Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Histoire-géo : ne pas se tromper de combat

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 13/12/2009 à 09h08

Pour tout dire, il m’importe peu que soit supprimée l’histoire-géo en « terminale S ».

D’autant plus que j’ai cru remarquer quelque gêne chez certains défenseurs des « humanités », quelque chose comme le soupçon, soudain, après une première réaction impulsive, de s’être trompé de combat.

Un réflexe de classe

J’ai, en effet, entendu des enseignants de base, se dépêtrant comme il le peuvent dans des zones dites sensibles, interpeller les pétitionnaires pour leur faire remarquer qu’ils n’ont pas le souvenir d’une telle mobilisation en faveur des « humanités » dans les LEP. Opportune interpellation à laquelle je m’associe sans la moindre hésitation.

Pourtant, il n’est évidemment pas pensable que les défenseurs de l’histoire-géo considèrent si peu que ce soit ces enfants, ceux qui pataugent de classes redoublées en « mauvaises classes », comme indignes de fréquenter, eux aussi, les « humanités » ou incapables intellectuellement de le faire.

Comme il n’est pas pensable qu’ils considèrent que pour officier derrière un guichet on n’a que faire de la Princesse et à plus forte raison pour passer l’aspirateur au petit matin dans de vastes « open-je- ne-sais-quoi » ou pour récurer les « lieux réservés » de celles et ceux qui, jugés dignes des « humanités », sont dispensés à vie de ces basses besognes.

Non, je suis sûr que les pétitionnaires ne considèrent pas cela. Simplement, ils ont été sujets, par inadvertance sans doute, à ce que l’on nommait autrefois un réflexe de classe.

Enseigner autrement

Car, à y regarder d’un peu plus près il apparaît que la pratique des « humanités » ne peut être considérée du seul point de vue quantitatif mais doit l’être du point de vue de la manière, c’est-à dire de la pédagogie. Ce qui n’est évidemment pas une raison pour « sucrer des heures ».

Dans une école non pas idéale mais simplement cohérente, l’histoire-géo, comme la langue, devrait être l’affaire de tous les enseignants. Démagogie ! dira-t-on in petto dans le meilleur des cas.

Cependant, ne serait-il pas cohérent que chaque professeur, quelle que soit sa spécialité, porte son attention, comme le font certains, à corriger les défaillances orthographiques et syntaxiques de ses élèves et à signaler, pour le moins, les carences manifestes au professeur de lettres qui en ferait alors son profit et celui des élèves.

Dans le même esprit, il me semble que toutes les activités, de la maternelle aux terminales, devraient être l’occasion de « faire de l’histoire-géo » (remarquons que je n’écris pas « cours » mais « activités » puisque nous sommes, par hypothèse, dans une école cohérente).

Exemple : supposons qu’il soit à propos d’étudier la structure de la matière et, donc, de se préoccuper d’atomes. Voici que folâtrant par ce réseau sidérant que chacun désormais explore du bout des doigts, l’on tombe sur le dénommé Démocrite, celui justement que la valse des atomes fait se tordre de rire. Puis poursuivant le périple apparaît soudain Epicure, celui qui n’a même pas peur des dieux.

Ne serait-ce pas alors l’occasion de solliciter le professeur d’histoire-géo de manière à mieux cerner ces deux personnages particulièrement « atomiques » et de faire de l’histoire-géo sensée c’est-à -dire motivée par un intérêt et, du coup, faire de la physique autrement qu’elle ne se fait ordinairement ?

Il n’est évidemment pas exclu que d’autres enseignants, spécialistes de technologie ou d’art par exemple, puissent s’associer à cette recherche qui, alors, irait se structurant pour produire les acquisitions prévues par les programmes nationaux, acquisitions dont les professeurs, moins spontanéistes qu’il n’y paraît, s’assureraient qu’elles ont bien été réalisées. Ce que l’on nomme ordinairement évaluation, vocable que je répugne à utiliser tant il est marqué par le monde de l’entreprise qui, comme on ne le sait pas assez, est incompatible avec celui de l’école.

N’est-ce pas démagogique ?

On l’a compris, nous étions là dans le cas tout à fait banal d’un travail collectif qui fuyant comme la peste la segmentation du savoir, le trop célèbre « saucissonnage », permet à chaque « spécialiste » de contribuer à donner du sens, donc de l’intérêt à l’étude en considérant la complexité des choses pour mieux tenter de l’élucider.

Mais alors, démagogie ! vient-il à l’esprit derechef car cette action collective et sensée ne se satisfait ni d’heures de cours se succédant sans raison ni de ces conglomérats indivisibles que sont les « classes », structures, cependant que l’on ne saurait contester sans s’exposer à l’infamante accusation.

Et c’est en ce sens que les défenseurs de l’histoire-géo en Terminale S se trompent de combat : élevant leur protestation en défense de quelques heures d’ « humanités », ils demeurent dans le cadre d’une institution scolaire « déshumanisante », c’est-à- dire d’une institution dont toute l’organisation concourt à produire une élite sélectionnée sur sa capacité à ingurgiter et régurgiter des connaissances segmentées et mathématiquement évaluables.

Défendre les « humanités » de manière à aiguiser le regard porté sur la réalité par des adolescents, ce n’est pas défendre ce qui existe mais c’est transformer ce qui existe. Ce n’est pas défendre des heures d’histoire-géo mais proposer une autre manière de faire de l’histoire-géo, pas seulement en Terminale S mais pour toutes et pour tous, depuis la maternelle.

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  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 10h07 le 13/12/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Le saucissonnage de l’enseignement est certes piégeant pour des professeurs qui pour promouvoir leur matière défendent aussi le système bancal que vous dénoncez. Je ne puis donc qu’être d’accord avec vous sur le fond.

    Mais vous opposez l’argument d’une école pédagogiquement cohérente à des petites manœuvres de comptables besogneux en indiquant d’emblée qu’il vous « importe peu que soit supprimée l’histoire-géo en “ terminale S.”

    Ne craignez-vous pas que ce faisant, vous donniez l’impression que vous n’accordez que peu d’ importance à des matières que les dogmatiques de l’évaluation férocement utile considèrent justement comme subsidiaires.

    • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      • Posté à 10h29 le 13/12/2009
      • Internaute 18202

      Tout à fait !

      Au début, d’emblée, l’auteur indique que c’est le dernier de ses soucis la suppression de l’histoire-géo.

      Heureusement, après, il fustige le système.

      Oui, qu’il n’y ait aucune hiérarchie dans les matières et qu’on repense l’enseignement dans son ensemble.

