Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Séance d'éducation civique improvisée : « la casquette »

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 31/08/2009 à 12h02

« Nous n'allons pas faire ce qui était prévu ce matin.
- Vous faites la grève, m'sieur ? On va pas travailler ? Mais si, eh, attend... Il veut peut-être aller en perm... Faut le virer, m'sieur... Ta mère ! ...
- Non, nous allons faire autre chose... »

Un relatif silence s'établit.

« Je ne vais exclure personne. Pourquoi, à votre avis ?
- Y d'mande qu'ça, aller en perm, ça changera rien, y voudra pas sortir...
- Non.
- Pourquoi, alors ?
- Réfléchissez...
- J'sais pas moi ! ...
- On va réfléchir ensemble. Qui est le “modérateur” aujourd'hui ? Qui prend note ? »

Eviter le tribunal populaire

Les fonctions de modérateur et de rapporteur ont été instituées dès les premières heures de l'année. Rappel, cependant, primordial : le travail prévu pour aujourd'hui devra être fait, il conviendra donc de s'organiser en conséquence. La séance peut s'ouvrir.

Bien des choses vont être dites : quelle est la règle ? On ne porte pas de casquette en classe. On peut discuter le bien-fondé de cette règle, mais pour l'instant elle est en vigueur, on l'observe.

Comment fait-on pour modifier une règle ? On demande aux délégués au Conseil d'administration de proposer la modification, on leur suggère d'en parler d'abord avec les délégués de parents, des profs, pour voir...

« Et puis c'est normal d'enlever sa casquette, c'est le respect... Non, ça n'a rien à voir, c'est pas la liberté alors, la liberté c'est pas n'importe quoi... »

Et bien d'autres arguments encore. La prise de parole fonctionne, les notes sont prises. Premier résultat à considérer immédiatement : Solo n'est plus à la confluence des regards, il est écarté peu à peu de sa position centrale et il me revient de veiller à ce qu'il n'y retourne point.

Processus de « décentration » qui vaut sans doute son pesant de théorisation mais qui n'a d'autre objectif, pour l'instant, que d'éviter que tout cela ne tourne en « tribunal populaire » ou en « thérapie de groupe » pour laquelle je n'ai ni compétence ni d'ailleurs inclination particulières.

Il s'agit plus simplement d'une séance impromptue, mais moins improvisée qu'il n'y paraît, d'éducation civique « en situation » au cours de laquelle vont être acquises ou consolidées un certain nombre de connaissances.

Rédaction improvisée

En effet, des notes sont prises qui vont être mises en forme par un ou deux élèves « faibles » en français, aidés par un « fort », un assistant ou le professeur lui-même, sachant qu'il s'agit là d'une « structure de remédiation », autrement dit d'un recours toujours disponible, mis en place, également, aux premières heures de l'année.

Mais le temps passe. Surtout, rester maître du temps, préserver les cinq dernières minutes pour le « retour réflexif » : récapituler ce qui vient d'être fait, dire, bien haut, « ce que j'ai appris » et peut-être, « ce que je voudrais bien savoir maintenant » et le rédiger, raconter tout cela pour la prochaine fois.

Un exercice de rédaction, sensément, mais on ne peut plus en situation et du labeur en perspective, comme il convient pour tout texte produit : syntaxe, orthographe, grammaire, lisibilité...

Fort bien, mais que devient Solo dans tout cela ? Précisément, envisageons donc les différentes sorties possibles.

  • La plus optimiste d'abord : il aura enlevé sa casquette avant la fin de la séquence.
  • Moins optimiste : il ne se découvre pas mais le fait au cours suivant (ce fut le cas).
  • Pessimiste : il persiste dans son opposition.

Ce nouvel échec signalerait, une fois de plus, l'incapacité de l'institution à prendre en charge la diversité sociologique de la population dont elle a la charge.

La vie de la classe comme objet d'enseignement

Il y a pire, je le sais bien, je pourrais, comme d'autres, raconter bien pire. Mais il s'agit pour l'instant de poser ceci : les situations les plus délicates auxquelles se trouve confronté tout enseignant présentent le plus souvent une alternative dont les termes sont : discipline ou pédagogie.

Toute l'action de l'enseignant consistera alors à tenter de convertir une situation de « maintien de l'ordre » en situation d'apprentissage par le recours à l'acte qui constitue l'essence même de sa fonction : enseigner.

Ce n'est pas là recourir, selon la vulgate « psy », à la traditionnelle tentative de dialogue face à l'adolescence butée, mais bien plutôt, c'est là disloquer le cadre, voire le ring, de l'affrontement pour lui substituer un cadre éducatif.

Cette volonté de restauration d'une activité pédagogique, seule légitime à l'école, saisit chaque événement de la « vie de la classe » en tant qu'objet ou occasion d'apprentissage.

De Montaigne à Rousseau et bien d'autres depuis, tout cela nous a tellement été expliqué que l'on se demande comment on a pu l'oublier, si vite, au sein même de l'école.

Saisir chaque événement comme une occasion d'apprentissage

Et l'on se demande, en outre, si la formation des enseignants ne néglige pas l'essentiel : convaincre chacun qu'il est enseignant avant tout et en chaque circonstance de la vie quotidienne. Que chaque péripétie de cette vie peut se convertir en situation d'apprentissage.

Enfin, que toute situation, jusqu'à la plus radicalisée et chargée de violence, doit être observée d'abord d'un point de vue éducatif, c'est-à-dire comme possibilité pour l'enseignant de la faire évoluer depuis la confusion jusqu'à la raison. Autant que faire se peut.

Et ce n'est pas facile, évidemment moins facile que de solliciter l'argument d'autorité, le « obéis parce que c'est ainsi ! » Mais alors, s'il n'obéit pas, s'ils n'obéissent pas ?

Tenez par exemple, voyage linguistique en Espagne avec la classe de Solo : nous sommes sur le parvis de la cathédrale de Gérone. Nous avons prévu d'aller contempler cette fameuse et somptueuse tapisserie du XIIe siècle, « La Création du monde ».

Nous nous dirigeons vers l'entrée de l'église quand j'avise un petit groupe demeuré assis sur le muret qui borde la terrasse depuis laquelle, il est vrai, la vue est superbe. Je vais les voir. Les têtes se baissent. Sami, cette fois prend la parole :

« Y'a que des églises dans ce pays, moi je ne rentre que dans les mosquées... »

Et voilà que ça recommence...

► Texte modifié le 7 septembre avec la suppression de l'introduction qui avait été ajoutée sans le consentement de l'auteur. Nos excuses à Nestor Roméro et aux riverains qui auront commenté ce passage.

Aller plus loin
  • 7996 visites
  • 50 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Autist Reading
    Autist Reading
    Plus fort que Brogilo
    • Posté à 12h35 le 31/08/2009
    • Internaute
      Plus fort que Brogilo

    Grâce aux agents de l'Education Nationale, les analphabètes ignares retirent leur casquette avant d'entrer dans une église.

    Comme quoi l'instituteur peut très bien remplacer le curé.

