Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

L'école selon l'Institut Montaigne : une entreprise comme une autre

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 14/05/2010 à 17h21

Reconnaissons le sérieux du constat dressé dans ce rapport tout récent intitulé « Vaincre l’échec scolaire ». Il se propose de prendre les choses dans le bon ordre, c’est-à-dire de commencer par une auscultation de l’école primaire.

On trouve là chiffres et graphiques qui, certes, ne nous apprennent rien de nouveau, mais qui, ainsi assemblés, nous donnent une idée précise du mauvais état de l’école.

Cependant, ni ces graphiques ni ces statistiques ne nous renseignent sur les a priori idéologiques des rédacteurs de l’Institut Montaigne. A priori qu’il est pourtant indispensable de connaître pour juger des treize propositions qui concluent leur rapport.

Une analyse lexicale éclairante

Une brève analyse lexicale du texte nous éclaire non seulement sur ces a priori, mais également sur les intentions de ces rédacteurs. La première phrase de l’avant-propos est, comme c’est souvent le cas, particulièrement significative :

« Dans un monde où la connaissance prime, l’éducation et la formation des femmes et des hommes est la première de toutes les ressources d’un pays.

Non seulement pour élever la performance économique nationale dans la compétition généralisée mais aussi pour assurer la cohésion sociale, sans laquelle rien n’est possible. » (François Rachline, directeur général de l’Institut Montaigne)

Nous voici quelque peu renseignés. La poursuite de notre investigation lexicale nous éclaire plus encore :

« Compétition », « égalité des chances », « sélectionner » [les bons chefs d’établissement qui eux-mêmes seront chargés de sélectionner les bons professeurs, ndlr], « politique de ressources humaines », « recrutement », « rémunération », « mérite », « management », « évolution de carrière », « évaluation », « reporting » (sic), « performance », « gestion », « pilotage », « coaching », « leaders »...

L’école, entreprise à produire de la formation

On s’interroge : s’agit-il bien d’un rapport sur l’école ? Oui, car les rédacteurs n’hésitent pas à subtiliser -pour en faire leur « profit » (selon la stratégie communicationnelle du détournement)- quelques bribes de pédagogie plus ou moins actives :

« Effet Pygmalion », « effet maître », « travail en groupes », « pédagogie de l’intérêt », dont on ne sait s’il s’agit de la pratique des centres d’intérêt de Decroly ou de celle de Bouvard et Pécuchet enseignant la lecture au petit Victor à l’aide du « Cuisinier français » tout simplement parce qu’il est gourmand...

Ainsi prévenus, passons maintenant aux propositions et d’abord à celle-ci : mieux « communiquer » sur le métier de professeur des écoles. Ce qui signifie, bien sûr, mieux vendre mais aussi « instaurer une politique salariale attractive et fondée sur les résultats obtenus pour fidéliser les équipes des établissements ZEP » [la prime pouvant aller jusqu’à doubler le salaire de base, ndlr].

Voyons : « communiquer », c’est-à-dire vendre, « politique salariale attractive », « prime », c’est-à-dire acheter (quoi ?), « fidéliser » (le client). Mais qui recrute, évalue, et récompense celles et ceux que l’on n’ose plus alors nommer professeurs ? Le chef d’entreprise bien sûr ! Car si nous en arrivons là, c’est bien d’une entreprise à produire de la formation qu’il s’agira.

Usurpateurs du nom de Montaigne

Et que penser d’un rapport qui, citant en exemple la Finlande, contredit l’une des ses propres propositions de scolarisation précoce des enfants [en Finlande, l’école obligatoire ne commence qu’à 7 ans, ndlr] ? Distraction ou cynisme ?

Je ne peux conclure sans revenir à l’usurpation du nom d’un grand sceptique, Montaigne lui-même, qui, voici quatre siècles, écrivait :

« [...] Aussi notre leçon se passant comme par rencontre, sans obligation de temps et de lieu, et se mêlant à toutes nos actions, se coulera sans se faire sentir. Les jeux mêmes et les exercices seront une bonne partie de l’étude. [...] »

Et puis :

« Combien leurs classes seraient plus décemment (opportunément) jonchées de fleurs et de feuillées, que de tronçons d’osiers sanglants ? J’y ferai portraire (le portrait de) la joie, l’allégresse, et Flora, et les Grâces : comme fit en son école le philosophe Speusippus... » (« Les Essais », livre I, chap. XXV)

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  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 17h52 le 14/05/2010
    • Internaute 21378
      Précaire

    Dans les écoles les tableaux numériques arrivent....On enlève des profs.
    Les caméras arrivent, on enlève des et des encadrants

    Les dirlo formés au management disent que les parents attendent que les élèves sortent de l’école avec une plus-value ! !
    Que les élèves ont des problèmes techniques (ex dyslexie) ou qu’ils dysfonctionnent.

    Quand la techno-science domine l’humain, alors que les sciences sociales sont ignorées.

    vive « le maitre ignorant » de J. RANCIERE

    • damienl
      damienl répond à karlM
      Chercheur
      • Posté à 21h50 le 14/05/2010
      • Expert 101560
        Chercheur

      Cela n’a bien entendu rien de choquant. L’école est un service comme un autre. Lorsque l’on prend les transports en commun publics, on s’attend à ce qu’ils remplissent leur tâche première, c’est à dire nous amener d’un point A à un point B en temps et en heure. Même chose pour l’hôpital, public ou non. Que dirait-on d’un hôpital qui se contente de poser des actes médicaux sans que cela n’apporte quoi que ce soit (= sans plus value) au patient ?

      Il va de soi que, d’un point de vue sociétal et parental, il est important que les élèves sortent de l’école en ayant appris quelque chose qui leur servira dans la vie. Et donc qu’il y ait eu une valeur ajoutée lors du processus. Sinon, on peut fermer les écoles ! Le but de l’école ne devrait pas d’être une fabrique à chômeurs. Il est important de permettre aux étudiants d’acquérir des connaissances en phase avec le monde actuel, qui leur permettront de s’insérer sur le marché de l’emploi. Ce n’est sans doute pas la seule fonction de l’école – il faut aussi donner les bases nécessaires à la participation à la vie de la cité – mais c’est une réalité qui ne doit pas non plus être occultée.

      Quant à votre rengaine sur la technologie, elle est incorrecte. Les tableaux interactifs n’ont pas visée de remplacer les enseignants mais de les aider à mieux enseigner. Il existe par contre d’autres techniques – le podcast, la vidéo – qui, à terme, pourraient permettre d’utiliser le plus efficacement possible les ressources disponibles, y compris les ressources humaines. Prenons en exemple les cours dans certaines facultés où des centaines d’étudiants s’entassent pour écouter une personne lire des notes pendant deux heures. Je ne suis pas certain que ce serait moins efficace d’enregistrer la personne et diffuser les cours dans plusieurs universités et par internet.

