > Car ils seront deux dans la classe, jusqu’aux vacances de la Toussaint.
        > Le premier vient d’être reçu au concours de recrutement des professeurs des écoles, on l’appelle P.E.S. (Professeur d’Ecole Stagiaire). Il n’a pas eu de formation professionnelle, hormis 4 semaines d’observation dans deux classes l’année dernière. Pas de chance, ce n’était pas en CE2, mais bon.
        >
        > Le deuxième, qu’on appelle T1 (Titulaire 1ère année), sort d’un an de formation professionnelle à l’IUFM, il a eu la chance d’être reçu au concours en 2009 : il fait partie de la dernière promotion d’enseignants formés puisque les IUFM n’existeront plus en 2011. Il aurait dû avoir un poste à l’année dans une école pas trop difficile pour ce début de carrière, mais bon.
        >
        > Le samedi suivant, réunion de classe. PES explique aux parents qu’il a un tuteur dans l’école, un enseignant chevronné qui lui apporte conseils et soutien. Bien sûr c’est un peu compliqué parce que le tuteur a un CP et n’a pas fait de CE2 depuis 1997, il ne connaît pas les manuels, et le midi il fait les aides personnalisées. Mais bon, on peut discuter un peu à la récréation, s’envoyer des mails le soir.
        >
        > Et puis le T1 a accepté de prendre le CP du tuteur deux matinées par semaine pour qu’il vienne dans le CE2 voir comment travaille le PES.
        > Et puis, il y a aussi un Maître Formateur qui viendra dans la classe de temps en temps. Enfin, à partir de novembre, ce sera différent : le T1 quitte l’école pour aller faire des remplacements ailleurs.
        >
        > Le PES reste dans la classe de CE2…les lundis jeudis et vendredis, puisque les mardis il va parfaire sa formation à l’Université jusqu’au mois de mai. Pour les mardis, un remplaçant Brigade arrive. Jusqu’au mois de mai, le Brigade remplacera quatre PES dans quatre écoles différentes : une petite section le lundi, un CE2 le mardi, un CM1 le jeudi et une grande section le vendredi. Ca fait une centaine d’élèves, Brigade ne connaîtra peut-être pas tous les prénoms à Noël, mais bon. Le PES et le Brigade ne se rencontreront jamais puisqu’ils ne sont pas là les mêmes jours, mais bon, quelques mails pour les urgences, ça permet de créer du lien !
        >
        > Comme la formation professionnelle, c’est vraiment primordial, le PES aura aussi un stage d’une semaine complète au deuxième trimestre. Pas d’inquiétude, son remplacement est prévu…par une autre Brigade, on l’appelle Brigade n°2. Quand mai arrivera, le PES aura terminé sa formation et sera à plein temps dans sa classe de CE2. Il sera évalué (il ne sait pas encore par qui ni comment) et titularisé (si tout va bien) à la rentrée suivante.
        >
        > Les parents osent quelques questions sur l’emploi du temps, le programme scolaire, les projets pédagogiques, le livret d’évaluation. Le PES est embarrassé car il a été nommé la veille de la rentrée, il a juste eu le temps de lire les Programmes Officiels, participer à deux réunions le mercredi avec l’inspecteur sur le thème « Déontologie du fonctionnaire », aménager sa classe, s’initier au maniement du Baby-haller pour son élève asthmatique, repérer l’itinéraire pour les séances de piscine qui commencent lundi... Mais bon, il va faire son maximum, mettre les bouchées doubles. L’école est sympa, les collègues attentifs et le PES est très motivé et le T1 va l’aider.
        >
        > Les parents quittent la réunion, perplexes, inquiets ou fâchés. Que penser ? Que faire ? Vous n’avez pas tout compris ? C’est normal. En revanche, vous avez sans doute compté : PES, T1, Brigade n°1, Brigade n°2… 4 enseignants différents. –––––––

         
        • framboise92
          framboise92 répond à framboise92
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 07h36 le 11/04/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Alors bon, assez de blablalas, on nous casse tout simplement l’école et :
          et Favoriser la formation d’équipes non seulement stables mais cohérentes pédagogiquement, c’est-à-dire aptes à élaborer et à mener en commun un projet pédagogique pluridisciplinaire selon la définition de la mission de l’école exposée ci-dessus. « n’est pas près de voir le jour ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
          Quant aux réseaux de réussite scolaire, on nous supprime les rased !

