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Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

L'irrévérencieux Tomás Ibáñez prêche un anarchisme sans dogmes

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 07/06/2010 à 19h10

En ces temps incertains où il sied, dirait-on, d’invoquer sa sensibilité libertaire, à l’occasion en outre de la visite de « l’anarchiste Noam Chomsky » à Paris, il me semble opportun d’évoquer ici un passionnant ouvrage : Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes de Tomás Ibáñez.

Tomás Ibáñez, anarchiste critique et hétérodoxe

J’ai retrouvé Tomás Ibáñez au Salon du livre libertaire début mai. Notre précédente rencontre avait eu lieu très exactement dans la nuit du 10 mai 1968 du côté de la rue Gay-Lussac à Paris. Nous avons repris notre discussion.

J’ai déjà soufflé un mot de Tomás à propos du désormais mondialement fameux « A cerclé ». Mais là n’est pas l’important. L’important est dans cette affirmation abrupte :

« Je suis anarchiste, un anarchiste critique et hétérodoxe, mais anarchiste au bout du compte. » (p. 254)

Comment alors ne pas s’interroger sur ce que c’est que d’être anarchiste de nos jours pour quelqu’un qui est parvenu au faîte de la pyramide universitaire puisque vice-président, doyen, ou quelque chose comme ça, de l’Université autonome de Barcelone ?

Engagé en Espagne dans la lutte contre le franquisme

Tomás, après avoir été l’un des fondateurs du Mouvement du 22-Mars en compagnie, entre autres, de Jean-Pierre Duteuil et Dany Cohn-Bendit, quitta la France pour prendre part à la lutte contre le franquisme depuis « l’intérieur », dans les rangs des libertaires catalans.

Mais tout avait commencé une décennie auparavant par... l’Absurde. Tomás raconta sa découverte de Camus en 1963, dans un texte intitulé « La vie absurde » publié dans le numéro 46 du « Bulletin des Jeunes Libertaires » et reproduit dans ce livre (p.18).

Mais voici que, dans ce fameux numéro 48 sur la couverture duquel apparaît pour la première fois le « A cerclé », il publie un nouveau texte intitulé : « La révolution de papa est morte » !

La révolution, un « mot-cadavre »

Il affirme là sans ambages s’agissant de la révolution (nous sommes en 1964) : « Il est stupide de continuer à parler avec des “mots cadavres”. (p. 28)

Comment alors la question du pouvoir, insistante, dérangeante, ne se serait-elle pas posée ? Puisqu’il est partout : “Il est véhiculé par un réseau capillaire si serré qu’on se demande où il n’y aurait pas de pouvoir.” (Foucault cité par P. Veyne) .

Ce que Tomás, comme anarchiste, dit ainsi :

“Il est vrai qu’il y a une conception libertaire du pouvoir. Il est faux qu’elle consiste en une négation du pouvoir.” (p.77)

Et c’est là le passionnant de ce livre : suivre le cheminement d’une pensée se colletant avec elle-même à force de vouloir se libérer de son propre pouvoir, le pouvoir du savoir, au point qu’il en résulte une constellation d’aphorismes :

“L’anarchisme est une théorie de la liberté qui repose sur un principe totalitaire !” (p. 219)

“L’anarchisme est une philosophie de la non-transcendance qui s’institue elle-même comme transcendance !” (p. 225)

Sa pensée aboutit à un relativisme absolu

Ce cheminement après la mort de Dieu aboutit à l’affirmation d’un relativisme absolu. Car, dit Tomás, “ je suis relativiste ”. Comme il dit “ je suis anarchiste ”.

Cependant, il ne lui a pas échappé que “ si tout est relatif, le relativisme aussi est relatif ” (P.193). On plonge ainsi la tête la première dans le trope de la régression à l’infini.

Ce qui fait que je ne suis sûr de rien, surtout pas de ce “ tout est relatif ” dont on vient de voir qu’il ne fait rien d’autre que de poser un nouvel absolu. J’en demeure tout sceptique, d’un scepticisme avide cependant, comme stimulant le “ désir de connaissance ”.