      Lien

  • DIOPZO
    • Posté à 10h10 le 13/12/2009
    • Internaute 24613

    Il y a deux niveaux d’enseignement.L’enseignement disciplinaire nécessairement cloisoné du fait de la masse importante de connaissances et l’enseignement interdisciplinaire, éternel serpent de mer .Tout professeur qui se respecte se doit de replacer les connaissances transmises dans le contexte historique. Ne serait-ce que de situer dans le passé (ou le présent) tous ces grands hommes dont les noms fleurissent au gré des pages des manuels scolaires.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 10h39 le 13/12/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Si je suis d’accord sur la nécessaire interactivité entre la manières enseignées, je ne vois pas trop comment vous voulez y arriver. Faire des profs de collèges et lycées des super instituteurs, capables d’enseigner toutes les matières ?
    En fait, je crois qu’il faudrait développer ce qui existe déjà (ou qui existait ...) dans certains établissements : les équipes pédagogiques, les enseignants de toutes les matières qui se concertent régulièrement sur les objectifs atteints et à atteindre et comment y arriver. Seulement, les moyens ne sont plus dégagés pour ce genre d’enseignement, maintenant, c’est l’hyper spécialisation, la disparition de matières et donc de postes, surtout dans les matières sensées ouvrir l« esprit des élèves au monde.
    Qu’attendre d’autre d’un gouvernement de l’identité nationale ?

    • framboise92
      framboise92 répond à caro
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 10h50 le 13/12/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Oui, ce n’est pas en ce moment que l’on va espérer une cohérence. Contentons-nous de lutter pour tout ce qui est brisé, cassé et dénonçons-le. Mais sans l’ aide de la hiérarchie, en matière d’EN, c’est impossible !
      Alors, faisons confiance aux professeurs et de leur capacité à suivre une progression dans toutes les matières et à les utiliser intelligemment. Chacun dans sa spécialité dans le secondaire à la lumière de la compétence de chaque élève.
      C’est dire combien les professeurs ont du pain sur la planche et que leur abnégation n’est pas prête de ralentir.
      Personnellement, je dis que je ne peux plus faire plus que je ne fais et je fais de la com., de la transparence. En REP (RRS), lien entre maternelle et élémentaire, ET lien avec le collège, et c’est déjà beaucoup !
      Bonne journée.

      • framboise92
        framboise92 répond à framboise92
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 11h05 le 13/12/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Je suis nazée mais c’est pourtant ce que je vois au quotidien. Pas assez de regard sur les difficultés des élèves au collège et dans les RRS, au contaire, une passation des compétences de chaque élève.
        C’est cela la cohérence !
        Alors, si vous me nasez, je n’ai plus rien à vous répondre sinon que je vous invite à venir voir ce qui se passe REELLEMENT !
        L’enseignement est une abnégation dans la mesure où les profs(ceux que je connais) font tout ce qu’ils peuvent dans tout ce merdier !
        Bien à vous !
        La hiérarchie se fout de tout ! (sauf exceptions)

         
        • framboise92
          framboise92 répond à framboise92
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 11h06 le 13/12/2009
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Alors, postez, moi, après tout, j’ai bonne conscience. Je reste dans l’enseignement et j’essaie de changer, de lutter POUR la cohérence !
          @ciaoooooo

          • framboise92
            framboise92 répond à framboise92
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 11h17 le 13/12/2009
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            Merci à celui qui a rétabli naze par utile, mais franchement, ce forum est bizarre !

            • tlaloc
              tlaloc répond à framboise92
              Retraité
              • Posté à 12h04 le 13/12/2009
              • Internaute 47359
                Retraité

              C’est la première fois que vous vous en apercevez ? Dire un fait pas une opinion me vaut souvent des nazes.Dernier exemple sur la faiblesse du nombre d’étudiants en math à bac+3.

              • framboise92
                framboise92 répond à tlaloc
                je choisis la campagne, la (...)
                • Posté à 18h22 le 13/12/2009
                • Internaute 24519
                  je choisis la campagne, la (...)

                merci aussi.

          • caro
            caro répond à framboise92
            délinquante avérée
            • Posté à 12h30 le 13/12/2009
            • Internaute 6484
              délinquante avérée

            ne t’inquiète pas, framboise92, j’ai l’impression que la Rue est victime de son succès, des droitistes bon teint veillent ... et nazent les coms pas dans la ligne gouvernementale mais ce n’est pas grave, l’essentiel est de pouvoir faire passer ce que nous avons à dire. Pour l’instant, ces mauvais coucheurs ne font pas la loi ici ... et j’en sais aussi quelque chose ! : -))

            bon dimanche

            EDIT : CQFD à 12h30 : -))))))

            • framboise92
              framboise92 répond à caro
              je choisis la campagne, la (...)
              • Posté à 18h21 le 13/12/2009
              • Internaute 24519
                je choisis la campagne, la (...)

              merci !

              • lancetre
                lancetre répond à framboise92
                • Posté à 22h24 le 14/12/2009
                • Internaute 18658

                Il faut laisser ce message tel quel, pour l’hilarité de tous les visiteurs.

                Il se trouve donc, quelque part, un ahuri capable de « nazer » un message qui dit seulement « merci » !

                 : -)))))

                Ce qui relativise beaucoup l’intérêt de toutes ces petites boules, que la Rue pourrait faire disparaitre sans que je les regrette.

                Leur utilité m’échappe totalement.

        9 autres commentaires
    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à caro
      Ancien enseignant
      • Posté à 22h27 le 13/12/2009
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Bonsoir Caro,
      Non, non, il ne s’agit pas de super profs mais simplement de véritable travail collectif sur des projets pensés, structurés, évaluables conformément aux programmes. Cela se fait avec plus ou moins de bonheur et de difficultés dans certains établissements dont il m’est arrivé de parler dans ce blog. Quant aux « moyens », cela fait si longtemps... Comment se fait-il que nous soyons, nous enseignants qui savons tant de choses, à ce point incapables de les obtenir ?
      Non, je ne crois pas que l’on puisse se contenter de gérer au mieux ce qui existe car ce qui existe est une catastrophe pour trop d’enfants. Les enseignants ont, de manière urgente, à se saisir de l’institution pour la changer au profit de ces enfants justement, et ceci avant que l’institution ne se saisisse d’eux, les enseignants, pour en faire des « ressources humaines » employées à produire d’autres « ressources humaines » (ressources pour qui ?) dans le cadre d’une entreprise qui portera peut-être encore le nom d’école.
      Bien cordialement.
      N.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 10h46 le 13/12/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    « pas le souvenir d’une telle mobilisation en faveur des humanités dans les LEP »
    Attention à ne pas effacer un combat par un autre combat. A chaque élément de réforme, on se trouve dans des circonstances politiques particulières, concernant notamment l’aptitude de l’opposition à se faire entendre. Aussi, si un précédent combat, fût-il plus symbolique encore, a échoué, ne minimisons pas les combats présents, et susceptibles d’être gagnés. Car à ce train là, tous les combats à venir ne sauraient être défendus, au motif que nous avons bien perdu les services publics, la sécu, la redistribution fiscale, etc.

    Mais ne voyez-vous pas l’aspect purement politique de cette actualité ?
    La droite a toujours reproché au corps enseignant d’être trop à gauche, toujours. Et l’histoire-géo, par définition, est la matière la plus en contact avec la politique. Elle représente le « nid de gauchistes » fantasmé par cette droite. Pendant longtemps, c’est en histoire-géo qu’on critiquait De Gaulle, qu’on parlait de l’URSS, de la Chine, des deux révolutions industrielles, de la colonisation, du tiers-monde, de la guerre froide... Autant de sujets glissants, et clivants.

