Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Qu'est-ce qui se cache derrière « la réussite de tous les élèves » ?

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 28/06/2010 à 19h13

Les vacances, les grandes, sont là ou presque, comme une immense plage à perte de vue. Alors quoi de neuf en cette fin d’année scolaire ?


Rapport 2010 de la Cour des comptes sur l’Education nationale.

Rien, est-on tenté de dire. L’école va son train, son train-train d’inégalités et d’injustices produites et subies. Inutiles de donner trop de chiffres, ils sont partout et peinent à rendre compte de l’essentiel, de la souffrance d’enfants mais aussi d’adultes.

Simplement ceux-ci pris dans le dernier rapport de la Cour des comptes pour nous rafraîchir la mémoire. (Télécharger le rapport)

  • la France est le pays où le retard scolaire à 15 ans est le plus élevé de tous les pays de l’OCDE,
  • l’impact de l’origine sociale est le plus élevé,
  • l’inégalité des résultats s’est le plus accrue entre 2000 et 2006,
  • elle est l’un des pays de l’OCDE où le primaire reçoit moins de financement public par rapport au lycée...

Et pourquoi tout ça ? Parce que simplement, reconnaît la Cour des comptes, le modèle sur lequel fonctionne le système éducatif français est toujours celui de la période où seule une minorité d’une classe d’âge (-20% en 1970) suivait tout le parcours et obtenait son bac (p. 166). Ce que, soit dit en passant, ne cessent de répéter nombre de sociologues et de pédagogues -j’aime toujours autant ce mot- depuis trente ans.

A propos de modèles, justement, ce rapport précise fort à propos « que les pays de l’OCDE qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux où il y a le moins d’heures de cours » (p.170) ce qui ne manquera pas d’alimenter la réflexion de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires dont Luc Chatel a installé le comité de pilotage le 7 juin.

Réflexion assurément approfondie puisqu’elle va s’étendre jusqu’en mai-juin 2011 et tiendra compte, à n’en pas douter, de préconisations telles que celles du chronobiologiste Yvan Touitou affirmant dans Le Monde daté du 12 mai 2010 :

« Occupons-nous enfin de la journée de l’école ! Aujourd’hui, elle est délirante. De six heures, il faudrait passer à quatre heures voire cinq heures maximum. »

A n’en pas douter également cette conférence ne se préoccupera que de l’intérêt des enfants et nullement de celui des groupes de pression de l’industrie du tourisme.

« La réussite de tous les élèves [...] une priorité reconnue »

Mais tout ça pourquoi ? Parce que, nous apprend la Cour des comptes, « l’objectif de la réussite de tous les élèves est désormais une priorité reconnue », raison pour laquelle elle a intitulé son rapport « L’Education nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves ». Soit. Louable intention. Qui, cependant, ne va pas sans soulever de redoutables questions.

Celle, en premier lieu, de la notion, pour ne pas dire concept, de réussite. N’est-il pas curieux que, posant la réussite comme objectif, les rédacteurs du rapport ne s’interrogent pas, ne « problématisent » pas une notion qui ne va tout de même pas de soi. A moins qu’ils ne considèrent avoir épuisé le sujet en estimant que la réussite consisterait « à mener quatre élèves sur cinq au niveau du bac », bacs pros inclus -ce qui impliquerait une généralisation de ces derniers.

Mais, il se trouve que le bac pro n’est en réalité pas un bac -ce que je tente de faire entendre depuis fort longtemps- car, comme le souligne le rapport, il ne donne en réalité pas accès à l’enseignement supérieur. En conséquence, il est impossible d’atteindre l’objectif assigné par le sommet de Lisbonne aux pays de l’Union européenne : 50% d’une génération diplômée de l’enseignement supérieur.

L’école doit-elle produire de l’échec ?

Néanmoins, supposons. Imaginons que l’objectif énoncé par l’intitulé, « la réussite de tous les élèves », se trouve miraculeusement atteint.

Cette réussite de chacun et de tous, c’est-à-dire l’obtention d’un diplôme permettant d’accéder à une activité professionnelle dont on a le goût et par ailleurs convenablement rémunérée, ne créerait-elle pas une situation sociale inextricable car, alors, à qui reviendrait d’assumer les activités absolument nécessaires mais dont nul n’a le goût et qui, en outre, sont fort mal rémunérées ?

A moins que l’on ne considère qu’il est des êtres humains destinés de toute éternité à ces tâches ingrates et qu’il y a lieu de rien y changer.

A moins que l’on ne considère, encore, qu’il est une catégorie d’êtres humains, sans doute les 50% de non-diplômés du sommet de Lisbonne, intellectuellement déficients sans doute, pour lesquels la réussite est une catégorie inintelligible.

Bref, nous voici plongés au cœur d’une problématique dont l’issue est dans la négation du vœu posé en postulat : non, tous les élèves ne peuvent pas « réussir ». L’école doit produire de l’échec pour que les tâches sociales les moins convoitées soient assumées.

A moins, enfin, que l’on ne questionne plus sérieusement la notion même de réussite. Ce pourquoi je me tourne vers vous riveraines et riverains -qu’est-ce donc que réussir ? -, non sans avoir proposé de substituer à la notion de « réussite », comme mission de l’école, celle « d’accomplissement » personnel, de manière à ce que l’on cesse de réfléchir en termes « comptables », pour le faire en termes humains.

