Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Réforme du lycée : vers une pédagogie de l'inculcation

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 14/06/2008 à 13h04

Sont-ils devenus fous ? Après une charge sabre au clair contre tout ce qui dans le primaire pouvait évoquer une pédagogie quelque peu active, voici une réforme du lycée qui prétend libérer les élèves du carcan des cours magistraux. Dit-on.

Une réforme qui jetterait ces adolescents dans de bien incertaines aventures intellectuelles sous la forme de « projets », de recherches plus ou moins autonomes inspirées de ce qui se fait au nord de l’Europe puisque, les études internationales le disent, c’est bien là ce qu’il se fait de mieux en la matière.

En finir avec les IUFM, ces lieux infestés d’idéologie pédagogiste

Autrement dit, il semblerait que l’on s’apprête à donner raison, dans le cadre du lycée, à ceux pour lesquels on ne saurait trouver de qualification plus infamante, dans le primaire, que celle de « pédagogistes ». C’est à n’y rien comprendre, car naturellement l’âge ne fait rien à l’affaire puisque, dans ces pays nordiques, la pédagogie active commence dès le premier jour de la scolarisation. Que se passe-t-il donc ? Il semble que tous les commentateurs soient unanimes à voir dans ce projet de réforme une concomitance, pour le moins, avec l’intention déclarée d’en finir avec les IUFM ces lieux infestés d’idéologie pédagogiste.

Mais alors cela suppose que le pouvoir établit comme postulat que n’importe qui caparaçonné dans un bac + cinq de n’importe quoi est en mesure de concevoir et de mettre en œuvre un projet pédagogique fondé sur l’activité de recherche d’élèves travaillant collectivement et qui se donne pour objectif l’acquisition, par chacun de ces enfants, des connaissances stipulées par le programme.

Que n’importe qui, armé de son bac + cinq de n’importe quoi, est capable d’accompagner ce projet, de veiller à la progression de chacun des élèves, de rectifier s’il le faut et autant qu’il le faut les cheminements, d’aider à acquérir les savoirs nécessaires à la poursuite du projet grâce aux « outils » mis en place par le collectif des enseignants au cours de studieuses réunions.

Tout le monde sait faire cela même dans les établissements « difficiles » où la motivation des élèves est oblitérée par la fragilité de la confiance en soi et peut-être même de l’estime de soi, par l’être (mal) que l’on est convaincu d’être et qui n’est pas nécessairement réjouissant.

Tout le monde sait faire tout ça, autrement dit et contrairement à ce qui se passe dans les pays dont on dit s’inspirer le métier d’enseignant serait le seul qui ne nécessiterait aucune (ou presque) formation professionnelle pour être véritablement exercé (on peut lire avec profit sur ce thème le point de vue de A. Giordan sur le site du Café pédagogique).

Les stages préconisés pour les débutants en « compagnonnage » avec des « maîtres chevronnés » constituent une mauvaise plaisanterie tout simplement parce qu’ils sont fort peu nombreux, ces anciens, qui ont, surtout en lycée, pratiqué une pédagogie quelque peu active. Non par mauvaise volonté, sans doute, mais parce que personne ne le leur a jamais demandé.

Absurde ! N’est-ce pas ce qui vient immédiatement à l’esprit ? Supprimer toute professionnalisation au moment où l’on prétend mettre en place une réforme qui ne peut se passer de ce professionnalisme ! Qu’importe puisque l’objectif est bien celui de supprimer les IUFM ce foyer infectieux à partir duquel se propage la déplorable idéologie de « l’enfant-roi », ce « pédagogisme ».

Détourner le discours émancipateur au profit de l’idéologie autoritaire

Mais ce n’est là qu’une étape car, me semble-t-il, l’objectif est plus ambitieux. Il est, en effet, une constante du fonctionnement social depuis le XIXe siècle qui consiste à intégrer et, ainsi réduire, toute opposition donnée a priori comme irréductible.
Ainsi du syndicalisme qui après une période de conflits frontaux s’est progressivement intégré au fonctionnement social au point d’en devenir un « fluidificateur » des relations sociales.