    Comme disait Diogène : On s'en branle d'une bonne éducation, on veut une solide instruction.
    Comme disait Baudelaire : Moi, je les fume, les éducateurs nationaux.
    Comme disait Condorcet : On va la leur mètre, avec leurs leçons de savoir-vivre façon Nadine de Rotschild, spécialisées dans le « deux poids, deux mesures ».

    Retirez sa casquette à Madoff, apprenez aux élus à ne pas rentrer dans les églises, ce sera déjà un bon début.

    • Waldeck
      Waldeck answers to Autist Reading
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 13h31 le 31/08/2009
      • Internaute
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      -« Grâce aux agents de l'Education Nationale, les analphabètes ignares retirent leur casquette avant d'entrer dans une église. »

      Non, l'Agent de l'E.N. a dit :

      -« On ne porte pas de casquette en classe. »

    • yoms
      yoms answers to Autist Reading
      • Posté à 12h58 le 02/09/2009

      merci c'est politiquement incorrect à souhait. Marre de la normalisation.

  • La mouche du coche-
    • Posté à 13h44 le 31/08/2009

     ;
     ;
    « il a retiré sa casquette le cours d'après. Petite victoire. »

    Grande défaite au contraire. Il a à la fois montré qu'il ne vous respectait pas (puisqu'il a gardé la casquette) et qu'il faisait ce qu'il voulait (puisqu'il l'a retiré)

    c'est le B-A BA. S'il ne vous respecte pas, il ne vous écoutera pas. A partir de là vous pouvez écrire ce que vous voulez. Vous n'arriverez à rien. Il ne vous entend pas.

    Le problème est que vous suivez vos idées et refusez de jouer le jeu demandé : vous faire respecter.

    Pensez-vous vraiment comme le disent les commentaires que vous respecter par un enfant est le premier pas vers le fascisme ?

    Bon courage quand même.

    .
    .

    • La mouche du coche-
      • Posté à 13h45 le 31/08/2009

      pardon « vous FAIRE respecter par un enfant »

    • Badgud
      • Posté à 14h29 le 31/08/2009

      S'il n'a pas retiré sa casquette, c'est qu'il ne voulait pas perdre la face, c'est compréhensible. La victoire c'est qu'il ne recommence pas et ce sans que le prof n'ait eu recours à son pouvoir d'adulte. Et ça c'est un tour de force.

      Faire le gros con et exclure un élève sans autre forme de procès, c'est nettement plus facile, mais c'est aussi contre productif, ça n'avance à rien. Et franchement nimporte qui peut le faire, pas la peine d'être un prof pour faire ça, un militaire le ferait tout aussi bien.

      • La mouche du coche-
        • Posté à 19h32 le 31/08/2009

        .
        .
        Et voilà. Demander à un élève d'enlever sa casquette en classe, c'est être « un gros con », « contre-productif », « militaire ». Ouf, on a frôlé le « facho » ;

        « La victoire c'est ... que le prof n'ait eu recours à son pouvoir d'adulte. “
        Belle mentalité. Si vous ne vous aimez pas vous-même, comment voulez-vous que les élèves vous aiment ?

        Tout ceci n'est pas très grave, parce que le prof est le premier a pâtir lui-même de son attitude méprisante envers l'élève. Il est en première ligne. La réaction de l'élève est immédiate, et d'abord contre lui. Ceci est juste.
        .
        .

         
        • Lictor
          • Posté à 01h24 le 01/09/2009

          Ah, parce qu'en plus, il faudrait que les élèves vous aiment ? Pourquoi pas des bisous et des papouilles pendant qu'on est... Franchement, si on a un problème de sous-dimensionnement de l'égo au point de devoir se faire aimer des élèves, il faut rechercher un autre boulot, de préfèrence où l'on aura pas à avoir de contact avec d'autres êtres humains...

          S'aimer soi même, c'est s'aimer suffisament pour ne pas avoir besoin de l'amour ou du respect des autres... Et surtout de l'amour ou du respect de gamins de 14 ans...

          La victoire, c'est d'avoir appris des choses aux élèves et de les avoir poussé à se distancier et à réflechir sur eux-mêmes. Le boulot, c'est ça, rien d'autre. Laissez la discipline aux gendarmes et aux parents, il faudrait arrêter de tout mélanger, à force, plus rien ne veut rien dire. Le rôle de l'école, ce n'est pas de conditionner les élèves, ce n'est pas de les discipliner ou de les normaliser !
          Le rôle de l'école, ça devrait précisemment être de les déconditionner (du carcan de leur culture, de leur religion, de la vision de leur parent), de les indiscipliner (pour en faire des citoyens libres) et de les dénormaliser (pour en faire des individus)...

          • La mouche du coche-
            • Posté à 13h49 le 01/09/2009

            .
            .

             » Le rôle de l'école, ça devrait précisemment être de les déconditionner (du carcan de leur culture, de leur religion, de la vision de leur parent), de les indiscipliner (pour en faire des citoyens libres) et de les dénormaliser (pour en faire des individus) »

            Si vous concevez nos systèmes informatiques comme ce raisonnement, je comprends maintenant pourquoi ils plantent tout le temps.

            .
            ..

            • Badgud
              • Posté à 14h45 le 01/09/2009

              La comparaison entre l'élaboration de systèmes informatiques et l'enseignement est plutôt douteuse quand même. Normalement les élèves sortant du système scolaire ne devraient pas être programmés comme des robots.

              • Lictor
                Lictor answers to Badgud
                • Posté à 17h51 le 01/09/2009

                De toute façon, l'informatique n'a pas grand chose à voir avec la programmation... Si on aime l'ordre et l'organisation, il vaut mieux aller travailler à la chaine que faire de l'informatique...

            • baxbrin
              • Posté à 23h38 le 01/09/2009

              Devoir philosophique pour vous : être « la mouche du coche » est-il une garantie de pertinence ?

              Vous avez un enseignant qui vous montre à quel point c'est dur de déconditionner des jeunes des aberrations de notre société de merde, et qui le fait de façon intelligente et respectueuse des « enfants » (pardon, il faut dire consommateurs, maintenant).

              Mais vous critiquez, stérilement.

              Soit vous travaillez avec des jeunes et votre intransigeance est à minima inquiétante.

              Soit vous feriez mieux de vous taire au lieu de vilipender les gens qui se mettent en quatre (et se remettent en cause continuellement, eux) alors que personne, ou presque, ne les soutient car c'est à la mode de tirer sur l'ambulance qui a de plus en plus de mal à transporter l'école.

              Du reste, qui a le plus intérêt à avoir une population de décérébrés consommateurs ? Les industriels ou les profs ?

              Et si vous dites que mes phrases sont trop longues vous aurez raison ; -)))).

        5 other comments
    • Lictor
      • Posté à 01h17 le 01/09/2009

      Ah bon, le boulot des enseignants consiste à se faire respecter maintenant ? Ou alors à « jouer un jeu » de pouvoir avec les élèves. Moi, naïvement, je croyais que leur boulot s'était d'enseigner, pas de faire de la compétition avec les élèves...

