Restez assis les enfants !

Le blog de Nestor Romero, ancien enseignant qui, toujours, cherche à penser l'école.

Relégation des élèves, méritocratie : la propagande de rentrée

Nestor Romero
Ancien enseignant
Publié le 15/09/2010 à 10h58

La « Synthèse des notes des correspondants académiques de l’IGAENR » (Inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la Recherche) aurait dû demeurer à usage interne. Las, il semble que ce gouvernement ne parvienne plus à colmater ses brèches, de sorte que ce rapport a fait l’objet de quelques observations dans la presse.

Une démarche de relégation d’enfants

Commentaires qui ont, le plus souvent me semble-t-il, mis l’accent sur le désordre pour ne pas dire la débandade dont semble saisie l’institution éducative : des milliers de jeunes enseignants stagiaires sans la moindre formation qui vont ainsi se retrouver devant des élèves, des enseignants en surnombre dans le premier degré du fait du télescopage entre les sortants des IUFM et les stagiaires entrants mais, au contraire, une pénurie qui risque fort de se manifester dans le second degré.

En revanche l’aspect que je dirais pédagogique et social du rapport m’a semblé ne pas avoir attiré l’attention des commentateurs autant qu’il le mérite. Et ceci peut-être parce qu’est décrite dans ce rapport sur le ton de la plus grande évidence et en guise de politique éducative ce qui n’est rien d’autre qu’une démarche de relégation d’enfants.

Ainsi, constatent les trois inspecteurs généraux auteurs de cette synthèse, « depuis la disparition du BEP, le CAP est devenu la seule alternative au diplôme de niveau IV qu’est le baccalauréat ».

Ce qui pourrait passer pour bien anodin si l’on négligeait ce fait avancé par les rédacteurs : il y a des élèves qui provoquent un « sentiment de découragement » (en seconde professionnelle) car ils sont « démotivés » et pour lesquels « le pronostic de réussite est faible ». Alors que faire d’eux ?

Une propagande digne du castrisme des années glorieuses

Eh bien, « les chefs d’établissement, sous la pression de leurs enseignants » demandent tout simplement « la création systématique de CAP adossés à des bacs pros » de manière à y loger les « démotivés ».

Plus prosaïquement, il s’agit tout simplement de multiplier ces lieux de mise à l’écart qui existent tout au long de la scolarité qualifiés couramment de « mauvaises classes » ou parfois pudiquement de « classes d’insertion » à ne pas confondre avec les « établissements de réinsertion » dont le premier vient d’être ouvert sous les objectifs des caméras en une débauche de propagande digne du castrisme des années glorieuses.

C’est dire si la démarche de relégation des perturbateurs désignée dans le rapport par l’expression « orientation de précaution » s’enrichit constamment puisqu’il existait déjà les classes « ateliers » ou « relais » qui présentaient toutefois l’inconvénient de ne recevoir les récalcitrants que temporairement alors que les nouveaux établissements -des internats- les garderont jusqu’à la fin de la scolarité obligatoire s’il le faut.

Bien entendu, ces établissements, pour confortables qu’ils soient, ne donnent aucune assurance quant à la réinsertion des quelques élèves qu’ils hébergent. En outre, ce confort a un prix qui en limite nécessairement le nombre. Une vingtaine sont prévus, une goutte d’eau dans l’océan de la relégation ordinaire. Propagande disais-je...

Le mérite n’est plus ce qu’il était

Mais il est un autre volet de cette propagande qui en cette rentrée se déploie inconsidérément. Il s’agit de la création des « internats d’excellence » destinés non pas aux incontrôlables mais cette fois aux méritants, ceux chez qui on a décelé des qualités, des talents, des dons, des potentialités et surtout, surtout, une Volonté. De sorte que, dépositaires de ces qualités et quoique issus de milieux défavorisés, ils sont méritants et, à ce titre, méritent que l’on s’occupe d’eux particulièrement.