    Comment la politique de ce gouvernement peut-elle être défendue, voire non critiquée, si l’on aborde le CNR ? Allez parler du « travailler plus pour gagner plus » après avoir étudié le Front Populaire... La simple évocation de la constitution de la Vème République met en porte à faux Sarkozy.

    Supprimez cet aspect « subversif » de l’enseignement, et vous n’aurez pas un enseignement neutre, mais au contraire un enseignement entièrement guidé par les préceptes libéraux, dont les besoins en formation du salariat portent essentiellement sur une hyper-spécialisation, condition sine-qua-non de la parcellisation du travail, dans un monde qui n’est plus un monde d’ouvriers, mais un monde de pseudo-cadres, lesquels n’encadrent que.. leurs diplômes, et n’animent que la pression sur eux-mêmes. L’autonomie...

    Car aujourd’hui, tout le monde a le bac, tout le monde est cadre, et en même temps jamais le pouvoir n’a été à ce point confisqué.

    Surtout, ne pas regarder ailleurs, ni dans l’espace, ni dans le temps.

    • framboise92
      framboise92 répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 10h53 le 13/12/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Bien sûr que c’est politique . Mai sache que les enseignants sont trop peu nombreux à réagir.
      Alors, subissons et luttons à notre échelle, moi avec mes tout-petits. La sensibilisation commence dès le plus jeune âge.
      ciao

      • nanabel
        nanabel répond à framboise92
        1ère version
        • Posté à 11h19 le 13/12/2009
        • Internaute 97292
          1ère version

        +1. Mais quand il s’agit d’éducation, il n’y a pas que les enseignants qui doivent réagir. Je déplore que les parents d’élèves soient quasi-muets. En tant que parent, je ne souhaite pas que mes enfants soient super-spécialisés, mais seulement qu’ils aient une culture générale solide, qui leur permette d’avoir un oeil critique sur le monde qui les entoure. L’H.G. est indispensable, tout comme l’EPS ou les arts plastiques. On ne devrait pas mettre de hiérarchie dans l’enseignement.

         
        • Allegro3
          Allegro3 répond à nanabel
          (peu importe)
          • Posté à 11h37 le 14/12/2009
          • Internaute 97966
            (peu importe)

          Voir ma contribution plus loin... La pression économique est telle que passé le collège les parents comme les élèves pensent « diplôme-emploi-insertion » avant de penser culture générale et oeil sur le monde qui les entoure... C’est regrettable... Mais même moi fille de prof je n’ai jamais réussi à convaincre mes parents que ça valait le coup de faire les magnifiques études que j’ai faites, que j’ai aimées et qui m’ont donné culture G et oeil critique sur le monde, et en prime le choix de mon métier (et ça c’est un luxe magnifique). Pourquoi ? parce que je pointe à Smic + 10%, que je suis menacée de chômage régulièrement, et que leur analyse ne va pas bcp plus loin...

        1 autres commentaires
    • spleenlancien
      spleenlancien répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Manant, de passage sous le (...)
      • Posté à 10h54 le 13/12/2009
      • Internaute 78672
        Manant, de passage sous le (...)

      @ Liger,
      Très vifs applaudissements, comme on dit dans les colonnes du Journal Officiel de la République...

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 16h00 le 13/12/2009
      • Internaute 41144

      « Car aujourd’hui, tout le monde a le bac, tout le monde est cadre, et en même temps jamais le pouvoir n’a été à ce point confisqué. »

      Vous croyez vraiment à ce que vous écrivez ? ? ?

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 10h59 le 13/12/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    Histoire, Géo, Humanités...

    entendue à la radio
    publicité pour Acadomia
    40 000 conseillers pédagogiques à portée de votre bourse.

    Nestor, va falloir changer de braquet.

    • tlaloc
      tlaloc répond à leo s
      Retraité
      • Posté à 12h01 le 13/12/2009
      • Internaute 47359
        Retraité

      40000 engagés en autoentrepreneurs !

  • coco19
    coco19
    retraité
    • Posté à 11h37 le 13/12/2009
    • Internaute 62416
      retraité

    Pour moi le réflexe de classe c’est de faire en sorte qu’un jeune qui quitte ses études(quelque soit l’age où il les quitte)est acquis une connaissance générale suffisante pour faire face à la vie.
    Car aujourd’hui trop de jeunes quittent leurs études avec des lacunes dans toutes les matières ce qui ne les met pas en pôle position pour la vie.
    L’histoire géo est essentielle pour savoir d’où on vient et où on va et former un citoyen.
    Bien évidemment les autres matières sont aussi indispensables ;
    Le problème aujourd’hui c’est que l’on « spécialise » les jeunes en ne leur donnant pas les bases essentielles pour qu’ils puissent vivre leur citoyenneté et cela est dommageable.
    Mais n’est ce pas ce que veulent nos dirigeants réactionnaires d’aujourd’hui ?
    Un peuple trop instruit est un peuple qui réfléchit et qui peut devenir dangereux car non manipulable.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 16h01 le 13/12/2009
      • Internaute 41144

      « Car aujourd’hui trop de jeunes quittent leurs études avec des lacunes dans toutes les matières ce qui ne les met pas en pôle position pour la vie. »

      Pourtant, ils ont obligatoirement fait de l’histoire-géo en Terminale S...

  • StuntmanMike
    StuntmanMike
    Ingénieur de recherche Energie/ (...)
    • Posté à 11h53 le 13/12/2009
    • Internaute 97433
      Ingénieur de recherche Energie/ (...)

    L’histoire-géo est tout de même la seule matière où l’on explique l’origine des choses, et ça, les élèves n’en ont pas l’habitude. Ils sont plus habitués à ce que les choses leur tombent du ciel sans plus d’explication. Pour ma part, je trouve ça passionnant de comprendre pourquoi Galilée à failli passé à la roue pour ses découvertes et comment il a fait ses découvertes, etc... Il faut mêler et donner une substance à tous ce que l’on apprend.
    Par expérience, j’ai compris le lien (historique comme scientifique) entre plusieurs choses que très tard dans mes études, car on ne me les avait jamais expliqué, et tout de suite, ça rend les choses bien plus intéressantes et compréhensibles (exemple : pour ceux qui l’ont fait, donnez moi au moins une utilisation des matrices jacobiennes, perso je l’ai compris 3 ans après l’avoir étudié en maths).
    Avec des cours comme cela les élèves seraient bien plus intéressés...

    Bien entendu, cela remet en cause la formation des professeurs... Plutôt que de leurs demander d’avoir un doctorat (ou presque...) pour enseigner en lycée, ne serait-il pas plus judicieux qu’ils aient une formation plus généraliste ?
    Ceci remettrait en cause de facto la formation au lycée (eh oui, les profs sont allés au lycée aussi...). Ne faudrait-il pas que les lycéens aient une formation généraliste plutôt que spécialisée avec des filières ?
    Du coup, ne faudrait-il pas supprimer les filières ?