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  • désinscrit-
    • Posté à 20h58 le 28/06/2010
    • Internaute 736

    réussir ce pourrait être, obtenir le bagage nécessaire pour : s’émanciper, reprendre ou changer de bagage si on le souhaite plus tard.
    Maintenant il faudrait aussi s’interroger il me semble sur la notion d’élève. Il me semble toujours très compliqué de reprendre des études ou de passer du « technique » au « général », etc... pour des raisons de méthode et de structure (entre autre), à mon avis...
    Est ce qu’on n’est condamné à être « élève » tant qu’on n’est pas en état de produire assez ?
    Et condamné à ne plus le redevenir, une fois intégré la vie productive ?

    ça fait des gros devoirs de vacances tout ça ! ! ; -)

  • PoG
    PoG
    Etudiant.
    • Posté à 21h17 le 28/06/2010
    • Internaute 70681
      Etudiant.

    La réussite, ça serait pas que les diplôme délivrés ou non puissent fournir en main d’œuvre un théorique plein emploi ?

  • citoyenne inquiète
    • Posté à 21h27 le 28/06/2010
    • Internaute 38546

    « Réussir », ce sera désormais avoir validé son « livret de compétences » de la maternelle au lycée. Armé de ce sésame, vous pourrez le montrer à votre futur patron et lui prouver que vous êtes « employable », un peu comme vos aïeux au XIXème qui avaient un livret ouvrier.
    Jusqu’à présent l’école républicaine du primaire au secondaire avait pour but de transmettre des connaissances. Ce mot est aujourd’hui banni. Et puis, pour valider des compétences, pas la peine d’avoir des profs formés qui maîtrisent leur discipline et qui ont soif de la faire partager : alors RGPP oblige, on supprime des postes.
    Les compétences sévissent depuis une dizaine d’années en Amérique latine et au Canada avec des conséquences épouvantables, pas grave. L’essentiel est de faire des économies, OCDE, ça veut dire quoi déjà ?
    Alors bien sûr, ça fait des lustres que l’école va mal et qu’elle laisse au bord du chemin bon nombre d’élèves. Mais je ne pense pas que ce qui se met en place aujourd’hui va arranger les choses.
    Petit conseil, si vous avez de jeunes enfants, mettez des sous de côté et préparez-vous à les inscrire dans le privé. L’école des inégalités totales à l’anglaise et à l’américaine est en train de se mettre en place (et moi je pense que je vais bientôt démissionner, alors que j’aime ce métier, allez comprendre).

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 22h33 le 28/06/2010
    • Internaute 93115
      dans sa forêt

    tant qu’il y aura du chômage de masse, il y aura une compétition
    extrême avec pour résultat une école visant à former des gens
    malléables et corvéables à merci et certains qui ne connaitront
    que le Pôle emploi aprés leurs études et on aura pas interet à
    produire des personnes cultivées et critiques qui auront du mal à
    s’insérer dans un monde du travail impitoyable...

    Il n y a pas un problème de l’école, il y a avant tout un problème de société.

    • alexandre libr
      alexandre libr répond à femmedesbois
      'pataphysicien
      • Posté à 00h52 le 29/06/2010
      • Internaute 106514
        'pataphysicien

      Voilà bien l’objectif de l’état via la deseducation nationale.

      le problème est que peut de citoyens sont prêt à accepter de comprendre cette trahison de l’état et d’un très grand nombre des employés de ce système.

      Il faut sortir du système de l’éducation nationale, sortir du système unique et permettre les écoles alternatives encadrées évidement pour éviter les dérives.

  • frdricb59
    • Posté à 23h48 le 28/06/2010
    • Internaute 4524

    Vaste problématique. Je me rappelle que lors de la période Jospin qui avait fixé comme objectif « 80% d’une classe d’âge au niveau du Bac en l’an 2000 », personne à l’époque ne parlait des autres, les 20%.

  • Anarchosaurus
    Anarchosaurus
    râleur à plein temps
    • Posté à 05h45 le 29/06/2010
    • Internaute 9849
      râleur à plein temps

    Le problème, c’est qu’on fonctionne toujours avec le bon vieil élitisme à la française hérité de Bonaparte. L’école de la République où certains sont « plus égaux » que d’autres...

  • damienl
    damienl
    Chercheur
    • Posté à 08h28 le 29/06/2010
    • Expert 101560
      Chercheur

    Comme dans la plupart des articles qui parlent de l’école, j’ai l’impression que beaucoup de commentaires ne sont que raccourcis douteux et slogans idéologiques.

    Premièrement, il faut tout d’abord partir du constat que, en France, l’éducation est essentiellement le fait de l’état, du public. L’enseignement privé, dans ses diverse modalités, ne concerne qu’une minorité d’élèves. On peut bien sûr dire qu’il y a eu de grands changements qui font que, maintenant, le système public est « à la solde du grand capital », etc. mais je pense qu’il s’agit essentiellement d’un phantasme. L’organisation de base de l’enseignement ne me semble pas avoir changé beaucoup.

