Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Violence à l'école : ce qui n'est pas nouveau et ce qui l'est

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 28/05/2009 à 03h59

Ecole et violence, deux mots idéalement incompatibles et cependant historiquement indissociables.

Aussi loin, en effet, que l'on remonte le cours de l'histoire de l'éducation, qu'il s'agisse de Platon, d'Aristote ou de saint Augustin, on rencontre l'obstination des adultes à vouloir faire « quelque chose » de cet enfant-là : un laboureur, un artiste, un soldat ou un prêtre.

La violence scolaire ne date pas d'aujourd'hui

Non pas quelqu'un, ce qui impliquerait de considérer le désir de l'enfant, mais bien une chose, parce que répondant à une volonté impérative, familiale, économique, démographique, bref à une extériorité.

Telle est la première violence exercée sur l'enfant et dont l'école est l'instrument privilégié. Violence primordiale, productrice d'insurrections en retour qui se manifestent tout au long de cette histoire.

Le XIXe siècle est particulièrement fertile en sursauts lycéens contre le régime disciplinaire qui sévit dans les établissements. La plus célèbre de ces révoltes est sans doute celle qui, en janvier 1883 à Louis-le-Grand, voit quelque 300 lycéens, barricadés dans les dortoirs, affronter les forces de l'ordre appelées à la rescousse.

C'est dire que la violence scolaire n'est en rien un phénomène caractéristique des temps que nous vivons (on peut voir pour s'en convaincre Eric Debarbieux : (« La Violence en milieu scolaire », ESF, 1999), mais aussi Agnès Thiercé (« Histoire de l'adolescence », Belin, 1990) et bien sûr Francis Lec et Claude Lelièvre : « Histoire vraies des violences à l'école »).

Pourtant, la particularité de la violence actuelle dans les établissements scolaires s'exprime, me semble-t-il, en deux mots :

  • Désarroi, aussi bien celui des élèves que celui des adultes qui les entourent
  • Désespoir, celui particulièrement de ces enfants violents.

Le désarroi, car l'enfant n'est plus, ne peut plus être l'animal sauvage de Platon (« Lois ») qu'il a longtemps été et qu'il s'agissait de domestiquer.

L'enfant ne peut plus être non plus un « inachevé », depuis que Rousseau le pose en tant que personne à part entière et que la Déclaration des droits de l'enfant répond à celle de droits de l'homme.

Et le désespoir. Car les révoltes du XIXe pouvaient être matées, comme elles le furent toutes. Les lycéens, en effet, réagissaient aux rigueurs de la discipline, comme il est normal à cet âge, mais cela ne mettait nullement en question l'avenir de cette infime minorité d'enfants privilégiés qui, passées les turbulences de l'adolescence, était promise, le plus souvent, à un brillant destin.

L'enfant découvre qu'il est un échec

Il n'en va évidemment plus ainsi aujourd'hui dans un système scolaire non pas véritablement démocratisé mais seulement massifié.

Tous les enfants, aujourd'hui, accèdent au secondaire depuis la suppression du concours d'entrée en sixième, et subissent cette obligation scolaire qui, pour être moins rigoureuse, n'en demeure pas moins pour beaucoup une épreuve de l'ordre du supplice.

Car les voici tous ces enfants issus d'un monde étranger à celui de l'école, les voici confrontés à l'échec, c'est-à-dire découvrant qu'ils sont un échec dès la dernière année de maternelle, dès les premières difficultés éprouvées en initiation à la lecture.

Les voici tête basse sous les remarques et les échanges anodins entre adultes sur le thème des « problèmes », les siens, car c'est un problème de ne pas être attentif, de ne pas comprendre,de ne penser qu'à s'amuser, c'est un problème à cet âge.

Et l'échec se confirme en CP avec la sanction du redoublement, de cette séparation d'avec les autres, ceux qui ont réussi, ceux qui n'ont pas de problèmes, pour l'instant en tout cas.

Ils subissent donc cette situation qui devient rapidement plus difficile à vivre que les brimades d'antan, car eux ne voient pas en quoi tout cela, ces journées interminables d'ennuis mortifères, les prépare à un avenir exaltant.

Où trouver l'exaltation nécessaire

Et ne sait-on pas depuis toujours qu'il faut bien, pour aider à franchir les épreuves réservées à l'enfance, quelque chose de l'ordre de l'exaltation ?

Comment travailler à l'école pour surmonter un échec dont on pressent confusément que la cause est dans le hasard de la naissance ou (et) l'agencement malencontreux d'on ne sait quelles particules élémentaires dans un recoin de mon corps ?

Comment travailler à l'école quand l'on perçoit que cet effort produira au mieux un désespérant diplôme d'ouvrier qualifié dont l'intitulé, « baccalauréat professionnel », n'est rien d'autre qu'une vile flatterie proférée par des ministres de gauche sous prétexte d'égale dignité de la voie professionnelle ?

Comment travailler à l'école quand on voit bien que pour un qui « s'en sort » en prenant le fameux ascenseur social, la multitude n'aura d'autre futur qu'une vie s'usant à ces basses besognes dévolues depuis toujours à celles et ceux qui, tout petits, avaient « des problèmes » en initiation à la lecture ?

Comment alors, enfant, être porté par l'exaltation (ou pour le moins l'intérêt) nécessaire produite par la perspective d'un avenir dont on puisse être fier. Car l'on n'est pas fier, enfant, quand, bulletin après bulletin stipulant l'échec à l'encre rouge, on voit grandir la menace de cet avenir de basses besognes, on n'est pas fier.

Où, alors, trouver cette exaltation nécessaire à la vie d'un adolescent sinon dans l'identification à des héros qui, eux non plus n'étaient pas « bons en classe », ces sportifs, ces chanteurs...

Pourquoi pas moi ? Ou alors à cet autre héros qui mène le groupe, la bande, et pénétrer ainsi dans le hors-la-loi, cette loi dont le décret signe mon échec ?

A moins que le hasard d'une rencontre ne me conduise à ployer le genoux devant l'autel, à me prosterner et à psalmodier, à me livrer corps et âme à ces fantasmagories excessivement redoutables mais qui me procureront enfin l'exaltation nécessaire non plus à la vie mais au renoncement ou au sacrifice.

Tous les portiques, toutes les fouilles de cartables, toutes les « forces mobiles » du monde ne font que mettre en évidence l'inanité de ces gesticulations répressives.

On commencera à prendre la mesure du problème quand on donnera pour mission à l'école d'accueillir les enfants et de leur permettre de s'enthousiasmer pour ce que l'on va vivre dans l'heure qui suit, dans les jours à venir et non dans un avenir indéterminé.

On commencera à prendre la mesure du problème quand on confiera à l'école la mission de créer au quotidien et pour chaque enfant une vie un tout petit peu exaltante. Cela bien des pédagogues savent le faire.

Quoi de neuf aujourd'hui... ?

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  • Malware
    • Posté à 16h22 le 28/05/2009

    [x]

  • Malware
    • Posté à 16h17 le 28/05/2009

    [x]

  • leo s
    • Posté à 16h15 le 28/05/2009

    Quoi de neuf aujourd'hui… ?

    l'AGCS

  • franc parleur
    • Posté à 16h19 le 28/05/2009

    Enfance gâtée.
    Jouets tout faits, savoir tout fait, nourriture toute faite, expérience toute faite ; c'est cela que l'enfant reçoit, et il en a la nausée.
    Sa soif de connaissances, son désir de créer, tout ce qui le rend homme dépéri.
    Son désir d'expérimenter, trop de conseils le tuent.
    Tout cela est lâcheté et manque de foi.
    Lorsque l'enfant devient adulte, tout est mort en lui.