      • Saheyus
        Saheyus répond à damienl
        Nightfall, quietly it crept and (...)
        • Posté à 23h43 le 14/05/2010
        • Internaute 28231
          Nightfall, quietly it crept and (...)

        Non, les services publics ne sont pas des services comme les autres.

        Tout simplement parce qu’on martèle à longueur de journées et de cotations boursières que le but de l’entreprise c’est le *profit*, le *profit* et le *profit* avant tout.

        Vous pouvez toujours prétendre que ça ne contredit pas votre argumentation, que votre demande « d’efficacité » des services publics n’est pas la demande « d’efficacité » au sens capitaliste du terme que les actionnaires demandent à leurs entreprises. Autrement dit, du fric.
        Toujours est-il que la distinction demeure entre deux types de raisonnements radicalement différents. Mélangez la logique de l’entreprise, telle qu’elle existe, avec les services publics, et vous n’arriverez qu’à une corruption publique légale.

        « Il est important de permettre aux étudiants d’acquérir des connaissances en phase avec le monde actuel, qui leur permettront de s’insérer sur le marché de l’emploi. »

        En somme, de les formater, pour qu’ils puissent répondre aux besoins matériels de la population.
        Mais la question est : Qui définit ces besoins ? Pensez-vous que des média de masse ne font que reprendre innocemment « l’aspiration populaire » ? L’industrie nous modèle bien plus que nous ne modelons l’entreprise, pour la simple et bonne raison que ces entreprises ne dépendent que de quelques personnes bien placées. La publicité, la télévision, les journaux, les sites, qui ont tous leurs intérêts et leurs conflits d’intérêts, jouent un rôle non négligeable dans la définition de « nos besoins ».

        Pour prendre un exemple caricatural, pensez-vous que nous dépensons des milliards en armement parce que nous en avons « besoin » ? Parce que c’est ce à quoi nous aspirons ?

        Laissez donc les enfants et les jeunes décider de ce qu’ils veulent, laissez-les décider de la société qu’ils veulent créer et de leurs propres besoins. Plutôt que de perpétuer un système archaïque où « on » ne cesse de vous dire quoi penser, quoi vouloir, quoi être, mieux vaudrait bazarder toutes les vieilles habitudes.

        Ce n’est pas à la société de produire l’individu. C’est à l’individu de produire la société.

      • karlM
        karlM répond à damienl
        Précaire
        • Posté à 09h10 le 15/05/2010
        • Internaute 21378
          Précaire

        les mots ont un sens et « plus valu » est adapté à un produit/

        Votre maladie techno scientiste vous fait croire qu’un tableau électrique peut remplacer un assistant en classe ?

        Des groupes de 18 à la place de 36, deux adultes par classe (propres et chauffées comme les bureaux d’areva)
        y a pas besoin de chercher de midi à 14 heures
        C’est juste une volonté politique qui fait défaut.

  • le mur
    • Posté à 18h01 le 14/05/2010
    • Internaute 40005

    Monsieur Romero,
    Entièrement d’accord avec vous mais il me semble que la novlangue a déjà débarqué. Ainsi, en lycée, comme à tous les échelons, les élèves ne sont plus des individus que l’éducation doit élever grâce aux savoirs, à l’acquisition d’un esprit critique mais des cerveaux qui doivent s’adapter.
    Les notions de savoirs, questionnement, culture, raisonnement, sont devenu des gros mots. On ne jure que par les items, les évaluations par compétence, les techniques...
    Désormais tout se vaut. Ainsi, interdiction pour les professeurs de langues d’enseigner par la culture et la civilisation, il faut faire « comme dans la vie » (expression utilisée par un inspecteur) et apprendre à répondre au téléphone, faire des recettes de cuisine (tout ceci est véridique).
    La libéralisation ce sont aussi les sociétés privées qui gèrent les espaces numériques de travail grâce auxquels la transparence règne. Plus besoin pour les parents de rencontrer les professeurs puisque le bulletin est en ligne. On peut surveiller 24 heures sur 24 heures le travail de l’enseignant, le contacter jour et nuit. Et la confiance, le contact humain dans tout cela ?
    Au total, un enseignement déshumanisé qui ne respecte plus l’individu qui est classé, répertorié dès sa naissance. Attention dans ce schéma, à bien rentrer dans les cases...

    • karlM
      karlM répond à le mur
      Précaire
      • Posté à 09h12 le 15/05/2010
      • Internaute 21378
        Précaire

      pour les langues vu notre niveau actuel, ça ne peut pas être pire.

    • damienl
      damienl répond à le mur
      Chercheur
      • Posté à 18h59 le 15/05/2010
      • Expert 101560
        Chercheur

      « Désormais tout se vaut. Ainsi, interdiction pour les professeurs de langues d’enseigner par la culture et la civilisation, il faut faire “comme dans la vie” (expression utilisée par un inspecteur) et apprendre à répondre au téléphone, faire des recettes de cuisine (tout ceci est véridique). »

      L’enseignement et l’apprentissage des langues comptent parmi mes spécialités. Je ne connais pas par contre les programmes de l’éducation nationale en France mais je peux cependant commenter votre intervention. Si la culture et la civilisation ont un rôle à jouer dans l’apprentissage des langues, il ne faut justement pas confondre apprentissage de la langue et cours de civilisation. Ce sont deux choses bien distinctes. Demandez à un apprenant ce qu’il veut pouvoir faire. Dans 99% des cas, il vous expliquera qu’il veut pouvoir maitriser la langue afin d’être capable de se débrouiller dans des situations de la vie quotidienne. Vaut-il mieux pouvoir disserter sur les institutions de l’Angleterre ou pouvoir, lorsque l’on se rend à Londres, demander son chemin et comprendre la carte du restaurant ? L’approche communicative ne fait que dire l’évidence, c’est à dire que le langage est fait pour communiquer et que c’est sur cela qu’un cours de langue doit être centré en priorité. Voudriez-vous que l’on retourne au thème et à la version sur des sujets « culturels » ?

      Lorsque je lis votre intervention, j’ai l’impression que vous mélangez tout. Évaluation par compétence ne veut pas dire rejet du raisonnement. Justement, cela permet de dépasser le par-coeur et la simple mémorisation pour évaluer également le savoir-faire, la capacité d’appliquer ce que l’on a appris. C’est à dire de raisonner.

      Un bulletin en ligne ne signifie pas non plus la rupture du lien entre parents et enfants. Au contraire, cela évite aux élèves de cacher leurs interrogations, de prétendre ne pas avoir encore reçu leur bulletin, etc. Et donne donc aux parents la possibilité d’intervenir immédiatement, par exemple en rencontrant l’enseignant.