    • Allegro3
      Allegro3 répond à StuntmanMike
      (peu importe)
      • Posté à 11h30 le 14/12/2009
      • Internaute 97966
        (peu importe)

      Bonjour,
      J’aime bien cette contribution, et toutes les précédentes... Mais deux conceptions s’opposent. Vous dites : « Ne faudrait-il pas que les lycéens aient une formation généraliste plutôt que spécialisée avec des filières ? Du coup, ne faudrait-il pas supprimer les filières » ?
      Ce serait judicieux du point de vue de la formation des citoyens, et aussi de l’orientation, qui se fait trop tôt. Sauf que l’Etat, mais aussi les élèves, et les parents, eux visent d’abord l’insertion professionnelle de leurs enfants, et donc... l’obtention d’un diplôme, en l’occurence dès le lycée, le bac. De ce point de vue la spécialisation est valorisée car elle permet aux élèves de lâcher les matières qui les plombent. D’où le peu de réactions des parents déploré plus haut.

      Assimiler le programme d’Hist-Géo est un travail considérable, et la vérité c’est que les élèves de Term S (et une partie des autres), même conscients de l’utilité de cette matière, la « sèchent » au moment des révisions, quand ils ne font pas leurs devoirs en douce pendant le cours.... On est tous pareils : devant l’échéance, on optimise les ressources (de temps, d’énergie...).

      Ce qu’il faudrait c’est supprimer la vision utilitariste de l’école jusqu’au lycée, la pression du diplôme... Et vu la situation du chômage des jeunes, et vu aussi les valeurs qu’ils valorisent (amis, famille, plaisir, argent : du positif aussi, mais peu de place là dedans pour la culture et la formation, ou même la vie citoyenne) c’est pas pour demain....

  • Au sud de nul part-
    • Posté à 12h18 le 13/12/2009
    • Internaute 57434
      Situation

    Excellent article.

    Bravo.

    Etonnamment, jusqu’ici, du contenu et du sens de cet article, on parle peu. Peut-être est-ce parce que la disparition progressive de la valeur symbolique, économique, et sociale, de la filière littéraire, génère une légitime colère ? Si j’ai compris, en France, en dehors de la filière scientifique, point de salut : le choix de la fillière littéraire serait un non choix, là où on va à défaut de mieux.
    Guerre de place, donc. Les autres élèves ? Ceux qui sont dans les filières techniques ou technologiques ?
    Dans ces conditions, ces élèves là, on s’en fiche royalement. Un petit exemple sémantique : en France, notamment dans la presse, celle de « gauche » y compris, lorsque l’on parle des jeunes diplômés, de quel public parle-t-on ? Des jeunes dîplomés de l’université ou d’une école quelconque. Un CAP, un BAC pro, un BTS, ou une formation qualifiante, comme on dit, dans l’imaginaire collectif qui n’est que la somme des intérêts symboliques des membres d’un milieu ou d’une classe sociale donnée, ne sont pas vraiment des diplômes en tant que tels. Amusant, non ?
    En fait, la critique de la politique de Sarkozy au sujet de la supression de l’histoire en S concerne le souci de la formation d’une élite, ou de ceux qui se considèrent comme faisant partie de celle-ci. L’enseignement démocratique réel, celui de tous, n’est pas du tout au coeur de ce débat. Il paraitraît en effet que l’on s’inquiète grandement de l’absence de fomation à la citoyenneté et même à l’humanité des futurs bacheliers de par la disparition de l’enseignement de l’histoire en S : c’est dire, au regard du peu d’intérêt que reçoivent habituellement les « échoués “du système snobiste français (l’ensemble des élèves des filières techniques) à quel point on les considère tout aussi habituellement comme de réels citoyens.
    Car des intelectuels comme ce cher Stora ou ce cher Fienkielkraut, pour ne citer que ces deux amoureux de l’Histoire, poussent rarement l’indignation jusqu’à considérer qu’il faut absolument se soucier de leur vie spirituelle ou de leur culture générale par peur qu’ils ne devinssent sinon un jour des sorte d’abrutis incultes. Il serait hors de propos, évidemment, d’expliquer cette indifférence coutumière par la raison que ces intelectuels considèrent déjà ces élèves là comme des ratés, ou des besogneux, ou de futurs sous-citoyens. Cela serait bien trop caricatural.
    De manière bien plus platonicienne, selon un beau réflexe de classe, voire selon un réflexe causé par un sentiment de filiation mis en danger, l’indignation actuelle porte uniquement sur l’angoisse de voir que l’on ose toucher à l’enseignement logiquement attribué à une partie seulement des lycéens. Ceux dont la destination future ne peut-être celle d’un cuisinier ou d’un ouvrier de maintenance. A chacun sa fonction : à chacun sa place. Un débat sur la reproduction de l’élite ne peut porter sur le sujet de la place de chacun à l’école. Changer les structures ? Allons donc...On veut bien être de ‘gauche’ ; mais pas trop.

    Todeti

  • Suzanne Citron
    Suzanne Citron
    Historienne et auteure
    • Posté à 12h51 le 13/12/2009
    • Internaute 6159
      Historienne et auteure

    Oui l’unanimisme de personnalités aux parcours pourtant bien différents, la fantastique médiatisation autour de ce SEUL problème isolé de tout contexte a quelque chose de stupéfiant. Et je pense d’incompréhensible à l’étranger mais aussi sans doute pour une grande partie des classes moyennes et populaires.

    Vous avez tout-à fait raison de souligner l’inadvertance de ce tollé par rapport à la situation réelle du système scolaire français et le mépris implicite d’une réaction qui est « de classe » (sans en avoir conscience) faisant fi de ce qui se passe, comme vous le rappelez , dans le secteur professionnel et technologique, mais aussi de l’immense gâchis d’un système méritocratique, dont les statistiques internationales soulignent les effets pervers. Quand on lit les appels et les mises en garde de maires de banlieue (comme, récemment, celui de Clichy sous bois) pour que soit prise en compte le déstructuration d’une partie de la jeunesse en échec scolaire et donc en état d’anomie sociale, quand on sait les difficultés des enseignants appelés en certains lieux à appliquer des normes programmatiques déconnectées par rapport aux élèves, on reste sans voix d’autant plus, si c’est vrai, que Martine Aubry et Cécile Duflot auraient signé l’appel.

    Mais où sont les analystes, les syndicalistes qui décoderaient (comme ce fut ébauché dans les années 1960-70) les blocages d’un système où le service public républicain d’éducation reste coiffé depuis Jules Ferry par la chape centralisée napoléonienne et bureaucratique d’un Ministère et d’une hiérarchie consolidée sous le second empire et jamais réexaminée ni sous la 3ème République, ni à la Libération, ni quand la 5ème République a justement cautionné un enseignement obligatoire jusqu’à 16 ans sans repenser notamment les collèges dans leur organisation et la méthode de prescription des savoirs.
    Pour ce qui est des savoirs vous avez raison de poser la question d’une « AUTRE » manière de les concevoir. Là il s’agirait d’une révolution épistémologique relative à la structure de ce savoir scolaire qui se formule par une addition de disciplines (comptabilisées en « heures classe » nationale par le système centralisé) et dont l’empilement pose des questions de plus en plus insolubles du fait du développement de nouvelles disciplines et de la sacralisation des anciennes sous leur forme et leurs énoncés traditionnels. Pour en revenir à l’histoire encore faudrait-il, par delà celle de Terminale S savoir de quelle histoire on parle (cf. Le Monde du 29 novembre).