    Dialogues avec l'Ange

    Textes clairs contre l'école :
    Lien

    • pablico
      pablico answers to franc parleur
      Sudoku et Nord de face
      • Posté à 19h10 le 28/05/2009
      • Internaute
        Sudoku et Nord de face

      non..
      l'enfant au départ imite, singe, amplifie, déforme, depuis l'apprentissage de la parole, jusqu'à nos idées.

      mais maintenant ce ne sont plus les idées, et actes familiaux qui ont la priorité, il suffit qu'ils écoutent, la radio, la télé, et l'école, pour « éponger » tout ce qui se dit, se fait.
      Un enfant n'invente rien, comme nous d'ailleurs, on ne refait que ce qu'on a appris par nos parents, l'école, et le MONDE.

      La preuve par les modes. Pourquoi suivons nous les modes ? par imitation..pour faire comme tout le monde.

      Si ce que les enfants « épongent » pour se faire eux même, est décadent ou de la merde, les enfants seront de la « merde ». Si ils ne voient que la force, la violence, les traders qui s'en mettent pleins les poches, les voleurs de haut rang, les présidents qui se permettent d'insulter, ou de se sauter des mineures, ou se faire faire des gâteries sous le bureaux par une stagiaire etc etc
      les enfants « épongent » absorbent et tout cela entre dans leur « adn »

      les enfants sont le miroir de notre société.

      si vous cassez le miroir, vous ne casserez jamais celui qui est devant le miroir.

      la faute vient de nous, pas d'eux...eux ils font l'apprentissage en regardant la télé, en lisant, ou en écoutant les journaux, les conneries, les « peopleries », les paroles des chansons etc... ils ne savent pas trier... ce qui est normal.

  • Malware
    • Posté à 16h25 le 28/05/2009

    Lien ! _a24.html

  • LienRag
    • Posté à 16h52 le 28/05/2009
    • Internaute

    Excellent début, mais la fin est un peu facile...
    N'est-ce pas aussi en déscolarisant la société que l'on pourra remédier à cet enfer programmé que vous décrivez si bien en Dante de ZEP ? Et cela même si la logique bien plus rhétorique que dialectique d'Illitch oblige à aborder ses affirmations avec prudence...
    Au moins pose-t'il la question, que vous avez tort d'esquiver.

  • guerzit-
    • Posté à 16h56 le 28/05/2009

    Pffffffff, c'est chiant les babascools sous acides... Relisez vous parce que les conneries ca va 5 minutes. Quelle amas dégoulinant de bons sentiments. On dirait un discours du PS...

    « On commencera à prendre la mesure du problème quand on confiera à l'école la mission de créer au quotidien et pour chaque enfant une vie un tout petit peu exaltante. »

    Ahahahah ! ! ! Mais oui l'école va réussir là ou le monde se casse les dents depuis des millénaires... Bravo bravo...

    • STEFFEN Louis
      STEFFEN Louis answers to guerzit-
      ancien enseignant réformateur
      • Posté à 18h10 le 28/05/2009
      • Expert
        ancien enseignant réformateur

      Ben voyons ! C'est tellement moins « chiant » comme vous dites, plus « cool », de se persuader qu'on ne peut rien faire, que l'école n'a pas de recette miracle, sans se priver de réclamer sans cesse des moyens supplémentaires. La méritocratie - la médiocratie - républicaine a généré - pas depuis de millénaires comme vous dites encore - beaucoup d'adultes conformistes et d'enseignants dont le zèle se borne à appliquer dans l'obéissance les vieilles recettes toujours répliquées de leur vénérable Institution. Leur pire ennemi est le réformateur qui s'avise de révéler ses tares et de tenter de la changer. Tout est bon pour combattre ce dégoulineur de « bons sentiments » qui vient troubler la sérénité des idées toutes faites et le confort des habitudes ancrées. Il faut le faire taire en lui collant une bonne taloche. On ne va tout de même pas se laisser « ennuyer » par ses analyses qui pourraient vous donner mauvaise conscience !

      • guerzit-
        guerzit- answers to STEFFEN Louis
        • Posté à 18h35 le 28/05/2009

        Pandi-panda à des amis...

        C'est sur que vous allez nous apprendre à être des gens biens, ouverts et pas ces adultes conformistes contre lesquels vous luttez... Continuez à pépier si vous voulez mais les vieilles idées recuites ayant montré leur inefficacité me révulsent... Et les professeurs si prétentieux arrivant avec leur cape de super-mickey m'emmerdent.

        Vous prétendez que ce type de discours et d « approche est anti-conformiste ? C'est du jus de nave pour arriéré mental.

        “Oh oui nous ferons de la peinture et du bilboquet dans des cours fleuris et de amphithéatres en pleine nature” et nous brouterons l'herbe et les pissenlits de nos ambitions.

        L'auteur, votre ami, parle de choses sur lesquelles l'école n'a aucune prise et vous venez me sortir votre gros dyptique bien lisible sur les gentils qui veulent que ca change et les autres méchants, bouh...

        Prétention et aveuglement au profit d'un discousr creux. Merci je m'en passe.

    • Saheyus
      Saheyus answers to guerzit-
      • Posté à 18h37 le 28/05/2009

      Vous savez, si j'étais méchant, je dirais : suicidez-vous.
      Bah oui, quoi, si les bons sentiments ne servent à rien, si l'école est vouée à l'échec, tirez-vous une bonne balle dans la tête, ça sera radical, et vous pourrez, d'en haut, d'en bas ou du néant, vous amuser des vains efforts de l'humanité, sans pour autant avoir à venir nous faire ch... pour nous expliquer qu'il vaut mieux être un bon salaud pragmatique, et accepter un système qui ne fait le bonheur que d'un petit nombre.

      Mais je ne suis pas méchant, alors je ne le dirais pas.
      Allez en paix.

      • guerzit-
        guerzit- answers to Saheyus
        • Posté à 14h39 le 29/05/2009

        « Vous savez, si j'étais méchant, je dirais : suicidez-vous. »

        Mais vous êtes un vrai méchant. Sauf que vous vous faites passer pour un humaniste...

        Et votre vision du monde est à pleurer. Vous mériteriez d'êter catholique avec votre bon gros manichéisme séparateur... En fait vosu n'aimez personne...

         
        • Saheyus
          Saheyus answers to guerzit-
          • Posté à 09h52 le 30/05/2009

          Vous au moins, vous avez le sens de l'humour ^^
          Oh, allez, vous essayez de la cacher, mais je la vois bien, sous votre attitude piquante, votre humour un peu cynique. En fait, vous jouez au type qui n'y comprend rien pour voir si ma logique tient la route, c'est ça, hein ? Eh bien je vais jouer le jeu, alors.

          Conclusion numéro 1 : Je suis un méchant qui se fait passer pour un humaniste.

          Vous savez, je plaisantais dans ma première phrase, comme je l'ai dit. Et j'ai été, en dépit de toutes les apparences, très sérieux dans ma dernière phrase. Vous parlez de ma vision du monde. Eh bien, voila ma vision du monde.
          Je suis un matérialiste, entièrement, totalement, complètement. Certains diraient positiviste. Pour moi, nos vies sont entièrement déterminées par nos gènes, la transmission des neurones, leur modification par notre environnement, nos parents, nos proches, nos amis, nos connaissances, notre éducation, notre milieu social, notre culture, l'information que nous recevons, le milieu immédiat qui nous entoure au moment de l'acte ou de la pensée. L'Homme ne choisit pas, il existe. Et s'il faisait un autre choix que celui qu'il doit naturellement et inévitablement faire, il ne serait plus lui-même, mais quelqu'un d'autre, légèrement ou largement différent.

