Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

La tendance à tout évaluer, signe d'une marchandisation de l'école

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 12/02/2009 à 19h11

Il y faut du temps : dix, quinze, vingt ans et plus pendant lesquels des voix isolées n’ont cessé de dénoncer cette volonté dite libérale de soumettre la moindre activité humaine au modèle et aux lois de l’entreprise.

Cette idéologie de la contrainte se saisit du lexique de l’émancipation : liberté, responsabilité, autonomie, épanouissement, talent, pour le corrompre et mieux (dé)former ainsi l’être humain à la loi de la compétition, au défi du « challenge ».

Voici des années en effet que sont dénoncés les dangers de la « marchandisation » de l’école. Lire par exemple Nico Hirtt, « L’Ecole prostituée » (éd. Labor) ou Christian Laval (« L’Ecole n’est pas une entreprise ») éd. La Découverte, par exemple).

Les calamités alors s’accumulent : compétition et évaluations dès le plus jeune âge sous prétexte de déceler les déficiences, les déficient(e)s et de les aider entre 17 heures et 18 heures, ce mensonge que tous les enseignants qui tentent de travailler avec ces élèves à ces heures-là peuvent attester.

Les enfants en difficulté méritent mieux qu’un soutien en forme d’aumône

Tout cela, cette fameuse « aide », à été fait depuis longtemps sous diverses dénominations : soutien et approfondissement, études dirigées ou encadrées, aides individualisées, tout cela dans les années 80 et 90 au cours des différentes tentatives de « rénovation du collège », sans plus de résultats.

Parce que, tout simplement, il n’est pas possible de travailler sérieusement avec des enfants (et des professeurs) qui n’en peuvent plus à ces heures-là.

Et puis ces enfants dits en difficulté méritent mieux que ça, mieux que cette espèce d’aumône que l’on donne aux pauvres en passant, sans les regarder.

Ils méritent tout notre savoir-faire et nous savons faire si nous le voulons et si l’on ne nous interdit pas de faire ce qui est à faire.

Car ce ne sont pas les enfants mais l’école qui est en difficulté. Eux ils sont trop jeunes pour être déclarés en difficulté. Trop jeunes pour être privés d’espoir.

Une tendance à faire de la société une juxtaposition d’entreprises

Mais l’école qui devait être émancipatrice pour tous devient centre de formation, lieu de production de « ressources humaines » de toutes sortes, depuis ceux que l’on nomme sans vergogne élites jusqu’aux derniers des derniers -ceux dont on dit sans plus de vergogne qu’ils sortent de l’école dépourvus de la moindre qualification.

Ne sont-ils pas produits par l’école ces disqualifiés ? Non seulement produits mais réputés peu méritants par l’idéologie du mérite.

De sorte que leur rétribution correspond à cette absence de mérite et les condamne ainsi à mener une vie d’outil humain, et leurs enfants avec, sauf exception que le libéralisme alors met aussitôt en exergue comme preuve de ses libéralités.

La crise aidant, apparaît de plus en plus nettement cette tendance à transformer la société tout entière en une vaste juxtaposition d’entreprises : entreprise de l’éducation élémentaire, secondaire et universitaire, de la santé, du courrier et des communications, de la presse, des transports, entreprise de tout.

(A ce propos, la presse a largement relayé la « victoire » des manifestants des gares de Gourdon et Souillac et donc, bien sûr suggéré la fin du mouvement. Méfiance, les décisions seront prises samedi prochain par l’AG extraordinaire de l’association « Tous ensemble pour nos gares... », allez sur le site et vous verrez que la discussion bat son plein, on vous tiendra au courant si vous le souhaitez.)

Tout doit être évalué, du gamin de maternelle aux enseignants-cherchers

Voici donc que les voix se font plus nombreuses pour dénoncer « l’entreprenalisation » et la réification généralisées c’est-à-dire grosso modo la transformation de l’humain en chose, en chose de nos jours monnayable et pour cela, pour en estimer la valeur marchande, évaluable.

Tel est le maître mot : évaluation.

Tout doit être évalué, du gamin de maternelle et de cours moyen jusqu’au chercheur chenu en passant par le chômeur jeune ou moins jeune dont il convient d’évaluer sa capacité à trouver un introuvable travail, le médecin hospitalier qui aurait tendance à consacrer trop de temps à ses patients au prix de la rentabilité de l’hôpital-entreprise, et le malade qui aurait tendance à l’être un peu trop.