Ainsi de l’intégration dans l’organisation des entreprises de bribes du discours autogestionnaire comme le remarque fort à propos Slavoj Zizek (Le Monde, 3 juin 2008) commentant « Le Nouvel esprit du capitalisme » de Luc Boltanski et Eve Chiapello :

« Une nouvelle forme de capitalisme a peu à peu émergé à partir des années 1970 : elle a développé une forme d’organisation en réseau fondée sur l’initiative et l’autonomie des employés sur le lieu de travail. Ce faisant, le capitalisme a détourné la rhétorique autogestionnaire anticapitaliste d’extrême gauche pour en faire un slogan capitaliste… »

De la même manière, cette réforme du lycée me semble bien être un détournement du discours pédagogique émancipateur au profit de l’idéologie autoritaire dont les constituants essentiels sont l’élitisme, la méritocratie, la compétition et la sacralisation de la hiérarchie fondée sur le postulat fort commode dans son ambiguïté de l’inégalité fondamentale des êtres humains.

Voir le document

(PDF file)

Ainsi le système mis en place dès la maternelle (voir l’inénarrable rapport Bentolila) et développé tout au long du primaire est celui d’un mode de vie impositif, méritocratique et autoritaire qui construit une hiérarchie au sein même de l’enfance, légitimée par un discours du mérite non seulement simplificateur mais particulièrement falsificateur.

Ce qui très concrètement s’opère par l’inculcation (vocable du répertoire présidentiel) de règles dans tous les domaines, par la pratique intensive du « par-cœur », du b-a ba, de la compétition, de la récompense et de la punition.

Autant d’habitus qui ne seront guère remis en question par cette plus grande autonomie laissée aux lycéens. De sorte que cette concession apparente, ce détournement d’une conception émancipatrice de la pédagogie pourrait bien n’être rien d’autre qu’un voile jeté sur la réforme de l’école dans son ensemble qui n’a en réalité d’autre objet que d’affermir le socle sur lequel se construit une école hiérachisante, méritocratique et impositive, autrement dit une école autoritaire, une école de l’inculcation.

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  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 13h46 le 14/06/2008
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Le terme « inculcation » est effectivement très laid. On s’était déjà défait du terme « instruction », jugé trop dirigiste, au profit d’« éducation ».

    Un pas en avant, trois pas en arrière...

    Quant aux « pédagogistes », le terme doit pouvoir s’assumer quand on connaît et suit ceux qui sont ainsi désignés.

    Continuons à nous élever pour exercer nos fonctions comme nos consciences professionnelle et personnelle nous le dictent, et refusons que des « autorités » dont la légitimité intellectuelle (et pédagogique)est plus que contestable, nous fassent travailler à marche forcée, mais surtout à rebours.

    • LB
      LB répond à m a i a
      • Posté à 14h50 le 14/06/2008
      • Internaute 12995

      Coucou,
      Le terme inculcation a, au moins, le mérite d’être dans le dictionnaire...
      Je n’ai, par contre, pas trouvé le terme « impositif » (mais, que cela fait pédant)...

      Quand à défendre les IUFM... Je me marre...

      Partant d’un bon sentiment (du moins je l’espère), grâce au copinage, au mode de fonctionnement de la fonction publique, à l’incompétence et à l’égocentrisme des participants, les IUFM ressemblent plus à un gloubiboulga informe qui ne fonctionne que par et pour lui-même...

      Enfin, le passage de « instruction » à « éducation » a permis de transformer des enseignants en éducateurs...

      Bravo...
      LB

      • papy55
        papy55 répond à LB
        prof. en province
        • Posté à 18h32 le 14/06/2008
        • Internaute 24237
          prof. en province

        Quand vous parlez de copinage, vous parlez des Grandes Ecoles ?

      • Naradamuni
        Naradamuni répond à LB
        sans
        • Posté à 19h03 le 14/06/2008
        • Internaute 30050
          sans

        Couicoui,

        « Le terme “inculcation” a, au moins, le mérite d’être dans le dictionnaire... »

        Uniquement ce « mérite » alors, car au sujet de sa saveur, de sa substance, « Inculcarea », fouler du talon ; peut-être de qualité pour certain mais pour l’ouverture à la connaissance, qui serait plutôt ce que nous entendons d’un enseignement, Grandir l’Homme... ?
        .
        Quant à « pédant », cette sensation que vous ressentez est en vous, c’est vous qui la vivez, elle vous appartient, libre à vous de faire preuve de « pédagogie impositive » (merci Mr Roméro...) en voulant entre guillemets nous obliger à nous conformer à vos émotions, je vous en laisse la prétention !