          De là, une seule conclusion possible à mes yeux. Il faut espérer que le grand engrenage dans lequel nous sommes tournera dans le bon sens, et que se produira la ou les réactions qui nous permettront de progresser, et de vivre mieux. Seulement, l'humanité n'a aucun moyen de connaître de futur (même dans une hypothèse de science-fiction, on ne pourrait connaître qu'un « faux » futur, un futur où l'on ne connaitrait pas le futur, alors que dans la réalité, on en aurait pris connaissance, bref c'est impossible). De ce fait, il faut agir de la façon dont on estime que ce déroulera ce futur souhaitable, personnel ou collectif, auquel on ne peut qu'aspirer.
          Voila, en résumé, ma vision du monde. Pourquoi je parle de ça ? Parce que ça m'amène à une conclusion inévitable. Que vous soyez pessimiste, cynique, manipulateur, fraudeur ou même violent, vous n'en êtes pas responsable. Nous ne sommes que ce que nous devions être, inévitablement. Mais personne ne sait si dans le futur, nous ne serons pas aussi amenés à changer, tout aussi inévitablement.

          C'est pour ça que je ne maudis pas les riches, les puissants, ni les criminels, et que je ne leur souhaite pas de crever (encore que le suicide est un droit, mais c'est un droit personnel et moi seul puis en disposer). J'espère seulement qu'ils vont « changer » d'une façon ou d'une autre, et c'est pourquoi je pense qu'il est bon d'essayer de dialoguer avec les autres, pour provoquer ces changements, et qu'il faut leur montrer des expériences nouvelles, à une information nouvelle, à un lieu différent de ce qu'ils connaissent, mais aussi et surtout aux effets réels de leurs actes.
          Et, j'en suis désolé, mais l'objectivité m'oblige à penser que la classe dirigeante de ce pays est « responsable » de grands malheurs.

          Il n'y a que deux choses qui vaillent. La douleur, qu'il faut éviter à tout prix (sauf si elle amène un plus grand plaisir par la suite), et le plaisir, qu'il faut rechercher à tout prix (sauf s'il amène une plus grande douleur par la suite). Et nombreux sont ces cas qui correspondent à ces « sauf ». Le plaisir des puissants cause de plus grandes douleurs au reste de la population, il faut donc l'éviter à tout prix. J'avoue que cette phrase me semble relever de la pure logique, et je m'étonne qu'on aie à un discuter, mais soit. Les points que je trouve délicats sont ceux d'un niveau personnel, mais ce n'est pas le sujet.

          J'ai même tendance à croire en une « loi ». Une loi qui veut que causer la souffrance ne peut pas apporter le plaisir (préférez bonheur si vous voulez). Certains parleront de conscience, moi je parlerai juste d'un fait : les plus grands dictateurs de l'Histoire ont toujours aussi été les plus grands paranoïaque, et il est évident à mes yeux qu'il ne meurent jamais, ou presque jamais, heureux.

          Conclusion numéro 2 : Vous êtes manichéen

          Ainsi, comme vous le voyez, je ne coupe pas la population en deux. Je mets bien au contraire les puissants dans le même sac que ceux qu'ils exploitent. J'y mets aussi les délinquants, les criminels. Et ceux qui se satisfont du système. Ils sont tous soumis aux mêmes lois, et comme tout le monde, ils ne peuvent jouir réellement de la souffrance d'autrui. Nous sommes tous condamnés à rechercher un plaisir durable ou à vivre une vie ingrate, puissants ou faibles. Et je souhaite même à ceux que je n'aime pas d'être heureux. Mais pour cela, il faudra qu'ils abandonnent leur surplus de richesse, ou qu'ils abandonnent leur surplus de puissance (pour les tyrans comme les criminels, car agir contre la volonté d'autrui est un abus de puissance). Ce surplus cause le malheur des autres, et ils le sentent quelque part, c'est inévitable, ou ils le sentiront. Le capitalisme n'est pas un système durable, il amène des crises qui font souffrir le peuple et les puissants, même si les puissants, complètement addicts à leurs excès de sensations (qui ne font pourtant pas leur bonheur), font le mieux pour conserver ou retrouver leur place.

          Conclusion numéro 3 : Vous n'aimez personne

          C'est faux, j'aime tout le monde. Mais je hais la société.

        1 other comments
  • Impots-utiles.com
    Impots-utiles.com
    http://www.impots-utiles.com
    • Posté à 17h37 le 28/05/2009
    • Internaute
      http://www.impots-utiles.com

    Mais Sarkozy vient de ressortir des fonds de tiroirs la loi sécuritaire lopsi ( vieille de 2007 mais jamais passée en application) ...

    Je vous laisse deviner le (si maigre) coût de cette loi ...

    Lien

  • palmer
    palmer
    passant
    • Posté à 17h44 le 28/05/2009
    • Internaute
      passant

    Le Monde.fr , sondage du jour :

    Pensez-vous que les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy (fouilles, portiques et force mobiles d'agents de sécurité scolaire) sont de nature à améliorer la sécurité à l'école ?

    Oui, plutôt.
    24.6 %

    Non, plutôt pas.
    72.5 %

    Sans opinion.
    2.8 %

    Nombre de votants : 1300

    • marie 75
      marie 75 answers to palmer
      • Posté à 09h14 le 29/05/2009

      Pensez-vous que les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy (fouilles, portiques et force mobiles d'agents de sécurité scolaire) sont de nature à améliorer la sécurité à l'école ? Oui, plutôt.22,8 %

      Non, plutôt pas.74,3 %

      Sans opinion.2,9 %

      Nombre de votants : 5010

      ce matin ...

  • Tokani
    • Posté à 17h46 le 28/05/2009

    Ce qui est nouveau ce n'est pas la violence ou la misère...
    C'est la perte d'acceptation et de reconnaissance des valeurs dites d'autorités . Valeurs masculines liées à l'image du Père et donc à la Loi ( de Freud à Youngil y a de quoi lire...)
    Moins le niveau de « répression légale “ reconnu à la communauté est accepté par la société , plus le niveau de violence individuelle et collective augmente .
    Criminalité que quartiers ethniques dits ‘sensibles’
    Féminisation des valeurs de la communauté.
    Délabrement Familial et explosion de l amonoparentalité
    font le reste...

    • Saheyus
      Saheyus answers to Tokani
      • Posté à 18h45 le 28/05/2009

      En a peine quelques lignes, vous venez de vous déclarer ouvertement machiste, misogyne et adepte d'une société totalitaire.
      Strike !

      « Féminisation des valeurs de la société »
      C'est moins banal, mais ça vaut bien un « islamisation rampante de la société », ou un « ces juifs qui nous manipulent », « l'homosexualité met en danger l'humanité », ou encore un « dans 10 ans y aura plus de nègres en France que de bons Français ! ».

      Ouh, je tremble ! Nous allons tous devenir des femmes noires homosexuelles judéo-islamistes !
      Peuh !

    • Badgud
      Badgud answers to Tokani
      • Posté à 22h54 le 28/05/2009

      Vous êtes particulièrement vieux jeu. Je sens que vous regrettez de ne pas être né 100 ans plus tôt.