Car il y a des enfants de 9 ans qui ne sont pas assez « performants » et des enseignants-chercheurs qui ne cherchent pas autant qu’il le faudrait et que, comme réprimande, on enverra enseigner !

Et des chômeurs qui profitent de la situation pour se complaire dans l’oisiveté, des médecins trop attentifs et des malades imaginaires.

Il faut donc bien évaluer car la liberté, celle que ne tolère pas le « libéralisme », est source de désordres dont seule une rigoureuse évaluation peut venir à bout.

Pourtant, ces insignifiants désordres inéluctables qui accompagnent la liberté sont bien moins redoutables que l’autoritarisme populiste et évaluateur porté par le « libéralisme ».

Car ni les enfants, ni les professeurs, ni les chercheurs, ni les médecins ne sont à l’origine du désordre qui vient de saisir le monde. Qui sont donc ces fauteurs de troubles qu’il conviendrait d’évaluer avec la plus grande rigueur ?

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  • noregreb
    noregreb
    instit
    • Posté à 19h31 le 12/02/2009
    • Internaute 69702
      instit

    Bien d’accord à propos de l’évaluation : rentrer à la maison avec un livret scolaire où on note les perfs à 3 ans ! Est ce normal ?

    • karlM
      karlM répond à noregreb
      Précaire
      • Posté à 10h50 le 13/02/2009
      • Internaute 21378
        Précaire

      Et l’obsession de finir le PROGRAMME qui ne se préoccupe pas des enfants (certains classeurs ne sont que des photocopies,parfaite reproduction du programe idéal, pondant par une élte parisienne surpayée).

      Et l’obsession de compétition, nous avons les meilleurs matheux du monde qui sont responsables de la crise financière leur algorythme, une élite polique, tête de classe, qui sort de ce systême compétitif à mort.*
      OU est la coopération ?

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 19h37 le 12/02/2009
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    J’ai évoqué sous un autre article la réflexion de M. Antibi appelée « constante macabre », où l’évaluation y est évoquée comme tendant systématiquement à obtenir de « mauvais » résultats.
    Un prof obtenant une excellente moyenne à une première évaluation se remettra en question et considèrera le niveau de son contrôle comme insuffisant ; il le rendra donc de plus en plus difficile, jusqu’à obtenir une moyenne dans la « norme », c’est à dire tendant vers des notes relativement basses.

    J’ai l’impression, à lecture de votre article, que la tendance générale est en effet à l’évaluation à tout prix, mais surtout au prix de la démonstration que rien ne fonctionne, que tout est médiocre, tout est dévoyé... prétexte donc à réformes hâtives et bouleversements divers, sans réflexion fouillée préalable.

    Merci de votre éclairage.

  • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
    • Posté à 19h45 le 12/02/2009
    • Internaute 69200

    Encore un texte mystificateur accommodé à la sauce compassionnelle et larmoyante. Il ne manque que Berthe Sylva, la Porteuse de Pain et les Deux Orphelines ! Jamais il n’y a eu aussi peu d’enfants de familles modestes dans l’enseignement supérieur et les grandes écoles que depuis qu’on a appliqué vos méthodes à l’enseignement, méthodes qui ont aggravé la reproduction des inégalités d’une génération à l’autre. Ce sont les syndicats de gauche qui sont responsables de ce déclin. Véritables gribouilles, ils se sont précipités dans les pièges qu’ils prétendaient éviter. Alors votre discours stéréotypé et mystificateur ne trompe que les gogos !

  • einna
    • Posté à 19h51 le 12/02/2009
    • Internaute 6227

    Si les enfants sont évalués à l’école, c’est aussi parce que certains acceptent d’endosser le rôle de l’évaluateur. Même certains enfants de maternelle sont évalués et parfois jusque dans la présence ou non d’un doudou à leurs côtés.

    Il n’y a d’évaluation que si des évaluateurs les réalisent mais comment évalue t-on ces évaluateurs ?

    Ce qui me choque c’est le discours entourant ces évaluations que beaucoup réalisent en se couvrant d’un « on est obligé... »
    et malheur à l’enfant qui loupe ses évaluations ! ou qui résiste à l’aide apportée par l’enseignant.