    Conclusion très provisoire sur le poids dans la société française d’un unanimisme biaisé et des grands media parisiens.

    • Compte supprimé le 4 janvier 3
      • Posté à 16h09 le 13/12/2009
      • Internaute 41144

      « Là il s’agirait d’une révolution épistémologique relative à la structure de ce savoir scolaire qui se formule par une addition de disciplines (comptabilisées en “heures classe” nationale par le système centralisé) et dont l’empilement pose des questions de plus en plus insolubles du fait du développement de nouvelles disciplines et de la sacralisation des anciennes sous leur forme et leurs énoncés traditionnels. »

      Vous avez exactement cerné le problème. Mais alors attention, question interdite et insoluble !

      Pour en revenir à l’histoire (que j’adore), je ne suis pas convaincue de l’intérêt qu’il y a à l’enseigner sous forme de cours magistraux où les profs parlent et où les élèves copient leur sainte parole à toute vitesse, si vite qu’ils sont parfois incapables de comprendre ce qu’ils notent - tout ça dans la précipitation causée par la course pour « finir le programme ». Pour que les élèves passent ensuite au bachotage, à l’apprentissage par coeur afin de recracher tel quel ce qu’ils ont ingurgité le jour du bac.

      Ce n’est pas comme ça qu’on enseigne l’histoire à l’étranger.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à Suzanne Citron
      Ancien enseignant
      • Posté à 22h41 le 13/12/2009
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Heureux de vous lire ici.
      Merci.
      N.

    • leo s
      leo s répond à Suzanne Citron
      (...)
      • Posté à 09h40 le 14/12/2009
      • Internaute 73621
        (...)

      Madame
      je vous conseille de voir le film
       » Walter retour en résistance »

      Il permet de saisir (dans le saisissement) ce qu’est l’histoire
      et ses approches par
      ceux qui la font
      les politiques
      les pédagogues

      Assimiler la réaction des pétitionnaires à un reflexe « de classe » montre que certains ont intérêt à faire confondre « corporatisme » éventuel et « classe ».

      Votre propos s’en trouve plombé, et par cette approche réductrice ne pèse pas lourd.

  • VinceDeg
    • Posté à 14h05 le 13/12/2009
    • Internaute 36941

    Dans le genre « on se trompe de combat », c’est plutôt la réforme de la formation des profs qui devrait concentrer les critiques. Le problème, c’est que les gens qui font profs en France, à la base, n’ont pas fait des études de « prof » : ils sont géographes, mathématiciens, biologistes, etc. Alors que prof, c’est un métier, et ça s’apprend (enfin, ça devrait s’apprendre...).

    Conséquence, on a énorméments de profs qui sont à la fois mauvais pédagogiquement et frustrés intellectuellement : bah oui, quand on a fait un Master en maths spécialité algèbre linéaire, ça fait mal de passer ses journées à rabacher le théorème de Thalès (dans le meilleur des cas), et ce n’est pas ces études qui vont aider à trouver la bonne façon de faire comprendre ce théorème à l’ensemble de la classe. Les bons profs, eux, le sont parce qu’ils ont compris la manière de faire apprendre instinctivement, qu’ils ont sû capitaliser leurs expériences, qu’ils ont ça dans le sang... Enfin, quoi, c’est la réalité quotidienne dans les lycées et les collèges : on a des profs qui sont très bons dans leurs matières mais qui n’arrivent pas à transmettre leurs connaissances. Et puis en plus, qui sont passablement chiants. Dans le meilleur des cas, le prof est autoritaire alors c’est juste que les 3/4 de la classe ne comprend rien. Dans le pire, c’est le gros boxon et plus personne ne fait attention au prof. Après on met ça sur le dos des élèves : « ils sont mauvais, alors c’est dur d’exercer notre métier ». Mais si ils sont mauvais, ce n’est pas génétique, non, ça vient de quelque part ? « ah, classes surchargées, pas assez de matériel ». Bien sûr.

    Et le pire, c’est que l’on s’apprête à renforcer cette formation « disciplinaire » au détriment de la formation « métier », en portant à 5 ans le nombre d’années obligatoires de formation disciplinaire, et en réduisant la part d’enseignement pédagogique. Alors qu’au contraire, il faudrait créer une vraie formation au métier d’enseignant. Et puis pourquoi pas - soyons fous ! - faire comme dans les autres pays : permettre aux professeurs d’enseigner dans diverses disciplines...

    Pour revenir à l’histoire-géo en S, oui, globalement on s’en fout. A la limite, avec les horaires renforcés en 1ère S et le bac géo à la fin de l’année, ces enseignements seront peut-être mieux appris.

    Par contre je ne comprend pas pourquoi la filière L n’est pas renforcée : pour l’instant, les maths et sciences qui y sont apprises sont une blague totale. Même ceux qui étaient « mauvais » en sciences en 2nde et qui vont ensuite en L, en plaisantent, en disant que c’est vraiiiment trop facile. Après, le problème, c’est qu’ils s’en occupent plus du tout donc ils ont quand même des mauvaises notes.

    La proposition de M. Romero est complètement pertinente. Des professeurs qui remettent en perspective avec des apports des « humanités » leurs enseignements dans chaque matière, ça serait vraiment bien. Truc bête, hein, mais on a extrêmement peu de notions d’épistémologie et d’histoire des sciences. A part en bio, peut-être. D’ailleurs, faut pas déconner, les « bons » profs de SVT, aujourd’hui, font exactement ce que M. Romero dit. Allez, un petit rappel de maths par ci (par exemple sur les puissances), un « vos devoirs sont bourrés de fautes alors j’ai transmis à votre prof de français les plus récurrentes », un « comment historiquement la théorie de la dérive des océans s’est imposée ? », un débat étique (concrètement, à l’occasion de la première dissection ^^), etc.

    • complices
      complices répond à VinceDeg
      graphiste
      • Posté à 23h41 le 13/12/2009
      • Internaute 95924
        graphiste

      Il faudra m’expliquer ce que signifie l’expression utilisée dans le 2e paragraphe « apprendre instinctivement » ... ? Cette formule est pour le moins intrigante et révélatrice d’un manque de compréhension du système scolaire.

      • VinceDeg
        VinceDeg répond à complices
        • Posté à 08h56 le 14/12/2009
        • Internaute 36941

        C’était mal écrit : ce ne sont pas les élèves qui apprennent « instinctivement », ce sont les profs qui trouvent « instinctivement » la façon d’exercer leur métier ou plutôt « par tâtonnements ». La phrase aurait dû être : « parce qu’ils ont compris instinctivement la manière de faire apprendre ». J’ai utilisé ce mot parce que j’ai déjà entendu des profs dire qu’en gros, soit ils étaient « prédisposés » à faire leur métier, et dans ce cas la bonne façon de faire venait petit à petit avec l’expérience, soit ils ne l’étaient pas, et dans ce cas, ben zout. Mais qu’en tout cas ce n’était pas lors de leur formation qu’ils avaient appris leur métier.