        -« Partant d’un bon sentiment (du moins je l’espère) »

        Digne d’un troll, vous vous permettez de sous entendre les mauvais sentiments, un peu comme les « lève tard », les feignant de chomeur », etc...

        Dans votre cas je pense qu’il ne sert à rien d’espérer en ce qui concerne les sentiments bons ; les votres « ressemblent » plus à un gloubiboulga informe d’images chimériques égocentriques, d’incompétence et de combinage/copinage qui vous tourmentent.

        Attention l’ulcération vous guette !

        -« Enfin, le passage de “instruction” à “éducation” a permis de transformer des enseignants en éducateurs... »

        Non ! Instructeurs en éducateurs.(relisez !)

        Maintenant faudra-t-il alors dire inculqueurs ?

        « Je me marre... »

        Rions !

         
        • ART MONIKA
          ART MONIKA répond à Naradamuni
          • Posté à 09h54 le 15/06/2008
          • Internaute 10855

          Ne nous disputons pas sur des termes alors que le sujet est grave. Merci à Nestor Romero de régulièrement alimenter nos réflexions sur l’éducation.

          La question de la formation des enseignants est très complexe. Les IUFM offrent des formations hétérogènes. Dans certains, par exemple, on informe très peu les futurs enseignants des modalités du développement cognitif, langagier et affectif de l’enfant, et de ses possibles troubles. Pendant des années, ces enseignants n’ont rien compris aux difficultés d’apprentissage de certains enfants(« dyslexiques, “dyspraxiques”..) de leur classe, qui ont été de ce fait maltraités par le système scolaire.

          En ce qui concerne les méthodes d’apprentissage, les enseignants ont été pris dans des carcans construits par des “didacticiens” de la langue ou des mathématiques, qui ont abouti aux difficultés que rencontrent nombre d’enfants (et d’adultes) aujourd’hui.

          On peut en être triste mais c’est une réalité : le niveau d’acquisition des “fondamentaux” a baissé en France en 40 ans. 20% d’enfants entrent en 6ème sans correctement maîtriser la lecture. On retrouvait le même pourcentage chez les jeunes de 18 ans lors des Journées d’Appel Défense.

          Ces “didacticiens” ont construit de grandes théories (très hermétiques) sur la façon d’enseigner la lecture ou les mathématiques aux enfants... qui ne tiennent pas compte des étapes du développement de l’enfant, et raisonnent à partir de l’état d’expertise, donc de l’adulte.

          En promouvant certaines méthodes de lecture par inférence, ils ont par exemple oublié que l’enfant ne peut apprendre à bien lire et à orthographier s’il n’a pas automatisé toutes les procédures du déchiffrage alphabétique et de l’assemblage syllabique, grâce auxquelles, avec une compétence lexicale développée en parallèle, il tire toutes les informations du mot à lire, et devient un bon lecteur et un bon scripteur.

          Supprimer les IUFM n’était pas nécessaire, mais les réformer, certainement si. Mais il est fort à craindre que, dans leur désir de mettre à bas ce qui s’apparente pour eux à des bastions de “l’idologie gauchiste”, et avec leur souhait forcené de diminuer le nombre de fonctionnaires, Sarkozy et Darcos ne fassent encore tomber d’un cran notre système scolaire.

          La résistance est donc hautement nécessaire, ce qui implique une critique interne sans parti-pris ni corporatisme de notre système pédagogique.

        1 autres commentaires
    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à m a i a
      43
      • Posté à 17h58 le 14/06/2008
      • Internaute 4591
        43

      « Le terme “inculcation” est effectivement très laid »

      C’est sûr que si les techniques le permettaient nos politicards préfèreraient employer le terme d’« inoculation » qui leur permettrai de dormir sur leurs deux oreilles.

      L’article de Nestor Romero me semble aller au fond du problème en soulignant trés finement les visées ultimes de ceux qui nous gouvernent.