      • Alain Pacifique
        Alain Pacifique answers to Badgud
        la V2 est naze...
        • Posté à 04h52 le 29/05/2009
        • Internaute
          la V2 est naze...

        vous me l'enlevez du clavier, comme mon beau père, le même, un retraité de la marine marchande qui sait tout et surtout mieux que vous. c'est un joli concentré de conneries ce post de Tokani.

    • marie 75
      marie 75 answers to Tokani
      • Posté à 09h14 le 29/05/2009

      jung !

      • Pseudo
        Pseudo answers to marie 75
        • Posté à 09h34 le 29/05/2009

        Oui., bien vu. Il me fait penser à Sarkozy qui a lu les « Roujon Macquart ». : -))))

        Lien

  • V comme vendetta
    • Posté à 18h45 le 28/05/2009

    Tout ce verbiage part du préalable que le désir est autonome et libre, chez l'adulte (c'est le principe de base de la société dans laquelle on vit), et aussi chez l'enfant.
    Problème : cette vision romantique du désir est fausse.
    Le désir est toujours médiatisé par un autre désir. L'intériorité existe, mais elle n'a pas plus de statut de vérité ni d'authenticité supérieure à l'extériorité.
    L'enfant par définition ne désire rien de lui-même, mais désire toujours ce qu'un autre désire. L'adulte de même.
    C'est la base même de l'éducation, de l'apprentissage, à tous les niveaux : langage, gestuel, physique et intelectuel.
    Le mimétisme est premier ; l'imitation essentielle dans ce qui nous fonde au plus profond de nous même.
    Le désir d'ailleurs n'est ni bon ni mauvais, il n'est ni vrai ni faux, il n'est qu'imitatio, une bonne éducation d'ailleurs ne devrait être que celle qui nous révèle à nous même en dévoilant proprement ce processus imitatif du désir pour nous libérer de ses pièges.
    Il est amusant de constater que ceux qui exalte l'autonomie et la vérité du désir, comme l'auteur de cet article, tourne autour du pot de l'imitation, la sent mais ne peut jamais la formuler : on parle de « héros », de « bande », « d'identification » : jamais de désir désirant d'autres désirs...
    L'enthousiasme : vieille notion religieuse : on cherche un désir fiable, sûr, délié de toutes réciprocités intellectuelles et rationnelles, transcendant (le chanteur, le sportif etc) qui apportera à notre désir une assurance qu'il n'aura jamais. Le désir du voisin est toujours médiocre, on ne le connait que trop, c'est le même que le notre. Donc créons des « idoles » et de « l'enthousiasme », que leur autonomie fantastique, leur liberté rêvée, se déteint sur notre propre autonomie et liberté que l'on sait si fragile.
    On cherche un désir pur, qui nous apportera une « énergie » pour accomplir des « tâches » socialement irréprochables ou pas...
    Tout ceci n'est que pure illusion, notre société n'est bâtie que sur cette chimère, des instances sociales à ceux qui les combattent : aucun ne renie l'autonomie du désir et tous en cœur nie farouchement le mimétisme panurgique de tout désir humain.

  • Fozzie
    Fozzie
    Riendutoutiste tendance dure
    • Posté à 19h04 le 28/05/2009
    • Internaute
      Riendutoutiste tendance dure

    Peut-être serait-il bon de ne pas non plus noircir le tableau exagérément... C'est vrai, il y a des élèves qui sont en échec à l'école. Et combien qui réussissent ? Y compris venus de quartiers dits difficiles... Combien de gamins agités parce que leurs parents ne sont pas démissionnaires ( même si cela existe ), mais tout simplement broyés et révoltés par la violence sociale ? Vous croyez que ce doit être facile pour les enseignants des enfants de Clairoix, Villemur sur Tarn... Etre enseignant, c'est être modeste parce qu'on ne maîtrise pas tout. Après, on fait ce qu'on peut...

  • framboise.
    • Posté à 20h41 le 28/05/2009

    Si vous étierz resté en ZEp, vous auriez su quoi faire , monsieur Nestor !
    pfffffffffffffffffff

  • Marie-Hélène
    Marie-Hélène
    fout rien al païs
    • Posté à 23h15 le 28/05/2009
    • Internaute
      fout rien al païs

    Ce matin, j'ai écouté France Culture, ils parlaient des portiques que le pouvoir veut mettre à l'entrée des écoles et les fouilles des cartables. Même un réac comme Alain Gérard Slama était contre car, comme il l'a dit fort justement, dans un tel contexte, l'enfant se sent coupable même s'il est innocent... Ce qui ne va pas arranger les choses. Surtout que, toujours d'après France Culture, en GRande Bretagne et aux USA, on a mis ces fameux portiques pendant des années pour un résultat nul.
    Je pense que le véritable problème de l'école c'est la compétition.
    L'enfant qui a des problèmes en classe, qui redouble le CP ne peut s'empêcher de se comparer à son voisin qui lit déjà couramment car le contexte de compétition (qui existe de partout, pas seulement à l'école), le pousse à celà. D'ou la violence et le désespoir.
    Quand j'étais en 4ème, celà fait déja 30 ans, j'ai vu un conseiller d'orientation qui m'a dit en gros : « tout est bouché », quelque soit le métier auquel je pensais, imaginez l'effet que celà peut faire sur une gamine de 13 ans et demi ! Et encore, j'étais dans un milieu assez priviligié, mon père avait un bon salaire, j'avais une vie protégée. Imaginez maintenant ces discours irresponsables sur un gamin en échec scolaire, vivant dans un quartier pauvre...
    Alors, mécaniquement, survient la violence...

  • Badgud
    • Posté à 07h56 le 29/05/2009

    La pédagogie n'a pas beaucoup évolué dans les écoles.
    Le prof parle, les élèves écrivent. Les profs ont l'impression que plus leur cours contient d'information, mieux c'est.
    Ce qui n'est pas le cas. Les meilleurs élèves apprennent tout par coeur et recrachent les informations lors du contrôle. Une semaine après tout est oublié. Plus tu avances dans les études, plus le nombre de pages à apprendre augmente, c'est la seule différence.

    Si les programmes étaient allégés et si les profs avaient le temps d'enseigner avec des méthodes pédagogiques un peu plus évolué que « j''écris aux tableaux et les élèves recopient ce que j'écris dans leur cahier », la situation s'améliorerait.

    On apprends mieux quand on le fait en s'amusant, surtout quand on est un gosse. Pour le moment, on persiste dans nos bonnes vieilles méthodes en mettant tous sur le dos des enfants, mais surtout pas sur celui des adultes. Après les résultats sont médiocres, mais ce n'est surement pas de notre faute.
    Un élève sur 5 est en difficulté, ce n'est pas très glorieux. Etre en difficulté signifie qu'on ne rentre pas dans le moule dans lequel on veut nous mettre. Après il ne faut pas s'étonner si une partie de ces élèves qu'on rejette deviennent violent.
    Bernard Hugonnier affirme que « les jeunes Français ont en moyenne un an de retard par rapport aux jeunes Finlandais »
    Lien
    Et pourtant, les jeunes finlandais ont la TV et internet, c'est con le problème ne peut pas venir de là.