    On peut aider les enfants, on peut repérer les difficultés à apprendre ou à réaliser ; doit on pour autant venir chiffrer les différences, doit on dès le plus jeune âge venir étiquetter un enfant ? doit-on dès sa petite enfance dans son dossier scolaire le marquer du signe de l’échec ?

    Avant à l’école, il y avait des compositions, ces épreuves sont devenues contrôles puis évaluations. Ce glissement sémantique témoigne d’une évolution sociétale peut être d’une merchandisation mais surement du recours à la norme et tout ce qui n’est pas dans la norme devient suspect .

    Les difficultés des enfants mettent leurs enseignants au défi, celui de trouver une autre manière d’y faire avec eux, de transmettre leur savoir autrement, peut être de mettre l’enfant au centre de la question de l’enseignement. Les bons pédagogues ne sont-ils pas ceux qui arriveront à voir dans leurs classes les enfants dans leur individualité ? Espérons que le bon pédagogue aux yeux de la société ne soit pas celui qui évalue une « cohorte d’élèves » désignant parmi eux les exclus de la norme !

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 20h09 le 12/02/2009
    • Internaute 59121
      Promeneur

    L’école est « normalement » le lieu où on instruit, où on donne les outils pour apprendre par soi-même, pour donner l’ossature minimum pour être un citoyen qui pense par lui-même. Le personnel est dans sa très grande majorité dévoué à ces taches.

    Hélas, le mot « normalement » n’est plus de mise.

    Cette école n’est plus que le lieu de formatage de consommateurs, de personnels formés pour les besoins des entreprises et dans cette deuxième catégorie la compétition est assénee, suggérée par tous les médias. Il faut devenir un tueur pour avoir la place la plus élevée dans la société. Place d’où on dégringole aussi vite qu’on est monté.

    Le mot compétition est indigeste, pas très humain.

    Quant à l’évaluation, j’aimerai bien qu’on évalue aujourd’hui le pouvoir en place, je ne suis pas certain qu’il passerait en classe supérieure.

    • FREDERIC 67
      FREDERIC 67 répond à 101.7
      • Posté à 20h20 le 12/02/2009
      • Internaute 9970

      j’essaie de ne pas formater mes enfants mais c’est vrai qu’on a cette impression
      quand au pouvoir en place l’exclusion serait plus adaptée

  • noregreb
    noregreb
    instit
    • Posté à 20h46 le 12/02/2009
    • Internaute 69702
      instit

    Coucou les instits de maternelle , où êtes vous ? ! ! ! Vous êtes pas d’accord pour envoyer les livrets d’éval au feu ? ? ? ? !

    • borissette
      borissette répond à noregreb
      prof des écoles
      • Posté à 21h24 le 12/02/2009
      • Internaute 69852
        prof des écoles

      En maternelle comme ailleurs, nous avons des programmes à respecter, des compétences à faire acquérir à nos élèves. Il me semble normal de savoir si nos élèves savent ou non faire quelque chose en particulier. Jamais je ne les catalogue, mes évaluations servent juste à repérer les points forts et les points faibles de mes élèves et surtout à modifier ma pédagogie quand ils n’y arrivent pas. Quant aux livrets transmis aux parents, ils permettent d’en réveiller certains et de leur faire prendre conscience que m^me en maternelle, il y a des élèves en difficulté et qui ont besoin de toute l’aide possible.

  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 21h16 le 12/02/2009
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    Si Einstein avait aujourd’hui l’âge du CM2, il aurait des résultats calamiteux aux évaluations. Si Gabriel Garcia Marquez avait été évalué quand il apprenait (très difficilement) à lire, il aurait été déclaré déficient. Si Daniel Pennac...Etc...
    Aidons les enfants à se construire comme êtres humains plutôt que de les regarder à la loupe comme des insectes, et de chercher leurs failles et leurs manques. La faille, l’incomplétude et le manque fondent notre humanité, c’est dans leur creuset que nous construisons depuis des millénaires nos civilisations.