        • Pseudo
          Pseudo répond à framboise92
          Enfin libre : -)
          • Posté à 09h59 le 11/04/2010
          • Internaute 25947
            Enfin libre : -)

          Si, si, j’ai compris.

          C’est affolant.

        2 autres commentaires
  • lancetre
    • Posté à 22h00 le 10/04/2010
    • Internaute 18658

    Ma question ne s’adresse pas à Nestor Romero, qui est définitivement à côté de la plaque, et sans doute - en tout cas je veux le croire - inconscient des dégats que ses théories fumeuses de pédago éthéré provoquent dans le collège réel.

    Car hélas, depuis des décennies, ce dont rêve Romero est ce que prétend faire appliquer la hiérarchie de l’Education nationale (sauf, bien entendu, et on se demande bien pourquoi,dans les quartiers « chics », où il serait inconcevable que le professeur cesse de transmettre des connaissances et les élèves d’apprendre et de travailler).

    Sans doute ne s’en rend-il même pas compte, et se prend-il réellement ^pour un rebelle.

    Pffff...

    Ma question, donc, s’adresse à Rue89 (si toutefois, on peut rêver, un membre de la rédaction lit ce que nous écrivons) : Pourquoi ne confiez-vous pas une chronique sur l’enseignement à un enseignant ? Je veux dire, un vrai prof, qui a vraiment des classes, dix-huit heures par semaine ?

    J’avais déjà posé la question, je n’ai jamais reçu de réponse.

    Insistons...

    Car ce qui s’écrit ici est vraiment totalement déconnecté de ce qui se vit dans les salles de classe...

  • lancetre
    • Posté à 22h17 le 10/04/2010
    • Internaute 18658

    Que retenir de cette farce que furent ces « Etats Généraux “ ?

    1) Une fois de plus, on a pris grand soin d’exclure d’emblée les profs de terrain.L’avis de ceux qui ont des classes n’intéresse personne.Meirieux sait .Debarbieux sait.Chatel sait.

    2) Cette exclusion était volontaire.Les profs ont manifesté devant la Sorbonne.Nul, parmi les huiles réunies là, n’a suggéré de les faire entrer, d’écouter ce qu’ils avaient à dire.Ce refus d’entendre le réel condamne irrévocablement tous ceux qui ont participé à cette mascarade.

    3)Pour ceux qui pouvaient encore en douter, éclate ici au grand jour, de manière éblouissante, la complicité de fait entre un Meirieu et un Chatel.Il aurait été très facile pour Meirieu de quitter les Etats Généraux pour protester contre le refus d’écouter les profs.Il s’en est bien gardé.

    4) Bien évidemment, rien ne sera entrepris qui pourrait mettre un frein au développement de la violence en milieu scolaire.Cette violence sert en effet les objectifs de ce gouvernement : détruire l’école publique, y rendre la vie impossible aux profs comme aux élèves, afin que la demande de privatisation du dernier bastion du service public vienne du peuple.C’est en très bonne voie, avec la complicité de Meirieu, ancien second couteau du dégraisseur de mammouth.

    • Tokani
      Tokani répond à lancetre
      Oldmole
      • Posté à 03h29 le 11/04/2010
      • Internaute 71184
        Oldmole

      Propos et analyse fascinants d’autant que je me trouve probablement à l’opposé idéologique du tiens ...
      Le point 4 par contre me parait relever un petit coté parano non ?
      Le pouvoir ne fait que suivre la pente de la Société cautionnée par l’idéologie « Pédagogique »....
      Il n’est qu’a voir l’ambivalence des Parents qui savent fort bien que l’autorité fout le camp et désagrège l’Enseignement mais s’offusque et sont prêt à lyncher un Prof qui « corrigerait » un vaurien pour son bien ...