      Le respect, c'est un concept bling-bling, c'est partagé par les racailles de banlieue et les Présidents verticalement contrariés. Dans la vraie vie, 99% des gens ne te respectent pas, et tu ne respecte pas 99% des gens en retour. Le degré neutre de la politesse, ce n'est pas le respect, c'est l'ignorance...

      Le respecter, c'est un truc d'adolescent qui a besoin de l'assentiment des autres pour exister. Un enseignant est un adulte, il n'a pas besoin de respect pour exister, juste d'un minimum d'attention... Si l'élève est plus réceptif au cours en ayant sauvé la face, grand bien lui face...

    • yoms
      • Posté à 13h00 le 02/09/2009

      Rien à voir avec le respect à mon sens, être incapable de souplesse se révèle pédagogiquement inefficace et conduit au rapports de force et à l'affrontement.

      Discuter avec les élèves et établir ensemble une certaine compréhension de ce qui est important pour la vie en collectivité voilà qui est mieux...

      • La mouche du coche-
        • Posté à 08h19 le 04/09/2009

        .
        .
        @ Yoms,

        oui mais pour « discuter avec les élèves » il faut être audibles à leurs yeux. Donc ils faut que vous existiez comme quelqu'un d'écoutable pour eux. Donc il faut D'ABORD qu'ils vous respectent, tout simplement pour qu'ils vous écoutent. Sinon vous parlez dans le vide. C'est le mécanisme du fonctionnement d'un rapport entre humains. Vous n'avez pas le choix.
        .
        .

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 13h50 le 31/08/2009
    • Internaute
      délinquante avérée

    eh bien, je n'ai qu'un mot : bravo ; -)
    peut être parce que, moi aussi, je privilégie la pédagogie sur la discipline bête et méchante, en un mot : l'obéissance.

    Notre cher gouvernement veut faire des armées de français obéissants, d'installer la peur du gendarme, des lois liberticides qu'il émet.

    Rendre des jeunes critiques, qui réfléchissent, c'est tout l'art d'un bon pédagogue. Il faut beaucoup de présence d'esprit pour utiliser une situation, être capable de déroger soi-même aux sacro-saintes règles de l'enseignant sur son estrade à dispenser son « savoir » devant une classe où aucune tête (sous une casquette) ne doit dépasser.
    C'est une situation beaucoup plus inconfortable, mais tellement plus riche dans les rapports humains !

    Je serais de la tendance « moins optimiste », solo, qui ne veut pas perdre la face, enlèvera sa casquette au cours suivant et ce sera une victoire pour l'enseignant qui aura réussi son exercice de pédagogie.

    • caro
      caro answers to caro
      délinquante avérée
      • Posté à 13h59 le 31/08/2009
      • Internaute
        délinquante avérée

      déjà un naze ?
      c'est l'avant garde à la claque nazeure multi-compte ? ; -))

    • mick69
      mick69 answers to caro
      • Posté à 11h27 le 01/09/2009
      • Internaute

      « je privilégie la pédagogie sur la discipline bête et méchante, en un mot : l'obéissance. Notre cher gouvernement veut faire des armées de français obéissants »

      Je crois qu'il n'y a aucun rapport direct entre l'obéissance à l'école/collège et l'obéissance à l'âge adulte. C'est peut-être même le contraire. Historiquement, tous les révolutionnaires et grands hommes de gauche ont été élevés par l'éducation stricte d'avant 1960, voire même souvent par les jésuites.

      Par exemple, pour pouvoir lire à 17 ans les 1000 pages du Capital (livre 1), il vaut mieux avoir eu une solide éducation stricte, plutôt que de glandouiller avec sa casquette

  • Jana
    Jana
    bretonne en Normandie
    • Posté à 14h24 le 31/08/2009
    • Internaute
      bretonne en Normandie

    @ Nestor Romero

    Merci pour le second volet...

    petit clin d'oeil...

    « confronté tout enseignant présentent le plus souvent une alternative dont les termes sont : discipline ou pédagogie. »

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 14h31 le 31/08/2009
    • Internaute
      trouveur

    Pédagogie ou discipline.
    Tout d'abord, il ne faut pas chercher à culpabiliser un enseignant qui a des problèmes de discipline.
    Il ne va pas passer la moitié du cours pour discuter du réglement intérieur.
    Solo rentre en classe avec sa casquette. L'enseignant, tout en continuant normalement son cours, prend la casquette et la met dans la corbeille à papier.

    • papy55
      papy55 answers to Marcantoines
      prof. en province
      • Posté à 16h49 le 31/08/2009
      • Internaute
        prof. en province

      « L'enseignant,.........prend la casquette »...... la mèche est allumée !
       ».......... la met dans la corbeille à papier. »...c'est l'explosion !

      Sans doute la solution de quelqu'un qui n'enseigne pas !

      • Marcantoines
        Marcantoines answers to papy55
        trouveur
        • Posté à 17h53 le 31/08/2009
        • Internaute
          trouveur

        ça a marché pendant des années. Rq, au début, il n'y avait pas de casquette. LEP : lycée enseignement professionnel. Pas un mot dans la classe. Une casquette, une fois par an. Terminé, valable pendant un an.
        Normalement, ça devrait péter, mais cela dépend de la réputation du prof. Ma femme est toute menue, mais elle avait la réputation d'avoir de l'empathie pour ses élèves.

         
        • Lictor
          Lictor answers to Marcantoines
          • Posté à 01h29 le 01/09/2009

          Et part ça, tous les élèves ont-ils eu leurs bacs ? Sont-ils tous devenus des citoyens responsables ? Ce sont-ils épanouis dans leurs métiers ?

          Parce que, rappelons le, c'est pour ça qu'on paye un enseignant, pas pour dresser des élèves à ne pas mettre leur casquette ou à fermer leur gueule (super utile pour la future carrière)... Cette partie là, les militaires le font de toute façon bien mieux et plus effifacement que les enseignants, ce sont des vrais pros de l'usage du couvre-chef...

        1 other comments
  • Vincent Mespoulet
    • Posté à 14h47 le 31/08/2009

    Cher Nestor,

    Comme je le pressentais, tu utilises les très bonnes recettes de la pédagogie institutionnelle que j'utilise aussi fréquemment en éducation civique : ).
    Je te suis donc à 100% sauf sur un point où j'ai bien l'impression que tu mystifies tes élèves. C'est lorsque tu écris :

    « Comment fait-on pour modifier une règle ? On demande aux délégués au Conseil d'administration de proposer la modification, on leur suggère d'en parler d'abord avec les délégués de parents, des profs, pour voir… »

    Car là tu leur... mens : ) Ce n'est pas ainsi que ça se passe dans les écoles. Il n'y a pas de démocratie scolaire qui prenne en compte la parole des élèves sérieusement, de façon décisionnelle. Et c'est tout le paradoxe d'élaborer un apprentissage de ce que certains appellent la citoyenneté (terme bien galvaudé, vu le nombre de ses mésusages, tout devenant « citoyen »...) dans un lieu fondamentalement dictatorial où règne le libre-arbitre. Ce qui explique que je comprends très bien les actes de révolte des pubertaires, et les défis qu'ils portent à une institution qui ne les respectent pas. Car quand les élèves s'aperçoivent que les règles sont bidons, qu'ils ne peuvent pas les changer même après un processus démocratique, alors là on leur apprend de fait à ne plus adhérer à des valeurs démocratiques. C'est pour cela qu'il convient sans doute d'instituer une école démocratique et de ranger dans les tiroirs de l'école à la Jules Ferry l'école républicaine, assimilationniste que profs et élèves subissent au quotidien...