  • William Tel
    William Tel
    à Lille
    • Posté à 21h34 le 12/02/2009
    • Internaute 24846
      à Lille

    Je partage tout à fait vos analyses.
    Mais cela fonctionne comme un idéologie, et comme telle, il est difficile de s’en défaire. Elle est souvent le seul recours offfert aux professionnels pour formaliser leur travail, certains ne peuvent plus se représenter ce qu’ils font que dans ces termes-là.
    Je pense qu’il faut démultiplier les travaux qui portent attention à ce langage qui s’insinue dans toutes les sphères de la vie sociale avec le caractère de l’évidence, pour en banaliser et vulgariser la critique.
    Je trouve que vous y contribuez bien mais une autre tâche nous attend, celle de construire un discours alternatif.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 23h52 le 12/02/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    VA PRENDRE TA TEMPÉRATURE !

    C’était toujours comme ça autrefois. Quand la fièvre ou seulement la fébrilité nous prenaient, maman, inquiète, criait : « Va prendre ta température ! »

    Et hop, c’était parti pour trois minutes de thermomètre dans le derrière, avec l’œil rivé sur l’horizon inquiétant du chiffre trente-huit. La peur des ventouses ou de l’huile de foie de morue. Mais généralement, un bouillon bien chaud, une bouillotte ou le cachet d’aspirine miracle faisaient l’affaire. Et le lendemain, changement de chanson : « Pas de comédie, allez zou, à l’école ! »

    Aujourd’hui, le problème s’est un tantinet déplacé. C’est à l’école qu’on emmerde les mômes avec le thermomètre. Sauf qu’on ne leur met plus dans le derrière. Maintenant, la température, c’est celle de leurs neurones qu’on essaie de mesurer. ON LES ÉVALUE ! Et pas pendant trois petites minutes. Non, tout le temps ! En permanence ! De façon obsessionnelle ! Comme s’ils étaient toujours malades ! Au point même d’en oublier le réconfortant bouillon de culture, la bouillotte exaltante de l’intelligence, le cachet d’aspirine salvateur des Rased pour les plus atteints.

    Ah, j’oubliais un détail ! Bizarrement, c’est toujours la température des petits qu’on prend, qu’on « évalue ». Mais c’est eux, les grands, maman, papa, et tous ces dézingués d’adultes en pleine paranoïa, qui couvent désormais la fièvre, la fébrilité, la maladie, la terreur, les chocottes...

    Hey, teachers, leave the kids alone !

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 23h44 le 12/02/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    La tendance à tout évaluer, signe d’une marchandisation de l’école

    ça fait combien d’années qu’on vous le dit de toutes les manières que quand on met quelqu’un dans une catégorie quelconque,au bout d’un moment,il finit par devenir un produit représentatif de sa catégorie,et donc un consommateur potentiel faisant partie d’un fichier qui se vend entre entreprises...les vieux,l’inusable ménagère de moins de cinquante ans ,vos numéros de téléphone...........même les états ou leurs mandataires en vendent !
    les consommateurs,c’est vous qui les fabriquez,et maintenant on exige que vous preniez le fichage en charge pour ficher vos propres gamins...à vous de choisir vôtre camp !

  • ganima
    ganima
    chomeur de longue durée furtur (...)
    • Posté à 01h37 le 13/02/2009
    • Internaute 55513
      chomeur de longue durée furtur (...)

    bonsoir,

    non, signe une volonté de vouloir tout contrôler !

    La faute à qui !

    quand on voit ce qu’on a fait de notre liberté chèrement acquise en 1789 !

    Et qu’on sait les masacres qu’engendre la pensée unique !

    « je veux voir qu’une tête ! » à deux il devient une bête !

    plus tout les petits malins « moi, j’ai une idée qui est super ! “

    (et on s’aperçoit que c’est abérant ou pompé chez le voisin !)

    Plus tout les gens qui ce comportent comme des singes en imitant tout ce qu ils voyent à la télé ! ou chez leur voisin !

    y a fort à parier qu’on y est pour quelque chose !