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 20h07 le 14/05/2010
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    L’ institut Montaigne lequel entre parenthèse doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que l’ on fait de son nom. Ni plus ni moins qu’ un hymne à l’ ultra néo libéralisme.
    On sait pour qui roule cet institut, soit les conglomérats, les grandes entreprises internationales, et la droite du Médef
    jusqu’ au sarkoland. Plus à droite que cet institut, il n’ y a pas. La description qu’ il donne de ce que devrait être l’ école fait froid dans le dos. Ce n’ est plus une école, c’ est une entreprise de compétition à mort, et d’ individualisme échevelé, de conditionnement à la soviétique dans ses plus folles années.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 20h33 le 14/05/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    L’école selon l’Institut Montaigne : une entreprise comme une autre

    va falloir demander son avis à l’institut La Boétie.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 20h36 le 14/05/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    La grande mutation
    néolibéralisme et éducation en Europe
    Bruno, Clément, Laval
    Editions Syllepses
    136 pages 7 euros

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 21h06 le 14/05/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    L’institut Montaigne est Think Tank néo-libéral.

    Il préconise donc des mesures et une grille de lecture correspondant à cette idéologie .

    Le contraire serait étonnant.

    Qu’il considère l’école à la manière d’une entreprise n’est pas plus curieux.

    Aussi furieux que cela puisse vous paraitre, sâchez que les libéraux considèrent TOUT comme une entreprise, avec diagrames, stat, projections, évaluations et bilans chiffrés.

    Encore une fois, que l’école y échappe serait étonnant.

    Par contre il va falloir que vous m’expliquiez en quoi la fidélisation des équipes enseignantes en ZEP par le salaire serait un scandale.

    La notion de travail pénible est en général associée par la gauche à des rémunérations ou avantages compensant.

    • Nestor Romero
      Nestor Romero répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      Ancien enseignant
      • Posté à 22h19 le 14/05/2010
      • Expert 5556
        Ancien enseignant

      Bonsoir,
      Pour plusieurs raisons : Le verbe (si l’on peut dire) fidéliser dans la langue ou plutôt comme dit un autre riverain, la novlangue actuelle a généralement pour complément d’objet direct le nom « client » ( ou clientèle). Les enseignants, me semble-t-il, ne sont pas les clients de l’école de sorte que l’usage de ce terme à leur endroit est lourd de sens et d’intention.
      En 1982 quand les ZEP furent créées les équipes pédagogiques devaient se former sur les critères de volontariat et de projet pédagogique. Une prime (faible) fut instituée pour souligner plus que pour rémunérer l’investissement nécessaire à l’élaboration et à la mise en oeuvre du projet, mais tout ça...
      Ici, il s’agit « d’acheter » l’enseignant (c’est cela fidéliser) pour qu’il demeure en un lieu où il ne fait absolumment pas bon travailler, où il n’y a d’autre projet que de pacification sociale, si c’est encore possible, mais il semble que non, ce n’est plus possible...
      Donc plus de volontariat mais l’autorité d’un chef dont on sait bien sur quels critères « pédagogiques » il sera choisi (par qui ?) et qui choisira lui-même « son personnel » pour le rétribuer « au mérite » c’est-à-dire à sa capacité de « tenir sa classe » avec un agent de police dans le bureau voisin bien sûr.
      Parle-t-on toujours d’école ?
      Cordialement.
      N. R.

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 23h38 le 14/05/2010
        • Internaute 29846
          menuisier

        La question n’est pas là.

        Que l’institut Montaigne ponde des rapports qui ravissent Parisot, enthousiasment Minc et font grimper aux rideaux Lagarde n’a rien d’étonnant :

        Il est là pour ça.

        Lorsque vous dites à propos des ZEP « un lieu où il ne fait absolumment pas bon travailler, où il n’y a d’autre projet que de pacification sociale, si c’est encore possible, mais il semble que non, ce n’est plus possible... » ,vous ne préconisez tout de même pas les abandonner, non ?

        Par ailleurs, une des plaies des ZEP (avec la récente disparition de la carte scolaire) tient précisément dans la rotation rapide des équipes pédagogiques pour les plus anciens et l’attente de dégager pour les autres.

        Interresser l’enseignant volontaire, avec à charge de rester par contrat X années, avec bonus indiciaire à la clé de manière à pouvoir ensuite être muté ailleurs, est une des solutions.

        Pour le reste, je crains bien que le terrain où va se situer l’affrontement avec le système que vous décrivez ne sera pas sémantique (ça, c’en étaient les préliminaires).

        Réveillez-vous :

        C’est global, et même mondialisé.

         
        • Saheyus
          Saheyus répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
          Nightfall, quietly it crept and (...)
          • Posté à 00h01 le 15/05/2010
          • Internaute 28231
            Nightfall, quietly it crept and (...)

          Cette notion de « primes » et de « fidélisation » me fait penser à un susucre que l’on donne à un chien.
          Les gens n’auraient-ils donc pas d’autre motivation qu’un petit supplément de confort, comme un calmant pour leur faire oublier leurs peines ?

          A partir du moment où l’on s’accorde sur le fait que chacun doit avoir de quoi vivre, car exploiter le besoin de survie est une cruauté inutile dans une société riche, je doute que l’on puisse construire grand chose de solide sur la recherche d’argent.
          Si un professeur va enseigner en ZEP pour toucher un bonus, pourquoi prendrait-il la peine de s’impliquer dans son travail ? Après tout, son but serait juste de toucher son pactole avant de se barrer. Et si l’on sait que l’on endure de mauvaises conditions juste pour toucher de l’argent, à quoi bon s’impliquer ?

          Il serait plus judicieux d’utiliser cet argent pour améliorer les conditions d’éducation.

          • framboise92
            framboise92 répond à Saheyus
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 09h08 le 15/05/2010
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            Sache que je prends plaisir à mon âge avancé à finir en rrs (zep)mais que ma prime, je ne crache pas dessus, bien que très minime. Nous nous investissons plus que ce que nous apporte cette prime. Je ne compte plus mes journées en plus données aux fêtes, aux réunions avec les parents etc.....Cela se compte en journées, en énergie, en déplacement en etc.....Plus que dans les écoles non classées en zep. Un parcours de combattant.

            Par contre, elle permet aux enseignants d’avoir des points quand ils y restent trois ans pour participer au mouvement (désir de changer d’école).
            J’ai fui l’école des milieux bourgeois parce que ça sentait le dédain et que j’y étouffais.. Je suis épuisée en rrs mais je prends mon pied. Je reste. Mes jeunes collègues, pour la plupart, veulent y rester aussi. L’équipe est soudée.
            Les enfants sont très énervés mais si attachants, non blasés et j’aime ce milieu où les cultures sont mélangées. (blondinets compris).