    De manière plus générale, il faut se méfier des explications mono-causales, surtout lorsque la même cause est utilisée presque partout pour expliquer tous les maux de la société ? C’est plus le signe d’une obsession que la preuve d’une vraie réflexion, surtout lorsqu’aucune comparaison sérieuse n’a été faite. Rien que sur base des informations citées dans l’article, on pourrait par exemple conclure que ce qui cause les inégalités, c’est l’organisation de l’enseignement par l’état (France, USA, UK).

    C’est ici qu’il faut se rendre compte qu’il faut se méfier des raccourcis faciles, d’autant plus que la plupart des gens ne connaissent pas vraiment le fonctionnement des systèmes scolaires étrangers et ne peuvent donc pas vraiment juger des politiques qui marchent ou non. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les pays les plus « capitalistes » (USA et Angleterre) sont aussi ceux où l’état intervient le plus dans le « marché scolaire » (au risque de me faire incendier pour ce terme). Au contraire, c’est en Suède que l’on donne le plus d’autonomie aux écoles avec des chèques-éducation et des « chaines » d’écoles.

    Ensuite, je ne comprends pas cet acharnement contre les compétences. Compétence ne veut pas dire rejet total des connaissances mais acquisition de connaissances qui peuvent ensuite être mises en pratique. Il ne faut pas voir là un complot capitaliste visant à créer le parfait employé mais ce qui devrait relever du bon sens. C’est beaucoup plus motivant d’apprendre quelque chose qui « sert » que de faire du par-coeur en entendant le prof répondre « vous saurez à quoi ça sert plus tard et vous me remercierez ».

    Je pense qu’il existe également un consensus, partagé par les chercheurs de l’OCDE, sur la nécessité d’avoir des professeurs compétents, bien formés et qui sont en mesure de maitriser les élèves. C’est un aspect du métier qui est souvent oublié mais un prof bardé de diplômes incapable de se faire respecter et d’obtenir le silence serait un mauvais prof !

    En un mot comme en cent, méfiance et évitons les simplifications hâtives.

    • A déménagé le 05-02-2012
      A déménagé le 05-02-2012 répond à damienl
      non connue
      • Posté à 09h27 le 29/06/2010
      • Internaute 84960
        non connue

      un prof bardé de diplômes incapable de se faire respecter et d’obtenir le silence serait un mauvais prof !

      Tout est dit, tout le problème est ici, résumé.

    • bleuet1
      bleuet1 répond à damienl
      espère malgré tout
      • Posté à 11h50 le 29/06/2010
      • Internaute 65892
        espère malgré tout

      Vous avez tout à fait raison, j’ai trouvé le raisonnement contre le système fondé sur les compétences biaisé.
      Le système de compétences, depuis que j’enseigne (c’est-à-dire depuis pas longtemps), je n’ai connu que ça, et je n’y trouve que du bon.
      C’est un système qui vise à aider les élèves à se construire des compétences et des outils pour acquérir du savoir. Les regrets que certains peuvent avoir concernant le fonctionnement où le professeur délivre le savoir sont à mon sens passéistes. C’est le système magistral, où le professeur est sur son piédestal et les élèves boivent ses paroles. Dans le système qui se développe, on apprend la véritable place du professeur : dans une relation triangulaire entre l’élève, le savoir et le professeur. Le professeur le savoir, mais il n’est pas là pour le verser prémâché dans le bec de l’élève. Il doit amener l’élève vers la découverte du savoir par lui-même.

      Le système fondé sur les compétences est le seul viable le penser. C’est d’ailleurs comme cela qu’on peut aider les élèves à développer une esprit critique, un esprit d’analyse. J’ai vu l’extrême inverse en Irlande (où j’ai enseigné) : les élèves font énormément de par cœur, et au final on les aide bien mal à développer cet esprit critique (je ne suis pas en train de condamner le par cœur en bloc, je condamne son excès).

      Je crois que je peux parler en connaissance de cause car j’enseigne une langue étrangère, et c’est particulièrement dans ce domaine que l’enseignement a le plus évolué ces derniers temps, en raison d’une harmonisation européenne (le fameux Cadre Européen Commun de Références pour les Langues). Nous avons l’habitude de travailler ainsi (du moins pour ceux qui ont le courage de s’y mettre vraiment), et ça fonctionne mieux ! J’ai de jeunes collègues qui enseignent l’anglais comme moi, en n’appliquant que cette méthode (qu’on appelle l’approche actionnelle, pour parler jargon), et leurs élèves accrochent bien !

      • citoyenne inquiète
        • Posté à 14h34 le 29/06/2010
        • Internaute 38546

        Un prof est censé faire preuve d’esprit critique et élargir son champ de réflexion (du moins je l’espère), alors un conseil de lecture pour les vacances : A l’école des compétences, De l’éducation à la fabrique de l’élève performant, d’Angélique del Rey. Cette prof de philo montre ce que donnent ces fameuses compétences dans les pays qui les utilisent depuis plus de 10 ans.

        De plus, le mot « compétences » est un mot utilisé dans les entreprises et très prisé du Medef. Pour moi, l’école doit être un lieu de « connaissances », ce n’est pas une entreprise.

         
        • bleuet1
          bleuet1 répond à citoyenne inquiète
          espère malgré tout
          • Posté à 17h01 le 29/06/2010
          • Internaute 65892
            espère malgré tout

          Ce n’est pas parce que le medef l’emploie qu’il est nécessairement mauvais !
          J’expliquais d’ailleurs justement que les compétences SERVENT à acquérir des connaissances, et en allant au-delà, les connaissances servent à acquérir des outils, des savoir-faire, des savoir-être. La connaissance n’est pour moi pas seulement un but en soi. Si on amasse la connaissance sans savoir l’atteindre et l’utiliser, ça ne sert à rien. Les compétences servent à ça.