Las, une fois encore, car il advient que d’avoir tant servi l’édifice méritocratique s’affaisse comme une ruine depuis trop longtemps livrée aux intempéries. Nul ne sait, en effet, comment ces dons et ces talents furent octroyés aux élus, nul ne sait par qui ni comment cette Volonté fut donnée : Zeus ou quelque gène inconnu, quelque poussière de vie élémentaire ? On ne sait.

De sorte que nos « favorisés de la nature » ne sont nullement méritants puisque favorisés et que s’écroule ainsi le mythe du mérite fondé sur une « Volonté » dont nul ne sait d’où elle procède, dont nul ne sait pourquoi certains en sont miraculeusement pourvus quand d’autres en sont privés.

Mais nous mesurons, en revanche, par les temps que nous vivons, combien cette idéologie du mérite, de l’excellence et de la réussite est particulièrement pernicieuse car, fondant et justifiant la désignation d’une minorité de méritants, elle fonde et justifie par cela même la relégation de la masse des « déméritants ».

Nous savons aussi que l’idéologie méritocratique, de révolutionnaire qu’elle fut en tant que dépassement de l’hérédité nobiliaire, s’est dégradée en idéologie proprement réactionnaire en tant que fondement et justification de l’injustice sociale.

Nous savons enfin qu’avec l’épuisement de l’idéologie du mérite, le temps est venu de rassembler les éléments encore épars mais déjà fort solides qui permettront la construction d’une autre école. Les pédagogues ont l’avenir devant eux.

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  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 11h29 le 15/09/2010
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Relégation et pauvres méritants.
    Ne cherchez plus où Eskabo I puise son inspiration. Il la trouve dans l’Angleterre victorienne. Lui, le moderne...

  • sarkophage_xyz-
    • Posté à 11h46 le 15/09/2010
    • Internaute 24987

    Reconnaitre le mérite, pourquoi pas. Mais ce que reconnait implicitement la création de ces classes « d’exceptions » c’est que les autres classes sont négligées et privées de moyens d’enseignement de qualité.

  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 14h13 le 15/09/2010
    • Internaute 10208
      http://www.dessins-tox.com
  • LienRag
    • Posté à 14h20 le 15/09/2010
    • Internaute 34767

    Les pédagogues ont l’avenir devant eux.
    C’est supposer que l’Esprit triomphera toujours contre l’Epée, ce que l’histoire récente a pourtant démenti...

    • Wildleech
      Wildleech répond à LienRag
      révolutionnaire en devenir
      • Posté à 14h57 le 15/09/2010
      • Internaute 81842
        révolutionnaire en devenir

      C’est que souvent il y a un esprit malin derrière les épées.

    • Lavengeancedelapelouse-
      Lavengeancedelapelouse- répond à LienRag
      chômeur
      • Posté à 04h54 le 16/09/2010
      • Internaute 114476
        chômeur

      Sans vouloir vous fâcher, la notion d’ « Esprit », écrite de surcroît ainsi, à plutôt une sale histoire....

  • spartak
    spartak
    (comité libertaire lyophilisé)
    • Posté à 17h28 le 15/09/2010
    • Internaute 84113
      (comité libertaire lyophilisé)

    Les enseignants en surnombre dans le premier degré, c’est à cause des fermetures de postes. Il y a moins d’affectations à distribuer, pas un manque de gamins par classe.
    Dans cette logique, il va peut-être falloir qu’ils gèlent le concours de profs d’école un an ou deux, pour éponger l’excédent qu’ils ont eux-mêmes créé : ils sont pas cons, hein...

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 20h07 le 15/09/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Ah ça, c’est sûr que dès qu’on s’éloigne du nivellement par le bas et de la médiocratie, vous êtes perdu, vous.

    Je vous prie d’observer que cette approche méritocratique envers les défavorisés est la réplique exacte de l’approche de la IIIè République et de ses hussards noirs, qui détectaient dans les campagnes et les cités ouvrières quelques enfants doués et méritants chaque année, et les envoyaient dans des internats afin de leur donner leur chance. C’est cela qui a permis une vague d’ascension sociale importante en provenance des classes les plus pauvres de la population.