  • Agnès Lenoire
    Agnès Lenoire
    Enseignante blogueuse
    • Posté à 06h55 le 13/02/2009
    • Expert 59943
      Enseignante blogueuse

    Bonjour,
    sans compter que l’évaluation en France n’est qu’un instantané des capacités. Les résultats ne devraient pas concerner la personne évaluée dans sa globalité, mais juste ce qu’elle a pu faire à un instant T. Rien ne dit dans ces évalutaions si l’enfant ou l’adulte ferait la même chose le lendemain. J’ai fait l’expérience avec mes élèves. Du jour au lendemain, tout est changé !
    Amicalement
    Agnès
    Lien

  • noregreb
    noregreb
    instit
    • Posté à 07h15 le 13/02/2009
    • Internaute 69702
      instit

    Il me semble qu’on n’a pas attendu les livrets et les cases bien remplies pour avertir les parents . De plus en maternelle on peut aussi leur laisser le temps ! On ne tient pas assez compte des dates de naissance , il y a parfois presque un an d’écart entre des enfants , à cet age là c’est colossal

  • Saheyus
    Saheyus
    Nightfall, quietly it crept and (...)
    • Posté à 07h41 le 13/02/2009
    • Internaute 28231
      Nightfall, quietly it crept and (...)

    Cet article est mensonger : c’est de la calomnie. Prétendre que l’Etat voudrait faire de la société une entreprise, quelle idée saugrenue ! Sarkozy sait parfaitement que l’Homme n’est pas une marchandise comme les autres...

  • Anonyme

    Evaluation, contrôle sont nécessaires dans toutes les sociétés qui veulent avancer vers l’efficience ! comment se remettre en question sinon ? motiver ?

    • Naradamuni
      Naradamuni
      sans
      • Posté à 14h04 le 13/02/2009
      • Internaute 30050
        sans

      Efficience (1930) : syn. Efficacité, Rendement

  • Anonyme

    Evaluation, contrôle sont nécessaires dans toutes les sociétés qui veulent avancer vers l’efficience ! comment se remettre en question sinon ? motiver ?

    • jjezfm
      jjezfm
      Internaute
      • Posté à 10h27 le 13/02/2009
      • Internaute 9633
        Internaute

      certes, mais ces concepts théoriques ne tiennent pas toujours la route dans la vraie vie quotidienne

      efficience, quel joli mot, quel joli concept

      ma petite pratique personnelle des humains m’amène à penser que la mise en confiance et le respect sont les meilleurs leviers qu’on puisse utiliser (sauf possibilité de promotion, évidemment) pour amener les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes.

      il faut aussi de l’évaluation, c’est vrai, mais comme support de dialogue, ouvert, et en replaçant l’évaluation dans son contexte : un outil parmi d’autres, pas plus

  • jjezfm
    jjezfm
    Internaute
    • Posté à 10h23 le 13/02/2009
    • Internaute 9633
      Internaute

    merci pour votre article

    il y a une hypocrisie fondamentale à prétendre évaluer pour aider les supposés déficients (ce qui prête déjà à débat !) alors qu’en fait il s’agit seulement de justifier un système en stigmatisant telle ou telle catégorie d’êtres humains ... parce qu’ils sont humains, justement -même à 3 ans- donc imparfaits et faillibles.

    mais l’hypocrisie est la base du libéralisme : ça pleure et ça appelle l’état à l’aide quand une société qui fait des milliards de profits pollue la mer, et puis en même temps ça critique les déficits publics ! c’est un exemple parmi tant d’autres.

  • Martin32
    Martin32
    Entrepreneur.
    • Posté à 12h36 le 13/02/2009
    • Internaute 66032
      Entrepreneur.

    Ce que ne sait pas le Roméro ...

    Ce qu’il ne sait pas le Roméro ou feint de l’ignorer...
    ou se cache de le dire...
    Bref ;
    Parlons en des enseignants-chercheurs, vous savez, ces universitaires qui défient actuellement le gouvernement et qui veulent faire croire à la France entière qu’ils œuvrent pour tous.
    Cependant, une récente étude montre que 25% d’entre eux ne publient rien, que 24% d’entre eux ne font partie d’aucune équipe de recherche.
    Pourtant, ne nous a-t-on pas assené le contraire ?

    Plus fort encore, l’étude montre que, au-delà de leur huit heures de cours par semaine, sur les 8 mois de l’année universitaire, certains profitent de leur temps libre pour effectuer des missions dans le privé plutôt que de faire de la recherche ! !

    Bien entendu, ce genre de statistiques est soigneusement camouflé.
    Un chercheur n’a que l’obligation d’avoir rédigé sa thèse.

    Est-ce donc interdit que l’Etat, qui les paye, veuille faire un peu de ménages là-dedans, surtout dans ces temps de crise où chaque euro compte ?