            • Saheyus
              Saheyus répond à framboise92
              Nightfall, quietly it crept and (...)
              • Posté à 11h17 le 15/05/2010
              • Internaute 28231
                Nightfall, quietly it crept and (...)

              Pour la prime, je suis juste d’humeur radicale, ces derniers temps. Je viens de finir un jeu qui secoue durement les idéaux socio-politiques, Deus Ex... Enfin passons.

              Pour la prime, donc, je conçois bien qu’on ne peut pas mettre si facilement de côté l’idée de « récompense », et encore moins l’idée de compensation. Notre société base beaucoup sur l’idée de récompense, de prime au mérite. C’est rarement vrai, mais on essaye de faire croire aux gens que l’échelle des salaires serait totalement basée sur les mérites (compétences + efforts fournis).
              C’est pourquoi certains libéraux ne sont pas tout à fait satisfait de certaines errances salariales, et considèrent que ce serait déjà une grande avancée si « les meilleurs » et les « plus gros bosseurs » étaient toujours les mieux récompensés.

              Il me semble cependant évident, en tant que matérialiste convaincu, que les êtres humains ne choisissent pas qui ils sont, et encore moins quelles sont leurs compétences, que cela n’est que le fruit d’une suite logique de causes et d’effets.
              D’où l’idée de donner à chacun, non selon ses moyens, mais selon ses besoins.

              Aussi, si on arrivait à passer de la « récompense » à la « compensation », ce serait une grande avancée pour l’humanité. Je comprends parfaitement qu’une personne qui travaille plus puisse davantage souffrir, et aie donc besoin de davantage de réconfort à côté. L’ouvrier qui s’use physiquement au travail aura besoin de davantage de soins médicaux, le salarié qui se ruine mentalement aura besoin de prendre plus de vacances, etc etc.
              Ce que je ne comprends pas, en revanche, c’est qu’on veuille en faire une motivation.

              Les raisons que tu évoques, le plaisir, l’impression de faire ce qui doit être fait, d’être utile, cela me semble des raisons beaucoup plus motivantes et au final bien plus « productives ».
              Et c’est pour ça qu’il faudrait essayer, non pas d’inventer des motivations éphémères, mais plutôt essayer d’atténuer les aspects pénibles du travail. En recrutant plus d’enseignants, en améliorant la qualité de vie de la population locale, ce genre de choses. Et si on donne une prime, soit, c’est sans doute justifié, mais qu’on n’essaye pas d’en faire une « raison » d’aller enseigner ici ou là, c’est trop bassement mercantile...

              D’ailleurs, je réalise bien que les profs sont généralement sous-payés. Raison de plus pour ne pas cracher sur une prime.
              Mais vouloir faire courir des gens après, je ne comprends pas.

              • framboise92
                framboise92 répond à Saheyus
                je choisis la campagne, la (...)
                • Posté à 11h27 le 15/05/2010
                • Internaute 24519
                  je choisis la campagne, la (...)

                ok
                Nous sommes alors sur la même longueur d’ondes.
                Merci pour ta réponse.

        4 autres commentaires
  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 21h26 le 14/05/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    « A priori qu’il est pourtant indispensable de connaître pour juger des treize propositions qui concluent leur rapport. “

    Je me suis arrêté là dans ma lecture. Je m’attendais à ce que vous jugiez ces treize propositions pour ce qu’elles étaient, mais non, vous revendiquez de les juger en fonction des a priori idéologiques que vous prêtez à leurs auteurs.

    Dit autrement, vous décidez consciemment d’utiliser le procès d’intention comme outil critique.

    C’est tellement grotesque et lamentable en même temps que ça laisse pantois de lire cela sur Rue89...

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 21h28 le 14/05/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► Avant de critiquer ceux qui se penchent avec sérieux sur les problèmes de l’école,
    vous feriez mieux, monsieur l’enseignant de vous interroger vous même sur ces problèmes,
    et de vous demander si le fait que les directeurs des écoles n’aient aucun pouvoir.. aucun.. aucun.. sinon des taches administratives à assumer

    si le fait que les enseignants soient nommés dans un établissement uniquement en fonction de l’ancienneté de ses fiches de voeux sans aucune, aucune raison pédagogique,

    si le fait qu’un enseignant qui s’avère inadapté au métier, et il en est de nombreux, n’est en aucun cas, en aucun cas élément à l’obliger à changer de métier

    si le fait qu’au sein d’une école, aucune, aucune obligation pour les enseignants à se mettre en synergie, sinon par la définition d’objectifs pédagogiques bidons qui reprennent les jolies phrases de l’année précédente et les réécrivent dans un ordre différent, afin de faire joli et sérieux dans le hall d’entrée,

    si le fait que les enseignants ne sont pas du tout, mais pas du tout managés, encadrés.. rien rien... ils n’ont de compte à rendre qu’à leur bonne volonté,

    et si le fait que chaque tentative de faire bouger les habitudes mammouthesques se heurte à une attaque en règle du genre de votre pamphlet,

    ne sont pas les vraies raisons de marasme de nos Ecoles Publiques de France

    • Hulk
      Hulk répond à Pierrrrre
      Gros con de droite
      • Posté à 21h39 le 14/05/2010
      • Internaute 108405
        Gros con de droite

      Il est incapable de comprendre ce que vous voulez dire, c’est peine perdue. Ces gens-là ont l’esprit tellement confit dans le gauchisme rétrograde que tout ce qui y est extérieur est par définition en même temps odieux et incompréhensible...

      • kk
        kk répond à Hulk
        au vert
        • Posté à 21h42 le 14/05/2010
        • Internaute 13480
          au vert

        Gnié ?

         
        • Hulk
          Hulk répond à kk
          Gros con de droite
          • Posté à 21h43 le 14/05/2010
          • Internaute 108405
            Gros con de droite

          Je parle de Romero et ses semblables, pas des profs en général, rhôôôô...

        1 autres commentaires
      • Numerosix
        Numerosix répond à Hulk
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 22h09 le 14/05/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Le gauchisme rétrograde tristos ou les cathos « libres » ou les « valeurs » et la « culture » de l’ Entreprise, ben mon vieux tu parles d’un choix .
        Bien content de pas avoir fait de mômes, moi ..

         
        • Hulk
          Hulk répond à Numerosix
          Gros con de droite
          • Posté à 22h14 le 14/05/2010
          • Internaute 108405
            Gros con de droite

          Re-regarde Zorba le grec, ça ira mieux ; -)

        • framboise92
          framboise92 répond à Numerosix
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 08h55 le 15/05/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          t’as pas de tits n’enfants ? ?