    Bonne rentrée !
    Amitiés,
    Vincent

    • Autist Reading
      Autist Reading answers to Vincent Mespoulet
      Plus fort que Brogilo
      • Posté à 15h09 le 31/08/2009
      • Internaute
        Plus fort que Brogilo

      Un enseignant conscient de la mystification de l'école-lieu-d'apprentissage-de-la-citoyenneté !

      Miracle !

      Et dans le monde des grands, la citoyenneté n'est-elle pas tout autant une mystification ?

      • Vincent Mespoulet
        • Posté à 22h42 le 31/08/2009

        disons que pour les grands c'est trop tard, ils n'apprendront plus à se révolter, ils sont résignés les grands... ils sont dans les passions tristes les grands... ils sont déjà foutus les grands : )

         
        • Autist Reading
          Autist Reading answers to Vincent Mespoulet
          Plus fort que Brogilo
          • Posté à 01h46 le 01/09/2009
          • Internaute
            Plus fort que Brogilo

          Tu me plais bien.

          J'espère que tu vas rester dans la Rue.

          (Elle est farcie d'enseignants qui croient que le but du jeu, c'est d'apprendre aux petits à faire comme les grands.)

          T'amèneras des poèmes et du Mont d'or, pour les (vieux) croûtons, y'a qu'à se baisser pour les ramasser, dans la Rue...- ; )

          • Vincent Mespoulet
            • Posté à 22h30 le 01/09/2009

            C'est gentil à toi. J'aime bien les plombiers, y'en a pas assez, surtout des plombiers comme toi : ). Je revendique le métier d'enseignant comme un métier d'artisan. les poèmes, je les fais ramasser par mes élèves, ils choisissent celui qu'ils veulent et ils les disent : elle est là la vraie révolte, dans la poésie, pas dans la casquette. Et mes élèves l'ont bien compris. Ils n'ont pas besoin de casquettes pour se révolter, je leur ai fait découvrir une casquette bien plus efficace, la poésie, que j'utilise surabondamment (et pourtant je suis prof d'histégé corporation sclérosée qui manque singulièrement de poètes aujourd'hui). Alors je te fais deux petits cadeaux :

            d'abord, un poème, celui choisi par Djamel qui ne sait que peu lire et qui ne sait pas écrire. Regarde ce qu'il a choisi, et parole, je n'ai joué aucun rôle dans son choix. J'ai été scotché par son intelligence de choix, car je puis te dire qu'il en bave à l'école avec tous les pisse-froids de profs qui le méprisent :
            Lien
            Et il le dit très bien son texte, écoute-le !

            et ce qu'il aimait Djamel quand je l'avais comme élève, c'était la tekto :

            Lien

            Car ce qui est vraiment le stade ultime de l'enseignement c'est quand ce sont les élèves qui sont les profs, et ils sont de très bons pédagogues (là c'était pour enseigner la tecktonik à d'autres gamins européens...)

            Lien

            Enfin, dernier cadeau : ce texte que j'avais écrit au moment de la très belle révolte des banlieues, après une séance d'éducation civique en classe de 4ème :

            Paroles d'enfants sur la révolte :
            Lien

            Enjoy !

            • caro
              caro answers to Vincent Mespoulet
              délinquante avérée
              • Posté à 23h13 le 01/09/2009
              • Internaute
                délinquante avérée

              j'aime beaucoup votre manière « d'enseigner » en permettant aux jeunes de sortir ce qu'il y a de meilleur en eux.

              Bonne continuation

              J'ai un cadeau aussi. Dans une de ces formations appelées « garage », où des jeunes doivent reprendre gout à l'apprentissage, alors qu'ils n'ont rien fait à l'école, un groupe a décidé d'écrire des textes pour un slam de fin de formation, coïncidant avec la journée des femmes.
              Voici le texte d'une de ce que certains appelleraient « ratée »

              Le problème est que l'homme devient rage
              Notre monde est en cage

              L'ennui c'est que la femme subit trop
              Elle subit tout

              On ne la blesse plus avec des mots mais
              Avec des coups

              Mais où est ce grand discours de France
              « Liberté, égalité, fraternité »

              Il y a tant de mots, de rêves qui gardent le silence
              Et nous, hommes et femmes, nous n'avons plus
              La force de nous aimer

              Trop de méfiance, de souffrance
              Qui s'expriment en violence.

              • Vincent Mespoulet
                Vincent Mespoulet answers to caro
                • Posté à 00h00 le 02/09/2009

                Merci pour le cadeau Caro : ), les esprits émancipés se rencontrent car j'utilise aussi le slam. mais comme je ne suis pas très bon dans ce secteur, j'ai fait appel à un copain slammer qui a fait un atelier d'écriture slam avec mes élèves pour le printemps des poètes 2009. Pour le printemps des poètes 2008, on avait aussi fait contribuer petits et grands dans un café poésie. Notre concept de l'école hors les murs est en effet de décentrer l'école dans des lieux non scolaires.

                Pour le printemps des poètes 2008 tu verras dans le lien ci-dessous les contributions du café-poésie dans tous les styles, dans toutes les langues :
                Lien

                avec ici en incrustation la démo de beat-box, du benjamin, le petit Arthur :
                Lien

                Pour le slam de mon pote Tristan :
                Lien

                Je te conseille aussi ses autres slams, beaucoup plus politiques, notamment le léniniste « Que faire ? »

                Pour le printemps des poètes 2009 :
                Lien

                et pour le Printemps des poètes 2010 en préparation où l'on célébrera la poésie des femmes :
                Lien

                Si ça te branche, rejoins nous : ) c'est gratos !

                PS : en fait beaucoup d'enseignants font comme moi, mais les gens ne le savent pas car les profs ne montrent pas ce qui se passe à l'école ou autour de l'école. Comme nous sommes sur ce réseau des centaines de profs et d'élèves et de parents de plus de 80 pays, de la France à la Lituanie, des Etats-Unis au Népal en passant par la Chine et le Burkina Faso, et que l'on maîtrise bien le web 2.0, on donne à voir ce qu'on fait. Pas par narcissisme (si, un peu quand même ! : -D ), juste pour ne plus entendre tous les réacs nous dire que c'était mieux avant ou que les élèves sont des illettrés qui régressent... C'est le regard de la société sur les enfants/ados qui régresse, pas eux : )

              • La mouche du coche-
                • Posté à 13h38 le 04/09/2009

                Ce texte est très mauvais. Mieux vaudrait qu'ils en apprennent de bons avant d'en écrire.