          • citoyenne inquiète
            • Posté à 19h08 le 29/06/2010
            • Internaute 38546

            Vous oubliez toute la première partie de mon message. Profitez de notre « temps autonome » (qu’on n’a plus pour longtemps) : lisez ce livre et on en reparlera après.

          • lally
            lally répond à bleuet1
            professeur
            • Posté à 21h47 le 29/06/2010
            • Expert 51226
              professeur

            C’est la connaissance d’un problème qui permet d’avoir les compétences pour le résoudre. Et non l’inverse.
            Sans connaissance, pas de conscience ni d’esprit critique ni de compétences. Remplacer les connaissances par les compétences revient à nier l’éducation et toute notion d’autonomie.
            Mais nier l’éducation scolaire liée aux connaissances, c’est obtenir des robots soumis et sans culture, incapables de se conduire autrement qu’en moutons.
            Ce que fait la télévision (du moins une bonne partie des programmes télé commerciale) mais aussi ce que cherchent nombre d’entreprises afin de payer les gens le moins possible tout en faisant les plus grands profits.

        • lancetre
          • Posté à 23h36 le 29/06/2010
          • Internaute 18658

          Excellent ouvrage, dont je recommande à mon tour la lecture.

          On remarquera que les thuriféraires des « compétences » sont généralement incapables d’expliquer clairement leurs objectifs.

          Pourquoi remplacer la transmission des savoirs par les compétences ?

          ils bafouillent, s’emmêlent, renvoient à des expériences étrangères, dont on découvre généralement, lorsqu’on se documente un peu, qu’elles ont été abandonnées ou sont en voie de l’être...

          Cette incapacité à expliquer où l’on veut aller (ou ce refus de l’expliquer ?) est éminemment suspecte.

          • bleuet1
            bleuet1 répond à lancetre
            espère malgré tout
            • Posté à 09h59 le 30/06/2010
            • Internaute 65892
              espère malgré tout

            La théorie ne remplace pas l’expérience. Ce n’est pas en se plongeant dans les bouquins qu’on apprend l’efficacité d’une méthode.

            Je n’ai pas expérimenté le système de compétences en Irlande, j’ai justement expérimenté son contraire, et c’était nullissime.

            Merci de dire que je m’emmêle, que je bafouille, que je n’y connais rien. J’ai ma conscience professionnelle pour moi, je sais très bien où je vais.

            Je suis en train de valider un master 2 éducation et formation spécialité adolescence, composé d’enseignements pointus et de formations telles qu’apprendre à prendre en mains le socle commun de compétences, ou bien le CECRL. Alors merci, mais je sais parfaitement de quoi il s’agit, et j’y souscris vivement.

            Je n’ai d’ailleurs jamais dit que les compétences devaient remplacer la connaissance. Il s’agit d’un cercle vertueux où l’un mène à l’autre, et vice-versa.

            Lorsque je préparais le CAPES pour la première fois à l’université, nos formateurs nous avaient prévenu qu’on était en train de sacrifier une génération d’élèves à cause de la transition vers une conception différente de l’enseignement. Ils savaient bien que les professeurs déjà en poste depuis plus déjà quelques années auraient du mal à faire la transition car ils auraient des difficultés à renoncer à une partie de leur façon de faire et à se tourner vers d’autres méthodes. Sachant que ma prof de didactique était elle-même en poste en établissement (donc encore en prise avec la réalité du terrain), elle était elle-même tout à fait convaincue par les nouvelles dispositions héritées de l’harmonisation européenne, qui date d’ailleurs du début des années 2000 ! (CECRL 2001)

            • lancetre
              lancetre répond à bleuet1
              • Posté à 13h01 le 30/06/2010
              • Internaute 18658

              « apprendre à prendre en mains le socle commun de compétences » : : -)))))

              « les professeurs déjà en poste depuis plus déjà quelques années “ : ? ? ? ?

              Nous n’avons aucune difficulté à renoncer à une partie de notre façon de faire.

              Nous refusons catégoriquement de renoncer à transmettre des savoirs pour nous mettre au service de la ‘concurrence libre et non faussée’.

              Nous sommes des RESISTANTS !

              REFERENDUM SUR LE TRAITE DE LISBONNE ! ! !

              A BAS L’EUROCRATIE ! ! !

        6 autres commentaires
      • femmedesbois
        femmedesbois répond à bleuet1
        dans sa forêt
        • Posté à 22h18 le 29/06/2010
        • Internaute 93115
          dans sa forêt

        « en Irlande, les élèves font énormément de par coeur »
        donc une école du type « Entre les Murs » n’existent pas là-bas ( ?)
        si c’est le cas, les veinards....

        Lien

      • lancetre
        lancetre répond à bleuet1
        • Posté à 23h31 le 29/06/2010
        • Internaute 18658

        « le système fondé sur les compétences est le seul viable le penser » : Ce qui signifie, à l’usage des passéistes qui ne comprennent que les phrases structurées ?