          • Numerosix
            Numerosix répond à framboise92
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 09h28 le 15/05/2010
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            Plutôt mort que parent d’élève ..

            • framboise92
              framboise92 répond à Numerosix
              je choisis la campagne, la (...)
              • Posté à 09h40 le 15/05/2010
              • Internaute 24519
                je choisis la campagne, la (...)

              Vu sous cet angle, ok.
              De plus cela fait un parent d’ élève pour moi à gérer.
              Bisous !

              • Numerosix
                Numerosix répond à framboise92
                Prisonnier dans le village (...)
                • Posté à 09h55 le 15/05/2010
                • Internaute 14499
                  Prisonnier dans le village (...)

                Moi j’ai pris tout à fait à cœur, en toute complicité avec leurs parents bien sur , mon rôle d’ oncle rigolo consistant à dédramatiser et se foutre de la gueule des tristes adultes gonflés d’autorité auprès de mes nombreux neveux et nièces . On s’est bien marré ..
                Et aucun d’eux n’a mal tourné , bien au contraire ..

                • framboise92
                  framboise92 répond à Numerosix
                  je choisis la campagne, la (...)
                  • Posté à 09h55 le 15/05/2010
                  • Internaute 24519
                    je choisis la campagne, la (...)

                  T’as bien fait de tousser, tonton lol
                  biz

        6 autres commentaires
    • framboise92
      framboise92 répond à Pierrrrre
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 08h54 le 15/05/2010
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Chez moi, c’est l’équipe qui s’encadre, y compris le dirlo.
      pas besoin d’être accrochés au mur !
      pffffffffffffffff
      De plus, les écoles vont être regroupées avec un suel dirlo ou dirlote, c’est dire qu’il va falloir qu’il pilote sévère dans un espace nuageux, le pilote ! de la paperasse en perspective, ouais !

      • A.T.swey
        A.T.swey répond à framboise92
        *
        • Posté à 10h26 le 15/05/2010
        • Internaute 112034
          *

        « c’est dire qu’il va falloir qu’il pilote sévère dans un espace nuageux, le pilote ! “

        Dis lui bien de ne pas faire confiance aux sondes Piteux.....heu non ,Pitot, et de bien cacher ses boites noires sous le bureau !

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 22h28 le 14/05/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    Le rapport de l’Institut Montaigne, ainsi que l’article ne vous l’indique pas est disponible à :

    Lien

    extraits :

    « Le diagnostic sur l’état de l’école a permis de mettre en valeur les
    points suivants :
    • l’École de la République est organisée en fonction des besoins des
    adultes, pas de ceux des enfants ;
    • elle renforce l’inégalité des chances ;
    • les maîtres y sont laissés à eux-mêmes ;
    • le système dans son ensemble souffre d’une carence de
    pilotage.
    Parce qu’il faut remettre les élèves au coeur du système scolaire,
    l’Institut Montaigne avance quatre séries de propositions pour lutter
    contre l’échec scolaire.

    PREMIÈRE SÉRIE DE PROPOSITION :
    RESPECTER L’ORGANISATION DE L’ÉCOLE
    EN CYCLES D’APPRENTISSAGE COHÉRENTS

    Proposition n° 1 : Clarifier l’organisation des cycles
    entre l’école maternelle et l’école élémentaire

    Proposition n° 2 : Grâce à la réorganisation de l’école
    en cycles, réduire drastiquement le nombre de
    redoublement

    Proposition n° 3 : Prendre réellement en charge
    les élèves en difficulté

    ……

    DEUXIÈME SÉRIE DE PROPOSITIONS :
    LE TEMPS DES ENFANTS
    Revenir à une année scolaire plus ample et moins
    dense – c’est-à-dire à des semaines de travail
    réparties sur 5 jours – et déployer un calendrier
    annuel plus long

    Proposition n° 4 : Revenir immédiatement à une
    semaine de 5 jours de travail, incluant le mercredi

    Proposition n° 5 : Rendre l’année scolaire moins compacte
    et pour ce faire l’allonger d’au moins deux semaines

    .
    TROISIÈME SÉRIE DE PROPOSITIONS :
    LE MÉTIER DE PROFESSEUR DES ÉCOLES

    Miser sur la qualité des enseignants pour faire
    progresser la performance du système éducatif

    Proposition n° 6 : Renforcer la communication autour
    du métier d’enseignant et mettre en oeuvre un dispositif
    incitatif pour les candidats à cette profession

    Proposition n° 7 : Mettre en place des formations en
    alternance selon la formule de l’apprentissage, pour
    accéder au métier d’enseignant

    Proposition n° 8 : Améliorer la politique salariale pratiquée
    en début de carrière, afin d’inciter les personnes
    les plus compétentes et les plus performantes à devenir
    professeur des écoles

    Proposition n° 9 : Mettre en place des dispositifs contraignants
    pour assurer l’obligation annuelle de formation continue des
    enseignants en enrichissant la carte des formations comme en
    pénalisant ceux qui se soustraient à ce devoir

    ………….

    QUATRIÈME SÉRIE DE PROPOSITIONS :
    L’ORGANISATION DE L’ÉCOLE

    Mettre en oeuvre une gouvernance efficace des
    écoles primaires et un pilotage effectif du système

    Proposition n° 10 : Prendre le décret d’application pour la
    création d’établissements publics d’enseignement primaire217
    (EPEP) expérimentaux tel que prévu par la loi relative aux
    libertés et responsabilités locales du 13 août 2004

    Proposition n° 11 : Sélectionner et former des
    directeurs d’écoles de qualité exerçant un réel pouvoir
    de pilotage de leur établissement

    Proposition n° 12 : Revoir complètement le rôle des
    Inspecteurs de l’Éducation nationale (IEN)

    Proposition n° 13 : D’ici 2012, et dans le cadre de la mise
    en oeuvre de la proposition n° 10, créer des EPEP qui
    permettent des expérimentations dans les écoles primaires,
    et notamment dans les ZEP, afin d’en faire un bilan à
    grande échelle avant d’étendre ce dispositif sur l’ensemble
    du territoire.