        5 other comments
  • Lidenbrock
    • Posté à 18h11 le 31/08/2009

    N'ayant pas eu de réponse à la queston que je posais à la suite de la première partie « C'est la rentrée, demandez-lui d'ôter sa casquette », mais il est vrai que c'était tout à fait en fin de commentaires, je la repose dans les mêmes termes ou presque.
    Les contributions de Nestor Romero sont toujours passionnantes. Depuis combien de temps cet ancien enseignant n'a-t-il pas travaillé comme professeur à plein temps ? Sa « saga de la casquette » est-elle le reflet d'une situation vécue directement ou bien un genre de docu-fiction inspiré par le récit d'enseignant(s) actuellement en poste ?

  • Anaximandre
    Anaximandre
    Sous la voûte étoilée
    • Posté à 23h31 le 31/08/2009
    • Internaute
      Sous la voûte étoilée

    En voulant ouvrir l'école sur la cité, on a fait entrer la rue dans l'école.
    L'école, coeur de notre République laïque, s'en trouve aujourd'hui confrontée à toutes sortes de rebellions basées sur l'appartenance à un groupe, à une tribu. Sans évoquer le grignotage incessant de note République par les groupes religieux les plus actifs.
    Seul face à cet éclatement des règles, l'enseignant doit néanmoins esayer de faire passer un savoir dans des cranes plus enclins au maniement du téléphone portable que de la règle à calcul.
    Doit-on revenir aux principes fondammentaux, tels ceux de Pythagore qui imposaient le silence aux élèves de première année ? Doit-on réaffirmer avec force que l'école est un lieu de non-droit, où l'élève n'a pour seule vocation que d'écouter la parole du maître ? Je n'ai pas la réponse.

    Pourquoi bon nombre de parents inscrivent-ils leurs enfants dans des écoles confessionnelles au seul motif que la discipline y règnerait plus que dans l'école de la République ?

    • Lictor
      Lictor answers to Anaximandre
      • Posté à 01h38 le 01/09/2009

      Où voyez-vous la nouveauté ? ? ?

      Dans les années 80, l'école était déjà le théâtre d'affrontements entre tribus. Je me rappelle par exemple d'un élève (skin) la tronche éclatée à la barre de fer en plein établissement par un groupe de juifs combattants. Pas à Sarcelles hein, en plein lycée Condordet à Paris.
      Sans compter les groupes basés sur la politique (les jeunesses communistes, les trostks...), le dealer de service et les quelques drogués (à l'époque, l'ether était à la mode), les red skins, psychos et autres.
      Et il y avait également le lot de cathos à croix - à l'époque, on avait pas redécouvert la laïcité, on laissait faire, les juifs...

      Effectivement, à l'époque, les enseignants ne luttaient pas contre les téléphones mobiles et les lecteurs mp3. Mais mon prof de philo luttait déjà contre une classe où l'essentiel des élèves jouaient à des jeux sur leurs calculatrices graphiques...

      Finalement, on a plus des variations sur les même thèmes que de réelles nouveautés. Effectivement, on peut juger que le mobile est plus pénible que la calculatrice, que les cathos sont plus sympas que les musulmans ou que le punk s'était mieux que le RnB. Mais bon, on ne peut pas dire qu'il y ait révolution...

      Quant aux parents, l'expérience prouve qu'ils sont loins d'avoir les comportements les plus rationnels. Surtout à l'heure actuelle, où le culte de la performance (et donc l'angoisse de l'échec) domine...

    • Vincent Mespoulet
      • Posté à 21h04 le 01/09/2009

      Cher Anaximandre au beau pseudo présocratique : )

      quand je lis ton message et ceux qui demandent le retour ou plutôt l'amplification de formes autoritaristes de l'exercice d'enseignement, je suis très triste car elle montre à la fois la vision fantasmée et idéalisée de l'école de la IIIème république laïque certes, mais une laïcité conçue comme une religion civique.

      Ta formule « En voulant ouvrir l'école sur la cité, on a fait entrer la rue dans l'école. » témoigne de l'imprégnation des esprits du thème non plus « classes populaires, classes dangereuses » typique du XIXème siècle, mais du « classes jeunes, classes dangereuses. Notre société ne conçoit l'enfant et l'ado en formation que comme un sauvageon en puissance à l'époque de Chevènement ou comme une racaille dans la version Sarkozy. Je me méfie beaucoup de l'expression péjorative de “la rue”. En passant, as tu remarqué aux infos comment cette expression est connotée ? quand des américains ou des européens manifestent on parle d'opinion publique ; quand des Palestiniens, Irakiens, Egyptiens sont en colère, les journalistes parlent de “la rue arabe”...

      Donc, selon moi, l'école républicaine a été et est toujours profondément inégalitaire. Elle a porté très haut les valeurs du colonialisme, de la ségrégation sociale, de la reproduction des élites (la massification de l'enseignement est très récente)... J'ai étudié de près l'enseignement de l'éducation civique à l'école de 1881 à aujourd'hui. A l'origine, on parlait d'instruction civique et morale, une sorte de catéchisme républicain pour contrer et se substituer au catéchisme catholique. Puis c'est devenu l'instruction civique. Puis cela a disparu. Puis Chevènement a ressuscité l'éducation civique. mais ces différents intitulés ne changent rien aux données du problème...

      je suis athée et profondément laïc, mais il y a bien des formes de laïcité. Celle que je revendique est basée sur la tolérance, même religieuse. Personnellement, cela ne me gêne pas le turban d'un élève sikh ou le hidjab d'une élève musulmane. Ce qui me gênerait, c'est que le prof porte un turban ou un hidjab. Le problème, vois tu aussi, c'est qu'on envisage la neutralité laïque que sous l'angle religieux et absolument pas sous l'angle commercial. je pourrais te donner 36 exemples pour te montrer que ce qui grignote l'école, c'est sa marchandisation...

      Je ne suis pas là “faire passer un savoir dans des cranes” : depuis Montaigne et Rabelais, on sait que l'élève n'est pas un entonnoir prêt au gavage comme une oie... Cela ne marche pas, ou cela ne marche que pour une infime minorité. La méritocratie républicaine, le fils de paysan devenu normalien, ce n'est pas la norme, c'est l'exception. Inutile de se voiler la face. La vertu de la connaissance c'est son caractète émancipateur. mais pas d'émancipation sans démocratie scolaire...

      Je ne savais pas que Pythagore avait des élèves de première année... Il avait des disciples, et son enseignement était autant mathématique que métaphysique, presque sectaire, toi qui semble être un contempteur des religions...

      L'école crève d'être un lieu de non-droit. La violence des enfant n'est que la réponse, la contre violence à une violence effrayante, celle de l'institution. Mon collège détient le triste record académique du nombre d'exclusion définitive par conseil de discipline : 10 élèves exclus définitivement l'année dernière, des dizaines d'exclusions temporaires, des centaines de retenues, des milliers de mots sur le carnet. Et mon collège n'est pas un établissement difficile, simplement très hétérogène, où les élèves en difficulté sociale et scolaire en prennent plein la figure... Crois tu que cela calme les élèves, cet arsenal répressif ? L'école fabrique elle aussi la délinquance. Certains de mes élèves exclus (je n'exclus JAMAIS un élève, même pas de ma classe, même quand cela devient quasi ingérable, ce qui est exceptionnel) ont été de facto déscolarisés totalement. Car même si on les inscrivait dans un collège voisin, leurs parents étaient tellement perdus qu'ils ne se préoccupaient même pas de les faire aller là où ils avaient été réinscrits (la réinscription est obligatoire quand on vire un gamin). Plusieurs de ces élèves ont passé plusieurs mois devant mon collège dont ils étaient virés pour zoner et dealer... Là tu vois, c'est bien la violence que l'école exporte dans la rue...