        En fait, justement, il y a des professeurs qui ont l’air de croire qu’il suffit de présenter les connaissances de manière correctement ordonnée face aux élèves pour que ceux-ci les ingurgitent, ce qui serait du même ordre que « l’instinctif », alors qu’en tant qu’élève (enfin maintenant étudiant) je sais que c’est un peu plus compliqué que ça...

    • lancetre
      lancetre répond à VinceDeg
      • Posté à 22h35 le 14/12/2009
      • Internaute 18658

      « étique » : voilà qui résume effectivement la pensée des pédagogols, dont le Romero est un digne représentant.

      Mais pour comprendre ce que vous écrivez, il vous aurait fallu, au moins, le Certificat d’Etudes...

       : -))))

      Si vous avez un dictionnaire, cherchez « étique », vous comprendrez ! Les « débats étiques » étaient effectivement l’une des spécialités des IUFM, que nul ne regrettera.

  • Sexus Empiricus
    • Posté à 22h21 le 13/12/2009
    • Internaute 6004

    La première et la dernière phrase de votre propos visent en plein mille. Touché, coulé.
    J’apprécie aussi la mise en garde : ne pas se tromper de combat, il n’est pas question de sauvegarder un peu du feu sacré des « Humanités » d’antan, pour l’avenir du monde froid (enfin réchauffé) des Sciences nano-bio-tech du temps présent. Il est question d’autre chose - et votre critique de l’enseignement est justifiée.
    (Ce qui rejoint un curieux argument personnel : pour ma part, et pour ne même pas évoquer les programmes redondants, je ne me souviens pas d’une seule heure d’histoire-géo qui fut passionnante... pendant toutes mes joyeuses années de lycée. C’est une litote. Terminale S ou pas S.)

    Quant à l’argumentaire sur la « pédagogie », je ne sais pas. Qu’on puisse faire de l’histoire-géo dans d’autres disciplines, en dehors du pré carré « histoire-géo », sans doute. L’exemple cité, sur la théorie atomique, n’est malheureusement pas convaincant : si on remonte à Démocrite ou Epicure, pour entendre le professeur Nimbus causer « atome », le risque est de déverser de la mauvaise histoire des sciences, car il n’y a qu’un mot de commun.

    Sur le fond, je ne vois rien de choquant à retirer l’histoire-géo de la terminale S, sinon qu’il faut bien trouver un cliquet ou un cran d’arrêt, - parce qu’à ce compte-là, on peut supprimer bien d’autres matières. On supprime des matières, on supprime des profs. Il ne reste plus qu’à supprimer des élèves (mais tout ça, c’est du connu : on a toujours su faire ; -)

    Sur le fond, rien, dis-je. L’étude de l’histoire, c’est une sorte d’oeuvre au noir, c’est bien trop compliqué pour le bachot, et réussir le bachot exclut le sentiment de vanité ou de chaos que donne l’histoire. On peut à ce sujet s’autoriser de ce que disait un grand historien de Rome, dans sa leçon inaugurale au Collège de France : « L’histoire est faite pour amuser les historiens, c’est tout. »

  • Badgud
    Badgud
    Athée
    • Posté à 21h42 le 14/12/2009
    • Internaute 75022
      Athée

    Les scientifiques réagissent enfin à cette réforme :

    « ce sont les scientifiques qui montent au créneau en signant une tribune cette fois publiée par Libération »

    « Parmi les signataires, on retrouve des grands noms parmi lesquels Michel Serres.

    Ces derniers viennent maintenant critiquer la “ vision corporatiste ” des historiens. En effet, s’ils déplorent la disparition de l’histoire en terminale S, rien n’est dit de l’absence de culture scientifique pour la filière littéraire. Les scientifiques demandent à ce qu’on sorte d’une vision seulement utilitaire de la science. C’est aussi une façon d’ouvrir la pensée, la réflexion, au même titre que les disciplines littéraires. »

    Lien

    On a été gavé de l’avis de littéraires, ce serait bien que Rue 89 laisse s’exprimer au moins un professeur de sciences.

    Une vidéo de Guillon sur le sujet de la réforme :
    Lien

    Bon sinon pour en revenir à l’article :

    « Ne serait-ce pas alors l’occasion de solliciter le professeur d’histoire-géo de manière à mieux cerner ces deux personnages particulièrement “ atomiques ” et de faire de l’histoire-géo sensée c’est-à -dire motivée par un intérêt et, du coup, faire de la physique autrement qu’elle ne se fait ordinairement ? »

    Les professeurs ne suscitent pas suffisamment la curiosité des élèves. Ils se contentent souvent de balancer leur cour, finalement donner aux élèves l’envie d’apprendre, ce n’est pas leur boulot, les élèves doivent avoir envie d’assimiler le cour sans qu’on les y incite. Et ça c’est dommage.
    Le deuxième point que vous soulignez, c’est qu’il n ’y a aucun travail d’équipe et que finalement chaque professeur ne se soucie que de sa matière. C’est particulièrement gênant pour les élèves quand tout les professeurs donnent énormément de devoirs tous au même moment. Ils ne cherchent pas à s’organiser ensemble pour que les élèves ne soient pas obligé de délaisser certaines matières (souvent ce seront celles qu’ils n’aiment pas, celles où ils ont des lacunes).

    « c’est-à- dire d’une institution dont toute l’organisation concourt à produire une élite sélectionnée sur sa capacité à ingurgiter et régurgiter des connaissances segmentées et mathématiquement évaluables. »

    Je suis entièrement d’accord avec vous, je l’ai d’ailleurs écrit un grand nombre de fois dans mes posts. Normalement la pédagogie devrait permettre aux élèves d’assimiler autrement des connaissances. Faire plus participer les élèves (pédagogie active, projets, exposés,...), c’est primordial.
    Il y a aussi notre problème au niveau de la notation, tout le monde sait que selon le professeur la note attribuée à une copie peut changer énormément. Et malgré cela, les professeurs donnent une note sur 20 qui donne l’impression d’être précise au quart de point. Quand un élève reçoit sa note, il a l’impression que le professeur a parfaitement évalué son potentiel, alors que c’est impossible. Si la note reçue est basse, c’est particulièrement blessant, il se sentira dévalorisé et il est possible qu’il abandonne. Combien de fois j’ai entendu quelqu’un dire « de toute façon dans cette matière je suis mauvais, ça ne sert à rien que je la bosse » (ce n’est pas tout le temps formulé de cette manière, mais le sens est le même).
    Enfin, ça sert à quoi de mettre des 3/20, des 4 ou des 5, ça veut juste dire que la copie de l’élève n’est pas bonne, ce n’est vraiment pas la peine de l’enfoncer. La seule chose qui peut en découler, c’est qu’il se décourage et qu’il abandonne. Au Danemark, quand la copie d’un élève n’est pas bonne, il n’y a que 2 grades « -3 » et « 0 ». Le « -3 » est très rarement donné. Souvent les professeurs essaient de montrer les points positifs qu’il a trouvé dans la copie de son élève. Il ne parlera pas que des erreurs que l’élève a commises comme c’est le cas en France. Et surtout les professeurs ne chercheront pas à faire un devoir et à le noter pour que 30% des élèves soit obligatoirement en échec. Une moyenne en France doit être comprise entre 10 et 12, si tous les élèves réussissent cela signifie que le contrôle ne voulait rien dire. Pour les classes où le niveau des élèves est plus élevé, le niveau sera réhaussé pour qu’une certaine partie des élèves échouent. Au Danemark, ce ne sera pas l’objectif, le programme informe le professeur sur les connaissances qui doivent être assimilées par les élèves. Si tous les élèves ont acquis ces connaissances, ils réussiront tous, on ne cherchera pas absolument à en mettre certains en échec. Je trouve que ce système est plus humain.