Ce n’est pas par inadvertance que vient ici le mot “ désir ” mais parce que, significativement me semble-t-il, Tomás constelle son texte de “ désir de révolution ”, un désir qui, selon lui, serait toujours à l’oeuvre dans cette texture sociale dont il souligne la complexité. J’en doute.

L’anarchisme, une façon d’être et de vivre...

Car je ne vois nulle part de “ désir de révolution ” d’autant plus qu’il a lui-même rangé le mot dans l’urne aux cadavres. Bref, je ne sais toujours pas ce que c’est que cet anarchisme tant l’auteur s’ingénie à infirmer chaque tentative de définition par une nouvelle définition pour parvenir à ceci, qui pourrait être un trait de lumière au fond de l’impasse :

“L’anarchisme comme façon d’être et de vivre, comme dispositif de fusion du politique et de l’existentiel.” (p.265)

Ce qui nous renvoie à Pierre Hadot et sa “ philosophie comme manière de vivre ”, laquelle nous permet d’envoyer balader l’anarchisme puisque Tomás nous y invite par un : “ Il faut apprendre à être radicalement irrespectueux. ” (p.232). Je ne retiendrai, quant à moi, pour l’instant, que cette seule hypothèse :

“La révolution n’est plus dans le but à atteindre, elle est tout entière dans le trajet lui-même [...]qui n’est rien d’autre que notre propre vie quotidienne.” (p. 339)

Qui n’est pas encore morte !

Je la retiendrai d’autant plus que -coïncidence ? - je trouve sous la plume de Nicolas Truong dans le portrait qu’il trace d’Edgar Morin ce vers superbe d’Antonio Machado :

Caminante no hay camino, el camino se hace al andar.
(Toi qui chemines, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant)

Car alors il ne s’agit plus ici de révolution, ce mot cadavre, mais de cette “métamorphose” que Morin appelle de ses voeux. Et en effet, Tomás, el camino se hace al andar !

Alors encore un effort pour être “ radicalement irrespectueux ”. Encore quelques pas pour ranger définitivement le cadavre “anarchisme” dans l’urne où l’attend le cadavre “révolution”. Nous en reparlerons à notre prochaine rencontre... dans quarante ans. Vale.

Aller plus loin
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  • 88 réactions
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  • Hulk
    Hulk répond à alangaja
    Gros con de droite
    • Posté à 20h26 le 08/06/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    « ton individu souverain est un salopard capitaliste asocial, et non un anarchiste. »

    Si. C’est un anarchiste libertarien tendance Friedman.

    • alangaja
      alangaja répond à Hulk
      éthiopique
      • Posté à 12h27 le 09/06/2010
      • Internaute 93690
        éthiopique

      « anarchiste libertarien »
      ça ne veut rien dire.
      l’anarchisme est anticapitaliste.
      si vous ne daignez même pas lire un dictionnaire (ou si vous donnez aux mots le sens qui vous plaît), je ne vois pas la peine de discuter.

      • Hulk
        Hulk répond à alangaja
        Gros con de droite
        • Posté à 12h51 le 09/06/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        L’anarchiste n’est pas forcément anti-capitaliste. De nombreux courants libertariens sont à la fois capitalistes, en faveur de la propriété privée, et anarchistes.

        Mais si pour vous, anarchiste c’est une vague notion poético-romantique extrême-gauchiste, alors je vous renvoie aux pages politiques de votre journal de Mickey préféré pour approfondir vos connaissances, cher ignare.

        • alangaja
          alangaja répond à Hulk
          éthiopique
          • Posté à 13h12 le 09/06/2010
          • Internaute 93690
            éthiopique

          je me fous des « libertariens », on parle d’anarchie sur ce fil.
          tu connais wikipédia ? ? ? ?

          Lien

          • Hulk
            Hulk répond à alangaja
            Gros con de droite
            • Posté à 13h34 le 09/06/2010
            • Internaute 108405
              Gros con de droite

            Ce lien confirme mes dires. Il est même question d’anarcho-capitalisme ! ! !

            Vous auriez dû le lire avant de le poster, ça vous aurait évité le ridicule.