      Nous assistons a une formidable attaque des « élites », ainsi qu’ils se momment eux mêmes, contre le peuple et visant à l’asservir.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h04 le 14/06/2008
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    la personne doit s’inculquer elle même des valeurs qui lui sont proposées, mais pas être inculquée de force.
    Quoique, la pub, si on regarde bien nous inculque de force (si on la regarde)

    • dalun
      dalun répond à pablico
      • Posté à 19h25 le 14/06/2008
      • Internaute 29964

      et si nous l’écoutons ... en effet l’image me semble t’il « couvre - masque “ le vrai message qui nous est inculqué .restons attentif . !

  • citoyenne inquiète
    • Posté à 15h05 le 14/06/2008
    • Internaute 38546

    La fin des IUFM, pour quoi faire ? Tout simplement pour en finir avec les concours nationaux. Les chefs d’établissement, devenus de véritables chefs d’entreprise aux impératifs de rentabilité, auront pour tâche de recruter leur personnel. Sur quels critères ? La maîtrise d’un savoir ? Quel gros mot ! Les profs seront désormais de gentils animateurs capables de mettre en place des « projets » de toutes sortes, mais surtout pas de transmettre des connaissances et d’amener les élèves à développer leur esprit critique.

    La réforme des lycées ? Pour développer l’autonomie des élèves ? Non, tout simplement pour créer un bac « à la carte » ayant pour conséquence la disparition des disciplines peu rentables. La philo, ça sert à quoi ? Pas rentable, on supprime. Les arts plastiques, le théâtre, les sciences économiques et sociales (qui permettent de s’interroger sur le système économique dans lequel on vit), la littérature ? Inutiles, et en plus dangereux car ça fait réfléchir, on supprime. En plus, c’est tout bénef car cela permet de réduire le nombre de profs (pas rentables : ils ne travaillent que 18 heures par semaine). Cerise sur le cadeau : finies les dissertations, spécialité française, bonjour les QCM (c’est plus rapide à corriger, donc les profs pourront faire plus d’heures et en plus ça rend con : exactement ce qu’il faut pour avoir de futurs salariés efficaces et malléables).

    Je dramatise ? Non, je traduis ce qui se cache derrière « la réforme du système éducatif français ».

    • papy55
      papy55 répond à citoyenne inquiète
      prof. en province
      • Posté à 18h55 le 14/06/2008
      • Internaute 24237
        prof. en province

      Je suis d’accord quand vous dites qu’un des buts est de supprimer les concours nationaux. L’avantage d’une telle solution, c’est de remettre les postes d’enseignants sur le marché du travail ordinaire sans statut particulier....
      Plus aucune pédagogie, des tiroirs garnis de fiches que l’on propose selon un calendrier préétabli, une évaluation-questionnaire qui sera franchie par les élèves par du simple « par coeur », les méritants seront donc seront ceux qui ont appris sans trop se poser de questions et qui ne dévieront pas des réponses types (pas forcément bonnes).....
      Autre avantage, des profs remplaçables au pied levé par des non spécialistes, il suffira de sortir les bonnes fiches accompagnées des corrigés (pour le remplaçant), le jour J....
      Les jeunes qui ne se plieront pas à ces méthodes seront exclus....et finiront en prison..., tout ça pour ceux qui ne pourront fréquenter que l’Ecole Publique, pour les autres, il y aura certainement une offre abondante d’établissements privés !

  • Dan Lemille
    Dan Lemille
    Sous prof
    • Posté à 16h08 le 14/06/2008
    • Internaute 38568
      Sous prof

    Combien d’organisations syndicales ont refusé de signer le protocole sur la réforme des lycées ? Aucune !
    Il est vrai que tout va bien, les postes sont revenus et les motifs de mécontentements ont disparu avec l’arrivée du mois de juin.
    Pourquoi les organisations syndicales ont-elles laissé la jeunesse dans la rue, seule face à Sarkozy ?
    Pour flinguer le service public, il faut le dépecer, le vider de tous ces moyens. On supprime les postes, on bousille la formation des enseignants, on élimine les réseau d’aide aux élèves en difficulté, on nie la professionnalisation des enseignants, on s’appuie sur des programmes rétrogrades,on télésurveille les établissements, on flique. Et dans le même temps, on permet à des boites comme Acadomia de se développer grâce à des réductions d’impôts pour ceux qui en bénéficient.
    En ce qui concerne les iufm, il est politiquement correct de dire que ça ne sert à rien. Le gouvernement l’a bien compris. Ont-ils les moyens de former les jeunes profs ? Que devrions-nous réclamer ? La fermeture des iufm donc moins de formation ou plus de formation ! Oui c’est un investissement, un véritable investissement pour l’ensemble de la société.