    • A déménagé le 13-01-2012 5
      A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Badgud
      non connue
      • Posté à 22h01 le 14/12/2009
      • Internaute 98137
        non connue

      Tout ça n’est peut-être pas entièrement étranger au fait que les danois ont la réputation d’être en général totalement incultes et accablants, au point qu’un français moyen fait figure de Diderot !

      • Badgud
        • Posté à 00h19 le 15/12/2009
        • Internaute 75022
          Athée

        La réputation d’un peuple c’est purement subjectif. Si on s’en tient à la réputation d’un pays aux yeux du monde, alors je peux vous dire que vous et moi, on est de sacrés glandeur et que tout les jours on passe notre temps à gueuler dans la rue pour exprimer notre mécontentement. Et ne me dites pas qu’on a cette réputation, parce que la France est un pays de gauchiste alors que la droite gagne quasiment toutes les élections présidentielles.

        En plus objectif que la réputation, vous avez le classement de l’OCDE :

        Culture scientifique :
        1) Finlande, 2) Canada, 3)Japon, 4) Nouvelle-Zélande, 5) Australie, 6) Pays-Bas, 7) Corée du Sud, 8) Allemagne, 9) Royaume-Uni, 10) République tchèque, 11) Suisse, 12) Autriche, 13) Belgique, 14) Irlande, 15) Hongrie, 16) Suède, 17) Pologne, 18) Danemark, 19) France, 20) Islande, 21) Etats-Unis, 22) Slovaquie et Espagne, 24) Norvège, 25) Luxembourg, 26) Italie, 27) Portugal, 28) Grèce, 29) Turquie, 30) Mexique.

        Danemark 18e, France 19e

        Culture mathématique :
        1) Finlande, 2) Corée du Sud, 3) Pays-Bas, 4) Suisse, 5) Canada, 6) Japon, 7) Nouvelle-Zélande, 8) Belgique et Australie 10) Danemark, 11) République tchèque, 12) Islande, 13) Autriche, 14) Allemagne, 15) Suède, 16) Irlande, 17) France, 18) Royaume-Uni, 19) Pologne, 20) Slovaquie, 21) Hongrie, 22) Luxembourg, 23) Norvège, 24) Espagne, 25) Etats-Unis, 26) Portugal, 27) Italie, 28) Grèce, 29) Turquie, 30) Mexique.

        Danemark 10e, France 17e

        Compréhension de l’écrit :
        1) Corée du Sud, 2) Finlande, 3) Canada, 4) Nouvelle-Zélande, 5) Irlande, 6) Australie, 7) Pologne, 8) Suède et Pays-Bas, 10) Belgique, 11) Suisse, 12) Japon, 13) Royaume-Uni et Allemagne, 15) Danemark, 16) Autriche, 17) France, 18) Islande et Norvège, 20) République tchèque, 21) Hongrie, 22) Luxembourg, 23) Portugal, 24) Italie, 25) Slovaquie, 26) Espagne, 27) Grèce, 28) Turquie, 29) Mexique.

        Danemark 15e, France 17e

        Lien

        Certes l’écart n’est pas énorme, néanmoins on peut tout de même remarquer que la France est toujours derrière, alors que le Danemark met moins la pression sur leurs élèves.

        Et si malgré tout, vous ne faites pas confiance à l’OCDE, on peut s’intéresser à un domaine en particulier où l’écart est flagrant, le niveau en anglais.
        « Ces résultats placent la France assez loin dans le classement des bons connaisseurs de l’anglais. Au 69e rang d’un classement mondial opéré sur 109 pays et au 25e dans la liste des 43 Etats européens. Loin derrière l’inévitable peloton de tête des pays nordiques, auquel s’ajoutent les Allemands et les Néerlandais. Tous deux comptabilisent 102 points sur 120, quand notre score de 88 nous place tout juste ex aequo avec la Bulgarie, la Biélorussie et la Lettonie. Les cancres de l’Europe étant le Kosovo (73), Chypre (78) et l’Albanie (77). »
        Lien

        Et si vous ne faites pas confiance à ce classement pas de problème, vous vous payez un ticket d’avion à 80 euros direction Copenhague et vous parlez en anglais aux danois. Je pense que même s’il vous arrive d’être de très mauvaise fois, vous ne le serez pas au point de me dire que le niveau en anglais des français est meilleur.

        A part ça, je parle du Danemark, parce que je connais bien. Mais la Finlande met aussi beaucoup moins la pression sur leur élèves. Et pourtant le nombre d’heures d’enseignement est très bas. En France, un élève de 15 ans reçoit 1042 heures de cours contre 858 heures pour les élèves finlandais. Pour les élèves moins âgés, l’écart est encore plus grand. Vous pouvez le constater en cliquant sur le lien suivant :
        Lien

        Les élèves danois reçoivent aussi moins d’heures. Alors comment font la Finlande et le Danemark pour que leurs élèves aient un meilleur niveau que les élèves français alors qu’ils bénéficient de moins d’heures ?

        En fait, le modèle du système éducatif de la France est complètement différent de celui du Danemark et de la Finlande.
        En Finlande, au Danemark, en Islande et en Suède, c’est le « modèle d’intégration individualisé ». Le suivi individuel des élèves est pris au sérieux dans ce modèle (ce qui implique qu’un enseignant s’occupe d’un faible nombre d’élèves). Il y a beaucoup de travaux en petit groupe. Les élèves forts et faibles sont très fréquemment dans les mêmes établissements. L’origine sociale des élèves a une influence très faible sur la réussite scolaire.
        Le modèle qui est utilisé par le Portugal, l’Espagne et la France, le « modèle d’intégration uniforme ». C’est un enseignement avec un tronc commun, le redoublement est la seule manière de réguler le flux d’élèves et de séparer les élèves qui n’arrivent pas à suivre le niveau imposé des autres. C’est le modèle où le redoublement est le plus utilisé et c’est aussi dans ce modèle que les élèves ont le plus la pression.

        Lien

         
        • A déménagé le 13-01-2012 5
          A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Badgud
          non connue
          • Posté à 00h25 le 15/12/2009
          • Internaute 98137
            non connue

          Ah mais que les français soient absolument lamentables en anglais, alors que les pays nordiques sont excellents, c’est l’évidence même.