            • alangaja
              alangaja répond à Hulk
              éthiopique
              • Posté à 14h13 le 09/06/2010
              • Internaute 93690
                éthiopique

              en effet, je n’avais pas vu que wiki évoquait les courants individualistes. ils n’ont rien d’anarchiste selon moi, ils vivent dans la contradiction totale (anarchisme chrétien, je pouffe).
              si vous lisez « le fascisme » italien de Milza, vous verrez que le tout premier programme fasciste de Mussolini a des accents anarchistes. mais avec un peu de jugeotte, en considérant ce qui relève des simples slogans, en jugeant les changements sociaux prônés, on comprend qu’il n’a rien d’anarchiste.
              la section « courant socialiste » dans wiki est la seule qui intéresse vraiment notre sujet (c’est par ailleurs celle qui resitue l’anarchisme dans l’histoire des mouvements sociaux et leurs courants de pensée).

              • Hulk
                Hulk répond à alangaja
                Gros con de droite
                • Posté à 14h19 le 09/06/2010
                • Internaute 108405
                  Gros con de droite

                Décidément, vous ne vous reposez jamais vous.

                La notion d’anarchiste chrétien vous fait pouffer comme ça. Mais avez-vous lu les évangiles ? Manifestement non, sinon vous auriez constaté que Jésus est un authentique anarchiste, et vous ne diriez pas des sottises pareilles.

                Maintenant, si vous voulez refonder les sciences politiques à vous tout seul, afin de pouvoir pouffer à votre aise, ne vous gênez pas. Mais ne vous étonnez pas si vous avez du mal à échanger sur ce sujet.

                PS : si vous vous référez systématiquement à wikipedia sur ce sujet, j’en déduis que vous n’êtes en rien un spécialiste de l’anarchie et que vous vous contenez d’en avoir une vague idée romantique non étayée.

                • alangaja
                  alangaja répond à Hulk
                  éthiopique
                  • Posté à 17h24 le 09/06/2010
                  • Internaute 93690
                    éthiopique

                  j’ai pris wiki comme point de départ basique.
                  j’aurais pu m’appuyer Guérin, Papaioannou, Ferro, les révolutions du mexique de Nunes, Reich, Paris libre 1871 de Rougerie pour ne citer que des bouquins pris dans ma bibliothèques. ils ne sont pas tous anars mais permettent, via les recherches historiques ou sociologiques, voire psychologiques (Reich) de se donner une idée de l’anarchisme.

                  rien à voir avec le romantisme.
                  depuis le temps que vous m’accusez d’ignorance, il serait temps que vous citiez vos propres références.

                  « avez-vous lu les évangiles ? »
                  l’ancien comme le nouveau testament...

                  « Jésus est un authentique anarchiste »
                  c’est ce qu’on dit à droite, en effet... vous auriez pu mentionner Karl Zéro qui se dit « anar de droite », mais bon...

                  edit : on peut aussi lire l’Etat et la révolution de Lénine qui tente d’amadouer les anars, lire aussi la critique de la révolution russe par Rosa Luxembourg, etc...

              • Hemenate
                Hemenate répond à alangaja
                • Posté à 14h44 le 09/06/2010
                • Internaute 856

                Que seul le courant socialiste vous intérèsse, grand bien vous fasse.

                Cela ne change rien au fait que l’anarchisme est un système qui se fonde simplement sur « la négation du principe d’autorité dans l’organisation sociale et le refus de toutes contraintes découlant des institutions basées sur ce principe ».

                Ensuite, au sein de ce système, chacun s’organise comme bon lui semble. Capitalisme ou collectivisme, c’est selon les goûts, mais chacun fait ce qu’il veut.

                L’anarchisme n’implique absolument pas une organisation socialiste. Considérer le contraire montre très bien la propension totalitaire des théories anarchistes : Prôner la liberté, mais seulement à condition de l’utiliser conformément aux attentes...

                Bref, vous tenez exactement le même type de discours que ceux qui affirment que la démocratie implique nécessairement le capitalisme néo-libéral.

        • Éric  Perrin
          Éric Perrin répond à Hulk
          Ginkonaute
          • Posté à 13h20 le 09/06/2010
          • Internaute 51185
            Ginkonaute

          Un anarchiste capitaliste ? ...pourquoi pas au fond...

          Les chinois on bien inventé le communisme de marché, alors...