  • Raphaël G.
    Raphaël G.
    Etudiant
    • Posté à 00h06 le 29/05/2009
    • Internaute
      Etudiant

    Je suis d'accord globalement avec le mécanisme et les constats ; je tiens à rappeler que le problème de la violence à l'école, ou les problèmes de pédagogie, l'éducation en général, ne pourront pas être résolus exclusivement par la modification de l'institution en elle-même, mais par celle, psychologique, de fond, des acteurs qui la constituent...

    vous décrivez toutes ces violences morales, échecs, déceptions subies par les enfants ; ou de la capacité à insuffler l'exaltation à l'enfant... comme bien des pédagogues savent le faire ; un des problème étant les autres, professeurs ou personnel d'établissement, qui n'ont ni douceur ni tact ; agir sur eux, leur enseigner le goût de la pédagogie (et de l'accompagnement global de l'enfant) de manière plus poussée serait à mon sens bien plus efficace que des portiques ou une police des écoles. Mais, je dis ça de manière un peu provoc », comment faire quand ce même personnel est tout aussi névrosé que les élèves qu'il encadre ?

    mais j'enfonce des portes ouvertes... : -)

    Les cours c'est comme un jeu de hasard ; une fois sur, disons, trois, on perd son temps.

    Raph

  • nord.mand
    • Posté à 07h28 le 29/05/2009

    La violence à l'école est depuis les années 90 en France un sujet politique. En parler sereinement est difficile et le sujet attire les diatribes antipédagogiques les plus fumeuses. L'école est soit une forteresse assiégée par les sauvages du quartier, soit le jouet des enseignants « soixante-huitards » et d'un supposé laxisme tenant lieu d'explication universelle. Pourtant un savoir positif s'est construit en France et à l'étranger à propos de « ce qui marche » et de « ce qui ne marche pas ».

    Contre quelle violence lutter ?

    Commençons par être sérieux : ce qui a retenu l'attention en France (et dans le monde) par l'intermédiaire des médias, ce sont les meurtres de masse survenus dans des écoles américaines, dont le tristement fameux « Massacre de Colombine ». On en conserve l'idée que ces meurtres ont été commis par des jeunes. Or il convient de rappeler que la plupart d'entre eux étaient le fait d'adultes :

    Période 1964-2004

    - 177 morts

    - 128 de ces 177 victimes (70%) ont été tués par des adultes aux motivations très diverses : terrorisme ; idéologie sexiste ; démence

    - A cela s'ajoute le massacre survenu en Russie en 2004 et dont le bilan exact n'a jamais été publié. On parle de 250 enfants tués par des terroristes lors d'un assaut des forces de l'ordre russes.

    - 15 faits criminels (dont 5 aux Etats-Unis)

    Cette violence extrême est heureusement marginale. En revanche, que ce soit en France, en Angleterre, en Australie ou au Canada, toutes les recherches considèrent que la violence à l'école est constituée de faits ténus, mais répétitifs et nerveusement usants, du genre « incivilités », « harcèlements » ou « micro-violences ». (Denise Gottfredson, une des meilleures spécialistes mondiales du problème, affirme après enquêtes que le véritable problème tient à la haute fréquence des « victimisations mineures » ou « incivilités/indignities en anglais). Nous sommes très souvent à la marge du délit plus que dans la délinquance ouverte.

    D'où vient la violence ?

    Le simplisme des analyses sur les causes de la violence à l'école serait d'un comique involontaire s'il n'était souvent à vomir. Deux exemples :

    - “ La violence à l'école a une cause : la décadence pédagogique liée au laxisme spontanéiste des pédagogies nouvelles mais aussi des parents, ces parents qui furent élèves en mai 68 et ‘ salis ’ par sa luxure débridée s'opposant à l'ascétisme nécessaire à la transmission des savoirs, causant une défaite de la pensée ”. Risible !

    - La métaphore de l'école assiégée : la violence DANS l'école est rabattue sur la violence urbaine, violence d'intrusion, ce qui appelle une stratégie d'enfermement de l'école dans ses murs afin de la protéger des “ sauvageons ” de quartiers. Affligeant !

    Le problème est que c'est beaucoup moins simpliste que cela. La violence d'intrusion représente 2,84% (Chiffre Ministère Education Nationale) de la totalité des faits recensés. (Allons jusqu'à 5% si l'on ajoute les faits avérés mais non déclarés). La violence à l'école est spécifique à ce lieu, elle n'est pas assimilable à une simple violence urbaine. Les résultats de toutes les études à ce sujet sont très clairs :

    - aucun facteur pris isolément n'est à lui seul explicatif

    - la “ violence ” juvénile n'est pas le résultat d'un processus biologique ni d'un processus de socialisation, fut il familial

    (Voir L Fortin et M Bigras, Les facteurs de risque et les programmes de prévention auprès d'enfants en troubles de comportement, Québec, Behaviora Eastman 1996)

    En fait, c'est la combinaison de certains facteurs de risques qui peut expliquer ce que l'on appelle la “ violence juvénile ”. L'étude la plus sérieuse à ce sujet est sans contestation The Cambridge Study in Delinquent Development, Farrington 1997. Celle ci démontre que le pourcentage des jeunes mis en cause pour crime violent passe de 3% de jeunes sans facteurs de risques à 31% de ceux qui combinent les quatre facteurs de risque suivants :

    - Bas statut social de la famille

    - Famille nombreuse

    - Faible coefficient intellectuel

    - Socialisation familiale défectueuse

    La recherche a également démontré clairement que les résultats étaient différents suivant les écoles et le “ climat scolaire ”. (E Debarbieux, La violence en milieu scolaire-1, Paris, ESF 1996). La pédagogie pratiquée (style coopératif) et le style de gestion de la Direction (participatif) sont des facteurs de protection bien identifiés.

    Enfin la recherche la plus impressionnante est celle de Christine Eith, professeur à l'Université du Delaware (USA). Son échantillon de travail était de 7203 élèves, ce qui est exceptionnel. Les résultats de son étude sont très clairs : l'existence des classes de niveau (les “ Ability Grouping ”) est un facteur majeur de risques, deux fois plus explicatif que la monoparentalité par exemple. La ségrégation scolaire est LE danger réel.

    Ce qui ne marche pas et ce qui marche

    Ce qui ne marche pas, c'est le traitement “ extérieur ” de la violence scolaire :

    - La protection matérielle des sites scolaires peut être nécessaire lorsque les problèmes d'intrusion deviennent importants, lorsque toutes les autres solutions ont échoué. Mais elle ne traitera jamais en profondeur le problème. Pire même : elle créera un “ effet cible ” sur l'école “ protégée ” conçue alors comme une ennemie avec pour corollaire les violences anti-scolaires : dégradations, agressions contre les biens du personnel, agressions physiques…

    - La simple présence de la Police ne suffit évidemment pas surtout lorsqu'il s'agit de fouilles de cartables et autres mesures aussi spectaculaires qu'inefficaces. Quant aux apports de la technologie de surveillance (caméras), pourquoi pas mais elles ne constituent pas la panacée

    Deux études, américaines (USA), ont montré ce qui marchait et ce qui ne marchait pas en terme de lutte contre la violence scolaire. Ces études ont pour avantage de porter sur un très grand nombre de cas :

    - Travail compilé et traitement de 221 études précédentes : les programmes développés ont montré que sur les 15% des élèves engagés dans une bagarre, 8% ne récidivaient jamais après application d » un des programmes ci après

    - Une autre étude, compilé après examen minutieux de 83 études a précisé l » efficacité des programmes ci après :

    Interventions centrées sur l'environnement :

    Interventions sur l'école et la gestion de la discipline : Fonctionne dans tous les cas suivants : Crime/Abus de substances/Comportement agressif/Décrochage et absentéisme

    Interventions pour établir des normes ou des attentes : IDEM

    Gestion de la classe : Fonctionne en cas de crime/Abus de substance/Décrochage et absentéisme

    Réorganisation des classes : Fonctionne en cas de Comportement agressif/Décrochage et absentéisme