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  • Nestor Romero
    Nestor Romero
    Ancien enseignant
    • Posté à 16h39 le 14/06/2008
    • Expert 5556
      Ancien enseignant

    Pardon LB, encore un gros mot de pédagogue. Cependant, si vous voulez en savoir plus sur la « pédagogie impositive » vous pouvez toujours inscrire l’expression sur votre écran à l’endroit judicieusement choisi, vous jouirez ainsi d’une fin de semaine...instructive.
    N.

    • LB
      LB répond à Nestor Romero
      • Posté à 00h09 le 17/06/2008
      • Internaute 12995

      Coucou,
      Désolé, je m’insurge contre l’utilisation de ce type de vocabulaire. Après avoir suivi vos « instructions », désolé mais je n’ai pas trouvé de définition.

      Je n’ai pas parcouru les 308 pages (seulement ? ? ?) qui utilisent ce terme, seulement les premières...
      Et votre article est au bout du premier lien...
      Ok, ok...

      Mettez une définition, cela pourra m’instruire...
      (et puis, écrivez à l’Académie française, on ne sait jamais, si les sages trouvent que le mot peut avoir un intérêt et un sens...)

      LB

  • léo solo
    • Posté à 18h50 le 14/06/2008
    • Internaute 2483

    L’enseignement du code de la route au lycée sera « vraisemblablement une des préconisations du rapport ». Cependant, « il faudra trouver un moyen, si on retient cette idée, que toutes les formes d’apprentissage professionnel, et pas simplement le lycée ou le collège, soient retenues » et, également, « de vérifier, au moment du passage du permis, si cette connaissance a bien été acquise », a-t-il souligné, prenant l’exemple d’un jeune qui a eu les cours de Code en seconde et passe son permis à 27 ans.

    dixit Bussereau secretaire d’etat aux transport.

    Donc au lycée moins de philo
    moins d’options
    plus de permis.
    C’est ça rester bien à droite.

    Et alors ?

    Alors,
    vive la nuit de l’école
    et la nuit des collèges
    et la nuit des lycées

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à léo solo
      sans
      • Posté à 19h22 le 14/06/2008
      • Internaute 30050
        sans

      @ léo solo

      Les Lumières ?

      Les lumières, c’est-à-dire ce qui a vocation de former et informer nos petites têtes, c’est l’École et la Presse qui en revendique le privilège.

      L’école
      L’école présente est essentiellement une institution disciplinaire. La première discipline enseignée est « savoir se vendre », la servilité et la duplicité. Pour remplir cette mission, l’école se fait le lieu où l’instruction tue l’intelligence ; elle glorifie de se restreindre rigoureusement aux opérations de gavage en vue du « diplôme », le label de garantie prêt pour le Marché, « le bassin de l’emploi ».
      Dans les murs, sous l’oeil des cameras, derrière les sas de sécurité toute question de spiritualité, d’idéal, est interdite. l’école est donc un double de la « Grande Muette », « neutre » comme la caserne vis-à-vis de toute pensée vivante authentique, flicage, fichage. C’est ce qui fait de l’école caporalisée un royaume « austère », répulsif et fatiguant.

      La Presse
      Heureusement existe l’autre foyer de lumière obscurantiste, presse et télé, royaume compensateur du « licencieux », attractif et prodigue d’évasion.
      les Média actuels sont essentiellement prostitués. C’est l’horrible « liberté » de l’information. d’abord c’est le déluge « distrayant » de faits divers, chiens écrasés, incidents biographiques de « vedettes » en tous genres ; ceci enchaîne avec les « variétés », où le porno alterne avec Cendrillon et les gangsters avec Zorro ; le clou du délassement est cependant avec le Mondial et la Roue de la Fortune. Mais c’est la fonction de manipulation idéologique qui est la mission fondamentale des média : au travers du flot intarissable des commérages de politicaillerie, il s’agit à la fois d’engluer la « masse » dans des considérations qui ne la concerne nullement et de l’amener à « prendre parti » dans la guerre des gangs dominants. Diviser pour régner !