        Je vois que quelqu’un m’a précédé, mais je vous recommande à mon tour l’ouvrage d’Angélique del Rey.

    • Hatamoto
      Hatamoto répond à damienl
      Vendeur de temps de cerveau (...)
      • Posté à 11h56 le 29/06/2010
      • Internaute 29766
        Vendeur de temps de cerveau (...)

      Aux EUA, RU et en France, c’est peut être l’état qui gère l’éducation nationale, mais c’est clairement l’école privé qui plombe l’accès à une école de qualité pour la majorité de la population.
      En effet, les école privées touchent presque les mêmes financements de la part de l’état, avec en plus le financement des parents et des associations cultuelles.
      Quant à ce « Complot capitaliste » qui voudrai corrompre l’école, j’aimerai rappeler que l’OMC et l’UE prévoient une « ouverture du marché de l’éducation » à la concurrence ...
      Ce qui manque à l’école, c’est des moyens, et méthodes adaptés au 21ème siècle, et des profs adaptés aux enfants du 21ème siècle ...

    • citoyenne inquiète
      • Posté à 14h22 le 29/06/2010
      • Internaute 38546

      Pour informations, voilà un extrait d’un rapport de l’OCDE datant de 1996, de Christian Morrisson, intitulé « La faisabilité politique de l’ajustement ». Je cite, libre à vous de le lire entièrement, on le trouve partout : « Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne comportent pas de risques politiques. Si on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles et aux universités, mais il serait dangereux de réduire le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement (...). »
      Que dire de plus : on est en plein dedans.

      • lally
        lally répond à citoyenne inquiète
        professeur
        • Posté à 22h13 le 29/06/2010
        • Expert 51226
          professeur

        J’avais eu également cette info et elle illustre bien les manoeuvres de l’OCDE pour déséduquer les masses, de façon à soumettre encore plus les gens aux entreprises, retourner à la féodalité d’autrefois. On voit ce que cela donne aux US : des résultats catastrophiques.
        Et la récupération du privé par des factions religieuses intégristes, participe aussi à la déséducation des populations. Car il est mal d’éduquer les enfants à la biologie, à la sexualité, à tout ce qui touche à la liberté, à une vision laïque, à une critique des religions, à l’Histoire dès lors qu’elle parle de résistance au fascisme...La connaissance fait peur parce qu’elle rend libre. Et la connaissance fait encore plus peur lorsqu’elle est détenue par les femmes car alors celles-ci peuvent s’émanciper. Et beaucoup de pouvoirs conservateurs masculins voient en l’éducation des femmes un danger pour leur soif de pouvoir et d’emprise. D’où ces directives...

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h44 le 29/06/2010
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Qu’est-ce qui se cache derrière « la réussite de tous les élèves » ?

    vas savoir , pasque plus d’un qui c entendu dire par son instit
    toi tu finiras ,comme un voyou,et plus d’un est devenus chef d’entreprises ,d’autres on bien réussis dans la vie

    et j’en connait un paquet

    leur réussite ne vient pas de l’enseignement ,mais alors d’où vient leur réussite ?

    perso j’ai la réponse, a vous asteur

    • A déménagé le 05-02-2012
      A déménagé le 05-02-2012 répond à jmc06
      non connue
      • Posté à 09h23 le 29/06/2010
      • Internaute 84960
        non connue

      tu finiras ,comme un voyou,et plus d’un est devenus chef d’entreprises

      Ce n’est pas incompatible.....

      Par ailleurs, vous confondez réussir sa vie et réussir dans la vie...

      Là, les deux ensembles sont incompatibles au vu du sens que vous donnez à la réussite.

      • jmc06
        jmc06 répond à A déménagé le 05-02-2012
        chasseur de gorille
        • Posté à 10h26 le 29/06/2010
        • Internaute 75030
          chasseur de gorille

        réussir sa vie ça n’existe pas, réussir dans la vie là ,oui

         
        • A déménagé le 05-02-2012
          A déménagé le 05-02-2012 répond à jmc06
          non connue
          • Posté à 14h02 le 29/06/2010
          • Internaute 84960
            non connue

          Votre certitude n’est que l’aveu d’un échec.

          Je compatis.

          • jmc06
            jmc06 répond à A déménagé le 05-02-2012
            chasseur de gorille
            • Posté à 15h54 le 29/06/2010
            • Internaute 75030
              chasseur de gorille

            un echec pareil j’en redemande,fin pour ceux qui vont débuter

            pasque l’jmc, asteur sa principale activité c’est de s’épiler les orteils

            grace à qui ? hein a qui ? ben à mon echec tins

        2 autres commentaires
  • Rivendell
    Rivendell
    Suppot de satan
    • Posté à 09h32 le 29/06/2010
    • Internaute 102483
      Suppot de satan

    Et si (oh mon dieu), la réussite des élèves ne devait pas uniquement dépendre de l’école ?

    Je m’explique. Aujourd’hui en France, il n’y a quasiment pas de plan de carrière. Tu sors de ton école à 16, 18, 20, 22 ans, tu est fait pour avoir un poste, duquel tu ne bougeras pas (ou si peu) pendant 42 ans minimum (mais d’ici que t’arrives à la retraite ça sera 55). Professionnellement, ta vie est scéllée à la sortie de tes études, et si tu les as échouées, c’est véritablement un drame pour toi.