    –––––––––––––––

    Toutes ces propositions sont naturellement développées de manière détaillée dans un rapport de 140 pages

    Ce rapport est intitulé :
    VAINCRE l’ECHEC à l’ECOLE PRIMAIRE

    Les membres du groupe de travail y sont cités :

    • Bernard Hugonnier,
    Directeur adjoint pour l’éducation de l’OCDE, président du groupe
    de travail
    • Laurent Bigorgne,
    Directeur des études à l’Institut Montaigne
    • Henriette Ewald,
    Directrice d’école élémentaire, formatrice
    • Daniel Laurent,
    Professeur émérite des Universités
    • Pierre de Panafieu,
    Directeur de l’École alsacienne
    • Gregory Wurzburg,
    Analyste principal à la direction de l’éducation de l’OCDE

    Les Rapporteurs :
    • Maylis Brandou, chargée d’études à l’Institut Montaigne, et Aurélie
    Lecocq, doctorante en sciences de l’éducation

    Les personnes auditionnées :
    • Yann Angneroh,
    Professeur de collège
    • Catherine Belhomme,
    Vice présidente de la Fédération des conseils de parents d’élèves
    des écoles publiques (FCPE)
    • Valérie Czarny,
    Secrétaire générale adjointe de la Fédération des conseils de parents
    d’élèves des écoles publiques (FCPE)
    • Yvan Dromard,
    Professeur de collège
    • François Dubet,
    Professeur des Universités à l’Université Bordeaux II, directeur
    d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
    (EHESS)
    • Marie Duru-Bellat,
    Professeur des Universités à l’Institut d’Études Politiques de Paris,
    chercheuse à l’Observatoire Sociologique du Changement (OSC)
    • Jean Ferrier,
    Inspecteur général honoraire, ancien Directeur des écoles
    • Christian Forestier,
    Administrateur général du CNAM, membre du Haut Conseil de
    l’Éducation
    • Jean-François Fiorina,
    Directeur de l’ESC Grenoble, Président de l’association
    Passerelle
    • Eunice Mangado-Luneta,
    Déléguée nationale aux Accompagnements, Association de la
    Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV)
    • Gilles Moindrot,
    Secrétaire général du Syndicat National Unitaire des Instituteurs
    Professeurs des écoles et PEGC (SNUipp)

    Il est précisé que toutes les personnes interrogées ne sont pas fatalement engagées par les conclusions de ce rapport.

    il me semble que le sèrieux de ce rapport méritait autre chose que le pamphlet politisé d’un ancien enseignant manifestement engagé et n’ayant même pas pris la peine de nous donner substance de ce qu’il se permettait de critiquer.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Pierrrrre
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 22h38 le 14/05/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      « Parce qu’il faut remettre les élèves au cœur du système scolaire ».

      Ben oui , c’est le client-élève qui est au cœur de la stratégie de l’ Entreprise Ecole avec des profs de qualité norme Iso 2000 et des bons gestionnaires à la tète de l’établissement Entreprise
      Et on fait des expériences testing dans un panel et si ça marche, on adopte .

      C’est bien ça...

      Bon de toutes façons une société qui déconne à plein tube de partout comme la notre ne va pas créer une bonne éducation, hein . Y a pas raison que quoi que ce soit puisse fonctionner dans un environnement pareil ..C’est même pas la peine d’essayer .

      • kk
        kk répond à Numerosix
        au vert
        • Posté à 22h57 le 14/05/2010
        • Internaute 13480
          au vert

        La vache !
        Tu en causes comme si tu y étais !
        Tu oublies juste le « vivre-ensemble »

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à kk
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 23h03 le 14/05/2010
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Je vous admire les bons profs conscients de tout le bazar , hein , faut pas croire ..
          Et puis vous devez bien en sauver un ou deux de temps en temps , dans la base élève apprenante , c’est déjà beaucoup ..

        1 autres commentaires
      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Numerosix
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 07h50 le 15/05/2010
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « Ben oui , c’est le client-élève »

        ► Je préfère de beaucoup le concept du client-élève,
        que celui du prof contrôleur normé.

        L’école oblige actuellement à ce que les élèves s’adaptent aux profs et programmes,
        l’école se contentant de jeter dans des voies de garage ceux qui ne rentrent pas dans les cases
        ne sélectionnant que ceux qui correspondent au moule et qui en pertituent les concepts..

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Pierrrrre
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 09h38 le 15/05/2010
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          « L’école oblige “actuellement” à ce que les élèves s’adaptent aux profs et programmes.. »

          Mais vous êtes un soixantehuitard , Pierrrrre ! ! ? ?

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Numerosix
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 17h24 le 15/05/2010
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « Mais vous êtes un soixantehuitard ! ! ? ? »

            ► Certainement pas, ne suis ni Mao, ni pro soviétique, ni guévariste ni castriste.
            Et je considère la chute du mur de Berlin comme le plus bel événement du siècle.

            Pour l’école, je suis pour remettre l’enfant au centre d’apprentissages qui doivent respecter la diversité de rythme et d’interet des enfants.

            « L’enfant n’est pas un petit homme, ce n’est qu’un petit d’homme »
            C’est dire que l’enfant est un être à part entière qui a ses propres besoins, et non des besoins d’homme en réduction.

            En résumé, suis partisan d’écoles types Freinet, Montessori qui jne se cantonnent pas à un prof sur estrade demandant à des enfants de se taire, d’écouter et de répéter.

            L’école devrait êtrer endroit de joie et d’épanouissement de chaque enfant,
            elle est pour nombre d’entres eux endroit de contraintes, d’humiliations et de souffrances.

            Elle sélectionne des élites qui une fois arrivés à un poste de professeur ou de cadre, se vengent sur élèves ou subordonnés de cette enfance que l’école leur a volée.

            • Numerosix
              Numerosix répond à Pierrrrre
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 19h02 le 15/05/2010
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)

              Oui hé bien c’est exactement ce qui se disait en 68 jusqu’au milieu des années 70 , mon cher Pierrre ...
              Je suis d’accord avec vous , et au grand regret de confirmer mes autres posts sur ce sujet . On ne fera pas pour les enfants une école épanouissante dans une société qui ne l’ai pour pratiquement personne..

            • lidiot du village-
              lidiot du village- répond à Pierrrrre
              imbécile heureux
              • Posté à 20h02 le 15/05/2010
              • Internaute 106647
                imbécile heureux

              J’aurais jamais cru lire ça de ta part, Pierrrrrot !

              Number a raison : c’est pile-poil le discours soixante-huitard de base : l’élève au centre du système, l’école comme lieu de joie et d’épanouissement...

              Pincez-moi, je rêve !

              PS : tu devrais te rendre compte que le statut d’élève-client qui te choque si peu fait du gamin un simple consommateur du savoir, totalement passif. Je te trouve vraiment bien peu cohérent sur ce coup-là, parce que ces élèves sont les premiers à se complaire dans le système rétrograde (« se taire, écouter et répéter ») que tu te plais à dénoncer.

              • Pierrrrre
                Pierrrrre répond à lidiot du village-
                → → → → → → → le marché autant (...)
                • Posté à 20h57 le 15/05/2010
                • Internaute 23078
                  → → → → → → → le marché autant (...)