    Dites-moi, ce qui était bien en 1890 sous l’impulsion de Ferry serait devenu maléfique en 2010 sous l’impulsion de Sarkozy ?

    Il va falloir nous expliquer ça...

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à Hulk
      Testeur de temps libre
      • Posté à 20h23 le 15/09/2010
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      J’aime bien « ascension sociale » ! ..
      Il va aussi falloir nous expliquer ça, @Hulk...

      • Hulk
        Hulk répond à Boutauvent
        Gros con de droite
        • Posté à 20h33 le 15/09/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

         ? ? ?

         
        • Boutauvent
          Boutauvent répond à Hulk
          Testeur de temps libre
          • Posté à 00h00 le 16/09/2010
          • Internaute 45018
            Testeur de temps libre

          C’est bien ce qu’il me semblait !
          (C’est inscrit dans le « sous-titre » du pseudo)

        1 autres commentaires
    • A déménagé le 02-02-2012-2
      A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Hulk
      non connue
      • Posté à 21h14 le 15/09/2010
      • Internaute 82025
        non connue

      Tu sais bien que ce genre de théorie souffre d’une faille énorme :
      On pioche parmi la plèbe à la condition d’y reconnaitre un des siens, ou au pire de le métamorphoser en un être qui n’aura plus de lien avec son passé.

      Quoi de plus efficace pour reproduire un système classement quel qu’il soit, fût-il illégitime ?
      Je ne fais pas de démagogie, j’observe simplement le fait que la capacité de révolte décroit avec le diplôme.

      Or le savoir est un bien lorsqu’il ajoute, et une escroquerie lorsqu’il substitue.

      Je n’ai jamais cru en l’ascenseur social, ça a toujours été une licorne.

      Il a existé un transformateur social. En plus, aujourd’hui, il est en panne.

      • Hulk
        Hulk répond à A déménagé le 02-02-2012-2
        Gros con de droite
        • Posté à 21h33 le 15/09/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        Tu veux dire que le système de Jules Ferry était néfaste de ce point de vue ?

        J’ai un peu de mal à comprendre ton argument. Quand un instit détecte un gamin de six ans, c’est sur des critères très basiques tels que la vivacité d’esprit, la curiosité et la capacité à apprendre. Je vois mal comment à ce stade on en serait à « reconnaître un des siens », sauf à appeler « siens » les gens qui sont moins abrutis que la moyenne...

         
        • A déménagé le 02-02-2012-2
          A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Hulk
          non connue
          • Posté à 21h49 le 15/09/2010
          • Internaute 82025
            non connue

          En général, l’instit cherche à utiliser le gamin pour rendre la classe vivante, tout en le nourrissant suffisamment pour éviter qu’il s’emmerde.
          Ce n’est pas un « prélèvement » en vue d’un reformatage, ailleurs, et à l’abri.
          Et puis ça n’empêche pas l’instit de se planter. La multiplicité des enseignants est essentielle.

          Je crois qu’un système qui admet, dans le principe, que seulement 5% des gamins valent le coup est un mauvais système. Pour tout le monde.

          Les internats spécialisés (on en a déjà parlé) peuvent être une bonne chose à condition de ne pas faire de tri à l’entrée. Au fond, l’école pour tous, c’est le tri à la sortie.
          Ça doit rester un principe de base, envers et contre toute théorie, y compris de réduction des dépenses.

          • Hulk
            Hulk répond à A déménagé le 02-02-2012-2
            Gros con de droite
            • Posté à 22h16 le 15/09/2010
            • Internaute 108405
              Gros con de droite

            Sous la 3è République, quand un instit repérait un môme de six ans comme ça, il allait voir ses parents pour les convaincre de le laisser faire des études, puis il l’envoyait dans un internat « à la ville » pour le mettre dans un environnement plus favorable.

            Ce qui veut dire que l’instit renonçait volontairement au bon élève pour lui donner toutes ses chances.

            • A déménagé le 02-02-2012-2
              A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Hulk
              non connue
              • Posté à 22h31 le 15/09/2010
              • Internaute 82025
                non connue

              Oui, autre époque à tous points de vue.
              Est-ce que ça veut dire que les bons étaient plus rares ?