  • DIOPZO
    • Posté à 18h58 le 14/06/2008
    • Internaute 24613

    Tous les stagiaires IUFM que j’ai acceuillis dans mes classes, je dis bien tous, ont été unanimes pour dire qu’il n’avaient rien appris(professionnellement parlant) dans ces instituts.Alors ou on les supprime(les instituts, pas les stagiaires !)ou on revoit leurs contenus.Quant à « l’éducation nationale », je lui préfère « l’instruction publique » ; mais il est vrai que de nos jours un prof est sensé tout faire et tout savoir faire.Un don du ciel en quelque sorte.

    • m a i a
      m a i a répond à DIOPZO
      aquoiboniste
      • Posté à 19h19 le 14/06/2008
      • Internaute 9081
        aquoiboniste

      C’est ce que j’entends souvent aussi, de la part d’étudiants PLC ou PLP.

      En revanche, la formation des CPE en IUFM, plus récente et durement acquise, a été, pour moi, un concentré d’apprentissages riches, variés et parfois déterminants.

      Malgré tout, la fameuse « formation générale et commune », rassemblant enseignants et cpe stagiaires était une catastrophe.

      Comme quoi, tout n’est pas à jeter, mais à revoir, sans nul doute... Car je ne crois nullement aux dons du ciel...

    • parti
      parti répond à DIOPZO
      punishment park
      • Posté à 23h23 le 14/06/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      pas d’accord, en formation iufm il y a 12 ans, futur plp, j’ai appris pas mal de choses...de profs en lp...ils enseignaient et formaient...après, peut-on dire que l’on apprend tout avant d’être sur le terrain ? certes pas...

  • dalun
    • Posté à 19h37 le 14/06/2008
    • Internaute 29964

    il est dommage que le terme , le mot éducateur ait été mis à toutes les sauces...instruire est un beau mot ... ! ..Visiblement là , il y a un plan pour le mot : détruire . je plaint les momes qui vont se faire inculquer .Et les enseignants ( inculqués - inculqueurs )..

  • CG13
    CG13
    http://www.youtube.com/user/ (...)
    • Posté à 19h46 le 14/06/2008
    • Internaute 33443
      http://www.youtube.com/user/ (...)

    Sans être pessimiste de nature, quand on voit quand même qu’à une époque où les gosses « n’avaient que ça d’intéressant à faire » (si, si !) et où la société et les parents nous aidaient, le système apparaissait imparfait et le métier déjà difficile dans un cadre pourtant d’Instruction publique, la notion d’Education nationale apparait bien vaine...

    Non ?

  • marie 75
    • Posté à 21h09 le 14/06/2008
    • Internaute 3563

    inculture ... culture d’Etat ... comment arriver à la non-hauteur de SarKoL’ump ?

    • dalun
      dalun répond à marie 75
      • Posté à 00h51 le 15/06/2008
      • Internaute 29964

      pour lui le non suffit !

  • GRECKO
    • Posté à 21h47 le 14/06/2008
    • Internaute 31348

    4°, 5° des classements très corrects mais sans plus ; les premiers je les jalousais, ils me semblaient loin , bien meilleurs ces enfants d’employés, voilà un traumatisme fondateur.
    Puis vint le collège, un long couloir chiant où l’on m’imposa toujours ce que l’on imposait à tous.
    Le lycée pour éclore un peu, s’élever.
    L’université, quel pied tous ces livres, toute cette pensée si ouverte et nouvelle, puis le CAPES, puis l’Agreg.
    Merci à toi pédagogie impositif dont je découvre le si joli nom ce soir...