                « Number a raison : c’est pile-poil le discours soixante-huitard de base : l’élève au centre du système, l’école comme lieu de joie et d’épanouissement... »

                ► 1968 était un foutoir revendicateur où vous pouvez trouver n’importe quoi,
                mais on y trouvait surtout les admirateurs des actions des gardes rouges que certains essayaient de dupliquer en France, notamment par la remise en cause de l’autorité parentale et du respect vis à vis de la cellule familiale.

                Les vrais soixant’huitards, vous les trouvez chez les José Bové ayant essayé de monter des communautés « citoyennes “ au Larzac afin de réinventer une structure de vie à l’encontre de la cellule familiale traditionnelle.
                Evidemment, toutes ces expériences ont foiré, avec des enfants n’ayant pas très bien compris la différence entre père, cousin copain et oncle.

                Je fréquente le milieu enseignant et je trouve qu’il en est peu d’aussi rétrograde et conservateur, même s’il adore se qualifier de progressiste.
                pour ces enseignants souvent très ancrés à gauche,
                les programmes, la matière à enseigner sont au centre de l’école, les élèves devant s’y contraindre, tous leurs échecs étant dus au comportement des parents beaucoup trop sous influence de la société capitaliste (dixit).

                Personnellement, je milite pour une éducation qui privilégie l’individu et sa différence par rapport à un collectif réducteur :
                La démocratie, ce n’est pas obliger 49 personnes à faire ce que 51 ont décidé que tout le monde fera,
                Mais c’est 100 personnes faisant chacune selon son choix, dans la mesure du faisable et du respect du parcours de l’autre.
                Ce en quoi, je suis tout à fait en conformité avec ma conception libérale de la société, une société dont le dynamisme résulte de l’harmonie naturelle générée par mille parcours individuels qui coexistent et s’entrechoquent au hasard des choix de chacun.

                Je pense à Célestin Freinet qui était communiste et a voulu mettre en place une pédagogie privilégiant le parcours individuel de chaque élève : il a été obligé de monter une école privée.. privée.. lui le communiste, soulignant ainsi le décalage qu’il y avait entre sa démarche respectueuse des différence et son engagement pour une mouvance étatique et réductrice..

                Je vais vous dire un truc :
                Si vous voulez trouver les vrais fascistes, les durs de dur,
                Engagez un dialogue sur l’école,
                Et vous les verrez se révéler, avec leur carte du PCF, du PS, du FN, du NPA ou de l’UMP.

                • lidiot du village-
                  lidiot du village- répond à Pierrrrre
                  imbécile heureux
                  • Posté à 21h41 le 15/05/2010
                  • Internaute 106647
                    imbécile heureux

                  Je suis d’accord avec toi pour dire que le milieu enseignant est bien souvent rétif à toute réforme a priori.

                  Mais tu ne peux pas non plus dissocier les travers d’une profession de la réalité à laquelle elle est tous les jours confrontée. Il n’y a pas d’un côté les profs rétrogrades et de l’autre les pauvres élèves qui pâtissent de cet immobilisme. Tout comme tu ne peux pas nier les difficultés que rencontrent les profs au quotidien. Il y a un lien de cause à effet.

                  C’est compliqué, au milieu de tout ça, de mener une pédagogie personnalisée pour chaque élève, même si je suis convaincu que, chaque jour, c’est l’idéal vers lequel la plupart des enseignants tendent. Ca se voit dans la politique d’orientation des élèves qui a fait de gros progrès ces dernières années, selon moi.

                  L’école en France, ce n’est pas la panacée, mais ce n’est pas non plus la chienlit décrite trop souvent dans les médias.

                  • Pierrrrre
                    Pierrrrre répond à lidiot du village-
                    → → → → → → → le marché autant (...)
                    • Posté à 08h54 le 16/05/2010
                    • Internaute 23078
                      → → → → → → → le marché autant (...)

                    « tu ne peux pas non plus dissocier les travers d’une profession de la réalité à laquelle elle est tous les jours confrontée. »

                    ► Les travers en question sont réels,
                    et je dis que si la profession enseignante les subit, elle en est aussi responsable par l’opiniâtreté qu’elle met à maintenir les constituants responsables de ces travers (statut ..gestion étatique..)

                    ––––––-

                    « Il n’y a pas d’un côté les profs rétrogrades et de l’autre les pauvres élèves qui pâtissent de cet immobilisme. »

                    ► Evidemment que la situation est plus complexe, mais je maintiens cette image non pas de profs rétrogrades (il y en a), mais d’enseignement rétrograde.. avec une population diverse d’élèves.. ceux qui s’en sortent.. ceux qui sont dirigés sur voie de garage.. et ceux qui font avec.. et attendent chaque jour l’heure salvatrice de fin de classe.

                    ––––––-

                    « Tout comme tu ne peux pas nier les difficultés que rencontrent les profs au quotidien. Il y a un lien de cause à effet. »

                    ► Les difficultés sont réelless, la cause n’étant certainement pas due au manque de moyens (argument des syndicats enseignants pour éviter d’avoir à se remettre en cause)

                    –––––––-

                    « C’est compliqué, au milieu de tout ça, de mener une pédagogie personnalisée pour chaque élève »

                    ► C’est impossible dans l’école actuelle :
                    d’autant plus qu’il n’existe pas de bonne pédagogie :
                    Il peut y avoir des projets d’école différents, fonction des enseignants, du type de population d’élève, et des ressources matérielles et environnementales de l’école.
                    Chaque projet d’école devant s’articuler en objectifs pédagogiques quantifiables définis par les profs concernés (ça ne se fait jamais de manière sérieuse.. d’ailleurs les profs ne savent pas ce qu’est un objectif pédagogique qu’ils traduisent en général par de jolies phrases écrites au feutre de couleur sur papier canson pour faire joli et sérieux affiché dans le hall de l’Ecole

                    Un proijet d’école décliné en objectifs pédagogiques ne peut appartenir qu’à l’équipe enseignante,
                    ce qui suppose un recrutement de ces enseignants sur une adhésion commune, et un management de l’équipe au sein de l’école.
                    Si vous proposez ça, vous aurez une grève nationale.. actuellement, les enseignants sont des électrons libres sans aucun, aucun management sérieux.

                    Vous avez un ministre qui pond une réforme,
                    des enseignants qui en plaisantent entre eux en salle de prof,
                    justifient le fait de ne rien faire par l’« absence de moyen » (ils aiment bien , ça, l’absence de moyen)... « ah non, je ne touche pas à cet ordinateur tant que je n’ai pas reçu de formation »
                    ...« ah non, je ne fais pas chant ou sport parce que je ne suis pas formé »...