          Mais un libertarien et un anarchiste ce n’est absolument pas la même chose.

          Il faut appeler un chat un chat...

          • Hulk
            Hulk répond à Éric Perrin
            Gros con de droite
            • Posté à 13h35 le 09/06/2010
            • Internaute 108405
              Gros con de droite

            Ça dépend quel libertarien : il y a autant de sortes de libertariens que d’écologistes, au moins !

  • Hemenate
    Hemenate répond à alangaja
    • Posté à 10h58 le 09/06/2010
    • Internaute 856

    1°) « “ou de la nation” me fait déjà bien rire, mais passons... »

    Faites donc, il n’en demeure pas moins que la nuance entre souveraineté nationale et souveraineté populaire est une distinction fondamentale du droit constitutionnel.

    2°) L’individu dans un système anarchiste est absolument libre de faire tout et n’importe quoi, puisqu’il est libre de refuser le contrat social. Et surtout du fait que le principe même de contrainte sur l’individu est considéré comme illégitime.

    3°) « ton individu souverain est un salopard capitaliste asocial, et non un anarchiste. »

    Salopard capitaliste asocial si vous voulez, cela ne l’empêche pas d’être anarchiste, bien au contraire.
    Dans le genre vous pouvez lire « Les limites de la liberté : Entre l’anarchie et le Léviathan » de James Buchanan.

    Votre réplique est néanmoins significative car, comme souvent, vous tentez paradoxalement de plaquer un dogme politique unique sur l’anarchisme, qui n’est qu’un système reposant sur la sacralisation de l’individu et le refus de la contrainte institutionnelle ; c’est tout.

    Ce qui démontre bien que l’anarchisme est le plus souvent le faux-nez de doctrines totalitaires, puisque la plupart des anarchistes revendiquent la liberté totale mais à condition qu’elle soit utilisée comme bon leur semble.

    «  »

  • nanabel
    nanabel répond à Hemenate
    1ère version
    • Posté à 14h29 le 08/06/2010
    • Internaute 97292
      1ère version

    Vous donnez la définition du chaos qui est le contraire de l’anarchie.

    Si c’est le terme qui vous fait peur, remplacer anarchie par démocratie directe ou semi-directe.

    La démocratie semi-directe n’est pas une utopie. Ce système politique existe actuellement. La Suisse en est un exemple et vous conviendrez que les suisses sont loin d’être des barbares sanguinaires.

    On pourrait très bien imaginer un système similaire en France où une partie du parlement serait élue et l’autre partie serait tirée au sort sur une liste de volontaires. Chaque citoyen pourrait alors participer à la gestion du pays et pourrait voter, au même titre que les élus. Les propositions de loi importantes (celles qui changent la société) pourraient être soumises au référendum populaire.

    C’est ce type de régime que souhaitent les anars. Vous voyez pas de jungle mais au contraire une organisation basée sur la démocratie de la Grèce antique (1ère république démocratique de l’histoire)

     
    • Hemenate
      Hemenate répond à nanabel
      • Posté à 15h34 le 08/06/2010
      • Internaute 856

      L’anarchie n’a rien à voir avec la démocratie, qu’elle soit directe ou pas.

      L’anarchisme est fondé sur le refus de l’autorité, il prône le primat de l’autonomie individuelle sur l’orthodoxie majoritaire, il sacralise la liberté individuelle et ne reconnaît pas à la collectivité la légitimité d’imposer quoi que ce soit à l’individu.

      Ce qui est l’exact contraire de la démocratie, qui suppose que la décision majoritaire s’impose à tout le monde, d’accord ou pas d’accord.

      La démocratie suppose la souveraineté du peuple (ou de la nation).
      L’anarchie suppose la souveraineté de l’individu.

      D’un point de vue systémique, l’anarchie c’est bien la loi de la jungle.
      L’anarchie ne supporte aucune règle coercitive : les individus sont donc bien livrés aux rapports de forces matériels.

      • alangaja
        alangaja répond à Hemenate
        éthiopique
        • Posté à 17h25 le 08/06/2010
        • Internaute 93690
          éthiopique

        lis de livres sur le sujet, et arrête de débiter des salades et des incohérences.
        arrête avec la loi de la jungle, tu ne sais même pas ce que cela veut dire, et tu ne comprends pas ce que l’expression a d’ambigu et d’inaproprié dans ce débat.
        fin de la discussion pour moi.