    Et si, au lieu de vouloir absolument que plus d’étudiants réussissent leurs études, on se débrouillait pour qu’après il y ai possibilité d’évoluer professionnellement ? pour que le mec qui a échoué ses études puisse avoir une seconde chance ? pour que le mec qui réussissait ses études mais à dû se mettre à bosser puisse tout de même espérer accéder au même job que s’il avait pu continuer ?

  • Erias
    Erias
    Grenoble
    • Posté à 10h06 le 29/06/2010
    • Internaute 78315
      Grenoble

    Il y a quand même dans tout ça une évidence qui passe complètement à la trappe. Dans un monde où tout le monde a des diplômes, les diplômes ne valent rien. Donc on a les grandes écoles où les diplômes ont un sens et le reste. Vouloir 100% de réussite est un moyen démagogique pour détruire totalement la capacité de l’école a devenir un ascenseur social pour les méritants.

  • Suzanne Citron
    Suzanne Citron
    Historienne et auteure
    • Posté à 11h23 le 29/06/2010
    • Internaute 6159
      Historienne et auteure

    « le modèle sur lequel fonctionne le système éducatif français est toujours celui de la période où seule une minorité d’une classe d’âge (-20% en 1970) suivait tout le parcours et obtenait son bac “.

    Ce constat de la Cour des comptes est l’une des clefs de l’échec du système, fort bien pointé dans le Rapport de la Cour des Comptes.
    La généralisation, à partir des années 60, d’un système qui, jusque-là, ne concernait qu’une micro-élite a eu pour effet de transformer le système en machine à sélection sociale. Comme vous le dites justement ‘L’école doit produire de l’échec pour que les tâches sociales les moins convoitées soient assumées.’ Ajoutons à cela le poids de l’idéologie des Pères fondateurs de l’école qui véhiculait implicitement le mépris du travail manuel en déclarant substituer à l’aristocratie de naissance une aristocratie de l’esprit produite par l’enseignement secondaire classique. Il en est résulté la dévalorisation de l’enseignement professionnel et technique et le poids des ‘humanités classiques’ comme unique fondement de la vraie culture.
    A ces humanités se sont ajoutées ou substituées au fil des décennies une multiplicité de disciplines académiques, toutes obligatoires dans des programmes nationaux imposés UNIFORMéMENT par notre système jacobino-napoléonien conforté par les corporatismes académiques (défense de NOTRE discipline). Il en est résulté :

    -la surcharge délirante d’un enseignement encyclopédique qui avait été dénoncé en 1968 par le colloque d’Amiens de mars et par les livres blancs des lycéens de mai . Jospin ministre de l’éducation nationale en 1989 avait posé le problème sans résultat

    -l’absence de SENS des contenus scolaires pour une masse d’élèves dont les racines socio-culturelles exigeraient une refonte et un assouplissement des contenus

    -sans parler des journées délirantes pointées également dans le rapport de la Cour des Comptes.

    Malheureusement, face au désordre actuel provoqué par les mesures de restriction purement comptables et l’absence totale de visée cohérente sur le plan intellectuel depuis 2007, la Gauche et particulièrement le Parti socialiste via ses différents ‘candidats’ ou porte-paroles ne semblent pas mesurer l’enjeu idéologique et socio-culturel :

    -réhabiliter dans la société française les formations professionnelles en les repensant et en inventant de nouvelles voies d’excellence
    -assouplir notre système encyclopédique de savoirs cloisonnés et obligatoires et mettre fin à la gouvernance bureaucratique du système par une décentralisation libérant les initiatives, favorisant le travail en équipe et réajustant la hiérarchie des compétences
    -démythifier les fantasmes style Alain Finkielkraut et l’incapacité de décrypter le système et de comprendre combien cette question du SENS est capitale à l’arrière-plan du décrochage scolaire.

    • lancetre
      • Posté à 23h40 le 29/06/2010
      • Internaute 18658

      Qu’entendez-vous par :

      « réajuster la hiérarchie des compétences “ ?

      Je subodore le pire...

  • bleuet1
    bleuet1
    espère malgré tout
    • Posté à 11h33 le 29/06/2010
    • Internaute 65892
      espère malgré tout

    Je ne sais plus chez quel spécialiste de l’éducation je lisais ça, mais il disait que l’égalitarisme à la française engendre en réalité les plus graves inégalités entre les enfants d’origines sociales différentes.
    Je m’explique : en France, on part du principe que tous les enfants devraient avoir droit au même traitement, quelle que soit l’endroit (social, intellectuel, etc.) d’où ils démarrent. Mais c’est oublier que les uns et les autres n’ont pas les mêmes besoins ! Un lycée de Neuilly sur Seine n’a assurément pas les mêmes besoins financiers qu’un autre de Seine Saint Denis ! Il faut redéployer les moyens de manière pragmatique et non pas idéologique.

    Quant au concept de réussite, vous avez raison, il mériterait d’être éclairci, d’une personne à une autre il peut retentir de manière très variable. Pour moi il signifie simplement s’épanouir professionnellement et humainement dans une voie professionnelle que le système éducatif permet d’atteindre sans entrave, et vers lequel on pousse l’élève. C’est malheureusement encore très loin d’être le cas, beaucoup de professeurs sont encore trop élitistes et poussent les élèves vers des voies qui ne les épanouissent pas, ou bien ont peur pour le maintien de leur filière (et donc de leur poste) et tentent de convaincre les élèves qui ne s’épanouiront jamais mieux que dans une certaine voie. Mais il y a aussi les parents, qui voient dans le succès de leurs enfants leur propre succès (manqué en leur temps) et tentent de forcer la réflexion vers ce qui leur plairait.