      • lancetre
        lancetre répond à Tokani
        • Posté à 00h55 le 12/04/2010
        • Internaute 18658

        Parano, le point 4 ?

        C’est le résultat d’une réflexion de plusieurs années.

        Comment expliquez-vous que TOUS les gouvernements de droite aient maintenu le texte scandaleux d’Allègre (signé Jack Lang, mais c’est la vengeance d’Allègre contre les profs !) sur les punitions scolaires et les sanctions disciplinaires de juillet 2000 ?

        Allez voir cet intéressant document si vous ne le connaissez pas, vous serez effaré...

        Un véritable petit manuel de guérilla juridique et administrative anti-profs !

        Comment expliquer que les gouvernements de droite ne fassent rien de sérieux pour lutter contre la violence et les agressions ? Tout le monde sait parfaitement ce qui se passe.Dix livres paraissent chaque automne pour en témoigner.

        Tout le monde sait aussi que la solution passe d’abord par l’abandon du passage systématique d’une classe à l’autre, indépendamment des résultats.Passer dans la classe supérieure doit se mériter par le travail fourni et les résultats obtenus, et cesser d’être un droit seulement lié à l’âge.

        Toute personne de bonne foi admettra aussi cette évidence : tout élève qui perturbe le cours doit en être renvoyé.Et tout élève qui s’avère incapable de suivre les cours doit être pris en charge hors de la classe, afin de ne pas empêcher les autres d’apprendre.

        Il faut bien admettre, à un moment, que si le ministre, qui n’est quand même ni plus bête ni plus mal informé qu’un autre, ne fait rien, c’est qu’il a intérêt à ce que la situation continue à se dégrader !

    • framboise92
      framboise92 répond à lancetre
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 07h37 le 11/04/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Meirieux donne dans l’écologie à présent, alors...

      • lancetre
        lancetre répond à framboise92
        • Posté à 00h40 le 12/04/2010
        • Internaute 18658

        Attendons la suite...

        Je ne sais si vous avez connu, autrefois, au siècle passé, un « Ami de la terre », écolo emblématique, du nom de Brice Lalonde...

        La suite de son parcours laisse rêveur, lorsqu’on a manifesté avec lui contre les centrales nucléaires...

        Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, je ne me rappelle pas avoir jamais lu quoi que ce soit de Meirieu au sujet de l’écologie, avant 2009.Il ne se prive pourtant pas de publier, le bougre !

        Il est devenu « écolo » pour être élu, parce que le PS, sans doute echaudé par l’épisode Allègre, ne lui faisait pas de propositions dignes de ce qu’il croit être son rang...

        A mon avis, il n’est pas plus vert qu’il n’était rose !

        Je ne serais pas étonné qu’il soit le Brice Lalonde du XXI ème siècle !

         
        • framboise92
          framboise92 répond à lancetre
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 07h01 le 12/04/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Bonjour,
          Oui j’ai connu. Je n’ai jamais accroché avec Brice Lalonde.Je ne lai jamais apprécié, personnellement.
          par contre j’ai cru (bêtement ? ? ?) en Meirieu. J’ai pensé qu’il était intègre.
          Je ne crois plus personne, c’est triste !
          Chaque homme de la recherche ou politique est un arriviste potentiel.
          Démoralisant !
          @ suivre, donc....
          Bonne dernière semaine avant les vacances.
          framboise, épuisée !

        1 autres commentaires
  • karlsquell
    karlsquell
    légèrement décalé
    • Posté à 09h43 le 11/04/2010
    • Internaute 82948
      légèrement décalé

    1 Mesurer la violence dans les établissements scolaires. Bon, il est en effet nécessaire de savoir de quoi on parle et Debarbieux, qui se définit très souvent comme un scientifique, y tient beaucoup, avec raison sans doute.