      • pier31
        pier31 répond à Hemenate
        reprendre la main
        • Posté à 19h06 le 08/06/2010
        • Internaute 64394
          reprendre la main

        L’anarchie n’est pas la loi de la jungle, l’ordre naît de la liberté, tandis que ce sont les pouvoirs qui engendrent le désordre.

      • nanabel
        nanabel répond à Hemenate
        1ère version
        • Posté à 08h12 le 09/06/2010
        • Internaute 97292
          1ère version

        Je n’ai rien à vous apprendre que vous savez déjà, je ne cherche pas à vous vendre quoi que ce soit ne critique nullement vos points de vue. La constitution française de 1789 inscrit les fondements de ce que doit être notre démocratie : « la démocratie est le pouvoir du peuple. Le gouvernement est élu par le peuple pour le peuple. »

        C’est beau, hein ? Ça en jette ! On y croirait. En réalité notre démocratie c’est plutôt ça :

        La République , appelée démocratie parlementaire, où démocratie représentative est construite sur l’exacte structure des monarchies. Il faut rappeler que les assemblées de représentants aux pouvoirs dès les XIIe et XIIIe, ont vu le jour sous un certain nombre de monarchies d’Europe. L’aristocratie que l’idéologie des lumières par l’ensemble de ses textes à critiqué se retrouve être la base du nouveau système dit démocratique.

        Le vote n’est pas un moyen pour le citoyen d’exprimer son choix, son droit de vote n’a pas la valeur d’une consultation par référendum, le vote est restreint, seules les parties majoritaires arrivent au pouvoir parce qu’ils sont majoritaires. L’idéologie étant l’instrument de pouvoir sur le peuple, le vote n’est alors qu’un prolongement d’un combat idéologique entre deux pensées de groupe.

        Dans notre démocratie, le peuple, ne doit surtout pas comprendre ni contredire le système économique en place, l’économique et le politique sont séparés, la politique est subordonnée à l’économique, même si cela pourrait être le plus gros affluent d’injustice, le statu quo économique doit survivre à toute décision ou remise en cause partielle ou totale.

        Est-il légitime d’utiliser le marketing de la peur, pour ensuite promettre la sécurité et avoir un discours sécuritaire pour obtenir des voix et être élu ? Ceci constitue une instrumentalisation des sentiments de la population, on peut remarquer cette idéologie dans bon nombre d’États totalitaristes ou autoritaristes.

        Dans les démocraties représentatives, le principe même de l’élection incite à la démagogie et fausse le jeu démocratique tout en donnant un pouvoir considérable aux médias de masse.

        • Hemenate
          Hemenate répond à nanabel
          • Posté à 10h39 le 09/06/2010
          • Internaute 856

          Mais je comprends tout à fait la critique de la démocratie représentative.

          Il n’en demeure pas moins que la démocratie directe n’a absolument aucun rapport avec l’anarchisme.

          « Dans notre démocratie, le peuple, ne doit surtout pas comprendre ni contredire le système économique en place »

          En France le peuple dispose actuellement de tous les moyens nécessaire pour s’instruire et s’informer, s’il s’en donne la peine.
          Je ne vois pas ce que l’instauration d’une démocratie directe changerait sur ce point.

          « Est-il légitime d’utiliser le marketing de la peur, pour ensuite promettre la sécurité et avoir un discours sécuritaire pour obtenir des voix et être élu ? »

          Tout à fait d’accord avec vous, nous sommes malheureusement dans une société qui privilégie l’émotion à la raison, la réaction à la réflexion.

          Mais cela n’est pas propre à l’Etat, la plupart des associations fonctionnent sur le même mode : l’UNEF qui interrompt Pécresse en caleçons, Greenpeace et son dernier « flashmob », etc...
          (Lien).

          Et dans ce sens on trouve toujours de nombreuses personnes pour en défendre le principe, au seul motif qu’il faut « faire réagir ».