    En fin de compte, ce n’est pas seulement le système éducatif qu’il faudrait changer. C’est l’ensemble du système de valeurs avec lequel les Français envisagent l’avenir professionnel de leurs enfants et des futurs citoyens.
    Je me bats volontiers contre une certaine conception de l’élitisme à la française. Il a parfois (et même souvent) du bon si c’est bon faire exprimer le meilleur chez chaque élève, mais il peut aussi dégoûter les bonnes volontés qui finissent par décrocher parce qu’on n’a pas su susciter une vocation et ensuite l’encourager.

    Cela doit passer par une revalorisation des filières courtes, qui ne sont pas moins épanouissantes que les études longues. Moi qui suis en train de valider un bac+5 pour devenir prof alors que mon frère a un bac pro et qu’il va devenir pompier, je n’aurais jamais la prétention de dire que mes études sont plus épanouissantes que les siennes. Nous nous épanouissons chacun dans notre voie, point.

  • Kantreer
    Kantreer
    Militant
    • Posté à 11h34 le 29/06/2010
    • Internaute 113573
      Militant

    La reussite de tous les eleves...
    Et pourquoi pas la reussite de tous les enfants/jeunes.
    Ce qui deja est moins reducteur, sinon on parle uniquement de reussite scolaire, et comme cela a deja été dis, la reussite scolaire n’implique pas forcement la reussite professionnelle ni personelle.

    Reussir, pour moi, c’est pouvoir etre acteur dans son environnement, avoir des capacités de faire des choix, et de les appliquer.

    Ensuite, je me suis toujours poser une question, pourquoi le ministere qui s’occupe de l’enseignement, s’appelle « l’Education Nationale » ? l’education est l’apanage de l’ecole ? , education et enseignement c’est la meme chose ?

  • Tr0n
    Tr0n
    étudiant en prépa
    • Posté à 15h26 le 29/06/2010
    • Internaute 118709
      étudiant en prépa

    Je tiens à préciser que même si certains prétendent que notre niveau baisse, ça dépend du niveau où on se place. Si le baccalauréat est certes devenu plus « facile » et si le pourcentage de réussite a largement augmenté depuis quarante ans, les concours aux écoles prestigieuses françaises on conservé leur niveau... c’est le fossé creusé entre le baccalauréat et après qui est difficile à supporter pour beaucoup de gens.
    Ce qui m’attriste dans le système éducatif français c’est de voir que le parcours n’est fait que de discontinuités... fossé entre le CM2 et la sixième, fossé entre la troisième et la seconde, fossé entre la seconde et la première S (par exemple), fossé entre la terminale et les filières post-bac ... les raisons je les ignore malheureusement ...

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 22h55 le 30/06/2010
    • Internaute 45067
      Littéral

    C’est l’un des problèmes auquel se confronte le système scolaire et universitaire public français depuis le début des années soixante :

    l’obtention d’un diplôme permettant d’accéder à une activité professionnelle

    Si l’obtention d’un diplôme clôt un les cycles d’études secondaires et supérieurs, il n’est pas forcément le moyen d’accéder directement à un emploi.
    À part les enseignements spécialisés professionnalisant des filières techniques et d’ingéniéries, le diplôme valide un niveau de savoir et de connaissances. Et c’est déjà bien comme cela.

    Une personne qui a un niveau bac + 5 dans n’importe quel enseignement peut rapidement rejoindre une entreprise après une formation spécialisée de quelques mois.

    Une bonne moitié des offres d’emploi dans dix ans concerneront des métiers qui n’existent pas aujourd’hui.

    Ce n’est pas le rôle principal de l’enseignement public que de produire des personnes immédiatement employables dans les entreprises.

    Même si des filières de formation ont pour objectif de fournir des experts, cela doit rester un aspect secondaire de l’enseignement supérieur public.

  • ellilou
    • Posté à 22h05 le 29/06/2010
    • Internaute 21018

    Si on n’a pas BAC+15 on n’est donc rien ! ! ! ! Il FAUT absolument être bardés de diplômes. Les traders, chefs d’entreprises, et autres gentils bisounours qui sont quand même pas mal responsables du gros merdier dans lequel on est tous embarqués ne sont-ils pas blindés de master de DESS ou de MBA ? les personnes qui sont mécaniciens, plombiers, menuisiers...et autres métiers manuels sont donc des gros nazes qui ont râté le coche de l’éducation ? dans le « Canard » de le semaine dernière il y avait un super petit « plouf » là-dessus...à méditer...

  • femmedesbois
    femmedesbois
    dans sa forêt
    • Posté à 22h35 le 29/06/2010
    • Internaute 93115
      dans sa forêt

    Est-ce que vraiment le rôle de l’école est de rendre un élève « employable » plus tard ?
    Ne dois pas penser plutôt que tout ce qu’on apprend à l’école (et pendant l’enfance en général) doit nous préparer à affronter la vie en général ?