    Traduction :

    Créer un tableau en croix, avec les comportements des élèves allant du « Non, maitresse, j’ai pas envie de dessiner » au « coup de boule répété avec intention de casser le nez », en passant par les insultes, les comportement violents etc etc.

    2 La formation des professeurs qui devient dans la bouche du ministre… gestion des conflits, prévention de la violence (comment ?) et l’inévitable « tenue de la classe ».

    Traduction :

    Apprendre à une jeunette de 22 ans à s’interposer et à dialoguer afin d’éviter les conflits.

    « Non, Paul , tu ne dois pas cracher sur Boubakar, ce n’est pas bien, et toi Rachid cesses immédiatement de piquer le dos de Jessica avec ta paire de ciseaux ça peut éventuellement blesser, quand à toi Allan, c’est quand même la troisième fois que je te surprends à copier sur ta voisine, il faut que tu aies une haute opinion de toi même et que tu assumes si tu n’as pas fais tes devoirs, réfléchis à ce que je dis mon chéri “

    3 Renforcer le plan de sécurisation des établissements. Tout le monde comprend ce que cela signifie, pur pragmatisme.

    Traduction :

    Création d’un mur d’enceinte autour de l’établissement, avec fil barbelé ou tessons de bouteilles cassées en hauteur, portique anti arme, fouille au corps à l’entrée par des agents de sécurité, utilisation de bergers allemands renifleurs.

    4 Responsabiliser les acteurs et donner du sens aux sanctions scolaires. Ce qui signifie supprimer les allocations familiales si nécessaire pour faire comprendre aux parents ce que décidément ils ne comprennent pas.

    Traduction :

    Faire en sorte que le jeune qui désobéisse se fasse lapider en rentrant chez lui après la suppression des Allocations Familiales, appauvrir un peu plus ceux qui ne s’en sorte déjà pas, et compenser le tout par un décrochage scolaire définitif, le petit compensera cette perte financière en revendant de l’herbe à temps plein, ou en braquant des passants.

    5 Mise en place d’un programme dit ‘ Clair ’ (Collège, lycée, ambition, innovation, réussite) qui sera expérimenté dans une centaine d’établissements avant d’être généralisé. Ce qui rappelle, mais en beaucoup moins ambitieux, la création des ZEP et toutes les ‘ expérimentations ’ qui n’ont cessé depuis. Une innovation tout de même : un ‘ préfet des études pour chaque niveau ’. On s’interroge…

    Traduction :

    Création d’une commission qui ne servira à rien.

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 12h26 le 11/04/2010
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Des états généraux sur la sécurité à l’école, donc, sans les enseignants mais avec Alain Bauer, maitre VRP de la vidéosurveillance.

    Des états généraux sur un symptome de l’abandon de l’éducation nationale qui se proposent de mettre sur celui ci, la violence scolaire, les moyens que l’école réclame pour soigner tous ses maux à la racine.

    Ce symptome, même, on peut en discuter. Y a t’il quoi que ce soit de nouveau dans la violence scolaire que sa médiatisation au détriment de la violence qu’est l’amplification de l’échec scolaire par défaut de moyens ?

    Des états généraux donc, pour introduire cinq propositions pré-établies qui en seront la conclusion, sans qu’elles en aient été l’introduction, au risque d’un débat. Méthode UMP...

    Méthode UMP : « 4.Responsabiliser les acteurs et donner du sens aux sanctions scolaires. Ce qui signifie supprimer les allocations familiales si nécessaire pour faire comprendre aux parents ce que décidément ils ne comprennent pas ». Répondre à la violence par la violence, répondre aux difficultés par l’accablement, punir toute la famille : parents ou parent isolé, petits ou grands frères et soeurs, en les affamant pour punir l’élève.

    Méthode UMP : si ton gosse pleure, tape plus fort,et tape sa mère aussi !

    Mais que fait le lobby du martinet ?