      Cette question de la discipline nous renvoie à la question de la dictature, de la soumission à un arbitraire. Ne crois pas que je sois laxiste... Je distingue simplement autorité naturelle et autoritarisme. Mon autorité naturelle n'est pas liée à un pouvoir, mais à une bienveillance exigeante que les gamins comprennent fort bien. Si les parents sont assez cons pour penser que ce que tu appelles la discipline ça se paie, tant pis pour eux. Il y a bien pire : quand l'école publique n'est pas capable de mettre le paquet sur la qualité de l'école publique et surtout aider les gamins en difficulté, les parents même prolos qui ont la naïveté de croire à l'ascenseur social se ruinent en cours particuliers en ligne via Acadomia, avec des profs de l'enseignement public qui se font du fric car ils ne sont pas assez payés, et donc détruisent la notion même de service public...

      Allez, pour nous remonter le moral en cette journée de pré-rentrée, je te montre sur la vidéo ci-dessous comment des gamins dont certains ne savent pas bien lire et écrire, et que l'on stigmatise en les traitant d'analphabètes, prennent un pied terrible à écrire une lettre “j'ai dix ans” pour un petit concours dans le cadre du festival des correspondances de Manosque... Ils sont pas mignons mes petits sauvageons ? C'est ça une classe aujourd'hui...

      Lien

  • lancetre
    • Posté à 00h12 le 01/09/2009
    • Internaute

    Cela m'a tout l'air d'un joli conte de fées, comme on en narre dans les IUFM.

    La réalité, hélas, est plus dure.

    Voir par exemple le témoignage de Karen Montet-Toutain, poignardée dans sa classe.

    J'ai lu deux fois le texte, mais je n'ai toujours pas compris ce qu'ont appris les élèves, au bout d'une heure.

    Que le port de la casquette est interdit en classe ?

    Ils le savent tous parfaitement. Pourquoi y passer une heure ?

    Le métier pour lequel est rémunéré un professeur est de transmettre des connaissances.

    Quelles connaissances ont été transmises au cours de cette séquence ?

    • Lictor
      Lictor answers to lancetre
      • Posté à 02h00 le 01/09/2009

      Ce que les élèves ont appris ? Ca me semble pourtant évident... Le fait que vous ne le voyiez pas est inquiétant...

      Mais bon, si pour vous l'enseignement se limite à transmettre des connaissances, évidemment, ça explique des choses. Les connaissances sont les choses les moins utiles qu'on puisse transmettre à un enfant ! Dans le monde actuel, la plupart seront obsolètes dans une dizaine d'années. A quoi bon apprendre l'histoire de France si l'élève devenu adulte est incapable d'ouvrir un journal et d'avoir un recul sur l'histoire qui se construit au jour le jour sous ses yeux ?
      Et puis, transmettre des connaissances, ça n'a rien d'extraordinaire. Un enfant ou un adolescent est un véritable buvard. Vous avez vu à quel vitesse il va assimiler le fonctionnement d'un nouveau mobile, d'un jeu vidéo ou les histoires des personnages d'une série télé ? A cet âge là, ils ont un cerveau qui est avide de connaissance et qui est à son optimum pour l'assimiler et la structurer. Franchement, l'exploit, c'est d'échouer à leur transmettre des connaissances...
      L'obsession du « programme » et des connaissances à transmettre est ridicule...

      Le rôle d'un enseignant, c'est avant tout d'en faire des adultes fonctionnels. Donc, de leur transmettre un sens critique, la capacité à avoir un regard distancié sur une situation, la capacité d'apprendre... S'ils ont appris ça, ils finiront bien par ouvrir un livre tôt ou tard et par acquérir les connaissances par eux mêmes.

      Ici, il s'agit d'une leçon de chose. Face à une situation qui pour les élèves devrait aboutir à la violence (physique ou institutionnelle), l'enseignant à montré par la pratique une autre approche. Mieux, il leur à appris à voir au delà du fait divers (Solo ne veut pas enlever sa casquette) pour questionner leur propre opinion.

      Pour moi, le summum de l'enseignement, c'est « Sarkozy je te vois ». Voila un enseignant, qui en dehors des heures de cours et en 5 minutes, à démontré l'utilité de la philosophie à ses élèves.
      Il leur a montré que face à une situation intolérable, il y avait un autre chemin que la révolte de l'adolescent ou la soumission de l'adulte. Il leur a montré le pouvoir de la parôle, qui fait ressurgir par l'absurde l'absurdité de la situation. Il leur a montré que là où la révolte aurait aboutit à la répression (interpelation, garde à vue, condamnation) et où la soumission aboutit à la honte, la parole pouvait obtenir gain de cause (non lieu au tribunal, médiatisation).
      C'est la meileure validation de la philosophie qu'on puisse à des élèves ! C'est autrement plus utiles que de les gaver de connaissances qu'ils n'assimileront jamais (la mort, le rire, etc.) à coups de poly et d'anabac...

  • lancetre
    • Posté à 01h26 le 01/09/2009
    • Internaute

    En relisant une nouvelle fois, j'ai trouvé ce qui cloche vraiment, et montre qu'il s'agit bien d'un conte de fées :

     » des notes sont prises... »

    Dans la réalité, même ce qui est écrit au tableau n'est pas recopié.

    Ils n'ont pas de cahier, pas de stylo...

    Et dans une situation pareille, tout le monde observe, en attendant de voir « qui va gagner ».

    Autre farce : le travail prévu pour aujourd'hui devra être fait !

    AH ! AH ! AH ! AH ! AH !

    Allez donc voir De bruit et de fureur, de JC Brisseau, ou la Journée de la Jupe.

    Cela vous donnera une idée de ce qu'est VRAIMENT l'enseignement aujourd'hui.

    • Lictor
      Lictor answers to lancetre
      • Posté à 01h45 le 01/09/2009

      En même temps, dans la vraie vie, la prise de note ne sert pas à grand chose... Par exemple, en formation professionnelle pour adultes, on ne prend pas de notes, pourtant on y apprend très vite...
      Pendant ma scolarité, je n'ai presque jamais pris de note. Au lieu d'écrire, je mémorisais et j'apprenais. Du coup, pas besoin d'apprendre les leçons le soir, gain de temps considérable !

      La prise de note, c'est encore un instrument à l'ancienne utilisé pour assoir l'enseignant dans son autorité. Ainsi, on recopie son cours littéralement, comme on recopierait la sainte parôle. L'élève, le dos courbé sur sa feuille comme soumis n'est ainsi pas en position de comprendre le cours, et donc de le contester.
      La prise de note, ça permet également à l'enseignant de se dispenser d'une partie de son travail : apprendre à apprendre. Si l'élève n'a pas compris, il n'a qu'à relire ses notes plus fort...