    Ne comptez pas sur le Roméro pour savoir la vérité... il en est incapable car la notion de devoir, de courage, n’est pas dans sa nature ...

    sur ce...
    cqfd

    • m a i a
      m a i a répond à Martin32
      aquoiboniste
      • Posté à 16h53 le 13/02/2009
      • Internaute 9081
        aquoiboniste

      Quel est le rapport avec l’article et la notion d’évaluation ?

  • jma14
    • Posté à 12h38 le 13/02/2009
    • Internaute 31729

    Vous voyez des entreprises de partout, il faut vous soigner.
    Pour continuer votre raisonement, une association est une entreprise (avec un président, un secrétaire, un trésorier), le vatican est une entreprise ( n-1 cardinal, n-2 moine...)....

    Voyez vous, on ne batit jamais de bon raisonnement en regardant un problème avec un prisme. C’est ce qui fait la différence entre un papier objectif et un papier confit de dogme.
    Avez-vous oublié les thèses, anti thèses et synthèses que vous nous avez enseigné ?

    Vous avez une vision maniquéenne de chose, moi je suis gentil et lui le méchant.

    Si vous ne connaissez pas l’art de débattre, il a peu de chance que vous l’aillez enseigné à vos éléves ! Et c’est bien dommage, parce que si nous ne savons plus nous parlez c’est bien parce que nous l’avons pas appris ;

    • silvinho
      silvinho répond à jma14
      • Posté à 23h47 le 13/02/2009
      • Internaute 26240

      Vous n’avez pas compris cet article. On vous explique simplement que dans certains domaines l’évaluation n’est rien..et qu’il ne sert à rien dévaluer ce qui se construit...d’ailleurs pour quel intérêt autre que celui d’évaluer l’argent que je donne et que je subordonne au résultat escompté.

      • jma14
        jma14 répond à silvinho
        • Posté à 10h35 le 16/02/2009
        • Internaute 31729

        Vous devriez relire l’article, il n’en ressort pas qu’une idée.Après que vous vous vouliez en voir qu’une c’est votre problème.
        « et qui ne sert à rien d’évaluer ce qui se construit »
        Alors pourquoi fait-on du contrôle continu encore à l’école ?
        Une enquête de ce genre est une photo à un instant T de la vie d’un étudiant.
        Il faut peut-être attendre la majorité d’un éléve (18ans) pour l’évaluer ? En cas de mauvaise évaluation on n’aura raté que 2 générations d’élève. Il est génial votre monde !

  • jean breton
    • Posté à 13h42 le 13/02/2009
    • Internaute 51943

    Tout n’est pas évaluable.
    Par exemple : les évaluateurs.

  • silvinho
    • Posté à 23h51 le 13/02/2009
    • Internaute 26240

    Je suis en parfait accord. DAns certains domaines l’évaluation n’est rien..et qu’il ne sert à rien dévaluer ce qui se construit...d’ailleurs pour quel intérêt autre que celui d’évaluer l’argent que je donne et que je subordonne au résultat escompté.
    Mais, si je peux me permettre, vous omettez un point crucial dans votre article, l’argent ! En effet, l’éducation nationale est désormais gérée, non pas par le ministère, masi par la LOF (loi organique des finances) et elle attend des résultats au centime apporté...Au fait, y-a-t-il pareille évaluation des politiques ? ? ?
    Sarkozy ? ? plusieurs fois ministres et autant d’échecs ? ?
    Maires, députés...réélus avec des casseroles à n’en plus finir (Tibéry, Balkany...la cour de Sarkozy..).

  • Lebeau971
    Lebeau971
    enseignant en guadeloupe
    • Posté à 22h54 le 14/02/2009
    • Expert 36748
      enseignant en guadeloupe