          Les commentaires de Rue89 sont également un bon exemple de cet état de fait : Les adjectifs « nauséabond », « indigne », ou « indécent » faisant souvent offices d’argumentations.

          Bref, rien n’est simple, on est pas dans la caricature du peuple vertueux contre l’Etat manipulateur.
          Donc, ici aussi, je ne vois pas ce que la démocratie directe changerait au problème ; bien au contraire.

          • nanabel
            nanabel répond à Hemenate
            1ère version
            • Posté à 10h53 le 09/06/2010
            • Internaute 97292
              1ère version

            « Donc, ici aussi, je ne vois pas ce que la démocratie directe changerait au problème ; bien au contraire. “

            Pour le savoir il faudrait essayer. Je pense que tout système démocratique devrait être tenté. Qu’avons-nous à perdre ? Rien est immuable en politique tant que l’on conserve notre libre arbitre.

            Je ne pense pas que les français sont prêts pour une démocratie directe, cela supposerait une autre méthode éducative et il faudrait probablement plusieurs générations pour arriver à une autonomie citoyenne de la population. Mais je pense que l’on pourrait trouver un compromis en optant pour une démocratie semi-directe, se serait déjà un bon début vers l’autonomie.

            • Hemenate
              Hemenate répond à nanabel
              • Posté à 11h10 le 09/06/2010
              • Internaute 856

              « Pour le savoir il faudrait essayer. »

              C’est un argument un peu faible, je pense que vous en conviendrez.

              Mon opinion est tout à fait inverse : je pense que c’est au contraire l’évolution des gens (degré d’instruction) qui pourrait être la condition sine qua non d’une évolution vers une démocratie plus directe.
              Et actuellement cela n’en prend pas vraiment le chemin, et ce indépendamment d’un quelconque gouvernement.

              Décréter un changement de système pour faire changer les gens est une réthorique des plus dangereuse, c’est la matrice de tous les totalitarismes.

              • nanabel
                nanabel répond à Hemenate
                1ère version
                • Posté à 11h36 le 09/06/2010
                • Internaute 97292
                  1ère version

                « Décréter un changement de système pour faire changer les gens est une réthorique des plus dangereuse, c’est la matrice de tous les totalitarismes. “

                Si nos aïeux avaient pensé comme vous, on serait toujours sous le joug du droit divin de l’ancien régime.

                • Hemenate
                  Hemenate répond à nanabel
                  • Posté à 11h58 le 09/06/2010
                  • Internaute 856

                  Je ne vois pas bien le rapport, nous sommes actuellement dans un régime démocratique dans lequel on considère que les gens ont un minimum leur mot à dire. Décider à leur place un changement de système en se disant que ça les fera changer, c’est bien le principe premier du totalitarisme.

                  D’autre part, la Révolution française à bien installé un régime totalitaire.

    • pier31
      pier31 répond à nanabel
      reprendre la main
      • Posté à 18h52 le 08/06/2010
      • Internaute 64394
        reprendre la main

      Je vous conseille (de nouveau) un livre qui traite avantageusement du sujet dont vous parlez :

      Alternative démocratique de Serge Rochain

      Lien

    10 autres commentaires
  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 15h16 le 08/06/2010
    • Internaute 25491
      difficile

    La plupart des « anarchistes » autoproclamés n’ont jamais lu une ligne de Proudhon ni de Coeurderoy, encore moins de Bakounine ou Stirner, ni du désopilant Reclus.

    C’est juste une posture commode, qui attire la sympathie, qui évite de s’engager franchement, et qui donne aussi une sorte de droit à l’incohérence et à la contradiction.

    D’où la longue théorie des imbéciles qui se disent « vaguement » ou « un peu » anarchistes...

    Cache-misère de la pauvreté intellectuelle et de l’absence de réflexion.

    • pier31
      pier31 répond à Bardamu
      reprendre la main
      • Posté à 18h57 le 08/06/2010
      • Internaute 64394
        reprendre la main

      Le poète Armand Robin (1912-1961) définit « l’anarchiste » comme celui qui est « purifié volontairement, par une révolution intérieure, de toute pensée et de tout comportement pouvant d’une façon quelconque impliquer domination sur d’autres consciences ».