      Quand je vous vois utiliser des termes comme « gagner », je me demande à quoi sert d'enseigner maintenant... A faire en moins bien ce que ferait l'armée ou la gendarmerie ? Quel est le but recherché ? S'assurer la tranquilité en atteignant à nouveau la fin de l'année à coups de Xanax et de Prozac, en attendant la retraite et en sacrifiant une nouvelle génération d'élèves ?

      • Marcantoines
        Marcantoines answers to Lictor
        trouveur
        • Posté à 10h41 le 01/09/2009
        • Internaute
          trouveur

        « Au lieu d'écrire, je mémorisais et j'apprenais. »
        La mémoire est un processus complexe. Il faut l'aider, la consolider par la répétition de stimuli.
        Vous écoutiez et cela vous suffisait pour mémoriser. Vous êtes une exception. Normalement, il est plus facile d'apprendre en écrivant, en regardant un texte ou des images, en se parlant dans sa tête. Le raisonnement, la logique d'un système vont permettre de mémoriser définitivement.
        Une chose bien comprise pourra être utilisée des dizaines d'années plus tard.
        Prendre des notes, ne sert pas forcément à se relire, mais à se concentrer pendant l'écriture. Mémoires visuelle et auditive stimulées ensemble, synergie.

         
        • Lictor
          Lictor answers to Marcantoines
          • Posté à 18h27 le 01/09/2009

          La répétition à l'identique du stimuli à plutôt tendance à l'appauvrir. Par exemple, l'usage (et l'abus) du « powerpoint » est contre-productif : en présentant au cerveau le même message à l'oral et à l'écrit, on ne fait que l'endormir et on finit par déconnecter complètement ses capacités d'apprentissage.
          L'apprentissage se nourrit plutôt de la saturation et d'un certains chaos...

          Le problème de l'apprentissage par l'écriture est que ça ne marche pas très bien.
          D'abord, étant donnée la cadence de dictée ou d'écriture de certains enseignants et la maîtrise de l'écriture souvent mauvaise de pas mal d'élèves, ils ont du mal à faire une autre activité en même temps. Voire, ils ont du mal à simplement comprendre ce qu'ils écrivent. On peut également le vérifier en lecture : l'élève qui lit un texte devant la classe est souvent incapable de le comprendre en même temps. Mémoriser sans compréhension est extrêmement difficile - demandez donc aux comédiens qui doivent apprendre un texte complet dans une langue inconnue.
          L'autre problème, c'est que ça permet au mieux un apprentissage par coeur. C'est à dire un apprentissage qui se passe de compréhension. Ou, encore pire, un apprentissage qui est figé dans son contexte - on pourra réciter ses formules, mais on ne pourra pas les utiliser parce qu'elles ne sont pas mentalement disponibles. C'est la même différence qu'entre réciter un texte phonétiquement dans une langue inconnue et pouvoir parler cette langue.

          Ecouter ne me suffisait pas pour mémoriser. Ce qui me permettait de mémoriser, c'était d'avoir du temps pour comprendre et imaginer. C'est à dire du temps pour naviguer dans mon livre de cours à la recherche d'informations complètementaires, du temps pour relier les nouveaux concepts à de l'existant, du temps pour comprendre la logique de ce qu'on me disait, du temps pour ressentir les choses.
          Pendant que j'écoutais en cours, j'invoquais une imagerie mentale complète pour représenter et m'approprier les concepts du cours. Pourquoi s'embêter à apprendre une formule mathématique si on a compris comment elle marche, ce qu'elle représente et comment la réinventer ?

          J'ai toujours eu une mémoire exécrable. Je suis incapable de me rappeler un simple numéro de téléphone, y compris le mien. Par exemple, en primaire, j'ai toujours été incapable de retenir mes tables de multiplications par coeur. Par contre, j'ai assez vite compris comment m'y retrouver par décomposition pour revenir à des tables qu'on a pas besoin d'apprendre (2, 5, 10, 11). 8 x 7 = 8 x 5 + 8 x 2 ou 9 x 9 = 10 x 9 - 9... Et j'ai appris à aller assez vite en calcul mental pour que ça ne se voit pas à l'oral quand on me demandait de réciter. Au lieu d'aller fouiller dans ma mémoire pour m'y retrouver dans une liste statique de nombres assimilés à de simples sons (ce que font beaucoup d'élèves), je recalculais mes tables.
          L'avantage, c'est que quand on a commencé à attaquer les mathématiques un peu plus avancées, je n'ai pas compris pourquoi mes camarades avaient autant de mal à faire des choses qui me semblait évidente depuis des années...

          C'est la même chose au niveau professionnel. Quand je lis un bouquin d'informatique ou les documents d'un projet, je ne cherche pas à les apprendre par coeur, je cherche plutôt à les comprendre. Là encore, ce n'est pas en recopiant le bouquin qu'on apprend un nouveau langage, c'est en créant des images et des sensations mentales qui permettent de s'approprier les concepts.

          Ce qui m'étonne, c'est qu'une école autant focalisée sur l'apprentissage de données (plus que de concepts) ne prennent même pas la peine de passer du temps à enseigner aux élèves comment mémoriser des connaissances. Par exemple, j'ai vu ma soeur tenter d'apprendre des dates pour son brevet. Elle a passé un week-end entier à annoner une liste de dates et d'évènements, avec des résultats plutôt médiocres, ce qui est logique étant donné que c'est la pire méthode de mémorisation.
          A contrario, un comédien apprend des techniques pour mémoriser ses textes. Heureusement, s'il s'y prenait comme l'élève moyen, je n'ose pas imaginer la dépense d'énergie pour mémoriser un monologue de Shakespeare !

          • Lidenbrock
            Lidenbrock answers to Lictor
            • Posté à 23h46 le 01/09/2009

            Simple proposition : étudiez donc de près une première année d'université aux USA. Vous verrez, l'apprentissage honni que vous stipendiez a quelques charmes.

            • Badgud
              Badgud answers to Lidenbrock
              • Posté à 10h59 le 02/09/2009

              Vous pourriez développer un peu. Car certes les profs utilisent des powerpoint pour donner les bases dans la matière (on apprend les mots clés entre autre), mais après c'est énormément de projets à faire en groupe et c'est là où les étudiants apprennent le plus.
              Lors de ces projets on apprends à aller chercher l'information, à la comprendre, à la synthétiser dans un rapport et à transmettre oralement avec un powerpoint les connaissances que l'on a acquise. C'est une méthode nettement plus efficace que ce qui est pratiqué dans les universités françaises (malheureusement j'ai testé aussi) où on écrit pendant tous les cours. Ensuite on mémorise les données juste avant les examens et finalement on les recrache.

              Je ne suis jamais allé étudié aux USA, mais pour ce que j'en ai lu, ça me rappelle pas mal ce que j'ai fait en Scandinavie. Je crois que ces méthodes sont aussi utilisés aux Pays bas, en Angleterre et en Australie.
              Bon ben sinon, chez nous, on continue avec les mêmes méthodes archaïques ...