    L’évaluation n’est pas une idée qui date de la mondialisation : n’oubliez pas qu’il fut un temps pas si ancien que cela où l’on mettait des notes : de 0 à 10 pour l’école primaire.
    Si ce n’était pas de l’évaluation qu’est-ce que c’était ?
    Non, je ne dénigre pas l’évaluation, moi qui m’occupe de ces enfants en difficulté que peu de mes collègues veulent prendre en compte et qu’ils m’envoient à la moindre anicroche.
    Et je ne la dénigre pas parce qu’elle m’est utile pour faire le point des connaissances de mes élèves pour leur faire « reprendre » ce qu’ils ne savent pas, et éviter de perdre du temps à lui faire refaire ce qu’il sait déjà.
    N’allons donc pas trop vite à dénigrer l’évaluation, mais, en revanche, soyons attentifs à l’utilisation qui en est faite : cela m’ évitera peut-être d’entendre dire :
    « il est pas du niveau, il a rien à faire dans ma classe », ou encore
     » il ne sait pas lire » alors que l’enfant déchiffre tout correctement et qu’il a un problème de culture et de compréhension de la langue et non un problème de lecture !
    De plus, en classe, la lecture des grilles d’évaluation de la classe permet de savoir très vite ce qu’il faut revoir ou ce qu’on peut continuer sans problème.
    Enfin, ces enfants déclarés en difficulté, sont plus intelligents qu’on ne le croit : nombre d’entre eux savent reconnaître des exercices qu’ils ne réussissaient pas avant et qu’ils savent faire plus tard : c’est un facteur très encourageant pour eux et il faut les avoir vus rire et sourire et dire leur joie dans ces cas-là pour admettre que rien n’est inutile qui permet à l’enfant d’avancer...
    Je crois en revanche que ce que craignent les collègues c’est qu’ils ne soient eux-même évalués à travers ces évaluations-là : et ils ont raison de le craindre car trop d’éléments entrent en jeu dans la réussite d’un élève ou d’une classe pour qu’on en tire quelque conclusion que ce soit quant à son efficacité.
    D’autre part j’ai vu trop de collègues chevronnés se mettre ne échec sur des cas qu’ils pensaient faciles, comme trop de jeunes collègues « tout feu tout flamme » en faire autant pour avoir quelqu’illusion que ce soit sur la valeur réelle de l’évaluation des enseignants...
    Sachons donc utiliser l’évaluation mais sans en méjuger la portée réelle.

  • Jean Herald Baul
    Jean Herald Baul
    précaire
    • Posté à 12h00 le 15/02/2009
    • Internaute 69630
      précaire

    Il me semble qu’il se pose ici le problème essentiel de l’école à savoir quel est son rôle au sein de la société ?
    Est-ce plus celui de libérer ou au contraire « d’adapter » les hommes (à leur société) ? J’ai dans l’idée que des hommes libres seraient dangereux pour notre société. Imaginez des gens capables de dénoncer les travers de la société actuelle...
    Impensable et surtout non productif.

    Il est donc nécessaire d’évaluer pour discriminer les personnes selon leurs compétences.
    Mais n’est il pas plus fondamental de repenser l’école et ses préceptes ? Je veux dire par là arrêter de croire que nous sommes tous égaux dans nos désirs et donc devant l’enseignement. Une meilleure orientation serait me semble t il la bienvenue. En Allemagne notamment, ils ont une façon de faire qui serait plus censée qu’en France. Enfin, tout ceci dans le cas ou on voudrait former des gens adaptés à la société...

  • Julos
    Julos
    ex E.N
    • Posté à 19h25 le 16/02/2009
    • Internaute 38577
      ex E.N

    Anecdote : je tombe l’autre dimanche soir sur une séquence de « e=m6 ». On y présentait le résultat d’une expérimentation très simple concernant la mémorisation.
    L’élève A dispose de 3 fois 30 secondes pour mémoriser 12 noms d’objets représentés chacun par un dessin. L’élève B dispose lui du même temps (30’’x3) mais sur 3 jours pour gérer son « devoir ». Résultat : lorsqu’on l’interroge, A donne 7 réponses exactes sur 12. B fait carton plein : 12/12 !

    S’ensuit toute une série d’enseignements pédagogiques à tirer de la comparaison de 2 démarches : l’une où l’on sollicite un effort intense et court, où l’élève tente de retenir une somme d’informations quasi mécaniquement, en gros c’est du bachotage ; l’autre où l’on évacue tout stress en donnant du temps, en permettant de revenir sur la tâche à accomplir, en gros on apprend en révisant !

    Laquelle des deux méthodes s’inspire de « la bonne vieille école qui aurait fait ses preuves ? », laquelle s’inspire de ce état d’esprit pédagogiste responsable de tant de malheurs ?

    Pour les curieux (ou les sceptiques) la séquence est là : Lien ; précisément vers les 11 ou 12 mn au compteur.

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