  • NuklearCocroach
    NuklearCocroach
    ex GeneralSubverciòn
    • Posté à 09h30 le 15/06/2008
    • Internaute 36938
      ex GeneralSubverciòn

    De toute façon,quelques écoles de commerce et de flics suffiront bientôt à ceux pour qui qui elles sont déjà le must de l’« éducation »...les autres,on leur apprendra juste à être d’accord avec le pouvoir et à dire « Merci patron » et « Vive le président » à grand renfort de CRS pour les récalcitrants et de RG pour les « pas convaincus »...alors les UIFM et la pédagogie,ça vous donne un aperçu de ce qu’ils en pensent et vont en faire...

  • sinclair
    • Posté à 09h36 le 15/06/2008
    • Internaute 2580

    Ainsi l’avenir serait « une école méritocratique et impositive, autrement dit une école autoritaire, une école de l’inculcation“et seulement cela. Si seulement c’était vrai ! alors que tout montre que c’est la disparition de l’école de la République dont il s’agit. Si seulement il ne s’agissait que de pédagogie active ou passive !

    Alors que depuis quelques mois la voie se trace et se précise. Partant d’un constat l’école coute cher très cher, premier poste budgétaire, il tend a maximiser le niveau que peut atteindre un enfant quelque soit ses origines, le personnel pour se faire est nombreux très nombreux et pas particulièrement pro élitisme de droite mais plutôt de gauche en plus et en plus il est formé a grand frais dans des écoles speciales.

    Donc il faut faire des économies et la France n’a que faire d’une multitude de jeunes capable de réfléchir sainement, c’est inutile pour l’économie de marche type temps de cerveau libre pour coca cola, du bâtiment ou du personnel hôtelier de base. Tout comme pour les autres fonctions publique il est facile de privatiser d’autant que cela existe déjà dans l’éducation. Un élitisme par l’argent est logique dans le libéralisme, car évidemment ce sont les plus intelligent et ou débrouillard qui ont réussi.

    A partir de là on provoque la décrédibilisation du contenu et des enseignants. Comparaisons défavorable avec d’autres pays, présentation de l’enseignant comme un fainéant et un privilégié. Les mouvement des personnels sont decredibilisés avec le classique prise-d-otages-des-parents par ces parasites surpayés etc.

    Puis on prend des mesures pour y arriver suppression de la carte scolaire qui décidera les parents qui n’ont pas compris a passer au privé ou a une ecole bien coté ou fatalement un tri sera fait soit au privé. Qui croyez vous qu’il restera dans les établissements des ‘zones sensibles’ en fait des quartiers ou règne la pauvreté et la misère.

    Possibilité de séparation des sexes pour encourager le privé religieux, sa aide. On passe au volet économie avec suppression des postes en nombre sur plusieurs années en ne remplaçant pas les départs a la retraite et en donnant des heures sup pour appâter ceux qui restent. Comme le nombre d’enseignant diminue point besoin d’une école pour les former, si peu seront recrutés, de plus pour une formation minium point besoin de formation des enseignants.

    Le résultat est visible aux USA et en Angleterre, voila ce qui nous attend d’ici quelques années. La qualité de la scolarité des enfants et leur formation dépendra des capacités financière et de la volonté des parents.

    On est loin du débat entre passif et actif de la pédagogie et du contenu des programmes qui ne sont que des dérivatifs face a ce qui se prépare, Je fais du catastrophisme, je me trompe je l’espère.

  • muy
    muy
    • Posté à 10h11 le 15/06/2008
    • Internaute 9761

    Bravo et merci Nestor !

    On trouve normal de former des médecins, des informaticiens, des commerciaux, des maçons…mais une école pour former des profs, quelle connerie ! Pourquoi ? Sûrement, parce que tout le monde a l’impression, de part son vécu scolaire, qu’il peut entrer dans une classe et faire cours ! ça a l’air facile d’enseigner ! Il suffit de lire ses notes et les gamins vont écouter.
    Et bien, non, ça ne marche pas comme ça ! Prof, c’est un métier, ça s’apprend. Il n’y a pas de don particulier : il faut être à l’écoute, se remettre en question et surtout bosser !

    PS : En sciences aussi (maths, physique-chimie, SVT, SES…) on réfléchit ! La réflexion n’est pas l’apanage des matières dites littéraires. Ce discours-là aussi est dangereux !