    Interventions centrées sur les individus :

    Entraînement au self-control utilisant des méthodes cognitivo-comportementales : Fonctionne dans tous les cas

    Entraînement au self control ou à la compétence sociale sans méthodes cognitivo-comportementales : Ne fonctionne pas

    Interventions cognitivo-comportementales pour modification du comportement : Fonctionne dans les cas de Comportement agressif/Décrochage et absentéisme

    Conseils, dialogues, travail social et autres interventions thérapeutiques : Ne fonctionne pas

    Tutorat et soutien scolaire : Fonctionne en cas de Comportement agressif/Décrochage et absentéisme

    Service communautaire et activités de loisir : Ne fonctionne pas ; prometteur en cas de décrochage et absentéisme

    Denise C. Gottfredson, immense chercheuse américaine reconnue partout pour la qualité de ses travaux, affirme :

    « Les écoles dans laquelle le corps enseignant et l'administration communiquent et travaillent ensemble pour planifier le changement et résoudre les problèmes ont des enseignants avec un meilleur moral et pâtissent de moins de désordre. (…)

    Les écoles dans lesquelles les élèves perçoivent des règles claires, des actions valorisantes et des sanctions sans ambiguïtés bénéficient également de moins d'indisciplines.

    Les écoles gouvernées par un système de valeurs partagées et d'attentes quant au comportement, dans lesquelles des interactions sociales profondes s'établissent et dans lesquelles les élèves développent un fort sentiment d'appartenance, ont l'impression que les adultes se soucient d'eux, bénéficient également de moins de désordre. » (Voir Gottfredson, P 71, in Sherman et Al., Evidence-based Crime Prevention, London and New York Routledge 2002

    Hélas l'opinion française et les responsables politiques doutent encore trop de l'efficacité des programmes de prévention. Pourtant TOUTES les recherches et leurs APPLICATIONS sur le terrain ont démontré et démontrent leur force. Elles sont fondées sur l'encouragement et non sur la répression, ce qui ne signifie en aucun cas le laxisme. Les stratégies purement behavioristes (style « camp de redressement ») n'ont aucun effet. En revanche, dans les cas les plus « lourds », un encadrement strict (militaire ou autre, là n'est pas le problème) ACCOMPAGNE d'un travail éducatif et culturel avec projet porte TOUJOURS des fruits.

    Des mutations nécessaires

    Il serait bon que les Politiques offrent les moyens aux chercheurs ET aux enseignants, ainsi qu'aux institutions associées, pour que ces programmes ne soient plus seulement des expériences ou des « objets » de recherches universitaires. Citons Egide Royer lors de la première conférence mondiale sur la violence à l'école (Voir citation dans E Debarbieux et C Blaya, Violences à l'école et Politiques publiques, Paris, ESF 2001)

    « Nous savons énormément de choses sur la violence à l'école et sur les conditions d'efficacité des programmes, mais la redescente de ces informations sur le terrain n'a pas suivi la montée du problème. C'est d'abord une question de formation des enseignants, mais sans doute aussi de socialisation professionnelle. Il ne s'agit pas de trouver des programmes efficaces…mais de les accepter. »…puis de les appliquer ! (Note de l'auteur)

    Ces problèmes de comportement et la recherche de leurs solutions ne doivent pas être considérés comme une charge supplémentaire au travail des enseignants mais comme une partie intégrante de celui-ci. Ceci implique des changements de perspectives dans la définition des charges d'enseignement, dans la formation des enseignants, dans l'aide aux enseignants, dans l'évaluation des enseignants. Une telle redéfinition de la politique de la formation se heurte souvent :

    - à l'irresponsabilité des élus/décideurs

    - aux syndicats

    - à une partie des enseignants eux-mêmes

    - aux anti pédagogistes

    La simple existence d'une formation des enseignants du secondaire hors de la discipline qui les définit (Français/Maths/Langues/Etc.) est sans cesse remise en cause. En fait, dans la plupart des lieux de formation des enseignants, on apprend surtout à ne pas travailler en équipe et à ne pas prendre au sérieux la pédagogie. Le combat contre la violence à l'école est aussi un combat politique, un combat contre la démagogie.

    ___________________________________

    La lutte contre la violence à l'Ecole : sommes nous condamnés à la démagogie ? D'après les recherches d'Eric Debarbieux (Professeur, Directeur de l'Observatoire International de la violence scolaire, Université Victor-Segalen Bordeaux II)

    Lien

    • Badgud
      Badgud answers to nord.mand
      • Posté à 08h23 le 29/05/2009

      Votre message montre comment on pourrait diminuer la violence dans les écoles, Ce sont des études réalisées hors de France, les méthodes qui en résultent pourraient fonctionner chez nous.
      Néanmoins,l'école française a une particularité, un élève sur 5 est en difficulté. C'est ce que vous mentionnez par « Décrochage et absentéisme », ce qui à mon avis peut amener à un « comportement agressif ».

      Résoudre en partie les conséquences du problème par des « méthodes cognitivo-comportementales », c'est bien. Mais bon, il faudrait aussi faire quelque chose pour que le nombre d'élèves en difficulté diminue.

      Je ne suis pas contre le fait de s'attaquer aux conséquences, mais s'attaquer à la cause du problème me semble aussi nécessaire.
      L'ambiance d'une école où un élève sur 5 est en difficulté ne peut pas être bonne.

       : //Lien

  • A déménagé le 2 mai 2011
    • Posté à 08h01 le 29/05/2009

    « Si à l'école on fait de l'école, les comportements s'améliorent. Si l'école s'occupe des comportements, ils s'aggravent, et l'on ne sait pas de récitation. L'instruction éduque. L'éducation n'instruit pas. »

    (trouvé dans « psychologies magazine » : « Bonheur d'école » de Marc Le Bris.)

  • désactivé à la demande du riverain 18 juin
    • Posté à 08h24 le 29/05/2009

    « On commencera à prendre la mesure du problème quand on confiera à l'école la mission de créer au quotidien et pour chaque enfant une vie un tout petit peu exaltante. Cela bien des pédagogues savent le faire. »

    Vous voulez que les profs deviennent des moniteurs de colonies de vacances, eh bien il faut donc les payer comme des moniteurs de colonies de vacances !

  • marie 75
    • Posté à 08h40 le 29/05/2009

    Chouchou, 1er flic de france ?
    ds libre belgique ....
    (...)

    « Ce plan musclé ne survient pas seulement dix jours avant le scrutin européen, dans un pays où le retour au premier plan de la thématique sécuritaire a toujours été un grand classique préélectoral. Il intervient aussi alors que, ces dernières semaines, les médias et l'opinion ont été émus par une succession de cas particulièrement dramatiques de violences avec armes commises à l'école contre des enseignants, mais aussi des élèves. Pour autant, le nouveau dispositif annoncé jeudi a reçu, excepté auprès des sarkozystes de l'UMP et de leurs alliés, un accueil glacial dans la classe politique et dans le monde éducatif.

    Les partis de gauche ont surtout vu dans ce plan “un terrible aveu d'échec” de la politique sécuritaire menée par la droite depuis son retour au gouvernement, en 2002. “Mais qui était en charge de la sécurité depuis sept ans ? Nicolas Sarkozy croit-il donc que les Français n'ont aucune mémoire ? ”, s'est-on ainsi interrogé au PS. Où l'on a raillé le bilan des “14 lois et 116 modifications du code pénal” à caractère sécuritaire déjà impulsées par Nicolas Sarkozy. “Les valeurs de l'éducation, ce n'est pas de transformer les principaux et les proviseurs en officiers de police”, a fustigé le centriste François Bayrou. “Ces propositions n'ont ni queue ni tête” et ont “mauvais goût”, a renchéri l'écologiste Daniel Cohn-Bendit.