          • Badgud
            • Posté à 00h49 le 15/12/2009
            • Internaute 75022
              Athée

            En tout cas, je remarque que le post où vous flattez le niveau des français a été particulièrement apprécié.
            Bon allez je vais voir si ça marche pour moi aussi. Les français sont vraiment géniaux, j’ai toujours été surpris par leur grande intelligence. A chaque fois que je discute avec un français, ces phrases sont si belles que j’ai l’impression qu’il me récite un poème.
            Bon vous avez eu 5 fois 5 boules rouge avec votre post, logiquement vu ce que j’ai écrit je devrais cartonner.

            Blague à part, pour la fin de mon post, j’ai donné ma réponse à la question suivante :
            « Les élèves danois reçoivent aussi moins d’heures. Alors comment font la Finlande et le Danemark pour que leurs élèves aient un meilleur niveau que les élèves français alors qu’ils bénéficient de moins d’heures ? »
            Mais avez vous une autre explication que celle que je vous ai fourni ?

            • A déménagé le 13-01-2012 5
              A déménagé le 13-01-2012 5 répond à Badgud
              non connue
              • Posté à 00h50 le 15/12/2009
              • Internaute 98137
                non connue

              Je ne sais pas. Ils ont de meilleurs programmes ? De meilleurs profs ? L’école est mieux considérée chez les vikings que chez les gaulois ?

              PS : j’ai nazé pour le principe : la flatterie envers les français a des limites.

              • Badgud
                • Posté à 01h15 le 15/12/2009
                • Internaute 75022
                  Athée

                Probablement, pour les profs en Finlande leurs motivations sont complètement différentes de celles de leurs homologues français.

                « A la question “Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? ’, la réponse qui revient en effet le plus souvent dans les enquêtes de motivation menées auprès des jeunes aspirants à la fonction enseignante est ‘parce que j’aime les enfants’. A des enquêtes similaires menées en France, l’accent est plus souvent mis sur l’intérêt pour la discipline enseignée. Ainsi les enseignants finlandais sont-ils dès l’origine davantage tournés vers la compréhension de l’enfant, de ses besoins et se sentent-ils plus à son service qu’au service d’une matière’
                Lien

                Il y a de grandes chances que cette différence soit due à la sèlection des professeurs. En France, seule la compétence dans leur matière est évaluée, ils n’ont pas eu beaucoup (voir pas du tout) de cours de pédagogie. En Finlande, la pédagogie est primordiale, les connaissances que l’on a dans sa matière ne suffisent pas, il faut aussi savoir les transmettre.

                Il n’y a pas plus de 25 élèves par classe (c’est le maximum, mais souvent il y a moins de 20 élèves par classe). Ils ont privilégié la qualité des cours à la quantité. Les profs utilisent de la pédagogie moderne, tout est bon pour susciter la curiosité des élèves.
                Tout est expliqué en détail au lien suivant :
                Lien

        4 autres commentaires
  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 11h48 le 14/12/2009
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    Les commentaires à l’excellente interpellation de Monsieur Roméro révèlent la profondeur du fossé, l’abîme qui sépare deux visions complètement antagonistes de l’enseignement.
    D’un côté il y a ceux qui pensent en termes de savoirs disciplinaires, de didactiques et d’enseignants spécifiques, de cours distincts, de programmes directifs consacrés par la tradition universitaire. Pour eux l’enseignement du collège et du lycée n’est que la somme de ces entités séparées. Certes ils ne nient pas la nécessité d’une concertation, voire de travaux communs. Mais, pour eux, l’essentiel se joue dans la juxtaposition de disciplines autonomes, constituées d’un corpus contraignant et dont la maîtrise se vérifie dans le cadre d’exercices d’acquisition et de d’épreuves de contrôle rigoureusement définis. Du propre, du net, de l’ordonné et du connu, au risque assumé de faire dans le figé, l’ennuyeux, l’ésotérique, et, par conséquent, le sélectif. Mais après tout, pensent-ils, n’est-ce pas la meilleure préparation à la vie ?
    De l’autre côté, il y a ceux qui ont souvent commencé par partager cette vision simple, (simpliste ?) de l’acte d’apprentissage, parce que c’est celle qui leur a été instillée par leurs professeurs quand ils étaient élèves, puis, à leurs débuts professionnels, par leurs conseillers pédagogiques, ces maîtres « chevronnés » qui avaient été choisis en raison de leur « mérite », c’est-à-dire de leur conformité au modèle académique. Puis ils se sont émancipés de ce carcan conformiste et rassurant. Ce fut souvent le fruit d’une rencontre, physique ou livresque, ou d’un événement, Mai 1968 par exemple. Ce qui caractérise leur démarche c’est qu’ils ne se satisfont pas de cette vision « séparatiste » de la discipline qui prévaut encore dans le monde intellectuel et que la plupart adoptent sans examen. Dans leur parcours ils ont eu d’autres lectures que celles qu’on leur avait indiquées dans les bibliographies infligées aux étudiants, abondantes mais inutilement redondantes et toujours fermées sur « La » discipline. Leur curiosité les a portés à croiser des savoirs qui s’ignoraient dans l’institution à laquelle ils refusent de s’identifier, parce que l’identification à l’institution est le pire avatar des fonctionnaires, particulièrement en œuvre dans l’Education nationale. C’est ce qui leur a permis de découvrir les analyses nécessaires de Passeron et Bourdieu, de Dubet, de Meirieu ou plus récemment de Duru-Bella. Intrigués par cette face cachée de la « belle école républicaine », ils se sont tournés vers les « anciens » qui avaient eu l’audace de rompre avec le long fleuve tranquille de la didactique officielle, Freinet ou Don Milani et son école de Barbiana, par exemple.
    Ceux-là ne seront jamais compris de qui n’a pas fait ce saut qualitatif, c’est-à-dire la plupart des professionnels de la profession, et de ceux qui se targuent d’y connaître quelque chose parce qu’ils pensent avoir bien réussi dans le système.
    La première condition du vrai savoir est le doute scientifique, dit-on. Combien y-a-t-il d’enseignants qui ont reçu une formation qui intègre cette prudente sagesse et combien sont-ils en revanche ceux qui ont été formatés par l’inertie d’une institution hiérarchique et conformiste ? On sait de quel côté penche la balance et c’est pour cette raison que la bonne vieille école a encore de beaux jours devant elle.

  • tilide
    tilide
     » « ! ? ...
    • Posté à 19h53 le 14/12/2009
    • Internaute 98744
       » « ! ? ...

    D’accord avec vous globalement bien que votre 1ère phrase fasse électrochoc...Nous n’en sommes plus à réfléchir sur les bienfaits d’une réelle transformation mais à « sauver » le peu qu’« ils » nous laissent, non ?
    Tout est de cet ordre, à ce jour, dans l’EN : « ils » ne veulent surtout pas que nous réfléchissions !

  • tilide
    tilide
     » « ! ? ...
    • Posté à 19h59 le 14/12/2009
    • Internaute 98744
       » « ! ? ...

    la note que je viens de publier est adressée à M. Romero

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