      Si vous avez un quelconque problème intellectuel ou de réflexion pour comprendre cette définition les imbéciles sont à votre disposition pour des explications.
      En vous souhaitant bonne continuation dans vos « francs engagements ».

      • Bardamu
        Bardamu répond à pier31
        difficile
        • Posté à 10h04 le 09/06/2010
        • Internaute 25491
          difficile

        C’est une définition d’une telle généralité qu’elle ne définit pas grand chose.

        A la limite, elle est autophagique, elle se détruit elle-même : le fait même de définir l’anarchie, n’est-ce pas une violence intolérable que vous faites subir à ma conscience, si j’ai une autre définition de l’anarchie ?

        Notons d’ailleurs que cette « révolution intérieure » ce statut de « purifié » a de furieux relents de sacristie... ca relève de l’« exercice spirituel » plutôt que de la pensée politique !

        Une fois de plus, il s’agit simplement de valeurs chrétiennes recyclées, comme le socialisme n’est guère que du christianisme à peine laïcisé...

      • alangaja
        alangaja répond à pier31
        éthiopique
        • Posté à 12h41 le 09/06/2010
        • Internaute 93690
          éthiopique

        n’importe quoi ! entre ceux sur ce fil qui confondent anarchisme et ultralibéralisme et votre définition qui tend vers le mysticisme, la discussion tourne au jus de boudin.

         
        • pier31
          pier31 répond à alangaja
          reprendre la main
          • Posté à 21h02 le 10/06/2010
          • Internaute 64394
            reprendre la main

          Il vaut mieux tendre vers le mysticisme que vers l’ultra radicalisme car le jus de boudin pourrait couler à flot !

        1 autres commentaires
    • framboise92
      framboise92 répond à Bardamu
      essayons pour voir.
      • Posté à 20h29 le 08/06/2010
      • Internaute 24519
        essayons pour voir.

      vaut mieux se dire « anarchiste » que zyste ou autre, tout de même.
      m’enfin, quoi.
      Un UMPiste ne se dit jamais anarchiste ou ça se saurait. Pareil pour un social démocrate, d’ailleurs, ça fait désordre !
      Pourtant le désordre n’est pas forcément hors de la bienséance. Elle s’assoit sur des bases intègres et réfléchies et doit faire face à une foule de répressions ; Elle est courageuse !

      Tiens sujet du bac qu’il serait bien !

      • framboise92
        framboise92 répond à framboise92
        essayons pour voir.
        • Posté à 20h29 le 08/06/2010
        • Internaute 24519
          essayons pour voir.

        En mieux formulé.....à tête reposée !

         
        • framboise92
          framboise92 répond à framboise92
          essayons pour voir.
          • Posté à 20h41 le 08/06/2010
          • Internaute 24519
            essayons pour voir.

          Le plus grand anarchiste au sens négatif, c’est le petit, Il a foutu sa M. dans sa grande famille.
          Quel désordre !

        1 autres commentaires
      • Bardamu
        Bardamu répond à framboise92
        difficile
        • Posté à 08h51 le 09/06/2010
        • Internaute 25491
          difficile

        Le problème, c’est que se dire anarchiste, la plupart du temps, est une solution de facilité, une façon de se dispenser d’argumenter ou d’accepter l’épreuve du réel.

        On peut dire de l’anarchisme ce que Péguy disait du kantisme : il a les mains pures, mais il n’a pas de mains.

         
        • framboise92
          framboise92 répond à Bardamu
          essayons pour voir.
          • Posté à 17h36 le 09/06/2010
          • Internaute 24519
            essayons pour voir.

          Belle référence, Bardamu !

        1 autres commentaires
  • Jacques Bolo
    Jacques Bolo
    Auteur-Editeur-Libraire
    • Posté à 13h16 le 08/06/2010
    • Internaute 37329
      Auteur-Editeur-Libraire

    L’anarchie, c’est Internet.

    Vive l’anarchie ! Vive Internet !

    • Bardamu
      Bardamu répond à Jacques Bolo
      difficile
      • Posté à 13h45 le 08/06/2010
      • Internaute 25491
        difficile

      Farpaitement !

      L’anarchet, c’est l’Internie !

      Burp.

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