                    –––––––

                    « L’école en France, ce n’est pas la panacée, mais ce n’est pas non plus la chienlit décrite trop souvent dans les médias. »

                    ► En France, il n’existe pas d’école,
                    il n’existe que des classes,
                    avec comme tirage au sort, la chance de tomber sur un bon enseignant,
                    ou la malchance de tomber sur un mauvais.
                    ...sachant que seuls les enseignants ont possibilité de tricher sur le tirage au sort.. pour le bénéfice de leur propre enfant… les mauvais enseignants, tout le monde les connaît, tout l’art étant de les éviter, sachant qu’ils sont indéboulonnables, même s’ils font des dégâts considérables pour des générations d’enfants.

        7 autres commentaires
    • Saheyus
      Saheyus répond à Pierrrrre
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 00h11 le 15/05/2010
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      « le système dans son ensemble souffre d’une carence de
      pilotage. »

      Carence de pilotage... comme c’est joliment dit.
      J’adore les euphémisme du néo-capitalisme. Vous voyez, un capitaliste de base d’il y a un siècle, il vous aurait dit que ça manque de hiérarchie, de patrons, qu’il faut mettre les employés au pas et leur serrer la vis. Mais non, maintenant, il ne s’agit plus que de « carence de pilotage ».

      Qui a dit « stratégie marketing » ?

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à Saheyus
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 08h01 le 15/05/2010
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « le système dans son ensemble souffre d’une carence de
        pilotage. »

        ► Cela signifie que les enseignants ne sont pas managés,
        et ne sont contraints à aucune obligation pédagogique,
        sinon celle d’une entité lointaine et mythique appelée inspection académique ou rectorat,
        sachant qu’ils de doivent aucun compte à leur directeur d’école,
        sont nommés sans son accord,
        avec un déroulement de carrière prévu jusqu’à la retraire et sur lequel la qualité de leur travail n’a aucune influence.

        Toute tentative de réformer lae mammouth se solde de la part des enseignants à un haussement d’épaules de mépris,
        une inertie qui plombe toute réforme,
        assortis par une dérision du style du commentaire ci dessus.

        Il est évident que chaque école devrait être gérée au sein de l’école même, avec une direction responsable du choix des enseignants ainsi que de l’encadrement de leur travail,
        direction hiérarchique ou collégiale.

         
        • framboise92
          framboise92 répond à Pierrrrre
          je choisis la campagne, la (...)
          • Posté à 08h59 le 15/05/2010
          • Internaute 24519
            je choisis la campagne, la (...)

          Pilotage mes fesses, pardon, Pierre, je suis un tantinet énervée par Pierre.
          Because cela fait longtemps en maternelle et en élémentaire dans notre RRS que l’on applique les cycles.
          On le sait tout cela.
          On veut de la cohérence, pas de suppressions de postes, un enseignant en plus par école et du pognon !
          –––––––––––––––––––-
          « Cela signifie que les enseignants ne sont pas managés,
          et ne sont contraints à aucune obligation pédagogique,
          sinon celle d’une entité lointaine et mythique appelée inspection académique ou rectorat, »
          Je me demande dans quel monde tu vis ?

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à framboise92
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 16h20 le 15/05/2010
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « On veut de la cohérence »

            ► Pour qu’il y ait de la cohérence au sein d’un établissement, il faut que celui-ci soit managé...
            ce qui n’est pas le cas actuellement : les directeurs d’école ne sont directeurs de rien.

            ––––––––––

            « pas de suppressions de postes, un enseignant en plus par école et du pognon ! »

            ► Di pognon, il n’y en a plus, les budgets explosent, notamment celui de l’Education Nationale,
            et plus de prof signifie moins d’argent par prof.

            –––––––––––––––––––-

            « Je me demande dans quel monde tu vis ? »

            ► C’est exactement la question que je me pose quand je vois le merdier qui existe dans certaines écoles, ou le soporifique et l’ennui qui se dégage de certaines classes.... sans qu’on ne puisse rien faire.. rien.. rien.. sinon attendre la retraite de l’enseignant en question, après qu’il ait découragé des générations d’enfants.. statut de la fonction publique oblige.

        • Saheyus
          Saheyus répond à Pierrrrre
          Nightfall, quietly it crept and (...)
          • Posté à 10h59 le 15/05/2010
          • Internaute 28231
            Nightfall, quietly it crept and (...)

          Et moi je dis qu’aucune entreprise, aucune société, aucun groupement d’individu ne devrait être géré par une « direction » quelconque. Parce que sous l’euphémisme (encore un) de « direction collégiale », il y a encore une hiérarchie, puisque ceux qui font partie de la direction sont supérieurs à ceux qui n’en font pas partie.
          Les auteurs de ce rapport veulent juste transposer le merveilleux modèle de l’entreprise à l’école.

          Tout le monde est habilité à conseiller, examiner, proposer, personne n’est habilité à diriger, ordonner, imposer.

          Soit dit en passant, je doute que les profs soient libres de faire ce qui leur chante, mais je laisse un éventuel prof de passage infirmer ou confirmer cette hypothèse.

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à Saheyus
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 16h24 le 15/05/2010
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « Et moi je dis qu’aucune entreprise, aucune société, aucun groupement d’individu ne devrait être géré par une “direction” quelconque. »

            ► Sans commentaire

            –––––––-

            « Tout le monde est habilité à conseiller, examiner, proposer, personne n’est habilité à diriger, ordonner, imposer. »

            ► C’est poourtant le travail de chaque prof vis à vis de ses élèves

            ––––––––––

            « je doute que les profs soient libres de faire ce qui leur chante, »

            ► Je vous le confirme.. la porte de la classe fermée, chaque prof fait ce que bon lui semble.. ou ce qu’il peut faire...sans qu’aucune autorité n’ait son mot à dire..

            • Saheyus
              Saheyus répond à Pierrrrre
              Nightfall, quietly it crept and (...)
              • Posté à 22h54 le 15/05/2010
              • Internaute 28231
                Nightfall, quietly it crept and (...)

              Justement, non, le professeur n’est pas là pour dire à l’élève quoi penser, ou comment vivre. Il doit donner à l’enfant une « base de données » un savoir communément admis, ainsi que les différents points de vue contradictoires, et les outils pour interpréter les différentes idées. Mais certainement pas des conclusions ou des pensées toutes faites.
              Le professeur n’est pas là pour dire à l’élève qu’il doit faire tel ou tel métier plus tard, mais pour lui présenter les différents métiers existants.

              Le patron, lui, vous assigne un poste, il vous donne des objectifs, il vous donne une manière de pensée (de percevoir et de présenter votre propre entreprise). Et si vous n’êtes pas ce qu’il attend de vous, il vous fout à la porte.
              Un prof qui agirait de la sorte ne serait qu’un infâme bourreur de crânes.

        5 autres commentaires
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