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 11h54 le 11/04/2010
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Désolée, je vais être terre à terre...

    Quand je lis tout cela et tous ceux là (Debarbieux, Prairat, Pena-Ruiz, Jeammet etc.), quand je me remets aux études si j’ai l’énergie, je suis passionnée, j’ai envie de réfléchir, d’avoir des idées, d’innover, de changer mes pratiques professionnelles, de bosser avec des gens qui auront les mêmes envies. J’ai de l’espoir.

    Quand je vais bosser, dans la vraie vie, dans un établissement scolaire, je me demande lequel d’entre nous, lequel d’entre mes collègues peut-être sensible à tout cela ; nous ne sommes pas invités dans les amphis de la Sorbonne, ça on y a eu droit pour faire nos études (et devenir des bobos aux yeux de certains).

    La réalité n’intéresse personne hormis les boites de vidéo-surveillance ou de grilles et portails, peut-être aussi les partisans de la schlague et des gros bras.
    Même en notre sein ce sont ceux qui ne quittent pas leurs bureaux en temps normal qui vont dispenser la « bonne » parole à nos gouvernants et aux médias.

    Engluée dans mon quotidien, noyée dans les petits et gros soucis, j’encaisse la violence que les autres regardent ; je « gère » des bagarres, des intrusions, l’alcool, le shit, c’est encore relativement simple.
    J’entends des détresses, des maltraitances, des viols, des abandons, des décrochages. Je ne suis qu’un réceptacle et j’essaie d’agir tantôt avec mes ptits bras tantôt avec mes ptits mots. Je suis petite de toute façon.
    On arrive à glisser quelques « dossiers » aux autorités « compétentes », et on replonge. Je reviens rincée et je m’auto-psychanalyse dans un petit blog, pour évacuer.

    Les violences à l’école ont toujours existé. On les voit plus parce que les ados y passent 10 heures par jour.

    La vraie violence, c’est nous qui la provoquons.

    maia, je, c’est tout le monde

    • framboise92
      framboise92 répond à m a i a
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 13h09 le 11/04/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      C’est bien, cela te sert d’exutoire.

      Tu n’es pas peite, chaque grain compte et personne ne les voit. tant pis. Nous faisons le maximum. Le reste ne suit pas souvent ou trop longtemps après.
      mais nous avons agi, sache-le !
      biz

    • LienRag
      LienRag répond à m a i a
      • Posté à 01h44 le 12/04/2010
      • Internaute 34767

      C’est qui, les autorités compétentes ?

  • jadzia
    jadzia
    auteure/réalisatrice
    • Posté à 12h57 le 11/04/2010
    • Internaute 111693
      auteure/réalisatrice

    Il n’y a probablement pas de solution miracle, mais des méthodes dites « expérimentales » comme Freinet, permettent de donner du sens aux apprentissages et à l’école, une ouverture, une reponsabilisation et autonomie aux enfants... ça manque cruellement dans le système classique. Certes, l’enfant amène avec lui son bagage personnel (familial, social, psychologique) et les enseignants doivent composer avec ça, mais il est clair que considérer l’école comme un endroit où on déverse le savoir, sans apprendre avec plaisir et esprit critique, ne peut fonctionner. L’école officielle n’est pas ou plus le lieu où les enfants se construisent. L’échec et l’ennui engendrent une partie de cette violence scolaire. Rajouter des caméras, des flics dans les établissements ne fera qu’aggraver la situation... mettre l’humain au centre d’une vraie politique de l’éducation est la seule solution qui me semble pouvoir fonctionner .

    • framboise92
      framboise92 répond à jadzia
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 13h11 le 11/04/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      C’est mal barré !
      Sachez qu’en maternelle, on se rapproche de l’humain, on fait ce qu’on peut dans le pire des mondes devenu infernal depuis 2007 (surtout).