              C’est le verre à moitié plein.
              La version pessimiste, c’est qu’on est passé à côté de plein d’autres.

              Mais on peut rêver de cette époque ou un gamin de chez les bouseux débarquait en ville mettre la pâtée au petits nantis.
              Et où une entreprise pouvait donner sa chance à une fille qui n’avait pas fait d’étude, par obligation culturelle familiale, alors qu’elle avait un gros potentiel.

              Aujourd’hui, c’est fini. En haut, ils sont tous bons, au moins pour les exams... Et on peut toujours courir pour réussir sans diplôme dans une multinationale.

              Au fond, ce mythe de la méritocratie est fondé sur des histoires isolées d’individus exceptionnels, à une époque très généralement inégalitaire.
              Le paradoxe, c’est que la rareté de la chose la rendait plus visible.
              Et la difficulté de l’obstacle, plus romantique...

              • Hulk
                Hulk répond à A déménagé le 02-02-2012-2
                Gros con de droite
                • Posté à 22h37 le 15/09/2010
                • Internaute 108405
                  Gros con de droite

                Je suis en complet désaccord. J’observe d’ailleurs dans les boites où je suis passé que des gens avec juste le bac ou un vague bac+2 arrivent aux plus hautes fonctions vers les 45 ans. J’en connais au moins deux en ce moment dans la boite où je suis.

                L’ascension sociale est bloquée pour les gens du niveau N qui ne sont pas meilleurs que ceux du niveau N+1, ça c’est vrai. C’est assez injuste, mais pas plus que ça.
                En revanche, les gens du niveau N qui sont meilleurs que ceux du niveau N+1, ils montent ; on le constate tous les jours.

                • A déménagé le 02-02-2012-2
                  A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Hulk
                  non connue
                  • Posté à 22h49 le 15/09/2010
                  • Internaute 82025
                    non connue

                  J’en ai vu aussi, mais tous de la cinquantaine passée.
                  Et comme tu dis, le principe de Peters n’a jamais été autant observé.
                  Ça tient essentiellement de la carence en opportunités. Un jeu de taquin sans case vide...

                  Et puis ça dépend des boites.
                  Les grosses, largement procédurières, appliquent des grilles de salaire et des profils de carrière en fonction de critères très stricts.
                  D’autres sont gérées par des patrons qui ont un complexe vis à vis du cursus scolaire, qu’ils compensent en s’entourant de collaborateurs bardés de diplômes.
                  Sans compter le népotisme des écoles.

        5 autres commentaires
    • beaumasque
      beaumasque répond à Hulk
      Conseiller municipal d' (...)
      • Posté à 11h41 le 16/09/2010
      • Expert 12155
        Conseiller municipal d' (...)

      « Une vague d’ascension sociale importante en provenance des classes les plus pauvres de la population », le syndrome du « c’était mieux avant » a encore frappé ...
      Un peu de sérieux dans ces affaires là ne nuit pas de temps à autre. Si la 3ème (pour rappel 1871 à 1940) a permis une vague d’ascension sociale c’est certainement sur un plan spatio-temporel différent (dans un monde parallèle), car que je sache la France de la fin du XIXème et de la 1ère moitié du XXème ne brillait pas particulièrement de ce point de vue.

      C’est à partir des années 50 (1950) que le boom économique (vous savez les trente glorieuses) a permis une vague d’ascension sociale . Dans les périodes précédentes les cas d’ascension sociale étaient de l’ordre de l’exception (qui comme chacun sait confirme la règle)

      Pour rappel en 1960 les bacheliers représentaient 13% de leur génération, en 1980 26%, et en 2008 64 %. L’ascension sociale par l’école pour une grande masse de personnes est un phénomène récent lié à la démocratisation de l’enseignement (le fameux collège unique si décrié) et certainement pas à l’élitisme républicain (qui tenait plus du discours que de la réalité).