    Quant au personnel enseignant, il est tout aussi critique. Selon les syndicats FSU et Unsa, la cause première de violences dans les écoles est “le manque d'encadrement” dû aux milliers de postes de professeurs, de surveillants, d'assistants sociaux, de médiateurs ou de psychologues supprimés ces dernières années. La CFDT déplore que “la dimension qui manque, c'est la prévention” : “Il n'y a rien sur la formation des personnes pour gérer des situations de violence et les prévenir” dans les écoles. “A chacun son métier ! ”, a insisté le syndicat des chefs d'établissements, qui se refuse à “transformer les personnels de l'Education en officiers de police judiciaire”. Bref, dans la communauté éducative, Nicolas Sarkozy est accusé de “dramatisation inefficace et stérile”.

    Selon les statistiques officielles, 159 détentions et 73 usages d'armes ont été relevés dans ou aux abords des collèges et lycées publics au cours des six derniers mois. Ces chiffres sont en progression de 80 %, mais doivent être rapportés à la masse des 4,5 millions d'élèves fréquentant les 7800 écoles concernées. Quant aux intrusions de délinquants dans les écoles (1884 cas en 2005-2006), elles constituent 5 % de l'ensemble des violences scolaires. »

  • marie 75
    • Posté à 08h53 le 29/05/2009

    tageblatt nous parle de Chouchou, gendarme de l'elysée :

    « Sarkozy veut lancer en septembre un vaste plan anti-délinquance
    29/05/2009 08 : 39 : 00

    Ne serait-il pas en train de s'en prendre à lui même : Nicolas Sarkozy veut enfin s'occuper du domaine du combat de la délinquance „beaucoup trop négligée ces dernières années“ Le président Sarkozy a annoncé hier, dans un discours prononcé à l'Elysée devant un parterre de préfets, magistrats et hauts responsables de l'Education nationale, son intention de demander au gouvernement un vaste plan de prévention et de répression de la délinquance pour la rentée de septembre, y compris dans les écoles, et il a reconnu que les chiffres enregistrés à cet égard ces derniers mois étaient mauvais./ De notre correspondant Bernard Brigouleix, Paris

    De fait, pour un chef d'Etat qui a dû une partie au moins de son élection à ses engagements sur la sécurité, après avoir été perçu comme un ministre de l'Intérieur à poigne, les statistiques actuelles sont particulièrement préoccupantes. De son aveu même, les crimes et délits ont augmenté de 4 pour cent en mars, de 2 pour cent en avril, et ne s'annoncent pas bien du tout pour le mois de mai ...
    Toujours dans ce registre d'autocritique implicite, M. Sarkozy a relevé avec une visible mais paradoxale irritation que „les ministres concernés par la prévention de la délinquance et l'aide aux victimes n'ont pas été réunis depuis mai 2006‘, et que „sa’ loi sur cette même prévention, en date de mars 2007, „n'a pas encore été pleinement mise en oeuvre‘, ce domaine lui semblant d'ailleurs avoir été, d'une manière générale, „beaucoup trop négligée ces dernières années. Face à la délinquance, il faut, a-t-il insisté, lutter désormais „sans concessions ni états d'âme, et ne céder „ni à l'angélisme ni à la dictature des bons sentiments. A se demander qui pouvait bien siéger au ministère de l'Intérieur puis à l'Elysée durant cette période ...
    Impérieux, le président de la République a donc demandé au premier ministre, François Fillon, de réunir d'urgence les responsables gouvernementaux concernés, et de lui présenter pour septembre un plan d'action global, dont il a au demeurant détaillé lui-même quelques grands axes, avec l'évidente arrière-pensée, à dix jours des élections européennes, de ne pas laisser à l'opinion, sensible à la multiplication d'incidents récents, parfois très graves, notamment dans des établissements d'enseignement, l'impression que les promesses sécuritaires de la campagne présidentielle sont oubliées.

    Reconquérir „25 quartiers sensibles’

    Parmi les domaines où l'action publique doit se manifester avec la plus grande fermeté, le chef de l'Etat a notamment désigné „la reconquête de 25 quartiers sensibles, 21 en province et quatre dans la région parisienne, qui sont rongés par la délinquance, le trafic de drogue et le trafic d'armes‘, a-t-il dit.
    En ajoutant : „Aucune rue, aucune cave, aucune cage d'escalier ne doit être abandonnée aux voyous ; cela suppose une présence constante, visible et massive de la force publique, et „la multiplication immédiate des opérations coup-de-poing, formulation à rapprocher de la promesse présidentielle de „nettoyer au Kärcher les cités, ou les parties des cités, où des bandes de jeunes délinquants font la loi.
    Cela devrait notamment supposer, sauf à embaucher massivement dans la police, ce qui n'est pas dans l'air du temps (sur le plan budgétaire, du moins ...), d'étudier sérieusement le redéploiement de certaines unités. Les effectifs sur le terrain sont parfois dérisoires face à l'ampleur de la tâche, et parfois pléthoriques, au contraire, là où les „délinquants’ présumés sont, plutôt que d'authentiques voyous, des manifestants ou autres citoyens mécontents.
    Tel ce passant récemment arrêté lors d'une de ces opérations dans une gare pour avoir crié en distinguant de loin la silhouette du président : „Je te vois, Sarkozy ! ‘, crime de lèse-majesté qui lui a coûté une longue garde à vue et une mise en examen pour ... tapage diurne, au grand embarras de quelques responsables de la majorité.
    Ou encore ces six policiers, pas un de moins, venus la semaine dernière interpeller deux enfants de six et dix ans à la sortie de leur école pour un possible vol de vélo qu'ils n'avaient d'ailleurs finalement pas commis, mobilisation que la ministre de l'Intérieur, Mme Alliot-Marie, a tout de même bien voulu reconnaître un peu disproportionnée ...
    M. Sarkozy a aussi demandé que les trafiquants de drogue et d'armes soient „frappés au portefeuille. Autrement dit ne puissent plus profiter tranquillement du bénéfice de leurs commerces illicites, souvent, il est vrai, avec un luxe tapageur qui fait malheureusement des émules chez les jeunes les plus vulnérables, lesquels rêvent de leur ressembler pour s'offrir eux aussi, plutôt que l'appartement HLM de leurs parents, les belles voitures de sport, les hôtels de luxe et les voyages de rêve de leurs dealers ... Mais cela va supposer de traquer ce que le fisc et les douanes appellent les „signes extérieurs de richesse, ce qui n'est pas toujours facile et va, là aussi, mobiliser beaucoup de monde.