      • jadzia
        jadzia répond à framboise92
        auteure/réalisatrice
        • Posté à 14h52 le 11/04/2010
        • Internaute 111693
          auteure/réalisatrice

        Je sais bien. Je ne doute pas de la persévérance de certains enseignants (pas tous...) qui essaient de faire au mieux avec des moyens dérisoires et des directives plus absurdes les unes que les autres, dans des conditions parfois terrifiantes... se serait surement plus facile si les politiques éducatives n’étaient pas conçues sur un mode sécuritaire, sectaire et coupées des réalités... si le monde est si dur, c’est surement parce que beaucoup de choses sont déconnectées de l’humain. C’est surement ce que perçoivent, encore plus durement que nous, les enfants et adolescents.

         
        • framboise92
          framboise92 répond à jadzia
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 15h40 le 11/04/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          C’est ce qui fait le plus mal dans notre profession. Ne pouvoir faire plus. Mais les enfants perçoivent l’amour, le respect que nous leur portons...ou ...non.

          • jadzia
            jadzia répond à framboise92
            auteure/réalisatrice
            • Posté à 16h45 le 11/04/2010
            • Internaute 111693
              auteure/réalisatrice

            tout à fait d’accord... on se souvient tous des enseignants qui nous ont apporté maintes choses positives quand nous étions écoliers, ceux pour lesquels on allait avec plaisir à l’école...

            • framboise92
              framboise92 répond à jadzia
              je choisis la campagne, la (...)
              • Posté à 19h06 le 11/04/2010
              • Internaute 24519
                je choisis la campagne, la (...)

              Je voulais rajouter aussi que les élèves les plus durs qu’ont a dû cadrer avec « poigne », houspiller, canaliser amis avec un grand effort de justice...sont ceux qui manifestent le plus de démonstrations sympathiques plus tard quand on les rencontre dans la rue.

              Oui, moi aussi j’ai de bons souvenirs de certains professeurs qui m’ont donné le goût de continuer à faire vivre l’étincelle qu’ils avaient su allumer en moi.

              Bonne soirée à vous ! !

        3 autres commentaires
  • sfio
    sfio
    Peintre
    • Posté à 18h11 le 11/04/2010
    • Internaute 97152
      Peintre

    « elle doit produire les “ ressources humaines ” nécessaires au fonctionnement de l’économie et une élite capable de conduire la société »

    avec une formulation comme celle-ci, l’École et la société sont pas prêtes de changer !

    « l’école doit produire » : c’est une entreprise ?
    « des ressources humaines » : c’est une machine à cloner pour le marché ?
    « des élites » : ha ? ? pourquoi faire ?
    « CONDUIRE la sociéte “ : y’a une nécessité ? on voit ce que ça donne ! elle peut se conduire toute seule, elle n’a pas besoin d’élites, d’hommes soi-disant supérieures qui exploitent les autres ! ! ! ! ! !

    l’École c’est un lieu d’échange, de connaissances et de partage du savoir, elle n’a aucune autre fonction. Elle devrait être ouverte à tous à tous les âges de la vie, durant toute la vie, entièrement gratuite et on devrait y passer beaucoup plus de tps au lieu de bosser comme des cons !
    Il ne font pas confondre ÉCOLE et formation professionnelle ! !

    • jadzia
      jadzia répond à sfio
      auteure/réalisatrice
      • Posté à 08h41 le 12/04/2010
      • Internaute 111693
        auteure/réalisatrice

      c’est sur... quand on envisage l’humain sous la forme de « ressources humaines »... on est mal parti... la particularité des écoles dites « expérimentales » dont je parlais plus haut (Freinet, Lycées expérimentaux...) est justement de ne pas vouloir former des élites, mais d’essayer de faire en sorte que chaque enfant trouve sa place et ait un projet de vie bien à lui. Aprendre à vivre ensemble en respectant la différence de l’autre sans jugement... et franchement pour avoir travaillé un an et demi dans une école Freinet pour un film, je trouve qu’ils y arrivent plutôt bien... c’est pas parfait, mais c’est vraiment intérressant.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.