    J’ai rencontré que trop de gens très « employables » certes, mais qui ne connaissent rien à la vie, ne savent pas gérer leurs relations amicales, amoureuses et n’ont aucune personnalité. j’ai trois enfants et je n’ai vraiment pas envie qu’ils soient ce genre d’adulte plus tard !

    Je crois qu’en fait, on courre aprés une employabilité qui évolue sans cesse, du fait qu’il y ait une masse de demandeurs d’emploi pour peu de postes, les exigences des employeurs deviennent de plus en plus délirantes et ainsi, petit à petit, on va droit dans le mur...

  • lancetre
    • Posté à 23h23 le 29/06/2010
    • Internaute 18658

    « Les jeunes ont bien raison de s’en prendre à un pays qui fait si peu pour eux.

    Il faut se mettre à leur place.

    Ce n’est pas parce que les enseignants leur apprennent à lire et à compter qu’on n’a pas le droit de leur cracher dessus et de leur casser la figure, en tant que valets du système.

    Ce n’est pas parce que les médecins les soignent gratuitement qu’on n’a pas le droit de leur jeter des pierres, en tant que valets du système (...)

    Ils sont tous objectivement complices de l’abandon des jeunes.

    Les jeunes réclament du travail.

    Qu’attend-on pour leur en proposer ?

    Evidemment, cela ne va pas sans quelques difficultés.

    Très occupés à se révolter contre l’injustice sociale, les jeunes n’ont rien fait à l’école.Le système scolaire les abandonne sans qualification, disposant de trois cents mots de vocabulaire, dont deux cents obscénités, sachant à peine lire et écrire.C’est injuste.

    Et en plus, pour couronner le tout, on ne leur propose pas d’emploi.C’est ajouter l’iniquité à l’injustice.Que fait l’Etat ? Que fait-on pour ces jeunes ? »

    Pierre Jourde, Carnets d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu, Gallimard 2007.

    • femmedesbois
      femmedesbois répond à lancetre
      dans sa forêt
      • Posté à 08h36 le 30/06/2010
      • Internaute 93115
        dans sa forêt

      « les enseignants... les médecins... valets du système »

      C’est du grand n’importe quoi. Ce sont justement ces gens-là qui sont les derniers remparts à l’ultra-libéralisme et à la loi de la jungle qui s’installe jour après jour dans notre pays ! et c’est à ces gens-là qui vont au charbon jour après jour qu’ils faut s’en prendre. Que ces jeunes aillent jeter des pierres aux sièges du MEDEF et de l’UMP en premier lieu...

      • lancetre
        lancetre répond à femmedesbois
        • Posté à 13h07 le 30/06/2010
        • Internaute 18658

        Vous me décevez.

        Etes-vous à ce point hermétique à l’ironie ?

        Pfffff....

         
        • femmedesbois
          femmedesbois répond à lancetre
          dans sa forêt
          • Posté à 14h31 le 30/06/2010
          • Internaute 93115
            dans sa forêt

          Désolée, je n’avais effectivement pas compris... mais si vous ironisez, ça me rassure en ce qui vous concerne mais pas en ce qui concerne celui qui a pondu le texte que vous citez par contre !

          • lancetre
            lancetre répond à femmedesbois
            • Posté à 17h14 le 30/06/2010
            • Internaute 18658

            Lisez le livre !

            Je ne cite que quelques lignes.

            Mais c’est écrit sur le modèle des Lettres Persanes.

            Il est évident dés le départ que tour est à comprendre au second degré.

            Chaque phrase, bien évidemment, signifie l’inverse de ce qui est écrit !

            • femmedesbois
              femmedesbois répond à lancetre
              dans sa forêt
              • Posté à 22h42 le 30/06/2010
              • Internaute 93115
                dans sa forêt

              Bonsoir,

              Je suis allée voir sur Wikipedia pour voir qui est ce Pierre Jourde que je connaissais pas. En lisant l’article, je commence à comprendre le sens de l’extrait du texte de Jourde que vous avez marqué plus haut... !

              Cet auteur a l’air intéressant, je crois que je vais me procurer un de ces livres, surtout « festin secret »...

              Pas étonnant que je ne le connaisse pas, ça n’a pas l’air d’être le genre de type qu’on voit dans les émissions à la con à la télé...

              • lancetre
                lancetre répond à femmedesbois
                • Posté à 22h59 le 30/06/2010
                • Internaute 18658

                Je vous conseille effectivement « Festins secrets » !

                La scène de la prérentrée est criante de vérité !

                Mais je vous prèviens : pour le reste, c’est du zarbi !

                Ne vous attendez pas à une explication claire, à la fin, genre Agatha Christie ou Sherlock Holmes !

                Ce sera à vous d’imaginer ce qui a pu se passer !

                J’avais beaucoup aimé, mais je conçois tout à fait qu’on puisse détester, sur le thème : mais qu’est-ce que c’est que ce délire ?

                 : -))))

                Il y a aussi « Pays perdu », dans lequel les gens de son hameau natal se sont reconnus, ce qui lui a valu quelques horions...Il n’a pas apprécié que les naturels le houspillent, moins encore qu’ils s’en prennent à son fils avec des insultes racistes.

                Comme quoi, l’insécurité est partout, même dans les campagnes, où n’ont pas fini de mugir ces féroces soldats...

                 : -)))

        4 autres commentaires
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