        3 other comments
      • lancetre
        lancetre answers to Lictor
        • Posté à 19h40 le 01/09/2009
        • Internaute

        Bon, je résume.

        Vous préconisez un cours :

        . lors duquel le professeur ne transmet pas de connaissances, puisqu'elles sont rapidement obsolètes.

        . durant lequel les élèves n'écrivent rien, puisque la prise de notes n'est pas utile.

        . durant lequel l'élève doit contester le cours plutôt que l'apprendre.

        Que doit-il contester, au fait ?

        Le théorème de Pythagore ?

        La Shoah ?

        La place du tibia dans le squelette ?

        Je vous rappelle que nous parlons ici d'enseignement secondaire, et non d'étudiants, ni de formation continue pour adultes.

        Relisant vos trois textes, je constate que vous comparez constamment ce qui n'est pas comparable : les méthodes d'apprentissage d'adultes déjà cultivés (cadre, comédien) et ce qui est demandé à des enfants.

        Il y a un temps pour apprendre et un temps pour contester.
        L'illettré est inapte à contester quoi que ce soit, sinon par la violence, qui légitime et renforce évidemment la répression.

        Dés lors qu'on maitrise un minimum de connaissances,on peut se forger une opinion.

        Celui qui ne sait rien est voué aux vociférations de café du Commerce.

         
        • Badgud
          Badgud answers to lancetre
          • Posté à 20h53 le 01/09/2009

          L'école devrait apprendre aux élèves à réfléchir et à aller rechercher soit même l'information, c'est le plus important.
          Ingurgiter des connaissances, ce n'est pas suffisant, loin de là.

          La contestation, le fait de dire quelque chose d'opposé n'est pas inutile, discuter est un moyen absolument incroyable pour apprendre, car on est actif. Les profs essayent d'ailleurs de poser des questions pour que les élèves se sentent concerné, malheureusement c'est si peu courant que souvent les questions sont suivis d'un silence glacial...

          Et d'ailleurs pour le tibia (l'exemple que vous avez donné), si l'élève pense qu'il est placé ailleurs, le prof aura juste besoin de donner le nom de l'os auquel pensait l'élève. Cette contestation aura permis aux élèves de la classe d'apprendre le nom d'un autre os.
          On apprend de ces erreurs.

        1 other comments
  • morphee 78
    • Posté à 00h13 le 02/09/2009

    Quand le ministère était « de l'instruction publique “, les enseignants étaient chargés d'enseigner et de transmettre des connaissances . Le problème de garder ou pas sa casquette en classe ne se posait pas .
    Depuis 1960 le ministère de ‘ l'éducation nationale serait-il chargé de faire l'éducation des plus jeunes ?
    Dans ce cas , si les parents renoncent à éduquer leur progéniture , il ne faut pas s'attendre à autre chose qu'aggraver le fossé entre riches et pauvres .
    Les mal élevés le resteront , et seront en plus sans instruction .
    L'ascenseur social commence par l'apprentissage des règles les plus ordinaires de la civilité .

    • Vincent Mespoulet
      • Posté à 00h33 le 02/09/2009

      Parce que tu crois peut-être que les enseignants n'enseignent plus ni ne transmettent des connaissances ? ? ? ? le chahut est aussi vieux que l'école, même au lycée Henri IV... tu ne t'es jamais demandé pourquoi Jean Vigo tourne « Zéro de conduite » en 1933, Jean-Paul Chanois « l'école buissonière » en 1948, sans parler du Truffaut des 400 coups ? ? ?

      Tu veux voir ce que des élèves de 6èmes peuvent produire aujourd'hui, pour peu qu'on les prenne un peu au sérieux ?

      Je te donne juste un exemple avec Axelle, 11 ans, elle a réalisé toute seule ces vidéos, de A à Z sans aucune intervention de ma part, même pas technique... Elle a écrit les textes, choisi les images, la musique

      Lien

      Lien

      Tu savais faire ça à 11 ans ? Tu saurais le faire aujourd'hui ? Les enfants savent plus et mieux que les élèves de ta génération car l'école n'a plus le monopole de la transmission des connaissances et qu'il va falloir t'habituer au fait que le prof est un érudit ET un facilitateur, pas un magister imbu de son savoir

      • Badgud
        • Posté à 10h45 le 02/09/2009

        C'est très impressionnant. La recherche des informations et des images et la capacité de transmettre son message dans une forme plaisante, ce n'est pas chose aisée.
        Dommage que les méthodes que vous pratiquez ne sont pas plus utilisées, car le résultat est tout simplement excellent.

      • morphee 78
        • Posté à 15h39 le 02/09/2009

        Bonjour Vincent . Je crois que nous ne parlons pas de la même chose . Je persiste et signe .
        L'incivilité n'a rien à voir avec le chahut organisé et vieux comme l'école ( je suis un ancien de Condorcet ) . Imagine un monde sans hiérarchie où personne ne se salue , ou l'invective est acceptée comme mode de communication ordinaire , où la relation maitre/élève est égalitaire ... nous y sommes .
        Les IUFM ont réglé leur compte aux enseignants quand le maitre est devenu le SACHANT et l'élève l « APPRENANT .
        Mais au delà de toute notion d'autorité , notre monde social ne fonctionne qu'avec des règles librement acceptées .
        A vouloir l'ignorer pour “ plaire ‘, les enfants les moins structurés seront les laissés pour compte si l école devient un pandémonium .
        Quant aux enfants de 10 ans de notre temps il ont , ni plus ni moins , les mêmes capacités à développer leurs talents que les enfants que nous avons été .
        Utiliser la plume ou l'ordinateur ne change pas grand chose sur le fond .
        Contrairement à ce que tu crois , je ne suis pas nostalgique du de mon temps . Je connais les peut mieux faire et autres appréciations assassines , et je déteste les anciens combattants qui glorifient une époque mythique ( la leur ) où les enfants étaient tous des graines de héros .
        In fine , je pense que nos analyses sont en phase et que notre différent n'est qu apparence .

        Morphée .

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h32 le 02/09/2009
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    Moi j'en serais rester au pain dans la gueule... mais bizarrement ils ont jamais voulu de moi à l'Education Nationale : D

    Enfin je me demande combien de temps le rapaille en herbe va rester sans caquette... J'ouvre les paris sur moins de deux mois, le temps qu'il sente à nouveau ses couilles pousser.

    Y'a que des églises dans ce pays, moi je ne rentre que dans les mosquées
    C'est amusant, j'ai entendu le même genre de chose dans un groupe de mioche de 10 ans alors que leur accompagnateur voulait les emmener dans St Eustache à Paris.
    Sauf que ce con s'est contenté d'acquiescer et est parti ailleurs, alors qu'il est vraiment pas compliqué d'expliquer qu'ils allaient pas à la messe mais juste visiter, que même les gens intelligents qui rejettent les superstitions entrent dans les églises pour faire les touristes.

    Enfin pour consoler ce futur barbu, lui a-t-on dit qu'en Espagne il y avait un paquet de mosquées, bien plus anciennes et jolies que celles de Banlieue sur Seine...

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.