  • re-belle
    re-belle
    mère au foyer
    • Posté à 14h45 le 15/06/2008
    • Internaute 24966
      mère au foyer

    vers une pédagogie de l’inculcation, si non ! ! ! ...
    l’inculpation ! ! ! ...
    à défaut de rendre les enfants intelligents ! ! ! ...

  • compte désactivé 2
    • Posté à 17h33 le 15/06/2008
    • Internaute 29938

    Les profs ne sont pas propriétaires de l’EN. Depuis des décennies, ce sont leurs syndicats proches de l’extrême-gauche qui imposent leur Loi aux différents ministres et qui ont conduit l’EN à la situation calamiteuse que l’on constate. Il est temps que le pouvoir politique, légitimement élu, ce gouvernement qui a des couilles, impose sa politique à ces inompétents.

    • m a i a
      m a i a répond à compte désactivé 2
      aquoiboniste
      • Posté à 19h13 le 15/06/2008
      • Internaute 9081
        aquoiboniste

      Vous n’auriez pas quelques arguments plus constructifs, en rapport avec l’article par exemple ?

      Et je serais curieuse de connaître l’étendue de votre savoir sur « la situation calamiteuse que l’on constate » ; merci de m’éclairer de l’extérieur ce que je connais de l’intérieur, je suis curieuse de nature.

  • CG13
    CG13
    http://www.youtube.com/user/ (...)
    • Posté à 20h11 le 15/06/2008
    • Internaute 33443
      http://www.youtube.com/user/ (...)

    « Depuis des décennies, ce sont leurs syndicats proches de l’extrême-gauche qui imposent leur Loi aux différents ministres et qui ont conduit l’EN à la situation calamiteuse que l’on constate. »
    Je me croyais vaguement expert en xyloglossie et en sophismes, mais là franchement, chapeau !
    Le flou et le fou surtout s’y côtoient.
    Penser que des syndicats (par ailleurs toujours très proches en fait du pouvoir quel qu’il soit), puissent simplement avoir la moindre interaction sur un ministre de l’EN montre que Gaétan ne connait absolument rien du sujet !
    Victime de la désinformation ou pur provocateur, cela n’a aucun intérêt.
    Plutôt que de montrer qu’on ne pense pas, on se tait ou on se cache. Loin.

    • Bardamu
      Bardamu répond à CG13
      difficile
      • Posté à 21h46 le 15/06/2008
      • Internaute 25491
        difficile

      Vous n’avez jamais entendu parler de la « cogestion » ?

      Avant de parler de désinformation, essayez d’en avoir, des informations...

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 22h07 le 15/06/2008
    • Internaute 25491
      difficile

    Bon, encore un article qui a des allures de tract gauchiste des années 70...

    Faudrait voir à se renouveler un peu quand même...

    L’éducation nationale comme « Appareil Idéologique d’Etat » destiné à maintenir et justifier la domination de classe, même les althussériens hors d’âge n’osent plus nous la faire... Et finir par une couche d’« habitus » bourdivin, c’est follement kitsch, mais ça ferait sourire même un élève de terminale L qui aurait écouté d’une oreille distraite son cours de philo cette année...

    Mais, allez, régressons un peu en feignant de vous prendre au sérieux :

    Vous refusez, je vous cite : « l’élitisme, la méritocratie, la compétition et la sacralisation de la hiérarchie fondée sur le postulat fort commode dans son ambiguïté de l’inégalité fondamentale des êtres humains. »

    Pourquoi pas.

    Mais comment fonder un système d’enseignement (et non un système éducatif : ce n’est pas la fonction de l’Etat d’éduquer) qui ne soit pas méritocratique ? C’est à dire qui ne récompense pas l’effort, le travail, la mise en oeuvre des dons naturels de chacun ? Je ne vois pas.

    Comment assurer l’égalité, si ce n’est pas sous la forme de l’égalité des chances ? Ce qui revient à accepter que des inégalités se développent en fonction de la façon dont chacun se saisit des opportunité qui lui sont offertes ?

    Ca me paraît difficile, sauf à considérer, exemple utilisé par Nozick, que dans un monde où il y aurait 10% de borgnes et 90% d’aveugles, l’égalité consisterait à crever les yeux des borgnes pour qu’ils soient au même niveau que les autres...

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