    Le problème de laviolence à l'école

    Mais c'était surtout à propos de la lutte contre la violence scolaire que le président de la République était attendu, dans la mesure où depuis plusieurs jours, les propos du ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, sur les mesures qu'il préconisait en riposte à différents incidents récents : fouilles des cartables par les enseignants et installation de portiques de sécurité de type „aéroport’ pour empêcher que des armes soient introduites dans les écoles, lycées et collèges, ce qui tend en effet à se multiplier ces derniers mois même s'il faut se garder de toute généralisation abusive, création éventuelle d'un corps de police spécialisé.
    Dans l'ensemble, Nicolas Sarkozy a plutôt acquiescé à ces suggestions, sur le thème : „Il est regrettable d'en arriver là, mais comment agir autement ? ‘ Il a notamment laissé entendre qu'un „diagnostic de sécurité spécial serait effectué dans 184 établissements d'enseignement particulièrement menacés par l'intrusion de la violence, et a également souhaité la mise en place de dispositifs de vidéosurveillance, ainsi que d'équipes mobiles d'agents auprès des recteurs d'académie, secondées par des policiers à la retraite ou des volontaires dûment qualifiés, „comme les sapeurs-pompiers bénévoles, a-t-il notamment précisé.
    L'opposition, qui était déjà fort critique face aux suggestions avancées par Xavier Darcos, a évidemment réagi sévèrement au discours du chef de l'Etat. „En sept ans, M. Sarkozy a fait voter sur ces thèmes 14 lois et procéder à 116 modifications du Code pénal, or en dépit de cet activisme législatif les violences physiques ont crû de plus de 46 pour cent par rapport à 2003, a notamment déclaré Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national du PS chargé des questions de sécurité. Plus radical encore, Daniel Cohn-Bendit s'est indigné au nom des „Verts’ : „Ces propositions n'ont ni queue ni tête, et elles ont mauvais goût, a-t-il dit. On veut faire des voix avec ça, c'est le degré zéro de la politique.‘
    (..)

  • marie 75
    • Posté à 09h23 le 29/05/2009

    cf mediapart

    29 Mai 2009 Par claude lelièvre
    L'intervention du chef de l'Etat sur la question des violences scolaires peut être considérée comme sans précédent ; et elle repose sur une inversion du sens de la « 'sanctuarisation' » de l'école. Une seule autre intervention présidentielle peut lui être comparée, mais elle n'a pas eu de suite. Il s'agit de l'intervention faite par Jacques Chirac au conseil des ministres du 20 mars 1996.

    Le ministre de l'Education nationale François Bayrou y présente en une dizaine de minutes son plan de lutte contre la violence à l'Ecole. Il s'agit, selon ses propres termes, de « travailler à resanctuariser l'Ecole “ : ‘ l'Ecole doit être un sanctuaire . Evènement rare dans un Conseil des ministres ( qui est dans les faits une simple chambre d'enregistrement ), le président de la République Jacques Chirac prend immédiatement la parole pendant un long quart d'heure. Il déclare qu'il ne veut pas d'un énième plan non suivi d'effet et il assure qu'il y sera personnellement attentif . Il insiste sur l'importance du partenariat entre les différentes administrations et invite les chefs d'établissement à travailler avec le commissaire de police et le juge pour enfants du lieu , en soulignant même que la police, dans certains cas, doit pouvoir entrer à l'école .

    Mais François Bayrou n'œuvrera pas dans ce sens ( et il n'y aura donc pas alors de suite tangible à cette intervention du Chef de l'Etat ) car il est fortement allergique à la présence de forces l'ordre dans l'enceinte scolaire, et pour des raisons de fond. Il les développera d'ailleurs quelques années plus tard très clairement lorsque Nicolas Sarkozy ( comme il l'avait déjà fait dès janvier 2004 lorsqu'il était ministre de l'Intérieur) proposera de nouveau à la Convention sur l'éducation tenue par l'UMP le 22 février 2006 l'installation permanente de policiers dans les établissements qui en feraient la demande.

    Dès le 11 mars 2006, la réplique de François Bayou est significative, et elle repose sur une toute autre conception de la 'resanctuarisation'’ de l'Ecole : ‘ Retrouver un collège paisible, cela ne se fera pas avec des policiers dans les établissements scolaires, car si nous acceptons l'idée que la loi de l'école est la même que celle de la rue, alors l'école a perdu. Les valeurs de la rue, c'est trop souvent – hélas ! – la loi du plus fort. Et la police est là pour imposer la force de la loi aux caïds qui veulent prendre le dessus. Les valeurs de l'école ce n'est pas la loi du plus fort, c'est la loi du respect, le respect du savoir, le respect de l'éducation, et le respect de l'autre. Si l'on veut sauver l'école, il faut défendre son système de valeurs ! C'est l'autorité du professeur et du surveillant qu'il faut reconstruire . Et le 13 février, lors de son passage sur France II, François Bayrou persiste et signe : envisager la présence de forces de l'ordre dans l'Ecole est une erreur de la pensée, car la loi de l'école, ce sont les enseignants et les éducateurs ; si on met des policiers à l'école, c'est la défaite de l'éducation et ce sera la loi du plus fort .

    François Bayrou défend et développe une certaine pensée – classique - du sanctuaire scolaire. Celle ( si l'on peut dire ! ) de Nicolas Sarkozy est tout autre. Devrait-on être vraiment étonné qu'elle puisse reposer, in fine, sur 'la loi du plus fort'’ ?

    On retiendra en tout cas ( fait tout à fait symptomatique, et également sans précédent ), que la réunion qui a eu lieu mercredi dernier à l'invitation de son ministre Xavier Darcos pour traiter du problème des violences à l'Ecole a écarté délibérément les syndicats enseignants. C'est en effet ( pour qui veut ou peut comprendre ) dans la logique imperturbable de la ‘'resanctuarisation'’ sarkozyste ( type securitate ) qui ne met plus au centre ‘ les enseignants et les éducateurs, la loi de l'Ecole ; mais la loi du plus fort .

    LA VIE ANTERIEURE

    J'ai longtemps habité sous de vastes portiques

    Que les soleils marins teignaient de mille feux,

    Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,

    Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques

    Les houles, en roulant les images des cieux,

    Mêlaient d'une façon solennelle et mystique

    Les tout-puissants accords de leur riche musique

    Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

    ( Baudelaire, Les fleurs du mal )

  • puceronde
    • Posté à 09h27 le 29/05/2009
    • Internaute

    L'article est un peu réducteur. La violence à l'école n'est pas le seul fait d'un système scolaire inadapté aux enfants d'aujourd'hui.
    C'est malheureusement souvent aussi le fruit d'une éducation ou d'une non-éducation.
    Loin de moi l'idée de parler de « démission parentale », cependant si l'on accepte l'idée que la frustration fait partie de la construction d'un enfant, alors il faut bien admettre que pour certains enfants, le seul lieu de frustration est l'école et le seul frustrateur est l'enseignant. Pour quelques enfants, cette unique frustration est insupportable. Et il faut faire payer celui qui en est la cause. Rajoutons à cela les séries qui glorifient l'idée de se faire justice soi-même...
    Certains enfants rapportent aussi à l'école la violence qu'ils vivent chez eux et la retourne contre leurs camarades et leurs enseignants. Nous sommes souvent bien démunis pour les aider et effectivement pour ces enfants-là notre système scolaire n'offre que peu d'alternative. Et quand il y en a, les délais pour les mettre en place sont d'une telle longueur que cela décourage les parents et les enseignants les plus motivés.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h07 le 29/05/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Ouais, le collège, le lycée, c'est l'école de la vie et de la baston. La moitié de mes cicatrices viennent de là.
    Mais faut quand même que ça reste réglo, genre pas plus de deux contre un, que des armes contondantes, bref pas la peine de virer au délire gansta d'outre-Atlantique.

    De toutes façons, c'est à ça que sert le lycée : apprendre à vivre en bande, à se défendre, à esquiver la surveillance des profs, à fumer ses premières clopes et ses premiers joints, à prendre ses premières cuites, à forniquer.
    La formation, ça vient après le bac, on apprend un métier, ou on apprend rien et on trouve un métier au hasard.

    Les vacances au lycée, quelle agréable époque...

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