      Pour finir et pour faire comprendre par l’exemple la réalité de la IIIème république une anecdote familiale :

      Ma Grand-mère fut reçu 1ère au certificat d’étude sur son canton. L’instituteur monta donc voir ses parents (métayer pauvre à l’extérieur du village) pour les inciter à lui faire passer le concours de l’école normale. Ceux-ci ne donnèrent pas suite car le coût du trousseau pour intégrer l’école était trop important hors de proportion avec leurs moyens. Cette histoire montre combien les inégalités sociales étaient fortes (l’histoire date du tout début du XXème siècle) et combien l’idée même de promotion par l’école était lointaine et pour certaines couches sociales pas même envisageable.

  • Troll errant
    Troll errant
    vieux con, comme vous plus tard
    • Posté à 21h41 le 15/09/2010
    • Internaute 118213
      vieux con, comme vous plus tard

    Pour une fois, à mon grand regret je suis d’accord avec Hulk ; pourquoi vouloir niveler, ceci ne peut se faire que vers le bas.
    Comme il y a des grands et des petits, des blonds et des bruns, certains sont plus « doués » que d’autres. Pourquoi, inutile d’invoquer quelque Dieu, la génétique me semble avoir un gout de la facétie assez prononcé pour expliquer cela ; et oui personne n’est l’égal de son voisin. Tout le monde l’admet pour les critères physiques, mais quand il s’agit des capacités intellectuelles, « interdit, Dieu a créé tout homme à son image ».
    Je ne vois pas ce que peut avoir de choquant de permettre aux plus doués, pardon aux plus aptes, d’atteindre un niveau d’excellence, le problème me semble plutôt être la relégation des moins aptes. Pour moi la seule solution est d’inventer un système permettant a chacun d’atteindre SON niveau d’excellence, sans oublier que tout le monde ne peut pas être Newton ou Darwin, il y aura toujours des BHL.

  • Caniveau89
    • Posté à 07h40 le 16/09/2010
    • Internaute 26147

    Et blablabla moi j’ai raison... et ce sont tous des enfoirés... des salauds... alors que moi suis trop gentil... même que...

    Trop de haine rend illisible ce torchon !

    Il existe de bon médecins (et de bon médicaments) pour soulager vos persécutions... n’hésitez pas !

  • beuvrette
    • Posté à 08h52 le 16/09/2010
    • Internaute 25983

    Chaque stagiaire de la promo réforme a reçu -c’est cadeau, ça leur fait plaisir aux têtes mal-pensantes- un somptueux dvd intitulé « la classe côté professeur ». Version 1er ou 2nd dgré.
    Après, il y en aura encore pour se plaindre de ne pas avoir de formation pédagogique !

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant blogueur
    • Posté à 11h10 le 16/09/2010
    • Expert 31637
      Enseignant blogueur

    A propos des ERS, dernière trouvaille sarkozyenne, je me permets un lien vers mon blog : Lien

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 11h22 le 16/09/2010
    • Internaute 25491
      difficile

    C’est très intéressant le retournement idéologique de ce que vous appelez « méritocratie ».

    Effectivement : « Nous savons aussi que l’idéologie méritocratique, de révolutionnaire qu’elle fut en tant que dépassement de l’hérédité nobiliaire, s’est dégradée en idéologie proprement réactionnaire en tant que fondement et justification de l’injustice sociale. »

    Au fond, ce que vous déplorez, c’est que l’idée de mérite, qui a servi la cause de l’égalitarisme, s’est retournée contre lui.

    On se rend vite compte, en effet, que personne ne mérite... ses mérites.

    On en viendrait ainsi à préférer celui qui travaille, mais n’y arrive pas, au dilettante doué qui réussit sans rien faire...

    Au nom de l’égalité.

    On touche ici à la différence fondamentale entre la droite et la gauche : faut-il toujours préférer la liberté à l’égalité comme le soutient la droite, ou bien le souci d’égalité est-il toujours ce qui doit primer comme le veut la gauche ?

    Petite expérience de pensée proposée par Nozick : dans un monde où seulement 5% de la population serait borgne et le reste aveugle, faudrait-il, par souci d’égalité, crever l’oeil des borgnes ?

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